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Le blog d'Edmée

  • Grand écran: Isabelle Huppert s'amuse à jouer la dealeuse dans "La Daronne"

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    3918268.jpgPersonnage terne et effacé, Patience Portefeux est interprète judiciaire franco-arabe, spécialisée dans le décryptage des écoutes téléphoniques pour la brigade des Stups. Veuve avec deux grandes filles, elle vit seule dans un quartier populaire et un immeuble essentiellement peuplé de Chinois.

    Peinant à joindre les deux bouts, elle a du mal à payer son loyer et à régler les factures de l’EHPAD dans lequel vit sa vieille maman, victime d’Alzheimer. Lors d'une enquête, elle découvre que le chauffeur chargé de convoyer un énorme arrivage de drogue en France, n'est autre que le fils de l'infirmière qui s’occupe de sa mère et qu’elle aime beaucoup.

    Elle décide alors de couvrir le jeune homme et se retrouve du coup en possession de tout le chargement qu’elle commence à fourguer dans la capitale. Cette nouvelle venue dans le milieu, qui s’est créé un look de dealeuse de choc avec son caftan, son foulard léopard, ses grosses lunettes noires et son rouge à lèvres pétant, est surnommée «La Daronne» par ses collègues qu’elle mène dès lors en bateau. A commencer par son chef et amant (Hippolyte Girardot).

    Adapté du roman éponyme d'Hannelore Cayre, le film de Jean-Paul Salomé débute de façon prometteuse. Mais souffrant d’une mise en scène plate, il ne tarde pas à pécher par son manque de rythme, de tension, d’action, de suspense. Quant à Isabelle Huppert, l’atout maître de cette comédie policière complètement centrée sur sa personne, elle semble s’amuser beaucoup dans ce rôle à contre-emploi plutôt baroque.

    Mais même si elle prend plaisir à lâcher les chevaux dans ce registre ludique, il lui faudrait en faire un peu plus pour nous convaincre qu’on a affaire à la grande patronne de la drogue à Belleville, se jouant à la fois des flics et de dangereux trafiquants bien déterminés à récupérer leur marchandise.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 9 septembre.

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  • Grand écran: dans "Effacer l'historique", trois voisins azimutés partent en guerre contre les géants d'internet. Irrésistible

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    Toujours aussi déjantés dans leur manière de dénoncer les travers de la société, Benoît Delépine et Gustave Kervern, notamment réalisateurs de Louise Michel, Mammuth, Saint-Amour ou I Feel Good, évoquent cette fois, dans Effacer l'historique, les malheurs d’énergumènes en lutte contre la bêtise humaine à l’ère du numérique.

    Dans un lotissement en province, on découvre ainsi trois voisins genre gilets jaunes azimutés, piègés par les réseaux sociaux. Il y a Marie, victime de chantage à la sextape, Bertrand, dont la fille est harcelée au lycée, et Christine, chauffeur VTC dégoûtée par les mauvaises notes de ses clients, qui l’empêchent de progresser dans la branche.

    Ensemble, ils décident donc de partir en guerre, jusqu’à l’île Maurice et la Californie, contre les géants d’internet. Entre eux et les fameux GAFA, la bataille s’annonce plutôt inégale. Sinon carrément foutue d’avance. Encore que....

    Avec Effacer l’historique, le singulier, redoutable et attachant duo, justement récompensé par un Ours d’argent à la dernière Berlinale, met en scène une fable intelligente et subtile, très bien écrite, où il multiplie les situations et les gags saugrenus. Cette comédie grinçante en forme de farce anar se révèle à la fois réaliste et fantasque, hilarante et déprimante, absurde et loufoque, farfelue et mélancolique, drôle et triste, cynique et potache.

    Décryptage socio-politique unique

    Entre surconsommation, endettement, ubérisation, combat de pauvres toujours plus nombreux contre riches toujours plus riches, les deux auteurs proposent un décryptage socio-politique unique de notre monde connecté. Peuplé de dingues addicts, livrés avec leur plein consentement à la réalité virtuelle.

    Excellent, l’opus doit évidemment aussi sa réussite à ses acteurs, tous plus irrésistibles les uns que les autres. A commencer par les trois principaux anti-héros, Blanche Gardin, Denis Podalydès et Corinne Masiero. Mais on n’oubliera pas Benoît Poelvoorde, Bouli Lanners, Philippe Rebbot, Michel Houellebecq, ou encore Vincent Lacoste. A voir absolument.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 2 septembre.

