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Cannes dans Chassé-Croisette

  • Festival de Cannes: une deuxième Palme d'or à Ruben Ostlund pour "Sans filtre". La déception!

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    Dans son discours d’introduction à la cérémonie de clôture orchestrée par Virginie Efira, le président Vincent Lindon a déclaré qu’il avait tout aimé, les gens, les films et surtout ses huit complices. Au point qu’il a demandé avec humour la reconduction du jury. Mais non, on ne va pas les réélire, lui et son équipe, après l’attribution décevante d’une deuxième Palme d’or à Triangle Of Sadness (Sans filtre, en français) de Ruben Ostlund, déjà couronné il y a cinq ans pour The Square,   .

    Le Suédois, qu’on avait carrément oublié dans les pronostics, se déchaîne démentiellement dans cette comédie structurée en trois actes, se voulant  provocante et grinçante, en dénonçant à nouveau le fossé de plus en plus béant entre les ultra riches et les ultra pauvres. Mais le réalisateur devient curieusement moralisant en dépit de ses excès, en inversant les rapports de classe. La farce est lourde, grotesque et peu ragoûtante. On nage dans le vomi au propre et au figuré avant que le cinéaste s’embourbe dans un troisième chapitre à l’issue interminable. 

    C’est donc raté pour Close du Flamand Lukas Dhont. On espérait pourtant le voir gagner  avec sa bouleversante histoire d’amitié fusionnelle entre deux jeunes garçons de 13 ans qui se termine dramatiquement. Il doit donc se contenter du Grand prix du jury, ce qui n’est certes pas si mal…et le partager avec Stars At Noon de Claire Denis. L'oeuvre laisse songeur, Elle  évoque une jeune Américaine, mi-journaliste  mi-pute, qui se donne des frissons au Nicaragua. Sans passeport et fauchée, elle rencontre un mystérieux  homme d’affaires anglais fatal, doublé d’un amant trouble.

    De son côté, le Polonais Jerzy Skolimowski  auteur du singulier Eo dont un âne est le héros, doit aussi partager le prix du jury avec Les huit montagnes, un opus dégoulinant de bons sentiments des Belges Félix Groeningen et Charlotte Vandeersch. Et la razzia continue, vu que les Wallons Dardenne reçoivent le Prix spécial du 75e anniversaire du festival  avec Tori et Lokita, un plaidoyer pour les migrants mineurs. Histoire de les caser quelque part ?

    Des autres prix incontestables

    La suite est plus logique avec le prix de la mise en scène décerné au Sud-Coréen  Park Chan-wook pour son polar fascinant Decision To Leave. Un détective chevronnè enquête sur la mort suspecte d’un homme et tombe sous le charme vénéneux de sa veuve. Quant au prix du scénario, il va au Suédois Tarik Saleh pour Boy From Heaven, passionnant thriller sur la lutte de pouvoir entre religieux et politiques pour l’élection d’un nouvel Imam.

    Côté interprétation, l’Iranienne Zar Amir Ebrahimi est justement sacrée meilleure actrice. Dans Holy Spider de l’Irano-Danois Ali Abassi, elle traque un tueur de prostituées dans son pays au début des années 2000. Un film basé sur des faits réels. Le prix du meilleur acteur est décerné au Sud-Coréen Song Kang-ho pour son rôle dans Broker du Japonais Hirokazu Kore-eda. Patron d’un pressing il recueille illégalement des bébés abandonnés pour les vendre.

    Les primés dans les sections parallèles

    Le haut niveau de la compétition s’est retrouvé dans les sections parallèles, qui ont également fait des heureux.  Le grand prix «Un certain regard» a été octroyé au film français Les Pires de Lise Akoka et Romane Gueret. Quatre ados sont choisis pour tourner dans un film, alors que tout le monde se demande pourquoi avoir pris les pires… Quant à Saim Sadiq, premier auteur pakistanais sélectionné, il a eu la chance de décrocher le Prix du jury pour Joyland, l’histoire du benjamin d’une famille patriarcale et conservatrice tombé amoureux d’une danseuse trans dans un cabaret érotique de Lahore.   
     
    Dans la foulée, il a aussi obtenu la Queer Palm. En la lui décernant, la présidente du jury Catherine Corsini, qui avait raflé cette récompense en juillet dernier pour La fracture a salué « un film extrêmement fort, représentant tout ce que nous défendons. Il va retentir dans le monde entier. Partout où il y a des interdits  de l’homosexualité ».

    A la Semaine de la critique  le Colombien Andrés Ramirez Pulido a remporté le Grand prix  pour son premier long métrage La Jauria, où il se penche sur le quotidien de jeunes délinquants.

