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02/05/2018

Grand écran: "Gaspard va au mariage", une comédie joyeusement zinzin, à l'image de ses comédiens

0778673.jpgAprès l’avoir fuie pendant des années, Gaspard (Félix Moati), 25 ans renoue avec sa famille à l’occasion du remariage de son père. Il est accompagné de la fantasque Laura (Laetitia Dosch) qu’il vient de rencontrer dans des circonstances loufoques augurant bien de la suite. Contre une modique rémunération, elle accepte de jouer sa petite amie le temps de la noce.

Gaspard retrouve donc le zoo paternel où il a grandi, entre une mère disparue trop tôt, un père cavaleur, sa sœur Coline (Christa Théret) dont il est amoureux. Et vice-versa, une relation ambiguë, qui ne paraît pas poser de problème. Sans oublier un frère (Guillaume Gouix) si sérieux et responsable qu’il en paraît lui aussi hors norme.

Antony Cordier propose un film barré découpé en quatre parties (La petite amie imaginaire, L’homme d’une seule femme, Celle qui mange des racines, Épilogue), permettant ainsi de donner à chacun des protagonistes principaux une partition égale, en évoquant les jours qui précèdent le mariage.

A commencer par Laura qui découvre ces curieux bipèdes évoluant parmi les animaux. A l’image de l’excentrique Coline recouverte d’une peau d’ours, et qui se fie avant tout à son odorat pour reconnaître celle sur le point de lui prendre son frère adoré.

Tout cela donne une comédie romantique chorale atypique, farfelue, fantaisiste, sensuelle mélancolique, joyeusement zinzin. A l’image des différents personnages extravagants qui composent cette famille au fonctionnement équivoque, bizarroïde.

Il nous vaut des scènes cocasses, dont l'une à vocation quasiment culte, où Max (Johan Heldenbergh), le père de famille, alias le roi des animaux, a une façon des plus singulières de soigner son eczéma prénuptial en s’immergeant tout nu dans un aquarium peuplé de petits poissons suceurs de peaux mortes…

Un univers tenant de la bulle magique

Antony Cordier nous brosse leur portrait à l’intérieur du zoo, un univers tenant de la bulle magique protégeant ses habitants de l'extérieur, qu’ils ne quittent pratiquement pas durant tout le film. Mais leur rêve finit par se heurter à une réalité financièrement dramatique, dans ce conte en forme de récit d’apprentissage qui raconte le temps qui passe, la fin d’un monde, l’arrachement à la famille, l’adieu au paradis perdu, à l’enfance.

Le film est porté par une brochette d’excellents acteurs déjà cités à laquelle on ajoutera Marina Fois en future éventuelle mariée... On regrettera juste un peu une Laetitia Dosch (trop) fidèle à elle-même en nous livrant presque un copié-collé de son rôle dans Jeune femme. Mais c’est une réserve mineure.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 mai.

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Grand écran: "Otages à Entebbe", laborieux remake avec Rosamund Pike et Daniel Brühl

60cfec97da84ec3379815b1405169.jpgA l’époque l’affaire avait tenu la planète en haleine. On ne peut pas en dire autant de son adaptation à l’écran par le Brésilien José Padiha, spécialisé dans le cinéma d’action, Ours d’or à Berlin en 2007 pour Troupe d’élite et notamment auteur d’un remake de Robocop.

Le 27 juin 1976, un avion d’Air France devant relier Tel-Aviv à Paris est pris en otages avec ses 239 passagers dont 83 Israéliens par deux terroristes allemands, Brigitte Kuhlmann et Wilfried Böse et deux complices palestiniens voulant exposer leur lutte au monde.

L’appareil est d’abord détourné sur la Libye pour faire le plein de carburant, puis sur l’ancien terminal d’Entebbe en Ouganda. Les pirates sont de mèche avec le dictateur sanguinaire Idi Amine Dada, qui espère se refaire une beauté sur la scène internationale en cas d’une intervention d’urgence.

Les ravisseurs sont prêts à tuer pour récupérer des révolutionnaires et des prisonniers pro-palestiniens. Le gouvernement israélien présidé par Yitzak Rabin mais poussé par Shimon Peres ministre de la Défense, organise alors, dans la nuit du 3 au 4 juillet, la libération des otages encore retenus. Tous les ravisseurs sont tués dans ce qui deviendra Le Raid d’Entebbe aussi connu sous le nom d’Opération Tonnerre. Une prouesse de l’Etat hébreu  saluée par la plupart des pays occidentaux.