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  • Grand écran: Dans "Police", Anne Fontaine met trois flics face à un terrible cas de conscience. Une réussite

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    534426-police-de-anne-fontaine-avec-omar-sy-decouvrez-l-affiche-2.jpgTrois flics parisiens, Virginie (Virginie Efira) Aristide (Omar Sy) et Erik (Grégory Gadebois), se portent volontaires pour une mission inhabituelle. Il s’agit de reconduire un sans-papier à la frontière  Sur la route de l’aéroport, Virginie comprend qu’il risque la mort s’il retourne dans son pays. Face à cet insoutenable cas de conscience, elle tente de convaincre ses partenaires de le laisser s’échapper. 
     
    Police, excellent nouvel opus d’Anne Fontaine, l’un de ses meilleurs, n’est pas un ixième film sur l’institution. Tout en regroupant plusieurs problématiques, la réalisatrice se concentre sur son trio principal, confronté au quotidien sombre et sordide d’un métier usant moralement et physiquement. Qu’il s’agisse de récupérer les affaires d’une femme battue par son mari ou recueillir le cadavre d’un bébé dans un garage. 
     
    D’emblée, elle présente ses protagonistes principaux à travers la même journée montrée de trois points de vue différents. On découvre Virginie pleine de doutes, préoccupée par ses problèmes existentiels et domestiques, Aristide, fanfaron un peu lourdaud et macho, blagueur, aimant écouter Balavoine, ainsi qu’Erik, flic alcoolique, aigri, usé, qui n’en a plus grand-chose à foutre. Mais peut-être pas....    
     
    Après cette première partie, on passe à la reconduite sous grande tension du migrant à l’aéroport, où se situe le véritable enjeu de l’histoire. Dans le trajet en voiture propice au débordement d’émotions des policiers et de leur prisonnier,  Anne Fontaine évoque le redoutable dilemme entre l’obéissance aveugle à la hiérarchie et la transgression de l’ordre donné. C’est alors que Virginie tente de convaincre ses deux collègues de changer d’avis. 
     
    Servi par un scénario intelligent, une mise en scène habile et efficace, une belle photographie d’Yves Angelo, Police, un thriller qui touche, est en plus porté par trois comédiens formidables, très justes dans leur rôle respectif de héros du quotidien face aux misères du monde. 
     
    Anne Fontaine s’est plongée dans la vie d’un commissariat

    1583182442444_0620x0435_0x0x0x0_1583182464170.jpgRécemment de passage à Genève, Anne Fontaine nous en dit plus sur Police librement adapté (elle a notamment changé le dénouement) du roman éponyme d’Hugo Boris. L’élément déclencheur a été le fait qu’on lui désigne ce livre.

    "Cela m’a intriguée. J’ai imaginé que c’était du genre policier, ce qui n’est pas ma nature. Mais j’ai rapidement senti une proximité avec l’héroïne qui va faire une sorte de voyage intérieur. J’ai apprécié ce mélange chez elle entre l’intime et la fonction, ce que cache l’uniforme, sa fragilité qui l’amène à réfléchir sur l’inhumanité de leur mission".

    L’enjeu du film, c’est la question du libre arbitre

    Les règles sont strictes dans cette profession On ne donne pas la liberté de penser par soi-même. Cette rigidité est incarnée par Grégory Gadebois. Mais la désobéissance est vitale.

    Vos descriptions de la routine policière sont très réalistes. Avez-vous eu des contacts dans le milieu?

    Je me suis effectivement plongée dans la vie d’un commissariat. J’ai vu beaucoup de caractères différents. J’ai pu tous les observer grâce à un formateur de recrues qui a été mon guide. Le Roland Barthes de la police! J’ai retrouvé, comme dans Les Innocentes, un groupe socio-culturel enfermé dans la hiérarchie, des thèmes qui m’intéressent.

    Vous prenez votre temps pour installer vos personnages avec ces trois points de vue sur une même journée.

    J’avais le sentiment que cela créait une intimité. L’expérience les transforme. C’est le premier acte. On ne sait pas ce qui va se produire. Du coup, ils ne partent pas de la même façon vers Roissy.

    En chemin, Virginie doit persuader ses deux collègues de laisser leur prisonnier s’enfuir. 

    Aristide pense qu’elle débloque Mais on voit la faille chez lui. De son côté Erik se fait violence. J’ai beaucoup aimé traiter ce personnage opaque.

