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Cannes dans Chassé-Croisette

  • Festival de Cannes: la Palme d'or à "Parasite" du Sud-Coréen Bong Joon-ho, l'un des favoris

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    661_afp-news_0a4_be4_f8efd4fba78b40d674d5676998_cannes-parasite-du-sud-coreen-bong-joon-ho-remporte-la-palme-d-or_000_1GX29P-highDef.jpgExcellente cuvée que ce cru 2019, où un bon tiers des 21 longs métrages sélectionnés pouvait prétendre à la Palme d’or. Certains ont la chance de se retrouver au palmarès, comme on le verra ci-dessous, d’autres pas. A commencer par Douleur et gloire de Pedro Almodovar, pour qui c’est encore raté, Une vie cachée de Terrence Malik, Roubaix, une lumière, Le traître de Marco Bellochio.

    Nous avons agi comme des amoureux du cinéma et nos récompenses ne reflètent que l’avis de neuf personnes dans le monde, a déclaré le président du jury Alejandro Gonzalez Inarritu. A l’unanimité et sans surprise,  ses camarades et lui ont donc décerné le trophée si convoité au brillant Parasite du Sud-Coréen Bong Joon-ho, l’un des grands favoris de la critique.  

    Dans une veine intimiste le réalisateur met en scène la violence des rapports sociaux, en racontant l’histoire d’une famille habitant un sous-sol sordide, jusqu’au jour où le fils décroche un travail de prof d’anglais chez des bourgeois nageant dans le luxe. A coups de subterfuges, il fait embaucher sa sœur, puis son père et sa mère comme chauffeur et gouvernante. Mais les choses se gâtent pour les arnaqueurs dans ce drame pimenté de thriller.

    Beaucoup moins évident, au point qu’il a étonné jusqu’à sa réalisatrice, le Grand prix du jury est allé à Atlantique, premier long métrage, entre hantise et envoûtement, de la cinéaste franco-sénégalaise Mati Diop. Son héroîne, Ada, adolescente de Dakar, est amoureuse de Souleymane, un ouvrir parti en mer à la recherche d'un avenir meilleur. 

    100315837_99191202_640554_5518890.jpgPrix d’interprétation pour Antonio Banderas et Emily Beecham

    Antonio Banderas, petite consolation pour Pedro Almodovar (!), est en revanche logiquement sacré meilleur acteur pour son interprétation magistrale dans Douleur et gloire, où il incarne le double fictionnel du maestro espagnol suivant un réalisateur en crise. Côté féminin, c’est assez birzarrement la comédienne britannique Emily Beecham qui gagne le prix, pour son rôle dans Little Joe de l’Autrichienne Jessica Hausner. Elle campe une phytogénéticienne, conceptrice d’une fleur particulière qui rend son propriétaire heureux. Mais elle n’est peut-être pas aussi inoffensive qu’elle l’imagine.

    Deux œuvres se partagent ex-aequo le prix du Prix du jury. Bien vu pour Les Misérables du Français Ladj Ly, qui a lui aussi conquis la Croisette avec son brûlot social sur la banlieue, traitant des rapports tendus entre les habitants et les policiers de la brigade anticriminalité. Un jour c’est la bavure…Autre lauréat, moins convaincant, Bacurau, une coréalisation des Brésiliens Kleber Mendonza Filho et Juliano  Dornelles. Ce film de genre, à mi-chemin entre western et fantastique, raconte l'histoire d'un village imaginaire, frappé par des phénomènes étranges. .

    De leur côté, les inoxydables habitués de Cannes Jean-Pierre et Luc Dardenne qu’on pensait plus ou moins voir repartir les mains vides, remportent le Prix de la mise en scène avec Le jeune Ahmed, un garçon de 13 ans endoctriné par un imam fondamentaliste . « C’est un appel à la vie alors que le populisme identitaire et les crispations religieuses montent », ont déclaré les frères belges.

    Céline Sciamma, qui semblait assez déçue, a raflé le Prix du scénario pour son magnifique Portrait de la jeune fille en feu. Porté par Adèle Haenel et Noémie Merlant, un superbe duo d’actrices, il évoque la naissance d’une passion interdite sur une île bretonne en 1770. La réalisatrice a également reçu la veille la Queer Palm, récompensant un métrage évoquant les thématiques LGTBQ dans les différentes sections du festival.

    Enfin, une mention spéciale a été donnée à It Must Be Heaven, conte burlesque du Palestinien Elia Suleiman à la recherche d’une terre d’accueil.

    La caméra d’or à César Diaz pour Nuestras Madres

    Primé à la Semaine de la critique, le réalisateur guatémaltèque nous emmène en 2018 dans son pays qui vit au rythme des procès des militaires à l’origine de la guerre civile .Jeune anthropologue, Ernesto travaille à l‘identification des disparus. Un jour, à travers le témoignage d’une vieille dame il croit tomber sur une piste qui lui permettra de retrouver la trace de son père…

    Quelques perles hors concours

    A Cannes, il n’y a pas que la compétition. Comme d’habitude, on a découvert quelques perles dans les sections parallèles  A la Quinzaine des réalisateurs, on a beaucoup aimé Le daim de Quentin Dupieux où Jean Dujardin à son meilleur parle à son blouson de cuir à franges. A signaler également The Lighthouse de Robert Eggers, que nous n’avons pas vu voir en raison de l’extraordinaire engouement qu’il a provoqué. Expérience de cinéma en noir et blanc, il est décrit comme hypnotisant et hallucinant. Avec Robert Pattinson méconnaissable.

