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Cannes dans Chassé-Croisette - Page 2

  • Festival de Cannes: annonce de la sélection officielle pour le grand retour sur la Croisette dès le 6 juillet

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    Après une année d'absence pour cause de Covid-19, le Festival de Cannes opérera son grand retour sur la Croisette du 6 au 17 juillet prochain.  A un mois de la 74e édition, la sélection officielle, qui va évidemment faire saliver les cinéphiles en manque, a été annoncée au cours d'une conférence de presse ce jeudi 3 juin par le président Pierre Lescure et le délégué général Thierry Frémaux, bien décidé à faire de 2021 un cru exceptionnel.

    Actuellement, on compte plus de 60 oeuvres. En principe 24, dont six françaises, s’aligneront pour décrocher la Palme d’or. Comme d’habitude, on mise sur les valeurs sûres. C’est ainsi qu’on retrouvera  Leos Carax (en ouverture), Nani Moretti, François Ozon, Paul Verhoeven, Wes Anderson, Bruno Dumont, Jacques Audiard ou encore Apichatpong Weerasethakul. Pour l'heure, le film de clôture n'a pas été annoncé, tout comme le gros blockbuster américain qui devrait être présenté sur la Croisette.  

    Voici la liste des longs métrages 

    Seront soumis au verdict du jury présidé par Spike Lee: Annette de Leos Carax (film d'ouverture), Un héro d'Ashgar Farhadi, Tout s'est bien passé de François Ozon, Tre Piani de Nanni Moretti, Titane de Julia Ducournau, The French Dispatch de Wes Anderson, Red Rocket de Sean Baker, Petrov's Flu de Kirill Serebrenniko, France de Bruno Dumont, Nitram de Justin Kurzel, Memoria d'Apichatpong Weerasethakul, Lingui de Mahamat-Saleh Haroun, Les Olympiades de Jacques Audiard, Les intranquilles de Joachim Lafosse, La fracture de Catherine Corsini, Julie (en douze chapitres) de Joachim Trier, Hytti Nro 6 de Juho Kuosmanen, Haut et fort de Nabil Ayouch, Le genou d'Ahed de Nadav Lapid, Drive my car de Ryusuke Hamaguchi, Bergman Island de Mia Hansen-Love, Benedetta de Paul Verhoeven, L'histoire de ma femme d'Ildiko Enyedi, Flag Day de Sean Penn.

    Une nouvelle section, Cannes Première

    Tandis que 18 films figureront dans Un Certain Regard, qui retrouve son sens d’origine en se focalisant sur le jeune cinéma d’auteur, une nouvelle section, Cannes Première,  a été créée pour mieux mettre en valeur les nouvelles formes du cinéma actuel, a déclaré Thierry Frémaux. Elle accueillera Arnaud Desplechin, Samuel Benchetrit, Mathieu Amalric, Eva Husson ou encore Honh Sang-Soo.  Un mot encore des six films présentés hors-compétition, parmi lesquels on trouve, à part notamment les œuvres d’Emmanuelle Bercot et Todd Haynes, l’excellent Aline de Valérie Lemercier, dont la sortie a été gâchée par le coronavirus.  

    Quid des stars et des mesures sanitaires ?

    Cannes ne serait pas tout-à-fait Cannes sans les stars.  En raison de la pandémie il reste une interrogation concernant le déroulé du  Festival. Si les vedettes françaises devraient pouvoir se déplacer relativement facilement plusieurs pays ont mis en place des restrictions sanitaires aux frontières, comme le Royaume-Uni, la Chine ou le Brésil. On attend donc,

    De leur côté, les spectateurs devront pouvoir présenter un passe sanitaire valide (certificat de vaccination complet, test PCR ou sérologique de moins de 48 h ou immunité acquise) pour entrer dans le Palais des festivals, où ont lieu les projections. Le tapis rouge devrait également se dérouler comme à l'accoutumée, avec les équipes de films et les invités qui défilent. Il sera peut-être possible que les stars enlèvent leur masque en extérieur et si la distanciation sociale est respectée.

    On aura bien  sûr l’occasion de reparler de tout cela en long et en large. 

