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  • Grand écran: "Lynx", magnifique documentaire sur ce fascinant félin très difficile à observer

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    Solitaire et très discret, le lynx est difficile à observer. On peut éventuellement l’apercevoir à l’aube ou au crépuscule, à condition d’être d’une patience à toute épreuve C’est dire s’il en a fallu à Laurent Geslin pour tourner son documentaire. 

    De la patience et du temps. C’est ainsi que le photographe et réalisateur français, passionné par la nature de proximité, célèbre pour ses clichés animaliers, a parcouru pendant une douzaine d’années les forêts jurassiennes à la recherche du fascinant félin, le plus grand d’Europe.

    La rencontre est magique. Laurent Geslin livre un film aussi exceptionnel que  magnifique commençant par l’appel du mâle à sa femelle et la formation d’un couple éphémère dont naîtront trois chatons hyper craquants

    En suivant la petite famille dont la vie s’écoule au rythme des saisons, on découvre l’univers et le quotidien de ce prédateur indispensable à l’équilibre de la nature, les dangers qui le guettent néanmoins dans un milieu peuplé d'humains pas toujours animés hélas des meilleures intentions, mais également l’apprentissage de ses techniques de chasse, la conquête d’un territoire.  Les enfants devraient adorer, leurs parents aussi. 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 octobre.   

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  • Grand écran: "La fracture" raconte une France divisée à travers deux femmes au bord de la rupture

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    Immersion., un soir de décembre 2018, dans les urgences d'un hôpital parisien à bout de souffle, en manque de soignants, transformé en huis-clos genre cour des miracles le temps d’une nuit explosive. Après Un amour impossible, métrage d’époque, Catherine Corsini, désireuse de revenir à aujourd’hui, aborde de façon métaphorique les fractures profondes d’une société française de plus en plus dure et meurtrie.

    Elles sont symbolisées par le couple au bord de la rupture que forment Julie (Marina Foïs), éditrice, et Raf (Valeria Bruni-Tedeschi), dessinatrice. Une embrouille de trop et Julie, qui en a plus que marre, quitte l’appartement. Raf la suit, tombe, se casse le bras et atterrit dans un service hospitalier sous pression.

    Débarquement de Gilets jaunes amochés

    A l’extérieur, c’est la guerre et l’établissement, déjà saturé par les blessés, voit débarquer une bande de Gilets jaunes gravement amochés par des policiers lors d’une violente manifestation sur les Champs Elysées. Il ferme ses portes tandis que les CRS campent devant, exigeant qu’on leur livre les noms des coupables.

    Dans la salle d’attente, arène pleine d’humanité, de désespoir et d'émotion où s'écharpent petits bourgeois et prolos de toutes nationalités, l’ambiance est électrique. La confrontation France d’en-haut contre France d’en-bas vire au duel mordant entre Julie, la  bobo  parisienne au coude bien esquinté et un routier naïf (Pio Marmaï) à la jambe explosée par une grenade de désencerclement, qui veut juste conduire son camion, livrer sa marchandise et éventuellement, comme il l’avait dit à la conférence de presse, péter la gueule à Macron. Phrase qui avait provoqué un petit scandale (vite oublié) sur la Croisette.

    Entre hystérie et justesse du récit

    Bref, les critiques acerbes et les injures fusent. Ils s’engueulent pour tout et n’importe quoi et ça vole bas, le plus souvent. Mais les excès n’empêchent pas l’humour et le rire, en l’occurrence cathartique. Entre scènes dramatiques, douloureuses, drôles, voire burlesques, à l’écriture riche, on reprochera toutefois une tendance à l’hystérie. Elle est accentuée par la performance délirante de Valeria Bruni-Tedeschi. Certes, comme toujours, elle met beaucoup d’elle-même dans chacun de ses rôles, des choses qu’elle a vécues, rêvées, imaginés. Mais là, survoltée et shootée aux médicaments, elle en fait des tonnes en luttant pour récupérer l’objet de son amour.

