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15/03/2017

Grand écran:"Monsieur et Madame Adelman", une réussite pour Nicolas Bedos et Doria Tillier

video-decouvrez-la-bande-annonce-de-mr-et-mme-adelman-le-film-de-nicolas-bedos-avec-doria-tillier (1).jpgEcrivain à succès, Victor Adelman vient de mourir. Lors de l’enterrement, sa veuve Sarah raconte à un journaliste 45 ans d’une vie commune, remplie d’amour, de passion, de trahisons, d’ambition, de chagrins et de secrets, depuis leur rencontre à l’occasion d’une soirée alcoolisée.

Devenue sa muse, elle se plonge dans le travail de son homme et l’épouse. Mais comment ont-il fait pour se supporter aussi longtemps? Qui était vraiment Sarah, vivant dans l’ombre de Victor? Pour son premier film, coécrit avec sa compagne Doria Tillier, ex-sulfureuse Miss Météo sur Canal, Nicolas Bedos nous entraîne dans une folle épopée conjugale. Démarrant dans les années 70, elle est aussi prétexte à une chronique socio-historique de la France de la deuxième moitié du siècle dernier.

"Le fils de..." est doué

Vu la personnalité du chroniqueur télé people, narcissique et tête à claques, c’est un peu à reculons qu’on allait découvrir Monsieur et Madame Adelman. Mais force est de constater qu’en dépit de quelques réserves, c’est la bonne surprise. Le film démontre un indéniable talent chez "le fils de…", qui livre une comédie à tiroirs ambitieuse mais bien maîtrisée, à la fois romantique, humoristique, acide, vacharde, cynique.

On aime le ton léger, désinvolte, les dialogues ciselés, les vannes, le jeu avec les codes des différentes époques les règlements de compte avec la famille, que servent par ailleurs d’excellents interprètes. Aussi bon comédien que réalisateur, Nicolas Bedos incarne parfaitement l’auteur en crise, égocentrique et à fleur de peau, aux côtés de personnages secondaires comme Denis Podalydès en psy désabusé ou de Pierre Arditi en vieux bourgeois réac odieux.

aaaadria.jpgIrrésistible Doria Tillier

Sans oublier l’irrésistible Doria Tillier, rencontrée à Genève. Formidable, c’est une vraie révélation dans son premier rôle au cinéma. Elle nous confie que Nicolas s’est montré très exigeant.

"C’est fatigant, parfois déstabilisant. Quand on connaît bien quelqu’un, on décrypte tout de suite ses moindres déceptions. Il y a eu des tensions sur le plateau, mais on avait la même vision du film. C’était l’essentiel. Il ne m’a jamais demandé de faire quelque chose d’incohérent".

Vous dites être plus à l’aise en Sarah âgée qu’en Sarah jeune.

Agée, elle est plus loin de moi. Je préfère les rôles de composition. Ils m’amusent davantage. La notion de plaisir est importante. Quand j’étais Miss Météo sur Canal, j’adorais me déguiser, me travestir. Me cacher dans le fond.

Il s’agit d’une fiction, mais en même temps le film parle aussi un peu de vous.

Oui, il y a quelque chose de nous qui nous échappe. Nos proches pourraient remarquer que cela nous ressemble. Sans qu’on le cherche. Il y a juste des points communs avec nos personnages respectifs. A commencer par le physique évidemment...

Vous surfez sur l’imposture tout au long de l'intrigue

Aujourd’hui les gens s’attachent à l’image qu’ils renvoient. Sarah se moque de la gloire. L’important c’est ce qu’elle fait, ce qu’elle vit et, j'y reviens, le plaisir qu’elle prend. Lui est pétri d’angoisse à l’idée d’être mal aimé. Il a besoin de reconnaissance. C’est l’imposture au détriment de la posture.

Parmi tous les thèmes que vous traitez, il y a celui, rare et très osé, de l’enfant qu’on n’aime pas.