  • Invitée spéciale, Jodie Foster recevra une Palme d'or d'honneur au 74e Festival de Cannes

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    Habituée de Cannes depuis plus de quarante ans, elle y a présenté sept films en tant que comédienne et réalisatrice, Jodie Foster sera l’invitée spéciale de la Cérémonie d’ouverture qui se déroulera le 6 juillet- Elle  donnera le coup d’envoi de la 74e édition du festival (qui, a-t-elle déclaré, a totalement changé sa vie), et  s’achèvera le  17 juillet avec le palmarès délivré par Spike Lee, président du président du jury,

    Après Jeanne Moreau, Bernardo Bertolucci, Jane Fonda, Jean-Paul Belmondo, Manoel de Oliveira, Jean-Pierre Léaud, Agnès Varda et Alain Delon, nous rappelle le communiqué de presse, Jodie Foster recevra la Palme d’or d’honneur qui salue un parcours artistique brillant, une personnalité rare et un engagement discret mais affirmé pour les grands sujets de notre époque.

    Jodie Foster a 13 ans quand, en mai 1976, elle monte les marches du Palais Croisette. pour présentre Taxi Driver de Martin Scorsese, qui repart avec une Palme d’or. Quarante-cinq ans plus tard, elle viendra chercher la sienne, de médaille..  

    Entre ces deux dates, sa filmographie concilie industrie hollywoodienne et cinéma d’auteur. Eelle est partagée entre l’interprétation de quelque 50 œuvres et la réalisation de quatre autres. Elle a aussi gagné deux Oscars pour Les Accusés en 1989, et Le Silence des agneaux en 1992) joué avec les plus grands-des, Robert de Niro, Anthony Hopkins, Mel Gibson, Kristen Stewart, Denzel Washington, devant la caméra de  David Fincher, Robert Zemeckis, Spike Lee, Alan Parker ou Claude Chabrol,

    On l’attend avec impatience en avocate dans le passionnant Désigné coupable (The Mauritanian), drame biographique américano-britannique de Kevin McDonald, où elle donne la réplique à Tahar Rahim. Le film doit sortir le 14 juillet dans les salles de Suisse romande. 

  • Festival de Cannes: "Annette" de Leos Carax en ouverture. Avec Marion Cotillard et Adam Driver

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    Neuf ans après le stupéfiant Holy Motors présenté en Compétition, Leos Carax revient sur la Croisette et ouvrira la 74e édition du festival de Cannes le 6 juillet, avec son nouveau film Annette, le premier en anglais.

    L’intrigue se déroule de nos jours à Los Angeles. Elle raconte l’histoire d’Henry, un comédien de stand-up à l’humour féroce, et d’Ann, une cantatrice de renommée internationale. La naissance de leur premier enfant, Annette, une fillette mystérieuse au destin exceptionnel, va bouleverser la vie de ce couple glamour.
     
    Sixième long métrage du réalisateur, sur une idée originale et une musique des Sparks, l’opus réunit Marion Cotillard, Adam Driver et Simon Helberg. En lice pour la Palme d’Or, il sera projeté en avant-première mondiale et sortira simultanément dans les salles de l’Hexagone.
     
    Enfant terrible du cinéma français à la stature légendaire, auteur hors norme, visionnaire, énigmatique, doté d’une imagination débordante, Leos Carax  se plaît à renverser les codes et les genres pour inventer un monde peuplé de fantômes.

    C’est avec Mauvais sang (1986), polar expressionniste mettant en scène  Denis Lavant, Juliette Binoche et Michel Piccoli, que Leos Carax impose son style d’écorché vif et rencontre un succès international. En 1991, le réalisateur se lance dans un projet ambitieux, Les Amants du Pont-Neuf.Cette ode à l’amour fou, où il a totalement reconstitué un quartier de Paris, a exigé un tournage de trois ans.
     
    Après 8 ans de silence, Pola X (1999) marque le retour de l’auteur en compétition à Cannes.  On le retrouve en 2012, toujours en concours, avec Holy Motors, une nouvelle déclaration d’amour au septième art.
     
    «Nous n’aurions pu rêver de plus belles retrouvailles avec le cinéma et le grand écran, dans ce Palais des festivals où les films viennent affirmer leur splendeur», a notamment déclaré Thierry Frémaux, délégué général.
     

  • Cannes 2020: 56 films labellisés "Sélection officielle", faute de grand-messe sur la Croisette

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    thumb_71252_media_image_926x584.jpegDes valeurs sûres, Wes Anderson, François Ozon, Naomi Kawase, Steve McQueen, Thomas Vinterberg, Lucas Belvaux,davantage de nouveaux venus, davantage aussi de premiers longs métrages et d’œuvres réalisées par des femmes, une grande diversité géographique, une forte représentation française. Le président du festival de Cannes Pierre Lescure et le délégué général Thierry Frémaux, ont dévoilé à Paris, une liste de 56 films constituant la "Sélection officielle" 2020. 

