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  • Cinéma: dans "Switzerlanders", des internautes suisses livrent leur vision du pays

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    352683574_highres.jpgEn 2011, un documentaire particulier, Life in a day (Un jour dans la vie) était présenté au festival de Sundance. Ridley Scott avait demandéaux internautes de montrer un moment dans leur vie à une date précise. Le réalisateur Kevin MacDonald avait alors récolté plus de 80 000 clips envoyés du monde entier.

    Michael Steiner, auteur de Grounding, Wolkenbruch ou encore Mon nom est Eugène, a adapté le concept avec Switzerlanders, produit par 20 Minutes. Des internautes suisses ont été invités à envoyer une vidéo de leur vision du pays. Steiner a ainsi trié plus de 1400 heures d’enregistrements venus des quatre coins du pays et monté les images de 135 contributeurs. 

    Le jour J, 20 juin 2019, commence avec une ouvrière dans une boulangerie industrielle qui part au travail. Il se termine quelque 80 minutes plus tard avec une sorte de célébration oecuménique par le biais de prières à l’église catholique, à la mosquée et à la synagogue.

    Entre les deux se succèdent, de façon décousue et sans grand intérêt, une fête de lutte, une victime du syndrome d’Asperger, l’école de recrues, un vol en parapente, la fonte des glaciers, un gay séropositf, des sports nautiques, des paysages alpins, un dingue de sa Maserati, un choeur mixte, une manif pour le climat, des vieux, un un conducteur de locomotive, un bébé… Il y a mieux comme tableaux pompeusement qualifiés de «touchants, drôles, grandioses, intimistes, naïfs, revendicateurs ».

    On nous promettait un voyage saisissant dans un pays mosaïque unique, présenté comme un miroir magique. Le résultat est malheureusement inversement proportionnel à la grandeur du projet, avec des images bien banales d’une Helvétie bien peu surprenante. A part peut-être cet écrivain paysagiste un rien saugrenu, pour qui l’Helvétie est un sacré pays de merde peuplé d’habitants… de merde.

    Une déclaration de désamour à laquelle s’oppose bien vite ce fervent admirateur d’une Suisse merveilleuse, où on vit comme des coqs en pâte. A retenir aussi la réflexion de ce médecin prônant la santé comme « la chose la plus importante du monde ». Prémonitoire en ces temps de coronavirus vengeur…

    Switzerlanders est disponible depuis jeudi 21 mai sur toutes les plateformes de streaming usuelles.

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  • Cinéma: "Wild Rose", un rêve de Nashville pour une petite chanteuse de Country

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    still_07.jpgEn attendant la réouverture des salles de cinéma, les distributeurs restent actifs sur le plan de la VOD. En proposant des films récents, à l’image de Wild Rose, de Tom Harper. Il nous propose sa version d’ «Une étoile est née», en mettant en scène une héroïne formidablement interprétée par l’actrice irlandaise Jessie Buckley.

    A peine sortie de prison et de retour auprès de ses deux enfants, l’indocile et sauvage Rose-Lynn n’a qu’une obsession: quitter son Glasgow natal pour devenir chanteuse de country à Nashville. Une aspiration loin de plaire à sa mère, Elle trouve qu’il est temps pour sa fille de devenir adulte et responsable, donc de trouver un job pour s’occuper de ses mômes. Ce qui nous vaut quelques scènes familiales tendues.

    Faute de pouvoir réaliser son rêve pour l’heure contrarié, la jeune femme fait rageusement le poing dans sa poche et déniche un emploi de femme de ménage chez de riches bourgeois. Se laissant aller à la chansonnette en passant l’aspirateur, elle fait le bonheur des gosses de Susannah, sa patronne, elle même très séduite par la voix magnifique de Rose-Lynn. Au point qu’elle décide de l’aider.

    En dépit d'un scénario trop convenu, ce film à la réalisation classique, sobre, provoque une émotion pimentée d’humour. A la fois joyeux et mélancolique, il nous promène des banlieues mornes aux pubs écossais populaires bondés, où coulent des litres de bière et pleurent les guitares.