    A noter toutefois que c’est Une fille facile de la Française Rebecca Zlotowski, mettant en scène l’ex-escort girl Zahia Dehar, qui a été primée à la Quinzaine en compagnie d’Alice et le maire de son compatriote Nicolas Pariser.

     

    Dans Un certain Regard, Port Authority de l’Américaine Danielle Lessovitz a séduit avec une immersion queer newyorkaise où un beau garçon tombe amoureux d’une jolie trans. Tout comme Nina Wu. Dans ce thriller thaïlandais de Midi Z, inspiré de l’affaire Weinstein, une actrice doit coucher pour obtenir un rôle.

    Et on n’oubliera pas Rocketman de Dexter Fletcher qui nous en a mis plein les yeux et les oreilles en retraçant la carrière hors du commun de Reginald pianiste provincial prodige devenu Elton John la superstar planétaire. Sortie le 29 mai.

  • Festival de Cannes. Kechiche choque et divise avec son très crû "Mektoub My Love: Intermezzo"

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    mektoub_my_love_kechiche_male_gaze.jpgIl fallait bien une polémique pour compenser l’événement le plus médiatique et le plus populaire créé par Quentin Tarantino. Six ans après la triple Palme d’or pour « La vie d’Adèle » et la controverse qui a suivi, Abdellatif Kechiche, en compétition avec le deuxième volet de Mektoub my Love: intermezzo, a provoqué le scandale sur la Croisette.

    Comme s’il ne s’y attendait pas, avec sa manière provocante de filmer les corps féminins, les objétisant en s’attardant longuement sur les seins les fesses. Sans oublier un cunilingus de 13 minutes dans les toilettes d’une boîte de nuit.

    Après une demi-heure sur la plage où Amin et ses amis rencontrent Marie, une étudiante parisienne, c’est dans cette discothèque que le cinéaste nous immerge pendant trois heures. On papote, on se trémousse, on picole, entre sexe, danse et musique jusqu’à l’overdose Ce qui a poussé certains spectateurs à partir pendant la projection officielle.

    Ophélie Bau, l’une des comédiennes principales, active participante à la scène très crue de sexe oral, s’est elle-même éclipsée après la montée des marches. A la fin du film, le sulfureux réalisateur a quant à lui rapidement quitté le Grand Théâtre Lumière, s’excusant au micro auprès du public de l’avoir retenu sans le prévenir…

    Lors de la conférence de presse, pas de très bonne humeur, il a expliqué avoir voulu célébrer l’amour, le désir, le corps. « Mon film est avant tout une expérience esthétique où je tente d’autres formes de narration. En brisant les codes. J’essaye de décrire la position de l’artiste, du peintre ».

    Je montre ce qui me fait vibrer

    Il ne considère pas comme un échec la fuite d’une partie du public. « Non, cela ne me dérange pas. Tout le monde n’est pas ouvert, sensible à la nouveauté, à mon regard, à celui que je porte sur les autres. J’essaye de montrer ce qui me fait vibrer, des corps des ventres. De décrire le mouvement. Celui, exceptionnel, des danseuses. Certaines personnes ne peuvent pas ressentir mon désir de les magnifier. De leur côté elles n’ont pas peur de franchir les barrières, de sortir des sentiers battus ».

    En revanche, Kechiche a refusé de répondre aux questions concernant sa façon de travailler et a ajouté avoir demandé à ses comédiens de ne rien dire sur le sujet. Hafsia Herzi, découverte dans « La graine et le mulet », a juste déclaré son plaisir de tourner avec lui.

    Par ailleurs, il s’est carrément fâché quand un journaliste l’a interrogé sur l'enquête ouverte en octobre dernier par le parquet de Paris après une plainte d’une femme contre lui pour agression sexuelle « Votre question est déplacée, imbécile et malsaine. Cannes est la fête du cinéma et on y parle cinéma. Je ne suis au courant d’aucune enquêté et j’ai la conscience tranquille ».

  • festival de Cannes: Tarantino était espéré comme le Messie. On attend le miracle...

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  • Festival de Cannes: Terrence Malick, sérieux prétendant à la Palme d'or avec "Une vie cachée"

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    une-vie-cachee-photo-1083408.jpgObjecteur de conscience, Franz Jägerstätter, un paysan autrichien, refuse de prêter allégeance à Hitler et de se battre aux côtés des nazis. Coupable de trahison envers le régime, sa vie devient un véritable enfer. Il sera finalement exécuté en 1943.

    Porté par la foi inébranlable et son amour pour sa femme Fani, dont il peut compter sur l’indéfectible soutien, Franz (August Diehl, magnifique prétendant au prix d’interprétation), n’accepte pas ce qui est arrivé à son pays.

    Persuadé que la guerre est l’œuvre du mal et Hitler l’antéchrist, le fermier refuse de plier devant la brutalité de ceux qui s'ingénient à le faire changer d’avis. Malgré les souffrances endurées, il reste un homme libre.