J’adore être sur un fil et ça me plaisait d’en rire. Mais si le sujet est difficile, la chose existe. On l’avait observé chez des gens. Beaucoup nous disent aussi que ça fait du bien de reconnaître qu’un môme parfois ça vous saoûle. Et puis il y avait l’envie de se moquer de ce couple qui a tout et projette un gamin prix Nobel Eh bien non, on ne peut pas toujours avoir de la chance jusqu’au bout!

Nicolas Bedos avouait que pour lui, ce film était la fin de l’ego trip. Qu’en pensez-vous ?

C’est une façon de se défendre après avoir beaucoup joué à la télévision avec un personnage narcissique, égoïste et mégalo.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 mars.

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14/03/2017

Grand écran: Oscar du meilleur fim, "Moonlight" est une bouleversante quête d'identité

aaaamoonlight.jpg«Mon héros est pauvre, noir, gay… C’est ma vie», relève dans divers interviews Barry Jenkins, 37 ans, le réalisateur de Moonlight. Enfant noir de Liberty City, un quartier défavorisé de Miami, orphelin de père, vivant avec sa mère toxico, harcelé par ses camarades, le jeune Chiron n’a pas d’ami à part Juan, un caïd de la drogue qui le protège et devient un père de substitution. De surcroît, il devra assumer son homosexualité dans un environnement hostile. 

En découvrant ce scénario, on pouvait craindre le pire. C’est le contraire absolu. Marqué par la grâce avec des scènes qui vous touchent au cœur par leur bouleversante simplicité, dont celle symbolisée par la photo ci-dessus, Moonlight est un film rare, à contre-courant, privilégiant une approche poétique, empathique, sensuelle.

Sans se laisser aller à la dramatisation hollywoodienne, son auteur propose une mise en scène dépouillée, stylisée, explorant avec finesse les rapports humains et les préférences sexuelles. Ces qualités lui ont d’abord valu le Globe du meilleur film, puis trois Oscars: meilleur film, meilleur second rôle attribué à Mahershala Ali (l'homme sur l'image) et meilleure adaptation.

Trois périodes-clés avec d'excellents comédiens

Le film est tiré de la pièce de Tarell Alvin McCraney In Moonlight, Black Boys Look Blue. Le dramaturge a aussi grandi dans le ghetto de Miami, au moment où l’arrivée du crack faisait des ravages dans les années 80. Egalement fondé sur la propre histoire difficile de Barry Jenkins, cet opus sous haute tension se divise en trois chapitres.

Ils évoquent trois périodes-clés de l’existence d’un être déchiré qui cherche sa place dans le monde, en commençant par se battre contre la dureté de sa mère et sa sexualité naissante. Une douloureuse quête d’identité faite de rejets, brimades et insultes qui finiront par le mener à l’acceptation de soi.

fotorcreated (1).jpgChiron, c’est d’abord Little, un enfant mutique au visage triste qui se cache pour échapper aux copains qui le pourchassent. Puis un adolescent replié sur lui-même qui récupère son prénom, Chiron, persécuté pour sa différence.

Et enfin un adulte, Black, devenu dealer à son tour, ultra viril avec ses muscles sa chaîne et ses dents en or. Mais toujours livré à ses démons et demeuré ce petit garçon demandant, tout en craignant de le savoir, ce que signifie «faggot». Une troisième partie que les non-dits rendent encore plus émouvante.

Outre par Mahershala Ali cité plus haut, Moonlight est porté par trois excellents comédiens, Alex R. Hibbert, Ashton Sanders et Trevante Rhodes (photo), chacun exprimant à sa façon les contradictions, l’introversion, les fêlures et les souffrances aux trois âges de de Chiron.

A noter que le casting est entièrement noir. Barry Jenkins n’y voit aucun problème, car il n’a pas connu de blancs avant d’entrer à l’université! «S’il avait fallu en créer pour une question de représentation, cela n’aurait eu aucun sens. Ce n’était pas une intention mais le respect du monde de mon personnage».

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 mars.

