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06/08/2017

Festival de Locarno: boxeur dans "Sparring", Mathieu Kassovitz décroche un Léopard pour sa carrière

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaamat.jpgAprès Adrien Brody, lauréat du Leopard Club Award, honorant une personnalité du cinéma qui a marqué l’imaginaire collectif, c’était au tour du talentueux Mathieu Kassovitz de décrocher l’Excellence Award Moët & Chandon pour sa carrière devant et derrière la caméra.

César du meilleur espoir masculin en 1994 pour sa prestation dans Regarde les hommes tomber de Jacques Audiard, il avait raflé le prix de la mise en scène à Cannes en 1995 pour La Haine, devenu culte. Il a notamment i collaboré avec de grands réalisateurs comme Costa-Gavras (Amen, 2002), Steven Spielberg (Munich, 2005) et le dernier Michael Haneke (Happy End, Cannes 2017).

L’hommage, complété par une sélection de ses films, lui a été rendu sur la Piazza Grande qu’il découvrait pour la première fois et où était projeté Sparring, de l’acteur Samuel Jouy. «C’est un beau moment pour mon ego», avait déclaré Mathieu Kassovitz, qui tient le rôle principal, à l’occasion d’une conférence de presse où il s’est surtout amusé à jouer les potaches avec les autres protagonistes.

Cette première réalisation raconte l’histoire de Steve Landry, 45 ans, un boxeur qui a perdu plus de combat qu’il n’en a gagné, comme en témoigne son visage amoché. Avant de raccrocher les gants, il accepte de devenir le sparring partner d’un champion. Et se voit offrir une dernière occasion de briller auprès de sa femme et de ses enfants, plus particulièrement de sa fille qui lui voue une admiration sans borne.

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaapat.jpgUne oeuvre mineure, à l‘image de la programmation de la Piazza Grande jusqu'ici. A une ou deux exceptions près. On mettra évidemment à part le captivant Good Time de Josh et Benny Safdie, présenté à Cannes en compétition en mai dernier. Dans ce polar noir, un homme cherche à faire sortir de prison son frère arrêté au cours d’un braquage qui a mal tourné. Une dérive déglinguée entre désespoir et violence frôlant parfois l’absurde dans les bas-fonds newyorkais. Le héros Robert Pattinson y est méconnaissable (photo).

On a aussi aimé Lola Pater, cinquième long métrage du cinéaste franco-algérien Nadir Moknèche. Il s'est attaqué au thème délicat de la transsexualité et réussi à le traiter avec subtilité et sensibilité, évitant la caricature et le cliché. Avec Fanny Ardant. (Voir notre interview dans notre chronique du 4 août).

En revanche Noémie Lvovsky n’a pas convaincu avec Demain et tous les autres jours. Une mère, qu'interprète elle-même la réalisatrice, s'enfonce dans la folie, tandis que sa fille de 9 ans, certes turbulente mais plus adulte qu’elle, essaie de la protéger. Mathilde est aidée dans sa tâche par une étonnante chouette parlante… Noémie Lvovsky nous entraîne dans un univers intimiste et secret saupoudré de surnaturel. Dommage qu’elle ait trop tendance à nous perdre en route.

Mais c’est moins grave que Drei Zinnen de l’Allemand Jan Zabeil, qui exploite maladroitement l’animosité permanente, voire pire, d’un jeune garçon à l’égard du nouveau compagnon de sa mère. Un film à l’ambiance faussement anxiogène et aux invraisemblances plombantes. Mais qu’est donc allée faire Bérénice Bejo dans cette galère ?

Enfin, on évitera de s’étendre sur le regrettable ratage de Amori che non sanno stare al mondo (Des histoires d’amour qui n’appartiennent pas à ce monde) de Francesca Comencini. Le film avait  été refusé paraît-il l’an dernier à la Mostra de Venise.

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Festival de Locarno: décevante chasse au Léopard d'or à mi-parcours

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaluckycar.jpgAprès avoir démarré mollement, cette 70e édition n'a guère changé de vitesse. A commencer par la compétition qui, au cinquième jour, n'a pas soulevé l‘enthousiasme des critiques. Un euphémisme dans la mesure où, sur les films proposés jusqu’ici, seul l’un d’eux Lucky, première réalisation de l’acteur John Carroll Lynch a provoqué des applaudissements relativement nourris. Davantage dus à la présence au casting du protagoniste principal Harry Dean Stanton et un certain David Lynch (photo) qu’aux qualités de l’œuvre. Ce qui ne l’empêchera peut-être pas de le retrouver au palmarès…

Mais on a quand même un peu de mal à se passionner follement pour les déambulations, dans une ville désertée, de Lucky, un nonagénaire athée, ronchon et farouchement indépendant qui, après avoir survécu à ses contemporains sent venir sa propre fin. Le réalisateur le suit alors dans une sorte de voyage spirituel et introspectif, sur fond d’un quotidien rythmé par un rituel immuable, lever, gymnastique, télé, mots croisés et bloody mary chez Elaine... 

