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Le blog d'Edmée - Page 3

  • Festival de Cannes: des Dardenne à Mungiu en passant par Cronenberg, une Palme d'or en vue?

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    Depuis le passage des Dardenne, les rumeurs d’une troisième Palme d’or s’intensifient. Avec Tori et Lokita, recit de deux enfants venus de l’immigration africaine en Belgique, les frères poursuivent dans leur veine sociale engagée, humaniste. En colère, ils livrent un film sombre où suinte le désespoir.

    Sur le bateau de l’exil, une adolescente (Joely Mbundu) a adopté pour frère un garçon plus jeune (Pablo Schils) considéré comme un enfant sorcier au Bénin et envoyé à l’orphelinat.

    Débarqués en Belgique, Ils se retrouvent en butte à la violence, à la précarité, aux difficultés administratives, au trafic de drogue. Et à la prostitution pour Lokita, sous la coupe d’un odieux restaurateur italien. Désespérant d’obtenir ses papiers, elle est forcée de travailler comme veilleuse de nuit dans une usine de plantation de cannabis.

    Pour survivre et se défendre dans cet univers déshumanisé, véritable jungle où la vie des exclus ne vaut rien, les faux frère et sœur ne peuvent compter que sur les liens indéfectibles qu’ils ont tissés.

    Ce film fort au style sec, épuré, allant toujours  à l’essentiel, est joué par des non professionnels, Ce qui se sent parfois dans des dialogues trop écrits. En même temps, ce plaidoyer pour les migrants mineurs devrait faire vibrer la corde sensible d’un Vincent Lindon.
     
    Communauté scannée par le Roumain Cristian Mungiu
     
    Autre film plébiscité sur la Croisette, celui du Roumain Cristian Mungiu, qui suit le retour de Matthias dans sin village natal, multiethnique, de Transylvanie, après avoir quitté son emploi en Allemagne.

    Visant lui une deuxième Palme, il nous immerge dans une petite communauté gangrénée par la xénophobie. Le titre, RMN, peut surprendre. Sauf qu’en français, cela signifie IRM, autrement dit le scanner cérébral consistant à créer des images précises du corps, à révéler la maladie derrière la surface.
     
    Et c’est bien l’opération à laquelle se livre le réalisateur, qui continue à analyser les maux qui rongent la société de son pays. Cette fois il d’attaque au nationalisme exacerbé, à la peur de l’autre, aux angoisses, au fantasme du grand remplacement,,entre thriller et drame social.
     
    Tout en relevant quelques défis, à l’image d’un plan séquence de dix minutes où les villageois s’affrontent au Conseil municipal, sur le sort réservé aux étrangers. Virtuose, mais on est quand même moins fan que la majorité des festivaliers.
     
    Cronenberg promettait le pire. C’est raté!

    De son côté le Canadien n’a jamais eu de Palme. Et on ne le voit pas trop l’emporter cette fois, même s’il nous fait croire que la chirurgie est le nouveau sexe, en fouillant dans les entrailles des gens. Cela dit, vu que Titane l’a eue l’an dernier, on ne peut jurer de rien.

    Dans Les crimes du futur, le cinéaste obsédé par l’évolution et la mutation des corps, met en scène deux artistes qui procèdent, en public, à des performances peu communes. Saul Tenser (Viggo Mortensen) fait proliférer des tumeurs dans ses tripes que sa partenaire, l’ex-chirurgienne Caprice (Léa Seydoux), tatoue et extirpe après une incision spectaculaire.

    Alors que Timlin (Kristen Stewart), une enquêtrice du Bureau du Registre national des organes surveille ces expériences, le couple est approché par un homme qui a développé une nouvelle manière de se nourrir avec du plastique. Voilà qui ne fait pas franchement envie. 

    David Cronenberg, mêlant à nouveau thriller et réflexion psychologique dans cet opus verbeux, est déterminé à choquer. "Je suis sûr que les gens quitteront la salle dans les cinq premières minutes", a-t-il même déclaré dans une interview à Deadline. Ajoutant: "Un mec a dit qu’il avait presque fait une crise de panique". 

    Apparemment, rien de tel ne s'est produit lors des projections sur la Croisette. Le maître doit donc se rendre à l'évidence, il raté son coup. Sur ce plan-là, du moins.  