    En plus des différents genres généralement représentés, on compte trois documentaires, cinq comédies et quatre films d’animation. Tous bénéficieront du fameux label en l'absence de grand-messe de la pellicule sur la Croisette cette année, dont l'épidémie de coronavirus eu la peau, comme celle de tant d’autres manifestations de première importance.

    Les films ne sont pas répartis comme d'habitude en compétition, section la plus prestigieuse, ou en catégories Un Certain Regard, hors compétition, ouverture ou clôture, mais présentés en une seule liste. «Cette sélection, elle est là, et elle est belle. Elle dit que le cinéma, qui a disparu des salles pendant trois mois en 2020, et pour la première fois depuis leur création par Lumière le 28 décembre 1895, est plus vivant que jamais», a souligné Thierry Frémaux,

    Trois films de moins que l’an dernier seulement

    Au total, 2.067 longs métrages ont été soumis au choix cette année, dépassant pour la première fois la barre des 2.000. "La crise et le ralentissement des processus de post-production n'auront pas donc eu d'impact sur l'envoi des films ».

    Finalement, trois films de moins seulement que l'an dernier ont été retenus. Le festival "entend être présent pour les accompagner et en soutenir la carrière en France et à l'étranger, dans les salles et dans les festivals  » ajoute Thierry Frémaux en précisant: «Certains d’entre eux, visionnés et aimés par le comité de sélection, seront absents car leurs auteurs et producteurs ont choisi de repousser leur sortie à l'hiver ou au printemps 2021". C'est par exemple le cas de Benedetta de Paul Verhoeven, dont la sortie a été reportée à mai 2021.

    Ce choix est marqué par un grand nombre de premiers longs métrages: 15 (soit 26,7% du total), contre 10 en 2019 (17%). Les films réalisés par des femmes sont également en hausse: 16 (contre 14 en 2019). 2020 fait la part belle aux pays habituellement bien représentés sur la Croisette (USA, Corée, Japon, Angleterre), accueille des territoires rares ou en introduit de nouveaux (Bulgarie, Géorgie, Congo).

    Cette sélection sera également très tricolore. Cannes a ainsi misé sur 21 films français cette année, soit 8 de plus que l'an dernier. Parmi ces films, 8 sont réalisés par des femmes (38%) et 9 sont des premiers films (42%).

    Voici la liste complète:

    LES FIDELES (ou au moins une sélection)

    THE FRENCH DISPATCH, Wes Anderson (USA) 1h43
    ÉTÉ 85, François Ozon (France) 1h40
    ASA GA KURU (True Mothers), Naomi Kawase (Japon) 2h20
    LOVERS ROCK, Steve McQueen (Royaume-Uni) 1h08
    MANGROVE, Steve McQueen (Royaume-Uni) 2h04
    DRUK (Another Round),Thomas Vinterberg (Danemark)1h55
    ADN (DNA), Maïwenn (Algeria/France) 1h30 
    LAST WORDS, Jonathan Nossiter (USA) 2h06
    HEAVEN: TO THE LAND OF HAPPINESS, IM Sang-Soo (Coràe du Sud) 1h40
    EL OLVIDO QUE SEREMOS (Forgotten we'll be), Fernando Trueba (Espagne) 2h16
    PENINSULA, YEON Sang-Ho (Corée du Sud) 1h54
    IN THE DUSK (Au crépuscule), Sharunas BARTAS (Lituania) 2h06
    DES HOMMES (Home Front), Lucas BELVAUX (Belgique) 1h40
    THE REAL THING, Kôji Fukada (Japon) 3h48

