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Le blog d'Edmée - Page 3

  • Le Festival de Cannes annulé dans sa forme initiale. Une version différente à trouver

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    2290911.jpgAlors que le monde du cinéma retenait son souffle face à la redoutable menace de la crise sanitaire, le délégué général Thierry Frémaux et le président Pierre Lescure continuaient à croire à l'impossible et à travailler pour maintenir la 73 édition du Festival de Cannes, plus prestigieux rendez-vous de la pellicule dans le monde, qui avait été reporté au début en été. 

    Mais après le discours du président Emmanuel Macron du lundi 13 avril, déclarant que tous les grands événements rassemblant une foule de gens ne pourraient avoir lieu au moins avant la mi-juillet pour cause d'impitoyable coronavirus, la donne a changé comme l'ont annoncé les dirigeants dans leur communiqué de presse.

    Ils disent avoir donc pris acte que la nouvelle date envisagée fin juin-début juillet n'était plus possible et qu'il apparaissait désormais difficile de penser que le festival puisse être organisé cette année sous sa forme initiale. Autrement dit avec ses paillettes, ses photographes mitraillant les stars sur tapis rouge, avant les célèbres montées des marches.

    Les organisateurs se creusent néanmoins la tête pour trouver une autre manière de le présenter. "Nous avons commencé de nombreuses consultations dans le milieu professionnel en France et à l’étranger. Elles s'accordent sur le fait que le Festival de Cannes, qui est un instrument essentiel de soutien à l’industrie cinématographique, doit continuer à étudier l’ensemble des éventualités permettant d’accompagner l’année cinéma en faisant exister les films de Cannes 2020 d’une manière ou d'une autre".

    Ils précisent: "Quand la crise sanitaire, dont la résolution reste la priorité de tous, sera passée, il faudra redire et démontrer l’importance et la place que le cinéma, ses œuvres, ses artistes, ses professionnels et ses salles et leurs publics occupent dans nos vies. C’est à cela que le Festival de Cannes, son Marché du film et les sections parallèles (Semaine de la Critique, Quinzaine des Réalisateurs, ACID) entendent contribuer. Nous nous y engageons et remercions tous ceux qui sont à nos côtés, les responsables publics (Mairie de Cannes, Ministère de la Culture, CNC), les professionnels ainsi que nos partenaires".

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  • Léopard d'or pour "Le Grand Soir" et césarisé pour "Derborence", Francis Reusser est mort

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    image-original.jpgIl n’y a pas que le coronavirus qui tue. La mort, dans la nuit de jeudi à vendredi de Francis Reusser des suites d’une longue maladie, est là pour le rappeler. Né à Vevey en 1942, le cinéaste s’est beaucoup inspiré, en 60 ans d’une carrière commencée à la télévision, de la Suisse, de ses paysages et de l’écrivain Charles-Ferdinand Ramuz. Il a adapté plusieurs de ses romans, dont La guerre dans le Haut Pays (1998) avec notamment Marion Cotillard et surtout Derborence, en 1985.

    Filmée en Valais, l’œuvre, sélectionnée en compétition à Cannes, César du meilleur film francophone, a été son plus grand succès populaire. Elle raconte l’histoire d’Antoine, jeune berger enfoui avec d’autres sous les rochers après l’éboulement d’un pan de montagne. Survivant, il n’aura de cesse d’aller rechercher ses compagnons.

    Neuf ans auparavant, en 1976, il avait reçu le Léopard d’or au Festival de Locarno pour Le Grand Soir dans lequel il revenait sur ses années de militantisme et ses désillusions d'après. Parmi les autres métrages de Francis Reusser, on citera encore Jacques et Françoise (1991). L’action se passe en 1788. Amoureux de la fille de son maître, Jacques est envoyé dans une ferme française pour la traite. Il ne pourra épouser sa chérie qu’après la Révolution française.

