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29/05/2017

Festival de Cannes: "The Square" du Suédois Ruben Östlund décroche la Palme d'or. Le jury rate la cible

aaaaaapalme.jpgLe jury a joué la surprise en décernant une Palme d’or peu attendue. Elle récompense The Square, l’histoire d’un directeur de musée soutenant de grandes causes humanitaires et incitant les visiteurs à l'altruisme. Jusqu’au jour où il se fait voler son portefeuille et son téléphone portable.

Un film dont l’ironie grinçante à l'égard du monde de l'art et des nantis culmine dans une scène hallucinante avec un être monstrueux effrayant le bourgeois. Mais qui se délite au cours d'une intrigue qui traîne en longueur.

« C’est un film formidable et une équipe formidable. J’espère que nous pourrons travailler encore ensemble », a déclaré le cinéaste en recevant la récompense suprême des mains de l’actrice Juliette Binoche. Il a fait pousser un cri de bonheur à l’assistance selon une tradition suédoise.

A notre avis pourtant le jury a raté la cible, la Palme devant revenir à 120 battements par minute du Français Robin Campillo, un film choral fort, bouleversant, évoquant la lutte contre le sida dans les années 90. Une œuvre rare s‘adressant autant au cœur qu’à l’intelligence, unanimement plébiscitée sur la Croisette. Son auteur doit toutefois se contenter du Grand prix .

Pedro Almodovar et ses complices ont par ailleurs sous-estimé Faute d’amour du Russe Andrey Zvyagintsev en ne lui attribuant "que" le Prix du jury. Il méritait d’être tout en haut du palmarès avec sa critique d'une société déshumanisée, à travers la disparition de l'enfant d'un couple moscovite. Un film coup de poing, brutal, implacable, glaçant, servi par une superbe mise en scène.

Le prix spécial du 70e anniversaire du Festival de Cannes est allé à Nicole Kidman (absente), deux fois en compétition, Mise à mort du cerf sacré et les Proies. La réalisatrice de ce dernier, Sofia Coppola, (pas là non plus) décroche injustement le Prix de la mise en scène avec le remake inutile, bien trop lisse et d’un intérêt mineur, du roman éponyme de Thomas Cullinan. Don Siegel l'avait déjà adapté en 1971. Mais on ne retrouve rien du côté équivoque, dérangeant, vénéneux de l’original dans la version édulcorée de l'Américaine.  

aaaaaaaaaadk.jpgDiane Kruger est sacrée meilleure actrice pour son rôle dans In the Fade, de Fatih Akin. Elle se glisse avec talent dans la peau d'une mère dévastée par la mort de son fils et de son mari dans un attentat à la bombe. C'est sa première partition dans sa langue natale, l'allemand. C'est aussi l'une des deux seules comédiennes à porter un film de bout en bout.

Bon lui aussi, Joaquin Phoenix rafle le Prix d’interprétation masculine. Dans You Were Never Really Here, de la Britannique Lynne Ramsay, Imposant, barbu, il joue un personnage au mental fracassé par une série de traumas remontant à son enfance.

L'opus permet également à son auteure de remporter le Prix du scénario. Evoquant le voyage au bout des ténèbres d’un ex-soldat et agent du FBI engagé pour sauver une mineure du milieu de la prostitution, le métrage secoue mais on lui reprochera une trop grande complaisance dans de terrifiants éclats de violence.

En revanche avec Mise à mort du cerf sacré le Grec Yorgos Lanthimos usurpe complètement ce même prix ex-aequo. Il met en scène un chirurgien marié et père de deux enfants s’occupant d’un ado à problèmes. Un thriller bien barré en forme de comédie macabre.

Une compétition assez décevante

Pedro Almodovar doit être satisfait de ses jurés. Les deux films Netflix, Okja du Sud-Coréen Bong Jong-Ho et The Meyerewitz Stories de l’Américain Noah Baumbach, que la plateforme n’envisage pas de montrer en salle même en cas de Palme d’or, sont repartis bredouilles. Logiquement d’ailleurs, à l’image d’autres concurrents dans une compétition globalement assez décevante.

En-dehors de quelques grands moments, on ne peut en effet pas prétendre que cette 70e édition dont on attendait énormément, laissera un souvenir impérissable. Pourtant on était parti sur les chapeaux de roue avec Faute d’amour d'Andrey Zvyagintsev et 120 battements par minute de Robin Campillo.

La compétition s'est ensuite poursuivie en dents de scie, sans émerveillement. A l'image du palmé The Square, (on oubliera Les proies et le ridicule Mise à mort du cerf sacré), on trouvait Jupiter’s Moon du Hongrois Kornel Mandruczo. Un film fantastico-mystique où un jeune migrant blessé par balles se découvre un étrange pouvoir de lé vitation.

aaaaaaaaaaagarrel.jpgDans le ventre mou du concours, on a en revanche apprécié Le Redoutable de Michel Hazanavicius. Il a eu l’audace de s’attaquer au mythe Godard, légende vivante de la Nouvelle Vague, en crise existentialiste et cinématographique pendant et après Mai 68, suite à la mauvaise réception de La Chinoise. Une comédie jubilatoire et un Louis Garrel absolument irrésistible en JLG. Il n’a hélas pas convaincu le jury.