    Huit ans après avoir décroché la Palme d’or pour The Tree Of Life, Terrence Malick, s’aligne donc à nouveau en compétition. Adulé puis rejeté par certains, il devrait pouvoir réconcilier ses détracteurs et ses fans avec Une vie cachée, qui s’annonce comme un sérieux candidat à la Palme d’or.

    Un chemin de croix

    Cinéaste aussi déroutant que secret, l’Américain s’est inspiré de faits historiques réels pour raconter une histoire qui rend hommage, à travers Franz résistant intransigeant, aux héros méconnus, dans un film intense, bouleversant, poétique, puissant et d’une grande spiritualité.

    Alternant la terrible survie de Franz en prison et les efforts parfois surhumains de Fani pour parvenir à tenir la ferme, l’auteur suit, dans cette fresque de trois heures très malickienne, le chemin de croix de ses deux protagonistes unis par une conviction profonde.

    Ils nous apparaissent comme deux saints luttant de toutes leurs forces pour préserver l’humanité en cette période de folie. Reconnu martyre en 2007 par Benoît XVI, Franz a d’ailleurs été béatifié par l’Eglise catholique.

  • Festival de Cannes: en panne de Palme d'or, Almodovar vaincra-t-il la malédiction avec "Douleur et gloire"?

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    2266158_douleur-et-gloire-almodovar-et-son-double-web-0601226291664_1000x300.jpgTrois ans après Julieta, racontant la perte, l’abandon, la culpabilité, Pedro Almodovar revient avec Douleur et gloire, son 21e long métrage envoûtant au titre évocateur, réunissant deux de ses acteurs fétiches, Antonio Banderas et Penelope Cruz. Sélectionné pour la sixième fois en compétition à Cannes, le réalisateur oscarisé et césarisé, récompensé sur la Croisette par un prix de la mise en scène, un prix du scénario, par le biais aussi d’un prix d’interprétation à Penelope Cruz pour Volver, mais en mal de Palme d’or en dépit de pronostics souvent unanimes de la critique. Le fougueux Espagnol qui se révèle à nouveau un très sérieux prétendant à la récompense suprême, vaincra-t-il la malédiction dans cette 72e édition? Réponse le 25 mai.

    Evitant à son habitude les excès du mélodrame en évoquant avec sobriété, retenue et pudeur l’amour, le deuil, la réconciliation, Almodovar suit Salvador Mallo, un réalisateur en crise autrefois adulé, formidablement incarné par Antonio Banderas, candidat plus que crédible au prix d’interprétation. Il se met émotionnellement et intensément à nu, mêlant «son côté le plus sombre aux moments les plus lumineux de son enfance», dans ce film mélancolique baigné de tristesse.

    Il s’agit là de la plus intime et de la plus introspective de ses œuvres, tournant autour de ses premières passions, celles qui sont suivi, la mère, la mort, les acteurs avec qui il y travaillé, les ruptures. Et les retrouvailles, dont l’une bouleverse avec le long baiser que son personnage mature échangé avec un ancien amant, avant que ce dernier parte retrouver sa femme et ses enfants.

    Déclaration d’amour au cinéma

    Entre émois, regrets, impossibilité de séparer l’art de la vie privée, ce cinéaste si doué qui se demande avec autodérision comment il peut avoir du succès dans un pays aussi différent de l’Espagne que l’Islande, déclare son amour au cinéma. La pellicule libératrice de cet enfant intelligent, sensible et malheureux, élevé au sein d’un milieu paysan et catholique, dans une caverne repeinte par un maçon. Et qui découvre soudain, avec sidération, son homosexualité. Même si l’auteur, mêlant réalité, fiction et fantasmes avoue, fait en soi insignifiant, ne pas être absolument fidèle à sa biographie.

    Le film est ainsi rythmé par des allers et retours entre les années 60, 80 et aujourd’hui. Pedro Almodovar brosse le portrait captivant d’un cinéaste se disant incompris, en panne d’inspiration, plongeant dans ses souvenirs. Un hypocondriaque tourmenté physiquement et psychiquement.

    En proie à toutes sortes de douleurs musculaires, des migraines, des acouphènes, un lancinant mal de dos, il souffre également de troubles de l’âme, de dépression. Un homme se shootant à l’héroïne, pour qui «la vie tourne autour de sa colonne vertébrale et  dégoûte comme un remède inutile». Mais il va finir par se remettre à écrire.

    shutterstock_7049585a.jpgDes comédiens au sommet

    Si Almodovar ne cesse de nous fasciner, ses comédiens évoluent comme des poissons dans l’eau dans un univers qu’ils connaissent sur le bout des doigts. A commencer par Antonio Banderas, qui a collaboré huit fois avec lui. Séduisant, attachant avec des fêlures et une vulnérabilité non feintes, il représente, sans pourtant l’imiter en dépit de sa coiffure ananas et de ses vêtements colorés, le double magistral du cinéaste torturé par les affres de la création. Et se terrant de préférence dans son appartement madrilène, où il nous invite à entrer.  

