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Festival de Cannes: "Annette", opéra pop de Leos Carax, ouvre les feux. Avec Marion Cotillard et Adam Driver

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Les contrôles se multiplient, mais c’est malgré tout parti pour la 74e édition du Festival de Cannes avec Leos Carax en ouverture. Enfant terrible du cinéma français à la stature légendaire, auteur hors norme, visionnaire, énigmatique, doté d’une folle imagination, le cinéaste de retour à Cannes neuf ans près Holy Motors, aime renverser les codes et les genres pour inventer des mondes et nous emmener dans de singuliers voyages. C’est dire si Annette, sa comédie musicale façon opéra pop-rock, coproduite par des Genevois et qui sort dans la foulée en Suisse, était impatiemment attendue sur la Croisette. 

Sixième long métrage du réalisateur en lice pour la Palme d’or, le premier en anglais, sur une idée originale et une musique du groupe culte américain Sparks, le film réunit Marion Cotillard, Adam Driver et Simon Helberg. 

L’intrigue se déroule à Los Angeles. Elle raconte l’histoire d’Henry, le «Gorille de Dieu", vedette de stand-up inquiétante à l’humour féroce, et d’Ann, soprano mondialement connue. La naissance de leur premier enfant, Annette, fillette mystérieuse au destin exceptionnel, comme venue d’une autre galaxie, va bouleverser la vie de ce couple à la fois glamour et maudit. Tandis que la mère collectionne les succès, le père peine à faire rire et sombre dans la violence.

Virtuose mais frisant parfois le ridicule  

Clivant, Leos Carax laisse souvent perplexe. On l’aime pour son audace, sa créativité, son inventivité, ses trouvailles visuelles et en même temps il nous agace avec son côté cérébral, nombriliste. A l‘image de cette histoire d’amour se voulant passionnelle, mais ne laissant pas passer l'émotion. Tout est dans la mise en scène impressionnante, qui séduit par une superbe première séquence, où l'ensemble des acteurs exaltés, Cotillard et Driver en tête, s’avancent en chantant bras dessus, bras dessous, les yeux au ciel..

On se dit alors qu'on va être nous aussi emportés. D'autant que la musique en jette. Pas facile pourtant de tenir au même rythme sur une (trop) longue durée (2h20), l’auteur évoquant par la suite une descente aux enfers de ces deux stars inflammables à la réussite de plus en plus décalée. Cela donne lieu à des scènes aussi virtuoses et jubilatoires que frisant parfois le ridicule. Comme certains numéros longuets et pas drôles du prétentieux Henry en peignoir verdâtre ou, en deuxième partie, les apparitions assez grotesques du fantôme de Cotillard. Mais voici des réserves qui ne vont certainement pas refroidir les inconditionnels de Carax.

A l’affiche dans les salles de Suisse dès mercredi 7 juillet.    

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