    La révélation Zelda Samson récompensée

    A l’honneur en compétition avec trois médailles, le cinéma belge brille encore dans cette section. Zelda Samson, révélation de Dalva, premier long métrage d’Emmanuelle Nicot a gagné le Prix Fondation Louis Roederer. Elle est formidable dans le rôle d’une gamine de 12 ans enlevée à un père incestueux et placée dans un foyer.

    Deux récompenses ont été décernées à La Quinzaine des réalisateurs, volet non compétitif, dirigé une derrière fois par Paolo Moretti. Le Label Europa Cinemas a été attribué à Un beau matin de la Française Mia Hansen-Love, évoquant la lutte d’une mère célibataire entre son  enfant, son père malade et son amant. Quant au prix SACD, il a été remis à La montagne, de et avec son compatriote Thomas Salvador. Un homme tourne le dos à la société, pour se ressourcer sur les sommets. 

    Un mot enfin sur la Caméra d’or remise à War Pony des Américains Gina Gamell et Riley Keough. Le film suit un gamin de 12 ans et un jeune homme de 23 ans, essayant tant bien que mal de survivre dans le Dakota du Sud.   

  • Festival de Cannes: Qui va remporter la Palme d'or 2022? Les prétendants se bousculent

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    Dans quelques heures, la 75e édition cannoise, qui nous a réservé de belles surprises, aura vécu. On n’attend plus que le verdict de Vincent Lindon et de ses huit jurés pour savoir qui l’emportera, des 21 candidats à la prestigieuse Palme d’or. 

    Comme d’habitude, les pronostics vont bon train, divisant la critique. Mais si l’on en croit des rumeurs persistantes, il y aurait un favori, qui est aussi le nôtre. Il s’agit de Close, du Flamand Lukas Dhont. Il a touché la Croisette au cœur en évoquant sans pathos, en dépit d’une forte charge émotionnelle, l’amitié fusionnelle entre deux garçons de 13 ans, détruite par un terrible drame.
     
    Toutefois  selon le panel de journalistes internationaux et hexagonaux dans les magazines Screen et Le film français, d’autres prétendants ont la cote. Comme le Sud-Coréen Park Chan-wook avec son polar sensuel et virtuose   Decision To Leave. On parle aussi beaucoup de Tourment sur les îles d’Albert Serra, portrait de la politique coloniale et nucléaire française dans le Pacifique.  Le Roumain Mungiu garde ses fans avec RMN , qui scanne le racisme ordinaire,  tout comme l’Américain James Gray avec Armageddon Time,  où il plonge  dans ses souvenirs de jeunesse. 

    Et n’oublions pas le Suédois Tarik Saleh avec Boy From Heaven,  thriller politico-religieux sur les luttes d’influence  en Egypte,  le Japonais  Japonais Hirokazu Kore-eda  avec Broker  et ses trafiquants de bébés,  ou encore le Danois Ali Abassi avec Hoky Spider, traque d’un tueur de prostituées en Iran au début des années 2000. 

    Logiquement, on devrait en retrouver quelques-uns au palmarès qu’il s’agisse de la Palme, du Grand Prix du jury, de la mise en scène, du scénario, du prix du jury ou de ceux d’interprétation. Réponse ce samedi soir sur France 2 dès 20h30. 

  • Festival de Cannes: avec le déchirant "Close", un Belge peut en chasser deux autres

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    Les frères Dardenne ont en effet du souci à se faire. Après Girl, qui avait bouleversé la Croisette et décroché la Caméra d’or en 2018, le Flamand Lukas Dhont revient à Cannes, en compétition cette fois, avec Cloes, son deuxième long métrage qui a déclenché une délirante standing ovation de dix minutes. . 

    Et pour cause. Cette amitié fusionnelle entre Léo et Rémi, 13 ans, détruite par un drame impensable touche en plein coeur. D’autant que le réalisateur, en dépit de la force émotionnelle de son histoire, sait éviter tous les pièges du larmoyant, du pathos, 

    Lukas Dhont nous met tout de suite de suite au parfum.  On voit les deux gamins inséparables depuis toujours, s’inventer des ennemis à leur poursuite, courir dans les champs, se tirer la bourre à vélo, dormir dans le même lit. Mais petit à petit, ce lien indéfectible, cette intimité de tous les instants, commencent à faire jaser certains de leurs camarades. Une fille leur demande s’ils sont en couple. On entend les mots « tapette », « pédale ». 

    Blessé, Léo commence alors à s’éloigner de Rémi qui ne comprend et surtout ne supporte pas cette nouvelle attitude. Il  a la rage d’être mis à l’écart et la manifeste dans des emportements violents. Dès cet instant, Lukas Dhont nous maintient dans la crainte constante et haletante d’un drame. Jusqu’à ce qu’il se produise, inéluctablement. Dévoré par le remord, le Léo ronge sa culpabilité, se murant dans le silence.   