    De son côté la solaire Penelope Cruz, qui a travaillé à six reprises avec l’auteur, est parfaite dans le rôle de la mère jeune d’Almodovar, peu épargnée par les soucis et les difficultés, mais au sourire toujours au bord des lèvres. Dans celui de la mère âgée et adorée, on retrouve Julieta Serrano, apparue dans le tout premier métrage du maestro ibère, Pepi Luci Bom et autres filles du quartier en 1980.

    Cela nous vaut une séquence où elle lui parle de son enterrement, manifestant notamment la volonté d’être pieds nus dans son cercueil… Une respiration comique dans ce magnifique opus où la douleur l’emporte sur la gloire. On espère que l’inverse se produira pour le cinéaste plus inventif et créatif que jamais.

    A l’affiche dans les salles romandes depuis vendredi 17 mai

  • Festival de Cannes: des valeurs sûres, huit nouveaux et quatre femmes en compétition

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    4615055-l-affiche-officielle-de-la-72e-edition-d-article_media_image-2.pngC’est parti pour la 72e édition de la grand-messe cannoise de la pellicule, sous l'oeil d'Agnès Varda (affiche). Entre romantisme et politique, privilégiant la diversité de styles et de genres, ce cru 2019 s’annonce particulièrement prometteur. Et tout d’abord en compétition, où on persiste évidemment à miser sur les valeurs sûres, mais où le vent du renouvellement continue à souffler pour le plus grand plaisir des cinéphiles avides de découvertes.

    Le jury présidé par le Mexicain Alejandro González Iñárritu  verra 21 concurrents de 11 pays s’aligner dans la course. L’Europe domine largement avec dix représentants dont quatre Français, un Espagnol, un Italien, un Anglais, un duo belge, un Roumain et une Autrichienne. Elle est suivie de cinq Américains, trois Asiatiques, un Latino-Américain et un Africain. Quatre femmes figurent dans le concours, qui met par ailleurs en valeur des thématiques LGBT dans sept films.

    Chez les habitués, on trouve cinq lauréats de la Palme d’or, dont deux l’ont déjà décrochée à deux reprises, le Britannique Ken Loach (2006 et 2016), qui revient pour sa quatorzième participation avec Sorry We Missed You, ainsi que les Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne (1999 et 2005), présents pour leur huitième fois avec Le jeune Ahmed.

    Le Français Abdellatif Kechiche, dont La vie d’Adèle avait raflé en 2013, fait historique, trois Palmes d’or (le film et les deux actrices), propose Mektoub My Love : Intermezzo, la suite d’Uno Canto. De son côté Quentin Tarantino, palmé en 1994, fait déjà saliver la Croisette avec Once Upon A Time… in Hollywood, réunissant notamment Brad Pitt et Leonardo DiCaprio. Terrence Malick, décoré lui en 2011, débarque avec Une vie cachée.

    Face à ces monstres sacrés, huit petit nouveaux entrent dans la bataille : les Françaises Céline Sciamma (Portrait de la jeune fille en feu) et Justine Triet (Sibyl ), le Franco-Malien Ladj Ly (Les Misérables), la Franco-Sénégalaise Mati Diop (Atlantique), l’Autrichienne Jessica Hausner (Little Joe), le Roumain Corneliu Porumboiu (La Gomera), l’Américain Ira Sachs (Frankie), et le Chinois Diao Yinan (Le lac aux oies sauvages). Ce dernier fera-t-il aussi bien qu’à Berlin où il avait remporté l’Ours d’or en 2014 ?

    5063055.jpg-c_120_120_x-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgEn mal de trophée suprême

    Déjà récompensés directement ou par le biais de leurs interprètes mais en mal de trophée suprême, on trouve cinq fidèles parmi les fidèles qui piaffent d’impatience: l’Américain Jim Jarmush, huitième participation, qui fait l’ouverture avec The Dead Don’t Die, l’Espagnol Pedro Almodovar (Douleur et gloire,  photo), également là pour la huitième fois, le Français Arnaud Depleschin (Roubaix, une lumière) ,le Québécois Xavier Dolan (Matthias et Maxime), le Palestinien Elia Suleiman (It Must Be Heaven).

    Sont également de retour l’Italien Marco Bellochio (Le traître), le Sud-Coréen Bong Joon-Ho (Parasite) et le Brésilien Kleber Mendonça Filho (Bacurau), qui a coréalisé le film avec Juliano Dornelles, un débutant dans la chasse à la Palme.

    Hors-compétition Rocketman de Dexter Fletcher promet une ambiance rock'n'roll sur la Croisette avec la présentation, en première mondiale, du biopic consacré au chanteur Elton John. Le légendaire interprète sera présent sur les marches en compagnie du jeune comédien Taron Egerton, qui l'incarne à l’écran.

    A découvrir également Les plus belles années d’une vie du Français Claude Lelouch, La belle époque de son compatriote Nicolas Bedos, Diego Maradona du Britannique Asif Kapadia, Too Old To Die Young, la série télé du Danois Nicolas Winding Refn. Sans oublier Alain Cavalier, Abel Ferrara, Werner Herzog ou Pippa Bianco en séances spéciales et Gaspar Noé en séance de minuit avec Lux Aeterna.