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07/03/2017

Grand écran: Jessica Chastain, lobbyiste de choc dans "Miss Sloane"

aaaasloane.jpegPlongée dans les arcanes de Washington avec Miss Sloane, belle, brillante et sans scrupules. Lobbyiste professionnelle dans la capitale américaine, grassement payée par de puissants groupes de pression, cette talentueuse et fascinante stratège n’hésite pas à user de n’importe quel moyen pour influencer les élus à voter pour ou contre des lois, selon les intérêts de ses clients.

Une mission de tous les instants à laquelle Elizabeth Sloane se consacre entièrement. Insomniaque, sous-alimentée, au taquet seize heures par jour, avalant pilule sur pilule pour tenir, elle  sacrifie volontairement sa vie privée. Et se paie des escort boys pour satisfaire ses besoins sexuels et s’en débarrasser ensuite.

Cynique, amorale, sûre d’elle, rationnelle, avide de défis et de victoires, elle n’a pas besoin de croire à une cause pour la défendre. C’est ainsi qu’elle fera campagne auprès du lobby des armes pour ensuite s’allier à un homme de principe pour faire adopter une loi limitant leur circulation. Tout cela à grands coups de manigances et de manipulations qui pourraient lui coûter cher dans ce milieu d'hommes aussi impitoyable qu'obscur. 

Le Britannique John Madden notamment auteur de Shakespeare in love et des deux Best Exotic Marigold Hotel livre un thriller psychologico-politique plutôt efficace, porté de bout en bout par Jessica Chastain. En tailleur impeccable, perchée sur ses hauts talons, elle se révèle parfaite dans le rôle. Autant préciser que c‘est l’atout majeur du film dont le scénario complexe confine parfois à l’incohérence.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 mars.

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Grand écran: "Les figures de l'ombre", hommage à trois scientifiques afro-américaines de génie

aaaafigures.jpgElles étaient exceptionnellement douées et on ne le savait pas. Du moins en ce qui me concerne. J'ignorais en effet tout de Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson, ces trois incroyables scientifiques afro-américaines travaillant dur pour la Nasa, aspirant à l’égalité des chances et à un salaire décent. Mais victimes de préjugés racistes, elles ont dû se battre pied à pied pour faire reconnaître leur talent

Nous sommes dans les années 60. Les Etats-Unis doivent absolument rattraper leur gros retard sur l’URSS, qui a envoyé le premier homme dans l’espace Youri Gagarine en 1961. C’est notamment grâce à ces trois femmes qu’ils y parviendront avec la mise en orbite, l'année suivante, de l’astronaute John Glenn, mort le 8 décembre dernier.  

Et pourtant que de bâtons on leur a mis dans les roues. Ne serait-ce que le fait de devoir, comme la mathématicienne Katherine Johnson, parcourir quotidiennement et à plusieurs reprises un bon kilomètre pour se rendre... aux toilettes réservées aux personnes de couleur. Une humiliation scandaleuse qui lui fait non seulement perdre un temps fou dans son job mais la ramène constamment à sa condition inférieure.

Traiter de la conquête spatiale par le biais de la discrimination, de l’intolérance, du sexisme et du machisme est la bonne idée de ce film hommage réalisé par Theodore Melfi, bien qu’il soit desservi par une mise en scène peu inspirée et un scénario trop prévisible.

Un excellent trio d'actrices

Mais outre des équations qui devraient faire saliver quelques matheux, l’histoire de ces trois génies armées de leurs seules cellules grises pour faire avancer la cause des Noirs et des femmes, est suffisamment extraordinaire pour nous faire oublier quelques maladresses 

D’autant qu’elles sont incarnées par un excellent trio: Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monae (photo). Rayonnantes, débordantes de vitalité, d’humour, elles se coulent avec aisance et naturel dans la peau de ces figures de l’ombre qui finiront par apparaître en pleine lumière.

La NASA a baptisé un bâtiment en l’honneur de Katherine Johnson qui a de plus reçu la médaille présidentielle de la liberté (plus haute distinction civile aux États-Unis) de la part de Barack Obama en 2015. Aujourd’hui âgée de 99 ans, elle vient d’être honorée lors de la cérémonie des Oscars.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 mars.