  • Festival de Cannes. Valeria Bruni Tedeschi nous emballe avec "Les Amandiers"

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    Enfin une femme derrière la caméra ! Et elle nous emballe. Avec Les Amandiers, Valeria Bruni Tedeschi fait revivre l’école de théâtre fondée par le célèbre metteur en scène Patrice Chéreau et Pierre Romans à Nanterre. Elle se concentre sur la promotion 1986-87 dont elle faisait partie aux côtés de Marianne Denicourt, Vincent Perez, Bruno Todeschini, Agnès Jaoui, ou encore Thibault de Montalembert,
     
    Dans cet hommage très personnel à l’art et à la création, la réalisatrice redonne à cette volée l’insolence d’une jeunesse vivant tout à fond, l’amour, la passion, le théâtre, la tragédie, dans une époque marquée par le fléau du sida. 

    La troupe formée de très bons comédiens est emmenée par la formidable Nadia Tereszkiewicz, alias Stella (photo). Double bouillonnant de Valeria Bruni Tedeschi, elle crève l‘écran, qu’il s’agisse de son rôle dans les répétitions de Platonov, une pièce de Tchékhov ou dans sa relation toxique avec le bel Etienne qui brûle pour elle.    

    Patrice Chéreau est quant à lui incarné par le magnétique Louis Garrel. Valeri Bruni Tedeschi est loin de ménager le maître qu'on découvre suffisant, angoissé, colérique, fiévreux, et qu’on voit par ailleurs sniffer de la coke, draguer un étudiant, humilier une étudiante. 

    La cinéaste livre une comédie dramatique enthousiasmante à la fois lumineuse et sombre. IL y a de l’énergie,, de la vitalité, de l'envie et de la fougue dans cette émouvante déclaration d’amour au théâtre, aux acteurs et à l’intensité de leur travail. 
    .
    Frère et sœur, avec Melvil  Poupaud et Marion Cotillard 

    Moins convaincant, Frère et soeur d’Arnaud Depleschin. Après le décevant Tromperie sélectionné l’an dernier hors compétition, le réalisateur est cette fois candidat à la Palme. Objectif difficile à atteindre. Un frère écrivain (Melvil Pouoaud) et sa sœur actrice (Marion Cotillard), tous deux reconnus, se livrent une haine aussi viscérale qu’inexplicable depuis vingt ans. Alors qu’ils ne se sont pas croisés pendant tout ce temps, ils se revoient enfin lors du décès de leurs parents.
     
    Du Depleschin pur sucre qui décline ses thèmes préférés, la famille la mort, l’héritage, l’ambiguìté des sentiments… et Roubaix bien sûr, dans ce drame intimiste. L’adhésion est quasi unanime chez nos confrères parisiens bouleversés en outre par "l’extraordinaire duel" que se livrent Melvil Poupaud et Marion Cotillard. Au point qu’on regrette presque de ne pas être emporté par cet enthousiasme débordant.
     
    Il y a en effet, dans la manifestation de cette détestation féroce gratuite, une théâtralité gênante et une interprétation parfois hystérique qui nuit au film. On a du mal à s’y projeter, tout sonnant un peu faux, qu’il s’agisse des postures ou des mots.  

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  • Festival de Cannes: des mondes entre les films illustrent l'éclectisme de cette 75e édition

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     Une semaine déjà avec des monceaux de pellicule. Vu la pléthore de films, illustrant l'éclectisme de cette 75e édition, on vous livre quelques extraits des plus attendus ou qui nous ont plus spécialement séduit. Hors compétition, on a retrouvé cette tête brûlée de Tom Cruise. Alias Pete « Maverick »Mitchell, il a donc repris du service trente-six ans après la superproduction de Tony Scott, qui a carrément fait entrer le comédien dans la légende. Lequel, à 59 ans, semble défier le temps

    Pari gagné avec cette suite dans la droite ligne de son modèle, ironie, action et suspense en plus, le tout accompagné de quelques scènes romantiques entre la star et la jolie Jennifer Connelly. Mais surtout Joseph Kosinski nous en met plein la vue avec ce blockbuster époustouflant aux scènes aériennes  à vous coller au fauteuil. Un rien  répétitives, mais bon…