    Comment s’est opéré le choix des comédiens?

    J’ai tout de suite pensé à Virginie Efira et à Grégory Gadebois. Virginie a quelque chose de familier, tout en étant lumineuse, sensuelle, avec une vie derrière son masque. Quant à Gadebois, il est incroyable. Il a cette fibre populaire. Je l’adore.

    Et Omar Sy?

    Ce fut une rencontre un peu inhabituelle dans un hôtel. Nous sommes restés une heure ensemble. On a parlé de notre enfance. Aucun de nous deux ne se sent légitime à Paris. Nous partageons des sentiments identitaires complexes. Il a ce côté sexy, doux, vulnérable. Il m’a dit oui après avoir lu le scénario. Je lui ai demandé de se libérer de ses expressions trop appuyées. La direction d’acteurs, qui me passionne, joue sur des détails.

    Présidents, sa prochaine comédie politique

    Après Police, la cinéaste commence en octobre le tournage d’une comédie politique fantaisiste, Présidents. Sans le dire mais tout le monde le comprendra ils représentent Sarkozy et Hollande, se retrouvant tous les deux en Corrèze. Avec Jean Dujardin et Grégory Gadebois. Chanteuse lyrique, Dora Tiller sera la femme de Dujardin, tandis que Pascale Arbillot, une vétérinaire, jouera la compagne de Gadebois.

    Anne Fontaine envisage ensuite de s’attaquer à Ravel. Un gros défi. "J’ai toujours eu envie  d’écrire sur un grand compositeur. Mais Boléro sera financièrement un film dur à monter". On devrait y retrouver le charismatique et talentueux Swann Arlaud.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 septembre.

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  • Grand écran: Avec "Tenet", attendu comme le Messie, Nolan espère le miracle

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    tenet5choses.pngAttendu comme le Messie pour ramener les spectateurs dans les salles désertées à cause de la Covid, Tenet déboule aujourd’hui sur les écrans. Pour autant, Christopher Nolan, réalisateur de The Dark Knight, Insomnia, Inception ou Interstellar. maître du film d’auteur en forme de blockbuster, peut-il prétendre au miracle? Un peu moins qu’espéré.,,

    L’idée générale: remonter le temps pour prévenir une troisième guerre mondiale ,Voilà qui paraît simple dit comme ça. Sauf que c’est tout le contraire. Fidèle à son thème favori, donc le temps, son écoulement et sa perception, Christopher Nolan, seul auteur du scénario, propose une  histoire d'espionnage à la James Bond, aussi extraordinairement complexe que son concept, basé sur l’inversion.

    Par exemple, une balle inversée part de son point d’impact pour revenir dans le barillet. Fortiche! Cela posé, la scientifique qui explique la chose prévient qu'il ne faut pas essayer de comprendre. Il y a intérêt. Tenter de résumer Tenet, titre palindrome où le temps s'écoule dans les deux sens est vain. A moins de vouloir absolument se faire exploser les neurones. On se contentera de remarquer qu’on découvre une sombre affaire de déchets nucléaires, deux espions américains, un oligarque russe, une femme prisonnière et une mystérieuse Indienne apparemment au courant de tout. 

    4777274.jpgMise en scène virtuose, rythme d'enfer et bons comédiens

    Mais au-delà de son scénario dense et tordu griffé Nolan, Tenet, qui se déroule à un épuisant rythme d’enfer, a évidemment des atouts. A commencer par sa mise en scène virtuose et un travail formidable sur l’image et le son. Visuellement, c’est spectaculaire. Les scènes d’action, les voitures et les gens avançant à reculons, les fusillades, les affrontements musclés ont beaucoup pour plaire aux inconditionnels du cinéaste et aux amateurs du genre.

    Le film est par ailleurs porté par d’excellents comédiens. John David Washington qu’on avait beaucoup aimé dans BlacKkKlansman, se montre convaincant dans sa volonté purement altruiste de sauver le monde. Même s’il apparaît aussi paumé que le pékin, scotché ou non à son fauteuil.  

    C’est l'inverse chez le personnage incarné par Robert Pattinson qui semble bien maîtriser la situation. Très loin du héros translucide de Twilight qui a fait sa gloire, Pattinson conforte là son statut de grand acteur après ses partitions chez David Cronenberg et surtout dans The Lighthouse, qui avait fait courir les festivaliers comme des dératés sur la Croisette l’an dernier. En ce qui concerne Kenneth Branagh dans le rôle du méchant pouvant  inverser le temps, on a rarement vu plus odieux. Enfin, ne pas oublier la grande blonde Elizabeth Debicki oscillant sur des talons de vingt centimètres et dépassant tous les protagonistes masculins d’une bonne tête.