    Francis Reusser, auteur engagé, très cinéphile, un peu rebelle, aimant le débat, a touché à tous les genres. Il est repassé pour la dernière fois derrière la caméra en 2018 avec La séparation des traces, un documentaire où il part à la recherche de son passé. La RTS consacrera mardi prochain une soirée spéciale au réalisateur, scénariste et acteur à l’occasion. Il a joué deux petits rôles chez Alain Tanner dans Charles mort ou vif et Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000.

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  • Djokovic pour l'éternité? A vaincre sans péril... Maigre consolation pour Federer

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    novak-djokovic-revele-qui-sont-les-femmes-qui-l-inspirent-le-plus.jpgLe maestro doit sentir la sueur lui couler entre les omoplates. Et pas parce qu’il continue à s’entraîner ferme dans la neige. Mais en raison d’une éventuelle redoutable décision des instances supérieures du tennis qui risque de le terrasser.

    Vous le savez sans doute, Novak Djokovic, qui n’a que 27 semaines de retard sur le prestigieux record de Federer resté sur le trône un pendant 310 semaines, pourrait le battre. Et cela dès le 5 octobre. Les doigts dans le nez en plus. Autrement posé sans toucher une raquette.

    Reprenons dans l’ordre. Le 19 mars dernier, l’ATP décidait de geler les classements. Sage précaution, le vilain coronavirus poussant à douter, surtout après l’annulation de Wimbledon, d’une reprise des tournois non seulement pour cet été, mais peut-être pour la fin de la saison. En revanche, les pontes du tamis pourraient juger que les semaines où le circuit est arrêté doivent compter pour la durée du règne de chaque Numéro Un.

    Ce qui ne ferait du 5 octobre qu’un avant-goût aussi amer que cruel pour notre orchidée noire, Car en cas d’année blanche, Djokovic réussirait l’exploit d’atteindre… les 323 semaines. Autant dire qu’il paraderait pour l’éternité. Je ne sais pas si vous visualisez la douleur pour notre porte-drapeau!

    7797785653_rafael-nadal-a-roland-garros-le-4-juin-2019.jpgMathématiquement pourtant, et ça me coûte de le prétendre dans la mesure où je n’éprouve pas un amour immodéré pour le «saigneur» des courts, ce ne serait pas un scandale. En effet, le seul à pouvoir hypothétiquement freiner le vampire de Belgrade en contestant sa domination, c’est Nadal.

    Malheureusement le taureau de Manacor, déjà en retard de 370 points, a si bien joué des cornes jusqu’à l’US Open compris l’an dernier, qu’il aurait quelque 1500 points de plus à défendre que Djoko d’ici au 5 octobre. Un peu moins ensuite, sauf que le mal serait fait pour le pauvre Rodgeur

    Seulement voilà. Entre les maths et le sport il y a un pas et rien ne dit que l’Ibère ne les aurait pas repris au Serbe en une dizaine de tournois. Vous me rétorquerez que l’inverse serait également possible, voire carrément probable. Certes, avec des si on mettrait Lutèce en amphore, mais c’est justement ça la fameuse glorieuse incertitude. Tant qu’on ne joue pas, le reste, c’est du pipeau.

    Bref, à mon humble avis, on ne peut pas geler d’un côté et dégeler de l’autre. Mais dans la mesure où l’ATP prendrait cette disposition contestable si favorable à Dracula, ce dernier n'aurait qu'à lui offrir son cœur. Il n’empêche qu’il demeurerait sans doute le mal-aimé du trio magique. Il est bien connu qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… Maigre consolation pour Sa Grâce.

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  • Grand écran: "You Will Die At 20", Grand Prix du Festival de Fribourg

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    And_when_do_I_sleep_Film_banner_1558x867-1200x668.jpgCoronavirus oblige, la 34e édition du Festival international de films de Fribourg (FIFF) a été annulée. Le FIFF a néanmoins pu maintenir, grâce à l’engagement de tous ceux qui oeuvrent chaque année à sa réussite, l’attribution de ses trois prix principaux. Après visionnement et délibération par vidéo conférence des jurys confinés aux quatre coins du monde, le palmarès a été dévoilé dimanche 29 mars. Il célèbre un cinéma révélant une jeunesse porteuse d’espoir et de changement.

