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Le blog d'Edmée - Page 4

  • Grand écran: "Dark Waters", le palpitant combat d'un avocat écolo face à un géant de la chimie

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    dark-waters-1.jpgAvocat spécialisé dans la défense des entreprises chimiques au début des années 2000, Robert Bilott, interpellé par un paysan voisin de sa grand-mère chez qui il passait ses vacances, découvre que la société DuPont est responsable de la pollution de l’eau en déversant ses déchets dans la rivière Ohio.

    Premier employeur de la région, l’usine empoisonne les habitants du lieu et les animaux avec le Téflon, un agent toxique. Face à l’évidence, déterminé à faire éclater la vérité contre l’avis de la hiérarchie, Bilott change de camp et va risquer sa carrière, sa famille, sa vie.

    Après l’admirable Carol et le décevant Musée des Merveilles, Todd Haynes change à nouveau de registre et livre, avec Dark Waters, un grand thriller d'investigation engagé, tiré d’une histoire vraie. Il est porté par Mark Ruffalo (l’impeccable reporter de Spotlight), à nouveau excellent dans le rôle de ce courageux avocat (photo). Jusqu’au-boutiste, il a mené une interminable croisade sacrificielle pour révéler une catastrophe environnementale et tenter de faire payer un groupe multinational usant de méthodes impitoyables et uniquement motivé par des intérêts économiques.

    Avec ce parcours du combattant héroïque, le réalisateur ne révolutionne pas le genre. Se sont notamment aventurés dans cette éternelle lutte de l’individu contre le géant capitaliste Steven Soderbergh dans Erin Brockovich, où Julia Roberts se bat elle aussi dans une affaire d’empoisonnement de l’eau. Ou Steven Zaillian dans Prejudice, racontant l’histoire d’un brillant avocat des riches (John Travolta), qui met toute sa fortune en jeu pour dénoncer une société industrielle responsable de la mort de plusieurs enfants. 

    En revenant sur l’affaire du Téflon et sa dangerosité cancérogène, le militant Todd Haynes n’en fait pas moins œuvre dénonciatrice, utile et pédagogique. Il propose un long métrage dramatique bien documenté, passionnant, palpitant, sur ce scandale de santé publique qui résonne évidemment très fort face aux problèmes écologiques actuels.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 26 février.

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  • Grand écran: Exceptionnelle, Renée Zellweger fait revivre Judy Garland

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    image.jpgRenée Zellweger, justement récompensée par un Golden Globe et un Oscar, est l’atout majeur de Judy, biopic inspiré d’une pièce de Peter Quilter, End Of The Rainbow. Signé de l’homme de théâtre britannique Rupert Goold, il s’attache plus particulièrement aux deux dernières années de la vie et de la carrière de Judy Garland, née Frances Ethel Gumm en 1922 d’un père suisse et d’une mère norvégienne, morte à 47 ans d’une overdose de médicaments en 1969. 

    Légendaire actrice et chanteuse américaine, elle est propulsée star à 17 ans pour son rôle de Dorothy dans Le Magicien d’Oz, qui lui vaut un Oscar juvénile. L’année suivante, alors qu’elle a formé un duo populaire avec un autre adolescent, Mickey Rooney, elle squatte le box office,

    Artiste talentueuse mais femme fragile, c’est là qu’elle devient toxicomane. Comme elle a un solide appétit, sa mère l’oblige à ingurgiter des coupe-faim pour ne pas grossir, puis les studios lui prescrivent des amphétamines pour tenir le coup lors des longues heures de tournage. Dopants, ils la rendent insomniaque et la contraignent à prendre des barbituriques pour dormir. Sa vie privée agitée accentue sa dépendance et en 1950, la MGM met fin à son contrat.

    L’intrigue de Judy se déroule 18 ans après. On découvre l’ancienne petite fiancée de l’Amérique, accro aux médicaments et à l’alcool, forcée de se produire dans des bars miteux. Fauchée, dépressive, terrifiée à l’idée de perdre ses enfants, elle accepte une série de concerts à Londres, au Talk Of The Town, pour en récupérer la garde et relancer sa carrière. Mais en aura-t-elle la force? Elle est épuisée et après une brillante première, retombe dans une fatale autodestruction.