    LES NOUVEAUX VENUS

    PASSION SIMPLE, Danielle Arbid (Liban) 1h36
    A GOOD MAN, Marie Castille Mention-Schaar (France) 1h47
    LES CHOSES QU’ON DIT, LES CHOSES QU’ON FAIT, Emmanuel Mouret (France) 2h
    SOUAD, Ayten Amin (Egypte) 1h30
    LIMBO, Ben Sharrock (Royaume-Uni) 1h53
    ROUGE (Red Soil), Farid Bentoumi (France) 1h26
    SWEAT, Magnus Von Horn (Suède) 1h40
    TEDDY, Ludovic et Zoran Boukherma (France) 1h28
    FEBRUARY (Février), Kamen Kalev (Bulgarie) 2h05
    AMMONITE, Francis Lee (Royaume-Uni) 2h
    UN MÉDECIN DE NUIT, Elie Wajeman (France) 1h40
    ENFANT TERRIBLE, Oskar Roehler (Allemagne) 2h14
    NADIA, BUTTERFLY, Pascal Plante (Canada) 1h46
    HERE WE ARE, Nir Bergman (Israel) 1h34

    Un FILM A SKETCHES

    SEPTET: THE STORY OF HONG KONG, par Ann Hui, Johnnie TO, Tsui Hark, Sammo Hung, Yuen Woo-Ping et Patrick Tam -1h53

    PREMIERS FILMS

    FALLING, Viggo Mortensen (USA) 1h52
    PLEASURE, Ninja Thyberg (Suède) 1h45
    SLALOM, Charlène Favier (France) 1h32
    CASA DE ANTIGUIDADES (Memory House), Joao Paulo Miranda Maria (Brésil) 1h27
    BROKEN KEYS (Fausse note), Jimmy Keyrouz (Liban) 1h30
    IBRAHIM, Samir Guesmi (France) 1h20
    BEGINNING (Au commencement), Déa Kulumbegashvili (Georgie) 2h10
    GAGARINE, Fanny Liatard et Jérémy Trouilh (France) 1h35
    16 PRINTEMPS,Suzanne Lindon (France) 1h13
    VAURIEN, Peter Dourountzis (France) 1h35
    GARÇON CHIFFON, Nicolas Maury (France) 1h48
    SI LE VENT TOMBE (Should the Wind Fall) by Nora Martirosyan (Armenie) 1h40
    JOHN AND THE HOLE by Pascual Sisto (USA) 1h38
    STRIDING INTO THE WIND (Courir au gré du vent) by WEI Shujun (Chine) 2h36
    THE DEATH OF CINEMA AND MY FATHER TOO (La Mort du cinéma et de mon père aussi), Dani Rosenberg (Israel) 1h40

    TROIS DOCUMENTAIRES

    EN ROUTE POUR LE MILLIARD (The Billion Road, Dieudo Hamadi (Répiublique démocratique du Congo) 1h30
    THE TRUFFLE HUNTERS,  Michael Dweck et Gregory Kershaw (USA) 1h24
    9 JOURS À RAQQA, Xavier de Lauzanne (France) 1h30

    CINQ COMEDIES

    ANTOINETTE DANS LES CÉVÈNNES by Caroline Vignal (France) 1h35
    LES DEUX ALFRED by Bruno Podalydès (France) 1h30
    UN TRIOMPHE (The big hit) by Emmanuel Courcol (France) 1h40
    L’ORIGINE DU MONDE by Laurent Lafitte (France) premie film 
    LE DISCOURS by Laurent Tirard (France) 1h27 

    QUATRE FILMS D‘ANIMATION
    AYA TO MAJO (Earwig and the Witch), Gorô Miyazaki (Japan) 1h22
    FLEE, Jonas Poher Rasmussen (Denmark) 1h30
    JOSE, Aurel (France) 1h20 – 1st film 
    SOUL, Pete Docter (USA) 1h30

  • Grand écran: "A couteaux tirés", comédie policière à la Agatha Christie. Avec Daniel Craig

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    479897-a-couteaux-tires-de-rian-johnson-bande-annonce.jpgCélèbre et richissime auteur de polars, Harlan Thrombey est retrouvé mort dans son lit la gorge tranchée, le soir de ses 85 ans.  La thèse du suicide est esquissée en dépit de la violence du geste, mais les spectateurs, contrairement aux proches du patriarche, sont rapidement informés qu’il n’en est rien.

    C’est alors que débarque dans le somptueux manoir des Thrombey le détective Benoit Blanc, engagé par un commanditaire anonyme afin d’élucider l’affaire. Tandis que la famille complètement tordue du vieil Harlan, plus préoccupée par l’ouverture de son testament que par la cause de sa mort, se déchire, Blanc se lance dans une enquête mouvementée, où se multiplient rebondissements, mensonges, révélations, indices probants, pistes douteuses et faux semblants.

