Google Analytics

Sorties de la Semaine

  • Grand écran: "Amazing Grace-Aretha Franklin", un moment unique pour un concert mythique

    Imprimer

    arethafranklin.jpgJusqu’à aujourd’hui, pour différentes raisons à la fois financières, sentimentales et spirituelles, les images n’avaient jamais été dévoilées. En janvier 1972, Aretha Franklin, reine de la soul, militante des droits civiques et porte-parole de tout un peuple alors au sommet de sa gloire avec Respect, Chains Of Fools, Bridge Over Troubled Water, décide d’enregistrer un album live dans une petite église du quartier de Watts à Los Angeles.

    Soutenue par une magnifique chorale, elle interprète divinement les gospels qu’elle entonnait alors avec sa mère, elle-même chanteuse, et avec son père pasteur.  Amazing Grace, le disque de ce concert mythique, devient l’album du genre le plus vendu de l'histoire. La captation de ces deux soirées exceptionnelles a été confiée à Allan Elliot et Sydney Pollack.

    Le film, à la fois spectacle et service religieux d’une communauté baptiste, reste 47 ans après, un vrai moment de grâce. D’une valeur plus historique que cinématographique il révèle, ce qui est de loin le plus important, une Aretha Franklin bouleversante, dont la puissance et l’amplitude de la voix, l’une des plus belles du monde, vous serre le cœur et vous donne des frissons dans le dos.

    Ce vibrant documentaire musical laisse aussi passer l’exaltation, la communion, la chaleur, la ferveur incroyable d’une assistance au sein de laquelle on aperçoit fugitivement Mick Jagger et Charlie Watts. Il transmet les regards, les larmes des fidèles dont celles du révérend James Cleveland qui préside l’office, et se fait remplacer au piano pendant Amazing Grace. Une forte émotion qu'on partage largement. 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis le 1er juillet.   

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "Seberg", le déclin d'une star. Avec la magnifique Kristen Stewart

    Imprimer

    SebergMovie.pngFilm policier américano-britannique adapté de faits réels, réalisé par Benedict Andrews et sorti en 2019, Seberg raconte le déclin de la célèbre actrice des sixties. Une cible placée sous étroite surveillance par le FBI pour ses liens politiques et romantiques avec l’activiste Hakim Jamal, grande figure des Black Panthers, dont il s’agissait de discréditer, ou de neutraliser les activités. L’opération est confiée à Jack Salomon, jeune et ambitieux agent, fraîchement débarqué dans le domaine du renseignement intérieur.

    Icône de la Nouvelle Vague, Jean Seberg est plus particulièrement connue en Europe pour A bout de souffle de Jean-Luc Godard, Bonjour tristesse et Joan of Arc d’Otto Preminger. Le film ouvre d’ailleurs sur l’accident qui s’est produit sur ce tournage lors de la scène du bûcher, laissant à la comédienne une brûlure indélébile, comme la cicatrice qu’elle gardera suite à la campagne de désinformation et de harcèlement dont elle a été victime. Elle se suicidera le 30 août 1979. Une mort restée mystérieuse

    C’est sur l'enquête menée sous l’autorité du directeur Hoover lui-même que se concentre le réalisateur et ses scénaristes. Certes, cela permet de montrer les agissements écoeurants du FBI, mais on regrette qu’ils ne se soient pas davantage focalisés sur la personnalité, le charisme et la célébrité de Jean Seberg. Le film se contente en effet d’évoquer, sans nous les faire véritablement ressentir, ses fortes et courageuses convictions de militante, prônant (voici qui fait écho à l’actualité), l’égalité des droits des Afro-Américains. Du coup, ceux qui ne la connaissent pas ne comprendront peut-être pas l’importance que lui a accordé le célèbre Bureau fédéral.

    Mais si ce thriller manque de regard, d’ambition,de singularité dans sa mise en scène, il reste, en dépit de son côté trop lisse, efficace et passionnant grâce à l’excellente interprétation de Kristen Stewart, qui se glisse avec bonheur dans son personnage. Sublime, elle ne se contente pas d’incarner, mais est tout simplement Jean Seberg dans son look, son comportement et ses attitudes. De son côté, Jack O’Connell se montre crédible en agent du FBI. On n’en dira en revanche pas autant d’Yvan Attal, pièce rapportée dans le rôle de Romain Gary, le mari de la jeune femme.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 24 juin.

