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Grand écran: "Mare", un nouveau portrait de femme signé Andrea Staka

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F8TVW5ltKgoAzI94vOtCXR.jpgSélectionnée en février dernier dans la section Panorama de la Berlinale, Andrea Staka avait pu présenter son long métrage Mare, alors que le coronavirus commençait déjà à circuler en Europe. Le film sort peu après le festival en Suisse alémanique, mais trois jours plus tard, c’est le confinement et la fermeture des salles.

"Après Berlin. je suis tombée dans un trou", nous raconte la réalisatrice suisse d’origine croate, dont on rappellera qu’elle avait décroché le Léopard d’or à Locarno en 2006 pour Das Fräulein, et s'est retrouvée en compétition au Tessin avec Cure en 2014. "Et puis au bout d’un mois, j’ai quand même réalisé un court métrage, intitulé My Mom, My Son and Me. Mais je ne peux pas prétendre avoir utilisé cette période d’une manière très créative. Je me suis surtout posée, j’ai réfléchi. Cela dit, je ne sais pas si le monde d’après sera très différent de celui d’avant… " 

Quelque temps avant, il y a donc eu Mare, tourné à Kanalve, l’aéroport de Dubrovnik. Un lieu qu’adore l'auteure, à la frontière du Montenegro et d’où vient son grand-père. Entre plage, soleil et nature, elle brosse le portrait au quotidien d’une femme dans la quarantaine qui, bien qu’entourée d’avions, n’est jamais allée nulle part. Dévouée, plus ou moins heureuse, plus ou moins invisible, elle n'a cessé de tenir son rôle d’épouse, de mère et de maîtresse de maison.

Mais, arrivée à la moitié de sa vie et aspirant à la liberté, cette femme piégée par ses enfants, son mari, la société, mais également par elle-même, se pose des questions à la fois banales et importantes sur qui elle est, son rôle de femme, de mère, son partenaire, ses enfants, ce qui doit changer dans son couple, ce qu’elle fait de ses désirs, comment elle vit sa sexualité. Elle a d'ailleurs une petite aventure avec un étranger de passage. 

Ecrit pour Marija Skaricic

Andrea Staka a spécialement écrit pour Marija Skaricic (photo), l’actrice principale, qui se révèle convaincante. "Je la connais très bien. Je l’ai choisie parce qu’elle est intuitive, à la fois fragile et forte. Mais je dois préciser que si Mare se donne la liberté d’essayer quelque chose, c’était un problème pour Marija d’être libre. Mais elle a fini par se rendre compte qu’elles étaient proches". La cinéaste avoue aussi avoir mis d’elle-même dans le personnage, le courage, la curiosité, la recherche, la sensualité.

Avec cette tendance à explorer l’intime, féminin avant tout, on pourrait imaginer que le cinéma est pour Andrea Staka une forme de psychanalyse. En réalité, c’est une manière de voir les choses plus clairement. «J’ai besoin d’images pour comprendre le monde et les gens». C’est ainsi qu’elle va porter son regard sur la société suisse dans son prochain film. "J’ai un sujet déjà écrit que je dois retravailler. J’ai dans la tête ce que j’appellerais mon  Zurich fiction. Avec une jeune femme (évidemment…) qui va tester ses limites en matière de liberté et d’identité".

Mare, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 10 juin.

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