    Avec Close, le cinéaste flamand révèle une nouvelle fois deux jeunes comédiens impressionnants de charisme et de justesse.  Eden Dambrine et Gustav de Waele. Ils donnent la réplique à une Emilie Dequenne déchirante de dignité en mère de Rémi, qui nous fait partager son immense chagrin. 

    Un bébé abandonné dans Broker  

    Autre prétendant à la médaille, le Japonais Hirokazu Kore-eda, déjà couronné avec Une affaire de famille en 2018. Avec Broker, il reste sur son terrain de prédilection, tout en situant son histoire en Corée du Sud.  

    Les premières images sont dures. Par une nuit pluvieuse, une jeune femme abandonne son nouveau-né à proximité d’une boîte à bébés. Il est récupéré illégalement par deux hommes, des revendeurs d’enfants à qui s’allie la mère, une prostituée. Tous trois sont bien décidés à le faire adopter contre rémunération importante.

    Mais tout n’est pas simple et l’auteur nous emmène dans un voyage à travers le pays pour trouver les parents idéaux. Lors de cet insolite road-movie, les trafiquants sont traqués par la police, qui veut les prendre en flagrant délit au moment de la transaction. .

    Au fil de l’intrigue, symptomatique des maux et paradoxes sociaux, l’auteur évoque la possible construction d’une famille entre ces laissés pour compte de la société, dont la rencontre avec  le nourrisson changera le destin. A l’image de Lukas Dhont, il évite l’émotion et la larme faciles dans ce film non dépourvu de cynisme et d’humour.

  • Festival de Cannes: "Elvis", biopic spectaculaire et fascinant, à la démesure de son héros. Austin Butler et Tom Hanks géniaux

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    « Très jeune, j’ai appris que sans chanter, on mourait. Alors je chante », déclare  Elvis vers la fin du film,  qui s’est curieusement achevé dans un quasi silence de cathédrale, lors de l’unique projection suivant celle, follement applaudie la veille, au Grand Théâtre Lumière.

    Colossale, l’œuvre est spectaculaire, à la démesure de son héros. Normal de la part de Baz Luhrmann. Qui mieux que lui pouvait transposer à l’écran la vie impressionnante, unique, du roi du rock? Dans une Amérique conservatrice, le réalisateur australien évoque l’ascension fulgurante de l’icône (Austin Butler), qui a bouleversé la culture populaire.

    Une relation complexe et toxique

    Baz Lurhmann se penche plus particulièrement sur les rapports complexes, agités, presque filiaux, voire amoureux, que le mythe a entretenus pendant une vingtaine d’années avec son impresario, le très controversé et mystérieux colonel Parker (Tom Hanks). Cette relation toxique va propulser le chanteur au sommet.

    Disons-le tout de suite, les deux comédiens sont géniaux dans leur registre respectif. Plus vrai que nature, le superbe Austin Butler n’incarne pas, il est le King au sex-appeal stupéfiant, tandis que Tom Hanks méconnaissable, vieilli, se glisse à merveille dans un rôle de canaille.    

    Baz Luhrmann n’oublie presque rien dans son biopic à la mise en scène bluffante. Il raconte l’enfance pauvre de son héros au Mississippi et au Tennessee, marquée par le décès de son jumeau à sa naissance en 1935, son affection inconditionnelle pour sa mère, son coup de foudre pour Priscilla (Olivia Dejonge), ses shows aussi gigantesques que délirants à Las Vegas, son désarroi en apprenant la mort de Martin Luther King, puis de Bob Kennedy…

    Cette musique qui rendait le King heureux

    Mais au-delà, le cinéaste incroyablement inspiré parle avant tout de musique, celle du King, la seule chose qui le rendait heureux, en-dehors de l’amour du public. Elle sublime ce long métrage opératique, passionnant, fascinant, fourmillant d’idées et à l’hagiographie assumée.

    Le film est aussi politique dans la mesure où il n’est pas seulement le portrait d’un homme, mais aussi celui de trois décennies d’une Amérique raciste, corsetée, puritaine. Choquée par les célèbres déhanchements d’Elvis le pelvis, qui n’arrivait pas à chanter sans se trémousser à un rythme d’enfer. Rendant les filles folles et leur faisant goûter au fruit défendu, selon le colonel Parker.

    Elvis, l’artiste solo qui a vendu le plus de disques dans le monde est mort à 42 ans, le 16 août 1977 , chez lui à Graceland. Mais grâce à Baz Luhrmann, ce personnage au destin exceptionnel nous tient en haleine pendant 2h40 qu’on ne sent pas passer. Au point qu’on en redemanderait…

  • Festival de Cannes: des Dardenne à Mungiu en passant par Cronenberg, une Palme d'or en vue?