    Un Certain Regard

    Volet parallèle, Un Certain Regard propose, sous la houlette de la Libanaise Nadine Labaki, quinze longs métrages, dont La femme de mon frère de la Québécoise Monia Chokri, qui fait l’ouverture. Les Français Bruno Dumont (Jeanne) Christophe Honorél (Chambre 212) et Zabou Breitman (Les hirondelles de Kaboul) s’alignent aux côtés notamment d’Olivier Laxe (Viendra le feu), représentant de la jeune génération espagnole et son compatriote, l'expérimenté Albert Serra (Liberté)

    La Semaine de la critique

    Consacrée à la découverte de nouveaux talents, cette autre section présidée par le Colombien Ciro Guerrane présente des premiers (huit cette année) et deuxièmes films. Sur les onze sélectionnés, sept sont en compétition et quatre en séance spéciale comme Les héros ne meurent jamais d’Aude Léa Rapin avec Adèle Haenel qui évoque la guerre en Bosnie par des voies détournées. .

    A retenir Tu mérites un amour, le premier long-métrage de l’actrice Hafsia Herzi qui explore des relations amoureuses de jeunes En clôture, on retrouvera le premier film du Chinois Gu Xiaogang (Dwelling in the Fuchun Mountains), début d’une trilogie qui évoque une saga familiale.

    Le jury remettra trois prix dont le Grand Prix Nespresso et un prix pour un acteur considéré comme une révélation.

    vf_alice_et_le_maire_4838.jpeg_north_1323x718_transparent.jpgLa Quinzaine des réalisateurs

    Petit festival dans le grand, la Quinzaine comme on l’appelle, c’est une des sections mythiques du Festival, née il y a cinquante ans et cultivant une tradition cinématographique visant à l’audace et à l’ouverture.

    Le nouveau délégué général Paolo Moretti a mis cette année au programme comprenant 24 longs métrages et dix courts métrages de cinéastes comme les Français Nicolas Pariser (Alice et le maire, photo), Bertrand Bonello et Quentin Dupieux, le Philippin Lav Diaz ou le Tunisien Ala Eddine Slim. Mais il a aussi privilégié la nouveauté avec la venue sur la Croisette de seize cinéastes qui font leurs premiers pas sur la Croisette.

    On aura l’occasion d’en reparler, comme de l’exposition-installation en réalité virtuelle conçue par la chanteuse et performeuse multimédia américaine Laurie Anderson.

    Cannes, du mardi 14 mai au samedi 25 mai.

  • Festival de Cannes: Palme d'or au Japonais Kore-eda. Une autre, spéciale, a été créée pour Godard

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    Festival-de-Cannes-2018-la-Palme-d-Or-remise-a-Hirokazu-Kore-eda-pour-Une-affaire-de-famille.jpgAu terme d'une cérémonie de clôture emmenée par Edouard Baer, le jury présidé par Cate Blanchett a rendu un verdict mêlant le banal au curieux. La Palme d’or de cette 71e édition féministo-politico-sociale a ainsi été remise à Une affaire de famille de Hirokazu Kore-Eda, qui n'atteint franchement pas des sommets dans l'oeuvre du Japonais. Le film raconte l’histoire d’une famille vivotant en volant dans les magasins et recueillant une fillette maltraitée. 

    Saluant "un artiste qui fait avancer le cinéma, qui a repoussé les limites, qui cherche sans arrêt à définir et redéfinir le cinéma", Cate Blanchett vêtue d’une spectaculaire robe noire avec un grand nœud rouge dans le dos, a par ailleurs décerné une Palme d’or aussi spéciale que surprenante à Jean-Luc Godard pour Le livre d’image, un montage fascinant d’archives, d’extraits de films, de photos, de reportages télévisés, de fragments textuels ou musicaux.

    Le Grand prix du jury est allé, un vrai plaisir, à Spike Lee, auteur du décoiffant BlaKkKlansman, charge cinglante d’un humour férocement militant contre le racisme, l'extrême droite et le président Donald Trump. Le film est basé sur l’histoire véridique d’un policier afro-américain de Colorado Springs qui avait infiltré le Ku Klux Klan avec un collègue juif au début des années 70. John David Washington et Adam Driver se révèlent irrésistibles. 

    Contrairement à ce qui se profilait comme une Palme annoncée, la Libanaise Nadine Labaki a dû se contenter, tant mieux, du prix du jury pour Capharnaüm, mélo tire-larmes brassant toutes les thématiques du moment, enfance maltraitée, sans-papiers, migrants en suivant un gamin des faubourgs de Beyrouth, génialement interprété au demeurant.

    Le choc Asia Argento et le show Benigni 

    Avant de donner le prix d’interprétation féminine, l’actrice italienne s'est lancée dans une déclaration véhémente. «En 1997, j’ai été violée par Harvey Weinstein Ce festival était sa chasse gardée. (...) Il ne sera plus le bienvenu  à Cannes ». La suite est inexplicable. C’est en effet la gémissante et fade Kazakhe Samal Yeslyamova qui a été sacrée meilleure actrice dans Ayka du Russe Sergey Dvortsevoy, le film le plus assommant de la compétition.