    En revanche, on salue la volonté d’apporter de la justesse et de l’authenticité dans ce récit sous haute tension tourné pendant la Covid, qui évoque la crise des Gilets jaunes, les brutalités policières, l’abandon de l’hôpital public, l’engagement inouï d’un personnel pourtant sous-payé, exténué, le délabrement des locaux. Non seulement Catherine Corsini s’inspire de sa propre histoire avec sa compagne ainsi que d’une mésaventure, mais elle a fait appel à de vrais soignants. Comme Aïssatou Diallo Sagna. Elle a 38 ans, incarne Kim, une infirmière qui apporte, comme les autres acteurs et actrices non professionnel-les, son expérience, sa maîtrise et son empathie envers les patients.

    "Il ne s’agit ni d’un brûlot ni d’un manifeste"

    La fracture est un film engagé, un film de résistance. "Il faut parler de tout cela pour ne pas laisser à nos enfants un monde pourri". Pour autant Catherine Corsini nie une volonté d’interpeler les autorités politiques. "Je l’ai fait pour raconter une histoire avec un fond humaniste et en jouant des ressorts de la comédie. Il ne s’agit ni d’un brûlot, ni d’un manifeste". Le film résonnant par ailleurs avec le théâtre, Catherine Corsini avoue qu’elle craignait la chose. "Je voulais que ce soit brisé par une manière de filmer qui crée le mouvement. Je souhaitais que les comédiens puissent improviser, que tout le monde parvienne à s’échappe". 

    L’opus, qui figurait en compétition au Festival de Cannes, a décroché, rappelons-le, la Queer Palm. Cela peut surprendre dans la mesure où  l’homosexualité est particulièrement banalisée. Mais en fait, c'est logique.. "Ce qui me tenait à cœur, a déclaré la lauréate très émue en recevant son prix, c’était de raconter un couple de femmes d’une cinquantaine d’années qui a vécu le fait de s’assumer. Il est juste de dire que l’homosexualité est un sujet et en même temps qu’il n’en est pas un, car il est intégré, déjouant les préjugés. C’est merveilleux d’être récompensée pour cela". 

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 octobre.  

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  • Grand écran: "Ghosts", portrait dur et complexe de la Turquie contemporaine

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    Octobre 2020. Istanbul est constamment survolée par des hélicoptères, quadrillée par des patrouilles, tandis que les sirènes des ambulances ne cessent de retentir. Dans cette ville en proie à des troubles politiques, quatre personnages et leur destin respectif s'entremêlent, notamment autour d’un  trafic de drogue, dans un quartier populaire en pleine gentrification..

    Une mère dont le fils est incarcéré dans une prison surpeuplée  pour un film qu’il n’aurait pas commis, cherche de lui procurer de l'argent pour lui éviter un grave danger. Une jeune femme, qui veut devenir danseuse, survit au milieu de ses contemporains à l’avant-garde des mouvements de protestation contre le gouvernement. Elle croise une artiste activiste et un garçon qui nettoie les déchets après les affrontements entre la police et les manifestants. .Pendant ce temps, un homme veut  faire fortune en profitant de la réhabilitation des quartiers historiques de la ville, mais également en logeant des réfugiés syriens à des prix exorbitants. 

    Ghosts,, récit allégorique et dystopique, est le premier long métrage d'Azra Deniz Okyay. S'affirmant comme la cheffe de file  des nouveaux cinéastes turcs,  elle propose un portrait à charge, puissant et complexe (il faut 'accrocher...) de la Turquie contemporaine, ainsi qu’une ode à ses fantômes.  Structuré à la manière d’un puzzle dans une atmosphère de révolte, il dépeint un monde souterrain et obscur dans lequel gravitent des individus issus de différentes sous-cultures, entre absence de valeurs et de repères.

