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25/04/2018

Grand écran: "Amoureux de ma femme", un nouveau navet signé Daniel Auteuil

maxresdefault.jpgCertains apprennent de leurs échecs, d’autres pas. Comme Daniel Auteuil qui, après Fanny et César, ses deux bides de réalisateur, a décidé avec Amoureux de ma femme, de s'attaquer à la comédie sentimentale en adaptant L’envers du décor de Florian Zeller. Il avait mis la pièce en scène au théâtre en en 2016, interprétant déjà le rôle principal.

Daniel parvient à convaincre sa femme Isabelle (Sandrine Kiberlain) d’inviter à dîner leur vieil ami Patrick (Gérard Depardieu). Isabelle était hostile à cette idée, car Patrick vient de larguer sa meilleure amie. Mais ce dernier tient absolument à leur présenter Emma, sa nouvelle conquête deux fois plus jeune que lui (Adriana Ugarte), dont il est fou amoureux.

Travaillé lui aussi par le démon de midi, Daniel perd la tête au moment où la créature au corps de rêve entre dans la pièce. Durant tout le repas, le sexagénaire frustré va fantasmer sur Emma, s’imaginant en sa compagnie dans diverses situations qu'il veut érotiques, mais se complaisant surtout dans le voyeurisme et le machisme d'un autre âge. 

C’est ainsi qu’il en profite pour nous montrer le plus souvent la belle Espagnole en tenue légère, sinon toute nue. Ces incursions oniriques ne sont pas seulement d'une bêtise crasse et d'une rare lourdeur, elles relèvent d'une vulgaire indécence. On n'est pas loin du porc à balancer...

Mais voilà qui n'empêche pas Daniel Auteuil de squatter les plateaux télé et de se faire encenser par les animateurs sous le charme. Reste tout de même une question: pourquoi donc Sandrine Kiberlain et Gérard Depardieu sont-ils venus cautionner un tel navet?

A l’affiche dans les salles de Suisse romande mercredi 9 mai.

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19/04/2018

Grand écran: Valeria Golino joue une aveugle dans "Emma", romance fade de Silvio Soldini

il-colore-nascosto-delle-cose-696x418.jpgCréatif dans une agence de publicité romaine branchée, Téo ne cesse de fuir son passé, sa famille, refusant tout attachement sentimental. Charmant et séduisant quadra, il collectionne les aventures en attendant éventuellement de se mettre en ménage avec sa fiancée officielle. Un soir, il dîne dans un restaurant qui a la particularité de plonger les convives dans le noir. Du coup, ils sont concentrés sur la nourriture et la conversation. C’est là que Téo tombe amoureux de la voix sensuelle d’Emma.

A la sortie du repas, il découvre qu’elle est aveugle. Depuis l’âge de seize ans, lui dira la jeune femme ostéopathe quand il viendra se faire remettre quelques muscles en place. Contrairement à lui, Emma est une femme forte, débrouillarde, optimiste, au caractère passionné.

Elle sait ce qu’elle veut, aime son métier, gère parfaitement son quotidien et a beaucoup d’amis. Ce qui fait en quelque sorte sa normalité N’ayant jamais rencontré une telle personne, Téo est curieux, intrigué, attiré. Il a envie de faire un bout de chemin avec elle.

Emma de l’Italo-Suisse Silvio Soldini, dont la réalisation phare reste Pane e tulipani en 2000, tient avant tout sur ses deux acteurs, Adriano Gianini attachant célibataire dont la «personne» avec qui il cohabite le mieux est son robot aspirateur, mais surtout Valeria Golino, découverte dans Rain Man en 1988.

Elle se révèle convaincante, ne cherchant pas la performance, mais en se montrant naturelle et touchante. Elle était parfois tellement dans son rôle, dit-elle, qu’elle ne voyait plus. A noter qu’elle sera à Cannes pour la deuxième fois dans un Certain regard avec son film Euphoria, l’histoire de deux frères très différents qui se rencontrent et passent deux mois ensemble.

Pour le reste on a droit à une romance fade jouant sur des oppositions banales, où on cherche vainement le regard (sans jeu de mot) du réalisateur. Et qui dure près de deux heures. C’est bien long pour démontrer comment un coureur de jupons menant une existence d’une rare futilité va se remettre en question et découvrir l’amour, en fréquentant une femme handicapée...

A l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 18 avril.