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaata peau.jpgOn a été encore moins sensible aux culturistes du Canadien Denis Côté. Dans son documentaire, Ta peau si lisse, il évoque six de ces monstrueux gladiateurs des temps modernes, mus par leur obsession narcissique du corps qu’ils ne cessent de travailler pour se dépasser. L’envie, le désir de s'exhiber sur scène s’inscrit dans un délire masochiste ou s’enchaînent régimes et entraînements épuisants.

Rien de très nouveau toutefois dans la démarche de l’auteur, bien qu’il revendique une approche différente du sujet, s’attachant notamment davantage que d’autres cinéastes à montrer l’aspect vulnérable sinon fragile de ces montagnes de muscles en les saisissant dans leur intimité, personnelle ou familiale.

Comme d’habitude, Isabelle Huppert fait salle comble

Déception également avec Madame Hyde, de Serge Bozon, dont on attendait beaucoup. La preuve, son héroïne Isabelle Huppert, aux côtés de Romain Duris et José Garcia à contre-emploi, avait comme d’habitude contribué à remplir une salle d’ordinaire à moitié vide.

Mais voilà qui n’a pas suffi à faire véritablement décoller l’histoire pourtant prometteuse d’une excentrique et timide professeure de physique méprisée par ses collègues et tourmentée par ses élèves dans un lycée professionnel de banlieue. Foudroyée durant une nuit d'orage, la faible Mrs Géquil perd connaissance et, quand elle revient à elle, se sent portée par une énergie nouvelle. Celle de la puissante et dangereuse Madame Hyde dont il faudra dès lors maîtriser le feu...

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaboas.jpgLes Brésiliens Marco Dutra et Juliana Rojas s’aventurent plus loin dans le fantastique avec As Boas Manieras (Les bonnes manières). Infirmière solitaire de la banlieue de Sao Paulo, Clara est engagée comme nounou du futur enfant de la mystérieuse Ana. L’accouchement n’aura rien d’une délivrance… Sorte d’ovni dans la chasse au Léopard, l’opus se laisse certes voir. Mais victime de son infinie longueur et d’un jeu parfois approximatif, il n’améliore pas fondamentalement la qualité du concours

A l’image de Gemini, de l’Américain Aaron Katz. Là, on frôle carrément le téléfilm. Sous couvert d’un crime commis chez une étoile hollywoodienne montante, il teste la relation complexe entre la starlette et son assistante qui va parcourir Los Angeles pour tenter de résoudre l’énigme. Visuellement plutôt plaisant, interprété par Lola Kirke et Zoe Kravitz, il est malheureusement desservi par les incohérences d’une intrigue inutilement tarabiscotée.

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04/08/2017

Festival de Locarno: pour Fanny Ardant, transsexuelle dans "Lola Pater", chaque film est une aventure. Interview

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaafnr.jpgElle est belle, grande, mince, sincère, chaleureuse, passionnée. Avec des bagues à chaque doigt... nous rappelant les paroles du Tourbillon de la vie et son interprète qui vient de quitter la scène. Le temps d'un très bref commentaire. De Jeanne Moreau l’insoumise, Fanny Ardant dira sobrement que sa mort la rendue triste.

Elle lui ressemble. Effrontée, extravagante, non conformiste, elle non plus n’a pas la langue dans sa poche, ne supporte pas la pensée unique, se moque des moralisateurs. Elle se dit peu mondaine sinon carrément asociale. A la tête de quelque 80 films, inoubliable Femme d’a côté de François Truffaut, elle est aussi réalisatrice de trois longs métrages, dont Le divan de Staline avec Gérard Depardieu, et a mis en scène un opéra au Châtelet.

Douée pour la métamorphose et le mélange des genres, elle a accepté, à 68 ans, de jouer un homme devenu femme dans Lola Pater, le cinquième opus du cinéaste franco-algérien Nadir Moknèche. Fils d’immigrés algériens, Zino a grandi persuadé que Farid, son père, les a abandonnés, sa mère et lui. A la mort de cette dernière, il apprend que Farid n’est pas retourné en Algérie, mais qu’il vit en Camargue.