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    Depuis le passage des Dardenne, les rumeurs d’une troisième Palme d’or s’intensifient. Avec Tori et Lokita, recit de deux enfants venus de l’immigration africaine en Belgique, les frères poursuivent dans leur veine sociale engagée, humaniste. En colère, ils livrent un film sombre où suinte le désespoir.

    Sur le bateau de l’exil, une adolescente (Joely Mbundu) a adopté pour frère un garçon plus jeune (Pablo Schils) considéré comme un enfant sorcier au Bénin et envoyé à l’orphelinat.

    Débarqués en Belgique, Ils se retrouvent en butte à la violence, à la précarité, aux difficultés administratives, au trafic de drogue. Et à la prostitution pour Lokita, sous la coupe d’un odieux restaurateur italien. Désespérant d’obtenir ses papiers, elle est forcée de travailler comme veilleuse de nuit dans une usine de plantation de cannabis.

    Pour survivre et se défendre dans cet univers déshumanisé, véritable jungle où la vie des exclus ne vaut rien, les faux frère et sœur ne peuvent compter que sur les liens indéfectibles qu’ils ont tissés.

    Ce film fort au style sec, épuré, allant toujours  à l’essentiel, est joué par des non professionnels, Ce qui se sent parfois dans des dialogues trop écrits. En même temps, ce plaidoyer pour les migrants mineurs devrait faire vibrer la corde sensible d’un Vincent Lindon.
     
    Communauté scannée par le Roumain Cristian Mungiu
     
    Autre film plébiscité sur la Croisette, celui du Roumain Cristian Mungiu, qui suit le retour de Matthias dans sin village natal, multiethnique, de Transylvanie, après avoir quitté son emploi en Allemagne.

    Visant lui une deuxième Palme, il nous immerge dans une petite communauté gangrénée par la xénophobie. Le titre, RMN, peut surprendre. Sauf qu’en français, cela signifie IRM, autrement dit le scanner cérébral consistant à créer des images précises du corps, à révéler la maladie derrière la surface.
     
    Et c’est bien l’opération à laquelle se livre le réalisateur, qui continue à analyser les maux qui rongent la société de son pays. Cette fois il d’attaque au nationalisme exacerbé, à la peur de l’autre, aux angoisses, au fantasme du grand remplacement,,entre thriller et drame social.
     
    Tout en relevant quelques défis, à l’image d’un plan séquence de dix minutes où les villageois s’affrontent au Conseil municipal, sur le sort réservé aux étrangers. Virtuose, mais on est quand même moins fan que la majorité des festivaliers.
     
    Cronenberg promettait le pire. C’est raté!

    De son côté le Canadien n’a jamais eu de Palme. Et on ne le voit pas trop l’emporter cette fois, même s’il nous fait croire que la chirurgie est le nouveau sexe, en fouillant dans les entrailles des gens. Cela dit, vu que Titane l’a eue l’an dernier, on ne peut jurer de rien.

    Dans Les crimes du futur, le cinéaste obsédé par l’évolution et la mutation des corps, met en scène deux artistes qui procèdent, en public, à des performances peu communes. Saul Tenser (Viggo Mortensen) fait proliférer des tumeurs dans ses tripes que sa partenaire, l’ex-chirurgienne Caprice (Léa Seydoux), tatoue et extirpe après une incision spectaculaire.

    Alors que Timlin (Kristen Stewart), une enquêtrice du Bureau du Registre national des organes surveille ces expériences, le couple est approché par un homme qui a développé une nouvelle manière de se nourrir avec du plastique. Voilà qui ne fait pas franchement envie. 

    David Cronenberg, mêlant à nouveau thriller et réflexion psychologique dans cet opus verbeux, est déterminé à choquer. "Je suis sûr que les gens quitteront la salle dans les cinq premières minutes", a-t-il même déclaré dans une interview à Deadline. Ajoutant: "Un mec a dit qu’il avait presque fait une crise de panique". 

    Apparemment, rien de tel ne s'est produit lors des projections sur la Croisette. Le maître doit donc se rendre à l'évidence, il raté son coup. Sur ce plan-là, du moins.  

  • Festival de Cannes: Vincent Lindon, président du jury: "Je suis fou de joie!"

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    Avant l'ouverture de la 75e édition par "Coupez!" de Michel Hazanavicius, conférence de presse du  boss et de ses huit complices, chargés de remettre la Palme d'or à l'un des 21 films en lice. Le passage est obligé et les questions récurrentes sur leur lourde tâche, leur influence, les responsabilités qui en découlent. et la possibilité qui les aurait effleurés d'un refus de les assumer. Tous sont conscients de la difficulté, mais personne n'a hésité une seconde à accepter la charge. A commencer par le président Vincent Lindon qui, ne l'oublions pas, était à l'affiche de "Titane", Palme d'or 2021 raflée par la Française Julia Ducournau. 