    Surfant entre chronique sociale aux accents loachiens et mélo musical plus particulièrement destinés aux amateurs de Country (encore que…), cet opus sans prétention repose essentiellement sur les épaules de la sauvage, vibrante et galvanisante Jessie Buckley, à l’énergie contagieuse. Atout majeur de l’histoire, elle se révèle aussi excellente comédienne que chanteuse.

    Dès jeudi 21 mai sur les plateformes suivantes : Swisscomn TV (Teleclub on Demand), iTunes, Sky Store, Hollystar, UPC. Déjà disponibles: The Kill Team, Aquarella, Skin, Bruno Manser, Hors Normes, Midway, ou encore Untouchable.

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  • Grand écran: Michel Piccoli, monument du cinéma français, est mort

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    0l0dIHOAawx86qZNJjYBt0.jpgAu cours d’une prestigieuse carrière riche de quelque 200 films, il a tout joué. Les séducteurs, les personnages troubles, les provocateurs, les escrocs et même un pape en plein doute chez Nanni Moretti, son dernier rôle important. Michel Piccoli, 94 ans, l’une des icônes du cinéma français, est mort lundi 12 mai des suites d’un accident cérébral.

    Né à Paris le 27 décembre 1925 dans une famille de musiciens, il décide de devenir acteur à 18 ans et s’inscrit au cours Simon. Il fait sa première apparition dans Sortilèges, de Christian-Jaque, en 1945. C'est en 1963 qu’îl se révèle au grand public, aux côtés de Brigitte Bardot, dans Le mépris de Jean-Luc Godard, adapté du roman éponyme d’Alberto Moravia. Il y excelle. Après avoir tenu le rôle d’un Don Juan vêtu de cuir noir dans le téléfilm de Marcel Bluwal, il a été dirigé par tous les grands.

    Prix d’interprétation à Cannes en 1980

    Acteur fétiche de Luis Bunuel (huit œuvres), Marco Ferreri (huit également) Claude Sautet (cinq), il a également été dirigé par Jean Renoir, Claude Chabrol, Jacques Demy, Jacques Rivette, Manoel de Oliveira. Sans oublier Alfred Hitchcock (L’étau). Il obtient le prix d'interprétation masculine à Cannes en 1980 pour son rôle dans Le Saut dans le vide de Marco Bellochio. Il a également remporté l'Ours d'argent du meilleur acteur pour Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre en 1982, et le David di Donatello dans Habemus Papam. En revanche, malgré son impressionnante filmographie, il n’a jamais reçu de César, auquel il a plusieurs fois pu prétendre.

    Michel Piccoli, s’est aussi illustré au théâtre. On l’a vu dans une cinquantaine de pièces, notamment dans des adaptations de Racine, Molière ou Shakespeare. Son interprétation du Roi Lear lui vaut deux nominations de suite pour le Molière du comédien. Il a également tâté de la réalisation avec deux courts, puis des longs métrages. On retiendra C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé (2005), où il met en scène un homme partageant sa vie entre l’appartement qu’il habite avec sa femme, celui qu’il occupe avec sa maîtresse et son club.

    Les femmes de sa vie

    Côté vie privée, Michel Piccoli épouse en premières noces l'actrice Eléonore Hirt en 1954. Ils ont une fille avec laquelle il se brouille, apparemment définitivement. En 2015, dans son autobiographie, il avouait avoir eu une liaison avec Romy Schneider avec qui il a partagé l’affiche à six reprises (La voleuse, Les choses de la vie, Max et les ferrailleurs, Le trio infernal, Mado et la passante de du Sans-Souci). Suite à cette idylle, il convole pour la deuxième fois avec Juliette Gréco en 1966, qui le quitte après 11 ans. En 1978, il se marie avec la scénariste Ludivine Clerc. Ils adoptent deux enfants, Inord et Missia, d'origine polonaise.

    Le comédien avait le cœur à gauche. Il avait soutenu François Mitterrand lors des élections de 1974 et 1981 et, en 2007, appelé à voter pour Ségolène Royal. Sa conscience politique, confiait-il en 2000 dans une interview à l’Express, s’était éveillée lors de la Seconde Guerre mondiale en entendant tout d'abord Hitler à la radio, puis l'appel du 18 juin du général de Gaulle.