    Des retours sur la jeunesse de l’enfant vedette

    Si l'opus, principalement construit autour des spectacles londoniens donnés à guichets fermés, se concentre sur cette courte période, il opère quelques retours pour évoquer l’enfant vedette, otage des studios qui à l’époque décidaient de tout. Scrutée, surveillée, droguée, voire affamée, elle vivra toute son existence devant les caméras. La scène où Louis B. Meyer explique à la jeune Judy qu’elle n’est pas la plus jolie, qu’elle n’a pas le plus beau visage, ni les plus belles dents, mais une voix extraordinaire, résonne presque comme un mauvais présage…

    Célèbre Bridget Jones, Renée Zellweger opère ici un retour triomphal après un passage à vide. Méconnaissable, exceptionnelle, elle n’incarne pas, elle est Judy Garland, interprétant elle-même, formidablement chaque chanson. Aucun trucage n’a été utilisé. Il faut dire qu’elle n’est pas novice en la matière, ayant remporté l’Oscar du meilleur second rôle pour la comédie musicale Chicago

    Possédée par son personnage qu’elle a travaillé pendant un ans, Renée Zellweger bluffe à la fois par la voix, l’accent, la posture voûtée, la gestuelle scénique, les fêlures, les caprices, l'humour, les contradictions de l’idole déchue. Broyée par Hollywood, elle reste une icône. Comme pour cet émouvant et fidèle couple d’homosexuels qui lui voue une admiration inconditionnelle. On regrette juste un peu que le film, même s’il évite le biopic chronologique traditionnel, ne soit pas toujours à la hauteur de la performance de son éblouissante tête d’affiche.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 26 février.

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  • Grand écran: dans "Baghdad In My Shadow", Samir s'attaque aux tabous du monde arabe

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    1574_1.jpgArchitecte, Amal a fui son mari despotique, vexé qu’elle ait osé demander le divorce et se cache de en vivant sous une fausse identité. Ne pouvant exercer son métier en Angleterre, elle travaille au Café Abu Nawas, lieu populaire londonien où se rencontrent des immigrés irakiens.

    On y trouve par exemple Taufik, un poète athée, ancien militant communiste sous surveillance de deux policiers le soupçonnant d’être en contact avec des cercles extrémistes pour avoir fréquenté la mosquée. En réalité, il se montre impuissant face au changement de son neveu Nassir, sous influence d’un prédicateur salafiste haineux, aussi radical qu’hypocrite.

    Il y a encore Muhanad, jeune informaticien gay. Menacé de persécution dans son pays en raison de son orientation sexuelle, il devient, comme Amal tombée sous le charme d’un chef de chantier, la cible de Nassir, considérant que  l’homosexualité et l’infidélité sont punissables de mort.

    Dans ce film tourné en anglais et en arabe et pour lequel les acteurs et actrices qui vivent et luttent en Irak pour leur liberté de penser, ont pris de gros risques, Samir raconte notamment le quotidien complexe de trois personnages éprouvant un sentiment de rejet.

    Mais l’idée du réalisateur, né à Bagdad, consiste surtout à les confronter aux tabous majeurs de la société arabe qu'ils incarnent: l’athéisme, l’adultère (plus généralement la condition féminine) et l’homosexualité. Des «tares impardonnables» dont personne ne veut parler.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 février.

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  • Grand écran: "Richard Jewell", nouveau drame captivant du mythique Clint Eastwood

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    494998-le-cas-richard-jewell-le-nouveau-film-de-clint-eastwood-la-bande-annonce.jpgParc du Centenaire d’Atlanta pendant les Jeux Olympiques d’été en 1966. Le 27 juillet, Richard Jewell, un vigile d’une trentaine d’années faisant partie de l’équipe de sécurité, découvre un sac à dos suspect caché derrière un banc. Il apparaît très vite qu’il contient un dispositif explosif. Jewell fait immédiatement évacuer les lieux et sauve de nombreuses vies.