    C’est l’histoire d’une génération perdue affrontant les incertitudes religieuses, politiques et économiques, où chacun tente de se réaliser à travers l’art, en créant son propre mécanisme de survie dans une Turquie chaotique  Ils se réunissent de façon inattendue à travers certains événements et diverses actions., 

    En dépit de sa noirceur, l’opus en forme de thriller montre des êtres porteurs de lumière et d’espoir. Comme dit la réalisatrice, "vivre dans ce pays, c’est comme si nous existions et n’existions pas en même temps. Mes personnages font face à des luttes plus grandes qu’eux-mêmes, leurs expériences touchant  à des problèmes plus globaux, la liberté d’expression et le droit des femmes. Parfois ils se sentent invisibles et doivent agir de façon invisible.  Ghosts parle à un public à travers des jeunes qui apportent par exemple à la fin  la lumière dans un concert LGBT.  Les jeunes trouvent toujours un  moyen. ..." 

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 octobre. Séance spéciale ce lundi soir au Cinélux à 20 heures en présence de l'auteur

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  • Grand écran: "Illusions perdues", fresque passionnante, spirituelle et moderne, au casting dix étoiles

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    Ce film, Xavier Giannoli le portait en lui depuis ses 20 ans. Il est basé sur les Illusions perdues, le chef d’œuvre d’Honoré de Balzac publié entre 1837 et 1843,  dont il adapte librement la seconde partie, Un grand homme de province à Paris. Celui de la Restauration. Saisissant et redoutable reflet de notre époque, l’oeuvre, avec ses jeux de pouvoirs entre républicains et monarchistes à l’heure du libéralisme économique naissant et du règne du profit montre, s’il en était encore besoin, son intemporalité et son universalité.

    Auteur de Quand J’étais chanteur, A l’origine, Marguerite, Xavier Giannoli relève un immense défi, proposant un passionnant métrage romanesque et critique sur l’ascension et la chute de Lucien Chardon (Benjamin Voisin). Jeune poète inconnu et naïf à l’ambition dévorante, il veut se forger un destin et obtenir le droit de porter le nom à particule de sa mère «de Rubempré», pour faire oublier le sien .

    Tout s’achète et se vend

    Quittant l’imprimerie familiale et Angoulème, sa ville natale, il monte à Paris avec sa protectrice Louise de Bargeton (Cécile de France). Il va alors découvrir un univers vertigineux, trépidant, flamboyant, fourmillant de faux-semblants où l’argent est roi, où tout s’achète et se vend, la littérature la presse, la politique la réputation et l’amour.  

    Paraître est un must pour exister dans ce monde où le journalisme constitue un échelon vers la réussite. Débarqué dans la capitale dans le but de voir publié un recueil de poésie dédié à Louise (qui abandonnera vite le jeune provincial ignorant des codes et conventions de la bonne société), Lucien entre dans le sérail médiatique grâce à Etienne Lousteau (Vincent Lacoste). 

    L’opinion, une marchandise comme une autre

    Rédacteur à la plume féroce, Lousteau lui explique sa conception et sa pratique d’une profession où l’opinion devient une marchandise comme une autre. Créations de polémiques ou d’événements, articles achetés pour encenser ou descendre un livre, favoriser le directeur de théâtre le plus offrant qui paie lui une claque pour applaudir ou huer un spectacle. On retiendra plus particulièrement un irrésistible morceau de bravoure sur le bon exercice d’une critique aux effets salvateurs ou dévastateurs. D’où une peinture à l’acide d’un milieu corrompu et cupide au service de ceux qui le financent. 

    Aux dialogues ciselés, décapants, mordants, s’ajoutent une densité narrative, une mise en scène brillante, fluide et en mouvement, musicalement rythmée par Bach et Rameau, une reconstitution historique minutieuse. L’ensemble  sublime cette fresque foisonnante, spirituelle et moderne, qui brosse un portrait satirique implacable de la vie mondaine, de la presse et des arts en ce début de 19e siècle. Elle se combine avec le triste sort de Lucien que vont perdre sa soif démesurée d’élévation sociale, sa faiblesse coupable à manger à tous les râteliers, son obsession à se faire un nom dans un microcosme qu'il ne peut atteindre. 