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  • Cinéma: "The Charmer", regard original sur les migrants d'un Iranien installé au Danemark

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    1506092968694_0570x0400_0x0x0x0_1573330303960.jpgLe film s'ouvre par l’image choc d’une femme qui se suicide en se jetant par la fenêtre. On voit ensuite un homme s’habiller élégamment et se rendre en ville. Il s’agit d’Esmail, un jeune Iranien plutôt gâté par la nature. Emigré au Danemark, vivant de petits boulots, déménageur en l'occurrence, il habite un appartement miteux et se trouve sous la menace constante d'une reconduite à la frontière s’il ne prouve pas son assimilation.

    Seule solution pour obtenir un permis de séjour: draguer une Danoise et espérer se marier. Raison pour laquelle il fréquente régulièrement un bar huppé de Copenhague. C’est là qu’il fait la connaissance d’une compatriote émigrée depuis longtemps. La rencontre laisse imaginer une comédie romantique. Mais Sara ne tarde pas à voir clair dans le jeu de ce charmeur.

    Ce premier long métrage prometteur, à la facture classique, est signé de l’Iranien Milad Alami, installé depuis dix ans au Danemark après avoir grandi en Suède. Naviguant entre le drame, la romance et le thriller, exploitant les contrastes des situations sociales, tout en se penchant sur l’identité et les origines ethniques, il veut offrir un regard différent et personnel sur les migrants et l’exil.

    Si le mélange des genres n’est pas toujours heureux, les comédiens sont en revanche excellents. A commencer par l’acteur principal, Ardalan Esmaili. Ce séducteur manipulateur, cynique dans sa chasse à une hypothétique épouse, menant une double vie et apparemment dénué de scrupules, est au départ peu sympathique. Aux prises avec ses conflits intérieurs, son combat quotidien contre la marginalisation, il va pourtant se montrer attachant au fil du récit en révélant une impuissance à échapper à sa condition socio-culturelle.

    Inédit en salle. Sortie en VOD mercredi 8 mai, sur la plateforme Filmingo.
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  • Annulé, le festival de Locarno rebondit avec "Locarno 2020-For the Future of Films"

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    1.jpgC’était malheureusement couru  après les directives du Conseil fédéral interdisant les  manifestations de plus de 1000 personnes jusqu’à la fin du mois d’août. Alors que Cannes espère toujours se dérouler on ne sait trop quand et que la Mostra de Venise maintient ses dates du 2 au 12 septembre, le coronavirus a eu la peau de Locarno prévu du 5 au 15 août. Certes non pris au dépourvu, son président Marco Solari l’a annoncé à son plus grand regret deux heures à peine après la conférence de presse du gouvernement.

    La capitulation n’est toutefois pas totale. Etant donné l’impossibilité, en raison de la crise sanitaire, de mettre sur pied sa 73 édition sous sa forme physique habituelle, à commencer par la prestigieuse Piazza Grande pouvant accueillir 8000 personnes, le festival a décidé de se réinventer et de rebondir avec Locarno 2020 For the Future of Films.

    A travers une série de projets ciblés, cette alternative à l’idée classique de festival cinématographique cherchera à apporter un soutien au cinéma d’auteur indépendant et aux salles de cinéma, en proposant au public et aux professionnels de la branche des contenus spéciaux sur diverses plateformes.

    Marco Solari précise dans son communiqué que si le festival a décidé de renoncer, en principe, à toute forme de manifestation physique, il entend néanmoins confirmer sa présence aux côtés du public et de l’industrie cinématographique. Et cela « par un projet susceptible de traduire, sous une forme nouvelle, sur d’autres scènes et de plateformes, les valeurs qui caractérisent une histoire longue de plus de sept décennies».

    «Nous sommes en train de travailler à la conception d’un projet cohérent, en accord avec l’histoire du festival et à l’enseigne de la solidarité qui puisse bénéficier à notre public et aux réalisateurs en difficulté", a surenchéri de son côté Lili Hinstin, la directrice artistique. Une affaire à suivre…

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  • Les Cinémas du Grütli chez vous avec "Snowpiercer", lutte des classes post-apocalyptique

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    snowpiercer_1280x720.jpgPour la cinquième semaine, les Cinémas du Grütli débarquent chez vous en proposant des films en streaming. Et notamment Snowpiercer du  cinéaste sud-coréen Bong Joon-ho qui, en mai dernier, triomphait à Cannes avec Parasite, remarquable, tragique et burlesque satire sur un monde d’injustice et d’inégalités.