    Cette malicieuse et jubilatoire comédie policière à suspense en forme de whodunit renouvelé, huis-clos burlesque très divertissant au rythme soutenu, à la mise en scène astucieuse, aux dialogues caustiques et à l’humour noir, donne un parfum très british à ce film américain.
    .
    Entre deux productions Star Wars, son auteur Rian Johnson s’offre ainsi une petite balade récréative avec ce cluedo géant. Sophistiquée, l’intrigue oscille entre Agatha Christie et Hitchcock. avec un détective façon Hercule Poirot mâtiné de Columbo. Il est incarné par un irrésistible Daniel Craig à l’accent sudiste, qui révèle son talent comique.

    Chris Evans, Jamie Lee Curtis, Toni Colette, Michael Shannon, Don Johnson ou encore Ana de Armas, qui sera du nouveau James Bond, complètent ce casting cinq étoiles. Tous sont soupçonnés d'avoir assassiné Harlan (Christopher Plummer), ce qui n’est pas étonnant chacun, hypocrite, intéresse, détestable, méprisable, hautain ou arrogant ayant quelque chose à cacher. Y compris Ana de Armas, infirmière dévouée mais peut-être pas si blanche colombe que ça. Même si Daniel Craig la prend sous son aile pour jouer les Watson.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 novembre.

  • Festival de Cannes: la Palme d'or à "Parasite" du Sud-Coréen Bong Joon-ho, l'un des favoris

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    661_afp-news_0a4_be4_f8efd4fba78b40d674d5676998_cannes-parasite-du-sud-coreen-bong-joon-ho-remporte-la-palme-d-or_000_1GX29P-highDef.jpgExcellente cuvée que ce cru 2019, où un bon tiers des 21 longs métrages sélectionnés pouvait prétendre à la Palme d’or. Certains ont la chance de se retrouver au palmarès, comme on le verra ci-dessous, d’autres pas. A commencer par Douleur et gloire de Pedro Almodovar, pour qui c’est encore raté, Une vie cachée de Terrence Malik, Roubaix, une lumière, Le traître de Marco Bellochio.

    Nous avons agi comme des amoureux du cinéma et nos récompenses ne reflètent que l’avis de neuf personnes dans le monde, a déclaré le président du jury Alejandro Gonzalez Inarritu. A l’unanimité et sans surprise,  ses camarades et lui ont donc décerné le trophée si convoité au brillant Parasite du Sud-Coréen Bong Joon-ho, l’un des grands favoris de la critique.  

    Dans une veine intimiste le réalisateur met en scène la violence des rapports sociaux, en racontant l’histoire d’une famille habitant un sous-sol sordide, jusqu’au jour où le fils décroche un travail de prof d’anglais chez des bourgeois nageant dans le luxe. A coups de subterfuges, il fait embaucher sa sœur, puis son père et sa mère comme chauffeur et gouvernante. Mais les choses se gâtent pour les arnaqueurs dans ce drame pimenté de thriller.

    Beaucoup moins évident, au point qu’il a étonné jusqu’à sa réalisatrice, le Grand prix du jury est allé à Atlantique, premier long métrage, entre hantise et envoûtement, de la cinéaste franco-sénégalaise Mati Diop. Son héroîne, Ada, adolescente de Dakar, est amoureuse de Souleymane, un ouvrir parti en mer à la recherche d'un avenir meilleur. 

    100315837_99191202_640554_5518890.jpgPrix d’interprétation pour Antonio Banderas et Emily Beecham

    Antonio Banderas, petite consolation pour Pedro Almodovar (!), est en revanche logiquement sacré meilleur acteur pour son interprétation magistrale dans Douleur et gloire, où il incarne le double fictionnel du maestro espagnol suivant un réalisateur en crise. Côté féminin, c’est assez birzarrement la comédienne britannique Emily Beecham qui gagne le prix, pour son rôle dans Little Joe de l’Autrichienne Jessica Hausner. Elle campe une phytogénéticienne, conceptrice d’une fleur particulière qui rend son propriétaire heureux. Mais elle n’est peut-être pas aussi inoffensive qu’elle l’imagine.

    Deux œuvres se partagent ex-aequo le prix du Prix du jury. Bien vu pour Les Misérables du Français Ladj Ly, qui a lui aussi conquis la Croisette avec son brûlot social sur la banlieue, traitant des rapports tendus entre les habitants et les policiers de la brigade anticriminalité. Un jour c’est la bavure…Autre lauréat, moins convaincant, Bacurau, une coréalisation des Brésiliens Kleber Mendonza Filho et Juliano  Dornelles. Ce film de genre, à mi-chemin entre western et fantastique, raconte l'histoire d'un village imaginaire, frappé par des phénomènes étranges. .