    En revanche, outre la complexité souvent inutile de l’intrigue, on reprochera le côté très (trop) verbeux de l’opus très (trop) long, rendu encore plus occulte par l’usage immodéré, déroutant d’un jargon scientifique confinant aufatras. Reste que c’est à voir. Deux fois pour mieux saisir la chose si vous avez… le temps. L'oeuvre  dure 2h30.

    A l’affiche dès mercredi 26 août.

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  • Grand écran: "Ema y Gaston", odyssée urbaine sauvage pour danseuse en quête de libération

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    ema-gael-garcia-trailer.jpgAprès sa trilogie sur la dictature Pinochet et ses biopics sur Pablo Neruda et Jackie Kennedy, Pablo Larraín, le grand réalisateur chilien, revient au présent avec Ema Y Gaston. Ce film féministe, au récit complexe, se déroule sur fond de danse salvatrice.

    Ema (Mariana Di Girolamo), danseuse, professeur d’expression corporelle à Valparaíso, et Gaston (Gael García Bernal), son mari chorégraphe qui accompagne sa troupe expérimentale, ont adopté Polo un petit garçon colombien qui a vécu dix mois avec eux.

    Ces deux êtres aux caractères opposés sont visiblement débordés dans leur tâche de parents. Après que Polo  a mis le feu à la maison et gravement blessé sa  sœur, Ema se résout à le rendre aux services sociaux. Cet abandon et la tentative de le récupérer mettent le couple à rude épreuve.

    Sur fond de culpabilité, de malaise et de tension, Pablo Larraín nous plonge dans une mer de sons et d’images. Il nous entraîne dans une expérience sensorielle en forme de ballet sexuel et libertaire où la jeune Ema en feu, héroïne bouillonnante de passion et d’énergie danse de toutes ses forces, partant dans une sorte d’odyssée sauvage à travers la ville en quête de sa libération personnelle et éventuellement d’une nouvelle vie.

    Suivant Ema, les danseuses investissent les places publiques, se déhanchant et se pliant au rythme du reggaeton que Gaston déteste. Genre musical inspiré de la musique latine, qui a connu ses premiers succès internationaux en 2004, le reggaeton est aussi une danse urbaine qui exprime la liberté.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 juillet.

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  • Locarno 2020: le festival souligne le pari réussi d'une édition hybride

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    suissesseloc.jpgLocarno 2020-For The Future Of Films, contraint de se réinventer en raison du contexte actuel très perturbé, tire un bilan positif de sa 73e édition. Il est marqué, soulignent ses organisateurs, par une forte participation en salle et en ligne, ainsi que par une attention accrue des professionnels du secteur à travers le monde.

    En tentant d’apporter une réponse concrète aux difficultés rencontrées par l’industrie cinématographique à l’heure de la COVID-19, les auteurs de cette édition hybride estiment donc avoir gagné leur pari. Les salles de Locarno et de Muralto ont compté 5’950 entrées. La nouvelle section Secret Screenings, proposant des films surprises sélectionnés par la directrice artistique Lili Hinstin, a totalisé le plus grand nombre d’entrées, avec plus de 100 festivaliers par séance.

    La soirée de clôture montrant le court métrage du Français Jean-Marie Straub et une sélection de courts métrages issus du projet  Swiss Collection Lockdown Filmmakers a elle aussi été plébiscitée par le public.

    Sur la plateforme numérique, l’offre du Festival regroupant des films, des courts métrages, des rencontres, des masterclass, des conversations a réuni, du 5 au 15 août, 320’000 visiteurs. Les films et les contenus originaux proposés par le Festival ont quant à eux franchi la barre des 80’000 vues.

    Côté prix, deux réalisatrices suisse et argentine sont récompensées cette année par un Léopard. Le jury international a récompensé le projet de documentaire politique Chocobar, de l’Argentine Lucrecia Martel, qui évoque la question de la colonisation et la culture indigène à partir du meurtre du militant Javier Chocobar en 2009.

    Pour sa part, le jury de la sélection nationale a attribué son Pardo à la Suissesse Mari Alessandrini photo, pour son projet de film Zahori. Celui-ci, tourné en Argentine, dans la steppe de Patagonie, raconte l’amitié inattendue entre une jeune fille de 13 ans originaire du Tessin et un vieil indien Mapuche.