Zino part alors à sa recherche et rencontre Lola, professeure de danse orientale. Elle finit par lui avouer qu’elle est Farid. Zino a de la peine à l’accepter. Nadir Moknèche s'est attaqué à un thème délicat qu'il traite avec subtilité et sensibilité, évitant la caricature et le cliché. On en reparlera plus longuement lors de sa sortie le 9 août prochain dans les salles romandes.

aaaaaaaaaaaaaaaardant.jpg"L'amour est la plus grande histoire de la vie"

"J’ai beaucoup aimé le scénario ainsi que mon personnage pour la richesse de son caractère, sa vulnérabilité, son insolence, sa fantaisie, son parcours chaotique", raconte Fanny Ardant, de passage à Locarno pour la projection de Lola Pater sur la Piazza Grande. «C’est un être très tourmenté. Il a choisi sa vie quel que soit le prix à payer. Là on est à la dernière épreuve. Il, enfin elle, se demande si son fils va l’aimer. L‘amour est la plus grande histoire de la vie. 

Est-ce un rôle casse-gueule? Certaines actrices auraient sans doute craint pour leur image?

Ce n'est pas mon cas, car je n’ai pas d’image à défendre. J’ai une sorte d‘irréductibilité liée à ce que je pense, ce que je suis, à la liberté. Tout en tant très pessimiste, je suis dotée d'une extraordinaire énergie. Ma carte maîtresse. Elle est venue à bout de chagrins qui m’ont presque laissée pour morte.

Qu’est-ce qui définit le mieux l’être humain selon vous?

Ce n’est en tout cas ni son sexe, ni son métier, ni sa nationalité, ni sa couleur. Tout cela n'est qu'une enveloppe. Ce qui le définit, c’est sa richesse, sa dualité, ses contradictions. ce moment où on l’a devant soi et où on le découvre dans ses qualités, ses défauts dans les réactions qu'il provoque. Celle de mon fils dans le film, c’est d'abord le rejet. Dès qu’il apprend à me connaître ce n’est plus le cas.

Comment avez-vous travaillé votre personnage?

Je l’ai davantage préparé que travaillé. Avec Nadir, nous nous sommes surtout attaché à l'allure générale, aux robes, aux chaussures, à la coiffure, la poitrine, le derrière. Et à la voix. "Plus bas, me répétait-il, plus bas".. Il m’a par ailleurs conseillé de prendre des cours de danse orientale. Pour le reste on se rend disponible. Je n’ai pas rencontré de transsexuelles. Je me serais retrouvée dans une réalité qui ne m’intéresse pas. Ce qui me passionne, c’est la vérité.

La routine vous ennuie. Vous la cassez en vous montrant très éclectique. Vos choix sont à la fois populaires et auteuristes.

Chaque film est une aventure. Dépendant de l’invention et de l’intelligence des metteurs en scène qui me proposent des choses différentes. Quand j'ai rencontré Nadir, j'ai été séduite par sa culture, sa façon de parler, de me voir au-delà des apparences. Je n'avais jamais joué ce rôle et je dis toujours oui à quelque chose d’irrésistible.

Et c’est quoi l'irrésistible ?

La découverte, la curiosité, le plaisir de jouer. Mais j’ai besoin d’avoir des affinités. Vous savez, je suis misanthrope. J’aime les êtres humains un par un. Je déteste le groupe. Je n’ai par exemple jamais appartenu à un parti politique. Je ne fais pas non plus partie de la "grande famille" du cinéma. Je veux la liberté chez un acteur. J’ai été très heureuse sur le tournage de Lola, où j’ai rencontré des gens formidables.

Enfreindre c’est mieux que suivre. Votre devise de rebelle en somme. 

Je revendique ma liberté de parole et celle de changer d’avis. J’ai de la difficulté à entrer dans l’ordre établi, j’ai du mal avec la loi, avec l’autorité, sauf si elle est bienveillante. Tout cela vient du  fait que très tôt, on a essayé de me faire peur. Or une vie ne peut pas être dictée par la peur.

Vous avez le sens de la formule. Vous dites par exemple que le cinéma c’est comme le prêt à porter. En gros il en faut pour chacun. Une fois vous m'aviez confié que vous étiez comme une valise sur un tapis roulant. Est-ce toujours le cas?

Oui, j’attends qu’on m’emporte. Les gens ont pris leur valise et il n’y en a plus qu’une sur le tapis, qui patiente. C’est moi. Et je suis prête à tout!

