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04/10/2017

Grand écran: "Le sens de la fête" pour un mariage qui part en vrille...

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaasensfete.jpgIncontournable sur le front de la comédie populaire après le triomphe d’Intouchables et le succès de Nos jours heureux, le tandem Eric Toledano et OIivier Nakache (également auteur mais moins heureux de Samba) revient avec Le sens de la fête. Un film choral autour d’un somptueux mariage dans un château du 17e siècle, vu des coulisses, à travers le regard de ceux qui travaillent.

Son organisateur c’est Max (Jean-Pierre Bacri), traiteur depuis trente ans. C’est dire s’il en a vu des mariages… Comme d’habitude, il s’occupe de la logistique supervisant les serveurs, les cuisiniers, la décoration florale l’orchestre, le DJ, le photographe. Comptant sur la discipline et la rigueur de ses troupes pour rendre l’événement inoubliable.

Mais voilà, tout se met à aller de travers pour le malheureux maître de cérémonie, du coup stressé et complètement dépassé par une situation chaotique qu’il ne contrôle plus. Une soirée partie en vrille, un peu à l’image de ce long-métrage qui se veut une métaphore d‘une société en proie au fiasco socio-culturel, mais qui stagne, faute d’inspiration et d'invention dans les dialogues, les gags, les vannes, les gaffes.

A l’exception de quelques moments de grâce, tout est forcé, exagéré, laborieux. Et du coup ça pêche aussi hélas du côté des comédiens. Certes Jean-Pierre Bacri , portant le film, se montre parfois irrésistible, mais toujours aussi irascible et victime de son mal-être, il ne peut s’empêcher de tomber dans sa propre caricature. A l’image de Gilles Lellouche (animateur ringard), Jean-Paul Rouve (photographe bas de plafond bouliique) ou Vincent Macaigne (ex-prof dépressif reconverti en serveur draguant la mariée).

Cela n'empêche pas une partie de la critique française emballée de prédire aux auteurs un nouveau véritable carton et un César à Bacri. 

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 octobre.

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Grand écran: "Blade Runner 2049", défi bien relevé par Denis Villeneuve. Ryan Gosling est parfait

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarunner.jpgDébarqué dans les salles trente-cinq ans après celui de Ridley Scott, d’abord méprisé aux Etats-Unis puis devenu universellement culte, Blade Runner 2049 était le film de science-fiction le plus attendu de l’année. Entre progrès technologique et dérèglement climatique, il nous emmène pour une nouvelle balade dans un Los Angeles à la fois futuriste et crépusculaire.

En 2049, la société toujours plus rigide et austère, est fragilisée par les  tensions entre les humains et les réplicants dociles traités comme des esclaves. L’officier K (Ryan Gosling), un Blade Runner appartenant à une force d’intervention d’élite, est chargé de trouver et de «retirer» (un euphémisme pour tuer) ceux qui n’obéissent pas aux ordres.

Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de tout changer, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Le seul espoir de K est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner (Harrison Ford qui reprend donc son rôle) disparu depuis des décennies.

Ce deuxième volet est signé du Québécois Denis Villeneuve, (notamment auteur du remarquable Prisoners), mais surtout légitimé à relever le défi par sa magistrale et romanesque incursion dans le genre avec Premier contact (Arrival).

Pour cette délicate cohabitation entre l’homme et la machine, oü il se réapproprie la mythologie du romancier Philip K.Dick, Denis Villeneuve comme Ridley Scott, s’appuie autant sur la splendeur visuelle et technique que sur le ressenti et la réflexion qu'il privilégie à l'action.

Ce qui confère au blockbuster, en dépit du gigantisme des décors et des effets spéciaux, un côté hors norme, auteuriste, contemplatif, subtil, intimiste, métaphysique. Une oeuvre mélancolique, dépressive, voire désespérée, au questionnement existentiel et politique sur l'avenir du monde.

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaablade.jpgEt cela à l’image de son protagoniste principal, l’officier K, en quête d’identité, de ses origines, s’interrogeant sur son enfance, incertain de la nature exacte de son existence. Un héros triste et fataliste se raccrochant à la statuette d’un cheval en bois, incarné par un Ryan Gosling si parfait qu’il y a de l’Oscar dans l’air.

Des scènes d'anthologie

Dans une ambiance envoûtante, oppressante, certaines scènes font déjà date. Dont la scène d’amour d’une rare originalité entre K et Joi, son ravissant hologramme sexy fusionné avec une réplicante prostituée. Prétexte à de sidérantes synchronisations et désynchronisations.