     

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "Moscou aller simple!", un mouchard au théâtre pour piéger les gauchistes

    Imprimer

    Moscou-aller-simple-7.jpgAutomne 1989. Alors que le Mur de Berlin est sur le point de tomber, l’Helvétie s’inquiète fort de l’initiative subversive et menaçante pour une Suisse sans armée. Mais la police fédérale veille au grain, espionnant des centaines de milliers de personnes, histoire de protéger la patrie contre les menées de dangereux agitateurs communistes pacifistes.

    Viktor Schuler (convaincant Philippe Graber à gauche sur la photo), employé modèle, mou, timide et discret, qui fait et pense ce qu’on lui dit, remplit consciencieusement ses fiches. Un beau jour, soupçonnant un complot, son chef lui confie la délicate mission d’infiltrer une troupe de théâtre au Schauspielhaus de Zurich. Elle répète « La nuit des rois » de Shakespeare sous la direction d’un metteur en scène allemand Carl Heyman, forcément gauchiste, comme d’ailleurs tous les acteurs de la pièce.

    Afin de collecter de précieuses informations sur ces individus douteux, Viktor se fait passer pour un figurant après avoir changé de look et redécoré son appartement avec des posters du Che et de Marx.

    Sous sa nouvelle identité de Walo, un ancien marin, notre anti-héros plutôt touchant découvre non seulement un milieu culturel qui lui était totalement étranger, mais tombe amoureux d’une comédienne, la jolie et pétillante Odile (Myriam Stein). Du coup il est face un choix cornélien: continuer à obéir à sa hiérarchie ou suivre ses sentiments.

    Mêlant guerre froide, mise sur écoute, théâtre et romance dans Moscou aller simple!, le cinéaste suisse Micha Lewinsky a choisi un ton léger et humoristique pour rappeler le scandale des fiches qui avait ébranlé la confiance des Suisses dans leurs autorités il y a 30 ans.

    L'auteur livre ainsi une comédie divertissante qu’on aurait pourtant souhaitée plus enlevée, plus rythmée, plus grinçante, moins édulcorée. A l’image de la scène où Miriam Stein entonne avec entrain et talent «La Madelon» ( célèbre chanson populaire créée par le Français Bach le 19 mars en 1914), devant une assemble de vieux militaires ravis, mais dont les souries ne vont pas tarder à s’effacer.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 24 juin

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "Qui sea Ley", la lutte acharnée des Argentines pour la légalisation de l'avortement

    Imprimer

    838_000_1p48vj.jpgDocumentaire aussi engagé que nécessaire, Que sea Ley (Que ce soit loi en français) de Juan Solanas retrace la mobilisation des femmes en Argentine entre juin et août 2018. Elles sont décidées à obtenir une légalisation de l'avortement, alors qu’une des leurs meurt chaque semaine des suites de son interruption clandestine.

    Adopté par la Chambre des députés, le projet a été durement discuté au Sénat pendant huit semaines. Il échouait malheureusement pour la septième fois, à sept voix près, tandis que des dizaines de milliers de militantes (et militants), symboliques foulards verts autour du cou, défilaient dans la rue.

    Observateur plutôt que juge des groupes qui s’affrontent à Buenos Aires, le réalisateur alterne manifestations et grande diversité de témoignages des pour et des contre dans le pays. S’il donne bien sûr la parole à celles qui se battent avec une rare énergie, à celles qui souffrent, qui ont avorté dans des conditions sanitaires épouvantables, à leurs proches, il interroge aussi des personnalités comme un prêtre ou une sénatrice, dont les points de vue ne sont pas forcément ceux qu'on attend..

    Cinématographiquement, l’opus à la mise en scène rudimentaire n’est pas majeur. Mais sa force de conviction est ailleurs. Replaçant le débat dans un contexte politique, économique et religieux, Juan Solanas soulève aussi, au-delà du sujet principal, la question de la laïcité, de la place des femmes dans une société où persiste un désir de contrôle sur leurs corps et où, de manière générale, la pauvreté a dramatiquement augmenté.

    Mais le combat n’est pas terminé et l’espoir qui traverse le film en dépit de la souffrance endurée, demeure. Alors que la marée verte des pro-IVG et les anti sous l’influence considérable de l’Eglise catholique ne désarment pas, rappelons que le président de centre-gauche, Alberto Fernandez, avait annoncé le 1er mars dernier vouloir présenter un nouveau projet de loi devant le Congrès pour la législation de l’avortement.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 24 juin.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: pétri de bonté, Tom Hanks se glisse dans la peau d'"Un ami extraordinaire"

    Imprimer

    534130-un-ami-extraordinaire-avec-tom-hanks-la-bande-annonce.jpgLe film est basé sur une histoire vraie. Pendant plus de trente ans, de 1968 à 2001, le présentateur de télévision américain Fred Rogers a animé un programme éducatif, Mister Rogers' Neighborhood, suivi par des millions de téléspectateurs.