    Des comédiens remarquables

    Les comédiens contribuent évidemment énormément à la grande réussite de l’opus. A commencer par Benjamin Voisin, omniprésent, qui avait déjà beaucoup séduit dans Été 85 de François Ozon. Il n’incarne pas, il est Lucien, ingénu arriviste dont la naïveté, le romantisme et l’humanité cèdent devant le cynisme et l’arrogance et la lâcheté. On craque également pour Vincent Lacoste, esprit vif, mentor un rien diabolique, exaspérant et drôle. Fragile et influençable, Cécile de France s’oppose à Jeanne Balibar, marquise machiavélique, perfide et manipulatrice.

    Et on n’oubliera  pas Xavier Dolan sobre et élégant dans un personnage fictif, l’écrivain Nathan, narrateur et conscience de Lucien, Gérard Depardieu, truculent et très inspiré éditeur illettré près de ses sous, Jean-François Stévenin, en chef de claques sans foi ni loi, l’un de ses derniers rôles. Ou enfin Salomé Dewaels, courtisane  et comédienne, le vrai amour de Lucien, mais dont le pari risqué du théâtre classique précipitera la mort. A voir absolument.  

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis  mercredi 20 octobre.

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  • Grand écran: "L'homme de la cave", le portrait d'un salaud

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    Réalisateur éclectique mais plus particulièrement porté sur la comédie (Le coût de la vie, Les femmes du 6e étage, Alceste à bicyclette), Philippe Le Guay revient avec L’homme de la cave, un thriller tiré d’une histoire vraie, qui est arrivée à un couple ami. 

    Simon (Jérémie Renier) et Hélène (Bérénice Bejo) veulent vendre leur cave pour financer des travaux dans leu appartement et trouvent un acheteur Jacques Fonzic (François Cluzet), un mystérieux retraité qui la paie comptant et décide de s’y installer physiquement, à la grande surprise des propriétaires. .

    Ces derniers n'ont pourtant encore rien vu et l’opération banale se transforme en cauchemar pour Simon, d’origine juive, qui tente en vain  d’annuler la vente. Car Fonzic, ancien professeur d’histoire, a été viré pour négationnisme et, ne tardant pas à montrer son vrai visage de raciste et d'antisémite, va continuer de distiller son poison sur Internet, et surtout auprès de jeunes influençables, à l’image de Justine, la fille adolescente du couple. 

    Rattrapé par une actualité où fleurissent fake news et complotisme, Philippe Le Guay signe un film utile, proposant une réflexion sur le négationnisme et ses manœuvres abjectes dont se sert Fonzic. Personnage dangereux, pervers, insidieux et lâche, il sème le trouble et la zizanie dans l’immeuble, se posant en victime parce qu’il se permet juste, dit-il de son détestable ton geignard et mielleux, de s’interroger sur l’Histoire. 

    Tout en louant sa démarche certes d’intérêt public  mais un peu scolaire, on reprochera à l'auteur d’en rajouter parfois inutilement dans le propos et les effets. Par ailleurs, si François Cluzet se révèle crédible, il a aussi tendace à forcer la dose dans l’abomination onctueuse.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 13 novembre.

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  • Grand écran: Captivant, "Le dernier duel" marque le retour impressionnant de Ridley Scott

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    Lady Marguerite (Jodie Comer)  accuse de viol Jacques Le Gris (Adam Driver), le meilleur ami de  son mari Jean de Carrouges (Matt Damon). Comme personne ne la croit, Jean  provoque Jacques en duel, l’ultime en France sanctionné par la loi. La jeune femme fait preuve d’un exceptionnel courage en dénonçant publiquement  l’auteur du crime et en réclamant justice.  