Ou cette rencontre musclée entre K et Deckard, dans un casino déglingué de Las Vegas, sur fond holographique d’Elvis Presley chantant Can’t Help Falling In Love tandis que Sinatra fait son crooner sous une cloche de verre.

Quasi unanimes des deux côtés de l’Atlantique, les critiques crient au chef d’œuvre, évoquant parfois même sa supériorité sur l’original. Sans aller jusque là, Blade Runner 2049, s'inscrivant bien dans la lignée de son prédécesseur, est une incontestable réussite. On lui reprochera pourtant sa longueur et les lenteurs d’une intrigue à résonance biblico-freudienne parfois inutilement tarabiscotée.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 octobre.

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03/10/2017

Grand écran: Juliette Binoche en quête d'amour chez Claire Denis

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaabinoche.jpgQuatre ans après Les salauds, Claire Denis se penche avec tendresse, malice et cruauté sur les affres d’Isabelle dans Un beau soleil intérieur. Une comédie librement adaptée de Fragments d’un discours amoureux du philosophe français Roland Barthes et un scénario co-écrit avec Christine Angot, qui signe également les dialogues.

 Artiste peintre divorcée, mère d’une petite fille de dix ans, une très séduisante quinquagénaire un peu perdue veut profiter de  la seconde partie de sa vie. Comme une adolescente, Isabelle est persuadée que l’amour, le vrai, l’absolu, existe et le cherche désespérément. Mais la communication passe mal avec l’élu potentiel, ses liaisons sont chaotiques et elle va de déception en déception.

Tocards, médiocres et cons

Passant d’un amant à l’autre, elle ne tombe que sur des hommes plus ou moins veules et ridicules, petits salauds tocards médiocres et cons. A l’image d’un  banquier marié d’une rare goujaterie qui ne quittera pas sa femme et qui débarque fleurs à la main avec juste « une folle envie de la niquer » (elle lui demande d’ailleurs de jouir vite), d’un galeriste méprisant, d’un acteur torturé, d’un ex-mec manipulateur. Sans oublier le voisin falot et empressé qui, sans illusions, tente platement sa chance à la poissonnerie du coin.

Une liste non exhaustive des expériences auxquelles se livre une Juliette Binoche que tous poursuivent. Ce qui n’a rien d’étonnant. Elle n’a jamais été aussi belle, rayonnante, sexy, dans ce film de femmes où les hommes, de Xavier Beauvois à Nicolas Duvauchelle en passant par Bruno Podalydès et Philippe Katerine, n’ont décidément pas le beau rôle. En revanche, ils sont tous excellents, se prêtant gracieusement au portrait rosse que fait d’eux une Claire Denis déconcertante dont le cinéma évolue là vers une forme de légèreté plutôt surprenante. 

 Gérard Depardieu irrésistible

La réussite d’Un beau soleil intérieur tient également au texte de Christine Angot. La romancière prend apparemment un malin plaisir à multiplier  les clichés du moment, les lieux communs, les platitudes, les poncifs, les phrases toutes faites au service d’une psychologie de bazar. Une œuvre singulière, d’une drôlerie vacharde qui s’achève avec une scène où Isabelle va consulter un radiesthésiste. Un face à face d’anthologie où le grand et doux Gérard Depardieu se montre irrésistible, alignant les banalités dans l’air du temps et jouant les messies en  en lui annonçant la venue d’une nouvelle personne...

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 octobre.

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26/09/2017

Grand écran: "Romans d'adultes", l'affranchissement après une saga d'ados plébiscitée

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarachel.jpgEn 2010, on découvrait dans Romans d’ados Xavier, Mélanie, Jordann, Rachel, Thys, Virginie et Aurélie au cours de quatre films plébiscités par le public et la critique. De leurs douze ans à leur majorité, ils racontaient face caméra leurs émotions, leurs questionnements, leurs doutes, leurs peurs, leurs rêves.

Sept ans après cette fresque sociologique sur l’adolescence de Suisse romande symbolisée par les sept jeunes Yverdonnois, on retrouve les cinq premiers cités (Virginie et Aurélie ayant renoncé à poursuivre l’aventure) dans Romans d’adultes. Constitués grâce à un crowdfunding, les deux volumes sont coréalisés par Béatrice et Nasser Bakhti, qui ont suivi leurs héros pendant une année.