    "J'ai cherché  à voir comment je pourrais faire". déclare le comédien. Pour lui, la seule manière c'est de redevenir un spectateur comme quand il était enfant, d'arriver sans a priori. "J'ai dévissé mon cerveau comme une ampoule", poursuit-il, ajoutant qu'il a envie  d'aimer, de recevoir tous les cinémas de la planète,  d'être lui-même. "Je ferai de mon mieux, pour être à la hauteur de la fonction. Je suis fou de joie et je vais profiter de tous les instants".

    La chance d'une vie

    Ses compagnons, quatre femmes et quatre hommes, racontent en gros de leur côté qu'il n'était pas question de rater la chance d'une vie, d'un rêve devenu réalité. Petit bémol tout de même de l'Iranien Ashgar Farhadi, expliquant que le plaisir d'une offre exaltante était gâché par le présent catastrophique que vit son pays. 

    Glissement alors vers la guerre en Ukraine et l'éventualité, pour les neuf, de changer leur façon de voir les oeuvres. Pour Vincent Lindon, le monde dans lequel on vit et les choses qui s'y passent modifient notre état humain. "On juge les films avec ce qu'on est, mais je ne pense pas que nous le ferons d’une autre manière... Nous ferons attention d'être dignes, respectueux,  de se tenir droit face à des gens qui ont des jours beaucoup plus compliqués que les nôtres..."

    Lors de la cérémonie d'ouverture présentée par la scintillante Virginie Efira, le comédien s'est montré très ému en prononçant son discours, avant l'intervention surprise, en direct de Kiev, du président Volodymyr Zelensky.

     

  • Festival de Cannes: Vincent Lindon présidera le jury, entouré de quatre femmes et quatre hommes

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    Treize ans après Isabelle Huppert, c’est un autre Français, Vincent Lindon, qui a été choisi pour présider le jury du Festival de Cannes, composé de quatre femmes et quatre hommes.  Le comédien,  qui a remporté le Prix du meilleur acteur  en 2015 pour La loi du marché de Stéphane Brizé, s’est évidemment déclaré très honoré et fier, "au milieu du tumulte des multiples événements dans le monde", de se voir confier "cette splendide et lourde tâche". 

    Entouré de l’actrice, productrice, scénariste  et réalisatrice américaine Rebecca Hall, de l’actrice indienne Deepika Pradukone, de l’actrice suédoise Naomi Rapace, de l’actrice et réalisatrice italienne Jasmine Trinca, du réalisateur, producteur et scénariste iranien Asghar Farhadi, du réalisateur, scénariste, acteur et producteur français Ladj Ly , du réalisateur et scénariste américain Jeff Nichols,  du réalisateur et scénariste norvégien Joachim Trier, Vincent Lindon remettra la Palme d’0r à l’un des 21 films de de la compétition, le samedi 28 mai, lors de la cérémonie de clôture qui sera retransmise en direct par France Télévisions et Brut.

    Quatre Palmes d'Or pour défier David Cronenberg ou Lukas Dhont

    Le président et ses huit complices auront fort à faire, sur le papier du moins, pour désigner le gagnant.  Pas moins de quatre Palmes d’or prétendent à la victoire, dont  les frères Dardenne, spécialistes du cinéma social.  Déjà sacrés deux fois ils font leur retour  avec Tori et Lokita deux jeunes venus d’Afrique, exilés en Belgique dans des conditions précaires. Le Japonais Hirokazu Kore-Eda (Broker), le Roumain Cristian Mungiu (RMN) et le Suédois à la caméra lance-flammes Ruben Ostlund ( Le triangle de la tristesse) complètent ce quatuor choc.

    Face à eux le Canadien David  Cronenberg et ses Crimes Of The Future, un film d’anticipation parlant de transhumanisme et d’ablation d’organes. Il est porté par Léa Seydoux, Kristen Stewart et Viggo Mortensen. L’’Américain James Gray débarque, lui, avec Armageddon, chronique d’adolescence située au cœur du  New York des années 80,  dans une école gérée par le père de Donald Trump.

    On attend avec impatience Close du Belge Lukas Dhont, qui  avait décroché la Caméra d’or en 2018 avec son premier film Girl sur la transidentité. Cette fois il évoque l’amitié fusionnelle entre deux garçons de 13 ans, qu’un événement impensable sépare soudain.  Habitué de la Croisette, le Français Arnaud Depleschin nous promet Frère et sœur, un drame où les interprètes Marion Cotillard et Melvil Poupaud, en conflit depuis longtemps, sont réunis par la mort de leurs parents.