    Quant à Roberto Benigni, il a refait le show d’il y a 20 ans, où il avait serré dans ses bras Martin Scorsese après avoir remporté le Grand Prix pour La vie est belle. Il a ensuite remis celui d’interprétation masculine à Marcello Fonte, très convaincant lui en revanche, pour son rôle de toiletteur pour chiens concoctant une vengeance féroce dans Dogman, de l'Italien Matteo Garrone.

    Le Polonais Pawel Pawlikowski a décroché le prix de la mise en scène pour Cold War tandis que celui du scénario récompensait ex-aequo à Alice Rohrwacher pour l'attachant Heureux comme Lazzare et à Jafar Panahi pour le fastidieux 3 visages. Cate Blanchett a rendu hommage à l’Iranien interdit de Croisette, ainsi qu'au Russe Kirill Serebrennikov, dont le film Leto, plébiscité par la critique, n’a toutefois pas plu au jury. 

    C’est l’occasion de regretter l’absence au palmarès de notre préféré, Burning, du Sud -Coréen Lee Chang-dong. Ce superbe thriller lent et contemplatif explore des sentiments passionnels et pervers sur fond de jalousie, de rivalité et de différences de classe. Quant aux Français, ils ont tous été ignorés. Logique pour le calamiteux métrage d’Eva Husson Les filles du soleil. Mais dommage, en ce qui concerne Stéphane Brizé évoquant dans En guerre le combat des ouvriers pour sauver leur usine et pour Christophe Honoré qui nous a bouleversé avec Plaire, aimer et courir vite, poignante romance gay.

    000_14v2v7.jpgLa caméra d’or à Girl

    Girl de Lukas Dhont, déjà lauréat de la Queer Palm, a raflé la Caméra d'or distinguant le meilleur premier long-métrage. Un excellent choix du jury présidé par la Suissesse Ursula Meir pour cette œuvre sensible, subtile, pleine de grâce et d’émotion sur un garçon transgenre qui veut devenir ballerine. Et qui se lance à la fois dans l’apprentissage de la danse, art d’une rare exigence et le parcours hors norme du changement de sexe. Formidable, son acteur Victor Polster (photo), est de son côté reparti avec le prix d’interprétation dans Un Certain Regard.

  • Festival de Cannes: "En guerre", avec un formidable Vincent Lindon prétendant à un nouveau sacre

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    en_guerre_a.jpg«Je ne pense pas être assez bon pour composer un personnage. Je me demande simplement: si moi j’étais lui, qu’est-ce que je ferais ? Et j’incarne. C’est ce qui m’intéresse. Je ne sais pas interpréter des caractères trop loin de moi », explique Vincent Lindon, héros d’ «En guerre», le dernier Stéphane Brizé aligné en compétition.

    Plus qu’incarner, le comédien « est » Laurent Amédéo, porte-parole d’une intersyndicale luttant contre la fermeture brutale de son usine. Il nous emporte et nous bouleverse par son engagement, sa conviction, sa pugnacité, son sens de la morale, son plaidoyer poignant pour la justice et le respect dans ce très grand film qui a eu droit à une ovation de 15 minutes lors de sa présentation publique.

    Si on devrait pour le moins le retrouver au palmarès, Vincent Lindon peut largement prétendre à un deuxième prix d’interprétation, après une performance aussi remarquable, sinon davantage que celle qui l’a sacré meilleur acteur il y a trois ans pour « La loi du marché » du même Stéphane Brizé. On ne change pas une équipe qui gagne.

    La dimension humaine face à la dimension économique

    Une fois de plus, le réalisateur se penche sur un drame économique social en explorant, à travers le combat des employés, les mécanismes économiques qui mènent à des fermetures d’usine. Elles deviennent très conflictuelles dans la mesure où la colère des victimes désespérées se nourrit de l’humiliation et de l’injustice subies. Car en l’occurrence il ne s'agit pas de se débarrasser d’une affaire en déficit mais d’une usine rentable qui ne correspond pas aux visées des actionnaires en voulant toujours plus. Une situation loin d’être rare

    Opposant la dimension humaine à la dimension économique en nous montrant la disproportion colossale des forces en présence, Stéphane Brizé nous plonge immédiatement dans le bain avec l’annonce de la liquidation du site français devenu la filiale d’un groupe allemand. Et décrit le désespoir des 1100 salariés qui en feront les frais, alors qu’ils étaient en train de négocier pour sauver l’entreprise.

    «La réalité nourrit ma fiction»

    Laurent Amédéo dénonce violemment le mensonge des patrons, l’accord bafoué, les promesses non tenues. La grève est décidée, le ton monte, le conflit s’amplifie, les ouvriers crient toujours plus fort, sans arriver à se faire entendre du pouvoir qui les ignore, nie leur souffrance. Ou les divise pour mieux régner. C’est la guerre. Et comme toutes les guerres, celle-ci engendre des tragédies.

    Pour Stéphane Brizé, le désir de son film, «politique dans le sens étymologique du terme, je ne suis le porte-parole d’aucun parti, d’aucun syndicat», vient notamment de la fameuse affaire de la chemise déchirée du DRH d’Air France en 2016. « La réalité nourrit ma fiction qui vient à son tour éclairer le réel, en donner une idée. Le cinéma le permet, contrairement aux reportages télévisés, qui n’ont pas le temps de la nuance et ne peuvent que rapporter les faits avec quelques images, auxquelles on fait dire ce qu’on veut, un commentaire et des bouts d’interviews ».