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Grand écran: "Chez Nous" asticote le Front National. Avec une grande Emilie Dequenne

aaaachez nous.jpgInfirmière à domicile, entre Lens et Lille, Pauline s’occupe seule de ses enfants et de son père ancien métallurgiste communiste. Confrontée à la misère sociale, pleine d’empathie, elle se montre dévouée et généreuse envers ses patients. Profitant de sa popularité, les pontes du Bloc patriotique, un parti extrémiste soucieux de dédiabolisation, lui proposent d’être leur candidate aux municipales.

Mélange de réalité et de fiction, critique du Front National même s’il n’est jamais nommé et dont l’action se situe de surcroît dans la commune fictive de Hénard (le fief frontiste d’Hénin-Beaumont dans le nord n’est pas loin) Chez Nous, (titre emprunté au slogan "On est chez nous" scandé par les militants dans les meetings en agitant follement des drapeaux tricolores), est signé du Belge Lucas Belvaux.

Il a énervé les dirigeants du parti, plus particulièrement Florian Pilippot qui, sans l’avoir vu, avait dénoncé une sortie scandaleuse et inadmissible quelques semaines avant l’élection présidentielle. Notamment dans la ligne de mire, le personnage d’Agnès Dorgelle (Catherine Jacob). Blonde et brutale patronne du Bloc capable de galvaniser les foules, elle évoque indéniablement Marine Le Pen.

En fait, elle ne tient qu’un rôle secondaire. La véritable héroïne, c’est cette jeune infirmière à nouveau formidablement incarnée par Emilie Dequenne (à droite sur la photo), recrue naïve à qui ce parti dirigé par une femme et s’adressant aux ouvriers ne semble pas dangereux. A relever aussi la prestation d’André Dussolier en médecin onctueux et inquiétant, passant de l’amabilité à la menace voilée.

aaaadequenne.jpgUn terreau fertile

Lucas Belvaux nie vouloir provoquer le FN. Tout au long d'une intrigue tenant davantage de la mise en garde que du brûott, il s’emploie à décrire une France divisée et déboussolé, peuplée d’individus frustrés et en colère, sur fond de crise économique et morale. Un terreau fertile à l’implantation complexe d’un parti en quête de respectabilité, pour emporter l'adhésion d'un électorat qu’il prétend défendre.

Le but est de susciter le débat en explorant ses mécanismes, se focalisant sur la manière dont il parvient à grossir ses rangs. La séduction qu’exerce peu à peu ce Bloc populiste sur une Pauline  désireuse d'améliorer le sort de ses concitoyens, représente l’un des principaux intérêts de ce film habile quoique parfois inégal et surligné, mais utile dans sa façon de pousser à la réflexion.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 février.

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28/02/2017

Grand écran: "Mapplethorpe: Look at the Pictures", le parcours hors norme d'un sulfureux photographe

5051579_7_70cb_autoportrait-1980_31e5e782e58510300867593df1b93b12.jpg« J’ai toujours été fasciné par l’idée d’illustrer la sexualité comme personne de l’avait fait auparavant ». Pour Robert Mapplethorpe, le sexe est partout dans la vie et dans les choses. Un pénis et une fleur c’est la même chose. Il a ainsi fait du sexe et de sa pratique le cœur de son œuvre. Le résultat avait valu en 1989 les imprécations du sénateur républicain Jesse Helms, outré par les photos pornographiques du sulfureux personnage, jugées offensantes pour l’art. Il n’était pas le seul. Les images ont provoqué moult scandales et procédures judiciaires, loin de nuire d’ailleurs au prix des œuvres incriminées...