    En 2013, le lauréat de la Palme d'or nous offrait une autre vision de la lutte des classes en adaptant Le Transperceneige (Snowpiercer), la BD française éponyme de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette. Il retrouvait alors la science-fiction, un genre qu’il avait brièvement exploré dans le tryptique Tokyo en compagnie de Michel Gondry et Léos Carax. 

    Nous sommes en 2031, dans une ambiance de fin du monde. Dix-sept ans plus tôt, l’humanité a été pratiquement anéantie lors d’une catastrophe écologique et ses derniers représentants vivent dans un train gigantesque, tournant sans jamais s’arrêter autour d’une terre réduite à une vaste étendue gelée.

    A bord de ce train perpétuellement en mouvement sur les mêmes rails, s'affrontent violemment les pauvres entassés à l’arrière dans l’obscurité et les riches se vautrant dans le luxe à l’avant. Chaque wagon représente une étape à franchir, prétexte à de nombreux rebondissements, pour passer de l’ombre à la lumière. Et surtout d’atteindre et de renverser l’ignoble dictateur, profitant de ce combat sauvage pour tirer les ficelles et régner sans partage.

    Révolte jusqu’au-boutiste

    Entre deux tueries sanglantes dans ce microcosme futuriste angoissant, la révolte jusqu’au-boutiste est menée par un personnage charismatique joué par Chris Evans. Opposant les esclaves désarmés à la redoutable milice du tyran, elle conduira jusqu’à l‘inévitable et symbolique déraillement du convoi.

    Sur de somptueux paysages neigeux d’un blanc immaculé et des décors colorés illustrant l’univers paradisiaque des nantis, Bong Joon-ho propose une fable dystopique métaphysico-politique; une odyssée post-apocalyptique en forme de métaphore d’une humanité aux mains d’une force brutale et ultra-répressive. Apparaissent, aux côtés de Chris Evans, Ed Harris et une méconnaissable Tilda Swinton.

    A noter que dans la distribution de "nourriture" aux laissés-pour-compte, Bong Joon-ho se permet un emprunt à Soleil vert de Richard Fleischer (1973), où une population miséreuse, faute de ressources naturelles, était contrainte d'ingurgiter une mystérieuse pastille avant d’en découvrir la terrifiante source…

    Les Cinémas du Grütli en partenariat avec Cinefile.

     

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  • Visions du Réel 2020, le festival international du film de Nyon, débarque chez vous

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    1583828756_cil_amor_fati_light.jpgExplorateur de réalités complexes de notre histoire passée et contemporaine depuis sa création en 1969, Visions du Réel, unique en Suisse dans le domainedu documentaire, est reconnu comme un festival majeur sur le plan international. Servant notamment de tremplin pour de jeunes talents, ce rendez-vous incontournable nyonnais réunit chaque année cinéastes et professionnels du monde entier autour d’œuvres audacieuses et singulières.

    Malheureusement victime du coronavirus, à l’instar du FIFDH à Genève ou du Festival de Fribourg, il a dû se repenser intégralement en ligne pour sa 51e édition, qui se poursuit jusqu’au samedi 2 mai. Les 130 films de la programmation seront disponibles gratuitement sur visionsdureel.ch à différentes dates. Le nombre de places est limité.

    Visions du Réel compte diverses sections, dont la compétition internationale de longs métrages, la compétition nationale, la compétition internationale de moyens et courts métrages, Grand Angle et Latitudes. Au niveau helvétique, il s’agit d’une année forte, selon sa directrice Emilie Bujès.

    queens-youssef.jpgA cet égard, on citera Queens, du Suisse né au Caire Youssef Youssef. Amber la Garce et Moon, deux drag queens genevoises, se préparent pour une virée nocturne. Elles se maquillent et s’habillent en papotant. Sur la route du club, elles se disputent et sont prêtes à se battre contre une bande de garçons ivres qui les insultent. Dans une ambiance de film noir à la Cassavetes, le cinéaste réalise une étude de personnages et de genres. Queens sera visible le 29 avril dès 17 heures pendant 24 heures sur rts.ch, qui diffuse tous les documentaires de la compétition nationale.