    Les deux prix sont dotés de 70’000 francs. Ils ont été attribués décernés dans le cadre du projet «The Films After Tomorrow», dont le but était de soutenir la production de films qui ont dû être interrompus en raison de la pandémie.

    Alors que le président Marco Solari a déclaré avoir adressé un message fort de solidarité à l’industrie cinématographique la directrice artistique Lili Hinstin s’est également félicitée: "La réponse surprenante du public nous a enthousiasmés et nous a permis de repenser l’avenir du cinéma. Elle a démontré que les expériences de la salle et de la vidéo à la demande ne sont pas forcément opposées, mais peuvent coexister et favoriser conjointement la découverte d’un cinéma qui sort des sentiers battus".

    Tous deux donnent rendez.vous aux festivaliers pour la 74e édition, qui se tiendra du 4 au 14 août 2021. Physiquement, espérons-le. 
     

     

  • Grand écran: "L'ours en moi", un hymne du Suisse Roman Droux à un animal captivant

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    LOURSENMOI_web-585x391.jpgDepuis toujours, le réalisateur suisse Roman Droux se passionne pour les ours. Une fascination partagée avec un compatriote, le biologiste David Bittner. Ce grand spécialiste de l’ours brun d’Alaska a poussé le cinéaste à en savoir davantage sur cet animal qu’il a alors eu non seulement l’envie, mais le besoin de rencontrer. Au cours d’un été, tous deux se sont immergés dans son royaume, un univers loin de la civilisation, où règne la nature.

    Auparavant, remarque Roman Droux, l’ours était pour lui une bête sauvage, dangereuse, imprévisible. Dans les contrées reculées et froides de l’Alaska, il a découvert des individus aussi diversifiés que les humains, à la fois prudents, curieux, timides, culottés, paisibles, se laissant complaisamment filmer en s’approchant de plus en plus de l’homme. L’acceptant, ainsi que la caméra, en flairant une absence totale d’hostilité.

    En compagnie de David Bittner, le réalisateur, n’hésitant pas à vivre dans de dures conditions, nous laisse découvrir, dans  L'ours en moi, un monde captivant entouré de splendides paysages. Avec lui on assiste à des scènes attendrissantes entre une mère et ses bébés, ou aux combats impressionnants de colosses mâles, d’un brun virant au noir, chacun prêt à tout pour l’emporter sur son adversaire. Visuellement magnifique, ce documentaire en forme d’hymne émouvant aux ours est raconté par Carlos Leal.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 12 août.

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  • Grand écran: The Perfect Candidate", émancipation féminine en Arabie saoudite

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    film_07_20.jpgMédecin dans la clinique d’une petite ville d’Arabie saoudite, Maryam, la trentaine, rêve d’obtenir un poste de chirurgien dans un grand hôpital de Riyad. Son ambition passe toutefois par sa participation à un important forum à Dubaï. Mais, célibataire et faute d’une autorisation de son père, musicien constamment en tournée, on lui refuse le droit de prendre l’avion. Révoltée par cette interdiction de voyager à l’étranger, la jeune femme décide de se présenter aux élections municipales. Sauf que ce n’est pas simple pour une femme de faire campagne dans son pays.

    The Perfect Candidate est signé Haifaa al-Mansour. Cette réalisatrice saoudienne de 45 ans est notamment l’auteur de Wadja, tourné clandestinement pour raconter l’histoire à la fois simple et audacieuse d’une petite fille rebelle, se heurtant à un ordre établi où elle ne peut que devenir épouse et mère. Sorti en 2013, c’était le premier long métrage officiel produit par l'Arabie saoudite et surtout réalisé par une femme. Avec cette nouvelle histoire d’émancipation elle témoigne, sept ans plus tard, des changements qui se sont produits dans son pays.

    Symbole de cette transformation, le film commence avec Myriam, au volant de sa voiture, l’autorisation de conduire ayant été délivrée en 2018. Dans la foulée, les femmes ont également été autorisées à assister à des matches de football et à accéder à des emplois autrefois récemment strictement réservés aux hommes. Et depuis août 2019, elles ont le droit de voyager sans l’accord d’un tuteur.
     
