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02/02/2016

Grand écran: "Steve Jobs", portrait intime du génie d'Apple. Avec Michael Fassbender et Kate Winslet

imagesRIV0RB2U.jpgDeux ans et demi après Jobs de Joshua Michael Stern avec Ashton Kutcher dans le rôle du cofondateur d’Apple, Danny Boyle à qui l’on doit notamment Trainspotting et Slumdog Millionnaire, évoque à son tour l’icône, incarnée par Michael Fassbender, dans Steve Jobs.

Ce nouvel opus se situe dans les coulisses de trois lancements aussi spectaculaires que répétitifs de produits emblématiques de la carrière de l’ex-patron mort en 2011. Soit du Macintosh de 1984 à l’iMac en 1998. Il nous emmène dans les rouages de la révolution numérique pour brosser le portrait intime du génie.

Sur un scénario d’Aaron Sorkin, également auteur de celui de The Social Network consacré à Mark Zuckerberg, le boss de Facebook, le long-métrage de Boyle s’’intéresse en effet davantage à l’homme qu’à son œuvre. Heureusement d’ailleurs.

A part une scène d’ouverture en noir et blanc où on voit en…1974 le bluffant écrivain de science-fiction Arthur C Clarke avec Stanley Kubrick, en train de prédire Internet et la présence universelle de l’ordinateur, la description des évolutions technologiques est ennuyeuse.

Entre gourou, star, père ignoble et sale con…

Boyle nous montre ainsi le côté génial du personnage bien sûr, mais également un gourou acclamé par ses fidèles, constamment sous tension, extrêmement déplaisant, tyrannique, cassant, odieux avec ses amis et ses collaborateurs, épuisant sa responsable marketing Joanna Hoffman (Kate Winslet), maniaque du contrôle, piquant des crises façon star mégalo. Par exemple quand il ne fait pas la couverture de Time Magazine en tant que personne de l’année.

Parallèlement à ses relations complexes et conflictuelles avec ses proches, il se comporte en père ignoble avec sa fille Lisa qu’il a longtemps refusé de reconnaitre. Bref un sale con, comme le résume Steve Wozniak, (Seth Rogen), cocréateur de la marque à la pomme que vient de détrôner Google en devenant la première capitalisation boursière mondiale. Mais si la grande majorité du film n’a rien d’une hagiographie, Danny Boyle ne manque pas finalement de racheter un peu servilement son héros, qui nous fatigue et nous exaspère avec son ego démesuré.

A relever toutefois dans ce plat assez indigeste la prestation piquante des comédiens. A commencer par celle de Michael Fassbender. Belle gueule, il se révèle excellent sans chercher à ressembler physiquement au Messie. Comme d’habitude Kate Winslet se hisse sans peine à sa hauteur. On n’oubliera pas non plus Seth Rogen et Jeff Daniels dans des rôles secondaires.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 février.

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Grand écran: "Au-delà des montagnes" montre une Chine entre passé, présent et futur

61536--mountains-may-depart-fait-partie-de-1000x0-2[1].jpg1999, au soir du Nouvel-An. Sur une entrainante musique électro, des jeunes s’éclatent dans une chorégraphie très enlevée. L’avenir est à eux à l’aube du 21e siècle. Au premier rang on découvre une pétillante et séduisante jeune fille, Tao, qui adore danser et chanter. Très courtisée, on la retrouve plus tard entourée de deux garçons. Des amis d’enfance amoureux d’elle.
 
D’un côté Zhang Jinsheng (Zhang Yi) un garçon ambitieux en pleine ascension, de l’autre le souriant mineur Liangzi (Liang Jingdong). Les deux facettes de la Chine en somme. Pressée de choisir, Tao (Zhao Tao, muse et femme du réalisateur) choisit d’épouser l’entrepreneur, tellement décidé à faire fortune qu’il n’hésitera pas à appeler son fils Dollar….
 
Quinze ans plus tard, la vie des différents personnages a complètement changé. Tao et Zhang ont divorcé et Dollar vit chez son père en Australie. Il ne comprend plus sa langue maternelle et ne se souvient que vaguement de son enfance en Chine. De son côté Liangzi, ravagé par l’abandon de Tao avait décidé de partir pour ne plus revenir. La misère et la maladie en décideront autrement.
 
Avec Au-delà des montagnes, le Chinois Jia Zhang-ke, auteur de Still Life ou A Touch Of Sin (un gros succès international), propose un bouleversant et magnifique mélodrame dans une Chine traversée par les foudroyants changements socio-économiques, allant jusqu’à conduire une partie du pays, vivant à l’heure anglaise et où les nouveaux riches brassent des affaires à Shanghai, à l’oubli de ses racines.
 
Tout en racontant l’histoire du trio, le réalisateur se concentre plus particulièrement sur Tao en la montrant à trois âges de sa vie. Le film, s’étalant sur 36 ans, est ainsi composé de trois parties, hier, aujourd’hui, demain, se terminant en Australie en 2025. Pour le réalisateur, se projeter dans un  futur possible est une bonne manière de prendre du recul pour mieux comprendre le présent et ses profondes mutations.  
 
Il se livre ainsi à une fine observation de la situation du pays, du mode de vie et du comportement des gens bouleversés par l'irruption de l'argent, à une subtile analyse de leurs sentiments. Une mise en scène simple et efficace, des acteurs formidables, le tout assorti d’un regard critique, font de cet opus une petite perle à ne pas manquer.
 
A l’affiche à Genève et à La Chaux-de-Fonds dès mercredi 3 février.  

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Grand écran: Dans "Chocolat", Omar Sy fait revivre Padilla, le clown star oublié

maxresdefault[1].jpgInspiré du livre Chocolat, clown nègre de l'historien Gérard Noiriel, ce film retrace l’existence de Rafael Padilla (incarné par Omar Sy), premier artiste noir de cirque en France. Né à Cuba  vers 1868 et vendu enfant comme esclave près de Bilbao, il s'échappe quelques années plus tard, puis gagne Paris en 1886, où il fait une rencontre qui transforme sa vie, celle de Tudor Hall, alias George Footit (James Thierrée), le fameux clown blanc.

Surnommé Chocolat, Padilla devient un artiste emblématique du Montmartre, formant avec le tyrannique Footit, dont il est l’auguste souffre-douleur, l’un des duos comiques les plus célèbres de la Belle Epoque. Les deux hommes se sépareront en 1910, tentant chacun une carrière solo sans grand succès. Sombrant ensuite dans l’alcoolisme et la misère, Padilla meurt de la tuberculose à Bordeaux en 1917

Pour son quatrième long-métrage Roschdy Zem s’est lancé dans la réhabilitation de l’homme et de l'artiste oubliés. Rendant parallèlement hommage à deux compères hors norme qui ont révolutionné leur art en popularisant le couple clown blanc/auguste noir, illustré par Toulouse-Lautrec et filmé par les Frères Lumière.

Grandeur et décadence

Prenant des libertés (fort regrettables selon les connaisseurs) avec la réalité historique, l’auteur s’inspire de la vie de Padilla, dont il évoque la fulgurante ascension et la descente aux enfers, mettant l’accent sur sa relation avec Footit sur et en-dehors de la piste. Une amitié finalement impossible, pourrie par la célébrité, l’argent le jeu et la discriminations  

gala-fr-bande-annonce-de-chocolat-avec-omar-sy[1].jpgRéalisation, image, décors et costumes soignés dans ce film où Roschdy Zem propose quelques numéros imaginés d’après les saynètes originales et modernisés par le petit-fils de Charlie Chaplin James Thierrée, danseur, acrobate, musicien et metteur en scène.

Entre magie du cirque, satire politique, mélodrame, fable un peu moralisatrice dans la vision parfois manichéenne de ses héros, Zem évoque la dimension raciale et l’exploitation d’un être humain à travers les humiliations faussement rigolotes subies par le clown noir.  

Le tandem dominant-dominé faisait la joie d’un public conquis, hurlant de rire en voyant leur nègre adulé se faire botter le cul tous les soirs. Des situations rappelant un peu la Vénus noire d’Abdellatif Kechiche, Hottentote exhibée telle une bête de foire en Europe. La répétition à la longue douloureuse de ces scènes dégradantes pousse Chocolat à s’émanciper et à se lancer dans le théâtre.

Le film a été écrit pour Omar Sy, excellent, charismatique, presque trop célèbre pour parvenir à s’effacer devant Padilla, comme le réussit le moins connu James Thierrée devant Footit. Reste qu'ils forment un bon duo complice. A noter à leurs côtés Olivier Gourmet, Noémie Lvovsky, redoutable mégère et Clotilde Hesme dans le rôle (détourné) de Marie Grimaldi, qui fut la compagne de Chocolat pendant plus de 30 ans.
 
A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 février.

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28/01/2016

Melbourne: Federer encore KO. Il devra mettre de l'ail dans sa raquette pour vaincre Djoko le vampire!

4855412_6_14c1_novak-djokovic-of-serbia-celebrates-after_482ac6ee83f397d383c60a818f8bdc0b[1].jpgCaramba encore raté, avec la déception à la hauteur de l’attente. Sinon plus haut! Pour ne pas changer, les fans étaient tout feu tout flamme et les experts nous promettaient le choc des titans à Melbourne.

Mais encore une fois, la défaite ne faisait pas un pli. Car comme d’habitude Rodgeur avait marché sur ses adversaires depuis le début de l'épreuve australienne, et comme d’habitude il se retrouvait tel un second couteau, si impuissant face à sa bête noire que j'en avais carrément mal pour lui.

Je me disais que peut-être en demi-finale… Mais dernier carré ou finale, c’est du pareil au même, l’impitoyable loup de Belgrade ayant de nouveau miraculeusement réussi à hausser son niveau pour dominer outrageusement le Suisse, petit agneau tremblant s'offrant en victime expiatoire. 

C’eût d’ailleurs pu être une véritable exécution dans l'hypothèse d'un troisième set à l'image des deux affreux premiers où le malheureux Bâlois, errant pitoyablement sur le court façon fantôme, n’avait réussi à marquer que trois jeux. A l’instar de Nadal dans sa dernière confrontation avec Djokovic.

Certes, il y eut le sursaut de la troisième manche, bien tricotée par la légende, mais qui a tristement laissé filer les mailles dans la quatrième. Je ne vais donc pas me mentir, c'est juste l’horreur cette ixième défaite. Quand je pense que Gilles Simon avait malmené le Serbe jusqu’à le pousser au cinquième set, cela ne sent pas franchement bon pour le maestro en vue des éventuels duels du genre. Et donne évidemment du grain à moudre aux commentateurs français, pas peu fiers de l’exploit de leur compatriote.

Il n’empêche que le mystère plane. D’accord, Dracula  est actuellement l’incontestable super No 1. Reste que je ne sais pas quel venin il inocule à distance au pauvre Rodgeur, tant celui-ci semble tétanisé à l’entame de ses matches contre à ce monstrueux rival qu’il n’arrive décidément plus à battre dans les grandes occasions. 

Pour le toujours meilleur joueur de la planète dans l’absolu, une victoire dans un 500, une dans un mille et une autre dans un round robin, ne pèsent en effet pas lourd en regard de cuisants revers dans deux Grands Chelems et un tournoi des Maîtres. A mon avis il n’y a plus qu’une solution pour la légende. Accrocher des bouquets d’ail à sa raquette et verser subrepticement de l’eau bénite dans les bouteilles du vampire pour avoir enfin une chance de gagner tranquille… 

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25/01/2016

Melbourne: Wawrinka détruit par l'ADM Raonic. Pas de quoi inquiéter Monfils, selon les experts français

milos-raonic[1].jpgDisons-le tout net, Wawrinka était le seul du circuit à pouvoir battre Djokovic à Melbourne à en croire les experts, plus particulièrement suisses, dont Pascal Droz, le commentateur en l'occurrence extatique de la RTS. Autrement posé, à remporter sa troisième étoile, vu que les deux hommes ne pouvaient se rencontrer qu’en finale.

Une opinion que semblait d’ailleurs partager San The Man, encore renforcée par l’incroyable résistance opposée en huitièmes par Gilles Simon au saigneur de la raquette, le poussant au bout du bout et qui, selon les spécialistes subjugués, tricolores cette fois, avait rendu Dracula plus humain. Redonnant ainsi un espoir fou au commun des joueurs de pouvoir lui rentrer plus efficacement dans le lard. Merci au sauveur de l'espèce en danger...

Mais c’était fâcheusement oublier qu’avant le duel helvético-serbe annoncé urbi et orbi, il existait quelques obstacles sur la route de Stantastic. Et d'abord Raonic la catapulte qui, Federer l’avait appris à ses dépens à Brisbane, a adjoint quelques redoutables lancers de grenades aux habituelles bombes lui permettant jusqu’ici de maintenir la pression au service.

Un cocktail explosif faisant désormais de lui une arme de destruction massive, comme l’a constaté le malheureux  Vaudois, qui n’a pu s’empêcher en sus de se battre tout seul au second set. Pas de quoi pourtant inquiéter la bande à Riton, à commencer par Marion Bartoli. Elle voit très bien Gaël Monfils, prochain adversaire de la terreur canadienne, l’emporter les doigts dans les nez ou presque, à considérer la façon "hallucinante" de "l’exceptionnel" Parisien de se déplacer sur le court.

Et Guy Forget flanqué de Benoît Daniel d’ajouter qu’il n’y avait en effet là rien d’impossible, dans la mesure où Elasticman mène 2-0 dans ses confrontations avec Raonic l’épouvantail. Je leur rappellerai juste que c’était le double pour Stan. Mais évidemment pour nos chers voisins, un petit suisse est loin d’avoir la qualité, le fumet et la saveur d’une bonne tomme française! 

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19/01/2016

Grand écran:" The Danish Girl" raconte la vie du premier transgenre de l'Hstoire

the-danish-girl1-759[1].pngPlébiscité en 2011 pour Le discours d’un roi qui l’a révélé au grand public, le réalisateur britannique Tom Hooper s’est replongé dans l’époque avec The Danish Girl. Il retrace cette fois la singulière histoire vraie des peintres danois Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, le premier à voir subi, en 1930, une opération chirurgicale pour changer de sexe. A l’origine de cette décision périlleuse, une demande de Gerda qui, pressée de terminer un tableau en l’absence de son modèle, prie son mari d’enfiler ses bas, ses chaussures et sa robe. 
  
L'épisode marque le début d’une longue transformation. Troublé par cette expérience, Einar découvre qu’il se sent davantage lui-même en Lili et éprouve de plus en plus le besoin d’affirmer cette identité féminine. Il permet par ailleurs à Gerda, jusque-là portraitiste mondaine convenue et peu inspirée, de mieux exprimer sa créativité. Mais le couple, qui poursuit sa relation amoureuse, est  rapidement confronté à l’opprobre et aux interdits d’une société conservatrice.
 
Tous deux quittent le Danemark pour Paris en 1912, en espérant y vivre plus librement. Gerda se fait un nom  grâce à ses illustrations sensuelles, érotiques, provocatrices, révélant souvent une belle et mystérieuse créature…. En 1930, Lili se rend en Allemagne pour son opération. Mais les dangers de la chirurgie étant alors très élevés, elle meurt un an plus tard après cinq interventions et un rejet de greffe d’utérus.
 
Eddie Redmayne (photo) se glisse avec talent dans la peau du personnage. On pourrait lui reprocher une gestuelle maniérée et une affectation excessive, si ses minauderies ne cachaient pas avec justesse la gêne et le malaise d’une identité sexuelle ardemment souhaitée mais aussi difficile à investir pleinement qu’à assumer, surtout en public. Nominé, le comédien vise l’Oscar du meilleur acteur, tandis que l’émouvante Suédoise Alicia Vikander, alias Gerda, prétend au second rôle féminin.
 
En lice pour deux autres statuettes, Tom Hooper s’est inspiré du récit romancé de David Ebershoff et de la réalité pour raconter cette histoire d’amour liée à la quête irrépressible d'un homme  d’être une autre. A voir pour ce fait hors du commun,  même si la joliesse, le chic et le classique de la mise en scène ne soient pas vraiment à la hauteur de la gravité du sujet.  

A l’instar du traitement, certes sérieux et sans esbroufe mais qui, tendant à gommer la violence d’un parcours qu’on imagine tragique, confine parfois à la mièvrerie en dépit de son côté poignant. Comme si le réalisateur se retenait, de crainte de déplaire ou de choquer. Voilà qui n’a pas empêché le Qatar d’interdire le film, ridiculement qualifié de "dépravé". 

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 janvier.
 

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17/01/2016

Tennis ou ski: le sempiternel scénario qui tourne au navet, avec champions dans les choux!

283887-Jo-Wilfried-Tsonga[1].jpgLe premier Grand Chelem de l’année n’est pas commencé que déjà la bande à Riton s’emballe à l’idée de tous ces Bleus capables d’accrocher enfin une victoire à Melbourne. Parce qu’attention, c’est du lourd. Même en l’absence de  Gasquet.

Rien que le premier match de Tsonga contre Baghdatis fait saliver nos reporters et commentateurs de choc. Tous les autres peuvent se rhabiller, car ce duel sera évidemment et de loin le match le plus palpitant du premier tour...

Et je ne vous raconte pas le potentiel dément de Gaël Monfils. Lui, c’est simple. Venu d’une autre planète, il ne peut qu'enflammer le tournoi. A l’image de Benoît Paire, fort de son extraordinaire saison 2015. A croire nos experts hexagonaux, ces deux-là n'ont qu'à débarquer sur un court pour qu’il se passe quelque chose. Certes, mais en général pas ce qu'ils espèrent. 

Pourquoi cet enthousiasme délirant de leurs compatriotes pour leurs cracks? parce qu'ils savent se transcender comme personne lors de ces grands rendez-vous de la petite balle jaune figurez-vous. A se demander comment, en se dépassant constamment de la sorte, ils ont pu passer aussi lamentablement à côté du sacre depuis 33 ans.

Alors que pendant plus d’une décennie, il a suffi à Federer d’abord, puis à Nadal et ensuite à Djokovic de se balader sur les courts pour rafler la mise. Sans oublier des outsiders genre Murray, Wawrinka ou Cilic pour leur mettre à l'occasion des bâtons dans les roues ces trois dernières années.  

topelement[1].jpgEnfin, remarquez qu’il vaut mieux s’extasier avant. Parce qu’après le plus souvent il ne reste plus aux groupies que les yeux pour pleurer. A l'instar de leurs confrères helvétiques lors du pitoyable week-end de la spatule pour leurs idoles. Car là aussi, nos champions et championnes allaient tout bouffer entre Flachau et Wengen, sous le fallacieux  prétexte qu’ils avaient le podium dans leur champ de vision.

C’est fou ça. On peut changer les équipes, remplacer Sa Logorrhée Jaton par Pierre, Jacques ou Jean, nos comiques de la télé nous fourguent tous sans exception le même scénario qui tourne quasi invariablement au navet. Avec les Suisses dans les choux! Le triste sort de la fusée Gut, jouant malencontreusement au pétard mouillé face à la reine des neiges Vonn, qui s'était pourtant retrouvée le nez dans la poudreuse!  

19:25 Publié dans Développement durable, Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

13/01/2016

Grand écran: "Et ta soeur", huis-clos vaudevillesque banalement revisité

maxresdefault[1].jpgLa réalisatrice indépendante américaine Lynn Shelton inspire décidément ses confrères français. Mais pas pour le mieux. Après Humday, où deux amis hétéros jouaient aux gays, laborieusement adapté par Yvan Attal, c’est Marion Vernoux qui s’est lancée dans le remake de la comédie sentimentale Ma meilleure amie, sa sœur et moi (Your Sister’s Sister), sorti en 2013.

Comme l’original ne décollait pas vraiment en dépit de son côté attachant et de ses bons comédiens, la copie, intitulée Et ta sœur, se révèle sans surprise plutôt insipide. Trois trentenaires immatures et mal dans leur peau se retrouvent dans une maison en Bretagne. Il y a d’abord Pierrick, dévasté après la mort de son frère qui a lâché le concours de bibliothécaire et Marie, homosexuelle tentant de se remettre d’une rupture douloureuse après sept ans.

Passant une soirée très alcoolisée, ils couchent ensemble. Se sentant un rien gênés aux entournures, ils tentent de dissimuler la chose à Tessa, la demi-soeur de Marie secrètement amoureuse de Pierrick et débarquant inopinément le lendemain matin.

Du coup, on a droit à un huis-clos banal et paresseux en forme de vaudeville plat, où Grégoire Ludig, découvert dans le "Palmashow" ne cesse de nous gratifier de clowneries bien lourdaudes.

A ses côtés Virginie Efira, squattant de plus en plus les écrans, ne se montre pas trop convaincante dans le rôle de la lesbienne orpheline de sa copine et qui se fait un mec. Géraldine Nakache complète sans génie ce trio (photo) qui prétend à nous séduire et à nous émouvoir entre mensonges et faux semblants.

A l‘affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 février.

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Grand écran: "MacBeth", du bruit, du pompeux, de la grandiloquence. Et beaucoup d'ennui

KP_261194_crop_1200x720[1].jpgNe relit pas bien Shakespeare qui veut. On en a la triste démonstration avec cette nouvelle adaptation de MacBeth signée de Justin Kurzel. Suite à Orson Wells, Roman Polanski ou Akira Kurisawa, qui a transpoée l’histoire dans le Japon du 16e siècle, le cinéaste australien s’est donc à son tour attaqué à ce gros morceau. Et s’embourbe dans la plus célèbre tragédie du grand William, en forme de réflexion sur le pouvoir, le libre arbitre, la mort, le crime et le châtiment.

Nous sommes donc au 11e siècle, en Ecosse. MacBeth, chef des armées, sort en vainqueur de la guerre qui ravage le pays. Sur sa route, trois sorcières lui prédisent qu’il deviendra roi. La prophétie pousse le tyrannique  MacBeth à concocter, avec sa femme bien-aimée encore plus ambitieuse que lui, un plan machiavélique pour monter sur le trône. Une plongée dans la folie destructrice et meurtrière.

Certes le texte est respecté au mot près, mais c’est loin de suffire dans ce drame languissant, tonitruant, bavard, à la mise en scène ampoulée, grandiloquente, prétentieuse, maniérée, aux effets ridicules, que n’arrangent pas une musique pompeuse et un flot de ralentis, de brumes et d’images rouge sang.

Côté acteurs, Marion Cotillard et Michael Fassbender tentent vaillamment d’assumer cette descente aux enfers. Sans toutefois y parvenir, à force de démesure dans leur jeu. En somme, on s’ennuie beaucoup chez ce poseur de Justin Kurzel, qui nous inflige beaucoup de bruit et de fureur pour pas grand-chose. Sinon rien.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 janvier.

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Grand écran: "Creed- L'héritage de Rocky Balboa" a de quoi nous mettre KO...

10114[1].jpgAprès le premier Rocky, Creed est le meilleur de la série. Quarante ans plus tard et dix après le dernier épisode, son auteur Ryan Coogler raconte l’histoire d’Adonis Johnson, fruit de l’adultère de son célèbre père Apollo Creed et recueilli par la veuve du boxeur, mort avant sa naissance.

Bien que poursuivant une belle carrière dans la finance, Adonis est taraudé par l’idée de marcher dans les pas de son père et se rend à Philadelphie où Apollo Creed a affronté Rocky Balboa dans un combat aussi mémorable que légendaire. Il retrouve ce dernier et lui demande de l’entraîner. Pas très chaud, l’emblématique Rocky finit par accepter, décelant chez Donnie la force et le talent d'Apollo.

Le réalisateur de 27 ans a confié le rôle d’Adonis à Michael B. Jordan, héros de Fruitvale Station, inspiré d'un fait divers dramatique qui les avait révélés tous les deux. Jeune, costaud, fougueux et avide de se faire un nom, il est très bon dans son duo touchant avec Sylvester Stallone. Qui, lui, se révèle magnifique en ancien champion vieillissant et malade.

Suite à celui obtenu aux Golden Globes, on parle d’Oscar du second rôle pour la performance du monstre sacré de 69 ans, pleine de justesse, de sensibilité et de subtilité, permettant à Adonis de progresser, tout en trouvant à son contact une nouvelle raison d’exister. Même si Sly devenu mentor devra livrer un nouveau combat, le plus mortel de tous, après avoir raccroché les gants.

Il y a quelque chose de Million Dollar Baby au masculin dans l'émotion que nous procure cet Héritage de Rocky Balboa. Sans révolutionner le genre, très cinématographique, Ryan Coogler propose pourtant bien davantage qu’un film de boxe. Il s’agit là de passé et de présent, de passage de témoin, de filiation, de transmission. Ce film intense autant qu’intime, en dépit d’une partition chargée façon Hollywood, joue sur la profondeur de la relation et des sentiments entre ces deux personnages. Avec un final bouleversant, qui nous arrache une petite larme. En résumé Creed, boostant la saga, a de quoi nous mettre KO. 

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 janvier.

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12/01/2016

Grand écran: "Carol", le coup de foudre interdit dans l'Amérique puritaine des fifties. Brillant

Carol FL[1].jpgTodd Haynes signe, avec Carol, un superbe mélo lesbien, adapté de The Price of Salt, roman que Patricia Highsmith publia en 1952 sous le pseudonyme de Claire Morgan. Le film ouvre sur une scène montrant deux femmes discutant autour d’un verre dans un bar chic de Big Apple. Un homme vient interrompre leur conversation intime…

Retour en arrière et on se retrouve à la veille des fêtes de Noël sur la Cinquième Avenue. Cherchant un cadeau pour sa fille, Carol (Cate Blanchett) une riche bourgeoise newyorkaise en manteau de fourrure, rencontre Thérèse (Rooney Mara) une jeune et charmante vendeuse au bonnet rouge, qui emballe les paquets au comptoir jouets d’un grand magasin.

La paire de gants prétexte…

En pleine crise d’identité, timide et solitaire bien qu’elle ait un petit ami prêt à bâtir un avenir avec elle, Thérèse est subjuguée par la beauté, la liberté, la classe folle de cette femme plus âgée. Des regards, quelques mots et c’est l’étincelle. Une paire de gants opportunément oubliée servira de prétexte à Thérèse pour revoir Carol, qui a toujours assumé ses relations lesbiennes, brisant les règles de son monde. Piégée dans un mariage convenu, étouffant dans le carcan familial, elle est sur le point de divorcer de Harge, un banquier d’affaires dont elle a eu une petite fille.

Harge tente de la retenir mais se rend compte qu’il ne peut pas lutter contre l’attirance puissante que les deux femmes éprouvent l’une pour l’autre. Frustré, déterminé à se venger de celle qui détruit son univers, le veule personnage utilisera sa préférence sexuelle, à l’époque considérée comme une maladie mentale, pour obtenir seul la garde de l’enfant.

Les menaces de Harge effraient Carol qui adore sa fille. Mais se retrouvant seule le soir de Noël et en attendant la dure bataille judiciaire, elle ose emmener Thérèse dans une virée vers l’Ouest. Un road trip au cours duquel elles tombent follement amoureuses. .

Mise en scène brillante et comédiennes formidables

Avec la complicité de son chef opérateur Ed Lachman, à ses côtés pour Loin du paradis (2002) évoquant déjà l’homosexualité et le racisme dans l’ambiance oppressante des fifties, Todd Haynes réalise un bijou de mélo à la Douglas Sirk en le modernisant sans excès.  

Bousculant les normes d’une société corsetée, surfant sur les différences sociales et sexuelles, Carol propose une mise en scène sophistiquée, brillante pour un opus à l’esthétique raffinée, à la reconstitution particulièrement soignée..

1119979_cannes-2015-todd-haynes-emballe-cannes-avec-carol-web-02172492708[1].jpgIl est en plus servi par une superbe Cate Blanchett dans la lignée des sublimes Lana Turner ou Joan Crawford. On la voit un rien affectée et hautaine au début, signe de son appartenance à la haute société. Mais le vernis craque et elle se laisse aller petit à petit. Le feu sous la glace.

Face à elle Rooney Mara achève de nous séduire avec son allure à la fois déterminée et délicate rappelant irrésistiblement la fragilité d’une Audrey Hepburn. Sacrée meilleure actrice au dernier Festival de Cannes, la comédienne a dû partager son prix avec Emmanuelle Bercot qu’un jury aveugle a préféré à la divine Cate Blanchett. Aberrant!

A l’affiche dans ls salles de Suisse romande dès mercredi 13 janvier.

 

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10/01/2016

Melbourne: Djokovic peut dormir tranquille. Pour autant qu'il ait des insomnies!

Tennis-Djokovic-et-Nadal-sans-forcer-a-Doha_slider[1].jpgVous me rétorquerez que c’est facile à dire après. Il n’empêche qu’elle s’est bien vite sentie cette défaite du maestro contre le bombardier Raonic. Avant même l’abandon assez pitoyable de son service, le Suisse s’est souvent retrouvé à égalité ou presque, tandis que le Canadien remportait aisément les siens. 

Et malheureusement tout était consommé à la perte du set initial par la légende, tant on avait du mal à l’imaginer, en regard de ses laborieuses évolutions sur le court, prendre un jeu à son adversaire dans le second. Alors que le contraire paraissait évident pour ce dernier, surtout avec une ou deux balles de break naturellement galvaudées par le phénix. Lancinante cette mauvaise habitude.

Certes il n’était pas au mieux de sa forme, encore gêné avouait-il par le refroidissement qui l’avait obligé à appeler un médecin au début du tournoi. Je serais quasiment tentée de le croire après l’avoir entendu tousser et vu transpirer un chouïa. Deux choses rarissimes chez le Bâlois.

Une telle petite santé face à Raonic, c’est sûr qu'il n'y avait pas moyen de moyenner. Mais au moins notre gloire nationale n‘a-t-elle pas subi le châtiment inique infligé par Djokovic à Nadal à Doha! Une véritable humiliation dans la mesure ou c'est de surcroît l'opposant à Dracula qui a marqué le moins de jeux. Trois!!! Figurez-vous que les plus mal classés, le fantasque Dustin Brown et le faiblard Fernando Verdasco, en ont chacun marqué un de plus. 

La défaite au Qatar du malheureux pitbull aux crocs sérieusement émoussés se révèle par ailleurs nettement moins étonnante que celle de l’Helvète à Brisbane, lorsqu’on considère ses médiocres performances dans sa partie de tableau. Non seulement l’Espagnol n’a eu à affronter que des troisièmes couteaux jusqu'en finale, mais il a réussi à égarer un set face à deux d’entre eux.

Bref, le Serbe peut dormir tranquille. Pour autant qu’il ait souffert d'insomnies ces dernières années! Et ce n’est sûrement pas Wawrinka qui va lui en donner. Bien que Stan ait fait saliver un frétillant Pascal Droz au studio de Genève en raflant, aux dépens du Croate Borna Coric, 19 ans et 40è mondial, son quatrième trophée à Chennai, le troisième de suite.

Comme si cela ne suffisait pas au bonheur de l'express de Belgrade, Andy Murray est prêt à quitter l’Australie, sinon à zapper un éventuel duel au sommet, en cas d’accouchement prématuré de Madame. Du coup je me demande s’il est utile pour les joueurs de se fatiguer à parcourir de milliers de kilomètres juste pour aller se faire saigner à blanc par le vampire à Melbourne! 
   

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06/01/2016

Grand écran: "Les Huit Salopards", le western gore de Quentin Tarentino

jackson_une[1].jpgPris par le blizzard, huit voyageurs vont se retrouver coincés dans un refuge de montagne. Voici brièvement résumé le pitch de ce très long-métrage ressuscitant le 70 mm, signé Quentin Tarentino et pour lequel Ennio Morricone a accepté d’écrire la musique. Il se déroule après la Guerre de Sécession et réunit une brochette d’acteurs fétiches du réalisateur.

A commencer par Samuel L.Jackson (photo) dans le rôle du Major Marquis Warren, vétéran de l’Union devenu chasseur de primes dans le Wyoming. En chemin il monte à bord d’une diligence, déjà occupée par John Ruth (Kurt Russel), un collègue brutal enchaîné à sa prisonnière Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh), dont la tête mise à prix pour 10’000 dollars lui sert de punching ball. Ainsi que par Chris Mannix (Walton Goggins) se revendiquant comme le futur shérif de Red Rock, destination finale de cet attelage infernal.

Mais une grosse tempête de neige contraint les quatre individus louches à s’abriter chez Minnie, une auberge de bois qui craque de partout et où un autre quatuor les a précédés. Il est formé d’un vieux général sudiste (Bruce Dern), d’un cow-boy taiseux (Michael Madsen), d’un bourreau (Tim Roth) et d’un drôle de pistolet mexicain (Demian Bichir).

Une taupe s’étant glissée parmi eux, nos Huit salopards sont ainsi réunis pour un huis-clos façon Agatha Christie... s’il n’était pas aussi sanglant. Les chasseurs de primes soupçonnant en effet la présence d’un traître chargé de libérer la captive, les choses tournent rapidement à une boucherie horrifique. Ce qui n’est pas spécialement étonnant, vu le net penchant de Tarantino pour l’hémoglobine, doublé d’un goût également prononcé pour les bavardages interminables sous couvert de dialogues percutants.

Cela nous donne finalement un western gore parano sous haute tension extraordinairement verbeux. En dépit du format intéressant, de l'hommage au genre, de la prestation des comédiens et de références à l'Amérique actuelle (racisme, femmes violentées), à déconseiller fortement à ceux qui, en gros, n’aiment pas l’auteur. D’autant que ce n’est pas son meilleur film et qu’il dure plus de trois heures. De quoi accumuler quelques scènes ennuyeuses et d’une complaisante inutilité. 

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 janvier.   

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02/01/2016

Grand écran: films d'auteurs, biopics, super-héros, animation, ce qui nous attend en 2016

A première vue, 2016 semble s’annoncer mieux que 2015 qui a connu son lot de navets, plus particulièrement côté comédies françaises et américaines. Mais voyons un peu ce que la branche nous a concocté dans différents genres. A commencer par les films d’auteurs, dont nous avons vu les quatre premiers cités.

carol-skip-crop[1].jpgCarol de Todd Haynes

Avec cette adaptation de The Price Of Salt, roman que Patricia Highsmith publia en 1952 sous le pseudonyme de Claire Morgan, Todd Haynes signe un superbe mélo lesbien dans l’Amérique puritaine des fifties. Il raconte la liaison entre une riche bourgeoise newyorkaise piégée dans un mariage convenu, mais assumant sa préférence sexuelle  et une timide jeune vendeuse de jouets en pleine crise d’identité. A l’affiche une superbe Cate Blanchett et la délicate Rooney Mara. Un véritable coup de cœur que ce coup de foudre interdit.

Les huit salopards de Quentin Tarentino

Pris par une tempête de neige, huit voyageurs se retrouvent coincés dans un refuge en montagne, Ce très long métrage dont le célèbre Ennio Morricone a accepté de faire la musique et qui e déroule quelques années après la Guerre de Sécession, réunit  notamment Samuel L. Jackson, Kurt Russel, Michael Madsen et Jennifer Jason Leigh. On vous en révèlera davantage sur ce western gore en forme de huis-clos lors de sa sortie mercredi 6 janvier.

Au-delà des montagnes de Jia Zhang-ke

Centré sur une femme entre deux amours qu’il montre à trois âges de sa vie, le réalisateur propose un émouvant mélodrame dans une Chine traversée par les changements économiques. Au-delà des montagnes (Mountains May Depart) conduit notamment à l’’oubli de ses racines une partie du pays vivant à l’heure anglaise, et où les nouveaux riches brassent des affaires à Shanghai. Jia Zhang-ke livre une fine analyse critique des comportements et des sentiments entre passé, présent et futur.

Chocolat de Roschdy Zem

Inspiré du livre Chocolat, clown nègre de l'historien Gérard Noiriel, ce biopic retrace la vie de Rafael Padilla (incarné par Omar Sy), premier artiste noir de cirque en France. Vendu comme esclave à 9 ans, il s'échappe et gagne Paris en 1886  Surnommé Chocolat, Padilla devient l'un des artistes emblématiques du Montmartre de la fin du XIXe, début du XXe siècle.  Avec Tudor Hll, alias Footit, joué par James Thierrée, Chocolat forme en effet un des duos comiques les plus connus de l'époque. 

the-danish-girl1-759[1].pngThe Danish Girl de Tom Hooper

Le Britannique relate la remarquable histoire des peintres danois Gerda Wegener et Lili Elbé, née Einar Wegener, premier transsexuel connu à avoir subi, dans les années 30, une opération pour changer de sexe. Tout en poursuivant sa relation avec sa femme. Un jour Gerda pressée de finir un tableau, demande à son mari d'enfiler bas, chaussures et robe pour remplacer un modèle absent. Dès cet instant, Einar sent de plus en plus en lui un besoin irrépressible d’exprimer sa féminité. Avec l’Eddie Redmayne et Alicia Wikander

Steve Jobs de Danny Boyle

On reste dans la biographie avec Michael Fassbender qui se glisse dans le costume du fondateur d’Apple. Découpé en trois parties se déroulant dans les minutes précédant les lancements médiatiques respectifs du Macintosh 128K, du NeXT Computer et de l'iMac, le film imagine, essentiellement par des dialogues, les discussions et conflits que Jobs a eus avec ses proches dans ces moments-clé.

Aux yeux de tous de Billy Ray

On a quelques craintes, cet opus étant le remake du remarquable et bouleversant Dans ses yeux de l’Argentin Juan José Campanella, Oscar 2010 du meilleur film étranger. En même temps, on est curieux de découvrir le tandem Julia Roberts et Nicole Kidman, les deux stars hollywoodiennes se donnant pour la première fois la réplique à l’écran. 

robin_williams_in_boulevard_photo_courtesy_of_starz_digital_2_[1].jpgBoulevard de Dito Montiel

Ayant fait un mariage de convenance, Nolan Mack est pourtant un mari dévoué. Mais quand il rencontre Leo, ses secrets les plus cachés vont ressurgir. Il s’agit de la dernière apparition de Robin Williams avant sa mort en juillet 2014, dans le rôle de cet employé de banque qui accueille un jeune prostitué à la veille de son départ à la retraite.

Money Monster de Jodie Foster

Et revoilà Julia Roberts, en compagnie d’une autre icône hollywoodienne, George Clooney. Ils partagent l’affiche chez Jodie Foster pour un long métrage évoquant Lee Gates, une personnalité de la télévision et un gourou de la finance à Wall Street, pris en otage devant des millions de spectateurs pendant son émission par un homme qui a perdu tout son argent en suivant ses conseils.

Elle de Paul Verhoeven

A la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, Michèle est une femme que rien ne semble atteindre. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Pour son premier film en français adapté de Oh de Philippe Djian, Paul Verhoeven a choisi Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Virginie Efira, Anne Consigny et Charles Berling.

A signaler encore parmi les films attendus, The Revenant  d’Alejandro Gonzales Inarritu, Miss Peregrine et les enfants particuliers de Tim Burton, Inferno de Ron Howard, Mr Holmes de Bill Condon, Le Bon Gros Géant de Steven Spielberg.

1223952_Doctor%20Strange[1].jpgCôté super-héros, Batman vs Superman: l’aube de la justice de Zack Snyder, Captain America: Civil War d’Anthony et Joe Russo, X-men: Apocalypse de Bryan Singer, Doctor Strange de Scott Derrickon.

Parmi les suites, Les visiteurs : la Terreur de Jean-Marie Poiré, Alice de l’autre côté du miroir de James Robin, Independance Day Resurgence de Roland Emmerich, Zoolander 2 de Ben Stiller, Jason Bourne 5 de Paul Greengrass.

Reste enfin l’animation, avec Zootopie, Kung Fu Panda, Angry Birds, Le monde de Dory, ou encore L’âge de glace 5: les lois de l’univers.

Bonne Année à tous!

16:36 Publié dans Cinéfil | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

31/12/2015

Grand écran: entre drame, thriller ou comédie, mes films préférés de 2015

Le-Fils-de-Saul-la-critique[1].jpgLe fils de Saul de Laszlo Nemes. Octobre 1944, camp d’extermination d'Auschwitz. Juif hongrois, Saul Ausländer est membre d'un des Sonderkommandos formés de déportés plus forts que les autres, recrutés par les nazis et forcés de les assister dans la macabre mise en œuvre de la solution finale. Avant d'être liquidés eux aussi.

Saul travaille dans un crématorium quand, au milieu des cadavres,  il croit reconnaître celui de son fils. il est dès lors obsédé par l'idée de lui offrir une sépulture digne.

Laszlo Nemes plonge le spectateur dans l'innommable quotidien de son héros, remarquablement interprété par l'impressionnant Géza Röhrig, New-Yorkais d'origine hongroise. Cette immersion dans l'insoutenable vous secoue, vous touche d'une manière viscérale et vous laisse complètement sonné.

Foxcatcher de Bennett Miller

Pour assouvir ses rêves de grandeur, l’excentrique milliardaire américain John du Pont, patriote passionné de lutte gréco-romaine, décide de coacher deux champions de la discipline pour les JO de Séoul en 1988. Et met sur pied une luxueuse structure d’entraînement à Foxcatcher, la propriété familiale.

Bennett Miller s’inspire d’un fait divers fou vécu par les frères Dave et Mark Schuztz, médaillés d’or à Los Angeles en 1984 et qui formeront l’équipe choc de John du Pont. Le trio évolue dans une ambiance malsaine qui le conduit vers une fin tragique.

Le réalisateur s‘aventure au-delà du sport pour livrer un fascinant thriller psychologique à haute tension,.Avec Steve Carell méconnaissable en héros malfaisant, mégalo et Channing Tatum très convaincant en costaud fruste, névrosé et vulnérable.

193450[1].jpgLe pont des espions de Steven Spielberg

Brillant avocat, James Donovan (Tom Hanks), est engagé en 1957 pour défendre Rudolf Abel, un espion soviétique, qui écope de 30 ans de prison. Un an après l’édification du Mur de Berlin, un pilote américain est fait prisonnier par les Soviétiques. Donovan est chargé de négocier sa libération contre celle de Rudolf Abel.
 .
Dans son vingt-huitième long métrage, Steven Spielberg propose un récit historique virtuose, captivant et puissant, un drame humain au suspense efficace ainsi qu’une bluffante reconstitution d’époque où on revit par exemple comme si on y était la construction du Mur.

Il recrée également avec humour les tensions de ces années aux Etats-Unis et les considérables moyens sécuritaires déployés pour faire face à la hantise du communisme,

Imitation Game de Morten Tydlum

A la tête de grosses têtes en tous genres, le célèbre mathématicien britannique Alan Turing va aider les Alliés à remporter la Seconde Guerre mondiale en décryptant les codes d'Enigma, la fameuse machine utilisée par les nazis,et réputée inviolable jusque-là. .

Pour son premier long-métrage américain inspiré du livre biographique d'Andrew Hodges, le Norvégien Morten Tydlum raconte cette histoire, tout en se penchant sur la vie du pionnier de l'ordinateur. Persécuté pour son homosexualité, ce héros de guerre discret est retrouvé mort (suicide ou accident) par empoisonnement au cyanure le 7 juin 1954. Il avait 42 ans.

Benedict Cumberbatch, livre une remarquable prestation dans ce passionnant thriller en enfilant le costume d’un  personnage hors norme, génial ancêtre de l'intelligence artificielle, réhabilité par la reine Elizabeth en 2013.

7778474659_vincent-lindon-montre-sa-recompense[2].jpgLa loi du marché de Stéphane Brizé

Thierry, quinqua chômeur, marié et père d’un enfant handicapé, galère depuis vingt mois. Il finit par se retrouver vigile dans un supermarché, puis auxiliaire de sécurité, chargé d’espionner les clients chapardeurs potentiels et ses malheureux collègues mal payés tentés d’en faire autant.

Dans cette fiction sociale au froid réalisme documentaire Stéphane Brizé raconte l’histoire de la défaite programmée des exclus. En évoquant la brutalité du marché pour les pauvres qui deviennent toujours plus pauvres, face à l’indécence des gros qui ne cessent de s’engraisser sur leur dos. Un rôle sur mesure, pour l’excellent Vincent Lindon qui lui a permis de décrocher le prix de meilleur acteur à Cannes.

Back Home de Joachim Trier

Le premier film en anglais du cinéaste norvégien se déroule trois ans après la mort inattendue d’une célèbre reporter de guerre (Isabelle Huppert) dans un accident de voiture. Elle a plongé en plein chaos un mari (Gabriel Byrne) et deux garçons, un jeune adulte qui vient d’être papa et un ado en crise de 14 ans féru de jeux vidéo violents.

Leur chagrin est ravivé par la préparation d’une exposition à New York sur le travail de leur épouse et mère. Doublé d’un bouleversement avec la révélation d’un douloureux secret. Les trois se réunissent dans la maison familiale et Trier propose le  points de vue de chacun sur le drame.

Le plus intéressant dans ce film parfaitement interprété, c’est la construction d’un récit hypnotique et troublant, morcelé entre rêves, flash-backs et regards différents reflétant la complexité de l’existence.

dafa558e26447adfc1517768a30423f9[1].jpgLa belle saison de Catherine Corsini

Cécile de France et Izïa Higelin portent magnifiquement cette histoire d’amour homosexuelle bouleversante, joyeuse, sombre et mélodramatique entre Delphine, une jeune paysanne de 23 ans rêvant d’avoir sa ferme et Carole, une Parisienne de 35 ans alors en couple avec un homme et très investie dans le combat féministe des seventies.

Cette plongée dans ces années-là permet notamment à la réalisatrice de rendre hommage aux femmes engagées à la tête de la lutte pour l’égalité et l’émancipation, souvent dénigrées, insultées, traitées de mal baisées ou autres grossièretés du genre. Nombre d’entre elles étaient homosexuelles, ont pu se faire entendre et contribuer ainsi largement à faire avancer les choses sur les problématiques à la fois politiques et intimes.

Les cowboys de Thomas Bidegain

Fan de culture country, Alain est l'un des piliers d'une communauté du genre dans l'est de la France. Lors d'un rassemblement, il danse avec Kelly, sa fille chérie de 16 ans, sous le regard de sa femme et de son fils Kid. Peu après, tous trois s'aperçoivent soudain qu'elle a disparu. Alain se lance alors à sa recherche, parcourant le monde, sacrifiant tout, sa vie de famille, la jeunesse de son fils qu'il embarque dans sa quête enragée, obsessionnelle.

On découvrira à la fois la conversion de Kelly à l'Islam radical, l’impossibilité pour son père d’accepter de vivre sans elle et de s’adapter aux autres. La réussite de ce western moderne signé Thomas Bidegain, tient à sa mise en scène, sa photographie, ses décors, tout comme à ses interprètes, dont le formidable François Damiens.

featured_irrational-man[1].jpgL’homme irrationnel de Woody Allen

Abe Lucas, prof de philo à la ramasse, débarque sur le campus d’une petite ville américaine. Tentant de remplir le vide de sa vie avec le sexe, cet alcoolique désabusé et bedonnant entame d’abord une liaison avec une collègue en manque. Puis il passe à Jill, la plus jolie élève de sa classe attirée par cet érudit  dépressif, qui a perdu foi en l’existence. Jusqu’à ce qu’il retrouve la joie de vivre dans le crime…

Une comédie romantique qui vire au polar, divertissante, sans prétention, où  Woody Allen continue à soulever avec spiritualité, désinvolture, et cynisme les questions existentielles qui le passionnent .Côté acteurs, la sexy Emma Stone assure avec charme, tandis que Joaquin Phoenix, assume avec décontraction son imposant tour de taille et son penchant pour la bouteille.

Fatima de Philippe Faucon

Femme de ménage, d’origine marocaine Fatima vit seule dans la banlieue lyonnaise avec ses deux filles, Souad 15 ans, ado rebelle qui a honte du travail de sa mère, et Nesrine, 18 ans, étudiante en médecine. Les rapports entre elles et Fatima, qui maîtrise par ailleurs mal le français, sont compliqués, sinon conflictuels.

Mais elle ne se tue pas moins à la tâche pour leur assurer le meilleur avenir possible. Un jour, elle tombe malencontreusement dans un escalier. En arrêt maladie, elle décide de tenir un journal à l’intention de ses filles, écrivant en arabe ce qu’elle n’a pas pu ou ne peut toujours pas leur dire en français.

Ce tendre et émouvant portrait de femmes s'inspire du journal de Fatima Elayoubi, interprétée par Soria Zeroual, également femme de ménage.

648x415_catherine-frot-role-marguerite-inspiree-cantatrice-florence-foster-jenkins[1].jpgMarguerite de Xavier Giannoli

Elle assassine Mozart mais ne s’en rend pas compte. Depuis des années Marguerite Dumont, baronne passionnée de musique, casse les oreilles du cercle d’habitués qui squattent son château. Mais les hypocrites feignent l’éblouissement pour mieux  profiter de ses largesses.

Xavier Giannoli, s’inspire de la vie de la richissime Américaine Florence Foster Jenkins, une soprano culte à la voix fausse qui, grâce à son argent, se produisait et enregistrait des albums au début du XXe siècle. .
L’auteur a transposé, dans le Paris des années 20, une  version ambitieuse. Elle repose essentiellement sur les épaules de Catherine Frot, tour à tour excessive, excentrique, ridicule, émouvante dans cette comédie tragique, qui est aussi une histoire d’amour.

Les nouveaux sauvages de Damian Szifron

Réalisateur, scénariste, créateur de Los Simuladores, une série télévisée très populaire dans son pays, l’Argentin Damian Szifron livre son troisième long-métrage produit par Pedro Almodovar.

Sur fond d’inégalité et d’injustice, de trahison, de déprime et de stress, le cinéaste critique en six histoires à l’humour noir corrosif et féroce une Argentine actuelle, où il explore la fragilité de gens confrontés à la réalité d’un quotidien aussi cruel qu’inattendu.

Face à des situations qui les dépassent, absurdes, inextricables, surréalistes, ses personnages perdent les pédales et finissent par péter les plombs. C’est jouissif.

Une seconde mère d'Anna Muylaert

Domestique depuis dix ans chez de riches Brésiliens de Sao Paulo, Val sert à la fois de bonne à tout faire, de nounou et de mère de substitution pour le fils de la famille qu’elle a pratiquement élevé. Abandonnant ainsi Jessica, sa propre fille, qui débarque après des années et ne se gêne pas  pour bousculer la hiérarchie ambiante.

Anna Muylaert, propose un portrait de la société de son pays par le biais d’une comédie dramatique à rebondissements savoureuse, drôle et touchante. Se iivrant parallèlement au jugement sévère d’un hypocrite système de castes que rejette Jessica, symbole d’une jeunesse rétive à l’asservissement, la condescendance et l‘humiliation. .

 

 

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30/12/2015

Grand écran: "The Big Short", un thriller déjanté sur la crise des subprimes

images1RHCJHOB.jpgChristian Bale, Brad Pitt, Ryan Gosling, Steve Carell, un casting cinq étoiles pour revisiter la façon dont quatre outsiders visionnaires anticipent l’explosion de la bulle financière en 2008 et parient contre les banques pour rafler la mise. Autrement dit mettent au point The Big Short (Le casse du siècle). 

Adam McKay, spécialisé dans l’écriture et la réalisation de comédies loufoques, revient sur la fameuse et cataclysmique crise des subprimes qui a frappé Wall Street et ébranlé le système. Provocateur, cynique, indigné, mordant, corrosif, dénonciateur de la corruption, des spéculateurs indignes et du capitalisme sauvage, l'auteur adopte aussi un ton pédagogique en nous offrant en quelque sorte un cours d’économie de plus de deux heures pour nous expliquer comment on s’est empêtré dans ce bourbier. 

Enfin tente de nous expliquer la manœuvre. En effet, c’est drôlement touffu tout ça. Et si certains estiment la démonstration lumineuse, ils ont de la chance. Ou alors de sérieuses connaissances dans le domaine. Car ce n’est pas une mince affaire de suivre le guide. Nonobstant des interludes vulgarisateurs cocasses, à l’image de celui de la fille canon prenant son bain une coupe de champagne à la main et nous décortiquant avec une facilité déconcertante des mécanismes financiers d’une rare complexité.

Mais au moins retiendra-t-on la mise en scène inédite, l’interprétation impeccable des quatre principaux protagonistes, ainsi que le côté fou, déjanté de ce thriller survolté façon Loup de Wall Street de Scorsese qu’on préfère toutefois. Parfaitement documenté et forcément intelligent toutefois, ce Big Short aussi bavard que décoiffant est adapté d’une histoire véridique dont Michael Lewis a fait un livre.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 décembre. 
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Grand écran: "Le Nouveau", une chronique adolescente qui sonne juste

image_content_general_19846820_20151222222447[1].jpgIntégrer une nouvelle école, c’est plus que compliqué pour un adolescent. Benoît en fait la douloureuse expérience. Comme toujours il y a un meneur charismatique qui veut tester son pouvoir, en l’occurrence le populaire Charles, qui rend la vie dure au nouveau avec des potes à sa botte.

Pas question que quiconque lui fasse de l'ombre. Les seuls à  manifester de la sympathie à Benoît sont évidemment des élèves sur la touche, peu gâtes par la nature de surcroît. Sauf Johanna, une jolle Suédoise à qui il semble plaire.

Benoît est aux anges, mais son bonheur ne dure pas. Sans surprise elle ne tarde pas à rejoindre la bande de Charles. Sur les conseils de son oncle, le gamin un peu désespéré organise alors une soirée et invite toute sa classe…

Le Nouveau est le premier long-métrage de Rudi Rosenberg qui, à part Max Boublil en tonton particulièrement immature, a choisi des acteurs non professionnels, dont l'excellent Réphaël Ghrenassia alias Benoît (au centre de l'image), pour interpréter avec beaucoup de naturel cette chronique adolescente attachante.

Alors certes, le scénario ne brille pas par une originalité folle. Mais, en dépit de quelques maladresses, d'un certain manque d'imagination et d’une trop grande prévisibilité, le film séduit par la pertinence des situations, l'observation des comportements, des codes, la justesse de ton, des dialogues, la sensibilité, l'humour.

On navigue ainsi entre le léger et le grave, le malaise et l’enthousiasme, la hantise du rejet, la crainte d’une éventuelle différence, le tout sur fond de méchanceté et de cruauté propres à cet âge.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 décembre.

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Grand écran: "Joy", une panosse miracle et c'est parti pour le rêve américain!

JOY[1].jpgFille de parents divorcés, séparée de son mari, Joy, flanquée d’une famille aussi excentrique que dysfonctionnelle, se dépatouile comme elle peut entre ses deux enfants, son ex qui squatte le sous-sol de la maison, sa mère accro aux feuilletons télé qui ne quitte pas son lit, et son père inconséquent qui veut revenir vivre avec eux.

Inventrice née, elle a un jour une idée de génie en fabriquant une serpillère révolutionnaire, le Miracle Mop. Et c'est parti pour la gloire. L’opus est tiré de l’histoire vraie de Joy Mangano, mère au foyer frustrée qui, suite à quelques tribulations, se retrouve à la tête d’un empire d’un milliard de dollars grâce à cette panosse de choc et autres créations domestiques d’un juteux rapport. 

Pour cette success story peu glamour mais qu'importe, le réalisateur David O Russel, notamment auteur du film de boxe The Fighter, retrouve Jennifer Lawrence, Bradley Cooper et Robert De Niro, un trio fétiche qu’il avait déjà dirigé dans Happiness Therapy et American Bluff.

Labellisée hyper sexy et, selon le magazine Forbes, actrice la plus influente de Hollywood et la mieux payée du monde, la star de Hunger Games se révèle plutôt crédible dans le costume de cette femme au parcours extraordinaire.

On ne peut hélas en dire autant du film au rythme languissant, qui nous offre une vision assez calamiteuse du rêve américain. Sans compter les prestations masculines laborieuses. Particulièrement celle de Robert De Niro pathétique, une fois encore, dans un rôle de père déraisonnable et écervelé. Et par charité chrétienne, on oubliera Isabella Rossellini.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 décembre.

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23/12/2015

Grand écran: "Back Home", le souvenir d'une mère disparue. Hypnotique et troublant

04_GALA_LOUDER-THAN-BOMBS-1[1].jpgSélectionné dans Un Certain Regard à Cannes en 2011, le Norvégien Joachim Trier bluffait son monde avec Oslo,31 août, remarquable évocation d’une errance existentielle. En mai dernier, il débarquait en compétition avec Louder Than Bombs (en français Back Home). La traduction littérale du titre Plus fort que les bombes a en effet été changée suite aux tragiques attentats parisiens du 13 novembre. Bien que le film ne se déroule pas sur fond d’attaques terroristes.

L’intrigue se situe trois ans après la mort inattendue d’une célèbre reporter de guerre (Isabelle Huppert) dans un accident de voiture. Elle a ainsi plongé dans l’affliction son mari Gene (Gabriel Byrne), ses deux garçons, Jonah, jeune professeur de sociologie qui vient d’être papa (Jesse Eisenberg) et Conrad, un ado dépressif en crise de 14 ans (Devin Druid).

N’arrivant pas à faire son deuil, Conrad, particulièrement mal dans sa peau, s’isole en regardant des jeux vidéo violents pour fuir les bienveillantes mais maladroites tentatives de son père de le faire sortir de son mutisme. Ce dernier noue une relation avec une collègue qui envenime les choses tandis que Jonah, assumant mal sa récente paternité, retombe dans les bras d’une ex.

Apaiser les conflits

Leur chagrin est ravivé par la préparation d’une exposition à New York en hommage au travail de leur épouse et mère. Doublé d’un bouleversement avec la révélation d’un douloureux secret. Tournant autour de cette mère disparue, Joachim Trier propose le souvenir qu'en ont les protagonistes et leur différent point de vue sur le drame, en les réunissant dans la maison familiale. Une façon d’apaiser les conflits et de permettre au trio de poursuivre dorénavant plus sereinement sa route.

Si on s’attache aux personnages dont Joachim scrute les sentiments, le plus intéressant dans ce nostalgique Back Home évoquant les fantômes d’un passé proche, c‘est la construction d’un récit à la fois hypnotique, troublant, morcelé entre rêves, projections mentales, flash-backs et regards variés reflétant la complexité de l’existence. Parfaitement interprété, ce premier opus en anglais de Joachim Trier n’avait toutefois pas réussi à convaincre le jury.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis le mercredi 16 décembre.

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22/12/2015

Grand écran: "Demain", des solutions pour faire bouger les choses

fwTk09HoyCVCkDnWqtbN8rIuI7dTZ-_HCfr4YG5Edws[1].jpgOn connaît le sort funeste de la planète si rien n’est fait pour freiner le réchauffement climatique. Dans Demain, qui  avait été projeté à l’ouverture de la COP21 à Paris, la comédienne Mélanie Laurent et Cyril Dion, co-fondateur de  l’ONG écolo Colibris veulent montrer que des solutions, à la portée de chacun, existent pour faire bouger les choses et empêcher le monde de courir à sa perte.
 
L’intérêt de la démarche de ce métrage militant, c’est son côté positiviste, constructif, poussant à la réflexion, son message d’espoir opposé aux discours généralement déprimants, alarmistes, catastrophistes sinon apocalyptiques qui caractérisent ce genre de documentaire. Sans évidemment minimiser les risques majeurs qui menacent le monde et la complexité des thématiques.
 
Mélanie Laurent et Cyril Dion ont divisé le film en cinq chapitres (agriculture, énergie, économie, éducation, démocratie), dont ils mettent en scène l’interdépendance. Et la prouvent en partant à travers le globe à la découverte d’innovations, d’actions très concrètes menées dans les différents domaines pour préserver la planète et en rencontrant leurs initiateurs.   
 
On passe ainsi des fermes de Detroit au recyclage des déchets à San Francisco, du tout renouvelable de Copenhague au système éducatif finlandais. Tout en adoptant un ton pédagogique, mais sans prêchi-prêcha, les deux auteurs donnent la parole à des spécialistes, des interlocuteurs de qualité, des esprits ingénieux, des citoyens de bonne volonté.
 
cyril_dion2[1].jpgRécemment de passage à Genève, Cyril Dion nous en dit plus sur cet opus qu’il a écrit il y a cinq ans pour aller à l’encontre des autres documentaires sur le sujet, avant de rencontrer Mélanie Laurent avec laquelle il s’est trouvé beaucoup de points communs. Et notamment la volonté de porter un regard sur la société en réalisant un film de cinéma, un road-movie avec de belles images, un vrai point de vue.
 
L’idée générale, c’est chacun selon ses moyens.
 
Chacun peut en effet faire quelque chose, essayer de trouver des solutions pour reprendre le pouvoir sur la société. Tous les gens filmés sont prêts et on se rend compte que ça marche quand ils travaillent ensemble.
 
"Demain" est mobilisateur dans la mesure où vous privilégez le petit, le local, l’investissement des citoyens.
 
Oui. Il est surtout très grand public, simple à comprendre car il raconte une histoire qui a du sens et correspond à une attente. Il est également non anxiogène. Avec Mélanie nous ne voulions pas réveiller des sentiments d’angoisse, de déprime, mais au contraire susciter l’enthousiasme, l’envie,  le désir, le rêve. Et l’énergie d’entreprendre.
 
Le ton est pédagogique, mais pas moralisateur.
 
Tout est parti d’une phrase de Gandhi: «montrer l’exemple n’est pas la meilleure, mais la seule manière de convaincre». Cela fait neuf ans que je travaille dans l’écologie et que je tente de transmettre un savoir, une connaissance.
 
 On vous reproche parfois une certaine candeur.

Je l'ai effectivement lu et entendu, mais c'est faux. Tout ce qu’on dit, ce qu’on montre est scientifiquement prouvé. Mais comme c'est dense, il faut résumer un peu pour se reposer le cerveau.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 16 décembre. 
 

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20/12/2015

Coupe du monde de ski: quantité ne rime pas trop avec qualité côté français...

coupe-du-monde-de-ski-alpin-dames-lara-gut-s-impose-aspen-386751[1].jpgIls nous jouent plus ou moins le même air en ski qu’en tennis nos amis français. Particulièrement dans les disciplines techniques où, comme dans la petite balle jaune, ils sont un paquet d'enfer à s’aligner.

Du coup au début de l’épreuve, refrain connu, ils vont tout bouffer. Résultat d’autant plus probable qu’ils parviennent généralement à se mettre particulièrement en valeur lors de la manche initiale. Sinon à prendre la première place, à l’image de Victor Muffat-Jeandet dans le géant d’Alta Badia. Ce qui a évidemment provoqué les ululements déments des commentateurs et consultants hexagonaux en transes.

Ils ont même carrément frisé l’infarctus vu que Tessa Worley, "leur" meilleure slalomeuse du monde, caracolait en troisième position chez les dames à Courchevel, à 9 tout petits centièmes de la seconde, Lara Gut (photo). Mais caramba, tandis que la quasi impériale Tessinoise, déjà victorieuse à deux reprises sur les neiges françaises, maintenait la position et s’installait en tête du classement général coiffant au passage la reine Lindsay Vonn, la malheureuse Tessa s'arrêtait malencontreusement en route...

Vous imaginez l'intense frustration! Certes, le brave Totor réussissait à décrocher un troisième rang en Italie. Mince consolation toutefois en regard des immenses espoirs entretenus à grand renfort de glapissements frénétiques. Et c'est ainsi qu’en dépit de l’incroyable densité de l’équipe tricolore n'ayant bien sûr d’égal que l’incommensurable talent de ses représentants, on n’en a encore vu aucun tout en haut du podium.

Comme quoi question gagne chez les Bleus, la quantité ne fait pas franchement la qualité. A l’instar de la raquette. Vous me rétorquerez que côté suisse, si les filles ont plutôt la pêche, les garçons eux n’en mènent pas large. Un doux euphémisme dans la mesure où ils sont complètement largués. Mais à la différence de nos chers voisins, du moment qu’on n’en attend rien, on n’est jamais déçu!

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16/12/2015

Grand écran: avec "Star Wars VII", le fan se sent à la maison. Une réusite

star-wars-episode-vii-affiche-95049[1].jpgC’était le film le plus attendu de l’année. Sinon de l’invention du cinéma pour les inconditionnels qui piaffaient depuis le 30 octobre 2012!  Si attendu que Disney mettait la critique au pas en lui imposant la loi du silence. Autrement dit, défense de dévoiler les moments-clés et la fin pour tous ceux qui voyaient Le réveil de la Force avant sa sortie mondiale. 
 
Sans oublier la signature d’un formulaire ad hoc et l’abandon de son téléphone à l’entrée de la  salle. Avec à la clé la menace de poursuites judiciaires  en cas de non-respect de ces draconiennes  consignes. Plus parano tu bascules du côté obscur…
 
Des cohortes de passionnés à l'assaut des cinémas 
 
Mais venons-en à l’objet de tant de convoitises et de secrets, Star Wars VII, le premier volet de la troisième trilogie, rameutant des cohortes de passionnés et de curieux à travers la planète. Sans compter les produits dérivés, il y a de quoi permettre à Disney de se rembourser largement après son rachat de Lucasfilm  pour quatre milliards de dollars,
 
En très résumé, nous sommes à plus de trente ans de la bataille d’Endor (dans Le retour du Jedi qui promettait de beaux lendemains), mais la galaxie n’en a pas fini avec la tyrannie et l’oppression. L’Alliance rebelle, devenue la Résistance, se bat contre le Premier Ordre réunissant les vestiges de l’Empire, un régime totalitaire dirigé par le seigneur Snoke, C’est dans cette ambiance guerrière que le méchant et mystérieux moine soldat Kylo Ren (Adam Driver) dont Dark Vador est l’idole, pourchasse les ennemis de la dictature.
 
starwarshansolo-800x410[1].jpgPas de débauche d’effets spéciaux
 
Fameux générique d’ouverture et l’euphorie va monter au cours de cet opus à grand spectacle, où le réalisateur aficionado J.J. Abrams, avec Lawrence Kasdan et Michael Arndt au scénario, fait revivre le mythe. Ressuscitant avec talent l’esprit et le souffle épique de la première trilogie (1977-1983) imprégné de poursuites intergalactiques, de duels épiques aux sabres laser, d'étranges créatures. Et même d'une petite romance. Mais heureusement sans se laisser aller à une débauche d’effets spéciaux et à la surenchère numérique de la décevante deuxième trilogie (1999-2005). Ici, on mise plutôt sur les personnages. 
 
Dans ce film intergénérationnel à la trame familiale, bourré de citations, de clins d’œil et de références aux précédents épisodes, émaillé de boutades, le fan se sent en terrain connu. Mieux, à la maison comme dirait Han Solo. Une vieille connaissance que l’on retrouve avec son fidèle Chewbacca. Harrison Ford (photo) apparaît en pleine forme, gouailleur, malicieux et carrément rajeuni. De son côté Carrie Fisher, la princesse Leia, devenue officier de la Résistance et qui a changé de coiffure (!), mène rondement ses troupes. Sans oublier Mark Hamill alias Luke Skywalker dont on ne dira rien…
 
Star-Wars-7-150417-17[1].jpgDu nouveau, dont l’irrésistible droïde BB-8
 
La trilogie fait aussi place aux nouveaux héros pour rafraîchir l’ensemble. Comme Rey (Daisy Ridley), attachante et émouvante pilleuse d’épaves qui tente de survivre en vendant sa ferraille. Entraînée dans une aventure interplanétaire, elle rejoindra les rebelles. Sa vie sera bouleversée lorsqu’elle rencontre le courageux Finn (John Boyega), stormtrooper en fuite. Ils sont jeunes, énergiques, beaux et bons.
 
Mais celui qui nous fait craquer, c’est le droïde BB-8 (photo avec Daisy Ridley), détenteur de plans secrets, adorable robot drôlement humain tout en rondeur, genre aspirateur à roulettes qui se déplace avec une agilité et une rapidité surprenantes sur tous les sols. Mascotte de ce chapitre, il nous gratifie de sons incompréhensibles et de charmants petits cris façon télétubbie. Absolument irrésistible.
 
Après la réussite de ce septième volet, en dépit de scènes un rien répétitives, il ne reste plus qu’à attendre la sortie du huitième le 26 mai 2017, réalisé par Rian Johnson (qui a déjà dévoilé des choses sur les réseaux sociaux) et celle du neuvième en 2019 avec Colin Trevorrow aux commandes.

A l’affiche partout dans le monde dès mercredi 16 décembre.

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10/12/2015

Grand écran: "Suburra" entre film noir et western urbain. Coup de poing, mais trop complaisant

suburra-trailer-ufficiale-poster-featurette-e-nuove-immagini-dal-film-di-stefano-sollima-v6-238823-1280x720[1].jpgAprès Gomorra et Romanzo Criminale, Stefano Sollima poursuit dans le genre avec Suburra, adapté du roman éponyme de Carlo Bonini et Giancarlo De Cataldo.

Dans la Rome antique, La Suburra était un quartier pauvre et populeux, où fleurissaient tavernes et bordels. Toujours aussi malfamé mais destiné à être réhabilité, il est le théâtre d’un ambitieux projet immobilier façon Las Vegas, comprenant hôtels de luxe, casinos et boîtes de nuit. Une conquête d’un paradis sulfureux impliquant l’Etat, le Vatican et la mafia.

Suburra, mélange de film noir et de western urbain, se déroule en 2011, à J-7  d’une «apocalypse» annoncée. Un compte à rebours au sein d’une capitale italienne au bord du gouffre dans tous les domaines de la société. Avec en prime une possible démission du pape.

On navigue ainsi entre différents univers, politique, criminalité, argent, usure, drogue, prostitution. Chacun d’eux est représenté par un personnage idoine et particulièrement antipathique, assassin, pourri, vicieux, manipulateur, lâche, du député à la pute en passant par le chef mafieux, le gangster, le religieux ou le jeune organisateur d’événementiel. 

Le tout révèle un système corrompu, chaotique, illégal à ramifications multiples, en majorité régi par le chantage, la brutalité et le meurtre. Un film à l‘ambiance hyper glauque dans une Rome nocturne noyée sous la pluie où personne n’est épargné.

Alors certes Stefano Sollima tape très fort là où ça fait mal dans cette sombre fresque d’une humanité décadente et gangrenée, faisant écho à l'actualité. On lui reprochera toutefois des caractères trop stéréotypés, un symbolisme trop appuyé et une complaisance souvent crasse dans sa représentation du cycle infernal de la violence. Avec Pierfrancesco Favino, Elio Germano, Claudio Amendola et Jean-Hugues Anglade.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 9 décembre.   
 

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08/12/2015

Grand écran: "Un+une", avec Jean Dujardin et Elsa Zylberstein. Consternant

499172[1].jpgCinquante ans près Un homme et une femme, Claude Lelouch propose une sorte de variante avec Un+une, où il embarque Jean Dujardin et Elsa Zylberstein, à l’origine du projet, dans une très improbable love story.

Antoine, composteur de génie qu’Alice, talentueuse pianiste, vient de demander en mariage sans trop de succès pour l’instant, se rend en Inde. Il doit travailler avec un réalisateur de la Nouvelle Vague du cru (une incontournable mise en abyme pour le cinéaste) sur une version carrément révolutionnaire de Roméo et Juliette.

C’est là qu’il rencontre Anna, la femme de Samuel, l’ambassadeur de France, qui ne peut avoir d’enfant. Elle décide d’emprunter seule (c’est d’un crédible, étant donné sa situation de haut rang…) le chemin de la fertilité et d’aller à la rencontre de Mata Amritanandamayi (appelée Amma et qui joue ici son propre personnage), notamment dotée du pouvoir mystique de changer les destins.

Pourtant jaloux comme un tigre, Samuel demande à Antoine d’accompagner Anna dans son périple (on ne sait jamais ça pourrait le guérir de sa migraine tenace) et… je ne vous ferai pas l’injure de vous apprendre ce qui va se passer entre ces deux êtres que tout oppose…

Un fatras de spiritualité

Comme c‘est du Lelouch, il y a de belles images du pays visité de long en large. Un minimum. En ce qui concerne le reste, c’est consternant, le réalisateur s‘ingéniant à plomber son film, au scénario par ailleurs incohérent, sous un fatras de spiritualité en forme de dialogues d’une rare ineptie.

Pêle-mêle il évoque le sens de la vie, ce qui compte dans celle-ci c‘est de préparer la prochaine, le temps qui passe, le pouvoir de la pensée, l’amour universel, le cosmos, le lien entre les êtres, d’où on vient et où on va, sans oublier les hirondelles et les boomerangs (!), le tout débité par une Elsa Zylberstein à un Jean Dujardin hilare, grossier, convaincu de son charme irrésistible et de sa drôlerie exceptionnelle, qui a juste envie de la sauter.

Et qui n’est pas en reste côté phrases d’une rare beaufitude. A son habitude.  On a ainsi droit à des réflexions profondes plus ou moins du genre : quand je suis avec Alice (la femme qu’il hésite donc à épouser) j’ai trouvé mon moi avec des nichons. Ou encore une femme avec un cerveau c’est un mec réussi.

Vu le couple calamiteux formé par Elsa Zylberstein et Jean Dujardin, on oubliera par charité les pièces rapportées que sont Alice Pol, et surtout le malheureux Christophe Lambert dans un rôle d’ambassadeur qui ne fait pas franchement honneur à la diplomatie française!

Tout cela ne suffisant pas, Lelouch nous gratifie d’un dénouement évidemment téléphoné. Le contraire nous aurait dans le fond désagréablement surpris…

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 9 décembre.

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Grand écran: "Béliers", émouvant drame fraternel sur fond de chronique rurale islandaise

4635713_7_07c4_une-scene-du-film-islandais-de-grimur_282b6b2c27bb300c26213a70922d262c[1].jpgEleveurs de moutons. les frères Gummi et Kiddi vivent près l’un de l’autre mais ne se parlent pas depuis quarante ans. Comme chaque année, ils participent à un concours de beauté pour béliers que l’un d’eux remporte sous le nez de l’autre. La jalousie aidant, il y a de quoi séparer davantage, si possible, ces deux vikings bougons et obstinés, déjà cachés dans leur maison respective. Mais pas heureux pour autant. 
 
Ils devront pourtant oublier leurs blessures secrètes et s’unir pour sauver leurs bêtes promises à l’abattage suite à une redoutable épidémie de tremblante. Des bêtes qu’ils aiment d’amour et pour lesquelles ils sacrifient tout, à l’instar des autres villageois. Le réalisateur islandais Grimur Hàkonarson en profite pour évoquer, au-delà du drame fraternel, le quotidien rude et solitaire d’une communauté reculée, vivant au milieu de paysages hivernaux d’une splendeur glacée. 
 
Cette chronique familiale et rurale en forme de conte universel déborde d’humanité, de tendresse, de bienveillance et d'humour décalé. Elle a valu à son auteur le Prix d’Un certain regard au dernier Festival de Cannes.  «C’est l’un des plus beaux moments de ma vie, sinon le plus beau. J’étais d’autant plus surpris que je ne m’attendais même pas à être sélectionné au départ», nous raconte Grimur Hakonarson, de passage à Genève.

thumb[1].jpgSon film a cartonné dans le milieu puisqu’il a reçu vingt autres prix dans différents festivals comme Valladolid, Thessalonique ou Zurich. Un travail de cinq ans, dont trois d’écriture, bien récompensé.  «J’y ai mis mon âme et je l’ai fait pour mes ancêtres. Au sens large».   
 
Béliers est votre deuxième long-métrage. Comment l’idée vous en est-elle venue ? 
 
Mes parents ont grandi dans une ferme et quand j’étais petit j’ai souvent passé des vacances chez mon grand-père. Je connais la culture du mouton. Et c’est mon père qui m’a raconté cette histoire de deux frères vivant l’un à côté de l’autre sans s'adresser la parole. Je la trouve à la fois tragi-comique, intéressante et révélatrice. En même temps j’avais envie d'explorer le rapport entre l’homme et les animaux, cette communauté obligée d’abattre ses bêtes. Au début cela parlait davantage de cela, puis les choses ont évolué vers cette relation contrariée et conflictuelle entre les deux frères. 
 
Il y a peu de femmes dans votre récit. 
 
En fait il y a énormément de célibataires dans les endroits que je connais en Islande. Les hommes restent à la ferme et les femmes s’en vont. Si vous vivez seul avec des moutons à qui vous vouez une véritable passion, leur perte est encore plus importante, plus tragique. C’est surtout ce que j’essaye de montrer. 

Hrutar+Beliers+Rams+Photocall+68th+Annual+-x1rbB_rhLbx[1].jpgVos deux comédiens principaux Sigurour Sigurijonsson et Theodor Juliusson ont-ils eu du mal à s’adapter à ce tournage exigeant? 

Non, ce sont des professionnels chevronnés. Ils ont lu des livres sur la vie à la ferme pour mieux s’imprégner de leur personnage. Ils ont dû se laisser pousser la barbe. Nous avons aussi beaucoup répété les dialogues. Mais l’essentiel était qu’ils sonnent authentiques. C’est mon style. La plupart des acteurs sont à mon avis trop jolis dans ce genre de rôles. 
 
Et les moutons, vous ont-ils donné du fil à retordre? 
 
Pas autant que le craignais. On m’avait dit que ce serait impossible. J’étais inquiet, je n’avais pas trop de temps pour le tournage. Mais nous avons déniché des béliers parfaits, stables, calmes. Ils se sont révélés excellents face à la caméra à laquelle ils se sont habitués petit à petit. Il y en a eu jusqu’à 200 dans une scène. On pouvait les toucher. Nous avions un spécialiste pour nous aider. 

Deux mots sur ce singulier concours de beauté pour béliers qui ouvre le film. 
 
C’est une tradition. Ces compétitions ont lieu en septembre après la désalpe. C’est très sérieux, très professionnel. Les béliers sont examinés sous toutes les coutures. Et le gagnant est particulièrement fier d’avoir présenté le plus beau. C’est aussi une occasion d’être ensemble pour les gens.. 
 
Il paraît que vous vous êtes si bien entendu avec les béliers que vous envisagez de ne mettre que des animaux en scène.   

Ce ne sera en tout cas pas le sujet de mon prochain long métrage, puisqu’il s’agit d’un film lesbien… Je vais faire un pas de côté, raconter une histoire politique avec une signification politique. 
 
A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi  9 décembre.   
 

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