    Les jurés ont ainsi décerné leur Grand Prix à You Will Die at 20 (Tu mourras à 20 ans) du Soudanais Amjad Abu Alala, leur Prix Spécial à Los Lobos du Mexicain Samuel Kishi Leopo et le Prix du meilleur court métrage à Asho de l’Iranien Jafar Najafi.

    Grand vainqueur, You Will Die At 20, qui avait déjà gagné le Lion du futur à la Mostra de Venise en septembre 2019, est un premier long métrage. C’est lors de la cérémonie de baptème de son fils, Mozamil, que la terrible prédiction s’abat sur les parents, Sakina et Alnoor. Leur enfant mourra à 20 ans. Terrassé le père s’exile pour de longues années, tandis que la mère, portant tout le poids de ce funeste augure, surprotège Mozamil en le gardant jalousement à la maison.

    Il finira par sortir de cet isolement en fréquentant l’école coranique. « Fils de la mort », il est souvent harcelé et tyrannisé par certains de ses petits camarades. Une situation semblant aller de pair avec un destin qu’il accepte avec une docilité entretenue par le refus des autorités religieuses d’annuler la prédiction. Jusqu’au jour où, approchant de la date fatidique, il rencontre un ancien cameraman rentré au village et tombe amoureux de la jolie Naîma…

    Un film prometteur en forme de conte de fées à suspense au sous-texte politique, mêlant le rêve et la réalité. En dépit d’une indéniable qualité d’images et de bons acteurs, on regrettera le manque de rythme, même s’il traduit en quelque sorte l’absence de révolte de Mozamil.

    Le festival se poursuit à la maison pour les intéressés. Plusieurs films de la sélection sont proposés en streaming. You Will Die At 20 peut se louer sur la plateforme suisse de trigon-film, filmingo.ch, tandis qu’un métrage kazakh Atbal’s Fight est disponible sur cinefile.ch. De son côté Festival Scope donne à voir une dizaine de longs et courts métrages des compétitions internationales, dès aujourd’hui et jusqu’au 19 avril. Enfin, des séances spéciales lors d’autres festivals et événements ponctuels auront lieu d’ici à la 35e édition, qui se tiendra du 19 au 27 mars 20121.

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  • Grand écran: "La bonne épouse", laborieuse comédie féministe aux couleurs pop

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    labonneepouse.jpgTenir sa maison avec abnégation, se plier au devoir conjugal sans moufter, ne jamais se laisser aller, veiller à l’économie, bref respecter les piliers indispensables pour devenir des épouses et des mères parfaitement soumises, le rêve de l’homme: c’est ce qu’enseigne Paulette Van der Beck (Juliette Binoche) dans l’école ménagère qu’elle dirige avec son mari (François Berléand) en Alsace.

    Mais on approche de Mai 68. L’école est moins fréquentée, les mœurs changent, les jeunes filles s’émancipent, se montrant moins enthousiastes à l’idée de devenir d’irréprochables femmes au foyer cantonnées dans des situations subalternes, sans ressources financières, totalement dépendantes du bon vouloir de leur mari. Avec cette révolution qui s'annonce, les certitudes de Paulette vacillent. D’autant plus lorsque veuve et ruinée, elle s’abandonnera tardivement à un amour de jeunesse (Edouard Baer) longtemps éconduit. Des scènes qui confinent au pathétique.

    A l’image du film dans son ensemble, malheureusement. Car Martin Provost, réalisateur si apprécié et délicat de Séraphine et Violette, se complaît, en voulant rendre hommage aux femmes, dans une comédie caricaturale pour rappeler laborieusement l’histoire de leur émancipation. Grossissant outrancièrement le trait, il enfile dès lors les clichés comme des perles, tout en évoquant quelques stars d’alors, Adamo, Guy Lux, ou Joe Dassin pour nous mettre dans l’ambiance.