    En effet,  Le dernier duel, basé sur des faits réels,  adapté du roman d’Eric Jager, se déroule au quatorzième siècle. Il est signé Ridley Scott, qui opère, ave ce  long métrage captivant au scénario  moderne, faisant écho au statut des femmes aujourd’hui, un impressionnant  retour quelques semaines avant House Of Gucci.

    Le film ouvre sur la joute à mort qui s’annonce face au public et à Lady Marguerite que la potentielle défaite de son époux  vouerait à une mort atroce. Elle serait dénudée, rasée et brûlée vive. Car cela signifierait, prétendument au regard de Dieu,  qu’elle a menti. Comme le dévoile l’intrigue dans un grand flash back révélant la nature du conflit qui n’a cessé de s’envenimer entre les deux chevaliers, bons compères devenus adversaires féroces. 

    Le dernier duel vaut tout d’abord par sa narration, les scénaristes Matt Damon, Ben Affleck et Nicole Holofcener ayant décidé de raconter les choses à travers différents points de vue. Chaque chapitre revient ainsi sur la version subtilement nuancée des trois protagonistes. Cela permet d’affiner le ressenti et les perceptions de chacun, mais également d’approfondir leur personnalité respective et la manière dont ils se considèrent.

    Si Jean de Carrouges arrange son caractère de rustre macho pleurant sur son honneur bafoué, tandis que Jacques Le Gris nie sans surprise le viol, estimant qu’il a en réalité juste «troussé la dame», la seule version qui importe aux yeux de l’auteur (et aux nôtres)  est celle de la vraie victime, Marguerite. Qui prend donc un énorme risque en parlant au lieu de se taire. 

    Bouleversante dans son humiliation, sincère dans son accusation,  l’attachante Jodie Comer lui rend hommage en volant la vedette à Matt Damon et Adam Driver, pourtant eux aussi impeccables dans leur prestation respective. La comédienne britannique, qui a accédé à la célébrité avec la série Killing Eve, fait partie, selon Vogue, des trente personnalités européennes de moins de 30 ans les plus influentes. On se réjouit de la retrouver en Joséphine de Beauharnais dans Kitbag, également réalisé par Ridley Scott.

    A l’interprétation remarquable s’ajoutent l’excellence de la mise en scène, la fidélité de la reconstitution de l’époque qu’il s’agisse des décors, des costumes, de la violence et du réalisme des scènes de combat. Si bien qu’on ne sent pas passer les 2h30 de l’opus. C’’est dire si on est scotché au fauteuil !

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 13 octobre.

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  • Festival: 150 oeuvres pour le GIFF, qui s'ouvre le 5 novembre avec Stephan Eicher

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    Pour sa 27e édition, qui s'ouvrira le 5 novembre avec la performance It's Alive: Journey Into Invisible Cinema de Stephan Eicher, le Geneva International Film Festival (GIFF) propose une sélection de plus de 150 œuvres privilégiant  la diversité des formats et la pluridisciplinarité de l’audiovisuel. 

    Selon la nouvelle directrice Anaïs Emery, qui a dévoilé la programmation jeudi au cours de la traditionnelle conférence de presse, les trois compétitions phares (longs métrages, séries et œuvres immersives), célébreront l’innovation narrative, le courage formel et la radicalité au sein d’un programme inédit en Suisse. 

    Territoires virtuels 

    Lieu de rencontres privilégié  entre le public et la création, e GIFF poursuit par ailleurs ses explorations de l’avant-garde du numérique au sein des Territoires virtuels. Plus grand parc d’installations immersives d’Europe (600 m2), cet espace défriche les nouvelles technologies (réalité virtuelle, augmentée et mixte) et propose une expérience unique au public au travers de 40 œuvres inédites. La Maison Communale de Plainpalais, se muera le temps du GIFF en Maison du Numérique pour tous les publics au travers d’axes et circuits thématiques (Kids corner, Musée VR, Red Corner réservé aux plus de 18 ans). 