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 16 mai.

  • Festival de Cannes: retour mordant de Spike Lee dans un pamphlet férocement militant

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    thumb_59326_media_image_x584.jpgSpike Lee revient à Cannes 27 ans après Jungle Fever avec BlacKkKlansman, une charge cinglante contre le racisme, l'extrême droite et le président Donald Trump. D’un humour férocement militant, jubilatoire, le film est basé sur la folle et véridique histoire de Ron Stallworth.

    Ce policier afro-américain de Colorado Springs (John David Washington, le fils de Denzel ) avait infiltré le Ku Klux Klan avec un collègue juif Flip Zimmermann (Adam Driver) au début des années 70. Les deux compères (photo) font merveille dans cet opus entre polar, comédie et politique.

    Il se termine par la dénonciation des événements de Charlottesville, cette ville de Virginie secouée par des violences de groupuscules d'extrême droite le 12 août 2017. Il montre ce moment tragique où la voiture d'un suprémaciste blanc percute volontairement des militants antiracistes, provoquant la mort d'Heather Heyer, 32 ans.

    Coiffé d’un béret noir, Spike Lee qui ne se gêne pas dans son film pour dresser un parallèle entre David Duke et Donald Trump, lorsque le leader du Klan dit vouloir rendre sa grandeur à l’Amérique…, s'est de surcroît livré à une attaque en règle contre le président américain lors de sa conférence de presse.

    Réveiller les consciences, secouer les gens

    «La mort de Heather Heyer est un meurtre. Et nous avons un type à la Maison Blanche, je ne prononcerai même pas son nom, qui n'a pas osé dénoncer le Klan et ces salopards de nazis. On parle de démocratie, mais c’est de la foutaise dans un pays bâti sur l’esclavage. Et ces conneries ne se passent pas seulement aux Etats-Unis c’est partout dans le monde. On ne peut rester silencieux. J'appelle les gens à se réveiller. On a tendance à rester passif, Le monde va à l’envers, on marche sur les mains. Ce type à la Maison Blanche possède le code nucléaire. Il peut déclencher une guerre atomique… »

    «Il faut réécrire l’histoire avec ce film. Je suis porteur d’espoir» dit encore Spike Lee. «J’espère qu’il sera distribué dans le monde entier, dans des pays où sévit l’extrême-droite. J’espère éveiller les consciences, secouer les gens, créer une discussion autour du racisme».

  • Festival de Cannes: 21 films pour une Palme d'or. Du renouvellement et des valeurs sûres

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    festival_de_cannes_2018___cate_blanchett_sera_pr__sidente_du_jury_5537.jpeg_north_1200x_white.jpgStars devant et derrière la caméra, glamour et paillettes pour la 71e édition de la grand-messe de la pellicule qui débute le 8 mai. 21 films seront soumis au verdict du jury composé de quatre hommes et cinq femmes, dont la présidente Cate Blanchett, Léa Seydoux et Kristen Stewart.

    Ce cru 2018 mise sur le renouvellement générationnel, Godard et l’Asie. Place donc d’abord au changement avec l’Américain David Robert Mitchell (Under The Silver Lake), la Libanaise Nadine Labaki (Capharnaüm), l’Egyptien A. B. Shawki (Yomeddine), le Polonais Pawel Pawlikowski (Zimna Wojna), le Français Yann Gonzalez  (Un couteau dans le cœur) thriller érotique avec Vanessa Paradis et sa compatriote Eva Husson (Les filles du soleil),

    Cela n'empêche pas de grands noms de figurer parmi les prétendants à la Palme d'or qui sera décernée le 19 mai: l'inoxydable Jean-Luc Godard (Le livre d'images) pour la dixième fois sur la Croisette, Spike Lee (BlacKkKklansman), ou Ashgar Farhadi pour Everybody Knows, avec Penelope Cruz et Javier Bardem, qui ouvrira les festivités. L'homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam, devrait faire la fermeture.

    Mais le réalisateur américain voit la diffusion de son film au festival et sa sortie en salles menacées. C'est une affaire de droits d'auteur qui empoisonne l'ancien membre des Monty Python. On saura mercredi s’il pourra être montré a annoncé le juge qui a examiné lundi, à Paris, la demande du producteur Paulo Branco d'en interdire la projection.

    1496998750858_0570x0400_1496998769197.jpgLes Asiatiques débarquent en force avec les Japonais Hirokazu Kore-Eda, (Shoplifters) et Ryusuke Hamaguchi (Netemo Sametemo), le Chinois Jia Zhang-Ke (Ash is purest white), le Sud-Coréen Lee Chang-Dong (Burning). Stéphane Brizé (En guerre) et Christophe Honoré (Plaire, aimer et courir vite, (photo) complètent la sélection française, tandis que Mateo Garrone (Dogman) et Alice Rohrwacher (Lazzaro Felice) représenteront l’Italie.

