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Festival de Cannes: la Palme d'or à "Titane", de Julia Ducournau. Un film féministe choc, violent, transgressif, clivant (17/07/2021)

La Française Julia Ducournau, 37 ans, benjamine de la compétition, est devenue samedi la deuxième réalisatrice à remporter la Palme d’or pour Titane, 28 ans après Jane Campion pour La leçon de piano. Son oeuvre a soit électrisé, soit secoué Croisette et critiques. Super dans son costume arc-en-ciel, le président du jury Spike Lee, censé donner les prix d’interprétation, s’est mélangé les pinceaux en annonçant pratiquement la récompense suprême dès le début d’une cérémonie au déroulement assez bordélique jusqu’au bout.  

Entourée de l’étonnante Agathe Rousselle qui fait l’amour avec les voitures et de Vincent Lindon, pompier sous stéroïdes, Julia Ducournau a remercié le jury "de laisser entrer les monstres et de rendre le cinéma plus inclusif". Déjà à l'affiche dans les salles de Suisse romande,, le féministe Titane, mêlant mutation des corps. hybridation femme/machine, recherche de paternité, questionnement de l’identité et du genre, est le film le plus choc, le plus violent, le plus transgressif et le plus trash du concours.  Mais aussi sans doute le plus nouveau.

La difficulté du choix

Destiné à cliver, il clive, ce qui n’a rien d’étonnant dans cette 74e édition où chacun avait sa Palme et où, du coup, aucune n’était indiscutable. Le fait d’avoir décerné le Grand prix du jury ex-aequo à l’Iranien Ashgar Farhadi (Un héros) et au Finlandais Juho Kuosmanen (Compartment No6) ainsi que deux Prix du jury à l’Israélien Nadav Lapid (Le genou d’Ahed) et à Apichatpong Weerasethakul (Memoria) est symbolique de cette difficulté de choix.

Pour les autres médailles de la soirée, celle de la mise en scène revient à Leos Carax, auteur d’Annette, tandis que celle du scénario récompense le Japonais Ryusuke Hamaguchi, qui aurait mérité mieux pour son magnifique Drive My Car. 

Excellents prix d’interprétation

L’Américain Caleb Landry Jones est sacré meilleur acteur pour sa performance dans Nitram de l’Australien Justin Kurzel, où il s’apprête à commettre l’une des pires tueries de l’histoire du pays. De son côté Renate Reinsve, une révélation, décroche l’interprétation féminine pour Julie en douze chapitres du Norvégien Joachim Trier, où elle joue une femme en quête d’elle-même. Tous deux sont excellents.

Un mot encore sur la Caméra d’or remise à  Murina de la cinéaste croate Antoneta Alamat Kusijanovic restée dans son pays pour une raison majeure. Elle a donné naissance à son premier enfant la veille de la cérémonie. Enfin, une Palme d’honneur a été décernée au grand Marco Bellochio. 

Edition marquante mais pas transcendante

Pour le reste, on relèvera une édition réussie un peu boursouflée mais de bonne tenue dans l’ensemble, marquante mais pas transcendante, où dominait le cinéma français. Avec comme toujours des perles découvertes dans les sections parallèles qui auraient eu leur place en compétition. 

Enfin, ce cru 2021 n’a pas été trop perturbé par les mesures sanitaires, même s’il fallait montrer patte blanche pour entrer dans le Palais des festivals ou porter son masque pendant toute la durée des projections. Par ailleurs, on ne peut pas franchement prétendre que la billetterie dématérialisée a empêché les files d’attente de se former. Mais on a survécu !

 

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