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10/11/2016

Grand écran: "Creative Control", plongée dans la réalité virtuelle.

acreativecontrol.jpgComment rendre la réalité plus réelle? C’est la question à laquelle tente de répondre d’une façon qui se veut humoristique et critique le cinéaste indépendant américain Benjamin Dickinson dans son second long-métrage Creative Control. En nous plongeant dans la réalité...virtuelle

Nous sommes à New York, dans un futur proche. David, jeune cadre dynamique, hipster drogué et mégaconnecté, (joué par l’auteur lui-même) travaille dans une prestigieuse agence de pub. Il prépare le lancement d’Augmenta, des lunettes révolutionnaires permettant, grâce à une commande intégrée dans la paume de la main, de vivre une expérience unique de réalité augmentée.

Le publicitaire doit ainsi gérer la production de ces lunettes, capables de créer d’innombrables choses dont un avatar. Pour tester leur efficacité, il décide de les essayer.. Lors de cette épuisante période test, il va rencontrer plein d’obstacles compliquant singulièrement sa vie professionnelle, privée et sentimentale et imaginaire.

Se confrontant à ses fantasmes grâce aux images captées par les lunettes, il façonne à partir de la fiancée de son meilleur ami, un personnage virtuel qu’il est le seul à voir et avec qui il couche. Tandis que sa petite amie Juliette, prof de yoga, le trompe avec un vrai gourou barbu…

Sur des musiques de Mozart, Bach ou Schubert pour faire plus raffiné, cet exercice de style en noir et blanc où l’auteur met le spectateur à la place du vendeur du produit, séduit par son inventivité, son architecture postmoderne, l’esthétique épurée de son univers sophistiqué, éthéré, lisse, désincarné, peuplé d'objets transparents.

Son auteur agace aussi avec son côté poseur, ses références kubrickiennes pour mieux étaler sa culture. Se piquant par ailleurs d’éthique et de morale, il dénonce platement, sur fond de comédie sentimentale convenue avec couples infidèles qui se quittent et se réconcilient, les dangers pervers de la virtualité. Conduisant fatalement à la solitude, à la frustration sexuelle, à l’absence de communication entre gens accros à une technologie de plus en plus envahissante. Question satire, voilà qui manque de punch et, question réflexion, de nouveauté. Mais le film se laisse voir.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 9 novembre.

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09/11/2016

Grand écran: "Le client", drame domestique iranien entre culpabilité, vengeance et rédemption

aclient.jpgEn raison d’importants travaux dans l'immeuble, Emad et sa femme Rana sont obligés de quitter leur appartement du centre de Téhéran. Ils emménagent dans un autre logement, dont l’ancienne propriétaire était une prostituée. Tandis qu'elle prend une douche, Rana est agressée par un client. La vie du couple est bouleversée. 

Le mari, professeur de lettres et acteur de théâtre, décide alors de mener l’enquête à la place de la police pour re chercher le triste individu qui a décidé de se venger en attaquant sa femme pour l’humilier. Une démarche qui fait penser à celle qu’entreprend l’héroïne de La fille inconnue des frères Dardenne pour découvrir l’identité d’une jeune femme retrouvée morte après qu’elle a négligé, vu l‘heure tardive, de lui ouvrir la porte de son cabinet.

Culpabilité et rédemption sont également au centre de ce drame domestique aux allures de thriller psychologique, mais la comparaison s’arrête là. Tout en observant les relations humaines et sociales de personnages de la classe moyenne et les rapports inégaux hommes-femmes, le réalisateur iranien Asghar Farhadi, se livre à une réflexion à la fois moralisatrice et plutôt pesante sur une réalité plus complexe que ses apparences.

En outre, si les comédiens sont bien dirigés, à commencer par les deux principaux Shahab Hosseini et Taraneh Alidousti (photo), la mise en scène est inutilement alourdie par une pièce imbriquée dans le récit et que les protagonistes jouent le soir.

Sélectionné en compétition à Cannes en mai dernier, Asghar Farhadi, précédemment auteur des excellents Une séparation et Le passé n’a pas moins obtenu deux prix. Celui du scénario et celui de l‘interprétation masculine remporté par Shahab Hosseini.  

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 9 novembre.

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05/11/2016

Bercy: au tapis, Djokovic détrôné par Murray. Mais que fait donc Pepe le gourou?

adjoko.jpgUn rien aveuglée par sa facile victoire contre le second couteau luxembourgeois Gilles Muller à Bercy, je crois m’être trop avancée dans mon précédent billet en imaginant que Djokovic s'était enfin remis de son terrible burn-out.

En effet il a non seulement frisé le code face à Dimitrov en huitièmes, mais il a été ensuite cueilli comme un fruit mûr, sinon blet, par le valeureux Croate Cilic, désespérant a priori de le battre après quatorze cuisantes et humiliantes défaites.

En plus Dracula a paumé sa couronne au profit de Murray, monté de surcroît sur le trône, sans avoir dû combattre, vu le forfait inespéré de son adversaire Raonic en demi-finale pour cause de déchirure du quadriceps. Une blessure mettant par ailleurs en cause la présence du Canadien au Tournoi des Maîtres.

Entre nous, voilà qui a dû faire grincer quelques dents hexagonales, le bombardier s’étant la veille débarrassé de Tsonga en deux sets, privant ainsi douloureusement le Tricolore et ses fans en folie d’une qualification in extremis pour Londres en cas de victoire à Paris.

Mais bref. Pour en revenir à nos moutons, il apparaît donc que Djokovic n’est toujours pas dans son assiette sans gluten. D’où la question qui me taraude: que fait donc Pepe le gourou? Pas mieux en tout cas que Boris Becker et Marian Vajda momentanément écartés par Novak, et qui doivent frénétiquement se ronger les ongles en constatant le désastre.

Du coup je me demande si le Djoker n’a pas choisi la mauvaise carte en misant sur son pote le sorcier. Certes, à l'image de Federer et de Nadal en situation d'échec, il la joue méthode Coué, histoire de positiver ses contre-performances.

M’est avis pourtant que si le vampire de Belgrade se laisse également ratatiner chez Sa Majesté, il ne devrait pas tarder à abandonner la devise "Amour et paix" du Pepe, pour se retrouver tel Attila sur le sentier de la guerre, animé de cette haine viscérale de la défaite qui l’a plus sûrement mené au sommet. Et surtout permis de s’y maintenir pendant quatre ans!

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04/11/2016

Festival Tous Ecrans: une 22e édition riche, innovante et pimentée d'érotisme

aiggy.pngEntre les huit longs-métrages de son invité d’honneur le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, Palme d’or à en 2010 pour Uncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) et un hommage à la 3D à travers une rétrospective de trente films, Festival Tous Ecrans, propose une édition riche, variée, originale et innovante. Une fête pour les yeux, les oreilles et... le corps dans tous ses états. Le leitmotiv de cette année selon le directeur général et artistique Emmanuel Cuénod, qui nous l'annonce lascif, abandonné, résistant, libre mais aussi bien en chair.  

Ce cru 2016 pimenté donc d’érotisme et de sensualité comprend en tout 169 œuvres dont 70 en compétition, 8 premières mondiales, 9 premières internationales, 5 premières européennes et 71 premières suisses. Il s’ouvre dès ce soir avec Gimme Danger, portrait de l’iguane punk Iggy Pop, signé Jim Jarmush (photo). Et se terminera avec Yourself And Yours du Sud-Coréen Hong Sang-soo, une variation ironique sur le thème du double.

astewart.jpgImpossible évidemment de tout citer dans ce festival qui mêle cinéma, télévision et production digitale. On retiendra ainsi quelques points forts. Dans la section Highlight Screenings, on verra en première romande Bacalaureat de Cristian Mungiu prix de la mise en scène à Cannes et, en première suisse, son ex-aequo Personal Shopper d'Olivier Assayas avec Kristen Stewart (photo), Ma’Rosa de Brillante Mendoza, avec Jaclyn Rose, sacrée meilleure actrice, Les beaux jours d’Aranjuaez de Wim Wenders ou encore La mort de Louis XIV d'Albert Serra.

Compétition internationale et séries TV

La compétition internationale de longs métrages propose quant à elle dix œuvres qui se veulent audacieuses, libres et singulières. Plus particulièrement portées par de jeunes talents, elles viennent d’Argentine, des Philippines, de Chine, du Danemark, d’Egypte, de France, de Grèce et d’Iran.

Pas de Festival Tous Ecrans sans les séries TV, également au nombre de dix. Outre l’arrivée en force des anciens pays de l’Est, on notera l’islandaise Prisoners, mettant en scène un très réaliste univers carcéral féminin et The Girlfriend Expérience de Lodge Kerrigan évoquant une jeune étudiante en droit qui devient escort girl la nuit. A découvrir aussi, lors du Serial Day& Night, rendez-vous entièrement consacré à la série TV et à sa soeurette du Web, The Young Pope de Paolo Sorrentino avec Jude Law ou ou encore Splitting Up Together, une palpitante nouveauté danoise.

Dans le corps d’un (e) autre…

A signaler enfin une compétition internationale d’œuvres en réalité virtuelle. Une première en Suisse avec notamment Mars 2030 qui vous met dans la peau de scientifiques devant établir une présence humaine sur la Planète rouge. Dans le volet hors concours, à ne pas rater The Machine To Be Another. Cette création du collectif BeAnotherLab offre une expérience vertigineuse, en permettant à des duos homme-femme de se retrouver, grâce à une installation numérique unique en son genre, dans le corps de l’autre.

Festival Tous Ecrans, Salle communale de Plainpalais, rue de Carouge 52, du 4 au 12 novembre. Pour plus de renseignements, tél 022 809 69 20

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02/11/2016

Bercy: fini le blues du tennisman pour Djokovic, flanqué de Pepe le gourou!

agourou.jpgDepuis Roland Garros qu’il nous bassinait avec son spleen, le Djoko! Résultat, une vertigineuse montagne d’articles pour se pencher sur les problèmes du saigneur des courts, se plaignant d’être tellement mal dans sa tête qu’il ne prenait plus aucun plaisir à jouer.

Un drame cosmique que ce manque crasse d’envie! Car l’inaccessible, l‘irrésistible, l’inoxydable, le surhumain Djoker, la machine de guerre écoeurant pratiquement tous ses adversaires depuis 2011 à quelques coups de mou près, se mettait subitement à enchaîner les contre-performances.

Du pain béni pour les victimes du bourreau comme Federer et Nadal en délicatesse avec leur corps martyrisé, et principalement pour Murray qui lui collait désormais aux baskets. La belette alors en retard de 3000 points et des poussières, se retrouvait à quelques centaines seulement à l’entame du Masters de Bercy. De quoi donner des ailes au dauphin, pas loin de se voir sur le trône à la fin de la saison. Peut-être avant s'il rafle le titre et que le roi s'arrête dans le dernier carré. 

C'est toutefois compter sans les expédients que trouve toujours Djokovic pour se remonter le moral. Après le caisson à oxygène façon œuf magique et le régime sans gluten qui lui ont permis de devenir numéro un mondial, voici le gourou grâce auquel il va tenter de se maintenir au sommet.

aagurou.jpgNovak s’est en effet dégoté un ancien joueur, Pepe Imaz, donnant dans le spiritualisme et fondateur d’une académie basant son enseignement tennistique sur «l’Amour et la Paix». Un sacré programme.

L’Espagnol de 42 ans, qui chuchote aussi à l’oreille de comédiens, de chanteurs ou de politiciens, est d'ailleurs allé jusqu'à remplacer à Paris les deux coachs Marian Vajda et Boris Becker, momentanément mis en réserve par le champion.

Et Pepe ne lâche pas son élève d'une semelle, que ce soit aux conférences de presse ou à l'entraînement. Apparemment, ça marche. Fini le blues du tennisman pour Dracula qui se sent à nouveau bien et travaille moins du chapeau. La preuve, il vient d’opérer un retour gagnant pour son premier match.

Certes, il ne s’est débarrassé que du modeste Luxembourgeois Gilles Muller. Il n'empêche que l’Ecossais a du souci à se faire si le Serbe suit à la lettre les préceptes philosophico-mystiques de son pote sorcier. Ils lui permettent en effet de se regarder de l’intérieur et d’établir la connexion avec une lumière divine. Redoutable, non? Enfin pour ne rien vous cacher, je me pince un peu quand même…

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01/11/2016

Grand écran: "Snowden", l'homme par qui le scandale est arrivé

asnowden.jpgAprès s’être livré, dans les années 80-90, à une radiographie de la société américaine à travers d’excellents films, de Platoon à Nixon en passant par Wall Street, Né un 4 juillet, JFK  ou Tueurs nés, Oliver Stone connaissait une baisse de régime depuis 2000.

Mais le voici de retour avec Snowden. Il y trace le parcours d’un jeune ingénieur en informatique, patriote idéaliste fier de servir son pays en ralliant la CIA et la NSA (Agence nationale de sécurité américaine). Et qui, taraudé par sa conscience en se rendant compte de ce qu’il découvre au fil de son travail, est devenu l'un des lanceurs d’alerte le plus célèbre de la planète.

Une décision extraordinaire qui lui fera tout perdre et un sujet sur mesure pour le réalisateur engagé, qui aime se livrer à la critique sans concession la puissance économique et politique de son pays. Ainsi qu’une question cruciale. Faut–il sacrifier la liberté au profit d’une sécurité aléatoire?

C’est ce que se demande le protagoniste qui, en juin 2013, finit par rencontrer un groupe de journalistes dans une chambre d’hôtel à Hong Kong. Et leur fournit un maximum d'informations qu'il a collectées avant de quitter la NSA, sur ses méthodes de renseignements pour s’introduire dans la vie privée des citoyens. Le rendez–vous est tiré d’un épisode magistralement relaté dans Citizenfour de Laura Poitras, Oscar du meilleur documentaire l’an dernier.

Suit un long flash back où Edward Snowden, incarné par un Joseph Gordon-Levitt hallucinant de ressemblance, raconte la façon dont il a été initié au secret et amené à trahir sa hiérarchie. Des révélations qui, après analyse des preuves pour leur publication, seront au centre du plus grand scandale d’espionnage des Etats-Unis.

Une vertigineuse montagne de données

Le monde apprend en effet que sous prétexte de lutte contre le terrorisme, il est sous gigantesque surveillance. La NSA ne s’est pas contentée de mettre sur écoute d’importants dirigeants ou autres personnalités, mais ont dirigé leurs grandes oreilles partout, interceptant des milliards d’échanges téléphoniques, de mails, de SMS, de conversations sur les réseaux sociaux.

On peut reprocher au réalisateur de manquer de nuances, de verser dans l’hagiographie. Ou encore de proposer une pâle copie de Citizenfour dans sa démonstration minutieuse et sa dénonciation des conséquences néfastes d’une obsession du contrôle.

Mais pour qui n’a pas vu le documentaire et ne se souvient que du tsunami provoqué par le grand déballage de Snowden, le thriller politique d’Oliver Stone ne permet pas moins de découvrir, derrière le crack informatique qui a perdu son innocence, sa vie privée et son histoire d’amour avec Lindsay Mills (Shailene Woodley). Même si elle est traitée de façon plutôt banale.

Snowden, l'itinéraire d'un homme hors norme réfugié à Moscou. Considéré, c’est selon, comme un traître ou un héros. A noter qu’il est toujours recherché par les autorités américaines, accusé d’espionnage et de vols de secrets d’Etat.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 novembre.

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26/10/2016

Grand écran: "Doctor Strange" décoiffe avec des effets spéciaux époustouflants

aastrange.jpgPour le 14e film de l’univers Marvel, le réalisateur Scott Derrickson se penche sur l’histoire du Docteur Stephen Strange, un neurochirurgien très talentueux, charismatique, opérant en musique, mais dont l’arrogance le dispute à un ego surdimensionné. Après un tragique accident de voiture, il perd le précieux usage de ses mains et va devoir changer de vie. Il se rend alors au Népal pour s’initier aux secrets d'un monde caché, et découvrir des superpouvoirs chez des sorciers qui défendent la Terre des menaces pesant sur elle.

Et cela sous la houlette d’un Ancien magique féminin, incarné par une étonnante Tilda Swinton, éthérée et mystérieuse au look androgyne. Portant Doctor Strange, Benedict Cumberbatch se révèle aussi convaincant en toubib cynique, prétentieux et non sans humour, transformé aussi sec en superhéros altruiste, apprenant à ouvrir son esprit et se baladant avec sa cape dans des dimensions parallèles surréalistes.

Pas de surprise du côté d'un récit à la trame narrative classique. Visuellement en revanche, c'est époustouflant. C’est même la principale raison d’aller voir ce blockbuster mystico-fantastique. On est littéralement soufflé par des effets spéciaux bluffants d’inventivité et atteignant des records en jouant avec la gravité et la perspective. On voit notamment des villes qui se tordent, s’enroulent sur elles-mêmes, des immeubles qui se déstructurent et se restructurent comme si on était sous psychotropes.

Du tout grand spectacle. Et une bonne nouvelle pour les amateurs d’une nouvelle consultation : l’avenir de Doctor Strange est garanti.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 26 octobre.

 

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Grand écran: "Tamara", la revanche poussive d'une ado ronde pas si grosse que ça!

atamara.pngLes adaptations cinématographiques de bandes dessinées ne sont en général pas des réussites. C’est le cas en ce qui concerne Tamara, inspiré des albums à succès du même nom, signés Zidrou et Darasse. Mettant en scène une adolescente en surpoids vivant dans un appartement avec sa mère et son beau-père brésilien, Amandine et Chico, tous deux musiciens, ainsi qu'avec Yoli la fille de Chico, toujours là pour donner des conseils de drague à sa "grande sœur".

Alexandre Castagnetti a donc décidé de porter ses aventures à l’écran, avec deux débutants dans les rôles principaux, Héloïse Martin et Rayane Bensetti, la nouvelle coqueluche des minettes. Et nous voici partis pour une année scolaire censée être aussi mouvementée que mémorable. Le film démarre par un clip genre Beyoncé ou Rihanna, avec une Tamara certes complexée par ses rondeurs, mais conquérante et décidée à se débarrasser de son étiquette de grosse qui lui colle aux hanches.

Pour échapper aux méchancetés des filles et aux moqueries des garçons, elle fait le pari, avec sa meilleure amie, de sortir avec le premier mec qui passera la porte de sa classe de seconde. Pas de chance, c’est Diego, le plus beau gosse du lycée. Et on se retrouve avec une ixième comédie poussive et bancale sur l’adolescence, alignant les clichés et les gags éculés sur fond de romance improbable à l’eau de rose.

Sans compter que le film bafoue complètement l’esprit jubilatoire de la BD. Raison pour laquelle ses fans, pensant enfin voir une vraie grosse au premier plan hurlent à la trahison, face à la disparition des bourrelets de Tamara. Il suffit en effet de regarder l’affiche du film et la couverture des albums (photo) pour réaliser qu’il y a un monde entre l’imposante créature imaginée par le duo franco-belge et la jolie héroïne de l’opus avouant juste une petite douzaine de kilos en trop. Et de nous répter à l'envi qu'elle est rondouillarde ou lui faire porter un large pull rose pour dissimuler un embonpoint relatif n'y change rien.  

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 26 octobre

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25/10/2016

Grand écran: Ken Loach crie sa colère dans "Moi Daniel Blake"

aaablake.jpgEn mai dernier à Cannes, dix ans après Le vent se lève, Ken Loach, 80 ans, décrochait sa deuxième Palme d’or, avec Moi, Daniel Blake, Un choix politique convenu pour ce film militant, émouvant, mais peu novateur et trop manichéen avec tous les bons ouvriers d’un côté et pratiquement tous les vilains fonctionnaires de l’autre.

Même si ce n’est pas le meilleur de l’infatigable Britannique, il n'en demeure pas moins efficace. A son habitude, Ken Loach filme les opprimés, les exclus, les démunis, les laissés-pour-compte. Et, au-delà d’une critique sociale acérée, pousse un véritable cri de rage en suivant en suivant Daniel (Dave Johns), un menuisier veuf de 59 ans.

Mis en arrêt maladie par son médecin après un infarctus, le malheureux est pourtant contraint par l’assurance chômage de chercher un travail sous peine de sanctions. Il entame alors un parcours aussi humiliant que kafkaïen dans les dédales de l’administration anglaise pour obtenir de l’aide.  

Entre les masses de formulaires à remplir constamment incomplets, les interminables appels téléphoniques pour rien, les rendez-vous inutiles à Pôle Emploi, Daniel Blake est pris dans un piège bureaucratique cauchemardesque, où les portes se ferment devant les plus vulnérables, où on vous coupe arbitrairement les subsides.

Il y croise Rachel (Hayley Squires), une jeune femme également au chômage élevant seule ses deux enfants. Ecrasés par un système qui les traite comme des chiens alors qu’il est censé venir à leur secours, ils vont se révolter et s’allier pour mieux se soutenir.

Le réalisateur a sillonné le pays, commençant dans les Midlands et finissant à Newcastle une ville à forte tradition de lutte ouvrière. "Partout, tous les jours, des centaines de milliers de familles ne peuvent manger sans le recours aux banques alimentaires. C’est insupportable, intolérable. Et pourtant, on détourne les yeux" déclarait-il notamment lors d’une conférence de presse à Locarno où le film, ovationné sur la Piazza Grande, avait reçu le Prix du public. (Voir aussi ma note du 12 août dernier),

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 26 octobre

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19/10/2016

Grand écran: Nicole Garcia raconte une quête d'amour fou dans "Mal de pierres". Avec Marion Cotillard

Inspiréacotillard.jpg du roman de l’Italienne Milena Agus, ce mélodrame qui réunit pour la première fois à l’écran Marion Cotillard et Louis Garrel, suit le parcours de Gabrielle. Elle a grandi dans la petite bourgeoisie rurale de la Provence des années 50. où sa passion, sa rage et ses rêves d’absolu la font passer pour folle. 

Menacée de l’asile psychiatrique, elle épouse José, un maçon espagnol taiseux auquel sa mère l’a quasiment vendue. Elle ne l‘aime pas, lui oui. Mais il ne dit rien, accepte tout d’elle, fait tout pour elle. Il l‘envoie dans un sanatorium pour soigner ses calculs rénaux, son «mal de pierres», où elle rencontre un séduisant lieutenant blessé dans la guerre d’Indochine. Sa soif d’amour fou se réveille…

Nicole Garcia propose un bon film élégant à l’ancienne à la mise en scène classique. Trop illustratif et controlé dans le traitement de ce sujet fort, il manque de profondeur et de tripes dans la mesure où son auteur brosse le portrait d’une jeune femme exaltée, excessivement romantique, possédée, fiévreuse, incarnée par Marion Cotillard, qui est de tous les plans.

Un personnage libre intense, émouvant, mystérieux, à la fois sombre et illuminé, qui va bien à la comédienne. Sans aller jusqu’à l’incandescence que certains critiques lui prêtent, elle séduit dans sa quête éperdue d’un amour impossible, fantasmatique, sinon fantomatique… A ses côtés on trouve Louis Garrel, sobre dans le rôle du bel officier militaire à la santé fragile et Alex Brendemühl dans celui, plus ingrat mais tenu, du mari délaissé.

anicole.jpg"Gabrielle m'a beaucoup touchée"

En lisant le livre, Nicole Garcia a eu envie de l’adapter. «Cette femme m’a beaucoup touchée dans sa quête d’absolu. Elle va jusqu’au bout, contournant toutes les soumissions normatives de la société où elle vit", expliquait-elle lors d’une conférence de presse à Cannes où le film avait été sélectionné en compétition. " Il y a chez Gabrielle quelque chose de sauvage et de sexué. Elle n’est pas une pauvre folle s’attachant à quelqu’un qui ne veut pas d’elle. Sa maladie est une sorte de symptôme. Tout son corps participe". 

Les choses ne se sont pourtant pas déroulées sans mal. Non seulement l’adaptation s’est révélée complexe, mais Nicole Garcia a attendu son héroïne, Marion Cotillard, pendant un an. "Je la voulais elle et pas une autre. J’aime sa sensualité. Son corps parle tout le temps.»

"J’espérais que le scénario ne me plairait pas"

Si la comédienne a mis aussi longtemps à se décider, c’est qu’elle avait enchaîné des films intenses et terminait un tournage. "J’avais envie de prendre du temps pour moi. J’ai lu le scénario en espérant qu’il ne me plaise pas. Mais après trois pages, j’ai réalisé que j’allais l’aimer. Ensuite j’ai mis deux mois à dire oui". 

Marion Cotillard est attirée par des personnages qu’elle n’a pas explorés. A l’instar de celui de Gabrielle. "Elle est enfermée dans un milieu où on ne respecte pas son désir, sa fièvre, ce qui risque de mener à une sorte de folie. Priver une personne de sa liberté peut la rendre malade".

Quand elle accepte de collaborer à un film, il y a un processus qui s’enclenche malgré elle. "Comme quand on tombe amoureux. Mais je n’ai pas de méthode particulière pour travailler. Les choses se font de manière différente selon les réalisateurs. Il y a aussi ce qu’on se raconte du caractère pour lui donner une âme, de la chair. Gabrielle devait vivre au-delà des mots. Selon les personnages que j’incarne, je dois connaître leurs goûts musicaux, comment ils se déplacent ce qu’ils ont vécu dans leur enfance. Je me laisse aller à la rencontre des histoires. Je m’ouvre à quelqu’un. Encore une fois, cela ressemble à une histoire d’amour. C’est un peu mystérieux".

A l'affiche dans les salles de Susse romande dès mercredi 19 octobre.

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