    En compétition Internationale longs métrages, on retiendra Amor Fati de la Portugaise Claudia Varejao (photo en tête), qui s’intéresse à tous les doubles possibles dans un univers à la fois poétique et hyperréaliste: deux sœurs jumelles, deux amoureuses qui se ressemblent, ou encore un maître et son chien. L’auteure décline l’amour sous toutes ses formes, tout en interrogeant le sens du couple dans le monde d’aujourd’hui. Amor Fati sera disponible du 25 au 2 mai.

    Dans le volet Latitudes, à voir plus spécialement Nardjes A. du Brésilien Karim Aïnouz qui se penche sur le mouvement de protestation et d’indignation à Alger suite à l’annonce de la candidature du président Bouteflika pour un cinquième mandat. Le film, tourné le 8 mars 2019 lors de la journée internationale de la femme, brosse le portrait de Nardjes, une jeune femme qui se bat farouchement pour faire entendre sa voix. L’opus sera disponible du 24 avril au 7 mai.

    A signaler enfin les masterclasses. Le festival espère de grands moments de live avec la Française Claire Denis le 29 avril, la Brésilienne Petra Costa, le 30 avril et le Suisso-Canadien Peter Mettler, le 1er mai. Chacune de ces rencontres aura lieu à 15 heures. On pourra les découvrir, ainsi que les deux films cités ci-dessus sur visionsdureel.ch

    Visions du Réel, festival international de cinéma de Nyon. Édition en ligne jusqu’au 2 mai. Plus d’infos sur visionsdureel.ch

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  • Cannes 2020: Thierry Frémaux continue à y croire. Voire à une montée des marches avec masques!

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    7786896307_thierry-fremaux-au-festival-de-cannes.jpgAlors que les sections parallèles, Quinzaine des réalisateurs, Semaine de la critique et Acid, ont jeté l’éponge, le délégué général Thierry Frémaux ne peut toujours pas se résoudre à l’annulation sèche de la 73e édition du Festival de Cannes, chose qui ne s’est produite que deux fois, en 1939 et en 1968.

    Dans un entretien au Figaro, il explique continuer -comme il l’avait déclaré mardi 14 avril suite au discours d’Emmanuel Macron concernant la tenue de grands événements- à plancher sur des scénarios. On peut en principe exclure celui qui consisterait à voir des films présentés en numérique.

    Il dit penser à différents formats, y compris une montée des marches avec masques! Ajoutant: «Chacun a compris, la situation est désormais claire. Si un festival a lieu, tout a lieu, c’est que la vie a repris normalement. Le déconfinement commence le 11 mai, on verra comment ça se passe. Mais si le virus n’a pas été sérieusement éloigné d’ici à l’été, les autorités n’accepteront aucune manifestation collective pendant longtemps. En tout cas, comme rien ne peut être envisagé avant mi-juillet, cela signifie que les premiers rendez-vous auront lieu à la rentrée. On verra de quelle manière ».

    Thierry Frémaux précise dans cet interview au quotidien français. «On nous envoie de partout des films magnifiques. Il est de notre devoir et de notre envie de les aider à exister et à retrouver le public. La sélection en s’est jamais arrêtée et nous en verrons jusqu’à fin juin On est en train de bâtir notre projet à partir de consultations que nous menons avec le CNC, les professionnels, la Mairie de Cannes. Nous ne voulons pas passer directement à l’année prochaine, pas abandonner les films et ceux qui les rendent possibles».

    Il poursuit: «Nous voulons être présents à l’automne pour contribuer au vaste chantier de reconquête...  Il faudra qu’on fasse tous preuve d’énergie et d’unité. Le Festival de Cannes veut y apporter sa part..." Et conclut: "Attendons que la vie reprenne et que les films disent avec force qu’il faut encore compter sur eux, loin de quelques sombres prédictions affichées ici et là sur la mort du cinéma».