    On oublie aussi les ridicules François Berléand et Edouard Baer. C'est un peu mieux côté comédiennes, mais on n’atteint pas des sommets. Dans cet univers aux couleurs pop, Martin Provost a confié le rôle principal à Juliette Binoche, qu’on retrouve , dans les deux tiers de l'opus, en bourgeoise coincée faussement chic, boudinée dans son tailleur rose.

    Elle est secondée par sa belle-soeur (Yolande Moreau), vieille fille brindezingue qui rêve au prince charmant et découpe brutalement les volailles façon Maïté dans la fameuse émission télévisée que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître: La cuisine des mousquetaires, Ainsi que par une religieuse (Noémie Lvovsky), acerbe et autoritaire avant de céder elle aussi au vent de liberté qui souffle en ce printemps prometteur...

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 mars.

     

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  • Grand écran: "Benni", portrait saisissant d'une petite fille violente et sauvage

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    illustration-cine-debat-benni_1-1572348682.jpgBlonde, les yeux bleus, la peau diaphane, elle  aurait pu avoir tout d'un ange.  Mais Benni (Helena Zengel) est une fille de neuf ans sauvage, dangereuse. Elle se bat violemment avec les enfants qui ne la comprennent pas et elle fait peur aux adultes. Traumatisée toute petite, ne supportant pas qu’on lui touche le visage, elle est sujette à des crises de panique qui la mettent dans des colères noires et la rendent terriblement agressive. Elle devient alors ingérable.

    Benni est prise en charge par les services sociaux et médicaux, mais tout ce qu’elle veut, c’est retourner vivre chez sa mère, célibataire, qu’elle adore. Fragile, instable avec deux enfants plus jeunes à élever de surcroît, celle-ci, incapable de s’occuper de Benni, se voit forcée de l’abandonner. Ce qui n’est pas de nature à calmer la rage de sa fille.

    Madame Bafané, directrice de centre et Micha, éducateur spécialisé dans les ados à problèmes, tous deux manifestant une rare bienveillance doublée d’une patience à toute épreuve, prêts même à enfreindre le protocole pour le bien de Benni, tentent de lui trouver un cadre bénéfique.

    En vain. Refusée par de nombreuses familles d’accueil, la gamine se voit également expulsée de tous les foyers où elle est placée, personne ne résistant à ses explosions de fureur. Benni a besoin de beaucoup plus de soutien que le système actuel a à lui offrir. Le titre original, System Crasher/Systemspenger, exprime parfaitement cette impuissance, cette désolante absence de solution à long terme.

    Au-delà du portrait saisissant de la fillette irrécupérable, le premier long métrage de Nora Fingscheidt est aussi un hommage au dévouement et l’empathie sans faille des travailleurs sociaux, symbolisés par Madame Bafané et Micha.

    La réalisatrice allemande met par ailleurs les nerfs et les oreilles des spectateurs à rude épreuve pendant deux heures. A chaque fois qu’un élément positif semble se dessiner, comme la belle relation qui s’installe entre Benni et Micha, c’est un nouvel échec avec un brutal et frustrant retour en arrière.

    Ce drame social pédagogique, émouvant, au scénario intelligent, très éclairant sur la pathologie dont souffre Benni, est porté de bout en bout par la jeune Helena Zengler, qui livre une prestation impressionnante. Les rôles secondaires de l’assistante sociale, de l’éducateur et de la mère sont eux aussi très convaincants.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 mars.

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  • Grand écran: "O Fim do Mundo", film de résistance sur une jeunesse lisboète meurtrie

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    O-Fim-do-Mundo-11.jpgDans ce long métrage qui commence par un baptème et se termine par un enterrement, symbole de la fin d’un cycle et du début d’un autre, Basil Da Cunha suit les déambulations du jeune Spira (le beau Michael Spencer). Après avoir passé huit ans dans un centre pour mineurs, il retrouve sa famille et ses potes en revenant à Reboleiria un bidonville de la banlieue de Lisbonne voué à la démolition, où le réalisateur vaudois d'origine portugaise vit depuis dix ans.   