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01/08/2017

Festival de Locarno: des stars et des nouveautés pour la 70e édition

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaafestival loc.jpgTradition et innovation, regards sur le passé et paris sur l’avenir, le tout sur fond glamour avec de nombreuses stars présentes pour la 70e édition du Festival de Locarno, qui débute mercredi 2 août. Ce cru 2017 concocté par le directeur artistique Carlo Chatrian comprend comme d’habitude plusieurs volets, de la compétition internationale à la Piazza grande, en passant par les Léopards de demain, les Cinéastes du présents,la Semaine de la critique et la rétrospective.

aaaaaaaaaaaaaaaaahuppert.jpgZoom sur les trois principaux. Et tout d‘abord le concours, fort de dix-huit œuvres en provenance de douze pays. Les Etats-Unis se taillent la part du lion dans cette chasse au Léopard d’or, en proposant cinq longs métrages dont Lucky de John Carrol Lynch. La France en présente deux, dont Madame Hyde, de Serge Bozon avec Isabelle Huppert (photo). Deux également pour la Chine, le documentariste Wang Bing signant pour sa part Mrs Fang, le portrait d’une sexagénaire atteinte d’Alzheimer dans le sud du pays.

On retiendra par ailleurs La Telenova errante, cosigné par le Franco-Chilien Raul Ruiz (mort en 2011) et sa compagne d’alors Valeria Sarmiento, ou encore Ta peau si lisse du Canadien Denis Côté, un habitué de l’endroit. Les autres films en lice viennent du Brésil, d’Italie, d’Allemagne, de Roumanie, d’Islande, de Palestine et enfin de Suisse avec Goliath de Dominik Loscher.

Piazza Grande et tapis rouge

Point fort du festival la célèbre et magique Piazza Grande où le public peut découvrir 14 films. En ouverture Demain et tous les autres jours, une comédie de la Française Noémie Lvovsky et en clôture Gotthard-One Life, One Soul de Kevin Merz consacré au groupe helvétique.

aaaaaaaaaaaaaaaaaalolap.jpgEntre les deux, l’Italienne Francesca Comencini propose Amori che non sanno stare al mondo (Des histoires d’amour qui ne peuvent appartenir à ce monde), le Franco-Algérien Nadir Moknèche Lola Pater (photo), où un fils veut retrouver son père, avec Fanny Ardant. De son côté l’Américain Michael Showalter dévoile The Big Sick, romance sur un couple aux différences culturelles et son compatriote David Leitch Atomic Blonde, film d’espionnage avec Charlize Theron.

Côté tapis rouge, cette 70e édition verra d’autres quelques autres invités de marque comme Mathieu Amalric, Vanessa Paradis, Vincent Macaigne, Adrien Brody, qui doit recevoir le Leopard Club Award, tandis que Nastassja Kinsky, muse de grands cinéastes, est l’hôte d’honneur du Festival.

La rétrospective Jacques Tourneur

Troisième pilier de la manifestation tessinoise, sa traditionnelle rétrospective. Elle est consacrée cette année au réalisateur français Jacques Tourneur, né à Paris en 1904 et mort en 1977. Western, polars, films noirs, de cape et d’épée, de guerre, d’espionnage, d’aventure, sans oublier le mélodrame, Jacques Tourneur s’est exprimé dans tous les registres, un éclectisme hérité de sa double identité européenne et américaine.

Conçue par Roberto Turigliatto et Rinaldo Censi en collaboration avec les Cinémathèques suisse et française, la rétrospective a lieu à l’historique GranRex, entièrement restauré. C’est aussi l’occasion d’évoquer, sur le plan des infrastrutures, le Palacinema, un nouveau lieu offrant une salle de 500 places et deux de 150.

Festival de Locarno, du 2 au 12 août.

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31/07/2017

Cinéma: Jeanne Moreau, la mort d'une icône

aaaaaaaaaaaaaaamoreauj.jpgFemme libre, incarnation du cinéma, personnalité hors du commun, sensuelle, envoûtante, inoubliable, sublime...Sur les réseaux sociaux les hommages pleuvent et se ressemblent, du président Macron et de sa ministre de la Culture à Brigitte Bardot, de Line Renaud à Jack Lang, de Plantu à Benoît Hamon, de Pierre Lescure à Claude Lelouch, de Jean-Pierre Mocky à Bruno Le Maire.

Venus du monde politique ou de la culture, ils se sont tous réunis pour saluer l’immense talent de Jeanne Moreau, actrice, chanteuse et réalisatrice, trouvée morte lundi matin 31 juillet à son domicile parisien. Elle avait 89 ans.