    La femme de Tchaïkovsky, de Kirill Serebrennikov

    Plébiscité par une grosse partie de la presse française, le Russe Kirill Serebrenikov, qui vit désormais à Berlin, a ouvert le concours avec La Femme de Tchaïkovsky. Le film, qui nous laisse dubitatif,  opère une plongée dans la vie du célèbre compositeur à travers le regard d’Antonia,  qu’il a épousée pour cacher son homosexualité et sa vie dissolue

    Il ne tarde pas à la mépriser, voire à la haïr. Mais follement amoureuse, hantée par son obsession, violemment rejetée, Antonia accepte toutes les humiliations et sombre peu à peu dans la folie. Pour raconter cette passion névrotique, le réalisateur propose un opus écrasant où, faisant le portrait d’une Russie homophobe aux résonances actuelles, il n’hésite pas à donner dans la surenchère dans des scènes choc. Et c’est quand même très long. Dommage. 

    Armageddon Time, de James Gray

    En revanche, James Gray, pour la cinquième fois en  compétition, nous émeut avec Armaggedon Time, poursuite générationnelle du rêve américain dans le New York des années 80, alors que Ronald Reagan s’apprête à être élu, et que les Trump  font leur apparition.  Il signe une chronique autobiographique, où il livre ses thèmes préférés comme la famille, la  figure patriarcale, la transmission. 

    Il évoque également les privilèges et le racisme à travers l’amitié qui unit Paul (Banks Repeta), ado rebelle issu d’un milieu démocrate, modeste et Johnny (Jaylin Webb), son ami afro-américain, méprisé pour sa couleur de peau. Tous les deux impressionnent, mais on relèvera la performance d’Anthony Hopkins, incarnant un bouleversant grand-père tout proche de la mort.

    Boy From Heaven, de Tarik Saleh

    Fils de pêcheur, Adam obtient une bourse lui permettant d’intégrer la prestigieuse université cairote Al-Azhar , épicentre du pouvoir  de l’Islam sunnite. Le jour de la rentrée, le Grand Imam à la tête de l’institution meurt brutalement. Il s’agit de lui trouver un successeur. 

    Les services secrets, qui ont un candidat proche de leurs idées ont bien l’intention de se mêler de se mêler de l’élection. A son corps défendant, l’innocent Adam se retrouve au cœur d’une implacable lutte entre les élites religieuse et politique du pays, en devenant la taupe d’un officier.

    Tarik Saleh, qui découvre la compétition avec ce thriller d’espionnage religieux haletant et puissant, propose une critique courageuse et violente d’un pouvoir autoritaire, écartant de façon glaçante et sanglante tout ce qui peut se mettre en travers de son chemin..

    The Triangle Of Sadness de Ruben Ostlund

    Après la Fashion Week, Carl et Yaya, un sublime couple de mannequins (photo) qui ne cesse de se disputer pour des histoires d’argent, sont invités sur un yacht pour une croisière de luxe. Egalement à bord, un oligarque russe qui a fait fortune en vendant de la merde, un couple de retraités britanniques marchands de mort et autres abjects personnages qui se permettent tous les excès. 

    Les choses dérapent quand une grosse tempête s’invite dans le traditionnel dîner de gala du capitaine, marxiste et alcoolique. Le paquebot explose et les passagers se retrouvent sur une île déserte, où les rapports de classe s’inversent,

    Palme d’or il y a cinq ans  pour The Square, le Suédois Ruben Ostlund se déchaîne démentiellement dans cette comédie grinçante en forme de jeu de massacre, structurée en trois actes, qui dénonce à nouveau le fossé de plus en plus béant entre les ultra riches et les ultra pauvres.  

    Curieusement moralisante, la farce est lourde, grotesque, vache et sale, vomissant notre époque dans tous les sens du terme. Débutant d’une façon tonitruante, elle s’embourbe dans un troisième chapitre interminable. Reste que les spectateurs se sont esclaffés comme rarement à Debussy et qu’on n’a cessé d’en causer dans les files d’attente.  

    Un gagnant parmi ces prétendants? Il est évidemment trop tôt pour juger. 

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  • Festival de Cannes: Julianne Moore ouvre La Semaine de la Critique

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    Importante section cannoise, La semaine de la critique a pour objectif et mission de faire découvrir ou confirmer des talents en présentant des premiers et deuxièmes films. «When You Finish Saving The World » de Jesse Eisenberg, 38 ans, révélé en Mark Zuckerberg dans Social Network, a ouvert cette 61e édition riche de sept longs métrages et onze courts. Pour ses débuts, l’auteur a notamment fait appel la grande Julianne Moore.