    Acclamé pour sa bravoure, il est suspecté trois jours plus tard par le FBI d'avoir lui-même perpétré l'attentat. La nouvelle s'étale à la Une des journaux suite à un papier de la journaliste à l'affût d'un scoop pour l'Atlanta Journal-Constitution, Kathy Scruggs. D'un jour à l'autre, le malheureux passe de héros à suspect numéro un, honni par toute l'Amérique.

    Sous enquête du FBI pendant 88 jours, traqué par les médias le condamnant sans preuves, il est innocenté trois mois plus tard grâce à l’intervention de l’avocat Watson Bryant. Mais la réputation de Jewell, même blanchi, reste entachée. Il meurt en 2007 d'une défaillance cardiaque due à son diabète. Le véritable coupable, Eric Rudolph, a été arrêté en 2003 et condamné à la prison à vie en 2005.

    Signalons en passant qu’une plaque commémorative en hommage à l'héroïsme de Richard Jewell devrait être dévoilée sur les lieux de l’attentat le 2 mars prochain.

    Personnage ordinaire au destin extraordinaire

    Ce film est le quarantième de Clint Eastwood (89 ans), qui s’empare à nouveau d’une bonne histoire pour en faire une grande œuvre. Elle est adaptée d’un article de de la journaliste Marie Brenner publié dans Vanity Fair: American Nighmare:The Ballad Of Richard Jewell. Le mythique réalisateur brosse avec son art habituel, sur fond de déchaînement médiatique très actuel, le portrait d'un homme ordinaire au destin extraordinaire. L'opus s'inscrit dans la lignée des American Sniper, Sully, le 15h17 pour Paris. 

    Avant de nous plonger dans le drame et de montrer le terrible parcours d'un innocent aux prises avec le FBI et la presse, institutions puissantes dont il se plaît à critiquer la malveillance, la corruption et l’immoralité, Eastwood nous appâte avec la personnalité ambiguë de cet homme. Obèse, sujet à moqueries, habitant encore chez sa maman, incapable de garder un travail, acheteur compulsif d’armes à feu, Jewell est fasciné par l'uniforme et rêve de rejoindre la police. Soumis face à l’autorité, il le restera en toutes circonstances. 

    Couple fusionnel mère-fils bouleversant

    Paul Hauser est remarquable dans le rôle. Il forme avec sa mère (émouvante Kathy Bates) un couple fusionnel bouleversant. Sam Rockwell est parfait dans celui de l'avocat Watson Bryant, tout comme Jon Hamm en boss (fictif) du FBI. On n'en dira peut-être pas autant d'Olivia Wilde, à la limite parfois de la caricature dans la peau de la journaliste Kathy Scruggs, morte en 2001. Le métrage a d'ailleurs été critiqué pour la représentation"sexiste" qui en est faite, une ambitieuse aguicheuse et prête à tout, qui a (ou aurait) couché avec un agent du FBI en échange de l'identité du suspect.

    L'Atlanta Journal-Constitution dément formellement. Le propriétaire du quotidien a en outre demandé à Clint Eastwood et à la Warner Bros de déclarer publiquement que certains événements ont été imaginés à des fins artistiques. Le film se contente en effet de préciser, en fin de générique, qu'il est "fondé sur des événements historiques réels mais a créé certains dialogues et éléments pour les besoins de l'histoire".

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 février.

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  • Grand écran: #JeSuisLà, une feel good comédie avec l'irrésistible Alain Chabat

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    2610519.jpgRestaurateur du Pays basque confronté à la crise de la cinquantaine, Stéphane partage son quotidien entre ses deux grands fils, son ex-femme et son métier de chef. Une vie banale. Sauf qu’il a un secret. Via Instagram, il est tombé amoureux de Soo, une jeune Sud-Coréenne avec qui il échange plein de messages.

    Un beau jour, sur un coup de tête dont il ne s’imaginait pas capable, il plaque tout et s’envole pour Seoul pour la rencontrer. Mais Soo n’est pas là à son arrivée. Comme elle tarde à se manifester, Stéphane prend ses quartiers à l’aéroport d’Inchon en attendant, l’espoir chevillé au corps, qu’elle le rejoigne…

    Six ans après le succès remporté par La famille Bélier, Eric Lartigau, qui a écrit le scénario avec Thomas Bidegain, suit l’errance, agrémentée de rencontres plus ou moins singulières et improbables, d’un étonnant personnage parachuté en terre étrangère, dans une culture différente.