    De leur côté, les inoxydables habitués de Cannes Jean-Pierre et Luc Dardenne qu’on pensait plus ou moins voir repartir les mains vides, remportent le Prix de la mise en scène avec Le jeune Ahmed, un garçon de 13 ans endoctriné par un imam fondamentaliste . « C’est un appel à la vie alors que le populisme identitaire et les crispations religieuses montent », ont déclaré les frères belges.

    Céline Sciamma, qui semblait assez déçue, a raflé le Prix du scénario pour son magnifique Portrait de la jeune fille en feu. Porté par Adèle Haenel et Noémie Merlant, un superbe duo d’actrices, il évoque la naissance d’une passion interdite sur une île bretonne en 1770. La réalisatrice a également reçu la veille la Queer Palm, récompensant un métrage évoquant les thématiques LGTBQ dans les différentes sections du festival.

    Enfin, une mention spéciale a été donnée à It Must Be Heaven, conte burlesque du Palestinien Elia Suleiman à la recherche d’une terre d’accueil.

    La caméra d’or à César Diaz pour Nuestras Madres

    Primé à la Semaine de la critique, le réalisateur guatémaltèque nous emmène en 2018 dans son pays qui vit au rythme des procès des militaires à l’origine de la guerre civile .Jeune anthropologue, Ernesto travaille à l‘identification des disparus. Un jour, à travers le témoignage d’une vieille dame il croit tomber sur une piste qui lui permettra de retrouver la trace de son père…

    Quelques perles hors concours

    A Cannes, il n’y a pas que la compétition. Comme d’habitude, on a découvert quelques perles dans les sections parallèles  A la Quinzaine des réalisateurs, on a beaucoup aimé Le daim de Quentin Dupieux où Jean Dujardin à son meilleur parle à son blouson de cuir à franges. A signaler également The Lighthouse de Robert Eggers, que nous n’avons pas vu voir en raison de l’extraordinaire engouement qu’il a provoqué. Expérience de cinéma en noir et blanc, il est décrit comme hypnotisant et hallucinant. Avec Robert Pattinson méconnaissable.

    A noter toutefois que c’est Une fille facile de la Française Rebecca Zlotowski, mettant en scène l’ex-escort girl Zahia Dehar, qui a été primée à la Quinzaine en compagnie d’Alice et le maire de son compatriote Nicolas Pariser.

     

    Dans Un certain Regard, Port Authority de l’Américaine Danielle Lessovitz a séduit avec une immersion queer newyorkaise où un beau garçon tombe amoureux d’une jolie trans. Tout comme Nina Wu. Dans ce thriller thaïwanais de Midi Z, inspiré de l’affaire Weinstein, une actrice doit coucher pour obtenir un rôle.

    Et on n’oubliera pas Rocketman de Dexter Fletcher qui nous en a mis plein les yeux et les oreilles en retraçant la carrière hors du commun de Reginald pianiste provincial prodige devenu Elton John la superstar planétaire. Sortie le 29 mai.

  • Festival de Cannes. Kechiche choque et divise avec son très crû "Mektoub My Love: Intermezzo"

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    mektoub_my_love_kechiche_male_gaze.jpgIl fallait bien une polémique pour compenser l’événement le plus médiatique et le plus populaire créé par Quentin Tarantino. Six ans après la triple Palme d’or pour « La vie d’Adèle » et la controverse qui a suivi, Abdellatif Kechiche, en compétition avec le deuxième volet de Mektoub my Love: intermezzo, a provoqué le scandale sur la Croisette.

    Comme s’il ne s’y attendait pas, avec sa manière provocante de filmer les corps féminins, les objétisant en s’attardant longuement sur les seins les fesses. Sans oublier un cunilingus de 13 minutes dans les toilettes d’une boîte de nuit.

    Après une demi-heure sur la plage où Amin et ses amis rencontrent Marie, une étudiante parisienne, c’est dans cette discothèque que le cinéaste nous immerge pendant trois heures. On papote, on se trémousse, on picole, entre sexe, danse et musique jusqu’à l’overdose Ce qui a poussé certains spectateurs à partir pendant la projection officielle.