Ils ont maintenant  26 ans et, comme l’indique le sous-titre Sur le chemin de l’indépendance, ils ont tous coupé le cordon pour prouver leur capacité à s’assumer, trouver leur voie et mener leur vie à leur façon, en dépit des difficultés rencontrées. Romans d’adultes évoque leurs choix opérant un retour sur leur quotidien, l’évolution de leurs relations familiales, leurs ambitions, leurs amours.

Destins divers

Rachel (photo), alors en échec scolaire, est devenue bibliothécaire, tandis que Mélanie s’investit à fond dans son métier de conseillère professionnelle. Toutes deux établies dans la banlieue yverdonnoise, elles ont chacune mis fin à une tumultueuse relation amoureuse.

Tourmenté par l’absence de son père, Jordann s’est longuement réfugié dans la drogue avant d’intégrer un programme de désintoxication en Valais. Thys, toujours un peu mal dans sa peau, s’est affirmé en faisant son coming out. Il a quitté Yverdon pour Lausanne où il habite avec son compagnon plus âgé, ignorant les remarques que la situation provoque parfois.

De son côté Xavier, angoissé à l’idée de rentrer dans le moule, a renoncé à changer le monde. Il est ingénieur à Vevey où, bien que stressé par son travail, il dit vivre une petite vie tranquille avec sa compagne.

A l’image de Romans d’ados, Romans d’adultes prétend à l'étude sociologique. Force est pourtant de reconnaître que les deux derniers chapitres, certes intéressants, très bien documentés et menés, n’ont pas la puissance, l’intensité, le charme, la fascination, le tragique des quatre premiers. C’est logique, le passage de l’enfance à la maturité se révélant à l’évidence plus prenant, plus bouleversant,plus drôle que l’installation des protagonistes dans l‘âge adulte.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 septembre.

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Grand écran: "Demain et tous les autres jours", avec Noémie Lvovsky glissant dans la folie

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaalvovsky.jpgDécidément Noémie Lvovsky aime écrire, diriger et se donner le premier rôle. Après Camille redouble, où elle revenait à ses 15 ans suite à sa propulsion dans une faille spatio-temporelle, la réalisatrice récidive avec Demain et tous les autres jours. Explorant la relation fusionnelle entre une fillette et sa mère qu’elle incarne elle-même.

Cette femme fantasque, un euphémisme, avouant qu’elle n’est pas une bonne maman, se laisse aller à des caprices qu’elle regrette ensuite. Elle traîne ainsi toute une nuit dans les rues sous la pluie en robe de mariée, prend un train jusqu’au terminus un soir de Noël ou, après avoir brusquement décidé de déménager, débarque chez des inconnus avec la ferme intention d’y rester, prétextant qu’ils occupent son nouvel appartement.

Au fil de l’histoire, elle s’enfonce dans la folie tandis que Mathilde, 9 ans, se livrant certes elle aussi à quelques entreprises bizarroïdes, mais psvchologiquement plus adulte, essaie de la protéger. La gamine que ses petites camarades de classe traitent de sorcière, est aidée dans sa difficile tâche par une étonnante chouette parlante, qui devient sa confidente…

Avec cette fable plutôt singulière autour du rapport inversé mère-fille, Noémie Lvovsky nous entraîne, entre rêve et réalité, dans un univers intimiste et secret saupoudré de surnaturel. Et d’un brin de noirceur Dommage qu’elle ait trop tendance à nous perdre en route. On soulignera toutefois la prestation de la réalisatrice et de sa jeune partenaire Luce Rodriguez, qui révèle ici un vrai talent.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 septembre.

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20/09/2017

Grand écran: un enfant négligé disparaît dans "Faute d'amour". Drame coup de poing

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaamour.jpgTrois ans après Leviathan, prix du scénario à Cannes, critique féroce contre la corruption gangrénant le système politique, le réalisateur russe Andreï Zviaguintsev se penche, dans Faute d’amour (prix du jury en mai dernier), sur une crise familiale qu’il dissèque avec la même dureté.

En instance de divorce, Boris et Genia, la quarantaine, ayant chacun une liaison, se déchirent sous les yeux de leur fils Aliocha, 12 ans, dont aucun ne souhaite la garde dans sa nouvelle vie. Sans se préoccuper des dégâts qu’ils peuvent causer à l’enfant en dramatique manque d’affection. Comprenant qu’il va être envoyé à l’orphelinat, Aliocha disparaît, provoquant le rapprochement contraint de ses parents.