    Tout en se livrant à une petite réflexion sur les mirages d’une société virtuelle, les illusions et paradoxes des réseaux sociaux, le temps qui passe, la solitude, l'auteur permet également à son héros de se poser des questions sur qui il est véritablement et ce qu’il veut au fond de lui.

    #JeSuisLà, film original même s’il en rappelle d’autres tournés dans des aéroports, doit tout à Alain Chabat, avec qui Eric Lartigau avait déjà collaboré pour Prête-moi ta main. Séduisant avec son épaisse crinière blanche, il se révèle déconcertant de naturel, touchant, désarmant, rêveur, candide, drôle, à la fois perdu mais ne s’étonnant de rien.

    Il est tellement attendrissant qu’il en est irrésistible. Et parvient, par sa seule présence, à élever cette fable certes dépaysante et divertissante, mais n’évitant ni les clichés ni les situations bancales, allant jusqu’à se muer en office du tourisme pour vanter les charmes de la Corée du Sud. Et qui, faute de substance, finit logiquement par tourner en rond. Il est vrai qu’une douzaine de jours à zoner dans un aéroport, c’est quand même longuet.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 12 février.

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  • Grand écran: Golshifteh Faharani, psy hors du commun dans "Un divan à Tunis"

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    phpThumb_generated_thumbnail.jpgPsychanalyste à Paris pendant dix ans, Selma (magnifique Golshifteh Faharani) décide de rentrer à Tunis et ouvre un cabinet dans une banlieue populaire. Après des décennies d’une dictature qui avait plongé le pays dans le chaos entre crise économique, islamisme et terrorisme, la révolution a rendu le pays bavard. Et la demande de libérer la parole est désormais forte.

    La cigarette au bec, Selma détone avec son abondante chevelure bouclée et ses tatouages. Aux prises avec certains de ses proches qui tentent de la décourager, elle connaît des débuts épiques, tandis que s’allongent sur le divan des personnages pour le moins excentriques.

    Ils vont du parano certain d’être surveillé par le Mossad au gay inquiet de voir Poutine dans des rêves érotiques dominés jusque-là par des dictateurs arabes, en passant par le client confondant une séance sérieuse sur canapé avec une prestation tarifée.

    Selma ne commence pas moins à trouver ses marques entre une mère de famille voilée et un iman qui doute. Mais, catastrophe, découvre qu’il lui manque une autorisation indispensable pour continuer à rester à l’écoute de ses patients en souffrance. Elle se trouve alors en butte à de redoutables problèmes administratifs et doit en plus affronter un policier aussi tatillon que sensible à son charme.

    Portrait d’une femme et d'un pays en reconstruction

    Un divan à Tunis est signé Manele Labidi, qui explore ainsi la psyché des Tunisiens. Désireuse d’offrir un regard différent, elle propose, dans son premier long métrage où elle dessine à la fois le portrait d’une femme et d’un pays en reconstruction, une comédie à l’italienne bien rythmée, attachante. En dépit de quelques maladresses scénaristiques, de situations parfois caricaturales, la réalisatrice séduit par sa manière de traiter de sujets socio-politiques graves avec humour et impertinence.

    Mais la réussite du film tient surtout à son interprète principale, cette psy hors du commun incarnée par la sublime et solaire Golshifteh Faharani. La charismatique Iranienne exilée en France porte non seulement le divan sur ses épaules si l’on ose dire, mais alimente et enrichit son personnage par son propre parcours de vie.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 12 février.

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  • Grand écran: "Adoration", l'éloge de l'amour fou

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    hq720.jpgAvec Adoration, le Belge Fabrice du Welz conclut une trilogie ardennaise commencée avec Calvaire en 2004 et poursuivie avec Alleluia en 2014. Dans ce dernier volet, conte initiatique noir et cruel flirtant avec le thriller psychologique et le fantastique, on découvre tout d'abord Paul, garçon solitaire, timide et un rien simplet. Passionné par les oiseaux, il les recueille et les soigne quand ils sont blessés.