Séductrice  à la voix grave inimitable, héroïne moderne, intelligente et sulfureuse, elle est  née le 23 janvier 1928  à Paris d’une mère danseuse anglaise et d’un père restaurateur, qui la chasse de la maison lorsqu’elle se prend de passion pour le théâtre. Elle fait ses  débuts à la Comédie française  à 19 ans après le Conservatoire. Dans la foulée elle découvre le cinéma en 1949, dont elle deviendra l’icône.  

aaaaaaaamoreau.jpgUn gage de qualité

Provocante, avant-gardiste, féministe, éclectique dans ses choix, aussi populaires qu’auteuristes, elle a tourné dans plus de 130 films, rassemblant des millions de spectateurs. Bankable avant l'heure, sa présence était un gage de qualité  Elle a ainsi travaillé avec les plus grands, Louis Malle (Ascenseur pour l’échafaud en 1957, ou Les Amants en 1958), Michelangelo Antonioni  (La Notte 1961) Orson Welles (Le procès en 1962), Luis Bunuel (Le Journal d’une femme de chambre en 1964),  Joseph Losey (Eva en 1962) Jacques Demy ( (La baie des anges en 1968), Bertrand Blier (Les valseuses en 1974, qui  déclenche un scandale).

aaaaaaaprasis.jpgEt on n’oubliera  évidemment pas sa célèbre collaboration avec François Truffaut pour Jules et Jim (1961), l’histoire d’un triangle amoureux où, maîtresse affranchie,  elle interprète le mémorable Tourbillon de la vie. Une chanson éternelle, reprise en duo avec Vanessa Paradis, dans une scène culte (photos) qui a marqué la cérémonie d’ouverture à Cannes  en 1995.

Ces longs métrages lui valent ses meilleurs rôles qu’elle incarne auprès d’acteurs magnifiques comme Maurice Ronet, Anthony Perkins,  Marcello Mastroianni, Stanley Baker, Michel Piccoli, Patrick Dewaere, Gérard Depardieu. On peut y ajouter  Touchez pas au grisbi, de Jacques Becker avec Jean Gabin en 1953, Viva Maria de Louis Malle avec Brigitte Bardot en 1965, ou encore La mariée était en noir de François Truffaut en 1968 avec notamment Claude Rich, également décédé récemment.

Les récompenses

En 65 ans de carrière Jeanne Moreau, auteure elle-même de Lumière, L’adolescente et Lilian Gish, a collectionné les récompenses.

aaaaaaaaaamoderatoc.jpgPour son rôle au côté de Jean-Paul Belmondo dans Moderato Cantabile de Peter Brook (photo), elle obtient le prix d’interprétation féminine en 1960 au Festival de Cannes, qu’elle est par ailleurs la seule comédienne à avoir présidé deux fois, en 1975 et 1995. 

Deux ans plus tard elle reçoit le César de la meilleure actrice pour La Vieille qui marchait dans la mer de Laurent Heynemann. En 1998, Holywood lui remet un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière et en 2008, elle décroche  un  Super César d’honneur.

 

Les hommes qui ont compté dans sa vie 

Indépendante, anticonformiste dans sa vie professionnelle, l’actrice l’est pareillement dans sa vie privée. Elle se marie avec l’acteur et réalisateur Jean-Louis Richard dont elle a eu un fils Jérôme, et dont elle divorce en 1951. Em 1977, elle épousé le cinéaste améri­cain William Fried­kin. Ils se quittent au bout de deux ans.

Parmi les hommes qui ont compté dans sa vie, selon les connaisseurs du sujet, il y a Jean-Louis Trintignant, Sacha Distel, François Truffaut, Louis Malle, George Hamil­ton, Tony Richardson, Georges Moustaki. On lui prête une rela­tion avec Marcello Mastroianni et elle a séduit le grand couturier Pierre Cardin avec qui elle a vécu une histoire d’amour de quatre ans.

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03/07/2017

Grand écran: "Una mujer fantastica", le combat dune transgenre face à l'hostilité sociale et familiale

aaaaaaaaaaaaaaaaaaamujer.jpgAprès le triomphe de « Gloria », une divorcée de 58 ans déterminée à braver l’âge et la solitude, le Chilien Sebastian Lelio s’est lancé, avec « Una mujer fantastica » (Une femme fantastique) , dans le délicat sujet du transgendérisme. Cette femme, c’est Marina. Loin des regards, elle vit avec Orlando, son aîné de vingt ans. Ils s’aiment, malgré tout ce qui les sépare, les années et la différence de Marina.