    Portion  congrue pour les réalisatrices

    On n’oubliera pas le cinéaste russe Kirill Serebrennikov, qui a quitté légalement son pays et fait son troisième come-back avec un opus historique, La femme de Tchaikovsky. On  regrettera en outre la portion congrue dévolue aux réalisatrices en compétition. Trois seulement y figurent. La Française Claire Denis dirige Robert Pattinson dans Stars At Noon, un thriller romantique tourné en Amérique centrale.  Sa compatriote Valeria Bruni Tedeschi propose Les Amandiers, évoquant l’école de théâtre fondée par le célèbre metteur en scène Patrice Chéreau, incarné par Louis Garrel. En toile de fond, la redoutable épidémie de sida.  De son côté, grande figure du cinéma indépendant, l’Américaine Kelly Reichardt retrouve, dans Showing Up, Michelle Williams incarnant une artiste et la manière dont elle puise dans son quotidien pour son inspiration.

    Entre grand spectacle et comédie(

    Tandis que Michel Hazanavicius fera l’ouverture avec Coupez!, l’ancien titre Z (comme Z)  ayant été changé à la demande des cinéastes ukrainiens, la sélection officielle comprend plus d’une quarantaine d’autres longs métrages qui ne vont pas manquer d’exciter les festivaliers. A commencer, hors concours, par Top Gun : Maverick de Joseph Kosinski, avec Tom Cruise en vedette pour faire le show sur tapis rouge. Prometteur également Elvis de Baz Lurhmann, un biopic sur The King, qui aborde notamment ses rapports complexes avec son imprésario, le colonel Parker. Cédric Jimenez se penche, avec Novembre, sur l’enquête policière suite aux terribles attentats de 2015 en France, alors que que Nicolas Bedos livre Mascarade, une comédie policière niçoise. Quant aux fans au déjanté Quentin Dupieux, nul doute qu'ils se bousculeront aux Séances de minuit pour Fumer fait tousser.

    Deux cinéastes ukrainiens sont par ailleurs sélectionnés. En séance spéciale, on trouve un grand nom, Serguei Loznitsa, pour The Natural History Of Destruction, et un nouveau venu, Maksym Nakonechnyi, présente Bachennya Metelyka, dans Un certain regard. Riche d’une vingtaine de films de jeunes cinéastes, dont sept premières oeuvres et huit réalisatrices qui les ont en  partie signées, cette catégorie constitue l’autre gros morceau de la sélection officielle.  «Du cinéma radical, expérimental, du cinéma d’auteur»,  selon les mots du délégué général Thierry Frémaux, grand manitou de cette  75e édition, la dernière du président Pierre Lescure. Maîtresse de cérémonie, l’irrésistible Virginie Efira présentera les soirées d’ouverture et de clôture.     

    Cannes du 17 au 28 mai  

     

     

     

  • Festival de Cannes: la Palme d'or à "Titane", de Julia Ducournau. Un film féministe choc, violent, transgressif, clivant

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    La Française Julia Ducournau, 37 ans, benjamine de la compétition, est devenue samedi la deuxième réalisatrice à remporter la Palme d’or pour Titane, 28 ans après Jane Campion pour La leçon de piano. Son oeuvre a soit électrisé, soit secoué Croisette et critiques. Super dans son costume arc-en-ciel, le président du jury Spike Lee, censé donner les prix d’interprétation, s’est mélangé les pinceaux en annonçant pratiquement la récompense suprême dès le début d’une cérémonie au déroulement assez bordélique jusqu’au bout.  

    Entourée de l’étonnante Agathe Rousselle qui fait l’amour avec les voitures et de Vincent Lindon, pompier sous stéroïdes, Julia Ducournau a remercié le jury "de laisser entrer les monstres et de rendre le cinéma plus inclusif". Déjà à l'affiche dans les salles de Suisse romande,, le féministe Titane, mêlant mutation des corps. hybridation femme/machine, recherche de paternité, questionnement de l’identité et du genre, est le film le plus choc, le plus violent, le plus transgressif et le plus trash du concours.  Mais aussi sans doute le plus nouveau.

    La difficulté du choix

    Destiné à cliver, il clive, ce qui n’a rien d’étonnant dans cette 74e édition où chacun avait sa Palme et où, du coup, aucune n’était indiscutable. Le fait d’avoir décerné le Grand prix du jury ex-aequo à l’Iranien Ashgar Farhadi (Un héros) et au Finlandais Juho Kuosmanen (Compartment No6) ainsi que deux Prix du jury à l’Israélien Nadav Lapid (Le genou d’Ahed) et à Apichatpong Weerasethakul (Memoria) est symbolique de cette difficulté de choix.

    Pour les autres médailles de la soirée, celle de la mise en scène revient à Leos Carax, auteur d’Annette, tandis que celle du scénario récompense le Japonais Ryusuke Hamaguchi, qui aurait mérité mieux pour son magnifique Drive My Car. 