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Grand écran: du potache à la comédie noire, "Game Night"mise sur l'absurde et le grotesque

maxresdefault.jpgChaque semaine, pour tenter de pimenter leur vie de couple, Max et Annie animent des jeux de sociézté. Mais cela reste bien pantouflard. Alors cette fois ils ont la ferme intention de bousculer leur quotidien peu excitant et de réaliser quelques vieux fantasmes en organisant une soirée spéciale avec vrais faux malfrats ou autres agents fédéraux.

Et cela grâce à la présence de Brooks, le frère de Max, charismatique au point de donner à son cadet un lancinant complexe d’infériorité. Brooks a même prévu de se faire enlever, sauf qu’il semble avoir carrément disparu….

Ce jeu de rôles qui tourne au désastre se laisse voir, surtout dans sa première moitié. Avec des personnages plus ou moins débiles qui se lancent dans des situations particulièrement dangereuses en croyant avoir affaire à des acteurs et à des armes factices. Et qui, de plus en plus désorientés par la tournure rocambolesque sinon sanglante des événements, ne savent plus s’il s’agit encore d’un jeu...

Jouant la carte de l’absurde et du grotesque, passant du potache à la comédie noire décalée, Jonathan Goldstein et John Francis Daley empruntent à la fois les codes du thriller, du polar, du film d’action et s’amusent à brouiller les pistes entre réalité et fiction en installant de faux semblants permanents. 

jesse.jpgLe casting est assez réussi, le naïf Jason Bateman faisant couple avec la charmante Rachel McAdams De son côté Kyle Chandler se montre crédible en maître de ce périlleux divertissement. Les seconds couteaux ne sont en revanche que des faire-valoir. A l’exception de Jesse Plemons (photo), sorte de Matt Damon version moche, il est impayable dans des apparitions inquiétantes de voisin pot de colle sinistre et complètement dingue.

Le film a néanmoins du mal à tenir jusqu'au bout, tournant en rond, se perdant dans une volonté frénétique d’enchaîner les gags parfois très bas de gamme, et les rebondissements téléphonés. En dépit de quelques revirements surprenants qui parviennent à confondre les spectateurs, tout comme les protagonistes.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 18 avril.

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Grand écran: "Place publique", comédie paresseuse d'Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri

4260980.jpgVedette du petit écran aujourd’hui animateur en inexorable perte d’audimat, Castro se rend avec son chauffeur Manu à la pendaison de crémaillère de Nathalie, sa productrice de toujours. Elle s’est payé une superbe maison à 35 minutes de Paris. A vol d'oiseau...

Castro y retrouve son ex-femme Hélène, Alors qu’elle est restée fidèle à ses idéaux de jeunesse il s’est mué en cynique capitaliste pragmatique dans la recherche de la gloire. Par ailleurs, il est furieux contre sa fille Nina, elle aussi de la fiesta, car elle a écrit un livre librement inspiré de la vie de ses parents, Révélant notamment que son paternel a une moumoute alors que cela se voit à des kilomètres D’autres invités plus ou moins célèbres vont se croiser et se recroiser dans un ennuyeux ballet des vanités.

Certes les Jabac continuent à représenter le dessus du panier en matière de comédie française. Mais il y a plus de la patte molle que de la griffe acérée dans Place publique, comédie chorale désenchantée où ils puisent dans leur fond de commerce pour surfer sur le vieillissement, l’élitisme, les privilèges, un peu de politique avec la montée de l’extrême-droite. En en profitent pour critiquer platement le jeunisme, l‘obsession de la célébrité, de la reconnaissance, la soif de célébrité, les réseaux sociaux et le parisianisme échevelé.

Entre stéréotypes et caricature

Traquant les travers de leurs semblables et les incohérences sociales, ils observent comme toujours l’air du temps, mais d’une façon nettement moins percutante et mordante que d’ordinaire. Paresseuse en somme, à l’image d’une galerie de portraits stéréotypés. De la serveuse du coin ne pensant qu’aux selfies avec des personnalités à la star de Youtube, en l’occurrence Mister V, prétentieusement sûr de lui, en passant par le modeste chauffeur attachant, restant humblement à sa place.

Très caricatural aussi le choc des cultures, de deux mondes, vu à travers la frivolité exaspérante de ces personnages narcissiques face à un couple bourrin d’agriculteurs excédés par le bruit infernal de cette insupportable faune parisienne. Avec en prime un effet raté de flash forward en ouverture.