    Mais en dépit de ces bouleversements, les Saoudiennes craignent encore de s’approprier ces libertés. Il faudra un changement profond des esprits pour qu’elles s’accordent une autonomie à laquelle elles ont désormais accès. D’où le désir de la cinéaste de montrer le quotidien d’une femme représentative de la mentalité de ses congénères. Traditionnelle, culturellement conservatrice, elle se couvre les cheveux et le visage, mais tentera de s’affranchir des restrictions sociales pour mieux faire son travail, tout en encourageant d’autres femmes de se lancer à l’eau pour tirer le meilleur parti qui s’offre à elles.

    La révocation des lois de tutelle par le gouvernement ne change toutefois pas fondamentalement le problème des inégalités. Le chemin est encore long comme le montre Haïfaa al-Mansour dans cette comédie dramatico-politique engagée, portée par l’excellente Mila Alzahrani. Dans une observation intelligente et ironique du sexisme, son auteure traite avec beaucoup de lucidité et une certaine légèreté de sujets aussi sérieux qu’importants.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le 12 août.

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  • Grand écran: dans "Greenland", Gerard Butler doit sauver sa famille du chaos

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    maxresdefault.jpgLa redoutable comète Clarke est sur le point de s’écraser sur la Terre et de provoquer un cataclysme sans précédent. Constructeur de gratte-ciel, John Garrity vient de se séparer de sa femme Allison. De retour chez elle pour fêter l’anniversaire de leur fils Nathan, diabétique, il reçoit une alerte présidentielle lui apprenant qu’il sont tous les trois sélectionnés pour faire partie des survivants.

    Empêchés de profiter immédiatement de leur statut de privilégiés suite à une série de péripéties, ils se lancent dans un périlleux voyage pour tenter de rejoindre un avion qui les emmènera au Goenland, le dernier refuge.

    Alors que l’urgence devient absolue et que les catastrophes s’enchainent de façon effrénée, les Garrity vont être témoin du meilleur comme du pire de la part de leurs congénères paniqués devant la disparition annoncée de notre bonne vieille planète.

    Premier rescapé des blockbusters américains en attendant Tenet de Christopher Nolan, Greenland de Ric Roman Waugh, pourrait bien profiter de cette absence de concurrence. L’auteur propose un film catastrophe qui certes ne révolutionne pas le genre, mais se révèle distrayant et efficace.

    Trouvant son chemin entre Deep Impact, La guerre des mondes ou 2012, le réalisateur centre sagement son histoire sur l’importance capitale de la famille, d’où des scènes touchantes. Evitant la surenchère d’effets spéciaux, il privilégie la psychologie de personnages pris au piège, analysant leurs réactions dans une crise vouant l’humanité au pillage et au chaos, face à l’objectif funeste de Clarke. Dont le comportement est décrit de façon un rien absconse, disons-le....

    Mêlant grand spectacle et thriller, Greenland se laisse toutefois surtout voir pour sa première partie, prenante, percutante, dans laquelle nous emporte un Gérard Butler sobre et convaincant, à l’image de sa partenaire Morena Baccarin. Ensuite, faute d’inventivité, les choses se traînent jusqu’au final attendu. Dommage.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 12 août.

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  • Festival de Locarno: voyage dans les archives et hommage à Ennio Morricone

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    46081695_303.jpgDans sa 73e édition dédiée au soutien de l’industrie cinématographique, tournée vers l’avenir mais nourrie de son passé, le Festival de Locarno propose Discutiamo, discutiamo. Il s’agit d’un voyage dans les archives qui ont fait son histoire. Le titre reprend celui d’un court-métrage de Marco Bellocchio, Léopard d’honneur en 2015.

    À partir du 5 août il sera possible de redécouvrir, d’écouter et de voir, sur le site du Festival, vingt rencontres entre le public et différentes personnalités du cinéma et des arts au cours des 25 dernières années. Ce projet laissera réentendre les voix d'invités prestigieux comme Jean-Luc Godard, Isabelle Huppert, John Waters, Agnès Varda, Michel Piccoli, Susan Sarandon, ou encore  Alejandro Jodorowsky.

    On retrouvera également l'iconique Ennio Morricone, mort le mois dernier, (tout premier Léopard d'honneur en 1989) et à nouveau présent en 2003, où le passionnant et passionné compositeur avait conquis le public. Hommage lui sera rendu avec la projection d’une copie restaurée de Once Upon a Time in America (Il était une fois en Amérique) dont il a signé l'inoubliable musique, le 7 août à 20h30 au PalaVideo. Elle sera reprise  le 11 au Palacinema 1. 
     
     

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