    Un jour, près de la clinique psychiatrique isolée où travaille sa mère, jalouse et possessive, il rencontre Gloria, une fille de son âge récemment internée par son oncle. Il tombe follement amoureux au premier regard de cette adolescente étrange et solaire, au comportement schizophrène.

    Elle est déterminée à quitter cet hôpital où elle se sent prisonnière. Influençable, sous emprise, envahi d’émotions et de sentiments inconnus, Paul décide de s’enfuir avec elle, loin du monde, pour eux perverti, des adultes. Mais leur échappée ne tarde pas à virer à la cavale fatale, la maladie de Gloria reprenant le dessus.

    Pour incarner ces deux êtres, il fallait des comédiens à la hauteur. Le formidable Thomas Gioria, découvert dans Jusqu’à de la garde se révèle à nouveau parfait, tout comme Fantine Harduin, aussi remarquable qu’imprévisible, troublante et dangereuse dans cet éloge déroutant de l’amour fou, quête de l’absolu empreinte de violence, de sensibilité, d’onirisme, de cauchemar et de poésie. A signaler la présence d’un touchant et désabusé Benoît Poelvoorde dans le dernier tiers du métrage.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 5 février.

     

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  • Grand écran: film à procès intrigant, "La fille au bracelet" révèle une actrice, Melissa Guers

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    1148017.jpgLise, une adolescente de 16 ans, passe l’après-midi à la plage avec son père, sa mère et son petit frère. Un moment troublé par le débarquement de trois hommes, dont deux gendarmes qui emmènent Lise après une curieuse discussion qu’on n’entend pas.

    On s'interroge avant de la retrouver deux ans plus tard. Elle vit dans un quartier résidentiel, vient d'avoir son bac. Mais elle est en liberté surveillée et porte un bracelet électronique, car elle est accusée d'avoir assassiné sa meilleure amie.

    Son procès va commencer et c’est au cours de celui-ci que seront énoncés les faits du crime, sordide. Tout semble accabler Lise. Sa nuit passée chez la victime après une fête, la seule présence de ses empreintes génétiques sur le corps de cette dernière, l’absence de l’arme. Mais ce n'est pas l'essentiel...

    Pour La fille au bracelet, Stéphane Demoustier, s’inspire du scénario d’Acusada, de l’Argentin Gonzalo Tobal. La comparaison s'arrête là. Au spectaculaire et aux effets de manches, le réalisateur français privilégie l’épure, les joutes verbales entre la procureure et l’avocat de la défense.

    Contrairement à son collègue sud-américain, il adopte le point de vue de ceux qui entourent Lise et ses proches, évoquant les conséquences du procès sur la famille, dont le noyau sera brisé. A travers ce fait divers où il aborde par ailleurs les mœurs de la jeunesse actuelle, le sexe "pour se faire du bien", sans émotions ou sentiments, le passage banalisé d’un partenaire à un autre, il montre surtout le fossé entre les générations. C’est ici que se situe l’enjeu principal.

    L'incompréhension, la méconnaissance qui mènent à la complexité des relations entre parents et enfants sont symbolisées par le mystère qui entoure Lise, coupable ou non, son mutisme, son visage impénétrable, son manque de justification et d’implication, en dépit de ce que cela pourrait lui coûter.

    En choisissant Melissa Guers pour incarner l’adolescente, Stéphane Demoustier révèle une actrice. Elle est à la fois secrète, intense, intrigante, déconcertante de naturel. Ses parents sont incarnés par Roschdy Zem et Chiara Mastroianni. La sœur du réalisateur, Anaïs Demoustier, a elle enfilé le costume de la jeune procureure. Elle est en-dessous de l’excellente prestation d’Annie Mercier, dans le rôle de l’avocate nettement plus âgée. Mais c’est paradoxalement d’elle que Lise se sent le plus proche.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le 5 février.