Toujours désireux de lui plaire, Il décide de l’emmener aux célèbres chutes d’Iguazu, situées entre le Brésil et l’Argentine. Mais le voyage ne se fera pas. Terrassé par un malaise, Orlando meurt quelques heures plus tard. Privée de son amour, de sa bienveillance, de sa protection, Marina se retrouve en butte à l’hostilité de la société et de ses proches, rejetant tout ce que représente cette personne à «l’identité douteuse».

Marina lutte pour conquérir son droit au respect

Tandis que la police la soupçonne de meurtre et que l’inspectrice des moeurs la soumet à une humiliante visite médicale, la famille d’Orlando, mêlant la cruauté ordinaire à la mesquinerie crasse, veut chasser ce «monstre», cette «prostituée vénale» de l’appartement d’Orlando et va jusqu’à l’interdire d’obsèques. Seule face à la violence, la colère, la défiance et l’animosité de tous, Marina ne baisse pas les bras. Dotée d’une force et d’une énergie à tout crin, elle va au contraire se battre pour conquérir son droit au respect et à la dignité.

Entre retenue et tension, passant du mélodrame à une forme de thriller, Sebastian Lelio évite le militantisme, le pathos, pour développer son intrigue avec subtilité, intelligence et délicatesse, le «cas» de Marina devenant alors surtout un sujet pour les autres protagonistes. Une réussite à laquelle contribue son héroïne interprétée avec passion par la talentueuse et charismatique Daniela Vega (photo), une vraie femme transgenre. Comme le souhaitait le réalisateur qui, de Berlin où il habite désormais, nous en dit plus sur le point de départ de son cinquième long métrage.

«Je voulais explorer de nouveaux territoires»

« Gloria représentait à la fois une fin et un commencement. Suite à son succès, j’ai eu envie d’explorer de nouveaux territoires, de trouver une histoire qui me forcerait à avancer. C’est ce qui m’excite dans mon métier. Alors que j’étais en train d’écrire avec mon coscénariste Gonzalo Maza, je me suis demandé ce qui se passe pour celui ou celle qui reste quand quelqu’un meurt dans ses bras. Après avoir imaginé plusieurs possibilités, j’ai eu l’idée d’une femme transgenre. Mais je n’en connaissais pas et je sentais que j’avais la tête farcie de clichés ».

-C’est alors que vous avez décidé d‘en rencontrer ?

- Effectivement. Nous en avons vu plusieurs à Santiago, que j’ai trouvées très inspirantes. Mais sans que je les imagine en comédiennes. Jusqu’à ce qu’on me recommande Daniela Vega». J’ai alors réalisé qu’il me fallait une actrice transgenre. Pour moi c’était impératif. Sinon, je n’aurais pas fait le film.

- «Una mujer fantastica» n’est pas militant dans la mesure où vous ne traitez pas spécifiquement du problème de la transition, de la difficulté à s’assumer, mais avant tout de la façon dont Marina est considérée et traitée pour ce qu’elle représente.

-Je crois que le cinéma a vocation à être plus complexe qu’exposer ou défendre certaines causes. Un moyen de les surmonter, de les transcender. La présence de Marina nous emporte ailleurs. On est à la fois dans un musical, une fantaisie, un documentaire. En dépit d’un certain aspect réaliste, le film n’est pas réaliste en soi.

- Vous posez plus de questions que vous ne donnez de réponses. Notamment à propos de votre héroïne.

-C’est vrai. Révélateur, reflet, miroir, pierre angulaire, elle est plus ou moins énigmatique. On ne sait pas exactement qui elle est. Elle demeure un mystère. Je suis comme elle. Si je ne nie pas avoir une fascination pour le féminin, Je refuse d’être catalogué.

-Votre film a une dimension politique. Est-il une représentation du Chili aujourd’hui?

-C’est inévitable, puisqu’il en émerge. Il est révélateur d’un aspect d’une société chilienne très conservatrice dans un pays à démocratie limitée où continue à régner l’injustice sociale.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 5 juillet.

 

 

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21/06/2017

Grand écran: "Le Grand Méchant Renard et autres contes", irrésistiblement drôle et émouvant

aaaaaaaaaarenard.jpgBenjamin Renner avait fait un carton, en remportant le César du meilleur film d’animation en 2013 avec Ernest et Célestine, tiré du livre de Gabrielle Vincent et coréalisé avec le duo belge Patar et Aubier. Il récidive en adaptant de sa propre BD Le Grand Méchant Renard et autres contes,qui lui avait valu le Fauve d’or en 2016 à Angoulême.