    Excellents prix d’interprétation

    L’Américain Caleb Landry Jones est sacré meilleur acteur pour sa performance dans Nitram de l’Australien Justin Kurzel, où il s’apprête à commettre l’une des pires tueries de l’histoire du pays. De son côté Renate Reinsve, une révélation, décroche l’interprétation féminine pour Julie en douze chapitres du Norvégien Joachim Trier, où elle joue une femme en quête d’elle-même. Tous deux sont excellents.

    Un mot encore sur la Caméra d’or remise à  Murina de la cinéaste croate Antoneta Alamat Kusijanovic restée dans son pays pour une raison majeure. Elle a donné naissance à son premier enfant la veille de la cérémonie. Enfin, une Palme d’honneur a été décernée au grand Marco Bellochio. 

    Edition marquante mais pas transcendante

    Pour le reste, on relèvera une édition réussie un peu boursouflée mais de bonne tenue dans l’ensemble, marquante mais pas transcendante, où dominait le cinéma français. Avec comme toujours des perles découvertes dans les sections parallèles qui auraient eu leur place en compétition. 

    Enfin, ce cru 2021 n’a pas été trop perturbé par les mesures sanitaires, même s’il fallait montrer patte blanche pour entrer dans le Palais des festivals ou porter son masque pendant toute la durée des projections. Par ailleurs, on ne peut pas franchement prétendre que la billetterie dématérialisée a empêché les files d’attente de se former. Mais on a survécu !

     

  • Festival de Cannes: une 74e édition en manque de Palme d'or indiscutable

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    Particulière, cette course à la récompense suprême, qui se termine ce soir avec la proclamation du palmarès par le président du jury Spike Lee et ses camarades. Alors qu’on s’attendait à une géniale découverte après toute cette attente et ces frustrations covidiennes, aucune Palme d’or indiscutable ne se dégage vraiment des 24 œuvres en lice pour la décrocher. 

    Et pourtant que ce fut dense. Plus spécialement en deuxième semaine on avait carrément passé la vitesse supérieure avec une quinzaine de films au menu. Avec Benedetta de Paul Verhoeven, Tout s’est bien passé de François Ozon, Bergman Island de Mia Hansen-Love  Drive my car de Ryusuke Hamaguchi dont on a déjà parlé, on en a retenu quelques autres susceptibles de toucher le jack pot, ou du moins de figurer au palmarès.  

    A commencer par Jacques Audiard qui, six ans après le triomphe contesté de Dheepan, opère une véritable mutation dans Les Olympiades, son premier film en noir et blanc somptueux, co-écrit avec Céline Sciamma et Lea Mysius. Librement inspiré de trois nouvelles graphiques de l’Américain Adrian Tomine, le film se déroule dans le quartier chinois du 13e arrondissement de Paris.

    Traitant du polyamour dans cette effervescente comédie romantique,  Audiard se livre à une étude de moeurs en radiographiant finement des âmes, des cœurs et des corps. Il suit quatre jeunes gens, trois filles et un garçon, dont les parcours se croisent et les désirs s’entrecroisent. Le tout sur fond de nouvelles technologies permettant des rencontres, du harcèlement ou des ébats pornos en ligne.  

    France de Bruno Dumont avec une Léa Seydoux époustouflante 

    On  est très séduit par Bruno Dumont, qui lui aussi change radicalement de registre avec France, satire féroce de la célébrité, où il flingue à la fois joyeusement et gravement une  mise en scène télévisuelle obscène de l’actualité. Poussée dans ses limites par sa délirante assistante (Blanche Gardin), Léa Seydoux décoiffante en vedette cynique de Regard sur le monde, émission phare d’une chaîne d’info en continu qui donne dans le journalisme d’une rare indécence. 

    On la voit jubiler à l’idée de déstabiliser Macron ( un montage sur des images du chef de l’Etat), danser parmi les bombes, diriger des rebelles comme au théâtre pour que ça passe mieux, ou embarquer faussement sur un bateau de migrants dont elle évoque le tragique destin, les larmes aux yeux. Sa prestation, la montrant aussi victime du système dont elle fait partie, pourrait lui valoir un prix d’interprétation. 

    Compartment No 6, une histoire simple

    On a un faible pour Compartment N0 6 du Finlandais Juho Kuosmanen. Présent  pour la première fois en concours, il ne se prend pas la tête pour raconter une histoire simple son histoire. Laura, une jeune étudiante finlandaise à Moscou, passionnée par les pétroglyphes du néolithique de Mourmansk, aurait dû s’y rendre avec Irina, son amoureuse. 

    Mais celle-ci a d’autres projets et Laura est obligée de faire ce très long voyage seule. Dans le train, elle doit partager son compartiment avec un inconnu fortement alcoolisé qu’elle a une grande envie de fuir dans un premier temps. Mais cette cohabitation forcée, propice à une série de péripéties, va peu à peu rapprocher ces deux êtres que tout sépare.