La police ayant déclaré forfait, les recherches sont confiées à une association spécialisée. Les disputes du couple se poursuivent dans une deuxième partie en forme d’enquête, où Zviaguintsev se livre à une charge contre une société impitoyable, glaciale, entre désespoir et frustration. S'élevant contre les travers de ses membres obsédés par les écrans, accrochés au portable, se focalisant sur l’égoïsme des adultes ne pensant qu’à leur bonheur. Un film coup de poing, terrible, brutal, implacable,  Il est servi par de formidables acteurs, dont le petit Matveï Nvikov (photo), et une superbe mise en scène.

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaandzvia.jpgIl voulait être acteur

Né à Novosibirsk, troisième ville de Russie, Andreï Zviaguintsev, de passage récemment à Genève, nous raconte qu’il a d’abord voulu être acteur. Au bout de quatre ans où il a obtenu de grands rôles, il ne se sent pas à la hauteur en découvrant Al Pacino. Du coup il part à l’armée pendant deux ans, puis intègre l’Académie des arts du théâtre à Moscou. A nouveau pendant quatre ans.

Pourtant, en voyant L’avventura d’Antonioni, c’est du cinéma qu’il tombe amoureux. Il cherche alors à visionner tout ce qui est possible chez les géants de la pellicule et décide de s’y consacrer. En 2003, il réalise Le retour, Lion d’or à Venise. Son succès ne s’est pas démenti depuis.

Andreï Zviaguintsev assure ne pas choisir ses thèmes. «Les histoires viennent d’elles-mêmes. C’est la thématique qui me choisit. Pour Faute d’amour, c’est en surfant sur internet que j’ai trouvé une info sur Liza Alert, une organisation de bénévoles vouée à la recherche des disparus».

L’enfant, tel un catalyseur, va alors donner une nouvelle vision du couple qui se déchire.

Exactement. Son absence accentue l’importance de la séparation. Ils sont haineux, ne voulaient plus se parler, plus rien avoir en commun et voilà qu’ils sont obligés d’être ensemble pour rechercher leur fils. Ce qui attise leur discorde.

Vous montrez que le bonheur des enfants passe après l’épanouissement des enfants.

C’est vrai. Mais les gens qui voient ce film en Russie disent que cela n’existe pas. C’est quand même fou de vivre dans ce pays et de ne pas s’en rendre compte.

Votre film est à la fois une charge contre une société, notamment obnubilée par les écrans, une métaphore non seulement russe mais universelle.

C’est une charge contre la nature humaine, et non contre ces objets si pratiques qu’on se demande comment on faisait sans avant, mais qui ne sont qu’un révélateur de l’égoïsme. Et j’espère viser à l’universel, en dénonçant l’absence d’empathie, pire de conscience, qui fait de l’être humain un hamster dans une roue, oubliant l’autre.

L’épreuve a-t-elle changé le couple?

Non. Ils restent déespérément au même point dans le film. Mais qui sait ? J’aime bien citer Pic de la Mirandole évoquant Dieu qui a décidé d’attribuer une place aux animaux et à toute chose. Et qui, arrivé à l’homme, lui dit : « toi, ta place, tu la chercheras sans cesse ». C’est une chance pour lui de se transformer, de faire des choix tant qu’il est vivant.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 septembre. 

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13/09/2017

Grand écran: "Barry Seal: American Traffic" , avec Tom Cruise en pilote arnaqueur, narcotrafiquant et agent de la CIA

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaacruise.jpgTout en s’éloignant du biopic classique, le film est tiré d'une histoire vraie, qui s'est déroulée de la fin des années 1970 au milieu des années 1980. Celle de Barry Seal, un pilote de ligne américain casse-cou, arnaqueur et roi du double jeu, prêt à tout pour s’enrichir. Recruté de manière inattendue par la CIA, il va exécuter l’une des plus grosses opérations secrètes de l’histoire des Etats-Unis.

A savoir photographier les communistes au Nicaragua et ailleurs en Amérique centrale, puis livrer des armes aux guérilleros nicaraguayens, Parallèlement, il a offert ses services au cartel de Pablo Escobar pour transporter de la cocaïne et détourner les armes.

Doug Liman, réalisateur entre autres de La mémoire dans la peau et Edge Of Tomorrow propose une épopée tragi-comique au rythme échevelé, commentée par la voix-off du héros ou plutôt de l’anti-héros, donnant dans l’autodérision.