    Un nouveau programme rétrospectif dédié à une histoire du petit écran POP TV–The Untold Story of the Small Screen présente par ailleurs l’influence de la télévision sur notre culture contemporaine. 

    Prix et Digital Market 

    Des prix seront décernés. Le Geneva Award reviendra au réalisateur Luca Guadagnino et le Film & Beyond Award au bédéiste, scénariste et réalisateur Riad Sattouf qui échangera avec le public lors d’une masterclass et séance de dédicace le 13 novembre. 

    Quant au Geneva Digital Market, il s’installera au Plaza du 8 au 12 novembre et  réunira, pour une réflexion sur l’avenir des industries créatives,  une quarantaine d’intervenant·e·s internationaux·ales.

    Le palmarès sera dévoilé le 13 novembre durant la cérémonie de clôture, suivie de la première suisse de À Plein Temps d’Eric Gravel.  On aura l’occasion d’en reparler. 

    Geneva International Film Festival, du 5 au 14 novembre.

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  • Grand écran: "Nowhere Special", bouleversante course contre la mort d'un père pour protéger son fils

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    Laveur de vitres de 35 ans, John (James Norton), a consacré sa vie à élever son fils, dont la mère était retournée en Russie sans laisser d’adresse, peu après l'accouchement. Quand il apprend qu'il n'a plus que quelques mois à vivre, il se trouve confronté au terrible fait que suite à son décès, il n’y aura personne pour s’occuper de ce garçon de quatre ans qu’il adore.

    John n’a dorénavant  qu’une seule préoccupation, choisir la famille parfaite qui saura l’aimer et le protéger. S’engage alors pour lui une course contre la mort, consistant en une série de visites chez de potentiels parents aux situations sociales et ressources financières différentes. A qui sera-t-il tenté de le confier? Va-t-il privilégier la richesse, la stabilité? Que lui dictera son instinct?

    La souffrance, la lutte bouleversante de ce père exemplaire, la tragique perspective de sa disparition imminente couplée à celle d’un irrésistible bambin qui pourrait éventuellement se retrouver à l’assistance publique faute de lui dénicher à temps  le foyer idéal, ont évidemment de quoi arracher quelques larmes. 

    Et on ne les retient pas dans Nowhere Special (Un endroit comme un autre), troisième long-métrage de l’Italien Uberto Pasolini. Il faut dire que la présence du très craquant James Norton en géniteur courage contribue à nous serrer le cœur du début à la fin.. Sans prétention centré avec pudeur et sans trop de pathos sur une touchante relation père-fils, le film aborde  également l’aspect social. Cela donne une petite touche loachienne à ce drame situé en Irlande du Nord, inspiré d’une histoire vraie.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 6 octobre. 

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  • Grand écran: "Mon légionnaire", l'attente des femmes face à l'engagement des hommes

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    Débarquant du monde entier (152 nationalités) ils rallient la Légion Étrangère, leur nouvelle famille. Avec son deuxième film, Mon Légionnaire, Rachel Lang raconte l’histoire des soldats partis au Mali se battre pour la France et celles des femmes restées à la caserne, en Corse, où l'armée a ses arrières. 

    Evitant le discours politique autour de la grande muette, la réalisatrice a choisi de se pencher plus particulièrement sur la question de l’engagement, du sens du devoir.  C’est ainsi qu’elle nous plonge dans un monde secret formé de militaires aguerris, qui se fondent dans un corps dit d’élite, dont ils ont dû apprendre le plus rapidement possible les règles, les codes, la langue, ou en tout cas ses rudiments pour devenir des frères d’armes . 

    Parallèlement, elle s’intéresse au sort de leurs compagnes, contraintes elles aussi à s’adapter à leur situation, se pliant  aux usages pour intégrer le «club des épouses», dirigé par la femme du commandant. C’est le cas d‘une jeune Ukrainienne dont le fiancé vient de s’enrôler. Elle est engagée comme baby-sitter du petit garçon d’un couple formé d’un lieutenant qui ne semble pas trop sentir bon le sable chaud et d’une avocate qui a du mal à accepter ses obligations (Louis Garrel et Camille Cottin). 