    Dans son émission, le voisin le plus aimé d'Amérique évoquait tous les sujets, n’évitant pas la gravité de certains comme la mort, la maladie, le divorce. Il avait le don de trouver les mots pour s’adresser aux enfants et celui de les faire parler quand il les recevait sur le plateau.

    Mais revenons au cinéma avec A beautiful Day In The Neighborhood (Un ami extraordinaire), signé de la réalisatrice américaine Marielle Heller. Contraint d'écrire un article sur la star pour le magazine Esquire, Lloyd Vogel (Matthew Rhys), s’inspirant du journaliste Tom Junod qui a réellement connu Fred Rogers, va le voir en traînant les pieds. Ce genre de papier n’est pas son terrain de prédilection.

    A sa grande surprise, il découvre un homme pétri d’humanité, de bienveillance, de modestie, de discrétion, de délicatesse, à mille lieues de celui qu’il imaginait. Et alors que Vogel est censé faire le portrait de son interlocuteur, c’est ce dernier qui, jouant les thérapeutes, va l’aider à régler ses problèmes familiaux.

    Lent, vieillot, ne brillant pas par sa mise en scène, Un ami extraordinaire se veut une leçon de vie exemplaire. Mais moralisant, mièvre, tirant sur la corde sensible, il agace et ennuie plus qu’il n’attendrit, à quelques exceptions près. Quant à Tom Hanks, il a curieusement tendance à nous refaire du Forrest Gump, en se glissant, avec sa jaquette rouge molletonnée, dans la peau d’un individu dégoulinant de tendresse et d’égards pour autrui.

    Il semblerait toutefois que le comédien soit absolument conforme à ce personnage doucereux, ce qui contribuerait à prouver qu’il est excellent dans le rôle. Mais il se révèle si exaspérant de bonté qu’on finit quand même par se demander comment Fred Rogers a pu séduire autant de gens pendant autant d’années…

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 17 juin.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "Benni", une petite fille en souffrance, violente et ingérable

    Imprimer

    unnamed.jpgSorti en mars dernier mais victime du coronavirus au bout d’une semaine, confinement oblige, Benni revient dans les salles. C’est l’histoire d’une fille de neuf ans sauvage, violente, dangereuse. sujette à des crises de panique qui la mettent dans des colères noires et la rendent terriblement agressive. Elle devient alors ingérable.

    Benni est prise en charge par les services médico-sociaux, dont la directrice d’un centre et un éducateur spécialisé dans les ados à problèmes. Ils manifestent tous deux à son égard une bienveillance doublée d’une patience à toute épreuve et tentent de lui trouver un cadre bénéfique.

    En vain. Refusée par de nombreuses familles d’accueil, la gamine se voit également expulsée de tous les foyers, personne ne résistant à ses explosions de fureur. En souffrance, Benni a besoin de beaucoup plus de soutien que le système actuel a à lui offrir. Le titre original, System Crasher/Systemsprenger, exprime parfaitement cette impuissance, cette désolante absence de solution à long terme.

    Au-delà du portrait saisissant d'une fillette irrécupérable, le premier long métrage de la réalisatrice allemande Nora Fingscheidt est aussi un hommage au dévouement et l’empathie des travailleurs sociaux. Ce drame social pédagogique, émouvant, au scénario intelligent, très éclairant sur la pathologie dont souffre Benni, est porté de bout en bout par la jeune Helena Zengler, qui livre une prestation impressionnante. Voir aussi notre critique complète du 10 mars 2020.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 17 juin.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: dans "Love Me Tender", une jeune femme agoraphobe affronte ses peurs

    Imprimer

    Love-Me-Tender-4-950x520.jpgLove Me Tender raconte l’histoire de Seconda, une jeune danseuse de 32 ans souffrant d’agoraphobie. Elle n’est pas sortie de l’appartement de ses parents depuis de longs mois. Lorsque sa mère meurt soudainement, son père prend la fuite, la laissant seule, Seconda, poussée par la nécessité et une forme de désespoir, doit se prendre en main et se forcer à affronter sa peur extrême du monde extérieur.