Un rôle taillé pour Tom Cruise qui cool et tête brûlée, abuse toutefois de son charme qu'il veut intemporel pour se glisser dans la peau de ce pilote fantasque, agent de la CIA et narcotrafiquant mais sans jamais toucher au produit (dans le film du moins...), se sortant de situations invraisemblables. Par ailleurs mari fidèle (en l’occurrence de la jolie Sara Wright) et père aimant, il n’hésite pas à montrer ses fesses pour amuser sa femme et ses enfants avant de monter à bord de son avion... 

De péripéties en retournements rocambolesques, ce film d’aventures griffé vintage pour le grain de l’image, les couleurs, les costumes, se révèle certes assez efficace et divertissant. Mais trop superficiel et lisse, sans grande tension, en réalité pas à la hauteur d’une histoire aussi extraordinaire et d’un personnage aussi incroyable, il finit, en dépit de la richesse de sa thématique, par tourner en rond en s’enlisant dans le déjà vu.

Sans compter que son auteur, négligeant la complexité historique de son sujet, évite la critique à l’égard du gouvernement américain de l’époque, se contentant d’en rapporter les dérives mafieuses pour justifier sa lutte contre la menace communiste en Amérique latine.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 septembre

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11/09/2017

Grand écran: "Le Redoutable", avec Louis Garrel dans la peau de Godard. Plus vrai que nature...

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaredoutable.jpgIl a eu l’audace, l’impudence plutôt relèvent quelques esprits chagrins outragés, de s’attaquer à la légende vivante de la Nouvelle Vague en crise existentielle et cinématographique pendant et après Mai 68. Une démystification fantaisiste de celui qui désacralisait tout. Avec un formidable Louis Garrel, plus Godard que nature….

Irrésistiblement drôle dans la peau du mythe, il en emprunte à la perfection le talent, le look, la démarche, l’accent traînant, la cruauté, la vanité, le discours outrancier, l’autodérision. Atout maître de cette comédie jouissive signée Michel Hazanavicius, l’acteur méritait le Prix d’interprétation lors du dernier Cannes, où le film concourait pour la Palme d’or. Le jury En a hélas décidé autrement

On est à Paris en 1967. Le soulèvement menace. Star de sa génération, universellement plébiscité pour ses films de l’époque, Jean-Luc Godard tourne La Chinoise avec Anne Wiazemsky, la petite-fille de François Mauriac (Stacy Martin, plus ravissante que charismmatique), de 16 ans sa cadette. Il en est follement amoureux et vice-versa. Mais le film est incompris, sinon vilipendé à sa sortie. Obsessionnellement préoccupé par sa propre révolution, Godard se remet alors en question, reniant son cinéma qui, à son avis, ne vaut plus rien comparé au tsunami de Mai 68.

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaastacy.jpgS’inspirant de deux livres d’Anne Wiazemsky, Une année studieuse et Un an après qu’elle consacra à sa relation avec le génie de la pellicule, le réalisateur de The Artist et OSS 117 s’intéresse davantage au personnage et à l’homme qu’au cinéaste.

Il nous le montre au quotidien avec Anne, militant au côté des manifestants de Mai, pérorant à la Sorbonne, passant quelques jours à pester et à lire des polars sur les hauteurs de Cannes, où il a contribué à l’annulation du festival, contaminé par la fièvre contestataire.

Intellectuel condescendant et provocateur, odieux avec ses amis, mufle avec sa femme  bien-aimée qui se détache de son pygmalion et qu’en macho jaloux et intransigeant il ne saura retenir, l’image qu’en donne Hazanavicius est certes a priori peu flatteuse.

Sans jamais oublier l'humour

Sauf que tout réside dans la façon tellement comique de la représenter, de l’exalter. Un humour à la Godard, avec un gag récurrent où l’icône en mal de regard nouveau ne cesse de casser ses lunettes, une scène inénarrable de dispute homérique à six dans une voiture, ou des blagues et des jeux de mots aussi bêtes que rigolos, Sans compter qu’il en fait un bon amant et le dote d’un physique assez avantageux

Du coup on se demande où certains critiques vont chercher une « démonstration empreinte d’un fiel sarcastique extrêmement amer… » C’est le contraire qui émane de ce portrait où, sous l’ironie faussement féroce, perce l’admiration. Voire la tendresse.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 13 septembre

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07/09/2017

US Open: Federer au tapis. Alors face à Nadal un seul mot d'ordre: "Vamos Delpo!"