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  • Grand écran: "Just Mercy", plaidoyer poignant contre le racisme et la peine de mort

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    Just-Mercy-Movie-Quotes-1024x576.jpgAvec Just Mercy (La Voie de la justice), Destin Daniel Cretton propose un  long métrage dramatique où il dénonce durement le racisme et l’iniquité du système judiciaire américain. Il se base sur le cas réel de Walter McMillian (Jamie Foxx) promis à la chaise électrique pour le meurtre de Ronda Morrison, une jeune fille blanche de 18 ans en 1987. Il n’a pas commis ce crime comme l’attestent de multiples preuves. Ainsi qu’un unique témoignage. Mais il provient d’un criminel aux motivations douteuses.

    Walter McMillian est ardemment défendu par Bryan Stevenson (Michael B. Jordan). Alors qu’il aurait pu embrasser une carrière lucrative après de solides études à Harvard, le jeune avocat noir a décidé de se rendre en Alabama pour venir en aide à ceux qui ont été condamnés à tort, avec le soutien d’une militante locale, Eva Ansley. Le  film est adapté de son livre autobiographque A Story Of Justice and Redemption. 

    McMillian est justement l’un des premiers cas de Stevenson, qui s'est battu pour la vérité et a fondé l'America's Equal Justice Initiative (EJI). Pendant six ans, il sera embarqué dans un embrouillamini juridique et politique, tout en devant affronter un racisme chronique, qui sévit plus particulièrement dans les états du sud.

    Les oeuvres sur les erreurs judiciaires tragiques ne manquent pas et Destin Daniel Cretton ne révolutionne pas le genre avec sa mise en scène classique et sa reconstitution modeste. Mais en se saisissant de cette histoire forte, il propose un film utile, édifiant, poignant, sans pathos ou sensationnalisme, sur la discrimination et la criminalisation systématiques des Afro-Américains. Tout en se livrant à un puissant réquisitoire contre la peine de mort.

    Just Mercy vaut aussi par l’excellente prestation de ses deux acteurs. Jamie Foxx est émouvant de dignité dans le rôle de cet homme injustement condamné et Michael B. Jordan très convaincant dans celui de l’avocat idéaliste, brillant, tenace et vertueux.

     A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 29 janvier.

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  • Grand écran: "Little Joe", la fleur du bonheur qui peine à rendre heureux...

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    little-joe-trailer_jpg_1200x0_crop_q85.jpgMère célibataire, Alice, phytogénéticienne obsédée par son travail, s’investit à fond dans une société spécialisée dans le développement de nouvelles espèces de plantes. Elle a conçu une fleur très particulière, d’un magnifique rouge, aussi remarquable pour sa beauté qu’intéressante pour ses vertus thérapeutiques.

    En effet, si on la conserve à la bonne température, si on la nourrit bien et si on n’oublie pas de lui parler régulièrement, la plante rend son propriétaire heureux. Alice va alors enfreindre le règlement en offrant une de ces fleurs du bonheur à Joe, son fils adolescent. Ils vont la baptiser "Little Joe". Mais, à mesure que sa création grandit, Alice se demande si elle procure vraiment la félicité qu’elle l’imagine.

    Pour son premier film en anglais, la réalisatrice autrichienne Jessica Hauser éléve et assistante du grand Michael Haneke propose une fable auteuriste et sophistiquée sur les dangers des manipulations génétiques. Le sujet était prometteur, mais on voit tout venir de loin et du coup le résultat n’est pas à la hauteur des ambitions de l’auteure.

    Surfant sur le fantastique mâtiné d’un brin d’horreur, ce thriller parano se déroule dans une atmosphère d’une froideur clinique. Il se veut inquiétant et anxiogène mais, peu subtil, lent et surtout dénué de tension dramatique, il ne réussit pas à provoquer le malaise souhaité. En fait, on s’ennuie plutôt dans l’histoire.

    Si Little Joe ne tient pas ses promesses, son héroïne incarnée par Emily Beecham a elle bien tiré son épingle du jeu. Bizarrement d’ailleurs. En effet on ne sait trop pourquoi, vu le nombre  d'autres comédiennes plus méritantes, le jury lui a décerné le prix de l’interprétation au dernier Festival de Cannes. Gustibus coloribusque…

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 29 janvier.

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