"Look at the pictures!", martèle le politicien scandalisé. C’est ainsi que commence le premier long-métrage documentaire sur le célèbre photographe, réalisé par Fenton Bailey et Randy Barbaro, qui reprennent la phrase à leur compte, en détournant évidemment son sens premier. Ils retracent le parcours fulgurant d’un artiste hors norme, jusqu’à sa mort du SIDA en 1989, après avoir passé ses dernières années à promouvoir l’homosexualité. Il avait quarante-deux ans.

A travers une série d’interviews enregistrées, Robert Mapplethorpe révèle sans détour sa vie sulfureuse et les passions qui l’ont inspiré. Des archives enfin rendues publiques, des entretiens de collaborateurs, des révélations intimes de ses amis, de ses amants, de son frère Edward, artiste lui aussi, des témoignages de son prêtre, sa rencontre avec son amie Patti Smith, complètent le portrait de cet homme extravagant et dérangeant qui a inventé une nouvelle forme d’art en portant la photographie à son sommet. Ce qui est d’autant plus extraordinaire qu’au départ, il ne l’avait pas choisie. Il s’est mis à faire des polaroïds, parce qu’il avait besoin de photos pour ses collages.

Obsédé par la beauté

Le documentaire auquel on reprochera une facture trop classique étant donné son sujet, montre un Mapplethorpe obsédé par la beauté, la perfection esthétique, comme le révèle le fameux The Black Book publié en 1986, entièrement composé de nus d’hommes noirs sculpturaux et dans tous leurs états. Le provocateur Robert adorait bousculer les tabous, choquer les gens, les déranger, les faire réagir, les manipuler, les utiliser, avoir en quelque sorte du pouvoir sur eux.

Au-delà de son œuvre, Mapplethorpe, artiste total dans son attitude, sa manière de s’habiller, de se coiffer était profondément ambitieux. Tout ce qu’il faisait, c’était pour sa carrière remarquent les intervenants. Beau, intelligent, charmeur, il était aussi égoïste, aimait l’argent et avait soif de célébrité. Il voulait être une légende et a connu le succès avant de mourir.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 1er mars.

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Grand écran:"Trainspotting 2", le retour nostalgique des junkies écossais... sur le retour

aaatrain.jpgLes chemins des voyous écossais Renton, Spud, Sick Boy et Begbie se croisent à nouveau. Rentré au pays vingt ans après, Renton (Ewan McGregor), le junkie traître et voleur retrouve Spud (Ewen Bremner), également addict à l’héroïne qu’il sauve du suicide.

Autre accro, Sick Boy (Jonny Lee Miller), s’est lui reconverti dans le chantage à la sextape, avec la complicité de la jeune Nikki, déterminée à ouvrir un bordel chic. Quant à Begbie (Robert Carlyle), il s’est échappé de prison et tente de convertir son fils à son pitoyable business. Mais lorsque ce psychopathe alcoolique apprend la présence de Renton, il ne pense qu’à le coincer pour lui faire cracher le fric qu’il a dérobé.

Dans Trainspotting 2, Danny Boyle s’inspire très librement de Porno d’Irvine Welsh, pour livrer un film à la fois foutraque, nostalgique, mélancolique et assez drôle sur la désillusion d’hommes mûrs. L’œuvre d’un cinéaste assagi suivant ces losers quadras qui revisitent le passé et tentent de retrouver l’énergie de leur jeunesse par la drogue ou le crime.

Mais le coeur n'y est pas vraiment. Résultat, on a droit à une quête illusoire et pathétique procurant des moments parfois amusants, voire touchants. Mais le film finit par tourner en rond, se révèlant donc forcément moins percutant que le cultissime orignal. Même s’il lui est plutôt fidèle dans l’esprit.

C’est justement là que réside la difficulté. Concilier cet esprit d’époque avec une volonté de modernité, symbolisée par l’ambitieuse Nikki (Anjela Nedyalkova), personnage particulièrement intéressant venu de l’Est. A signaler par ailleurs une excellente BO qui ravira les fans. 

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès le ler mars.