    Le cinéaste dissident iranien Jafar Panahi (Three Faces) et le metteur en scène russe assigné à résidence à Moscou Kirill Serebrennikov (Leto) ont été invités à venir présenter leurs films. Mais ce dernier ne pourra pas faire le voyage. En ce qui concerne Panahi, il y aurait également peu d’espoir qu’il soit autorisé à quitter le territoire. 

    Les femmes très minoritaires 

    Contrairement au jury, les femmes restent très minoritaires. Trois seulement en lice pour 15 hommes, alors qu’on aurait pu en attendre davantage suite à l’affaire Weinstein. Refusant d’appliquer des quotas, le délégué général s’en est expliqué. "Il y a une différence entre les femmes cinéastes et la question #MeToo. il n'y aura jamais de discrimination positive pour elles."

    Star Wars et retour de Lars Von Trier

    La sélection officielle comporte divers volets. Hors compétition, on découvrira Solo: A star Wars Story qui revient sur la jeunesse de Han Solo. Déclaré persona non grata en 2011, Lars Von Trier réapparaît avec The House That Jack Built. En séance spéciale, Romain Goupil et Daniel Cohn-Bendit présentent La Traversée, une observation du quotidien des Français 50 ans après Mai 68.

    Un Certain Regard

    Complément de la compétition, Un Certain regard projettera une quinzaine de longs métrages, parmi lesquels le premier film syrien Mon tissu préféré de Gaya Jiji, évoquant une jeune célibataire issue d’une banlieue de Damas et rêvant d’une vie meilleure. On citera aussi A genoux les gars d’Antoine Desrosières, un opus cocréé avec ses actrices qui ont écrit le scénario et les dialogues. De la soumission vers l’émancipation, il raconte le voyage initiatique d’une ado musulmane.

    Des mesures qui font grincer quelques dents

    Les journalistes ne pourront plus voir les films en avant-première, mais en même temps que le public lors des projections officielles. Cela dans le but de redonner leur éclat aux soirées de gala, selon le délégué général Thierry Frémaux. Et non pas, a-t-il répété lors de sa conférence de presse cannoise, d'une mesure contre la presse. Par ailleurs après la polémique de l’an dernier, Netflix ne sera pas du raout. Terminés enfin les selfies sur tapis rouge. On est là pour voir des stars, pas pour imaginer en être...

    La dernière Quinzaine d’Edouard Waintrop

    waintrop-dscf7611_0.jpgIndépendante du festival, créée après les événements de Mai 68, la Quinzaine des réalisateurs fête ses 50 ans en compagnie d’un prestigieux invité, Martin Scorsese. Découvert avec Mean Streets en 1974, il se verra remettre un Carrosse d’or. Pour ce cru particulier, le délégué général Edouard Waintrop n’a pas lésiné en programmant 20 films. Avec toujours la volonté et l’audace de révéler des talents d’horizons divers.

    Cette année, les Sud-Américains sont à l’honneur mais ce sont les Français qui se taillent la part du lion, Six sont sélectionnés, dont le provocateur Gaspard Noé, avec l’énigmatique Climax. Deux comédies figurent par ailleurs au menu. En liberté! de Pierre Salvadori réunit Adèle Haenel dans la peau d’une inspectrice de police et Pio Marmaï dans celle d’un ex-bagnard. Pour leur part Isabelle Adjani et Vincent Cassel se retrouvent à l’affiche du polar Le monde est à toi, signé Romain Gavras.

    Rappelons que cette édition est la dernière d’Edouard Waintrop, en poste depuis 2012 et qui sera remplacé l’an prochain par l’Italien Paolo Moretti. « La direction de la Société des réalisateurs de films (SRF) m’a imposé sa décision et au début j’étais furax», nous dit-il. « Aujourd’hui je trouve ça très sain. Sept ans ça suffit. Avec tous les films français que j’ai refussés, je n’ai pas loin d’un millier d’ennemis ! Blague à part, j’ai toujours pu faire ce dont j’avais envie. C’est le plus important ».

    Edouard Waintrop reste directeur des Cinémas du Grütli, ce qui permettra aux Genevois de voir les films de la Quinzaine du 30 mai au 5 juin.
     
    La Semaine de la critique

    Née en 1962 et dédiée à une première ou deuxième oeuvre, la Semaine de la critique est la section parallèle la plus ancienne de Cannes. Elle propose une sélection de sept films en compétition. Parmi ceux-ci Paul Dano signe en ouverture avec Wildlife son premier film, une adaptation du roman éponyme de Richard Ford par sa compagne Zoe Kazan et lui-même. Il raconte l'histoire de Joe, un adolescent de 14 ans dans les années 1960, qui assiste impuissant à la lente dégradation des rapports entre son père et sa mère

    De son côté, la cinéaste suisse Anja Kofmel débute sur la Croisette derrière la caméra, avec Chris The Swiss. Entre documentaire en prises de vues réelles et narration animée en noir et blanc, elle nous emmène dans les années 90, au cœur d'une Croatie déchirée par le conflit yougoslave, sur les traces de son cousin Chris, jeune journaliste retrouvé assassiné dans de mystérieuses circonstances. 

    Le duo Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt met lui le ballon rond à l'honneur dans Diamantino. Ce premier long métrage portugais  imagine un célèbre footballeur qui devient l’objet de toutes les convoitises.

    Cannes, du 7 au 19 mai.