Drôlerie, émotion, humour et tendresse, inversion des rôles et détournement des genres, délicatesse du dessin sont au rendez-vous dans cette irrésistible comédie animalière patticulièrement bien écrite, composée de trois actes. Le premier met en scène une cigogne futile et sans-coeur, chargée de livrer un bébé. Mais la paresseuse s’en débarrasse en le confiant à un lapin, un canard et un cochon. Un trio d’andouilles certes sympathiques, mais qui aura toutes les peines à mener à bien sa précieuse et délicate mission.

Le second acte s’articule autour d’un renard qui donne son titre au film mais qui a bien du mal à l’assumer. Il n’a de grand méchant que le nom et du coup sa réputation de prédateur carnivore en prend un drôle de coup. Le malheureux ne sait qu'inventer pour effrayer les poules. Il se fait même copieusement injurier et rosser dès qu'il pénètre dans le poulailler

Il se rabat alors sur les œufs destinés à devenir de petits poussins délectables. Héla pour lui, sortis de leur coquille, ceux-ci l’appellent maman et ne cessent de lui prouver leur amour. Moralité de cette fable qui rappellet La Fontaine, tout le monde peut dans le fond être mère.

Le troisième conte reprend le trio lapin-canard-cochon qui, craignant d’en avoir tué le père, tente de sauver Noël. Il est un peu faible comparé aux deux premiers, mais les enfants n’en bouderont pas leur plaisir pour autant. Les adultes non plus.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 21 juin.

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15/06/2017

Grand écran: avec "Ce qui nous lie", l'urbain Cédric Klapisch se frotte à la ruralité

aaaaaaaaaaaaaaaaavignes.jpgNotamment auteur du désopilant Un air de famille (1996), de la fameuse trilogie débutant par L’Auberge espagnole (2002), du choral Paris (2008) et producteur de la série Dix pour cent, le Parisien Cédric Klapisch nous transporte cette fois en milieu rural pour un film tourné sur quatre saisons.

Dix ans après avoir quitté sa famille pour faire le tour du monde, Jean (Pio Marmaï) revient chez lui en apprenant la mort imminente de son père, propriétaire d’un vignoble au cœur de la Bourgogne.

Le trentenaire prodigue retrouve sa sœur Juliette (Ana Girardot) et son frère Jérémie (François Civil) pour faire les vendanges, repenser l’avenir du domaine et retisser des liens familiaux distendus par l’absence de Jean. Il n’avait pas donné de nouvelles depuis quatre ans, ni même daigné se manifester lors du décès de leur mère.

Si Jérémie un brin rancunier lui garde un chien de sa chienne, Juliette est trop émue de le revoir pour rester fâchée. Les sentiments fraternels l’emportent sur des conflits d’enfance remontant à la surface et les choses finissent rapidement par s’arranger.

Contrairement à l'opus. Il déçoit avec une intrigue tournicotant autour de divers thèmes mal exploités comme la transmission, un sujet de prédilection pour l’auteur, l’héritage, l’attachement à la terre, le temps qui passe.et les problèmes de couple.

Ce qui noie l’enjeu principal de la chose. Du coup, en dépit de deux ou trois bonnes idées, Klapisch livre un film paresseux, sans surprise, peu inspiré, manquant d’incarnation et de rythme, écrit avec le scénariste Santiago Amigorena. Il souffre par exemple de la comparaison avec Tu seras mon fils de Gilles Legrand qui décrivait la mauvaise volonté crasse d’un père à faire confiance à son fils pour fa reprise du domaine familial.

Côté comédiens, Pio Marmaï s’en sort plutôt bien avec son indéniable charme. En revanche on n’est pas bouleversé par la prestation des deux autres. François Civil, l’Hippolyte de Dix pour cent est transparent et Ana Girardot a du mal à convaincre en patronne dans ses vignes. Bref, à consommer avec modération…

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 14 juin.

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14/06/2017

Le retour de Federer à Stuttgart: une sacrée douche glacée!

aaaaaaaaaaaaafed.jpgEh bien, pour moi qui me posais la question de la forme de Rodgeur, la réponse n’est guère encourageante. Un euphémisme. Zapper la terre pour dompter le  gazon, je ne vous raconte pas le ratage!

Pour sa grande rentrée qui devait être une promenade de santé comme on n’a cessé de nous le crier sur les toits depuis deux semaines, le roi de l’entraînement a tenu un premier set de 23 minutes qu’il a même largement remporté, avant de s’effondrer lamentablement à Stuttgart.

