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Grand écran: "West Side Story", relecture personnelle réussie et excitante de Spielberg

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Question légitime en découvrant les intentions de Steven Spielberg: quel intérêt avait-il à revisiter West Side Story, ce monument de la culture populaire américaine inspiré du shakespearien Roméo et Juliette et appartenant depuis soixante ans au patrimoine cinématographique? A priori aucun. Mais le réalisateur a évidemment décidé de nous persuader du contraire en livrant sa version du mythe aux dix Oscars, dont celui remporté par Rita Moreno, première actrice hispanique à décrocher une statuette. 

Il est vrai qu'il y pensait depuis longtemps. La comédie musicale de Robert Wise, Jerome Robbins et Leonard Bernstein, révolution dans le genre avec son impact social et son décor urbain, est en effet l’un des films, découvert à 11 ans, qui l’a le plus marqué dans sa jeunesse. Et disons-le sans tarder, le maestro hollywoodien a parfaitement réussi son pari. .

Pauvreté, xénophobie, préjugés, violence, tout y est.  Respectant donc son modèle à une ou deux exceptions, par exemple l’introduction inédite d'un personnage qu'on ne révélera pas, Spielberg apporte cependant sa touche personnelle. Il se montre plus réaliste, avec une nouvelle approche de la mise en scène en tournant dans les rues et le renforcement du côté politique. Il faut reconnaître qu’il est bien aidé par le contexte actuel où rien n’a beaucoup changé, si on considère l’immigration, le communautarisme, ou la circulation des armes dans le pays...  

Tragique passion interdite, brisée par la haine

Petit rappel du spectacle musical créé à Broadway en 1957 et porté à l’écran quatre ans plus tard, adaptation qui lui a valu sa célébrité. Dans l’Upper West Side de Big Apple, les Jets venus de l’immigration européenne (polonaise irlandaise, italienne) et les Sharks, d’origine portoricaine, se castagnent régulièrement pour l’occupation du territoire. Tony, ancien chef des Jets, sort de prison et tente de se tenir à carreau. Mais à l’occasion d’un bal où les deux gangs se retrouvent, il tombe fou amoureux de Maria, la sœur du chef des Sharks. Il n’en faut pas davantage pour attiser une guerre déjà largement déclarée... 

Les fans, comme ceux qui la découvrent, ne pourront ici que s’enthousiasmer pour cette tragique passion interdite brisée par la haine, magnifiquement renouvelée sans la trahir. Visuellement, musicalement, on est comblé. Outre les célébrissimes chansons (America, Maria, Tonight, Somewhere, I Feel Pretty...) aussi remarquablement interprétées que dans l’original, Steven Spielberg  nous emporte avec d'excitantes chorégraphies virtuoses. 

Contrairement à Wise, il a par ailleurs choisi des latinos pour jouer les Sharks et tous les acteurs sont plus en accord avec leur âge. Il nous fait notamment découvrir Rachel Zegler, excellente incarnation de Maria (la Juliette de l’histoire). On craque également pour Ansel Elgort (son Roméo alias Tony), révélé dans Nos étoiles contraires. Les seconds rôles ne sont pas en reste et l’ensemble permet à cette relecture emballante de West Side Story de conserver toute sa puissance de révolte et d’espoir. C’est bien là l’essentiel.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 décembre. 

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