On aime bien également L'amant double de François Ozon, thriller érotique qui explore les tréfonds noirs et pervers de l'âme humaine, en mettant à nu Marine Vacth et Jérémie Renier. 

Good Time de Josh et Benny Safdie se situe dans une honnête moyenne. Un homme cherche à faire sortir de prison son frère arrêté au cours d’un braquage qui a mal tourné. Avec Robert Pattinson méconnaissable.

Il y a aussi Rodin de Jacques Doillon qui nous enferme pour un processus de création dans l’atelier du génial sculpteur. Une mise en scène plombante dans une ambiance pesante d’où ne ressort aucune passion. Bien que Vincent Lindon s’investisse corps et âme dans son rôle.

Mais la plus grande déception vient de Michael Haneke, candidat à une troisième Palme d’or avec Happy End. Il se livre à une sorte de recyclage de son œuvre, centrée sur le manque de communication entre les gens et leur indifférence au monde. Avec des comédiens quasiment en roue libre.

aaaaaaaaabinoche.jpgDe petites perles dans les sections parallèles

Bien qu’elle en constitue la colonne vertébrale, le Festival ne se limite pas à la compétition. A retenir trois films qui nous ont beaucoup plu. Dont deux dans la section Un Certain Regard: Barbara de Mathieu Amalric, qui veut ressusciter la célèbre chanteuse formidablement incarnée par Jeanne Balibar. Ainsi que L’atelier de Laurent Cantet

Le cinéaste propose l’histoire d’un groupe d’adolescents sélectionnés pour participer le temps d’un été à l’atelier d’un écrivain, Olivia, romancière à succès. Pour ces jeunes, l’objectif est d‘écrire un récit basé sur leurs propres vies et leur quotidien.Certains jouent le jeu d’autres moins.,

A La Quinzaine des Réalisateurs, Claire Denis séduit avec Un beau soleil intérieur, un scénario coécrit avec Christine Angot, qui signe également les dialogues. La réalisatrice se penche sur les affres d’Isabelle, peintre quinquagénaire divorcée et mère d’une petite fille, en quête désespérée du véritable amour. Juliette Binoche y est particulièrement belle et sexy. 

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26/05/2017

Festival de Cannes: «L'amant double», le thriller érotique de François Ozon

aaaaaaamant.jpgUne coupe de cheveux, une visite gynécologique, une plongée dans un vagin qui palpite… Le ton est donné pour L’amant double de François Ozon. Auteur prolixe, ce grand habitué de la Croisette, qui s'alignait une troisième fois dans la course à la Palme d'or, est encore reparti bredouille. Le jury est resté insensible au charme de la belle Marine Vacth. Quatre ans après Jeune et jolie, elle interprète Chloé, une femme fragile et dépressive. Tourmentée par des maux de ventre, elle décide d’entreprendre une psychothérapie et ne tarde pas à tomber amoureuse de son psy Paul, incarné par l'acteur belge Jérémie Renier.

Quelques mois plus tard les amants s'installent ensemble. En rangeant des cartons, Chloé met par hasard la main sur un passeport dont la photo ressemble furieusement à Paul et pense qu’il lui cache des choses. Le voyant parler avec une femme, elle imagine qu’il la trompe jusqu’àu moment où elle découvre qu’il a un frère jumeau, Louis, également psychiatre avec qui il est brouillé depuis dix ans…

Prenant rendez-vous avec lui sous un faux nom, elle devient sa maîtresse. Pensant à l’un lorsqu’elle est avec l’autre au cours de scènes torrides, elle est déchirée entre deux personnages physiquement identiques aux personnalités antagonistes.

L’auteur met ses protagonistes à nu

François Ozon n’hésite pas à mettre ses protagonistes à nu, au propre et au figuré dans son vingtième long métrage, un thriller érotique stylisé, à l’image clinique presque chirurgicale, construit de manière architecturale avec des effets de miroirs. Explorant les tréfonds noirs et pervers de l’âme humaine à travers des personnages redoutablement névrosés, ce fan de Hitchcock, s’est inspiré d’un polar noir paru en 1987, de Joyce Carol Oates, alias Rosamond Smith, The Lives of The Twins (L’amour en double en français).

«J’étais d’autant plus séduit par l’intrigue qu’elle avait utilisé un pseudonyme pour l’écrire. Il y a déjà là l’idée du double », déclare l’auteur. «J’en ai toutefois réalisé une adaptation assez libre, en inventant par exemple une fin inexistante dans le livre, en changeant la profession de la fille qui passe de mannequin à gardienne de musée chez moi. Et bien sûr je l’ai transposé en France».

Pourquoi cette folie du double dans un thriller à tendance gore?

Nous sommes tous différents selon qui nous fait face, nous avons des identités multiples. Cela contribue à la richesse d’une personnalité Dans mes goûts je suis très éclectique. Ce qui m’intéresse dans un film c’et la narration et la façon de lui trouver une forme adéquate. J’adapte mon récit au sujet que je traite. Par exemple dans Frantz, mon film précédent, je suis beaucoup plus classique. Là j’avais envie de jouer avec le film d’horreur et ses codes. Evoquer le suspense, la manipulation. Créer une tension permanente, un effroi, un malaise. J’ai essayé de retrouver cette angoisse qu’on aime. C‘est une sorte de catharsis. On se fait peur, comme les enfants.