    Prenant en exemple ces deux couples très différents dans leur appartenance et leur statut, l’auteure alterne alors les scènes entre les combats des hommes et les occupations fastidieuses, banales des femmes, testant leur capacité de résistance et d’attente face à une absence parfois très longue. 

    Belle performance des comédiens, dont Louis Garrel

    A l’évidence, Rachel Lang sait de quoi elle parle, étant elle-même réserviste. Pourtant, en dépit de sa justesse, de sa précision, de son réalisme, de son hommage à Beau travail de Claire Denis, on regrette le manque d’émotion qui se dégage d'un récit qui se veut intime, au plus près de ses protagonistes.  L'opus ressemble du coup davantage à un documentaire froid qu’à une fiction censée nous faire ressentir l’ennui, la tristesse de la séparation, la crainte de la mort.

    En revanche les comédiens tiennent la route, à commencer par un surprenant Louis Garrel, qu’on découvre en uniforme au début du film, fier de rejoindre son nouveau régiment. Et on n'oubliera pas la performance d'Ina Marija Bartaité, jeune actrice lituanienne de 25 ans, morte en avril dernier d'un accident de la route. 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 6 octobre.

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  • Grand écran: "Gaza mon amour", tragi-comédie poétique, romantique et porteuse d'espoir

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    Pêcheur sexagénaire, Issa vit à Gaza, qu’il n’a pas l’intention de quitter en dépit des conseils d’un ami. Ce qu’il veut, c’est se marier. Pas avec n’importe quelle femme en revanche et surtout pas avec l’une des nombreuses candidates avides de lui plaire que sa sœur Manal ne cesse de lui présenter. Car ce célibataire prétendument endurci est secrètement amoureux de Siham, une couturière veuve qui envisage elle aussi de retrouver un compagnon 

    Mais il est timide et tout en usant de petites ruses pour rencontrer l’élue de son cœur,  il travaille dur à attraper du poisson. C’est ainsi qu’il ramène dans ses filets une statue antique, se dressant dans une position très avantageuse... Il s’agit du fameux Apollon de Gaza, qu’on avait par ailleurs découvert en 2018 dans le documentaire au titre éponyme du Genevois Nicolas Wadimoff. 

    Sans misérabilisme

    Issa décide de cacher chez lui, le mystérieux trésor. Mais quand les autorités locales mettent la main dessus, ses ennuis commencent. Parviendra-t-il enfin à déclarer son amour à Siham? L’opus est signé des jumeaux Arab et Tarzan Nasser, 33 ans, découverts à Cannes avec leur film choral Dégradé. Gaza mon amour est leur deuxième long métrage, où ils nous montrent la vie dans leur ville natale. 

    Evitant tout misérabilisme, ils tendent à se détacher d’un contexte politique complexe. Sans cependant oublier la pauvreté, les fréquentes coupures d’électricité, le risque constant d’une explosion de roquette, ils proposent une comédie poétique, romantique et tragique, porteuse d’un espoir à la fois personnel et social.

    Excellents comédiens

    Entre sentimentalité, candeur et gravité, ce Roméo et Juliette du troisième âge ne manque en outre pas d'un humour le disputant au burlesque,  la mythique sculpture permettant notamment aux frères Nasser de se moquer du Hamas, de critiquer une morale chancelante face à la perspective d’une vente juteuse de la statue. 

    Mais ce qui contribue à donner tout son sel à Gaza mon amour, c’est la réunion de ses deux interprètes, le très convaincant, parfois irrésistible Salim Daw, acteur arabe israélien et la magnifique Hiam Abbas, remarquable de retenue, de simplicité et de modestie.  

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 6 octobre.

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