Il y a déjà eu quatre versions cinématographiques et télévisuelles à chaud, mettant en scène cette célèbre intervention. Même si le terrorisme est toujours d’actualité et que le conflit israélo-palestinien n’est toujours pas réglé, on ne voit guère l’intérêt de cette nouvelle reconstitution. Car à moins de vouloir éventuellement faire connaître la réalité de cet événement guerrier spectaculaire à ceux qui l’ignoreraient, le film pèche à tous les étages.

Avec Otages à Entebbe, Jose Padiha livre une réalisation plate, sans perspective, sans regard, sans innovation. Se penchant sur des cas de conscience et des états d’âmes des protagonistes, il se contente de relayer les faits dans une approche consensuelle de son sujet avec une vision schématique des terroristes et où on ne sent guère le poids de l’Histoire. Qu’il a de surcroît tendance à réécrire.

Des séquences de danse plombantes

Mais surtout, entre les demandes de rançon au sein du cabinet israélien, le débat entre Rabin et Peres, les scènes d’action, l’auteur a cru bon d’insérer une chorégraphie du fameux Ohad Naharin, sur laquelle s’ouvre d’ailleurs l’opus, et que ponctuent des extraits jusqu’au final. Un ajout artistique en forme de grand écart plombant, incongru et particulièrement malvenu, surtout lorsque des spectateurs applaudissent follement «la danse des chaises» au cours de l’assaut !

Restent les comédiens qui font ce qu’ils peuvent. Daniel Brühl (alias Böse qui mérite bien son nom...) ne s’en sort pas trop mal, mais on est moins convaincu par Rosamund Pike, sorte d’Ulrike Meinhof impitoyable made in England en l'occurrence. On passe sur les interprètes fadasses de Rabin et Peres. Quant à Nonso Anozie, il campe un Amin Dada d’opérette, sinon de BD, parfaitement ridicule. Enfin on préfère Denis Menochet en père inquiétant réclamant la garde de son fils, qu’en réconfortant et serein mécanicien de bord. Même doté d'un sang-froid et d'un courage à toute épreuve. 

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 mai.

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01/05/2018

Grand écran: "Lean On Pete", l'errance d'un ado en quête hasardeuse d'un foyer. Emouvant

leononpete.jpg.jpgCharley Thompson (Charlie Plummer) est un garçon de quinze ans qui vit seul avec  un père inconstant, immature et négligent. Il a besoin d’argent,  trouve un petit boulot temporaire chez un vieil entraîneur de chevaux revêche et se  prend d’affection pour Lean On Pete, un pur-sang fourbu promis à l’abattoir. Comme il ne peut pas l’admettre, il l’enlève et s’enfuit avec lui à la recherche d’une tante dont il garde un assez lointain souvenir. 

S’aventurant hors des sentiers battus hollywoodiens, le cinéaste britannique Andrew Haigh filme avec sensibilité, justesse, délicatesse et sobriété l’errance d’un ado. Complètement livré à lui-même à la mort de son père, il est singulièrement déterminé dans la quête d’un nouveau foyer en compagnie de son cheval. Une quête hasardeuse dans la mesure où plane constamment sur eux la menace diffuse du danger. Rendant presque paradoxalement haletant cet opus lent et contemplatif. 

Fidèlement adaptée d’un roman, la balade se révèle aussi cruelle et mélancolique sur fonds de grands espaces. Un cheminement au cours duquel le jeune Charley rencontre des oubliés de l’Amérique, des laissés pour compte, des êtres en marge, des âmes perdues. Mais en évitant tout pathos,

En dépit de quelques petites incohérences dans ce récit initiatique à la Gus Van Sant,  Lean On Pete (La route sauvage en français) séduit par l’émotion, la poésie qui se dégage du portrait de ce doux adolescent à fleur de peau parfois sujet à la violence, et sur qui se concentre principalement l’auteur.