     De Srebrennikov à Weerasethakul en passant par Farhadi et  Anderson 

    Mais si on a nos favoris, il en existe plein d'autres pour les critiques.  Par exemple Petrov’s Flue  de Kiirill Srebrennikov. Un film russe fou à la mise en scène hallucinante, racontant l’histoire dingue de Petrov, auteur de BD. Affaibli par une grosse fièvre, il est entraîné par son mari Igor dans une déambulation aussi démente qu’alcoolisée entre rêve et réalité. Monstrueux et complexe. 

    Certains ne jurent que par Memoria du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul. Palme d’or en 2010 pour Oncle Boonmee, il revient sans surprise avec un film contemplatif, magnifique et ésotérique. Il commence par un étrange, puissant et mystérieux boum que Jessica (Tilda Swinton) est la seule à entendre à n’importe quel moment du jour et de la nuit. Les médecins peinent à l’identifier. Initiée par un chamane, elle finira par découvrir l’origine de ce son qui la hante. 

    Sérieux client pour de nombreux critiques Un héros d'Ashgar Farhadi. Pour la quatrième fois en concours, l’Iranien nous plonge dans un imbroglio sans créativité, Autorisé à sortir un week-end de la prison où il est enfermé pour une dette qu’il n’a pas honorée, Rahim ne sait pas comment rembourser son créancier. A la suite d’une manipulation douteuse, qui le fait pourtant passer pour un héros, il s’enferre dans ses mensonges, compromet des gens et se met sa famille à dos. On n’adhère pas. 

    De leur côté, les fans de Wes Anderson misent sur leur idole, de retour sur la Croisette avec The French Dispatch,  rendant hommage à une presse et une France rêvées. L’affiche est prestigieuse (Murray, McDormand, Swinton, Brody, Seydoux, Amalric. Chamalet) et on ne peut nier que le cinéaste a un style visuel unique. Il crée par ailleurs un univers dont beaucoup raffolent. Ce qui n’est pas notre cas. 

    Enfin, si on veut du clivant, pourquoi pas Titane, de  la Française Julia Ducournau? Il y en a qui  placent très haut l'opus de la jeune réalisatrice qui, fascinée par la mutation des corps, la fusion entre la chair et le métal, questionne les thèmes de l'identité, de la filiation et du genre

    Qu’en pensera le jury ? On verra bien.  On espère juste qu'il oubliera Flag Day de Sean Penn, pour nous le plus mauvais film de la compétition.

  • Festival de Cannes: "De son vivant", récit poignant face à l'inéluctable. Avec Catherine Deneuve et Benoît Magimel

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    Après François Ozon  (Tout s’est bien passé), Catherine Corsini (La fracture), Emmanuelle Bercot nous immerge à son tour entre les murs d’un hôpital avec De son vivant, présenté hors compétition à Cannes.  

    La réalisatrice française livre le récit poignant d'une fin de vie. On y retrouve Catherine Deneuve, qui faisait sa première apparition publique 18 mois après son accident vasculaire. La Croisette lui a réservé un accueil follement enthousiaste, ainsi qu’au film où elle incarne la mère de Benjamin, un professeur de théâtre de 39 ans (Benoît Magimel).

    Atteint d’un cancer particulièrement agressif, il ne lui reste que peu de temps pour ranger le bureau de sa vie, l’expression favorite de son médecin, le dévoué, empathique, philosophe, Gabriel Sara. Véritable oncologue à la ville, il sait, avec son humour, sa douceur, son honnêteté devant l’inéluctable, transformer l’ambiance anxiogène des lieux en de joyeux et chaleureux instants.

    Sans détour ni pathos

    Emmanuelle Bercot aborde sans détour ni pathos la question de la maladie, de la mort, de la souffrance, de l’accompagnement et du soutien des proches engagés avec le malade dans un parcours des plus douloureux.

    Très réussi en dépit de quelques ficelles, ce mélodrame doit évidemment beaucoup à ses acteurs. Catherine Deneuve en mère courageuse mais inquiète, désemparée et démunie face à la détresse de son fils nous émeut, et on est surtout frappé au cœur par l’interprétation magistrale et déchirante, d’une rare intensité, de Benoît Magimel.

    Un moment fort

    Impossible de ne pas verser une petite larme en le voyant dans le déni, se révolter et lutter désespérément, avant d’apprivoiser sa mort-avec une rare dignité. On retiendra également la prestation de la toujours lumineuse Cécile de France, infirmière adorable, pleine de tendresse et de compassion.

    Pour Emmanuelle Bercot, ce film qui parle de la mort est un hymne à la vie. Même si elle dépeint un monde idéal où on peut y voir un conte si on en a envie, comme elle le dit elle-même, ce fut un moment fort du festival.