Côté comédiens Jean-Pierre Bacri reste parfois drôle. Mais, comme c’était déjà le cas dans Le sens de la fête, poursuit dans l'auto-caricature avec son habituel registre de vieux ronchon, ici rongé par l’angoisse et la jalousie, grincheux incapable de cacher son acrimonie et son immense dédain pour la plupart des gens. Irrésistiblement pathétique avec son imitation d’Yves Montand dans Les feuilles mortes, personne n’ayant jamais osé lui dire qu’il n’est pas aussi bon qu’il l’imagine.

La pétulante Agnès Jaoui s’est elle donné le rôle de la gauchiste idéaliste, humaniste, décalée dans sa tentative désespérée de fourguer une réfugié afghane dans l’émission de son ex qui n’en a strictement rien à cirer. Quant Léa Drucker, sans scrupule derrière son apparente douceur, elle est parfaitement horripilante, vissée à son téléphone portable du début à la fin du film.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 18 avril.

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12/04/2018

Festival de Cannes: la 71e édition mise sur le renouvellement, l'Asie et Godard

5911279.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgDix-huit films seront soumis en mai prochain au verdict du jury cannois présidé par l’Australienne. Cate Blanchett. Cette 71e édition mise plus particulièrement sur le renouvellement et l’Asie, a-t-on appris lors de la conférence de presse du délégué général Thierry Frémeaux.

Mais cela n’empêche pas quelques grands noms de figurer parmi les candidats à la Palme d’or. Dont l’inoxydable Jean-Luc Godard (Le livre d’images), Spike Lee (BlackKKKlansman), ou encore Ashgar Farhadi, pour Everbody Knows, avec Penelope Cruz et Javier Bardem (photo), qui ouvrira par ailleurs les festivités. En revanche, sous réserve d’ajouts de dernière minute, on n’y verra pas les abonnés Jacques Audiard, Paolo Sorrentino, Mike Leigh ou autres Lars Von Trier.

Les auteurs du renouveau

Place donc aux petits nouveaux: la Libanaise Nadine Labaki (Caphanaüm), l’Egyptien A. B. Shawki (Yomeddine) la Française Eva Husson (Les filles du soleil), l’Américain David Robert Mitchell (Under The Silver Lake), le Polonais Pawel Pawlikowski (Zimna Wojna),

De leur côté les Asiatiques débarquent en force avec les Japonais Hirokazu Kore-Eda, (Shoplifters) et Ryusuke Hamaguchi (Netemo Sametemo), le Chinois Jia Zhang-Ke (Ash is purest white), le Sud-Coréen Lee Chang-Dong (Burning).

Avec Eva Husson, Stéphane Brizé (En guerre) et Christophe Honoré (Plaire, aimer et courir vite) complètent la sélection française, tandis que Mateo Garrone (Dogman) et Alice Rohrwacher (Lazzaro Felice) représenteront l’Italie.

Lettre aux autorités iraniennes

Le cinéaste dissident iranien Jafar Panahi (Three Faces) et le metteur en scène russe assigné à résidence à Moscou Kirill Serebrennikov (Leto) ont été invités à venir montrer leurs films en compétition. "Les autorités iraniennes recevront une lettre de notre part et des autorités françaises pour autoriser Jafar Panahi à quitter le territoire, à présenter son travail et pouvoir rentrer dans son pays", a annoncé Thierry Frémaux.

Les femmes très minoritaires 

A noter que seules trois femmes sur 15 hommes seront en lice pour la médaille tant convoitée, alors qu’on aurait pu en attendre davantage suite à l’affaire Weinstein. Refusant d’appliquer des quotas, le délégué général s’en est expliqué. "Il y a une différence entre les femmes cinéastes et la question #MeToo. il n'y aura jamais de sélection en discrimination positive pour des femmes"

Rappelons enfin que Jean-Paul Belmondo et Anna Karina sont à l'honneur sur l'affiche du Festival de Cannes 2018, une photo de Pierrot le fou de Godard ayant été utilisée pour l’occasion.

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11/04/2018

Grand écran: "La finale", road movie sans surprise avec Thierry Lhermitte et Rayane Bensetti

870x489_banniere_web_2.jpgLes Verdi prennent bien soin de Roland, le grand-père victime d’Alzheimer. A part JB, l’ado de la famille, dont le seul objectif est de se rendre à Paris pour disputer sa finale de basket. Mais ses parents, bloqués ce week-end-là, lui demandent d’y renoncer pour surveiller papy Roland. JB n’a pas l’intention de leur obéir. Mais comme il ne peut pas laisser l’aïeul tout seul, il décide de l’emmener avec lui.

Un voyage prétexte à une comédie tentant de mêler humour et émotion, légèreté et gravité sur un sujet délicat et sensible. Robin Sykes, qui signe son premier long métrage avec La finale, aborde son sujet sous forme d’un road movie intergénérationnel.

La réalisation est convenue, le scénario sans surprise, les rebondissements prévisibles dans ce film qui met en scène Thierry Lhermitte et le jeune Rayane Bensetti. Plutôt convaincant, le premier ne semble toutefois pas avoir trop perdu la boule. Et le second, assez prometteur, a malgré tout tendance à forcer la dose. Reste un grand moment pour les fans de foot qui n’ont pas oublié l’événement sportif majeur de 1998…

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 avril.

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Grand écran: "L'île aux chiens", plaidoyer antispéciste fourre-tout à tendance macho

 

still_isle_of_dogs_copyright_2017_twentieth_century_fox-cropped.jpgDans un Japon légèrement futuriste, Kabayashi, maire de la ville de Magasaki, a pris des mesures drastiques pour lutter contre la grippe et la surpopulation canines. Ses représentants ont été envoyés sur une île à décharge, réservoir nauséabond d'une surconsommation industrielle et chenil idéal pour se débarrasser définitivement du meilleur ami de l'homme.

Mais Atari, le neveu du maire, intrépide pilote de 12 ans, ne l’entend pas de cette oreille et se rend sur l’île pour retrouver son toutou Spots, le premier des exilés. Sur place, il est aidé dans ses recherches par Chief, un chien errant et ses quatre potes Boss, King, Duke et Rex.

Après Fantastic Mr Fox, adapté d'une histoire de Roald Dahl, Wes Anderson signe avec L'île aux chiens son deuxième long métrage en stop motion. Un film d'animation pour adultes, où le réalisateur a mis le paquet question voix avec, en vo, celles de Bryan Cranston, Edward Norton, Bill Murray, Jeff Goldblum, Frances McDormand, Harvey Keitel, Scarlett Johansson ou encore Tilda Swinton.

Entre solution finale et bombe atomique

Pétri de bonnes intention, de mises en garde gentillettes et de références, le film, étiqueté chef d’œuvre par une majorité de critiques vantant sa créativité foisonnante, sa virtuosité, son humanité, sa drôlerie et son époustouflante beauté, (les chiens sont pourtant moches), se veut politique, militant, allégorique.

Du coup son auteur, se piquant de science-fiction matinée de philosophie, nous balance pêle-mêle le spectre de la solution finale, l’ombre de la bombe atomique, la ségrégation, la crise migratoire, la corruption, la démagogie, l’intolérance, l’appel à l’impureté, à la désobéissance civique et à la révolte estudiantine. 

Par ailleurs outre la longueur de ce plaidoyer antispéciste se prétendant ami de tous les exclus, on reprochera à Wes Anderson son côté macho, avec sa façon d’ignorer quasi totalement les dames dans la population canine. Et quand on rencontre une, c’est carrément une poule de luxe!

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 avril.

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Grand écran: "The Third Murder", énigmatique et captivant thriller judiciaire

sandome-no.jpgCinéaste de l’enfance (Nobody Knows, I wish. nos vœux secrets), de la famille (Tel père tel fils, Notre petite sœur), le Japonais Hirokazu Kore-eda change de registre pour se lancer dans un thriller judiciaire, The Third Murder. Une captivante énigme portée par Masaharu Fukuyama et Koji Yakusho, un excellent duo d’ acteurs.

Shigemori, un as du barreau, est chargé de défendre Misumi , accusé d’avoir tué son patron et volé son portefeuille. C’est du moins ce que montrent les premières images du film, où on voit un homme défoncer le crâne d’un autre, l’asperger d’essence lui mettre le feu et le dépouiller.

Les chances du grand avocat de gagner le procès sont minces. Non seulement il son client a déjà purgé une peine de prison pour meurtre 30 ans auparavant, mais il avoue sa culpabilité en dépit de la peine de mort qui l’attend s’il est condamné. Très intrigué, Shigemori se lance dans une longue enquête pour en savoir davantage. .

Une intrigue austère, noire, complexe

Son travail de détective le mène d’abord sur les lieux du drame où le corps a été retrouvé, puis dans la famille de la victime pour recueillir des témoignages. Il se rend assez rapidement compte que tout le monde ment, y compris l’accusé qui change continuellement de version. Il se met alors à douter de la culpabilité de son client. Mais pourquoi celui-ci s'obstine-t-il à revendiquer le meurtre? Et comment l’innocenter?

S’inspirant des films à procès et des polars américains, Hirokazu Kore-eda propose une intrigue austère, noire, complexe, à la mise en scène épurée, au rythme lent. Tout en maintenant la tension et le suspense en ne cessant de brouiller les pistes pour entretenir le mystère et le doute, l’habile manipulateur se livre à une réflexion sur la peine de mort, la fatalité, le mensonge, et surtout la vérité qui n’intéresse pas la justice. Une réussite pour un drame non résolu. Ou oui, ou peut-être...

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 avril.

 

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09/04/2018

Grand écran: "Fortuna", une histoire d'amour et de survie sur fond religieux et politique

fortuna_14.jpgFortuna est une Ethiopienne de 14 ans. Sans nouvelles de ses parents depuis son arrivée à Lampedusa en Italie, elle est accueillie en Suisse avec d’autres migrants de diverses origines à l’Hospice du Simplon, à 2 000 mètres d’altitude.

Les Frères catholiques les hébergent pour l’hiver en attendant que leur situation soit régularisée par les institutions helvétiques. C’est là que l’adolescente rencontre Kabir, un réfugié africain de 26 ans dont elle tombe amoureuse. Ils se voient en cachette jusqu’au jour où Kabir disparaît. Les chanoines, dont l’un est interprété par Bruno Ganz, vont tenter de guider Fortuna dans un choix difficile.

Récit de survie portant un autre regard sur le drame des réfugiés traversant la Méditerranée l’opus, qui est aussi une histoire d'amour, est signé du photographe lausannois Germinal Roaux, 43 ans. A la fois contemporain et intemporel, il est tourné dans un magnifique noir et blanc, la griffe de l’auteur.

Surfant par ailleurs sur les dogmes religieux et politiques, l’intrigue, se déroule à un rythme lent, méditatif. Tout est vu à travers les yeux de Fortuna, une jeune fille forte et déterminée, incarnée avec talent par Kirist Syum Beza, découverte à Addis Abeba,

Projeté à la dernière Berlinale, Fortuna a reçu L’Ours de Cristal pour le meilleur film et le Grand prix du jury international dans la catégorie Generation 14 plus, dédiée aux œuvres mettant en scène de jeunes protagonistes.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 avril.

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Grand écran: "Matar a Jesus", un thriller pour exorciser la douleur


01_MATAR_A_JESUS_mood.jpgL’action se déroule à Medellin, ville gangrénée pendant des années par une violence aveugle. De retour de l’université en voiture avec son père, professeur militant, Lita, une étudiante de 22 ans, est témoin de son meurtre par deux motards.

Alors qu’elle est parvenue à identifier l’un d’eux (Jesus), la police enquête depuis des semaines sans trouver la moindre piste. Face à son inefficacité, Lita désespérée décide de prendre les choses en main.

Un soir elle tombe par hasard sur l’assassin dans une boîte de nuit. Animée d’un obsédant désir de vengeance, nourri par la colère, la frustration et la souffrance, elle quitte sa maison et son milieu bourgeois, déterminée à mener à son terme la redoutable mission qu’elle s’est fixée.

Changeant d’identité elle s’immerge dans le quartier pauvre situé sur les hauteurs de Medellin pour mieux se rapprocher du tueur et lui faire payer son crime. Mais sa rencontre avec Jesus et la relation qui se noue entre eux lui font se rendre compte de la difficulté de passer à l’acte.

La cinéaste Laura Mora Ortega, notamment connue pour sa coréalisation de la mini-série colombienne Pablo Escobar  El Patron Del Mal, s’est entourée de comédiens non professionnels, dont son héroïne, Natasha Jaramillo Loaiza. Juste, émouvante, elle donne, avec ses partenaires, une authenticité à Matar a Jesus (Tuer Jésus),

Portant un regard personnel sur la justice et la violence, Laura Mora Ortega livre également un thriller en forme d’exorcisme en revenant sur une expérience traumatisante. Tragique, il se révèle en effet des plus réaliste, son propre père ayant été tué en pleine rue.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 avril.

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