    Ophélie Bau, l’une des comédiennes principales, active participante à la scène très crue de sexe oral, s’est elle-même éclipsée après la montée des marches. A la fin du film, le sulfureux réalisateur a quant à lui rapidement quitté le Grand Théâtre Lumière, s’excusant au micro auprès du public de l’avoir retenu sans le prévenir…

    Lors de la conférence de presse, pas de très bonne humeur, il a expliqué avoir voulu célébrer l’amour, le désir, le corps. « Mon film est avant tout une expérience esthétique où je tente d’autres formes de narration. En brisant les codes. J’essaye de décrire la position de l’artiste, du peintre ».

    Je montre ce qui me fait vibrer

    Il ne considère pas comme un échec la fuite d’une partie du public. « Non, cela ne me dérange pas. Tout le monde n’est pas ouvert, sensible à la nouveauté, à mon regard, à celui que je porte sur les autres. J’essaye de montrer ce qui me fait vibrer, des corps des ventres. De décrire le mouvement. Celui, exceptionnel, des danseuses. Certaines personnes ne peuvent pas ressentir mon désir de les magnifier. De leur côté elles n’ont pas peur de franchir les barrières, de sortir des sentiers battus ».

    En revanche, Kechiche a refusé de répondre aux questions concernant sa façon de travailler et a ajouté avoir demandé à ses comédiens de ne rien dire sur le sujet. Hafsia Herzi, découverte dans « La graine et le mulet », a juste déclaré son plaisir de tourner avec lui.

    Par ailleurs, il s’est carrément fâché quand un journaliste l’a interrogé sur l'enquête ouverte en octobre dernier par le parquet de Paris après une plainte d’une femme contre lui pour agression sexuelle « Votre question est déplacée, imbécile et malsaine. Cannes est la fête du cinéma et on y parle cinéma. Je ne suis au courant d’aucune enquêté et j’ai la conscience tranquille ».

  • festival de Cannes: Tarantino était espéré comme le Messie. On attend le miracle...

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  • Festival de Cannes: Terrence Malick, sérieux prétendant à la Palme d'or avec "Une vie cachée"

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    une-vie-cachee-photo-1083408.jpgObjecteur de conscience, Franz Jägerstätter, un paysan autrichien, refuse de prêter allégeance à Hitler et de se battre aux côtés des nazis. Coupable de trahison envers le régime, sa vie devient un véritable enfer. Il sera finalement exécuté en 1943.

    Porté par la foi inébranlable et son amour pour sa femme Fani, dont il peut compter sur l’indéfectible soutien, Franz (August Diehl, magnifique prétendant au prix d’interprétation), n’accepte pas ce qui est arrivé à son pays.

    Persuadé que la guerre est l’œuvre du mal et Hitler l’antéchrist, le fermier refuse de plier devant la brutalité de ceux qui s'ingénient à le faire changer d’avis. Malgré les souffrances endurées, il reste un homme libre.

    Huit ans après avoir décroché la Palme d’or pour The Tree Of Life, Terrence Malick, s’aligne donc à nouveau en compétition. Adulé puis rejeté par certains, il devrait pouvoir réconcilier ses détracteurs et ses fans avec Une vie cachée, qui s’annonce comme un sérieux candidat à la Palme d’or.

    Un chemin de croix

    Cinéaste aussi déroutant que secret, l’Américain s’est inspiré de faits historiques réels pour raconter une histoire qui rend hommage, à travers Franz résistant intransigeant, aux héros méconnus, dans un film intense, bouleversant, poétique, puissant et d’une grande spiritualité.

    Alternant la terrible survie de Franz en prison et les efforts parfois surhumains de Fani pour parvenir à tenir la ferme, l’auteur suit, dans cette fresque de trois heures très malickienne, le chemin de croix de ses deux protagonistes unis par une conviction profonde.

    Ils nous apparaissent comme deux saints luttant de toutes leurs forces pour préserver l’humanité en cette période de folie. Reconnu martyre en 2007 par Benoît XVI, Franz a d’ailleurs été béatifié par l’Eglise catholique.

  • Festival de Cannes: en panne de Palme d'or, Almodovar vaincra-t-il la malédiction avec "Douleur et gloire"?