    Comme elle est prête à tout pour gagner sa liberté, elle est déterminée à repousser ses limites et relève les défis qui se présentent, amazone vêtue d'une grenouillère bleue à capuche, la protégeant telle une deuxième peau.

    La réalisatrice suisse Klaudia Reynicke montre, dans son quotidien domestique, une héroïne imparfaite, complexe, imprévisible, obsessionnelle, anticonformiste. Elle est incarnée par Barbara Giordano, qui porte le film sur ses épaules. Malheureusement cette jeune femme s’exprimant par ailleurs davantage avec son corps qu’avec des mots à travers de singulières chorégraphies, se révèle souvent très irritante dans sa volonté de se libérer de ses «chaînes».

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis le 10 juin.

     

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "Queen & Slim", cavale désespérée de deux amants tragiques

    Imprimer

    3992ef8c-adb0-44f3-aaa9-8d20e33ec6e0-VPC_TRAILER_ON_QUEEN_AND_SLIM_DESK_THUMB_V2.jpgNous sommes dans l’Ohio. Deux Afro-Américains, Queen, brillante avocate, et Slim, employé de magasin, rentrent en voiture après un premier rendez-vous amoureux. Ils sont alors arrêtés par un policier blanc pour une infraction mineure. La situation dégénère aussi soudainement que tragiquement et Slim, en état de légitime défense, tue le flic raciste qui vient de tirer sur Queen, la blessant à la jambe.

    Suite à cet évident contrôle au faciès qui tourne au drame, les deux jeunes gens traqués par les forces de l’ordre, sont fatalement poussés à la fuite pour éviter la prison à vie. Sinon pire. Cette cavale désespérée et mortelle leur fera traverser l’Amérique pendant six jours. Six jours au cours desquels ils vont se découvrir et s’aimer, tout en devenant les héros de la population noire, un symbole de sa lutte contre les violences policières et les discriminations dont elle est sans cesse victime.

    Si cette histoire d’amour et de mort laisse penser au mythe Bonnie and Clyde revisité, cette illustration tragique du racisme institutionnalisé fait surtout écho au meurtre de George Floyd, qui a mis le feu aux Etats-Unis. Avant de provoquer une série de grandes manifestations contre le racisme un peu partout, plus particulièrement en France.

    Un vrai regard de cinéaste

    Cette folle épopée romantico-politique est le premier long métrage de la réalisatrice afro-américaine Melina Matsoukas sur un scénario de Lena Waithe. Engagée, elle a un vrai regard d’auteur, tout en délivrant un message antiraciste fort dans ce thriller prometteur. Porté de surcroît par deux comédiens charismatiques, Jodie Turner-Smith et Daniel Kaluuya.

    Néanmoins, en dépit du suspense, de l’émotion et de l’énergie que Queen & Slim dégage, on regrette la longueur de ce road-movie au final convenu. Esthétisant, privilégiant la forme au fond, trop démonstratif, il est aussi parfois desservi par certaines incohérences et lourdeurs d’un scénario peu subtil.

    A l’affiche du Grütli à Genève depuis le 10 juin.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "Mare", un nouveau portrait de femme signé Andrea Staka

    Imprimer

    F8TVW5ltKgoAzI94vOtCXR.jpgSélectionnée en février dernier dans la section Panorama de la Berlinale, Andrea Staka avait pu présenter son long métrage Mare, alors que le coronavirus commençait déjà à circuler en Europe. Le film sort peu après le festival en Suisse alémanique, mais trois jours plus tard, c’est le confinement et la fermeture des salles.

    "Après Berlin. je suis tombée dans un trou", nous raconte la réalisatrice suisse d’origine croate, dont on rappellera qu’elle avait décroché le Léopard d’or à Locarno en 2006 pour Das Fräulein, et s'est retrouvée en compétition au Tessin avec Cure en 2014. "Et puis au bout d’un mois, j’ai quand même réalisé un court métrage, intitulé My Mom, My Son and Me. Mais je ne peux pas prétendre avoir utilisé cette période d’une manière très créative. Je me suis surtout posée, j’ai réfléchi. Cela dit, je ne sais pas si le monde d’après sera très différent de celui d’avant… " 

    Quelque temps avant, il y a donc eu Mare, tourné à Kanalve, l’aéroport de Dubrovnik. Un lieu qu’adore l'auteure, à la frontière du Montenegro et d’où vient son grand-père. Entre plage, soleil et nature, elle brosse le portrait au quotidien d’une femme dans la quarantaine qui, bien qu’entourée d’avions, n’est jamais allée nulle part. Dévouée, plus ou moins heureuse, plus ou moins invisible, elle n'a cessé de tenir son rôle d’épouse, de mère et de maîtresse de maison.