Oscillant entre l’attente et le découragement, l’optimisme et la douleur, il est formidablement interprété par le charismatique Charlie Plummer, 18 ans, qui nous communique son obstination à s’en sortir. Croisement entre Leonardo Di Caprio et River Phoenix, il avait logiquement reçu le prix du meilleur espoir à la Mostra de Venise

On signalera dans les rôles se secondaires Steve Buscemi, excellent en entraîneur ronchon, coriace, voire impitoyable. Et dans celui du jockey, Chloe Sevigny  aussi dure à cuire et ambiguë que le boss. Apparemment, du moins.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 mai.

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26/04/2018

De retour sur l'ocre, l'ogre Nadal vire au cannibale. Inquiétant pour Federer!

nadal.jpgA en juger par les performances de Nadal depuis son retour aux affaires sur terre battue, il semblerait que la tâche de Federer soit plus rude que prévu pour récupérer sa place de numéro un mondial. Car  l’ogre de l’ocre se montre plus goinfre que jamais. Un véritable anthropophage! 

Pour ses adversaires, c’est en effet devenu l’horreur! Normalement, se faire breaker par Rafa signifiait pratiquement la perte du premier set, donc quasi inévitablement celle de la rencontre. Mais maintenant, paumer un seul point sur son service peut se révéler irrémédiable pour le pauvre gars en face du cannibale.

Je vous laisse imaginer le stress quand la chose se produit à l’entame de la partie. De quoi avoir envie de se faire porter pâle pour ne pas avoir à avaler la pilule! D’autant que depuis le Master de Monte-Carlo, le scénario est immuable. 6-0, 6-1, 6-2, 6-3... Le seul «revers» que le pitbull ait eu à subir en seize sets, c’est l’abandon de huit misérables jeux à son concurrent le plus «dangereux». On ajoutera éventuellement une manche un rien disputée jusqu’à 5-5 en quarts de finale, mais que le glouton a immanquablement fini par remporter pour évidemment se retrouver dans le dernier carré.

Alors certes, Rodgeur n’est qu’à cent points du Redoutable. Pourtant ce chiffre paraît abyssal. Un comble, quand on pense que l'ombrageux Ibère en a lui quelque 3400 à défendre jusqu’au terme de Roland Garros! Sauf qu’au train où il y va, à moins qu’il ait soudain une petite douleur à la cuisse, je ne vois actuellement personne qui puisse le battre sur sa surface de prédilection. J’espère juste que je suis en train de peindre le diable sur la muraille et que la suite va me donner tort. Mais je crains que ce ne soit pas demain la veille.

Du coup, les trois balles de match sottement ratées de notre gloire nationale contre Del Potro à Indian Wells pèsent une tonne. Alors que dans le cas contraire, le maestro pouvait attendre Wimbledon en se la coulant douce quelques semaines de plus au sommet de la hiérarchie, tandis que son rival se démenait (quand même un peu...) pour tenir la distance. D’un frustrant, je ne vous raconte pas!

20:08 Publié dans Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

25/04/2018

Grand écran: "Amoureux de ma femme", un nouveau navet signé Daniel Auteuil

maxresdefault.jpgCertains apprennent de leurs échecs, d’autres pas. Comme Daniel Auteuil qui, après Fanny et César, ses deux bides de réalisateur, a décidé avec Amoureux de ma femme, de s'attaquer à la comédie sentimentale en adaptant L’envers du décor de Florian Zeller. Il avait mis la pièce en scène au théâtre en en 2016, interprétant déjà le rôle principal.

Daniel parvient à convaincre sa femme Isabelle (Sandrine Kiberlain) d’inviter à dîner leur vieil ami Patrick (Gérard Depardieu). Isabelle était hostile à cette idée, car Patrick vient de larguer sa meilleure amie. Mais ce dernier tient absolument à leur présenter Emma, sa nouvelle conquête deux fois plus jeune que lui (Adriana Ugarte), dont il est fou amoureux.

Travaillé lui aussi par le démon de midi, Daniel perd la tête au moment où la créature au corps de rêve entre dans la pièce. Durant tout le repas, le sexagénaire frustré va fantasmer sur Emma, s’imaginant en sa compagnie dans diverses situations qu'il veut érotiques, mais se complaisant surtout dans le voyeurisme et le machisme d'un autre âge. 

C’est ainsi qu’il en profite pour nous montrer le plus souvent la belle Espagnole en tenue légère, sinon toute nue. Ces incursions oniriques ne sont pas seulement d'une bêtise crasse et d'une rare lourdeur, elles relèvent d'une vulgaire indécence. On n'est pas loin du porc à balancer...

Mais voilà qui n'empêche pas Daniel Auteuil de squatter les plateaux télé et de se faire encenser par les animateurs sous le charme. Reste tout de même une question: pourquoi donc Sandrine Kiberlain et Gérard Depardieu sont-ils venus cautionner un tel navet?

A l’affiche dans les salles de Suisse romande mercredi 9 mai.

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19/04/2018

Grand écran: Valeria Golino joue une aveugle dans "Emma", romance fade de Silvio Soldini

il-colore-nascosto-delle-cose-696x418.jpgCréatif dans une agence de publicité romaine branchée, Téo ne cesse de fuir son passé, sa famille, refusant tout attachement sentimental. Charmant et séduisant quadra, il collectionne les aventures en attendant éventuellement de se mettre en ménage avec sa fiancée officielle. Un soir, il dîne dans un restaurant qui a la particularité de plonger les convives dans le noir. Du coup, ils sont concentrés sur la nourriture et la conversation. C’est là que Téo tombe amoureux de la voix sensuelle d’Emma.

A la sortie du repas, il découvre qu’elle est aveugle. Depuis l’âge de seize ans, lui dira la jeune femme ostéopathe quand il viendra se faire remettre quelques muscles en place. Contrairement à lui, Emma est une femme forte, débrouillarde, optimiste, au caractère passionné.

Elle sait ce qu’elle veut, aime son métier, gère parfaitement son quotidien et a beaucoup d’amis. Ce qui fait en quelque sorte sa normalité N’ayant jamais rencontré une telle personne, Téo est curieux, intrigué, attiré. Il a envie de faire un bout de chemin avec elle.

Emma de l’Italo-Suisse Silvio Soldini, dont la réalisation phare reste Pane e tulipani en 2000, tient avant tout sur ses deux acteurs, Adriano Gianini attachant célibataire dont la «personne» avec qui il cohabite le mieux est son robot aspirateur, mais surtout Valeria Golino, découverte dans Rain Man en 1988.

Elle se révèle convaincante, ne cherchant pas la performance, mais en se montrant naturelle et touchante. Elle était parfois tellement dans son rôle, dit-elle, qu’elle ne voyait plus. A noter qu’elle sera à Cannes pour la deuxième fois dans un Certain regard avec son film Euphoria, l’histoire de deux frères très différents qui se rencontrent et passent deux mois ensemble.

Pour le reste on a droit à une romance fade jouant sur des oppositions banales, où on cherche vainement le regard (sans jeu de mot) du réalisateur. Et qui dure près de deux heures. C’est bien long pour démontrer comment un coureur de jupons menant une existence d’une rare futilité va se remettre en question et découvrir l’amour, en fréquentant une femme handicapée...

A l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 18 avril.

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Grand écran: du potache à la comédie noire, "Game Night"mise sur l'absurde et le grotesque

maxresdefault.jpgChaque semaine, pour tenter de pimenter leur vie de couple, Max et Annie animent des jeux de sociézté. Mais cela reste bien pantouflard. Alors cette fois ils ont la ferme intention de bousculer leur quotidien peu excitant et de réaliser quelques vieux fantasmes en organisant une soirée spéciale avec vrais faux malfrats ou autres agents fédéraux.

Et cela grâce à la présence de Brooks, le frère de Max, charismatique au point de donner à son cadet un lancinant complexe d’infériorité. Brooks a même prévu de se faire enlever, sauf qu’il semble avoir carrément disparu….

Ce jeu de rôles qui tourne au désastre se laisse voir, surtout dans sa première moitié. Avec des personnages plus ou moins débiles qui se lancent dans des situations particulièrement dangereuses en croyant avoir affaire à des acteurs et à des armes factices. Et qui, de plus en plus désorientés par la tournure rocambolesque sinon sanglante des événements, ne savent plus s’il s’agit encore d’un jeu...

Jouant la carte de l’absurde et du grotesque, passant du potache à la comédie noire décalée, Jonathan Goldstein et John Francis Daley empruntent à la fois les codes du thriller, du polar, du film d’action et s’amusent à brouiller les pistes entre réalité et fiction en installant de faux semblants permanents. 

jesse.jpgLe casting est assez réussi, le naïf Jason Bateman faisant couple avec la charmante Rachel McAdams De son côté Kyle Chandler se montre crédible en maître de ce périlleux divertissement. Les seconds couteaux ne sont en revanche que des faire-valoir. A l’exception de Jesse Plemons (photo), sorte de Matt Damon version moche, il est impayable dans des apparitions inquiétantes de voisin pot de colle sinistre et complètement dingue.

Le film a néanmoins du mal à tenir jusqu'au bout, tournant en rond, se perdant dans une volonté frénétique d’enchaîner les gags parfois très bas de gamme, et les rebondissements téléphonés. En dépit de quelques revirements surprenants qui parviennent à confondre les spectateurs, tout comme les protagonistes.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 18 avril.

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Grand écran: "Place publique", comédie paresseuse d'Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri

4260980.jpgVedette du petit écran aujourd’hui animateur en inexorable perte d’audimat, Castro se rend avec son chauffeur Manu à la pendaison de crémaillère de Nathalie, sa productrice de toujours. Elle s’est payé une superbe maison à 35 minutes de Paris. A vol d'oiseau...

Castro y retrouve son ex-femme Hélène, Alors qu’elle est restée fidèle à ses idéaux de jeunesse il s’est mué en cynique capitaliste pragmatique dans la recherche de la gloire. Par ailleurs, il est furieux contre sa fille Nina, elle aussi de la fiesta, car elle a écrit un livre librement inspiré de la vie de ses parents, Révélant notamment que son paternel a une moumoute alors que cela se voit à des kilomètres D’autres invités plus ou moins célèbres vont se croiser et se recroiser dans un ennuyeux ballet des vanités.

Certes les Jabac continuent à représenter le dessus du panier en matière de comédie française. Mais il y a plus de la patte molle que de la griffe acérée dans Place publique, comédie chorale désenchantée où ils puisent dans leur fond de commerce pour surfer sur le vieillissement, l’élitisme, les privilèges, un peu de politique avec la montée de l’extrême-droite. En en profitent pour critiquer platement le jeunisme, l‘obsession de la célébrité, de la reconnaissance, la soif de célébrité, les réseaux sociaux et le parisianisme échevelé.

Entre stéréotypes et caricature

Traquant les travers de leurs semblables et les incohérences sociales, ils observent comme toujours l’air du temps, mais d’une façon nettement moins percutante et mordante que d’ordinaire. Paresseuse en somme, à l’image d’une galerie de portraits stéréotypés. De la serveuse du coin ne pensant qu’aux selfies avec des personnalités à la star de Youtube, en l’occurrence Mister V, prétentieusement sûr de lui, en passant par le modeste chauffeur attachant, restant humblement à sa place.

Très caricatural aussi le choc des cultures, de deux mondes, vu à travers la frivolité exaspérante de ces personnages narcissiques face à un couple bourrin d’agriculteurs excédés par le bruit infernal de cette insupportable faune parisienne. Avec en prime un effet raté de flash forward en ouverture.

Côté comédiens Jean-Pierre Bacri reste parfois drôle. Mais, comme c’était déjà le cas dans Le sens de la fête, poursuit dans l'auto-caricature avec son habituel registre de vieux ronchon, ici rongé par l’angoisse et la jalousie, grincheux incapable de cacher son acrimonie et son immense dédain pour la plupart des gens. Irrésistiblement pathétique avec son imitation d’Yves Montand dans Les feuilles mortes, personne n’ayant jamais osé lui dire qu’il n’est pas aussi bon qu’il l’imagine.

La pétulante Agnès Jaoui s’est elle donné le rôle de la gauchiste idéaliste, humaniste, décalée dans sa tentative désespérée de fourguer une réfugié afghane dans l’émission de son ex qui n’en a strictement rien à cirer. Quant Léa Drucker, sans scrupule derrière son apparente douceur, elle est parfaitement horripilante, vissée à son téléphone portable du début à la fin du film.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 18 avril.

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12/04/2018

Festival de Cannes: la 71e édition mise sur le renouvellement, l'Asie et Godard

5911279.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgDix-huit films seront soumis en mai prochain au verdict du jury cannois présidé par l’Australienne. Cate Blanchett. Cette 71e édition mise plus particulièrement sur le renouvellement et l’Asie, a-t-on appris lors de la conférence de presse du délégué général Thierry Frémeaux.

Mais cela n’empêche pas quelques grands noms de figurer parmi les candidats à la Palme d’or. Dont l’inoxydable Jean-Luc Godard (Le livre d’images), Spike Lee (BlackKKKlansman), ou encore Ashgar Farhadi, pour Everbody Knows, avec Penelope Cruz et Javier Bardem (photo), qui ouvrira par ailleurs les festivités. En revanche, sous réserve d’ajouts de dernière minute, on n’y verra pas les abonnés Jacques Audiard, Paolo Sorrentino, Mike Leigh ou autres Lars Von Trier.

Les auteurs du renouveau

Place donc aux petits nouveaux: la Libanaise Nadine Labaki (Caphanaüm), l’Egyptien A. B. Shawki (Yomeddine) la Française Eva Husson (Les filles du soleil), l’Américain David Robert Mitchell (Under The Silver Lake), le Polonais Pawel Pawlikowski (Zimna Wojna),

De leur côté les Asiatiques débarquent en force avec les Japonais Hirokazu Kore-Eda, (Shoplifters) et Ryusuke Hamaguchi (Netemo Sametemo), le Chinois Jia Zhang-Ke (Ash is purest white), le Sud-Coréen Lee Chang-Dong (Burning).

Avec Eva Husson, Stéphane Brizé (En guerre) et Christophe Honoré (Plaire, aimer et courir vite) complètent la sélection française, tandis que Mateo Garrone (Dogman) et Alice Rohrwacher (Lazzaro Felice) représenteront l’Italie.

Lettre aux autorités iraniennes

Le cinéaste dissident iranien Jafar Panahi (Three Faces) et le metteur en scène russe assigné à résidence à Moscou Kirill Serebrennikov (Leto) ont été invités à venir montrer leurs films en compétition. "Les autorités iraniennes recevront une lettre de notre part et des autorités françaises pour autoriser Jafar Panahi à quitter le territoire, à présenter son travail et pouvoir rentrer dans son pays", a annoncé Thierry Frémaux.

Les femmes très minoritaires 

A noter que seules trois femmes sur 15 hommes seront en lice pour la médaille tant convoitée, alors qu’on aurait pu en attendre davantage suite à l’affaire Weinstein. Refusant d’appliquer des quotas, le délégué général s’en est expliqué. "Il y a une différence entre les femmes cinéastes et la question #MeToo. il n'y aura jamais de sélection en discrimination positive pour des femmes"

Rappelons enfin que Jean-Paul Belmondo et Anna Karina sont à l'honneur sur l'affiche du Festival de Cannes 2018, une photo de Pierrot le fou de Godard ayant été utilisée pour l’occasion.

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11/04/2018

Grand écran: "La finale", road movie sans surprise avec Thierry Lhermitte et Rayane Bensetti

870x489_banniere_web_2.jpgLes Verdi prennent bien soin de Roland, le grand-père victime d’Alzheimer. A part JB, l’ado de la famille, dont le seul objectif est de se rendre à Paris pour disputer sa finale de basket. Mais ses parents, bloqués ce week-end-là, lui demandent d’y renoncer pour surveiller papy Roland. JB n’a pas l’intention de leur obéir. Mais comme il ne peut pas laisser l’aïeul tout seul, il décide de l’emmener avec lui.

Un voyage prétexte à une comédie tentant de mêler humour et émotion, légèreté et gravité sur un sujet délicat et sensible. Robin Sykes, qui signe son premier long métrage avec La finale, aborde son sujet sous forme d’un road movie intergénérationnel.

La réalisation est convenue, le scénario sans surprise, les rebondissements prévisibles dans ce film qui met en scène Thierry Lhermitte et le jeune Rayane Bensetti. Plutôt convaincant, le premier ne semble toutefois pas avoir trop perdu la boule. Et le second, assez prometteur, a malgré tout tendance à forcer la dose. Reste un grand moment pour les fans de foot qui n’ont pas oublié l’événement sportif majeur de 1998…

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 avril.

19:24 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |