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Festival de Cannes: traqués et emprisonnés dans "Grosse Freiheit", des gays en quête d'une incertaine liberté

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Longue ovation pour Grosse Freiheit,, présenté dans la section Un certain regard. Le film raconte l’histoire de Hans Hoffman. Il est gay et l’homosexualité, illégale dans l’Allemagne jusqu’en 1969, est condamnée selon l’article 175 du code pénal.
Certains homosexuels sont même passés directement des camps de concentration à la prison. Comme Hans, personnage sacrificiel et tragique. Constamment entre deux condamnations, il s’obstine à y rechercher la liberté et l’amour. 

Le second long métrage du réalisateur autrichien commence par des films d’archives où des hommes se rencontrent dans des pissotières. Ce sont en réalité des pièces à conviction, permettant la persécution autorisée et abjecte de ces hommes traqués, qui se retrouvent derrière les barreaux. 

Trois dates, 1968, 1945 et 1957, ponctuent ce film physique, austère, radical, mais non dénué de romanesque. Evoquant l’ignominie de vies volées, il se passe pratiquement entièrement entre les murs gris du pénitencier.  On y retrouve les mêmes individus à différents âges, passant leur temps dans l’atelier de couture pour confectionner, selon les époques, des bleus de travail ou des draps roses.

Inlassable rebelle sans cesse puni, Hans poursuit une histoire amicale, parfois intime et parfois violente avec Viktor, meurtrier endurci mais capable de compassion. De talentueux comédiens portent cette quête intense et incertaine de liberté, à commencer par le remarquable Franz Rogowski dans le rôle du naïf et romantique Hans. 

 

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