    Le retour de Spira, à la recherche d’un travail, rêvant d’un futur qui n’a pas grand-chose à lui offrir, n’est pourtant pas du goût de Kikas, un vieux trafiquant. Il lui fait comprendre qu’il n’est pas le bienvenu dans ce quartier à deux pas du centre de la capitale envahie par les touristes, où les habitants désoeuvrés, rejetés par le capitalisme, se débrouillent comme ils peuvent pour survivre. Ce sont les voisins et amis du cinéaste, qui en montre à la fois les côtés humains et brutaux.

    S’inspirant de leurs histoires, mêlant la réalité et la fiction en créant un univers parallèle, le cinéaste dresse dans O Fim do Mundo le portrait d’une jeunesse meurtrie, à travers des personnages dont on a volé l’enfance. Ils ont perdu leur innocence et prônent les vertus du crime à l’ancienne.

    Humaniste, l’auteur aime valoriser, mettre en lumière des gens qui ne le sont pas, leur donner de la visibilité à travers le cinéma, leur rendre une dignité et une parole qu’on leur refuse. Dans cette favela il magnifie les habitants, à l'image de Spira qui, tel un ange noir, la traverse en essayant de voir plus loin en dépit d'un avenir bouché. «J’ai voulu faire un film de résistance, sur la fin d’un monde, d’un quartier, d’une génération, représenté par cet endroit, un des derniers maquis où on peut vivre autrement.»

    Pour lui, c’est une résistance à la normalisation qui lui fait peur, à la modernité. «Même si elle s’immisce à travers quelques téléphones portables, il y a une volonté de ne pas rester rivé à son ordinateur.»  Comme dit l’un de ses personnages, ce n’est pas de cette manière qu’on va conquérir le monde ou se faire de l’argent.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 mars. 

     

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  • Grand écran: dans "Sous la peau", Robin Harsch suit trois ados sur le douloureux chemin de la transition. Interview

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    Sous-la-peau-8.jpgEffie Alexandra, Söan et Logan sont nés dans le mauvais corps. Avec des attributs qui ne correspondent pas à ce qu’ils sont. Obsédés par ce qui leur manque ou ce qu’ils ont en trop, par le regard de l’autre, par le dire ou le cacher. Pendant plus de deux ans, le Genevois Robin Harsh, se mettant à la place du spectateur, du parent ou du jeune qui se pose une foule de questions, a suivi ces trois adolescents sur le long et douloureux chemin de la transition, le grand bouleversement  qu’elle provoque chez eux, leurs parents, les difficultés qu’elle entraîne à l’école et dans la société.

    Mais il est surtout question d’une quête de leur véritable identité. De cette identité enfouie au plus profond de chacun d’eux. «Aujourd’hui on parle de LGBTI, mais il  n’y a pas, dans l’alphabet, suffisamment de lettres pour décrire toutes les différences de l’humanité», explique Effie, qui ne s’est jamais senti un garçon. «J’étais une fille avec des organes génitaux différents. Je dirais même que j’avais un pénis de fille et que peut-être il allait tomber un jour. Je suis libre depuis que j’ai des seins. Mon corps m’appartient.»

    «Dès que j’arrivais, ils me disaient “T’es un garçon ou t’es une fille ?” remarque Söan. « Que ça, tout le temps… Du coup, il y a un moment où j’ai basculé à l’opposé. Je me maquillais, j’avais un sac à main… Ce que je ne ferais plus jamais de ma vie aujourd’hui… » Pour Logan, c’est juste le haut qui le dérange beaucoup. «Comme une prison que t’as envie d’arracher.».

    IMG_8506-rotated.jpegRobin Harsch, 42 ans, auteur de plusieurs courts métrages et de documentaires pour la télévision, s’est lancé dans l’aventure par hasard. « En 2015,  une amie me parle de la création du Refuge à Genève, un centre qui  permettra à des adolescents LGBTIQ+ de venir parler de leurs problèmes en lien avec leur préférences sexuelles ou leur identité de genre. Je me suis dit que cela ferait un bon thème de documentaire.»