    Evelyn et Ziggy, une mère et son fils ado vivent dans des univers parallèles et ont du mal à s’entendre. Les choses explosent même assez souvent entre eux pour des vétilles. Un paradoxe, tous deux se voulant à l’écoute du monde et ayant à coeur de le sauver! Militante, Evelyn dirige un refuge pour femmes battues, tandis que Ziggy, musicien dont la popularité à l’école n’atteint pas des sommets, joue les petites stars sur un réseau social.

    Communiquant sans cesse avec des milliers d’abonnés, Ziggy évite au maximum la compagnie de sa maman, qui le rend fou en entrant dans sa chambre alors qu’il est en live. ll finira pourtant par s’en rapprocher en s’intéressant aux problèmes politiques et climatiques sous l’influence d’une jeune fille qui lui plaît beaucoup.

    Deux êtres que tout semble opposer, mais qui au fond se ressemblent, l’idée n’est pas des plus nouvelles. Le charme du film tient plutôt aux acteurs. Et surtout à Julianne Moore. Maladroitement et comiquement dénuée de chaleur et de sensibilité, elle séduit dans ce portrait croisé amusant et pertinent, où elle donne la réplique à Finn Wolfhard, se montrant lui aussi convainquant.  

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  • Festival de Cannes: Vincent Lindon, président du jury: "Je suis fou de joie!"

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    Avant l'ouverture de la 75e édition par "Coupez!" de Michel Hazanavicius, conférence de presse du  boss et de ses huit complices, chargés de remettre la Palme d'or à l'un des 21 films en lice. Le passage est obligé et les questions récurrentes sur leur lourde tâche, leur influence, les responsabilités qui en découlent. et la possibilité qui les aurait effleurés d'un refus de les assumer. Tous sont conscients de la difficulté, mais personne n'a hésité une seconde à accepter la charge. A commencer par le président Vincent Lindon qui, ne l'oublions pas, était à l'affiche de "Titane", Palme d'or 2021 raflée par la Française Julia Ducournau. 

    "J'ai cherché  à voir comment je pourrais faire". déclare le comédien. Pour lui, la seule manière c'est de redevenir un spectateur comme quand il était enfant, d'arriver sans a priori. "J'ai dévissé mon cerveau comme une ampoule", poursuit-il, ajoutant qu'il a envie  d'aimer, de recevoir tous les cinémas de la planète,  d'être lui-même. "Je ferai de mon mieux, pour être à la hauteur de la fonction. Je suis fou de joie et je vais profiter de tous les instants".

    La chance d'une vie

    Ses compagnons, quatre femmes et quatre hommes, racontent en gros de leur côté qu'il n'était pas question de rater la chance d'une vie, d'un rêve devenu réalité. Petit bémol tout de même de l'Iranien Ashgar Farhadi, expliquant que le plaisir d'une offre exaltante était gâché par le présent catastrophique que vit son pays. 

    Glissement alors vers la guerre en Ukraine et l'éventualité, pour les neuf, de changer leur façon de voir les oeuvres. Pour Vincent Lindon, le monde dans lequel on vit et les choses qui s'y passent modifient notre état humain. "On juge les films avec ce qu'on est, mais je ne pense pas que nous le ferons d’une autre manière... Nous ferons attention d'être dignes, respectueux,  de se tenir droit face à des gens qui ont des jours beaucoup plus compliqués que les nôtres..."

    Lors de la cérémonie d'ouverture présentée par la scintillante Virginie Efira, le comédien s'est montré très ému en prononçant son discours, avant l'intervention surprise, en direct de Kiev, du président Volodymyr Zelensky.

     

  • Festival de Cannes: "Coupez!", l'irrésistible comédie de Michel Hazanavicius, a ouvert le bal

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    Une comédie en ouverture de la plus prestigieuse grand-messe de la pellicule, ce n'est pas si fréquent. Irrésistible qui plus est. Présentée sur la Croisette juste avant sa sortie aujourd’hui en salles, on la doit à Michel Hazanavicius, dont on avait particulièrement aimé Le redoutable, impertinent portrait d'un Jean-Luc Godard en panne d'inspiration. Là, il nous scotche avec Coupez!, le tournage en temps réel d'un film de zombies qui tourne au cauchemar, quand de vrais morts-vivants attaquent les comédiens!

    Intitulé au départ Z (comme Z) et rebaptisé Coupez! à la demande de cinéastes ukrainiens soulignant l'utilisation d'un symbole en soutien de la Russie dans la guerre, ce film jubilatoire est un remake de  Ne Coupez pas  du Japonais Shin'ichirô Ueda. Et pourtant, au début, on craint le pire. Du coup, il est chaudement recommandé aux adeptes moyens du genre de s’accrocher pendant la  première demi-heure. Car tout est nul, moche, raté, débile, qu’il s’agisse de l’intrigue, des acteurs et du réalisateur complètement dépassé par les événements.  

    A se demander où Michel Hazanavicius veut en venir. Et juste au moment où on est à deux doigts de renoncer en se disant qu'on va difficilement supporter une suite de cet acabit pendant encore plus d'une heure, le facétieux et habile auteur change radicalement la donne. Un coup de maître! Le tournage faussement bricolé avec des bouts de ficelles devient un film à la structure aussi surprenante qu'impressionnante et exigeante, Hazanavicius nous expliquant le pourquoi du comment du naufrage, dans un inénarrable making of qu’on vous laissera découvrir… 

    Menée à un rythme d’enfer, cette comédie cocasse, absurde, délirante, déclaration d’amour au cinéma, est de surcroît portée par les excellents et désopilants comédiens Bérénice Bejo, Romain Duris, Finnegan Oldfield, Grégory Gadebois, qui se donnent corps et âme!  Il n'y a plus qu'à s'y précipiter.

    A l’affiche dès mercredi 18 mai.

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  • Grand écran: "Une histoire provisoire" avec un homme, deux femmes mais pas trop de possibilités

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    Le film commence par une rupture. En quittant sa petite amie Karen,  Sacha (Felipe Castro) un publicitaire genevois en pleine crise de la quarantaine, se casse la figure dans l’escalier et se réfugie, la jambe dans le plâtre,  dans l’appartement de ses grands-parents reconverti en Airbnb.. Pour se reprendre et se remettre à travailler, alors que perdu et en recherche d’autre chose, il est sur le point de tout lâcher.    

    Manque de chance, il doit partager les lieux avec une professeure d’université iranienne, Marjan  (Pooneh Hajimohammadi) qui, traversant également une croise conjugale  a quitté Téhéran pour Genève,  Alors qu’ils aimeraient  tous les deux être seuls, ils s’agacent et s’évitent, 

    Mal à l’aise  de se retrouver avec un inconnu ,  Marjan garde exprès son foulard pour maintenir une distance entre eux. Une vague tension  monte jusqu’à l’arrivée d’une joyeuse touriste américaine, Mina (Elisabet Johanesdóttir), censée les pousser  à dépasser leurs préjugés et leurs différences culturelles pour repartir dans la vie.  

    On voit bien l’idée du réalisateur suisse Romed Wyder  et de sa co-scénariste iranienne Nasim Ahmadpour de faire se découvrir et se rapprocher deux personnes intriguées l’une par l’autre et finalement plus émotionnellement connectées qu’elles ne l’imaginaient.  Mais cela reste une idée qui aurait mérité d’être mieux exploitée que par une mise en scène plate. Un homme deux femmes, mais pas trop de possibilités en somme dans  cette Histoire provisoire.. Et ce n’est pas le jeun passif de Felipe Castro qui va booster l’affaire....

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 11 mai.

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  • Grand écran: "Navalny", le célèbre opposant qui s'attaque à Poutine. Un documentaire captivant

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    Il est devenu un tel ennemi pour Vladimir Poutine, que le tout puissant chef du Kremlin refuse de prononcer son nom en public. Cet homme, brillant et charismatique avocat  de 45 ans, c’est Alexei Navalny, chantre de l’anti-corruption dont l’existence est constamment menacée et à qui le Canadien Daniel Roher consacre un captivant documentaire, simplement intitulé Navalny.

    Construit à la manière d’un haletant thriller politique, il a été tourné à la suite d’une rencontre du réalisateur et du chercheur et  journaliste d’investigation bulgare Christo Grozev avec Navalny,  dans un village allemand de Forêt noire. L’opposant était allé s’y reposer pendant quelques mois pour récupérer de son empoisonnement en Sibérie, le 20 aout 2020,  par le  Novichok, un redoutable agent neurotoxique.   