Non seulement dans un tournoi de campagne, en plus sur herbe, censée être la surface de prédilection de Federer, mais face au …302e à l’ATP. Certes il s’agit de l’Allemand Tommy Haas, qui a de sacrés beaux restes pour ses 39 ans et s’est montré impitoyable du fond du court, prouvant par là qu’il mériterait carrément une place parmi les trente premiers mondiaux.

Mais quand même, ça la fiche drôlement mal cette défaite prématurée. La douche glacée. Un échec d’autant plus douloureux et préoccupant que le maestro ne pouvait pas se permettre de perdre le moindre point sans risquer d’en subir de désastreuses conséquences. Alors un service, vous imaginez la condamnation définitive!

Bref, c’est à désespérer. Pire. Si les choses ne s’arrangent pas à Halle, où il doit batailler la semaine prochaine, cela risque d’être la bérézina à Wimbledon pour le maestro. Comment en effet pourrait-il oser prétendre y décrocher un huitième titre, synonyme de dix-neuvième Grand Chelem. Surtout avec une meute de jeunes loups genre Kyrgios, Zverev, Thiem et autres Pouille dans les pattes.

Sans oublier Murray et Djokovic. Voire Wawrinka ou Tsonga, sait-on jamais. Et évidemment, le plus dangereux de tous, Sa Majesté Nadal, qui a dû se frotter les mains en constatant les redoutables dégâts provoqués par le toujours si joli Tommy sur le jeu balbutiant de son meilleur ennemi. De quoi non seulement monter les doigts dans le nez sur le trône british, mais encore récupérer illico presto la couronne de numéro Un mondial. J'en ai déjà des sueurs froides!

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11/06/2017

Roland Garros: et de dix pour le Martien Nadal, trop fort pour le terrestre Stan

aaaaaaaaaaanadal.jpgFabuleux, monumental, prodigieux, phénoménal, somptueux, en un mot, historique. D’accord, si on considère le fait exceptionnel que Nadal ait réussi à décrocher sa décima qui va sans doute lui valoir une statue à Roland Garros, aux côtés des fameux Mousquetaires.

Cela ne m’empêche pourtant pas d’être franchement super déçue. Non seulement il n’y a eu aucun suspense, mais dès le troisième jeu du premier set, j’ai ressenti l’absolue affreuse certitude que les carottes étaient cuites pour le malheureux Suisse.

Il suffisait pour cela de regarder l’Ibère de choc, plus monstrueux et stupéfiant que jamais, galoper inéluctablement vers le trône. Moralité, deux heures d'intense frustration. 

Normal me rétorquerez-vous Après tout ce que les spécialistes n’ont cessé de nous dire depuis vendredi sur cette future formidable finale de rêve, que la planète entière attendait en salivant, ce combat fabuleux dont la victoire était certes plutôt promise au pitbull de Manacor, mais que l’extraordinairement puissant Stan The Man avait la capacité de remporter, vu qu’il était le seul, pour l’heure, à espérer battre l’ogre de l’ocre. Ou du moins lui résister pendant cinq manches ultra-serrées.

Nos experts allaient jusqu'à évoquer un duel entre l'invaincu et l'invincible... Stan n’avait d'ailleurs pas trop de mal à s'imaginer au sommet, déclarant qu’il pouvait sortir un super match en finale, dans la mesure où il avait réussi à le faire dans les trois autres jouées ces trois dernières années. Mon œil! Quel fossé entre les désirs, aspirations, attentes, ou illusions des uns et des autres et la triste réalité du terrain.

aaaaaaaaaaaawaw.jpgLe pauvre Vaudois a en effet été atomisé en trois maigres sets, à l’image de Dominic Thiem. Il a même marqué un jeu de moins que l’Autrichien, qualifié pour l'occasion de petit garçon et dont on a répété à l’envi qu’il n’avait pas existé sur le court. A se demander ce qu’il y a en-dessous de l'absence d'existence…

Mais bon, inutile de s’appesantir sur cet échec tellement cuisant que Wawrinka doit être cramé de partout. Moi, ce qui m’embête le plus, c’est que le redoutable Espagnol a remporté son quinzième Grand Chelem et se retrouve à nouveau à trois petites longueurs de Federer.

Il reste donc à souhaiter que notre orchidée noire parviendra à se remettre un peu à l’abri à Wimbledon. Sauf qu'à considérer la façon dont Nadal a impitoyablement marché sur ses adversaires pour les bouffer tout cru du premier au dernier lors de cette quinzaine parisienne, c’est loin d’être gagné! A moins que la légende soit en forme aussi olympique qu’en Australie. Premier élément de réponse dès mercredi prochain au tournoi de Stuttgart.

 

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