Vous allez loin dans les fantasmes de votre héroïne

Cette histoire m’y pousse. Elle a des rêves de meurtre. Les fantasmes et les rêves révèlent la vérité des gens. Cela permet de mieux les cerner. On pense que le mal vient de l’extérieur En réalité il est en nous.

Vous avez choisi de retravailler avec Marine Vacht. Votre nouvelle muse?

Je me suis très bien entendu avec elle. Pour Jeune et jolie, je l’ai filmée un peu comme dans un documentaire. Depuis elle est devenue une vraie comédienne. En quatre ans, je l’ai vu grandir avec d’autres cinéastes. Dans L’amant double, elle montre ses talents d’actrice. C’est une fille très équilibrée, très mûre pour son âge.

En ce qui concerne Jérémie Renier, c’est la troisième fois que vous collaborez après Potiche et Les amants criminels. Était-ce difficile pour lui d’endosser ce rôle délicat de personnalités identiques et antagonistes.

Oui, c’est compliqué, mais tous les acteurs rêvent de jouer des jumeaux. Jérémie état ravi, mais également anxieux de savoir s’il serait aussi bon dans les deux caractères. Sa nature le porte en effet plutôt vers le personnage de Paul, l’élément gentil que vers celui de Louis, son exact contraire. En même temps, il a sa part d’ombre. Comme tout le monde.

Et qu’en est-il de la vôtre? Où la dissimulez-vous?

Dans mes films. La gémellité, c’est fascinant, mais c’est également angoissant d’être face à un miroir. Je me supporte déjà difficilement en simple exemplaire. Alors en double, vous imaginez...

  1. A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 31 mai.

 

 

 

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18/05/2017

Festival de Cannes: pour Pedro Almodovar, la Palme d'or doit sortir en salles

aaaaaapedro.jpgAlors qu’Emmanuel Macron et Donald Trump font leur possible pour lui voler la vedette, le Festival de Cannes déroule imperturbablement son tapis rouge où se bousculaient déjà les stars à l’ouverture de cette 70e édition.

A commencer par le président du jury Pedro Almodovar et ses huit camarades, à qui échoit la redoutable tâche de décerner la Palme d’or à l’un des dix-neuf concurrents. Invité à dire ce que représente pour lui le festival en conférence de presse, le bouillant Espagnol n’a pas tardé à annoncer la couleur.

Après avoir rappelé qu’il fréquentait la grand-messe cannoise depuis 1982 «une fête et une célébration du cinéma d’auteur», il a déclaré, en référence à la polémique Netflix, ne pas concevoir qu’une Palme d’or ou un autre prix soient remis à un film ne pouvant être vu en salles. Alors que la plateforme américaine prévoit le contraire en ce qui concerne The Meyerowitz Stories de l’Américain Noah Baumbach et Okja du Sud-Coréen Bong-Joon-Ho.

«Cela ne signifie pas que je ne sois pas ouvert aux nouvelles technologies ou à ce qu’elles apportent », a-t-il ajouté. «Mais ce qui est déterminant quand on voit un film pour la première fois, c’est la taille de l’écran. Elle ne soit pas être plus petite que votre chaise».

Pour le reste, Pedro Almodovar a insisté sur sa chance unique d’avoir été choisi. A l’image de ses co-jurés, les Américains Jessica Chastain et Will Smith, la Chinoise Fan Bingbing, le Sud-Coréen Park Chang-Wook, l’Allemande Maren Ade, l’Italien Paolo Sorrentino, les Français Agnès Jaoui et Gabriel Yared.

En revanche ils ne partagent pas forcément la position radicale de leur président à propos de Netflix, plus particulièrement Agnès Jaoui, relativement nuancée toutefois, et Will Smith qui a lui complètement pris la défense du géant du streaming. Ce qui n'est pas très étonnant, dans la mesure où il produira son prochain film. 

Mais ils se retrouvent tous pour se réjouir de voir des films qui leur ouvriront l’esprit et le coeur, de vivre une extraordinaire expérience, d’apprendre, de juger sans idée préconçue, de découvrir le cinéma de demain. Will Smith, encore lui, s’est montré d’humeur comiquement batailleuse dans l’interview précédent la conférence de presse. «J’atttends de pouvoir taper sur la table et affirmer que je ne suis pas d’accord. Faire un scandale au cours des débats… »

aaaaaaafantomes.jpgUn casting cinq étoiles pour Les fantômes d’Ismaël

Des stars, il y en avait aussi dans Les fantômes d’Ismaël, le film d’ouverture du Français Arnaud Despleschin réunissant Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg, Alice Rohrwacher, Mathieu Amalric, Louis Garrel (le cheveu rasé, nuisant un poil si j’ose dire en l’occurrence à son charme) et Hippolyte Girardot.

Une histoire assez folle où le réalisateur, ne cachant pas non plus son bonheur, sa gratitude, son émotion d’en être, de surcroît sans le stress du verdict final, balade le spectateur dans les méandres d’intrigues sur fond d’espionnage.

Tandis qu’un diplomate traverse le monde sans rien y comprendre, un réalisateur traverse son existence sans rien y piger non plus. Despleschin fracasse des fragments d’histoires pour faire naître de ces éclats une femme aimée, le souvenir d’une femme aimée revenue d’entre les morts et une diablotine. Un film dont le message, pour son auteur, tient avant tout dans l’avant- dernière réplique de Charlotte Gainsbourg. «La vie m’est arrivée».

C’est aussi la première rencontre cinématographique entre cette dernière et Marion Cotillard. Elle s’est révélée évidente et simple sur le plateau. Cette collaboration correspond par ailleurs au souhait de Marion. «J’ai eu la chance de tourner avec de grands acteurs, mais j’adorerais jouer davantage avec des femmes. J’ai une passion pour les actrices et c’est merveilleux de partager cette expérience avec Charlotte ».

Une double satisfaction pour le cinéaste qui avait envie de travailler avec Charlotte depuis «L’effrontée», tout en admirant la capacité de Marion à créer du mythe et à s’en débarrasser.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 17 mai.

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14/04/2017

Festival de Cannes: Une 70e édition avec des records pour Michael Haneke et Nicole Kidman

aaaacannnes.jpgLe voile est levé sur la 70e édition du Festival de Cannes. Un cru 2017 moins dominé que d’ordinaire par les valeurs sûres. Un millésime à coloration politique par ailleurs, un «moment suspendu» entre la présidentielle et les législatives, comme l’a rappelé le président Pierre Lescure lors de la conférence de presse, avant que le délégué général Thierry Frémeaux déroule la liste des films retenus.

Le comité de sélection en a visionné 1930 pour en choisir 49. En compétition, 18 seront soumis au jugement du président Pedro Almodovar et de ses futurs complices. 16 figurent dans Un certain regard, les autres se répartissant hors compétition, dans les séances spéciales et de minuit.

On compte en tout 29 pays, 9 premiers films et 12 réalisatrices dont trois, l’Américaine Sofia Coppola (Les Proies), la Japonaise Naomi Kawase (Radiance) et la Britannique Lynne Ramsay (You Were Never Really Here) prétendent à la Palme d’or. A cet égard, l’Autrichien Michael Haneke, qui détient le record de sept sélections, tentera d’en établir un autre en remportant un troisième trophée avec Happy End. Au générique de quatre productions, Nicole Kidman rafle celui de l’ubicuité…

Les Français très bien lotis

Alors qu’Arnaud Depleschin assurera l’ouverture avec Les fantômes d’Ismaël Les Français sont particulièrement bien représentés dans la course à la médaille avec François Ozon et son thriller L’amant double, Jacques Doillon (Rodin), Michel Hazanavicius (Le redoutable, autour de Jean-Luc Godard) et le petit nouveau Robin Campillo (120 battements par minutes, chronique du sida à travers l’organisation ActUp).

Du sang neuf également chez les Américains avec Noah Baumbach (The Meyerowitz Stories), les frères Benny et Josh Safdie (Good Time). Ils feront face au vétéran Todd Haynes (Wonderstruck). En concours pour la première fois aussi le Coréen Bong Joon-ho (Okja), tandis que son compatriote Hong Sangsoo propose The Day after.

On trouve ensuite deux Russes, Serguei Loznitsa (A Gentle Creature) et Andreï Zviagintsev (Loveless), le Grec Yorgos Lanthimos (Mise à mort du cerf sacré), le Hongrois Kornel Mundruczo (Jupiter’s Moon), le turco-allemand Fatih Akin (In The Fade).

Les stars devant la caméra

Du beau monde derrière, mais aussi devant la caméra. On citera pêle-mêle Robert Pattinson chez les frères Safdie, Joaquin Phoenix chez Lynne Ramsey, Isabelle Huppert chez Haneke, Vincent Lindon chez Doillon, Louis Garrel chez Hazanavicius, Jérémie Renier chez Ozon.

Sans oublier Nicole Kidman, déjà citée ci-dessus. On la retrouve en concours chez Sofia Coppola et Lanthimos, hors compétition chez John Cameron (How to Talk to Gilrs at Parties) et dans la deuxième saison de Top of The Lake la série télévisée de Jane Campion dans son intégralité. De son côté, David Lynch débarquera avec deux épisodes de la saison 3 de Twin Peaks. Des projections en séances spéciales. 

Dans cette section on pourra en outre découvrir des documentaires engagés. A l’image de Napalm de Claude Lanzman, An Inconvenient Sequel de Bonni Cohen et Jon Shenk, ou encore 12 jours de Raymond Depardon. Un mot sur Kristen Stewart qui montre son premier court métrage (come Swim) et Chair et sable d’Alejandro Inarritu, un film en réalité virtuelle de 7 minutes, proposé pour la première fois.

On aura l'occasion de parler plus tard de La quinzaine des réalisateurs et de La semaine de la critique, deux volets importants de cette 70è édition, où Monica Bellucci jouera la maîtresse de cérémonie pour l'ouverture et la clôture du festival, qui se terminera par la projection de la Palme d'or.

Festival de Cannes du 17 au 28 mai.

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23/05/2016

Festival de Cannes: le militant Ken Loach remporte la Palme d'or avec "Moi, Daniel Blake"

akenloach.jpgAlors que la critique unanime plébiscitait Toni Erdman, sa réalisatrice allemande Maren Ade est repartie les mains vides. Le jury présidé par George Miller a décerné la Palme d’or à Ken Loach pour Moi, Daniel Blake. Une deuxième après celle obtenue avec Le vent se lève en 2006.

Un choix convenu qui n’étonne pas pour ce film militant. Beau, émouvant mais peu novateur, il se penche à son habitude sur la misère sociale, en suivant un menuisier chômeur et son parcours kafkaïen dans les arcanes de l’administration, pour obtenir l’aide sociale. Un choix politique qui se retrouve dans d’autres films primés.

Dans son discours de remerciement, le réalisateur qui va fêter ses 80 printemps a notamment dit: "Ce monde dans lequel nous vivons se trouve dans une situation dangereuse.  Nous sommes à l‘orée d’un projet d’austérité conduit par des idées néolibérales qui risquent de nous mener à la catastrophe". Un autre monde est possible et même nécesssaire, a ajouté le cinéaste en mettant en garde contre le retour de l'extrême-droite.


dolan.jpgLes larmes de Xavier Dolan

Le Grand prix du jury est lui revenu à Xavier Dolan pour Juste la fin du monde, adapté d’une pièce de Jean-Luc Lagarce, mort du sida en 1995. Un jeune auteur à succès revient dans sa famille après 12 ans d’absence pour annoncer à ses proches qu’il va mourir.

Aussi ému qu’il y a deux ans, l’enfant chéri de Cannes qui espérait sans doute toucher cette fois le Graal s’est laissé aller à verser quelques larmes. "Tout ce qu’on fait dans la vie, on le fait pour être aimé, pour être accepté. Toute ma vie je tournerai des films, aimé ou  non", a-il déclaré.

Des prix d’interprétation dans le ton de la Palme

Oubliant les Kristen Stewart, Isabelle Huppert, Marion Cotillard ou autres stars, le jury, restant dans le ton de la Palme, a choisi de donner son prix d’interprétation féminine à la Philippine Jaclin Jose, héroïne de Ma’Rosa de Brillante Mendoza. Mère de quatre enfants dans un quartier pauvre, elle est arrêtée par des policiers corrompus pour la revente de narcotiques divers.

bhosseini.jpgPareil en ce qui concerne les garçons, alors qu'on imaginait Fabrice Luchini, Gaspard Ulliel, Shia LaBeouf, voire Adam Driver dans le rôle du meilleur acteur. Eh  bien c’est l’Iranien Shabah Hosseini qui a décroché la timbale dans Le client. Et son réalisateur a fait coup double en raflant le prix du scénario, en montrant un couple qui tente de retrouver une vie normale, après une agression subie par la jeune femme.

Le prix du jury est allé à la Britannique Andrea Arnold pour l’électrique American Honey, brillant mais qui aurait gagné à être raccourci. Star, une adolescente quitte sa famille et rejoint une équipe qui fait du porte à porte en vendant des magazines.

Enfin deux cinéastes se partagent ex-aequo le prix de la mise en sène , le Français Olivier Assayas avec Personal Shopper et le Roumain Cristian Mungiu avec Baccalauréat. Chez le premier Kristen Stewart fait les courses pour une vedette en attendant que se manifeste l’esprit de son frère récemment décédé. Le second se penche sur la corruption en Roumanie à travers les petites magouilles d’un médecin pour aider sa fille.

Une excellente édition 2016

Les  choix du jury sont évidemment déjà encensés ou décriés à mort.  Les réseaux sociaux s’en donnent en tout cas à  cœur joie dans un sens ou dans l’autre. Reste que dans cette compétition d’un excellent niveau, nettement plus élevé que celle de l’an dernier, il était difficile de dégager une incontestable Palme d’or, comme ce fut par exemple le cas il  a trois ans avec La vie d’Adèle.

Prouvant une vitalité du cinéma qui s’est manifestée dans les sections parallèles, de nombreux concurrents pouvaient ainsi y prétendre. Outre Toni Erdmann, de Maren Ade, on pense à Elle de Paul Verhoeven, au sensuel Mademoiselle de Park Chan-Wook,  à l’irrésistible Ma Loute de Bruno Dumont , au radical Rester vertical d’Alain Guiraudie, à Paterson de Jim Jarmush. Et si Pedro Allmodovar (Julieta) ou Les frères Dardenne (La fille inconnue) étaient un poil en-dessous, il  n’y a eu qu’un seul véritable couac, le grotesque The Last Face de Sean Penn unanimement considéré comme le pire film du festival.

acamdiv.jpgDivines remporte la caméra d’or

Ce prix réservé à un premier film toutes sections confondues est allé à Divines de la Franco-Marocaine Houda Benyamina proposé à la Quinzaine des réalisateurs. Ce qui a poussé son auteur survolté à se lancer dans un show féministe peu banal, tout en remerciant le délégué général de la Quinzaine Edouard Waintrop qui l’a sélectionnée d’un "Je te dis Waintrop, t’as du clito!"

Jean-Pierre Léaud à l'honneur

On gardera pour la fin la Palme d'or d'honneur décernée à Jean-Pierre Léaud "né à Cannes en 1959", où il était venu pour la première fois avec Les quatre cents coups de François Truffaut. Cet acteur qui a tout donné au cinéma et à qui le public a réservé une longue standing ovation, était cette année à l'affiche de La Mort de Louis XIV. Un remarquable opus présenté hors compétition, mais qui aurait dû y être.

 

 

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22/05/2016

Festival de Cannes: "Toni Erdmann" de l'Allemande Maren Ade a fait craquer les critiques, tous pays confondus

erdmann.jpegDepuis sa projection, dans les premiers jours du festival, Toni Erdmann de l’Allemande Maren Ade est le grand favori de la critique, tous pays confondus. Et si sa réalisatrice gagnait la Palme d’or, pour cet opus formidablement interprété par Sandra Hüller et Peter Simonischek, ce serait la première fois qu’une femme la remporterait sans avoir à la partager.
 
Cette comédie évoque l’intrusion d’un père, le farceur Winfried, alias Toni Erdmann, dans la vie très réglée de sa fille Inès. Femme d’affaires psychorigide de 37 ans travaillant dans une grande société allemande basée à Bucarest, sacrifiant tout à son boulot, elle ne supporte pas le moindre désordre.
 
Autant dire que la working girl toujours impeccable dans ses tailleurs stricts, apprécie très moyennement la visite de ce paternel sexagénaire encombrant, adepte de coussins péteurs, prof de musique et clown dans des maisons de retraite. Et qui de surcroît déboule dans son univers de cols blancs affublé d’une horrible perruque et d’un dégoûtant dentier. Elle en a honte et le courant passe mal entre eux.  
 
Toni prétend alors repartir pour l’Allemagne, mais en réalité il s’incruste et squatte des cocktails où se rend sa fille. Se prétendant consultant, à tu et à toi avec les grands de ce petit monde capitaliste, il donne la mesure de ses talents de guignol en multipliant les blagues douteuses, lourdes et ringardes. Non seulement ça marche, mais il exerce une curieuse fascination sur ceux qu’il mystifie. 
 
Maren Ade se sert de ce bouffon déchaîné pour livrer une farce grinçante, très originale, mêlant à la satire sociale où elle se moque du pouvoir et de ses jeux vulgaires, un émouvant rapport père-fille. Elle imagine aussi des scènes irrésistibles. Dont celle déjà culte d’un brunch censé ressouder l’équipe d'Inès et où tout le monde doit arriver complètement nu. En dépit de toutes ses qualités faisant souffler un vent de renouveau sur le cinéma allemand  on reprochera à Maren Ade une tendance à la répétition, allongeant inutilement la durée de son film.  
 
 

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20/05/2016

Festival de Cannes: Xavier Dolan bouleverse et exaspère dans "Juste la fin du monde"

aulliel.jpgIl était espéré comme le Messie par des festivaliers agglutinés dans de monstrueuses files d'attente. Et pourtant, l'accueil fut relativement mitigé pour le réalisateur québecois qui, après avoir décroché il y a deux ans un prix du jury avec Mommy, revenait présenter en compétition Juste la fin du monde, adapté d’une pièce de Jean-Luc Lagarce dont il apprécie la beauté du texte et de la langue. Jeune auteur à succès, homosexuel intello plein de douceur, Louis (Gaspard Ulliel excellent) n’a pas revu sa mère, sa sœur et son frère depuis 12 ans.

Malade, il revient chez les siens pour leur annoncer sa mort prochaine. Et ne cessera de chercher le bon moment pour le faire. Mais il recule à chaque fois devant l’extrême tension que sa visite provoque, face à ces gens qui l’accablent de leur amertume, de leur rancœur. De leur amour aussi

On reconnaît une mise en scène virtuose privilégiant abondamment les gros plans à ce huis-clos théâtral familial asphyxiant, à la fois bouleversant et exaspérant. Où tout le monde a envie de déballer ce qu’il a sur le cœur, mais où chacun crie, s’engueule, balance des vannes pour éviter, dans une fuite en avant logorrhéique, de parler de l’essentiel,. A savoir de la raison du retour de Louis qui les tourmente.

Outre Gaspard Ullliel, quatre autres stars françaises portent le film. Moins bien que lui toutefois. Nathalie Baye (sa mère Martine), perruque noire et maquillage outrancier et Vincent Cassel (son frère Antoine) en font des tonnes dans une hystérie galopante. Sa Lea Seydoux (sa sœur Suzanne qu’il n’a pas vu grandir) n’est pas moins irritante. Heureusement qu’il y a Marion Cotillard (sa belle-sœur Catherine que Louis ne connaissait pas). Dans ses hésitations, son bégaiement, sa gentillesse et sa compassion à l’égard de Louis dont elle a tout de suite compris le secret, on l’a rarement vue aussi bonne et aussi différente.

"C'est mon meilleur film"

Comment le jury va-t-il réagir? Mystère évidemment. Mais il devrait, sinon donner la palme à Xavier Dolan, au moins le faire figurer au palmarès, L’intéressé est un peu blessé par les critiques négatives, mais pour lui c’est le jeu et il n’est pas inquiet. "Je suis heureux d'être à Cannes, fier de mon fil. J’estime que c’est mon meilleur", avoue-t-il à la conférence de presse. De leur côté, ses comédiens ne tarissent pas d’éloges sur leur réalisateur, s’accordant à évoquer une rencontre passionnante avec un homme hors norme, proche d’eux, les mettant sous un microscope, jouant avec eux, donnant tout, essayant de capter le moindre souffle.

Xavier Dolan est très sensible à la prolixité des personnages qui parlent de tout sauf de ce qu’ils savent. "Louis réagit à la nervosité, à l’ambiance. On s’évade à travers lui, grâce aux regards échangés avec Catherine. Il est en escapade perpétuelle dans une maison où sa famille le noie sous les reproches. Le plus attrayant, c’est son côté désagréable. Dans la vie on pleure, on explose, on ment. Je suis content d’avoir pu travailler avec des acteurs que j’admire pour exprimer cette imperfection humaine".

Le réalisateur s’explique aussi sur l’utilisation es bros plan quasi constants. "Pour moi, c’était une nécessité de me rapprocher des visages qui reflètent la tension. L’histoire passe par les silences, les regards, le moindre mouvement d’une bouche exprimant tout ce qui n’est pas dit".

 

 

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18/05/2016

Festival de Cannes: Almodovar, Assayas et les Dardenne entre culpabilité et chagrin

almodov.jpgMalmené dans son pays pour son dernier film, Pedro Almodovar, par ailleurs empêtré dans le scandale de Panama Papers, est venu se rassurer Cannes, où Julieta a au contraire provoqué l’enthousiasme de la critique. De quoi espérer enfin une Palme d’or pour sa cinquième sélection en compétition, après avoir reçu en 1999 le prix de la mise en scène pour Tout sur ma mère et, en 2006, celui du scénario pour Volver, plus un prix collectif d'interprétation féminine? 

Pas sûr pourtant que cela suffise à convaincre le jury. Julieta reste en-deça des meilleurs films de l’Espagnol, même si on aime ce portrait de mère en souffrance, brisée par l’absence de sa fille Antia qu’elle n’a pas vue depuis des années. Alors qu’elle a décidé de quitter Madrid, Julieta (Emma Suarez), la belle cinquantaine, professeur de grec passionnée par la mythologie, tombe par hasard sur Bea, l’amie d’enfance d’Antia qui lui dit l’avoir croisée quelques jours auparavant

Sous le choc, la mère change ses projets et, dans l’espoir, l’obsession de retrouver Antia, lui écrit ce qu’elle a gardé secret depuis toujours. Dès lors Pedro Almodovar déroule son film en flash-back, avec une Julieta jeune (Adrina Ugarte) en butte à une série de catastrophes, dont la mort de l’homme qu’elle aime.

Excellentes, les deux comédiennes qui tournaient pour la première fois sous la direction de Pedro Almodovar, font la force du film évoquant l’inéluctabilité de la perte des êtres chers. Traversé par un fort sentiment de culpabilité, il allie thriller psychologique, mélodrame et roman-photo.

akristen.jpgOlivier Assayas hué

Si Pedro Almodovar a été bien applaudi lors de la projection de presse, ce n’est pas le cas d’Olivier Assayas, copieusement hué pour Personal Shopper, avec Kristen Stewart. Pourquoi tant de haine à l’égard de cette histoire de fantômes? On est certes un rien réservé, mais d’ici à parler de «naufrage embarrassant»!

D’autant que la jolie Américaine se révèle parfaite dans le rôle de Maureen. Installée à Paris, elle est chargée de la garde-robe d’une star, trop occupée pour faire des courses elle-même chez les bijoutiers et grands couturiers, prétexte à un petit défilé de arques…Par ailleurs medium, c’est le nœud de l’intrigue, Maureen cherche à communiquer avec Lewis, son frère jumeau décédé récemment d’une crise cardiaque. et dont elle dit sentir la présence

Olivier Assayas, surfant sur l’usage abusif du portable à coups de textos anonymes et nous emmenant dans des maisons hantées parle, à l’instar d’Almodovar, du chagrin éprouvé quand les êtres aimés nous quittent. Maureen est inconsolable dans ce thriller fantastique qui tient de l’exercice de style assumé mais un poil ennuyeux.

adelehae.jpgLes Dardenne mollement accueillis

Si une première palme n’est pas promise à Pedro Almodovar, ce n’est pas non plus dans la poche pour les frères Dardenne, qui eux visent le triplé avec La fille inconnue. Pas accueilli d’une façon aussi hostile que Personal Shopper, il n'a malgré tout eu droit qu'à des applaudissements mous. Accompagnés de quelques sifflets et de tweets peu charitables. Exaspérant, plat, fable trop prévisible, en demi-teinte…

Certes ce n’est pas du tout grand Dardenne, mais là encore le jugement est bien sévère pour l’histoire de Jenny, jeune médecin rongé par le remord pour avoir refusé d’ouvrir la porte de son cabinet à une jeune fille, retrouvée morte le lendemain matin. Apprenant de surcroît que la police ignore son identité, elle va tenter, toute seule, de la trouver.

Jusqu’alors centré sur les gestes et le quotidien d’un médecin généraliste chargé de former un stagiaire, le film qui livre, à l’instar de Pedro Almodovar une réflexion sur la culpabilité, bifurque vers une enquête policière qui n’est pas d’un intérêt majeur Reste que s’il laisse un peu sur sa faim, le dernier-né des Belges est porté par une Adèle Haenel remarquable enlevant le morceau par son jeu à la fois simple sobre, naturel et intense.

Julieta de Pedro Almodovar à l'affiche dans les salles de suisse romande dès mercredi 18 mai.

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16/05/2016

Festival de Cannes: "Ma vie de courgette" fait pleurer la Croisette

courgette.jpgA la Quinzaine des réalisateurs, on a sorti les mouchoirs en voyant les bouleversantes aventures de Courgette. Un curieux nom de légume sous lequel se cache Icare, un petit garçon de 9 ans qui, depuis que son père est parti avec une  "poule", vit seul avec sa mère alcoolique.

Elle lui flanque régulièrement de sacrées raclées. Un jour il la tue accidentellement pour échapper aux coups. Alors Raymond, le sympathique et compatissant policier qui s’occupe de son cas, l’emmène dans un foyer.

Réalisé par le Valaisan Claude Barras sur un scénario de Céline Sciamma, Ma Vie de courgette est inspiré du roman de Gilles Paris, Autobiographie d'une courgette. Il raconte donc la vie d’Icare qu’il faudra désormais appeler Courgette, le sobriquet auquel il s’accroche. C'est ce qui lui reste de sa mère qui le lui avait donné.

A l’orphelinat ressemblant à une colonie de vacances, le gamin qui se croit seul au monde rencontre la petite bande de Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice. Ils ont chacun leur histoire. Toutes sont aussi tristes de Courgette. Et pourraient être réelles. 

Découverte de l'amitié et de la solidarité

Au début, ce n’est pas simple de se faire accepter. Mais peu à ils vont s’apprivoiser et réussiront ensemble à retrouver une joie de vivre en découvrant l’amitié et la solidarité. Surtout avec l’arrivée de l’adorable Camille, dont Courgette tombe amoureux et qu’il sauvera des griffes de sa sorcière de tante.

Claude Barras déclare avoir eu un coup de foudre en lisant le roman de Gilles Paris, qui lui a rappelé ses premiers émois de spectateurs devant des films comme Rémi sans famille, Belle et Sébastien, Heidi ou Bambi. Ce film est surtout pour lui un hommage à tous les enfants maltraités qui tentent de survivre à leurs blessures.

Si l’émotion domine, on rit également dans ce film en stop-motion qui ne tombe jamais dans le pathos, le larmoyant, les bons sentiments à la louche qu’on aurait pu craindre avec un tel sujet. Et on admire les prouesses techniques. Les personnages qui parlent avec de vraies voix d’enfants, sont des figurines aux grands yeux ronds animées image par image. Le film a ainsi nécessité dix-huit mois de tournage, une centaine de techniciens et un budget de six millions d’euros.

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Festival de Cannes "Mademoiselle" un thriller romantico-érotique titille la Croisette

amademoiselle.jpegIl avait fait une entrée tonitruante en compétition en 2004 avec Old Boy en raflant le Grand prix du jury. Cinq ans plus tard Thirst, ceci est mon sang lui permettait de remporter celui du jury. Pour la troisième fois, le Sud-Coren Park Chan-Wook vise la Palme d’or avec Mademoiselle. Une adaptation libre d’un roman britannique, transposé de l’Angleterre victorienne en Corée dans les années 30, pendant la colonisation nippone.

Une jeune femme (Sookee) est engagée comme servante d’une riche japonaise (Hideko), vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle érotomane et tyrannique. Mais Sookee dissimule la noirceur de son âme sous son visage d'ange. Aidée d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, elle concocte un autre plan pour Hideko, peut-être pas aussi ingénue et naïve qu’elle en a l’air…

Mise en scène, cadrages, photographie tout est magnifique dans ce drame en costumes. Sublimé par l’affolante beauté des deux comédiennes Kim Min-Hee et Kim Tae-Ri qui s’exposent dans leur somptueuse nudité lors d’une scène d’amour d’un raffinement extrême.

Trop sans doute pour les fans du Park Chan-Wook violent et transgressif, qui regretteront de le voir assagi, même s’il n'hésite pas à couper sadiquement quelques doigts. On peut également lui reprocher une volonté très démonstrative dans une deuxième partie frisant le didactisme à travers un autre point de vue, comme pour être certain qu’il s’est bien fait comprendre

Mais peu importe. On est emballé par ce thriller romantico-sensuelo-érotique à rebondissements surprenants, ce suspense d’inspiration hitchcockienne ne manquant par ailleurs pas d’humour, sur fond d’arnaqueurs arnaqués, de jeu de dupes, de manipulations, de faux semblants et autres identités trompeuses.

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