    Après une brève introduction mettant notamment en cause une allégeance de Navalny à l’extrême-droite avec laquelle il a pris ses distances depuis 2014 et l’annexion non cautionnée de la Crimée, le film raconte comment le plus grand critique du gouvernement, capable de soulever des foules,  se révèle  être un gros souci pour le tsar. L’œuvre est ainsi centrée sur la tentative d’assassinat du célébrissime militant, racontant  ce qui s’est passé après y avoir miraculeusement survécu  et essayant, avec son équipe, de découvrir qui est derrière.

    On frise le surréalisme

    Démêlant le complot d’une façon confondante après des recherches approfondies dans le dark web, Christo Grozev, dirigeant des enquêtes n Russie par le réseau Bellingcat etse définissant lui-même comme un nerd informatique,  réussit à découvrir l’identité de plusieurs agents du Service fédéral de la sécurité. On apprend qu’une équipe de tueurs du FBS, autrefois dirigé par Poutine, aurait placé le poison mortel sur un caleçon de Navalny dans sa chambre d’hôtel en Sibérie.

    C’est là qu’on assiste à une scène carrément surréaliste. Navalny se fait passer au téléphone avec l’un des auteurs présumés pour un assistant du secrétaire de sécurité et obtient une explication aussi ahurissante que détaillée de son interlocuteur... Cela n’ empêche pas le Kremlin de nier depuis lors toute  tentative de meurtre. Poutine que l’on voit dans une conférence de presse, déclare: "Si quelqu’un l’avait voulu, il l’aurait menée jusqu’au bout". L’Etat dément par ailleurs posséder le Novichok, qui serait pourtant particulièrement apprécié de son président.

    Des moments ahurissants

    Ces séquences sont sidérantes,  comme celle où Navalny de retour de son voyage s’effondre dans l’avion, se tordant et hurlant de douleurs avant un atterrissage d’urgence à Omsk et son transport l’hôpital. Ou encore celle de sa femme Yulia, s’obstinant à questionner les médecins et tentant tout pour faire transférer son mari à Berlin.

    Mais au-delà, le film de Roher montre le courage insensé de Navalny qui, au mépris du danger, sachant ce qui l’attend, retourne à Moscou  au début de l’année dernière. Accueilli par l’immense foule de ses partisans  qu’il appelle à ne pas avoir peur et à protester contre la guerre, le fougueux leader de l’opposition est aussitôt arrêté. Il sera ensuite condamné à deux ans et demi de prison pour non respect d’un contrôle judiciaire auquel il était soumis depuis 2014.  

    A L’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 mai, ce passionnant et puissant film témoignage est à voir absolument.

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  • Grand écran: "Navalny", le célèbre opposant qui affronte Poutine. Un documentaire captivant

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    Il est devenu un  tel ennemi pour Vladinmir Poutine, que le tout puissant chef du Kremlin refuse de prononcer son nom en public. Cet homme, brillant et charismatique avocat de 45 ans,  c’est Alexei Navalny, chantre de l’anti-corruption dont l’existence est sans cesse menacée et à qui le Canadien Daniel Roher consacre un captivant documentaire, simplement intitulé Navalny. 

    Construit à la manière d’un haletant thriller politique, il a été tourné à la suite d’une rencontre du réalisateur et du chercheur et  journaliste d’investigation bulgare Christo Grozev avec Navalny,  dans un village allemand de Forêt noire. L’opposant était allé s’y reposer pendant quelques mois pour récupérer de son empoisonnement lors d'un voyage en Sibérie, le 20 aout 2020,  par le  Novichok, un redoutable agent neurotoxique.   

    Après une brève introduction mettant notamment en cause une allégeance de Navalny à l’extrême-droite avec laquelle il a pris ses distances depuis 2014 et l’annexion non cautionnée de la Crimée, le film raconte comment le plus grand opposant à Poutine, capable de soulever des foules, se révèle être un gros souci pour le gouvernement. L’œuvre est ainsi centrée sur la tentative d’assassinat du célébrissime militant, racontant  ce qui s’est passé après y avoir miraculeusement survécu  et essayant, avec son équipe, de découvrir qui est derrière. 