    Il a vu plusieurs gays, mais aucun ne voulait être filmé à visage découvert. «J’ai donc laissé tomber le projet et décidé, deux ans plus tard, de me concentrer sur les trans, grâce à Effie Alexandra qui avait envie de parler. J’ai ensuite rencontré Söan et Logan.»

    Au début, Robin pensait les accompagner pendant six mois.  « Mais c’était trop peu, chacun d’eux étant dans une étape différente sa transition et l’expérience a duré beaucoup plus longtemps. Tous les trois se sont livrés facilement. Le courant a passé très vite. Peut-être parce que je leur ai beaucoup parlé de moi, de de ma vie, de mes histoires d’amour.»

    Un soutien parental primordial

    Robin Harsch s’intéresse aussi évidemment aux parents, qui ont été plus difficiles à convaincre de s’exprimer. Il a fallu établir la confiance. La mère de Logan évoque alors sa souffrance. « C’est comme un deuil. Comme si ce garçon allait tuer ma fille que j’ai connue pendant dix-huit ans. Puis avec le temps, on récupère un jeune homme épanoui, bon à l’école, qui va mieux... » Pour la mère de Söan, il n’y a pas de genre. « Il n’y a pas de il ou elle. Ce qui reste c’est l’enfant. Fille, garçon, l’enfant. Il n’y a que lui. » 

    Le soutien parental se révèle  primordial dans la mesure où plus de 70% des jeunes candidats à la transition ont eu des idées suicidaires. Un sur trois passe à l’acte ou fait une tentative selon des études internationales. Il n’y en a pas en Suisse, mais d’après une éducatrice du Refuge, le risque chute de 93% quand le trans est soutenu par son entourage. Reste que certains jeunes rejetés, voire menacés  par leur famille sont en danger. D’où un hébergement proposé au centre pour préserver leur sécurité physique ou psychique.

    Avec ce documentaire, Robin Harsch espère apporter sa petite pierre. «J’ai surtout pensé à ceux qui ignorent tout de la transidentité et ont des a priori.  On voit heureusement de plus en plus de films sur le sujet et c’est tant mieux. Je pense que les mentalités changent, principalement chez les jeunes qui se montrent de moins en moins jugeants. Par exemple mon fils de neuf ans trouve que c’est bien».  

    A l’affiche le 11 mars à Genève et Lausanne, le 18 à Neuchâtel et ensuite dans le reste de la Suisse.

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  • Grand écran: "De Gaulle": dans l'intimité du héros, avec Lambert Wilson et Isabelle Carré

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    image-nicxxq900_dr_cinexx-040320203.jpgMai 1940. La guerre s’intensifie, l’armée française s’effondre, les Allemands sont aux portes de Paris. La panique gagne le gouvernement qui envisage d’accepter la défaite. Un homme, Charles de Gaulle (Lambert Wilson, photo) qui vient d’être promu général, est convaincu que tout espoir n’est pas perdu, qu’il faut s’opposer au maréchal Pétain et continuer le combat. Sa femme Yvonne (Isabelle Carré) est son premier soutien, mais très vite les événements les séparent. Charles rejoint Londres où il prononcera son fameux appel du 18 juin sur les ondes de la BBC.

    Contrainte de fuir la maison familiale de Colombey-les-deux-Eglises tandis que le pays sombre dans le chaos, Yvonne se lance sur les routes de l’exode avec la gouvernante Mlle Potel (Catherine Mouchet), ses enfants dont Anne, la petite dernière, trisomique, qu’elle tient principalement à protéger. Ils finissent par trouver un bateau en partance pour la Grande-Bretagne où ils arrivent le lendemain du jour où le grand Charles entrait dans l’Histoire. .