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Grand écran: "Patients", un récit à hauteur de fauteuil pour réapprendre à vivre

aaaapatients.jpgGrand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, a écrit en 2012 Patients, un livre sur l’accident qui l’avait paralysé en 1997, avant de pouvoir après de longs mois retrouver l’usage de ses mains et de ses jambes. Mais il devra toujours se servir d’une béquille.

Aujourd’hui il en a fait un film, au titre éponyme. En se replongeant dans la période la plus noire de son existence, Grand Corps Malade devait seulement écrire le scénario. Finalement il a décidé de coréaliser l’adaptation de son autobiographie avec son ami Medhi Idir, auteur de tous ses clips et de courts métrages.

Les deux compères n’abordent pas le parcours artistique du célèbre slameur mais, fidèles au livre, se concentrent, sur la description d’une année de rééducation. Il ne s’agit donc pas d’un biopic dans la mesure où l'histoire pourrait être celle de n’importe quel jeune de 20 ans victime d’un grave accident.

On découvre donc Ben (Pablo Pauly), un passionné de basket qui, à l'instar de Fabien à l’époque, a perdu l’usage de ses jambes après une chute dans une piscine à moitié pleine et ne peut plus marcher, se laver, s’habiller. Arrivé dans le centre médical dont il découvre la dure réalité, il rencontre surtout une étonnante galerie de personnages, comme lui lourdement handicapés. Entre souffrance et patience, idées suicidaires et résistance, engueulades et éclats de rires, vannes potaches, larmes et même une petite idylle, ces corps brisés vont tenter ensemble de réapprendre à vivre.

Entièrement tourné dans le centre, Patients montre sans fard le quotidien éprouvant, cru des handicapés sans la moindre autonomie, et le dévouement ceux qui les soignent. Cela donne une comédie sociale vue à hauteur de fauteuil, à la fois pédagogique, émouvante, drôle, pleine d’un humour souvent trash et d'autodérision féroce. C’est aussi le récit d’une renaissance collective qui fuit le documentaire édifiant et ne tombe jamais dans le sentimentalisme, le pathos. Un petit exploit.

Performance des comédiens

«Nous avons beaucoup travaillé en amont pour avoir le recul nécessaire. Nous avons évité à chaque fois de grossir le trait et en même temps de ne pas nier la difficulté de la vie de ces gens sans noircir le tableau », expliquent les deux réalisateurs à l’occasion d’un passage à Genève.

Il faut également saluer la performance des comédiens, en immersion dans un vrai centre de réadaptation pendant sept mois. «Le casting a été un enjeu majeur. On a vu près de 400 personnes. On ne voulait pas des têtes connues pour que les personnages, qui ont tous existé, soient le plus crédibles possible. Aucun d’eux n’est handicapé, ce qui leur a demandé un effort physique incroyable. Par ailleurs, la soixantaine de figurants sont de vrais patients du centre.»

Ce premier long-métrage a donné des idées au tandem. «Medhi et moi on se connaît depuis douze ans On est les meilleurs potes On est tout le temps ensemble, on a tout fait ensemble On a envie de refaire un film ensemble. A partir d’un sujet qu’on connaît bien… »

A l'affiche dans es salles de Suisse romande dès mercredi 1er mars.

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22/02/2017

Grand écran: avec "Si j'étais un homme", Audrey Dana tente de mélanger les genres

aaaadana.jpgMère de deux enfants, malheureuse en amour et fraîchement divorcée, Jeanne ne veut plus entendre parler des hommes. Et puis un beau matin, elle se réveille avec un pénis après une nuit d’orage! Paniquée elle consulte son gynécologue (Christian Clavier)qui ne peut que constater la chose. Et lui donner, à l’image de la meilleure amie (Alice Belaïdi), des conseils pour se servir de son "pinpin" comme elle surnomme son phallus.

Voilà qui donne lieu à quelques fous rires et situations cocasses au début, mais dérive malheureusement vers une grosse farce hystérique et faussement subversive. Devant et derrière la caméra pour son second long-métrage après Sous les jupes des filles, Audrey Dana ne tient pas jusqu’à la fin, bien au contraire, son histoire a priori audacieuse.

Ce n’est évidemment pas l'avis de la réalisatrice qui défend son dernier-né avec conviction. "Pour moi, ce sujet sensible était l’opportunité de faire une bonne comédie", nous confie-t-elle lors de son passage à Genève. "J’avais envie d’explorer la frontière ténue entre le masculin et le féminin j’ai été assez folle pour aller jusqu’au bout". Certes je me vautre dans les clichés, mais c'est pour mieux les exploser".

Ce qui l’a amusée, c’est d'imaginer que la chose arrive à une fille qui vit dans la règle stricte du patriarcat. "Cela me permettait de me moquer du patriarcat et de parler de la place qu’occupe la femme aujourd’hui, celle que mon héroïne n’a jamais prise. Nous vivons dans une société assez machiste, où être un homme procure davantage de droits. Je pose donc la question de savoir ce qui se passerait si on donnait ses attributs à une fille". 

Audrey Dana a personnellement rêvé qu’elle se réveillait avec un sexe masculin. "C’est plus fréquent qu’on ne le croit. On a tous l’autre genre en soi. Je fais donc un pas vers l’homme". Elle en a même interviewé une centaine en les interrogeant sur leur rapport au sexe. "Beaucoup ne s’étaient jamais livrés dans ce domaine. Tous étaient émus. Oubliant leur pudeur, ils m’ont raconté des choses très intimes, comme l’un d’eux qui m’a révélé s’être masturbé pour la première fois à 24 ans.." 

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 février.

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Grand écran: "Lion" raconte l'odyssée d'un enfant indien adopté

aaasaroo.jpgElle ne pouvait être que vraie. Inventée, on aurait eu du mal à croire à l histoire de Saroo, ce garçonnet indien de cinq ans qui se retrouve dans un train traversant le pays et l’emmenant à Calcutta. Perdu à 1600 kilomètres de chez lui, le gamin doit apprendre à survivre seul dans l’immense cité, avant d’être placé dans un orphelinat puis adopté par un couple d’Australiens.

Vingt-cinq ans plus tard, comme Saroo Brierley l’a raconté dans son autobiographie A Long Way Home, le jeune homme n’a pas oublié sa famille biologique. Les souvenirs de son enfance restent gravés dans sa mémoire et il va se mettre à rechercher son village natal. Il parviendra à le localiser grâce à Google Earth, qui a d’ailleurs parrainé le tournage.

Lion est le premier long-métrage de Garth Davis, cité six fois aux Oscars. Cherchant à éviter le pathos et le misérabilisme, le réalisateur ne manque toutefois pas de nous tirer des larmes avec cette aventure aussi extraordinaire que touchante. Plus particulièrement dans sa première partie où on découvre le quotidien du mignon Saroo (Sunny Pawar).

Il vit pauvre mais heureux dans une cahute en pleine campagneentre sa mère, sa sœur, son grand-frère qu’il adore et qui l’emmène parfois à son travail. Jusqu’à ce jour fatidique où, fatigué de l’attendre dans une gare, Saroo monte dans un wagon pour atterrir à Calcutta, ville de tous les dangers pour une jeune proie facile.

Moins centrée sur l’émotionnel, à part le final, la deuxième partie de ce mélodrame le montre dans sa nouvelle vie entre ses parents adoptifs et un frère difficile, également adopté. Puis il apparaît en adulte sous les traits de Dev Patel (le héros de Slumdog Millionnaire) qui, suite à une rencontre avec d’autres jeunes Indiens éprouvera la nécessité obsessionnelle de renouer avec ses racines.

Le comédien est l’un des prétendants à la statuette du meilleur second rôle en compagnie de Nicole Kidman. Cette dernière se révèle étonnante dans une composition sensible de mère aimante. Une nouvelle fois bluffante avec sa capacité de s’effacer derrière son personnage, elle apparaît méconnaissable avec son look vestimentaire de mémère, encore accentué par ses cheveux roux, coupés courts et permanentés.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 février. 

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