    On frise le surréalisme

    Démêlant le complot d’une façon confondante après des recherches approfondies dans le dark web, Christo Grozev, dirigeant des enquêtes en Russie par le réseau Bellingcat et se définissant lui-même comme un nerd informatique,  réussit à découvrir l’identité de plusieurs agents du Service fédéral de la sécurité. On apprend qu’une équipe de tueurs du FBS, autrefois dirigé par Poutine, aurait placé le poison mortel sur un caleçon de Navalny dans sa chambre d’hôtel en Sibérie. 

    C’est là qu’on assiste à une scène carrément surréaliste. Navalny se fait passer au téléphone avec l’un des auteurs présumés pour un assistant du secrétaire de sécurité et obtient une explication aussi ahurissante que détaillée de son interlocuteur... Cela n’ empêche pas le Kremlin de nier depuis lors toute  tentative de meurtre. Poutine que l’on voit dans une conférence de presse, déclare: "Si quelqu’un l’avait voulu, il l’aurait menée jusqu’au bout". L’Etat dément par ailleurs posséder le Novichok, qui serait pourtant particulièrement apprécié du tsar.  

    Des moments ahurissants

    Ces séquences sont sidérantes,  comme celle où Navalny de retour de Sibérie, s'effondre dans l’avion, se tordant et hurlant de douleurs avant un atterrissage d’urgence à Omsk et son transport l’hôpital. Ou encore celle de sa femme Yulia, s’obstinant à questionner les médecins et tentant tout pour faire transférer son mari à Berlin. 

    Mais au-delà, le film de Roher montre le courage insensé de Navalny qui, au mépris du danger, sachant ce qui l’attend, retourne à Moscou  au début de l’année dernière. Accueilli par l’immense foule de ses partisans  qu’il appelle à ne pas avoir peur et à protester contre la guerre, le fougueux leader de l’opposition est aussitôt arrêté. Il sera ensuite condamné à deux ans et demi de prison pour non respect d’un contrôle judiciaire auquel il était soumis depuis 2014.  

    A L’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 mai, ce passionnant et puissant film témoignage est à voir absolument. 

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  • Festival de Cannes: "Coupez!", l'irrésistible comédie de Michel Hazanavicius, ouvre le bal

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    Une comédie en ouverture de la plus prestigieuse grand-messe de la pellicule, ce n'est pas si fréquent. Irrésistible qui plus est. Présentée sur la Croisette juste avant sa sortie aujourd’hui en salles, on la doit à Michel Hazanavicius, dont on avait particulièrement aimé Le redoutable, impertinent portrait d'un Jean-Luc Godard en panne d'inspiration. Là, il nous scotche avec Coupez!, le tournage en temps réel d'un film de zombies qui tourne au cauchemar, quand de vrais morts-vivants attaquent les comédiens!

    Intitulé au départ Z (comme Z) et rebaptisé Coupez! à la requête des cinéastes ukrainiens soulignant l'utilisation d'un symbole de soutien à la Russie dans la guerre, ce film jubilatoire est un remake de  Ne Coupez pas! du Japonais Shin'ichirô Ueda. Et pourtant, au début, on craint le pire. Du coup, il est chaudement recommandé aux adeptes moyens du genre de s’accrocher pendant la  première demi-heure. Car tout est nul, moche, raté, débile, qu’il s’agisse de l’intrigue, des acteurs et du réalisateur complètement dépassé par les événements.  

    A se demander où Michel Hazanavicius veut en venir. Et juste au moment où on est à deux doigts de renoncer en se disant qu'on va difficilement supporter une suite de cet acabit pendant encore plus d'une heure, le facétieux et habile auteur change radicalement la donne. Un coup de maître! Le tournage faussement bricolé avec des bouts de ficelles devient un film à la structure aussi surprenante qu'impressionnante et exigeante, Hazanavicius nous expliquant le pourquoi du comment du naufrage, dans un inénarrable making of qu’on vous laissera découvrir… 

    Menée à un rythme d’enfer, cette comédie cocasse, drôle, absurde, délirante, déclaration d'amour au cinéma, est de surcroît portée par les excellents et désopilants comédiens Bérénice Bejo, Romain Duris, Finnegan Oldfield, Grégory Gadebois, qui se donnent corps et âme!  Il n'y a plus qu'à se précipiter.

    A l’affiche dès mercredi 18 mai.

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