    Aussi curieux que cela paraisse, alors que Churchill a par exemple inspiré plusieurs biopics, c’est le premier qui s’attache à de Gaulle. Dès lors on imaginait le film événement. Mais l’idée de son auteur Gabriel le Bomin n’est pas, à l'évidence, de proposer une grandiose fresque historique ou un portrait fouillé du mythique général. Il se concentre sur un moment crucial de sa vie où son destin et celui de la France basculent, sur ces quatre semaines qui ont précédé son initiative capitale de rallier l’Angleterre pour aller faire entendre une autre voix, celle de la Résistance.

    Un surprenant couple fusionnel

    Le film ménage une tension dramatique même si on connaît l’enjeu. Construit autour de la décision politique de ce rebelle au regard décalé face à la situation, il en évoque plus particulièrement les implications personnelles. On peut regretter l’hagiographie classique, un côté parfois artificiel de certaines séquences. Mais au-delà de l'exaltation sans nuances de la volonté et de l'inflexibilité de son héros, Gabriel le Bomin révèle sa fragilité en nous plongeant dans son intimité. Dévoilant l'homme derrière le général. Le montrant en privé avec sa femme Yvonne, ou manifestant sa tendresse envers sa fille handicapée.

    Une touche de romanesque nous laissant découvrir un couple fusionnel surprenant, émouvant, qu’un amour inconditionnel mais pudique aide à supporter les épreuves. Il est bien interprété. A commencer par Lambert Wilson. Enfilant le plus lourd des costumes, dont cette curieuse veste d'uniforme trop longue, il a l‘intelligence de ne pas tomber dans l'imitation. A ses côtés Isabelle Carré incarne une Yvonne de Gaulle comme on ne l’a en fait jamais vue. Loin de la traditionnelle image de Tante Yvonne, on découvre une charmante femme de 40 ans, touchante, amoureuse. Certes timide et humble, elle n’en est pas moins elle aussi, à sa manière, une combattante.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 4 mars.

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  • Grand écran: "Thiel le Rouge", le discret espion suisse sorti de l'ombre

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    nvelimpex_thiellerouge_1_lo.jpgLe 4 septembre 1963, dans les décombres d’une Caravelle de Swissair qui s’est écrasée peu après son décollage de Kloten, des sauveteurs découvrent le passeport d’un certain Reynold Thiel. Inconnu du grand public, ce Neuchâtelois figure pourtant parmi les personnalités les plus surveillées de Suisse, en raison de son engagement au sein du parti communiste.

    C'est ce que raconte en 2009 Alain Campiotti, journaliste au Temps, dans une série de trente articles consacrés à cet être mystérieux, par ailleurs homme d’affaires, talentueux pianiste, compositeur et couturier.

    Découvrant cette chronique, la cinéaste romande Danielle Jaeggi, dont le père était l’un des meilleurs amis de Reynold Thiel, a décidé de monter un documentaire à la première personne autour de cet homme secret, qu’elle a côtoyé dans son enfance et dont le comportement lui paraissait parfois étrange.

    Militant fervent, il devient un grand défenseur du parti communiste à l’occasion d’un séjour à Paris dans les années 1930. Puis il se bat en Espagne dans les Brigades Internationales, avant de rejoindre la résistance en France.

    Après la Deuxième Guerre mondiale, devenu un businessman, il voyage en Europe de l’Est et en Chine. Il reste sous contrôle étroit et assidu de la police fédérale qui a réuni sur lui un épais dossier, le film nous donnant lecture de certains rapports.

    Mêlant la petite histoire à la grande pour nourrir un métrage dont l’intérêt se situe surtout dans sa première partie, Danielle Jaeggi a rassemblé une foule de documents d’archives, de photos, de vidéos. Elle s’est également replongée dans ses souvenirs pour mener sa propre enquête et sortir de l’ombre cet espion si discret.

    Sorti dans les salles de Suisse romande mercredi 26 février, Thiel le Rouge sera projeté dimanche 1er mars à 11 heures au Cinéma Bio de Carouge, en présence de sa réalisatrice et de l’ancienne conseillère fédérale Ruth Dreyfuss. 

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