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  • Le Festival de Cannes annulé dans sa forme initiale. Une version différente à trouver

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    2290911.jpgAlors que le monde du cinéma retenait son souffle face à la redoutable menace de la crise sanitaire, le délégué général Thierry Frémaux et le président Pierre Lescure continuaient à croire à l'impossible et à travailler pour maintenir la 73 édition du Festival de Cannes, plus prestigieux rendez-vous de la pellicule dans le monde, qui avait été reporté au début en été. 

    Mais après le discours du président Emmanuel Macron du lundi 13 avril, déclarant que tous les grands événements rassemblant une foule de gens ne pourraient avoir lieu au moins avant la mi-juillet pour cause d'impitoyable coronavirus, la donne a changé comme l'ont annoncé les dirigeants dans leur communiqué de presse.

    Ils disent avoir donc pris acte que la nouvelle date envisagée fin juin-début juillet n'était plus possible et qu'il apparaissait désormais difficile de penser que le festival puisse être organisé cette année sous sa forme initiale. Autrement dit avec ses paillettes, ses photographes mitraillant les stars sur tapis rouge, avant les célèbres montées des marches.

    Les organisateurs se creusent néanmoins la tête pour trouver une autre manière de le présenter. "Nous avons commencé de nombreuses consultations dans le milieu professionnel en France et à l’étranger. Elles s'accordent sur le fait que le Festival de Cannes, qui est un instrument essentiel de soutien à l’industrie cinématographique, doit continuer à étudier l’ensemble des éventualités permettant d’accompagner l’année cinéma en faisant exister les films de Cannes 2020 d’une manière ou d'une autre".

    Ils précisent: "Quand la crise sanitaire, dont la résolution reste la priorité de tous, sera passée, il faudra redire et démontrer l’importance et la place que le cinéma, ses œuvres, ses artistes, ses professionnels et ses salles et leurs publics occupent dans nos vies. C’est à cela que le Festival de Cannes, son Marché du film et les sections parallèles (Semaine de la Critique, Quinzaine des Réalisateurs, ACID) entendent contribuer. Nous nous y engageons et remercions tous ceux qui sont à nos côtés, les responsables publics (Mairie de Cannes, Ministère de la Culture, CNC), les professionnels ainsi que nos partenaires".

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  • Léopard d'or pour "Le Grand Soir" et césarisé pour "Derborence", Francis Reusser est mort

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    image-original.jpgIl n’y a pas que le coronavirus qui tue. La mort, dans la nuit de jeudi à vendredi de Francis Reusser des suites d’une longue maladie, est là pour le rappeler. Né à Vevey en 1942, le cinéaste s’est beaucoup inspiré, en 60 ans d’une carrière commencée à la télévision, de la Suisse, de ses paysages et de l’écrivain Charles-Ferdinand Ramuz. Il a adapté plusieurs de ses romans, dont La guerre dans le Haut Pays (1998) avec notamment Marion Cotillard et surtout Derborence, en 1985.

    Filmée en Valais, l’œuvre, sélectionnée en compétition à Cannes, César du meilleur film francophone, a été son plus grand succès populaire. Elle raconte l’histoire d’Antoine, jeune berger enfoui avec d’autres sous les rochers après l’éboulement d’un pan de montagne. Survivant, il n’aura de cesse d’aller rechercher ses compagnons.

    Neuf ans auparavant, en 1976, il avait reçu le Léopard d’or au Festival de Locarno pour Le Grand Soir dans lequel il revenait sur ses années de militantisme et ses désillusions d'après. Parmi les autres métrages de Francis Reusser, on citera encore Jacques et Françoise (1991). L’action se passe en 1788. Amoureux de la fille de son maître, Jacques est envoyé dans une ferme française pour la traite. Il ne pourra épouser sa chérie qu’après la Révolution française.

    Francis Reusser, auteur engagé, très cinéphile, un peu rebelle, aimant le débat, a touché à tous les genres. Il est repassé pour la dernière fois derrière la caméra en 2018 avec La séparation des traces, un documentaire où il part à la recherche de son passé. La RTS consacrera mardi prochain une soirée spéciale au réalisateur, scénariste et acteur à l’occasion. Il a joué deux petits rôles chez Alain Tanner dans Charles mort ou vif et Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000.

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