    Mais, arrivée à la moitié de sa vie et aspirant à la liberté, cette femme piégée par ses enfants, son mari, la société, mais également par elle-même, se pose des questions à la fois banales et importantes sur qui elle est, son rôle de femme, de mère, son partenaire, ses enfants, ce qui doit changer dans son couple, ce qu’elle fait de ses désirs, comment elle vit sa sexualité. Elle a d'ailleurs une petite aventure avec un étranger de passage. 

    Ecrit pour Marija Skaricic

    Andrea Staka a spécialement écrit pour Marija Skaricic (photo), l’actrice principale, qui se révèle convaincante. "Je la connais très bien. Je l’ai choisie parce qu’elle est intuitive, à la fois fragile et forte. Mais je dois préciser que si Mare se donne la liberté d’essayer quelque chose, c’était un problème pour Marija d’être libre. Mais elle a fini par se rendre compte qu’elles étaient proches". La cinéaste avoue aussi avoir mis d’elle-même dans le personnage, le courage, la curiosité, la recherche, la sensualité.

    Avec cette tendance à explorer l’intime, féminin avant tout, on pourrait imaginer que le cinéma est pour Andrea Staka une forme de psychanalyse. En réalité, c’est une manière de voir les choses plus clairement. «J’ai besoin d’images pour comprendre le monde et les gens». C’est ainsi qu’elle va porter son regard sur la société suisse dans son prochain film. "J’ai un sujet déjà écrit que je dois retravailler. J’ai dans la tête ce que j’appellerais mon  Zurich fiction. Avec une jeune femme (évidemment…) qui va tester ses limites en matière de liberté et d’identité".

    Mare, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 10 juin.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "La bonne épouse", laborieuse comédie féministe aux couleurs pop

    Imprimer

    labonneepouse.jpgTenir sa maison avec abnégation, se plier au devoir conjugal sans moufter, ne jamais se laisser aller, veiller à l’économie, bref respecter les piliers indispensables pour devenir des épouses et des mères parfaitement soumises, le rêve de l’homme: c’est ce qu’enseigne Paulette Van der Beck (Juliette Binoche) dans l’école ménagère qu’elle dirige avec son mari (François Berléand) en Alsace.

    Mais on approche de Mai 68. L’école est moins fréquentée, les mœurs changent, les jeunes filles s’émancipent, se montrant moins enthousiastes à l’idée de devenir d’irréprochables femmes au foyer cantonnées dans des situations subalternes, sans ressources financières, totalement dépendantes du bon vouloir de leur mari. Avec cette révolution qui s'annonce, les certitudes de Paulette vacillent. D’autant plus lorsque veuve et ruinée, elle s’abandonnera tardivement à un amour de jeunesse (Edouard Baer) longtemps éconduit. Des scènes qui confinent au pathétique.

    A l’image du film dans son ensemble, malheureusement. Car Martin Provost, réalisateur si apprécié et délicat de Séraphine et Violette, se complaît, en voulant rendre hommage aux femmes, dans une comédie caricaturale pour rappeler laborieusement l’histoire de leur émancipation. Grossissant outrancièrement le trait, il enfile dès lors les clichés comme des perles, tout en évoquant quelques stars d’alors, Adamo, Guy Lux, ou Joe Dassin pour nous mettre dans l’ambiance.

    On oublie aussi les ridicules François Berléand et Edouard Baer. C'est un peu mieux côté comédiennes, mais on n’atteint pas des sommets. Dans cet univers aux couleurs pop, Martin Provost a confié le rôle principal à Juliette Binoche, qu’on retrouve , dans les deux tiers de l'opus, en bourgeoise coincée faussement chic, boudinée dans son tailleur rose.

    Elle est secondée par sa belle-soeur (Yolande Moreau), vieille fille brindezingue qui rêve au prince charmant et découpe brutalement les volailles façon Maïté dans la fameuse émission télévisée que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître: La cuisine des mousquetaires, Ainsi que par une religieuse (Noémie Lvovsky), acerbe et autoritaire avant de céder elle aussi au vent de liberté qui souffle en ce printemps prometteur...

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 mars.

     

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire