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22/02/2017

Grand écran: "Lion" raconte l'odyssée d'un enfant indien adopté

aaasaroo.jpgElle ne pouvait être que vraie. Inventée, on aurait eu du mal à croire à l histoire de Saroo, ce garçonnet indien de cinq ans qui se retrouve dans un train traversant le pays et l’emmenant à Calcutta. Perdu à 1600 kilomètres de chez lui, le gamin doit apprendre à survivre seul dans l’immense cité, avant d’être placé dans un orphelinat puis adopté par un couple d’Australiens.

Vingt-cinq ans plus tard, comme Saroo Brierley l’a raconté dans son autobiographie A Long Way Home, le jeune homme n’a pas oublié sa famille biologique. Les souvenirs de son enfance restent gravés dans sa mémoire et il va se mettre à rechercher son village natal. Il parviendra à le localiser grâce à Google Earth, qui a d’ailleurs parrainé le tournage.

Lion est le premier long-métrage de Garth Davis, cité six fois aux Oscars. Cherchant à éviter le pathos et le misérabilisme, le réalisateur ne manque toutefois pas de nous tirer des larmes avec cette aventure aussi extraordinaire que touchante. Plus particulièrement dans sa première partie où on découvre le quotidien du mignon Saroo (Sunny Pawar).

Il vit pauvre mais heureux dans une cahute en pleine campagneentre sa mère, sa sœur, son grand-frère qu’il adore et qui l’emmène parfois à son travail. Jusqu’à ce jour fatidique où, fatigué de l’attendre dans une gare, Saroo monte dans un wagon pour atterrir à Calcutta, ville de tous les dangers pour une jeune proie facile.

Moins centrée sur l’émotionnel, à part le final, la deuxième partie de ce mélodrame le montre dans sa nouvelle vie entre ses parents adoptifs et un frère difficile, également adopté. Puis il apparaît en adulte sous les traits de Dev Patel (le héros de Slumdog Millionnaire) qui, suite à une rencontre avec d’autres jeunes Indiens éprouvera la nécessité obsessionnelle de renouer avec ses racines.

Le comédien est l’un des prétendants à la statuette du meilleur second rôle en compagnie de Nicole Kidman. Cette dernière se révèle étonnante dans une composition sensible de mère aimante. Une nouvelle fois bluffante avec sa capacité de s’effacer derrière son personnage, elle apparaît méconnaissable avec son look vestimentaire de mémère, encore accentué par ses cheveux roux, coupés courts et permanentés.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 février. 

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16/02/2017

Grand écran: avec "L'Empereur" Luc Jacquet raconte le voyage d'un jeune manchot vers l'océan

aaaaempereur.jpgUn mois de voyage, quarante-cinq jours de tournage, six mois de montage. Résultat, de superbes images d’étendues glacées immaculées, de grands oiseaux attendrissants et une formidable prouesse technique pour une touchante histoire bien racontée par Lambert Wilson. Douze ans après le triomphe de La Marche de l’Empereur couronné d’un Oscar, qui évoquait le rude parcours des manchots empereurs sur la banquise, Luc Jacquet récidive.

Il nous immerge à nouveau dans le quotidien de ces étonnantes créatures en frac, à la fois majestueuses et rigolotes avec leur drôle de démarche à la Chaplin. Mais tout en montrant leur lutte perpétuelle pour tenter de se reproduire dans des conditions extrêmes, comme en témoigne la scène poignante de la résistance collective au blizzard pour protéger les œufs, son nouvel opus est centré sur l’aventure d’un manchot, de sa naissance à son premier grand voyage.

On s’attache à ce poussin qui, répondant au mystérieux appel qui l’incite à rejoindre l’océan, va traverser de dures épreuves pour accomplir son destin, assurer sa survie et celle de son espèce. Luc Jacquet voulait aborder au plus près la vie de l’animal. Un défi de taille mais un objectif atteint grâce à 6000 sosies qui faisaient la même chose en même temps.

Une première mondiale grâce aux frères Gentil

Le commentaire, très explicatif, contribue à lever une partie du voile entourant ses héros qui nous donnent une leçon de vie. On regrettera toutefois d’incessants allers et retours dans ce récit initiatique qui font un peu perdre le fil. En revanche, Luc Jacquet nous bluffe avec de sublimes images sous-marines, grâce à l’extraordinaire travail des frères Gentil, explorateurs modernes chaux-de-fonniers. Une première mondiale.

La frustration de Luc Jacquet de ne pas avoir pu le faire il y a douze ans, était d’ailleurs l’une de ses raisons de remettre le couvert, comme il nous le confiait lors d’un récent passage à Genève. Mais il y a aussi évidemment cette volonté de témoigner ce qu’il doit à ce continent. "Je ne peux le laisser sans empereurs à mes enfants».
Ecologue de formation, ce passionné de la nature natif de Bourg-en-Bresse qui voulait être paysan, a subi pour la première fois la morsure de l’Arctique en 1991. Il avait 23 ans.

"Depuis j’y suis retourné régulièrement. J’aime la confrontation avec les éléments déchaînés, l’esthétique absolue des paysages, le retrait du monde, le retour à un rythme plus authentique et bien sûr la proximité avec les manchots. Ce ne sont pas des animaux domestiqués, mais ils sont curieux, familiers. Ils n’ont pas peur. Ils essayent même de tirer vos vêtements! Il n'y a pas d’espèce qui se prête à ce point à la caméra».

Ce qui continue toutefois à beaucoup troubler l’auteur, c’est le mystère. "Il y a tant de choses qu’on ne comprend pas, leur connaissance innée mais impressionnante de la transmission, la manière qu’ils ont de se repérer. J’ai le sentiment que tout cela est sous-tendu par le rapport au temps.»

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 15 février.

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14/02/2017

Grand écran: dans "Rock'n Roll", Guillaume Canet s'amuse à casser son image

aaaarock.jpgValeur sûre du cinéma français, bien dans son existence, son métier, sa famille, Guillaume Canet, 43 ans, a tout pour être heureux. Jusqu’au jour où, sur un tournage, c’est le choc. Evoquant son âge, une jolie comédienne de 20 ans lui apprend non seulement qu’il n’est pas très "rock", ce qu’il n’a d’ailleurs jamais vraiment été, mais qu’il a beaucoup chuté dans la liste des acteurs qu’on aimerait se taper…

Sa vie avec Marion, son fils, sa maison de campagne, ses chevaux, ne livrent donc pas de lui un portrait des plus sexy. Paniqué, Guillaume sent qu’il y a urgence à changer. Et il va aller loin, jusqu’à l’impensable, sous le regard impuissant de son entourage médusé…

C'est après une interview avec une journaliste qui le décrit en termes peu avantageux dans lesquels il ne se reconnait pas, lui assurant qu’il renvoie l’image d’un acteur ringard et rangé, que l'idée de Rock'n Roll a germé dans la tête de Canet. Du coup, tout en mettant en scène son propre couple, il a eu envie de s’amuser à casser son look de gendre idéal. D’où son cinquième long-métrage où il se livre à un exercice désopilant d’autodérision, se moquant à la fois de sa personne et de son parcours. Il pose ainsi un regard satirique sur la sacro-sainte star qui, après avoir arpenté le tapis rouge, se comporte en somme comme tout le monde. Ou presque…

Parallèlement à ce savoureux jeu d’autodestruction, y allant à fond sur le nombrilisme et le narcissisme des acteurs enfermés dans une bulle et ne sachant pas distinguer le vrai du faux, il évoque la crise de la quarantaine qui effraie autant les hommes que les femmes, poursuivant pathétiquement à coup de botox une jeunesse qui les fuit. A cet égard, on regrette un peu que l’auteur ait tendance à se perdre dans une métaphore un rien lourdingue sur le jeunisme, surfant sur l’angoisse de vieillir et l'implacable dictature de l’apparence. Le twist final se révèle en revanche carrément dingue.

Un vrai talent comique

Malgré quelques petites réserves, ce métrage caustique et très divertissant entre réalité, fiction et mise en abyme offre des passages aussi inattendus que jubilatoires. A l’instar de celui où une Marion Cotillard irrésistible, cultivant son potager au milieu du salon, travaille par ailleurs consciencieusement un accent québécois pour son rôle dans le prochain fllm de Xavier Dolan. Le prodige aurait lui-même élaboré les dialogues pour des scènes particulièrement humoristiques. Sans oublier la découverte d'un impayable Johnny Hallyday qui s’autoparodie avec une indéniable délectatio

Mais on soulignera surtout  la performance de Guillaume Canet, dévoilant un talent comique qu’on ne lui connaissait pas vraiment et qu’on lui souhaite d’exploiter. En ce qui concerne les personnages secondaires,le réalisateur a choisi de s’entourer à nouveau de sa famille de cinéma: Alain Attal, Gilles Lellouche, ou encore Philippe Lefèvbre avec qui il a coécrit Mon idole et Ne le dis à personne

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 février.

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Grand écran: "Dans la forêt", le thriller fantastico-anxiogène de Gilles Marchand

aaaaforet.jpegNotamment inspiré de l'enfance de l'auteur, ce huis-clos familial en pleine nature met en scène Tom et Benjamin, deux garçons de 8 et 11 ans, qui rejoignent leur père vivant à Stockholm, pour passer les vacances d'été avec lui.

Ils l’ont à peine vu depuis qu’il a divorcé de leur mère, plus particulièrement Tom, qui ne connaît pratiquement pas cet homme à la fois bizarre, mystérieux, solitaire et autoritaire, qui semble ne jamais avoir besoin de dormir. C’est en tout cas ce qu’il lui affirme. Il est en plus convaincu que le gamin voit des choses invisibles pour les autres. A la suite d’incidents étranges, il décide brusquement d’aller dans le nord du pays et de séjourner dans une cabane au milieu d’une immense forêt.

Les deux gamins trouvent l’idée excitante, mais déchantent assez rapidement en découvrant un endroit certes magnifique, mais beaucoup plus isolé qu’ils l’avaient imaginé, privé d’électricité de surcroît, ce qui les empêche de recharger leur portable. Le malaise s’installe au fil des jours et leur inquiétude s’accroît quand ils comprennent que leur père, heureux d’être coupé du monde avec ses fils, envisage de moins en moins un retour à la civilisation. Sans compter qu'il manifeste à leur égard un comportement de plus en plus étrange et menaçant, qui accentue leurs angoisses et leurs peurs.

Un côté maléfique rappelant un peu Shining

Egalement connu pour ses scénarios dont Ressources humaines de Laurent Cantet, Un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll, ou encore Main dans la main de Valérie Donzelli, Gilles Marchand est adepte du thriller aux accents fantastiques depuis ses premiers longs-métrages. Dans Qui a tué Bambi (2003), il évoquait les obsessions d’une jeune infirmière se débattant entre rêve et cauchemar. Dans L’Autre monde (2010), il utilisait le phénomène des jeux vidéo en ligne pour développer des relations troubles et malsaines entre des personnages à la dérive.

aaaforet.jpgDans la forêt, le côté diabolique du père se retournant contre sa progéniture, rappelant un peu la folie de Jack Nicholson dans Shining, l’emporte. Cet opus anxiogène le serait d'ailleurs davantage si son réalisateur n’avait pas décidé de distiller l’angoisse dès les premières images.

Du coup, on n’est jamais véritablement surpris par les agissements alarmants du père. Ni saisi par les visions de monstrueuses créatures démoniaques du petit Tom, véritable héros de l'histoire. Doué de télépathie, il révélait en effet d’entrée à une pédopsychiatre qu’il avait un mauvais pressentiment à l’idée d’aller retrouver l’auteur de ses jours en Suède.

Cela n'enlève toutefois rien à la prestation des comédiens. Jérémie Elkaïm dans le rôle sombre et maléfique du père, Timothé Vom Dorp (photo) et Théo Van de Voorde dans celui des enfants à l'imaginaire foisonnant, se montrent tous les trois excellents.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 février.

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08/02/2017

Grand écran: Avec "Silence", Martin Scorsese livre sa "Passion" en évoquant ses doutes de croyant

aaasorsese.jpgMartin Scorsese quitte la haute finance du Loup De Wall Street pour aborder le thème de la foi, prépondérante dans sa vie et sa carrière. L'homme qui voulait devenir prêtre a fait de la religion l’un des  moteurs de son cinéma, confrontant ses obsessions (culpabilité, rédemption, expiation) à ses démons dont les addictions et la violence.  
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Avec Silence, qu’il rêvait de tourner depuis plus de vingt-cinq ans, l’auteur de La dernière tentation du Christ ou de Kundun (sur la vie du Dalaï-lama) livre ainsi sa "Passion", évoquant sa propre histoire, ses doutes, ses contradictions au cours d’une réflexion métaphysique complexe qui attire par sa recherche du mystère de la foi et ses interrogations philosophiques.

Adapté du roman éponyme de Shusaku Endo, Silence se déroule dans le Japon du XVIIème siècle, une période sombre, où les chrétiens fraîchement convertis sont massacrés, combattus pour des raisons religieuses et culturelles. Des résonances évidentes avec les atrocités commises aujourd’hui au nom de la foi (djihadisme, guerre aux mécréants, massacre des chrétiens d’Orient).

Un vrai chemin de croix

Scorsese suit les Pères portugais Sebastiao Rodrigues (Andrew Garfield) et Francisco Garupe ( Adam Driver) , missionnaires jésuites lancés à la recherche de leur mentor le Père Ferreira, porté disparu après être parti propager la bonne parole à l'autre bout du monde. Leur périple se muera en vrai chemin de croix, mettant sans cesse leur foi à l’épreuve.

Après une première partie où Scorsese évoque notamment d’une manière assez incongrue le choc des cultures, les deux hommes  partageront l’horrible destin des Japonais catholiques, contraints d’abjurer en piétinant une représentation du Christ, suppliciés puis trucidés par les sbires d’Inoue Masashige. Un redoutable inquisiteur dont Scorsese montre la cruauté et le sadisme en multipliant les scènes de torture et de mise à mort par le feu, la noyade, la décapitation.

Evitant tout prosélytisme, Scorsese propose un film épuré, austère, aride, au rythme lent, privilégiant la contemplation à l'action. Tout en reconnaissant et en admirant la virtuosité du réalisateur, la splendeur visuelle de l’opus (tourné à Taïwan) étiqueté chef d'oeuvre par beaucoup, on n’adhère pas complètement à ce duel spirituel opposant les croyances d’un Japon médiéval à une religion catholique qui se prétend universelle..

Des comédiens peinant à émouvoir

On n’est pas non plus conquis par la distribution. Andrew Garfield, qu’on vient de voir dans Tu ne tueras point de Mel Gibson et Adam Driver, le conducteur de bus poète de Jim Jarmush dans Paterson, n’éblouissent pas par leur charisme.

Bien qu’ils se soient totalement investi dans leur rôle, leur performance peine à émouvoir. Andrew Garfield se révèle peu inspiré dans ses incantations et Adam Driver a tellement maigri, qu’il effraye plus qu’il ne bouleverse. Dommage enfin que Liam Neeson, le mentor finalement retrouvé, soit réduit à de trop brèves apparitions dans cet opus de deux heures quarante.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 février.

 

 

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01/02/2017

Grand écran: "Manchester by the Sea", un grand mélodrame avec un formidable Casey Affleck

aaaafleck.jpgHomme à tout faire dans une plomberie de Boston, Lee Chandler (Casey Affleck impressionnant) passe ses journées à régler les problèmes des locataires de l’immeuble dont il s’occupe. Mais les choses ne vont pas sans mal. Lee est un garçon solitaire, irritable, qui n’aime pas les gens et a des difficultés à communiquer.  Toujours à fleur de peau, il noie son mal-être dans la bière et déclenche de stupides bagarres dans les bars pour se défouler.

Et puis un jour il, reçoit un coup de fil, rompant brutalement la routine de son morne quotidien et lui apprenant la mort soudaine de son grand-frère Joe (Kyle Chandler). Désigné tuteur légal de son neveu adolescent, Patrick (Lucas Hedges). Il doit alors retourner dans sa ville natale de Manchester by the Sea et y affronter un passé tragique qui l’avait forcé à fuir, se séparant de sa femme (Michelle Williams).

Ce drame poignant qui séduit par son scénario, sa mise en scène, ses dialogues, sa photographie, est signé Kenneth Lonergan, dramaturge et scénariste de Mafia Blues qui l’a révélé en 2000 et de Gangs Of New York de Scorsese (2011), qu’il a co-écrit. Il s’agit de son troisième film comme réalisateur après Tu peux compter sur moi et Margaret qu’on regrette de ne pas avoir vus.

Avec Manchester by the Sea, Kenneth Lonergan nous entraîne dans une forme de suspense, qui tient à la structure narrative de l’intrigue, moins simple qu’il n’y paraît. Prenant son temps, l’auteur la nourrit habilement de flashbacks permettant de mieux saisir les différentes situations, les motivations et les comportements des protagonistes, A commencer par celui de Lee, en nous laissant découvrir la raison de ses fêlures, de ses blessures, sa réticence à revenir Manchester, pour dévoiler petit à petit à l’origine du mal qui le ronge.

Forte puissance émotionnelle

Tout en évoquant le deuil, l’abandon, la résilience, l’auteur se concentre sur la relation complexe, touchante, entre l’oncle et le neveu qui se cherchent, chacun essayant maladroitement d’atteindre l’autre pour tenter de retisser un lien. Kenneth Lonergan livre ainsi un grand mélodrame intimiste à forte puissance émotionnelle, mais sans pathos et tire-larmes souvent inhérents au genre.

Une magnifique réussite qui tient bien sûr aussi à l’interprétation. Casey Affleck, qui tient un de ses meilleurs rôles avec celui du fascinant Gerry de Gus Van Sant apparaît comme un favori à l’Oscar. Il donne de l’épaisseur à son personnage qui lutte contre le spectre d’un passé impactant le présent. Fragile, renfermé, brisé mais aussi endurci par le chagrin, il donne la réplique à Lucas Hedges, remarquable dans le rôle de cet ado renfrogné, faussement cynique et insensible, occupé à satisfaire ses pulsions sexuelles avec diverses copines qui succombent à son charme. A leurs côtés, Michelle Williams et Kyle Chandler se montrent à la hauteur dans des rôles secondaires.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 1er février .

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Grand écran: "Mapplethorpe: "Look at the Pictures", le parcours hors norme d'un sulfureux photographe

 

5051579_7_70cb_autoportrait-1980_31e5e782e58510300867593df1b93b12.jpg«J’ai toujours été fasciné par l’idée d’illustrer la sexualité comme personne de l’avait fait auparavant». Pour Robert Mapplethorpe, le sexe est partout dans la vie et dans les choses. Un pénis et une fleur c’est la même chose. Il a ainsi fait du sexe et de sa pratique le cœur de son œuvre. Le résultat avait valu en 1989 les imprécations du sénateur républicain Jesse Helms, outré par les photos pornographiques du sulfureux personnage, jugées offensantes pour l’art. Il n’était pas le seul. Les images ont provoqué moult scandales et procédures judiciaires, loin de nuire d’ailleurs au prix des œuvres incriminées...


Look at the pictures, martèle le politicien scandalisé. C’est ainsi que commence le premier long-métrage documentaire sur le célèbre photographe, réalisé par Fenton Bailey et Randy Barbaro, qui reprennent la phrase à leur compte, en détournant évidemment son sens premier. Ils retracent le parcours fulgurant d’un artiste hors norme, jusqu’à sa mort du SIDA en 1989, après avoir passé ses dernières années à promouvoir l’homosexualité. Il avait quarante-deux ans.

A travers une série d’interviews enregistrées, Robert Mapplethorpe révèle sans détour sa vie sulfureuse et les passions qui l’ont inspiré. Des archives enfin rendues publiques, des entretiens de collaborateurs, des révélations intimes de ses amis, de ses amants, de son frère Edward, artiste lui aussi, des témoignages de son prêtre, sa rencontre avec son amie Patti Smith, complètent le portrait de cet homme extravagant et dérangeant qui a inventé une nouvelle forme d’art en portant la photographie à son sommet. Ce qui est d’autant plus extraordinaire qu’au départ, il ne l’avait pas choisie. Il s’est mis à faire des polaroïds, parce qu’il avait besoin de photos pour ses collages.

Obsédé ar la beauté

Le documentaire auquel on reprochera une facture trop classique étant donné son sujet, montre un Mapplethorpe obsédé par la beauté, la perfection esthétique, comme le révèle le fameux The Black Book publié en 1986, entièrement composé de nus d’hommes noirs sculpturaux et dans tous leurs états. Le provocateur Robert adorait bousculer les tabous, choquer les gens, les déranger, les faire réagir, les manipuler, les utiliser, avoir en quelque sorte du pouvoir sur eux.

Au-delà de son œuvre, Mapplethorpe, artiste total dans son attitude, sa manière de s’habiller, de se coiffer était profondément ambitieux. Tout ce qu’il faisait, c’était pour sa carrière remarquent les intervenants. Beau, intelligent, charmeur, il était aussi égoïste, aimait l’argent et avait soif de célébrité. Il voulait être une légende et a connu le succès avant de mourir.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 1er mars.

06:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Grand écran: "Mapplethorpe:Look at the Pictures", le parcours hors norme du sulfureux photographe

 

5051579_7_70cb_autoportrait-1980_31e5e782e58510300867593df1b93b12.jpg«J’ai toujours été fasciné par l’idée d’illustrer la sexualité comme personne de l’avait fait auparavant». Pour Robert Mapplethorpe, le sexe est partout dans la vie et dans les choses. Un pénis et une fleur c’est la même chose. Il a ainsi fait du sexe et de sa pratique le cœur de son œuvre. Le résultat avait valu en 1989 les imprécations du sénateur républicain Jesse Helms, outré par les photos pornographiques du sulfureux personnage, jugées offensantes pour l’art. Il n’était pas le seul. Les images ont provoqué moult scandales et procédures judiciaires, loin de nuire d’ailleurs au prix des œuvres incriminées...

Look at the pictures!, martèle le politicien scandalisé. C’est ainsi que commence le premier long-métrage documentaire sur le célèbre photographe, réalisé par Fenton Bailey et Randy Barbaro, qui reprennent la phrase à leur compte, en détournant évidemment son sens premier. Ils retracent le parcours fulgurant d’un artiste hors norme, jusqu’à sa mort du SIDA en 1989, après avoir passé ses dernières années à promouvoir l’homosexualité. Il avait quarante-deux ans.

A travers une série d’interviews enregistrées, Robert Mapplethorpe révèle sans détour sa vie sulfureuse et les passions qui l’ont inspiré. Des archives enfin rendues publiques, des entretiens de collaborateurs, des révélations intimes de ses amis, de ses amants, de son frère Edward, artiste lui aussi, des témoignages de son prêtre, sa rencontre avec son amie Patti Smith, complètent le portrait de cet homme extravagant et dérangeant qui a inventé une nouvelle forme d’art en portant la photographie à son sommet. Ce qui est d’autant plus extraordinaire qu’au départ, il ne l’avait pas choisie. Il s’est mis à faire des polaroïds, parce qu’il avait besoin de photos pour ses collages.

Obsédé par la beauté

Le documentaire auquel on reprochera une facture trop classique étant donné son sujet, montre un Mapplethorpe obsédé par la beauté, la perfection esthétique, comme le révèle le fameux The Black Book publié en 1986, entièrement composé de nus d’hommes noirs sculpturaux et dans tous leurs états. Le provocateur Robert adorait bousculer les tabous, choquer les gens, les déranger, les faire réagir, les manipuler, les utiliser, avoir en quelque sorte du pouvoir sur eux.

Au-delà de son œuvre, Mapplethorpe, artiste total dans son attitude, sa manière de s’habiller, de se coiffer était profondément ambitieux. Tout ce qu’il faisait, c’était pour sa carrière remarquent les intervenants. Beau, intelligent, charmeur, il était aussi égoïste, aimait l’argent et avait soif de célébrité. Il voulait être une légende et a connu le succès avant de mourir.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 1er mars.

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31/01/2017

Grand écran: Mel Gibson déroule ses obsessions dans "Tu ne tueras point". Sanglant!

aaahacksaw.jpgToujours aussi obsédé par la violence, la quête divine, le sacrifice et la rédemption, le prosélyte Mel Gibson revient avec Tu ne tueras point, où il raconte l’histoire authentique de Desmond Ross. Ce jeune Américain brutalisé par un père vétéran alcoolique pour exorciser ses traumatismes, hérite de sa colère avant de trouver la paix dans la religion.

Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, Desmond Ross, membre de l’Eglise adventiste du septième jour, veut absolument rejoindre l’armée pour servir son pays. Mais, cet objecteur de conscience déchiré entre son patriotisme et sa foi, refuse de porter, voire de toucher un fusil. Ce qui lui vaut les pires sévices de la part de ses camarades et surtout de sa hiérarchie, déterminée à s’en débarrasser

Le plus grand des héros

Inébranlable, supportant les coups, les humiliations, les injures, il finit par être engagé comme infirmier dans l’infanterie et, sans jamais céder sur ses principes, ses croyances, sa morale, deviendra le plus grand des héros en sauvant, armé de sa seule foi, des dizaines de vies dans l’enfer de la bataille d’Okinawa.

En soi l’objection de conscience est un bon sujet. Mais si on admire la résistance tenace aux cruelles pressions militaires, le courage exemplaire de l’homme qui a inspiré le film, c’est tout le contraire en ce qui concerne le portrait qu’en brosse Mel Gibson. Il en fait une sorte de dadais idéalistico-mystique, campé par un Andrew Garfield totalement dénué de charisme.

Une vaste boucherie 

Après une première partie laborieuse pour expliquer la conversion de son protagoniste, le réalisateur de La passion du Christ et de Braveheart se lance dans le filmage réaliste du conflit. Et profite de cette figure héroïque pour se livrer à ses fascinations douteuses, se vautrant dans la barbarie, multipliant avec une rare complaisance des séquences de guerre aussi sanglantes que répétitives.

Corps éventrés, déchiquetés. C'est gore. Une vaste boucherie. Et, plus détestable encore, sur fond de pacifisme, d’humanisme, d’évangélisme, de sentimentalisme bondieusard. A ce égard, on ne résiste pas à citer les Inrocks, évoquant un cinéma qui bascule dans l’ère du catho-porn, destiné à remplir les multiplexes de l’Amérique bigote…

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 1er février. "

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Grand écran: une excellente Natalie Portman fait revivre la fascinante Jackie Kennedy

aaaajack.jpgScruté, analysé, hyper médiatisé, l’assassinat de John F. Kennedy, le 22 novembre 1963 à Dallas, a fait l’objet d’incalculables thèses, ouvrages ou films. Mais aucun ne s’est principalement focalisé sur sa veuve, confrontée à la violence de sa mort.

Avec Jackie, le Chilien Pablo Larrain s’est glissé dans l’esprit de Jacqueline Bouvier Kennedy, pour tenter de faire partager son vécu émotionnel du drame.

Sans doute déroutés, les amateurs de biopics classiques vont regretter que le scénariste Noah Oppenheim n’ait pas privilégié le récit linéaire du destin extraordinaire de la First Lady qui a réinventé la fonction au début des sixties. Ils auront tort, car l’angle choisi pour évoquer l’icône féminine universellement admirée pour sa culture, sa beauté et son élégance est inédit, non conventionnel et passionnant.

Sur une musique de Mica Levi, superbement filmé, l’opus opère un retour en arrière à la faveur d’une interview accordée à un journaliste par Jackie, qui exige le contrôle de ses souvenirs, sinon leur réinterprétation. S’il conserve certes quelques éléments importants de son existence, Pablo Larrain se concentre sur les quatre jours traversés par la femme blessée, de celui de la tragédie du Texas à celui des funérailles à Washington le 25 novembre.

Tout en nous la montrant bouleversée, traumatisée, dévastée de chagrin, vêtue de son tailleur rose taché de sang, le cinéaste dévoile les deux visages de la célébrissime veuve de JFK. Vulnérable, timide, notamment dans la reconstitution en noir et blanc de la fameuse visite de la Maison Blanche où elle parle d’une voix de petite fille désemparée ; digne, forte et déterminée dans sa volonté d’organiser des obsèques destinées à célébrer l’homme et à immortaliser le 35e président des Etats-Unis.

De l’Oscar dans l’air

Un vrai film d’auteur dont Natalie Portman est l’atout majeur aux côtés de Peter Sarsgaard, Greta Gerwig et John Hurt. Il y a de l’Oscar dans l’air pour la comédienne qui porte l’œuvre de bout en bout. Formidable, elle impressionne par sa classe, son jeu intelligent, subtil, sensible . Remarquable, elle devient plus qu’elle n’incarne cette Première Dame exceptionnelle, complexe, fascinante, secrète, mais aussi consciente de l’importance de son image, de son style, et dont la vie a basculé en quelques minutes.

Pour construire son personnage, Natalie Portman a raconté, notamment à Paris Match, qu’elle s’est inspirée des entretiens de Jackie avec l’historien Arthur Schlesinger Jr en 1964, mais a surtout été aidée par le livre One Special Summer qu’elle avait écrit avec sa sœur Lee lors d’un voyage en Europe en 1951.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 1er février.

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