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14/08/2018

Grand écran: Denzel Washington de retour dans "Equalizer 2"

equalizer-2-movie.jpgTournant pour la première fois une suite, Denzel Washington reprend le rôle de Robert Mc Call dans Equalizer 2. C’est sa quatrième collaboration avec Antoine Fuqua, après Training Day qui lui avait valu l’Oscar du meilleur acteur en 2002, Equalizer (2014), et Les sept mercenaires.(2016).

Rappelons qu'Equalizer est adapté de la série télévisée américaine homonyme datant des années 80. Denzel Washington incarne un agent des services secrets à la retraite. Ce qui ne l’empêche pas de se muer en redoutable justicier invincible et surhumain pour voler, sans masque ni costume, aux secours des opprimés et des désespérés.

Dans ce deuxième volet, reconverti en sombre chauffeur de taxi bougon à Boston, toujours seul contre tous, ce fan de Proust en deuil repart au combat pour venger la mort de sa meilleure amie assassinée. Du déjà vu avec moult clichés en rab pour un thriller urbain dispensable à l’intrigue inutilement emberlificotée, où on navigue sans surprise entre testostérone, violence et morale.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 août.

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Grand écran: "Woman At War", la drôle de croisade d'une singulière militante écolo islandaise

Screen-Shot-2018-05-15-at-10.01.37.pngHalla, professeure de chant en fin de quarantaine, est un personnage peu ordinaire dans un film pour le moins singulier, signé Benedikt Erlingsson. Tout en menant une vie bien réglée, elle a déclaré la guerre à l’industrie locale de l’aluminium qui défigure son pays, l’Islande, et prend tous les risques pour le protéger.

Woman At War repose sur les épaules de la talentueuse Halldora Geirhardsdottir (photo),transformée en mystérieuse guerrière façon Rambo, Au début on la voit, à l’évidence entraînée, déterminée, calme et précise, s’appliquer à faire sauter un pylône pour couper l’électricité dans une usine voisine. Avant de se couler tout aussi aisément dans sa routine quotidienne, en retrouvant la chorale qu'elle dirige le plus naturellement du monde.

Au cours du récit se déroulant dans de magnifiques paysages, les missions de la «femme de la montagne» sont  de plus en plus osées. Elles provoquent même l’annulation de négociations entre le gouvernement et une multinationale polluante. Désormais qualifiée de terroriste, Halla devient l’ennemi numéro 1.

Comédie d’action écolo-politico-poétique à l’irrésistible humour décalé, au cœur de laquelle le réalisateur, avouant un passé d’activiste, place la défense de belles et vierges étendues sauvages, vire ainsi à l’intrigue policière. Traquée par des drones et des hélicoptères, sa super héroïne sillonne audacieusement les collines, se dissimulant derrière des rochers, dans des fossés ou sous des peaux de bête pour leur échapper.

Un lointain cousin accepte de l’aider lorsque tombe la nouvelle qu’elle n’attendait plus. Une demande d’adoption faite quelques années plus tôt vient d’aboutir et elle apprend qu’une petite orpheline l’attend en Ukraine. Hella devra alors choisir entre sa lutte pour l’environnement et son rôle de mère.

Ce n’est pas le meilleur moment de cette croisade porteuse de message, en forme de fable loufoque. On n'est pas non plus très fan du gag lourdement répétitif de l’arrestation d’un jeune touriste étranger chaque fois soupçonné du pire. Ni des apparitions récurrentes et saugrenues d’un groupe de musiciens free jazz. Des réserves pourtant mineures.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 août.

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01/08/2018

Grand écran: dans "Fallout", impossible n'est pas Tom Cruise, veut prouver la star...

film-review-mission-impossible-fallout_cd0b1524-9181-11e8-a4ad-b76a55df4e8b.jpgImpossible n’est décidément pas Tom Cruise, à en juger par le sixième opus de la saga à nouveau signé Christopher McQuarrie. Du haut de ses 56 ans, l’increvable star veut en tout cas le prouver dans Mission impossible:Fallout, suite directe du précédent Rogue Nation Après le terrible échec d’une opération, Ethan Hunt et son équipe, faisant face aux conséquences de leurs actes, sont lancés dans une course effrénée contre la montre…et la mort.

Nous voici alors partis pour un thriller d’aventure et d’action spectaculaire, fonctionnant à coup de folles courses en voiture ou à moto, moments de bravoure déments, prouesses acrobatiques dans les rues de Paris, combat dingue dans les toilettes du Grand Palais, poursuite effrénée en hélicoptère dans les montagnes du Cachemire, sans oublier un incroyable saut en apesanteur.

Surenchère, démesure, invraisemblances assumées... Niveau adrénaline difficile de faire mieux, du moins visuellement, pour séduire le spectateur friand du genre. Dans un film porté de surcroît par un Tom Cruise investi corps et âme, flanqué de Rebecca Ferguson, pendant féminin crédible et d’un charismatique Henry Cavill.

En revanche, côté scénario c’est nettement moins bien. Comme en réalité le film vaut surtout pour sa dernière demi-heure vertigineuse et haletante, il faut patienter deux heures en se perdant, entre deux cascades délirantes, dans une intrigue inutilement tarabiscotée et compliquée, sur fond de conspirations, trahisons, secrets gouvernementaux, le tout saupoudré d’amour et d’amitié et d’un zeste de morale.

A l’affiche dès mercredi 1er août.

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10/07/2018

Grand écran: l'Iranien Jafar Panahi brave la justice de son pays dans "Trois visages"

3_visages_b.jpgAlors qu’il avait tourné son film précédent Taxi Téhéran à l’abri de sa voiture, Jafar Panahi reprend le volant  pour un road movie rural et poétique dans les montagnes reculées du Nord-Ouest. Il y critique à nouveau avec subtilité et malice une société patriarcale liberticide. En se penchant plus particulièrement sur la condition des femmes tentant d’avancer malgré les obstacles.

Trois visages a obtenu le Prix du scénario au dernier Festival de Cannes en l’absence du cinéaste iranien assigné à résidence. Il brave la justice de son pays avec une intrigue en forme de métaphore. Behnaz Jafari, une célèbre actrice qui joue son propre rôle reçoit sur son portable la vidéo d’une jeune femme, empêchée par son père de devenir comédienne. Reprochant à la star de ne pas avoir répondu à ses appels à l’aide, elle se pend.

Bouleversée mais imaginant une manipulation macabre, Behnaz Jafari demande à son ami Jafar Panahi de l’emmener enquêter sur le drame dans le village de l’inconnue,  au quotidien dicté par des traditions ancestrales archaïques. Et les voici partis pour un voyage semé d’embûches sur des routes de plus en plus étroites et sinueuses.

Tout en dénonçant l’obscurantisme, l’héritier du grand Abbas Kiarostami mort en 2016, dont il fut l'assistant et à qui il rend hommage, évoque un changement possible dans ce plaidoyer féministe où l'on croise trois générations. Il se manifeste à la faveur d’une dernière scène porteuse d’un message symbolique.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 4 juillet.

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25/06/2018

Grand écran: avec "Love, Simon", comédie romantique gay ado, Hollywood élargit son horizon

lovesimon.jpgPas facile de faire son coming out. Surtout lorsqu’on a dix-sept ans. Comme Simon (Nick Robinson) qui cache son secret à ses potes et à sa famille. Son seul confident c’est «Blue», un mystérieux camarade de classe avec qui il entretient une correspondance en ligne sous pseudonyme et dont il tombe amoureux. Mais un autre élève découvre leurs messages et fait chanter Simon, menaçant de révéler sa vraie orientation s’il ne l’aide pas à conquérir l’une de ses amies.

Signé Greg Berlanti, ouvertement homosexuel, marié et papa d’un petit garçon, Love, Simon est adapté du roman à succès de Becky Albertalli. Il s’agit de la première comédie romantique gay adolescente produite par un grand studio avec diffusion massive. Contrairement par exemple au récent Call Me By Your Name, destiné à un public de niche.

D’où son côté unique. Elargissant l’horizon hollywoodien, Love, Simon représente une étape aussi importante pour l’inclusion LGBT que l’a été Black Panther pour la diversité raciale. Xavier Dolan a dit tout le bien qu’il en pensait sur Instagram. Non pas tellement pour la qualité cinématographique de l’opus que pour son important message à l’égard des jeunes gays dans le monde, hésitant à se dévoiler.

Brassant les thèmes de l’amour, de l’amitié de la trahison, ce feel good movie attendrissant et amusant, avec notamment quelques caractères irrésistibles, reste ultra classique et consensuel dans sa forme. Mais c’est justement l’idée. Traiter cette histoire en banalisant l’homosexualité d’une manière presque subversive.

Contrairement à ce qui se passe dans d’autres films sur le sujet, Simon n’a pas à vivre des drames dans un milieu hostile. Il évolue au contraire dans un univers ouaté, idéalisé ,où non seulement la pluralité culturelle, religieuse, raciale, sexuelle va de soi, mais où tous les personnages lui manifestent une profonde sympathie.

Nick Robinson sidérant de naturel

Et pourtant l’adolescent a du mal à sortir du placard, sachant que son existence ne sera plus pareille après. En dépit de parents et d’amis compréhensifs, prêt à l’aider à en vivre une nouvelle. Cela montre que malgré l’évolution des mentalités, tous les combats pour l’égalité ne sont pas gagnés.

Certes l’auteur refuse à l’évidence de choquer, évoquant des sujets graves comme la peur du rejet, le chantage, l’intimidation en les édulcorant, gommant par ailleurs la violence homophobe. Du coup son film manque d’intensité et de piquant, mais il n’en fait pas moins œuvre utile. Et les interprètes sont excellents, à commencer par l’atout majeur, le joli et adorable Nick Robinson, sidérant de naturel.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 juin.

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20/06/2018

Grand écran: Bruno Podalydès fait revivre Bécassine dans une jolie fable burlesque

26275.jpegBécassine est née dans une ferme bretonne le jour où des bécasses survolaient son village. Devenue adulte, toujours vêtue de sa coiffe blanche assortie à son tablier et de sa robe verte, elle a gardé sa naïveté d’enfant et rêve d’aller à Paris. Prête à avaler les nombreux kilomètres qui la séparent de la capitale, elle se met joyeusement en route avec son baluchon, mais ne tarde pas à voir s’achever un périple à peine entamé.

L’ingénue voyageuse (Emeline Bayart) croise en effet la marquise de Grand-Air (Karin Viard) accompagnée de son ami Monsieur Proey-Minans (Denis Podalydès, frère du cinéaste). Elle lui propose de venir au château pour s’occuper de sa fille adoptive Louise-Charlotte dite Loulotte (Maya Compagnie), un amour de bébé dont Bécassine s’entiche d’emblée. C’est alors que débarque le tintinesque marionnettiste ambulant Rastaqueros (Bruno Podalydes, derrière et devant la caméra) à l’improbable sens des affaires et qui s’emploie à ruiner la marquise conquise par cet escroc charmeur. Mais Bécassine va veiller au grain…

Cette deuxième adaptation avec acteurs de la célèbre bande dessinée apparue en 1905 sous la plume de Jacqueline Rivière et le dessin d’ Émile-Joseph Pinchon,s’est attiré les foudres d’un collectif breton qui en a apparemment marre de Bécassine. Se disant indépendantiste, féministe écologique et internationaliste, il dénonce une caricature et une insulte à toutes les Bretonnes, appelant à un boycott du film, tout comme cela avait été le cas en 1939 pour celui de Pierre Carron avec Paulette Dubosc en 1939.

Bricoleuse pleine d'imagination

Une colère très minoritaire, selon l’auteur, mais surtout très étonnante en regard de l’oeuvre. Fidèle à la candeur de son héroïne, Bruno Podalydès est très loin de la prendre pour une sotte ou une paysanne mal dégourdie. Se libérant des clichés, Il en fait une créature au cœur pur, généreuse, mais surtout pleine d’imagination, ingénieuse, inventive, créative, dans cette jolie fable douce où le cinéaste propose quelques scènes désopilantes.

Comédienne de théâtre, Emeline Bayart, que Bruno Podalydès avait déjà dirigée dans Bancs publics. Adieu Berthe et L’enterrement de mémé se coule dans le costume de Bécassine, qui lui va comme un gant. Lumineuse elle séduit avec ses grands yeux bleus curieux, son côté bricoleuse, sa capacité d’émerveillement, sa générosité, sa façon irrésistible de marcher en se dandinant, fesses cambrées et buste en avant. Elle évolue idéalement dans l’univers burlesque, poétique, tendre, teinté de mélancolie du réalisateur foufou de Comme un avion.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 juin.

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12/06/2018

Grand écran: "Desobedience", l'amour interdit face aux dogmes religieux

rachel-weisz-i-rachel-mcadams-w-filmie-o-lesbijskiej-milosci.jpegOurs d’argent l’an dernier à Berlin avec Una Mujer Fantastica, le Chilien Sebastian Lelio, qui prouve une nouvelle fois son intérêt pour les personnages féminins marginalisés en raison d’idées reçues, revient avec Desobedience (Désobéissance). C’est son sixième long métrage et le premier en anglais.

Adaptant le roman de la Britannique Naomi Alderman en l’épurant beaucoup, l’auteur opère une plongée dans la communauté juive orthodoxe de Londres en racontant la relation, en l’occurrence transgressive, entre deux jeunes femmes.

Le réalisateur, issu d’un milieu qui n'a rien à voir avec celui de son film, a dû se documenter sur cette société ultraconservatrice presque à la façon d’un anthropologue. Il met en scène Ronit Krusha (Rachel Weisz), une photographe vivant depuis plusieurs années à Manhattan, loin du milieu londonien où elle a grandi et dont elle avait été chassée. Mais elle y retourne pour assister aux obsèques de son père rabbin, subitement décédé à l’issue d’un sermon.

Sur place, elle doit affronter l’hostilité de tous, à l’exception de celle de son cousin Dovid (Alessandro Nicola), le fils spirituel de son père et son héritier, ravi de la revoir. A sa grande surprise, elle apprend qu’il est marié avec son amie d’enfance Esti (Rachel McAdams) dont elle était alors amoureuse.

A l'opposé l'une de l'autre

La prolongation de son séjour ravive une passion jamais éteinte entre les deux ex-amantes que l’on découvre diamétralement opposées. Ronit est extravertie, moderne, n’obéissant pas aux préceptes de la Torah. Une rebelle et un déshonneur pour son père aux yeux d’une congrégation pétrie de dogmes religieux et aux institutions rigides. Esti est au contraire timide, introvertie, désireuse de rester cachée, mais constamment en lutte contre elle-même, sa conscience et son identité.

Tout en voulant rester fidèle à son mari et à la communauté, elle brûle d’exprimer son homosexualité et teste les limites d’une certaine liberté que lui laisse Dovid, conjoint plutôt tolérant et progressiste en regard de son environnement particulièrement traditionnaliste.

Les trois comédiens se révèlent convaincants dans ce récit d’émancipation émouvant, original, fiévreux, sensuel à la faveur de très belles scènes d’amour, où l’auteur philosophe également sur le libre arbitre des hommes et des femmes et leur capacité à choisir. Mais on lui reprochera d’avancer à un rythme trop lent et de tarder à véritablement installer la tension entre les protagonistes.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 juin.

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22/05/2018

Grand écran: Christophe Honoré bouleverse avec "Plaire, aimer et courir vite"

4745491.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgEn compétition récemment à Cannes, Christophe Honoré, à l’image de tous les concurrents français, est reparti les mains vides. Dommage pour le bouleversant Plaire, aimer et courir vite, porté par le craquant Vincent Lacoste. De tous les plans, le comédien est comme toujours formidable de naturel et de justesse dans un univers qu’il découvrait. A ses côtés, Pierre Deladonchamps (photo), se révèle pareillement convaincant.

S’il est beaucoup question de sexe, l’auteur privilégie à son habitude la pudeur, la délicatesse des sentiments dans cette belle et bouleversante romance gay, condamnée dans les années 90, mais pleine de grâce, de vitalité et de légèreté.

1993. Arthur (Vincent Lacoste), un étudiant de Rennes (comme le réalisateur avant lui) rêve de monter dans la capitale pour faire du cinéma. Il voit sa vie basculer lorsqu’il rencontre par hasard dans une salle obscure Jacques (Pierre Deladonchamps), un dramaturge parisien malade du sida. Les deux héros vont se plaire, s’aimer et courir vite. Les jours de Jacques sont comptés. Pour autant, il ne s’agit pas d’un coup de foudre. Les amants sont souvent séparés éloignés l’un de l’autre par d’autres histoires. De cœur ou de cul.

Une comparaison qui énerve le réalisateur

Comme le film évoque le sida ravageur des années 90, la tentation est forte de tirer un parallèle avec 120 battements par minute de Robin Campillo, Grand prix du jury l’an dernier. Christophe Honoré peut le comprendre, mais la raison l'agace.

«Ils ont l’air de se ressembler, mais en réalité ils sont opposés», relevait-il lors de la conférence de presse qu’il a donnée à Cannes. «Ce qui m’énerve c’est qu’on cherche à les rapprocher simplement parce qu’il y a de l’homosexualité dans l’air. Pourquoi ne pas relier par exemple Plaire, aimer et courir vite à Mektoub my Love qui se passe à la même période ? Pourquoi associer deux films à cause de l’identité sexuelle des protagonistes?»

Le plus important, c’est l’aspect très personnel revendiqué du film, où Christophe Honoré a tenté de retrouver une émotion propre à sa jeunesse, tout en rendant hommage à une génération d’artistes fauchés avant 40 ans par la maladie. Il avoue avoir mis beaucoup de lui dans le rôle du père homosexuel joué par Pierre Deladonchamps et dans celui du jeune étudiant provincial incarné par Vincent Lacoste, cherchant sa voie à la fois professionnelle et sexuelle.

«Cela fait un moment que je l’ai repéré et que je voulais l’inviter dans un de mes films. Je me souviens de cette phrase de Françoise Sagan : à force de parader on finit par avoir l’âme paradeuse. Je trouve que Vincent a l’âme paradeuse».

«Que puis-je dire après ça, s’amuse l’intéressé. «C’est simple. Je suis un acteur et très fan des films de Christophe Honoré. Alors évidemment, quand on a la chance de recevoir une telle proposition d’un tel cinéaste, on n’hésite pas ».

Auparavant, le comédien avait rappelé qu’il était justement venu au monde en 1993. «A part ma naissance, dont je me souviens très bien… je ne sais pas grand-chose de cette époque. Je n’ai pas d’images comme pour les hippies et les pattes d’éph’… »

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 23 mai.

 

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03/05/2018

Grand écran: "Abracadabra", farce espagnole brouillonne entre outrance et caricature

Abracadabra.jpgFemme au foyer, Carmen est mariée à Carlos, un grutier macho, fan de foot bas de plafond qui s’excite en beuglant devant un match Real-Barça, traitant sa femme et sa fille comme des esclaves à son service. Et puis un jour, suite à une séance d’hypnose dont il est le cobaye lors d’un mariage, Carlos devient l’époux parfait en sortant de sa transe.

Aux petits soins pour madame, il se met à préparer les repas, à passer l’aspirateur, à faire la vaisselle et aide sa fille pour ses devoirs de math et de chimie. Mais il est aussi inquiétant que mari et père idéal car habité par le mystérieux esprit d’un tueur en série, disparaissant la nuit pendant plusieurs heures sans s’en souvenir le lendemain.

Abracadabra, signé Pablo Berger, est l’exact contraire de Biancanieves (2012), son fascinant film muet tourné en noir et blanc et qui se déroulait à Séville en 1920. Là on est dans la banlieue de Madrid en 2010. Et l’auteur se laisse aller à une débauche de couleurs criardes des années 80 dans une comédie saupoudrée de drame, de thriller et de fantastique qui se veut exubérante, acide, grinçante et délirante. Tout en surfant notamment sur une improbable émancipation de la femme, la transformation du comportement de Carlos ravivant chez Carmen des fantasmes enfouis et des désirs oubliés.

En réalité, le film au scénario brouillon se limite à une farce indigeste, l’auteur se livrant à une surenchère dans l’invraisemblable, l’outrance, la caricature, le grossier et le vulgaire. Dommage pour les comédiens dont Antonio de la Torre et surtout Maribel Verdu, la méchante dominatrice dans Biancanieves, se retrouvant là en potiche souriante, aux robes aussi tapageuses et clinquantes que son maquillage. Mais en définitive évidemment, pas si faible qu’elle en a l’air….

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 mai.

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02/05/2018

Grand écran: "Gaspard va au mariage", une comédie joyeusement zinzin, à l'image de ses comédiens

0778673.jpgAprès l’avoir fuie pendant des années, Gaspard (Félix Moati), 25 ans renoue avec sa famille à l’occasion du remariage de son père. Il est accompagné de la fantasque Laura (Laetitia Dosch) qu’il vient de rencontrer dans des circonstances loufoques augurant bien de la suite. Contre une modique rémunération, elle accepte de jouer sa petite amie le temps de la noce.

Gaspard retrouve donc le zoo paternel où il a grandi, entre une mère disparue trop tôt, un père cavaleur, sa sœur Coline (Christa Théret) dont il est amoureux. Et vice-versa, une relation ambiguë, qui ne paraît pas poser de problème. Sans oublier un frère (Guillaume Gouix) si sérieux et responsable qu’il en paraît lui aussi hors norme.

Antony Cordier propose un film barré découpé en quatre parties (La petite amie imaginaire, L’homme d’une seule femme, Celle qui mange des racines, Épilogue), permettant ainsi de donner à chacun des protagonistes principaux une partition égale, en évoquant les jours qui précèdent le mariage.

A commencer par Laura qui découvre ces curieux bipèdes évoluant parmi les animaux. A l’image de l’excentrique Coline recouverte d’une peau d’ours, et qui se fie avant tout à son odorat pour reconnaître celle sur le point de lui prendre son frère adoré.

Tout cela donne une comédie romantique chorale atypique, farfelue, fantaisiste, sensuelle mélancolique, joyeusement zinzin. A l’image des différents personnages extravagants qui composent cette famille au fonctionnement équivoque, bizarroïde.

Il nous vaut des scènes cocasses, dont l'une à vocation quasiment culte, où Max (Johan Heldenbergh), le père de famille, alias le roi des animaux, a une façon des plus singulières de soigner son eczéma prénuptial en s’immergeant tout nu dans un aquarium peuplé de petits poissons suceurs de peaux mortes…

Un univers tenant de la bulle magique

Antony Cordier nous brosse leur portrait à l’intérieur du zoo, un univers tenant de la bulle magique protégeant ses habitants de l'extérieur, qu’ils ne quittent pratiquement pas durant tout le film. Mais leur rêve finit par se heurter à une réalité financièrement dramatique, dans ce conte en forme de récit d’apprentissage qui raconte le temps qui passe, la fin d’un monde, l’arrachement à la famille, l’adieu au paradis perdu, à l’enfance.

Le film est porté par une brochette d’excellents acteurs déjà cités à laquelle on ajoutera Marina Fois en future éventuelle mariée... On regrettera juste un peu une Laetitia Dosch (trop) fidèle à elle-même en nous livrant presque un copié-collé de son rôle dans Jeune femme. Mais c’est une réserve mineure.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 mai.

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