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadelpotro.jpgEtant donné les bras cassés qu’il a affrontés (Lajovic, Daniel, Mayer, Dolgopolov), suivis du Russe Rublev, le petit jeune de 19 ans qui, lui, a notamment dû se farcir Dimitrov et Goffin, on voit difficilement comment Nadal aurait pu ne pas se retrouver en demi-finales.

Vous me rétorquerez que Federer a aussi débuté face à un teen-ager en la personne de l’Américain Tiafoe, et que les vieux briscards comme Youzhny, Lopez et Kohlschreiber n’étaient guère plus dangereux que les troisièmes couteaux opposés à l’Ibère.

Mais voilà, le maestro a eu le malheur (même s’il prétend le contraire) de devoir se frotter au grand del Potro en quarts, qui s’est révélé aussi proprement stupéfiant que lors de son retour miraculeux face à Thiem l’avant-veille. S’ingéniant à pilonner sauvagement ce pauvre Rodgeur, tellement à l’ouest qu’il s’est à peine rendu compte qu’il disposait de quatre balles de set au troisième!

Je vous passe les affirmations catégoriques des spécialistes, à commencer par Marion Bartoli et Emilie Loit, nous assénant leur inébranlable certitude de voir la légende l’emporter sur Juan Martin en quatre manches. C’eût dû d’ailleurs renforcer ma quasi conviction du contraire avant le "choc des géants".

Sans oublier les discours contradictoires de l'intéressé, dont on se complaît à saluer l' élégance à l'égard de son bourreau, ce qui est la moindre des choses... Bref. alors qu'il se déclarait carrément dans une forme olympique suite à sa victoire sur Lopez, le king rétropédalait aussi sec en avouant que dans le fond, trop préoccupé par son dos, il n’avait jamais été à son meilleur niveau dans ce tournoi. Un vrai scoop !

En réalité pourtant, la question n’est pas là. L’important, c’est que la tour de Tandil réédite ses fabuleux exploits face à Nadal. C’est le seul qui peut empêcher l’ogre d’aller au bout, à en juger par les prétendants d'opérette à la couronne dans l’autre moitié du tableau.

En cas de succès à New York, le pitbull mettrait non seulement près de 2000 points dans la vue de Rodgeur, lui enlevant du coup tout espoir de redevenir numéro un à la fin de l’année mais, ce qui est plus grave, recommencerait à lui coller aux chausses en remportant un seizième Grand Chelem.

Alors, face à cette perspective aussi redoutable qu’intolérable, un seul mot d’ordre:"Vamos Delpo!"

 

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06/09/2017

Grand écran: "Ôtez-moi d'un doute", imbroglio familial avec François Damiens et Cécile de France

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadoute.jpgSolide démineur breton forçant le respect, s’occupant bien de Juliette, sa fille célibataire et enceinte, Erwan se sent complètement désarmé lorsqu’une torpille d’une toute autre nature lui saute à la figure. Selon un test ADN pratiqué lors de la grossesse de Juliette, il découvre en effet qu’il n’est pas le fils de son père.

Malgré la grande affection qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan se livre à une petite enquête qui le conduit rapidement chez Joseph, un vieux gauchiste particulièrement attachant qu’il se met à voir souvent. Ainsi qu’Anna, une charmante femme médecin croisée par hasard et loin de le laisser indifférent. Rendant un jour visite à Joseph, il tombe sur Anna, réalise qu’elle est sa fille et donc... sa sœur. Une deuxième bombe encore plus difficile à désamorcer.

Avec Ôtez-moi d'un doute, Carine Tardieu, à qui l’on doit déjà La tête de maman et Du vent dans mes mollets, propose une comédie sentimentale sur fond d’imbroglio familial inspirée de faits réels. Elle traite de la question des origines, surfant entre humour, émotion et une certaine désinvolture sur de délicats sujets comme la paternité ou les rapports d’un fils naviguant entre ses faux et vrai pères. S'aventurant par ailleurs sur une voie incestueuse.

Dommage pourtant, privilégiant trop la légèreté à la gravité, que la réalisatrice se contente d’effleurer ces divers thèmes. Tout en cherchant à nous embarquer dans un suspense qui retombe pratiquement dès la rencontre d’Erwan avec son supposé père biologique.

Les comédiens contribuent heureusement à donner plus de chair à l’histoire, à l’image de François Damiens et de la toujours séduisante Cécile de France. Dans le rôle des paternels, Guy Marchand et André Wilms font le boulot.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 septembre.

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