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    2266158_douleur-et-gloire-almodovar-et-son-double-web-0601226291664_1000x300.jpgTrois ans après Julieta, racontant la perte, l’abandon, la culpabilité, Pedro Almodovar revient avec Douleur et gloire, son 21e long métrage envoûtant au titre évocateur, réunissant deux de ses acteurs fétiches, Antonio Banderas et Penelope Cruz. Sélectionné pour la sixième fois en compétition à Cannes, le réalisateur oscarisé et césarisé, récompensé sur la Croisette par un prix de la mise en scène, un prix du scénario, par le biais aussi d’un prix d’interprétation à Penelope Cruz pour Volver, mais en mal de Palme d’or en dépit de pronostics souvent unanimes de la critique. Le fougueux Espagnol qui se révèle à nouveau un très sérieux prétendant à la récompense suprême, vaincra-t-il la malédiction dans cette 72e édition? Réponse le 25 mai.

    Evitant à son habitude les excès du mélodrame en évoquant avec sobriété, retenue et pudeur l’amour, le deuil, la réconciliation, Almodovar suit Salvador Mallo, un réalisateur en crise autrefois adulé, formidablement incarné par Antonio Banderas, candidat plus que crédible au prix d’interprétation. Il se met émotionnellement et intensément à nu, mêlant «son côté le plus sombre aux moments les plus lumineux de son enfance», dans ce film mélancolique baigné de tristesse.

    Il s’agit là de la plus intime et de la plus introspective de ses œuvres, tournant autour de ses premières passions, celles qui sont suivi, la mère, la mort, les acteurs avec qui il y travaillé, les ruptures. Et les retrouvailles, dont l’une bouleverse avec le long baiser que son personnage mature échangé avec un ancien amant, avant que ce dernier parte retrouver sa femme et ses enfants.

    Déclaration d’amour au cinéma

    Entre émois, regrets, impossibilité de séparer l’art de la vie privée, ce cinéaste si doué qui se demande avec autodérision comment il peut avoir du succès dans un pays aussi différent de l’Espagne que l’Islande, déclare son amour au cinéma. La pellicule libératrice de cet enfant intelligent, sensible et malheureux, élevé au sein d’un milieu paysan et catholique, dans une caverne repeinte par un maçon. Et qui découvre soudain, avec sidération, son homosexualité. Même si l’auteur, mêlant réalité, fiction et fantasmes avoue, fait en soi insignifiant, ne pas être absolument fidèle à sa biographie.

    Le film est ainsi rythmé par des allers et retours entre les années 60, 80 et aujourd’hui. Pedro Almodovar brosse le portrait captivant d’un cinéaste se disant incompris, en panne d’inspiration, plongeant dans ses souvenirs. Un hypocondriaque tourmenté physiquement et psychiquement.

    En proie à toutes sortes de douleurs musculaires, des migraines, des acouphènes, un lancinant mal de dos, il souffre également de troubles de l’âme, de dépression. Un homme se shootant à l’héroïne, pour qui «la vie tourne autour de sa colonne vertébrale et  dégoûte comme un remède inutile». Mais il va finir par se remettre à écrire.

    shutterstock_7049585a.jpgDes comédiens au sommet

    Si Almodovar ne cesse de nous fasciner, ses comédiens évoluent comme des poissons dans l’eau dans un univers qu’ils connaissent sur le bout des doigts. A commencer par Antonio Banderas, qui a collaboré huit fois avec lui. Séduisant, attachant avec des fêlures et une vulnérabilité non feintes, il représente, sans pourtant l’imiter en dépit de sa coiffure ananas et de ses vêtements colorés, le double magistral du cinéaste torturé par les affres de la création. Et se terrant de préférence dans son appartement madrilène, où il nous invite à entrer.  

    De son côté la solaire Penelope Cruz, qui a travaillé à six reprises avec l’auteur, est parfaite dans le rôle de la mère jeune d’Almodovar, peu épargnée par les soucis et les difficultés, mais au sourire toujours au bord des lèvres. Dans celui de la mère âgée et adorée, on retrouve Julieta Serrano, apparue dans le tout premier métrage du maestro ibère, Pepi Luci Bom et autres filles du quartier en 1980.

    Cela nous vaut une séquence où elle lui parle de son enterrement, manifestant notamment la volonté d’être pieds nus dans son cercueil… Une respiration comique dans ce magnifique opus où la douleur l’emporte sur la gloire. On espère que l’inverse se produira pour le cinéaste plus inventif et créatif que jamais.

    A l’affiche dans les salles romandes depuis vendredi 17 mai