Google Analytics

30/10/2012

Sortie cinéma: James Bond, la résurrection dans "Skyfall"

20264212.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgPour ses cinquante ans à l’écran, une chose est sûre. Si le dernier James Bond se plantait au box office, ce qui ne sera en principe pas le cas vu qu’il a déjà établi un record en Grande-Bretagne pour son premier week-end d’exploitation, il pourra au moins se targuer d’un tabac chez les critiques. A quelques exceptions près, on a rarement vu un tel engouement pour un film grand public. Au point qu’il passe souvent pour le meilleur de la célèbre saga.
 
Alors certes cette 23e aventure un rien crépusculaire du plus fameux agent de Sa Majesté britannique, signé Sam Mendes, est plutôt pas mal. L’auteur d'’American Beauty et du récent Noces rebelles, nous propose un Daniel Craig vieilli, à la barbe de trois jours, cabossé par la vie mais toujours aussi costaud et avide d’en découdre, face à un inattendu Javier Bardem dans le rôle du méchant. 

Il y a une bonne mise en scène, de belles images, de l’action, quelques cascades vertigineuses, un brin d’humour, un mélange entre high tech et archaïsme, sans oublier la chanson d’Adele pour enrober l’affaire. En gros des moments qui décoiffent. Mais d’ici à délirer et à en faire un chef d’œuvre…

Revenons au pitch. Echouant dans sa tentative de reprendre des mains d’un mystérieux individu, doté de capacités exceptionnelles, une liste informatique contenant les coordonnées secrètes des principaux agents britanniques disséminés dans le monde (on voit le désastre planétaire), 007 est abattu. Et sombre dans des eaux tumultueuses après une folle course poursuite dans les rues d’Istanbul et sur les toits de son bazar.

Un vilain d’opérette doublé d’un bouffon psychopathe

Mais cette mort précoce n’est qu’illusion. Tel Moïse sauvé de l’onde, voici le grand James ressuscité pour accomplir sa mission, consistant notamment à tirer M des griffes d’un hacker surdoué (pour le côté moderne de l’intrigue). Ce vilain d’opérette inverti à la moumoute peroxydée est doublé d’un bouffon psychopathe, façon Joker dans Batman mais en moins bien. C’est l’un des points faibles  de l’histoire, Javier Bardem déjà en mode hystérique au départ en rajoutant des tonnes au long de l’opus.

L’affrontement impitoyable entre les deux garçons (des "rats survivants") vire carrément à la psychanalyse sur les envies de meurtre de la mère par le fils rejeté et jaloux du préféré… Le tout se jouant lors d’une laborieuse et interminable partie finale dans l’écossais manoir ancestral de l’agent revenu, accompagné de M (alias Judi Dench qui ne survivra pas à l’aventure), aux sources de son enfance. Du coup cela nous vaut nombre d’observations de café du commerce, aussi fumeuses qu’absconses, de la part des Dr Freud de la pellicule qui s’en donnent à cœur joie.

Portion congrue laissée aux femmes

A noter enfin le côté macho de Skyfall, si on en juge par la portion nettement plus congrue que dans les autres épisodes, laissée aux femmes, dont l’Hexagonale Bérénice Marlohe. Qui  nous fait deux trois petites scènes et puis sen va. Cela n’empêche pas les Français d’éclater de fierté à l’idée de cette nouvelle Bond girl tricolore plus ou moins surgie du néant, après Claudine Auger, Carole Bouquet, Sophie Marceau et Eva Green. Il est vrai qu’elle a damé le pion à 3000 candidates.

Comment ce physique de guêpe et cette aura vénéneuse a-t-il pu laisser la France de glace? se demande d'ailleurs Paris-Match. Reste à savoir si avoir embrassé Daniel Craig avant de se faire descendre par Javier Bardem, permettra désormais à Bérénice de décrocher des premiers rôles.

Film à l’affiche dans les salles romandes depuis samedi 27 octobre. 

12:33 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

23/10/2012

Sorties cinéma: "Amour", la Palme d'or de Michael Haneke

20272262.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgDès sa projection à mi-parcours du festival à Cannes en mai dernier, l’accueil enthousiaste réservé au film en faisait le grand favori pour la Palme d’or. Quelques jours plus tard son auteur Michael Haneke obtenait logiquement, après celle reçue en 2009 avec Le ruban blanc, la récompense suprême pour Amour.

Une grande œuvre superbement réalisée et dialoguée, mais au sujet qui n’a apparemment rien pour séduire. Voire tabou dans nos sociétés qui préfèrent cacher ces choses. Le film ouvre avec une scène où des pompiers enfoncent la porte d’un appartement parisien cossu. Dans une chambre ils découvrent une vieille dame allongée sur son lit, morte, des pétales de fleurs disposés autour de sa tête. Sur fond noir, le mot  "Amour", révélateur…

Flash back pour une action qui va alors se dérouler entièrement dans cet appartement. Entre moments cauchemardesque, sublimes, romanesques, poétiques, fous, le réalisateur livre un huis-clos dramatique, s’attachant  à montrer, alors que la faucheuse rôde, un amour qui s’achève et la manière de gérer une souffrance liée à la perte d’un être adoré. 

A l'épreuve de la maladie

Là, il s’agit d’Anne et Georges, deux beaux octogénaires élégants et cultivés laissant oublier l’outrage des ans. Fins lettrés et anciens professeurs de musique, ils lisent en écoutant Schubert entre les visites d’un jeune concertiste ou de leur fille. Mais la vie du couple, dont l’amour indéfectible nous est révélé par des paroles, des gestes et des regards d’une infinie tendresse, est soudain ébranlé par les ravages de la maladie.

Victime d’une attaque cérébrale, Anne se retrouve à moitié paralysée à la suite de l’opération. Et cette belle femme fière et forte voit sa santé se dégrader de jour en jour, son pauvre  corps perclus la lâcher, jusqu’à devenir aussi dépendante de Georges qu’une enfant qu’on doit nourrir, laver, changer.

Une déchéance terrible et des conditions humiliantes dont le réalisateur ne cache rien pour montrer que l’amour absolu consiste à accepter l'nacceptable, tout en filmant avec une grande pudeur cette lente et douloureuse progression vers un dénouement inéluctable.

Outre à son égérie Isabelle Huppert dans le rôle secondaire de la fille du couple, Michael Haneke a fait appel à deux de ses idoles. Emmanuelle Riva, inoubliable héroïne d'’Hiroshima mon amour et Jean-Louis Trintignant qu’on ne présente plus (photo). Tous deux jouent magistralement les personnages d'Anne et de Georges dans cet opus tragique, bouleversant, éprouvant, simple, juste. Et à la portée universelle dans la mesure où il nous place dans une situation à laquelle nous sommes tous confrontés à un moment de notre vie.

Lors de la conférence de presse Emmanuelle Riva, balayant le côté dégradant de l’état physique dans lequel elle devait se trouver, avouait que se mettre à la place d’Anne avait  été un bonheur exceptionnel, presque voluptueux. Quant à Jean-Louis Trintignant, se déclarant incapable de résister au cinéaste autrichien, il a laissé entendre que ce serait son dernier film. Sa magnifique prestation n’en est que plus précieuse.

   
Au galop, un film qui se traîne

still2[1].jpgAlors que son père vient de mourir, un écrivain séduit une femme sur le point de se marier, voit sa mère perdre progressivement la mémoire et sa fille connaître ses premiers émois amoureux. Une chronique familiale que l’on doit à l’acteur Louis-Do de Lancquesaing (Le père de mes enfants, Polisse), passé pour la première fois derrière la caméra.


En dépit d'un contexte parfois assez finement analysé comme ces scènes où une femme hésite entre un nouvel amour et la crainte de faire du mal à un compagnon bien sous tous rapports, le sujet est banal, le ton et les dialogues affectés, le traitement souvent complaisant. De plus l’intrigue se traîne. Un comble pour un film qui s’appelle Au galop!

Restent les acteurs qui font le travail, sans plus. A l’image d’Alice, la fille de Louis-Do, de Valentina Cervi (photo), de Marthe Keller, émouvante en mère fantasque souffrant d’un début d’Alzheimer, mais qui nous rejoue du coup un peu trop celle de Fragile de Laurent Nègre. De son côté Xavier Beauvois a du mal à convaincre, tandis que Louis-Do de Lecquesaing ne cesse de vouloir nous persuader qu’il est un super beau mec… 


Modest Reception dénonce l'argent qui corrompt

still4[1].jpgLeyla et Kaveh (le bras dans le plâtre) forment un couple bizarre à l’air plutôt aisé venu de Téhéran.  Peut-être mari et femme, peut-être frère et sœur, ils parcourent les montagnes kurdes en voiture, le coffre bourré de sacs de billets de banque qu’ils sont censés distribuer par on ne sait qui aux gens qu’ils rencontrent au hasard de leur étrange voyage dans cette région bombardée.

De quoi se demander à quel jeu, éventuellement pervers, ils jouent entre aumône, honneur, pari et tentation. Reste que tous deux se heurtent à la méfiance, voire à la forte réticence des bénéficiaires qui, pourtant très pauvres, vont jusqu’à refuser fièrement cette manne suspecte. Provoquant des colères feintes ou amusées des curieux bienfaiteurs, exigeant de surcroît que chaque donation soit filmée.

Avec cette comédie burlesque, le réalisateur Mani Haghighi, interprète de  Kaveh aux côtés de Taraneh Aligoosti (Leyla), livre un constat ironique de la société iranienne, doublé d’une parabole se voulant originale sur l’argent qui corrompt l’homme. On regrettera toutefois des longueurs et outrances pénibles. Telle la monstre et interminable engueulade du début entre les deux protagonistes.


Films à L’affiche dans les salles romandes dès le mercredi 24 octobre.

17:23 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

10/10/2012

Sorties cinéma: Le magasin des suicides

Le-Magasin-des-Suicides_portrait_w193h257[1].jpgPour échapper à la sinistrose dans leur environnement urbain lugubre, les gens décident de passer de vie à trépas. Une aubaine pour Mishima, qui tient avec sa femme Lucrèce et ses deux enfants le magasin des suicidés. Et a de quoi proposer aux désespérés toutes sortes de solutions, de la plus simple à la plus sophistiquée, pour en finir avec leur triste existence.

Crise oblige, les affaires de la famille Tuvache prospèrent. Jusqu'au jour où vient au monde le petit dernier, Alan, dont la bonne humeur et l’optimisme à tout crin menace ce juteux business. Vaguement inspiré par Tim Burton et son Etrange Noël de monsieur Jack, Patrice Leconte, qui fut dessinateur de BD, est revenu à ses premières amours pour adapter le conte morbide de Jean Teulé.  Malheureusement il n’est à la hauteur ni de l’un, ni de l’autre.

Dommage car le début, très prometteur, se révèle des plus macabres. Mais, perdant de sa noirceur au fur et à mesure, l’intrigue vire carrément au rose avec l’arrivée de ce bambin respirant la joie de vivre avec une rare indécence! Et Patrice Leconte de nous gratifier de chansons aux paroles dégoulinantes de bons sentiments et d’amour du prochain. Restent quelques dialogues sarcastiques et plutôt enlevés. Mais c’est loin de suffire.

Clochette et le secret des fées

Clochette-et-le-secret-des-fees-3D_portrait_w193h257[1].jpgLe nouvel épisode de la saga de la fée Clochette, signé de la réalisatrice et scénariste Peggy Holmes, nous emmène dans la Forêt Blanche, un dangereux royaume interdit où règne l’hiver. Mais cela n’empêche  évidemment pas l’audacieuse Clochette d’y pénétrer. D’autant plus que ses ailes se mettent soudain, comme par magie, à scintiller. 

Alors qu’elle cherche à découvrir la raison de ce phénomène extraordinaire, elle tombe sur sa jumelle du pays des glaces. Cette aventure, qui va bouleverser pas mal de choses, devrait séduire les amoureux de l’intrépide petite fée.

Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 10 octobre.

19:22 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Sorties cinéma: Meryl Streep et Tommy Lee Jones en thérapie conjugale dans "Hope Springs"

tommy-lee-jones-meryl-streep-great-hope-springs-[1].jpgIls sont la soixantaine, sont mariés depuis plus de trente ans, font chambre à part et ne se parlent plus guère. Bref, même s’ils éprouvent encore des sentiments l’un envers l’autre, ils ont pris l'habitude de se côtoyer dans une aimbable indifférence.

Mais Kay en a marre. Ras-le-bol. Elle aimerait bien que son cher Arnold éprouve encore du désir pour elle au lieu de la considérer comme un meuble ou une machine à lui préparer son petit déjeuner. Mais face à ses vains efforts de séduction pour donner un second souffle à son mariage, elle décide d’acheter deux billets pour Hope Springs (c'est aussi le titre du film) dans le Maine, afin de consulter un éminent thérapeute dont elle vient de découvrir le livre.

Le psy est spécialisé dans l’aide aux couples en difficulté, qui finissent par se croiser sans se voir. Arnold n’a pourtant pas la moindre envie  d’aller lui raconter ses problèmes, ses préférences ou ses  fantasmes sexuels.  Mais il se force, une fois n’est pas coutume, pour faire plaisir à sa femme.

Cette comédie psychologique aux dialogues sonnant juste mais au scénario cousu de fil blanc tient surtout au jeu des deux acteurs principaux. Meryl Streep en femme  en mal de gestes affectueux  un peu honteuse de les quémander, se montre tout aussi convaincante que Tommy Lee Jones  en  mari grincheux, négligent, parfaitement désagréable pour masquer sa  gêne à se dévoiler, et qui s’humanise, voire se lâche au fil de l’histoire. 

Ce long-métrrage signé David Frankel  semble a priori destiné aux couples sexagénaires à la dérive. En réalité il s’adresse à tous ceux que la routine menace. Ou qui s’y sont déjà installés, quel  que soit leur âge. 

Ted, un ami pour la vie!

tedmark-jpg_161847[1].jpgComme Ted est une comédie grossière, scato, lourde et pas drôle, inutile de préciser qu'elle a cartonné aux Etats-Unis pendant l’été. Et qu’elle suscite un véritable engouement en Europe, particulièrement en Allemagne et en Russie où elle caracole en tête du box office.

Tout ça pour la grotesque histoire de John Bennett un gamin de 8 ans  mal aimé de ses petits camarades qui a reçu un ours à Noël et fait le vœu, exaucé le lendemain,  qu’il s’anime et devienne son meilleur ami  pour la vie. Au point que Ted s’incruste et que trente ans plus tard, maintenant John dans l’enfance, l’empêche de devenir un homme en freinant son épanouissement professionnel et menaçant sa relation amoureuse avec Lori. Johnest sommé de choisir.

La jeune femme ne supporte en effet plus l’omniprésence de cette peluche parlante façon stand up,  vulgarissime de surcroît, et avec qui  John passe ses loisirs à boire des bières, à fumer des joints , à regarder des nullités ringardes à la télévision. Sans oublier les flatulences dégoûtantes ou les pulsions sexuelles écoeurantes de cet ours répugnant, qui plaît aux filles et n’hésite pas à ramener rune bande de call girls à la maison.

Et il y en a des millions pour trouver ça désopilant. Surtout les hommes du genre ados très attardés. Cherchez l’erreur...

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 10 octobre.

08:07 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

09/10/2012

Sorties cinéma: François Ozon nous entraîne "Dans la maison". Façon Hitchcock

20254555.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgL’éclectique réalisateur farnçais retrouve son punch évocateur avec Dans la maison, son nouveau film singulièrement ludique, humoristique et pervers. Formant un couple à la Woody Allen avec sa femme galeriste, mais poliment imperméable aux improbables œuvres d’art contemporain qu’elle expose, Germain est surtout un professeur de français désabusé. Déprimé à l’idée de reprendre ses cours après les vacances.

En l’occurrence, il est accablé par le consternant niveau de ses élèves, à qui il a demandé une composition pourtant simple. La narration de leur week-end. Mais il se heurte à un décourageant ramassis de banalités. Jusqu’au moment où il tombe sur la rédaction pour le moins intrigante de Claude Garcia, qui raconte s’être introduit dans la maison d’un copain et ce qu'il y a vu.

Immédiatement séduit par l’évident don littéraire de ce garçon, Germain est également très excité par la mention "à suivre..."  figurant au bas du texte. Ce qu’il décrit a-t-il eu lieu?  Ses personnages sont-ils réels? Que va-t-il se passer?

Du coup, Ozon installe une sorte de suspense hitchcockien autour de la relation trouble entre le maître et l’élève. Le premier, retrouvant du goût à l’enseignement joue les pygmalions en donnant des leçons d’écriture au second, qui, passionné par la vie de cette famille de "la classe moyenne", en fournit chaque semaine l’observation cruelle dans un nouvel épisode de ses incursions un rien glauques dans leur intimité.

En adaptant la pièce de l’Espagnol Juan Mayorga, Le garçon du dernier rang Le réalisateur reprend, entre roman-photo et thriller,  le dispositif du fameux Fenêtre sur cour. Mêlant la réalité à la fiction, les récits aux fantasmes, il propose un bel exercice de style aux dialogues ciselés et à la mise en scène brillante. On regrettera juste le côté un brin répétitif du scénario et la relative difficulté de l’auteur à  boucler son film.

Rien à redire en revanche sur la performance des comédiens. Surdoué de la tchatche évitant heureusement ses outrances verbeuses coutumières, Fabrice Luchini se révèle fluide dans le discours et crédible dans son rôle de professeur quelconque, soudain fasciné par le jeu malsain dans lequel l’entraine cet élève manipulateur. Impeccablement interprété, lui, par le jeune Ernst Umhauer (photo). 

S’ajoutent notamment à ce duo Kristin Scott Thomas, en épouse de Germain également perturbée par la découverte de ce nouveau Rimbaud dangereusement voyeur, ainsi qu’Emmanuelle Seigner en mère de famille dont s’amourache l’ado, et qui rêve de reprendre des études de déco en zonant pendant des heures sur son canapé.

Broken , drame social à l’anglaise

964140[1].jpgOuvrant la Semaine de la Critique à Cannes en mai dernier, le premier film du Britannique Rufus Norris avait conquis les festivaliers. il met principalement en scène Tim Roth et une débutante, Eloïse  Laurence dans le rôle de Skunk (photo).

Fragile gamine diabétique de 11 ans, elle vit dans un quartier populaire. Et voit brusquement son univers basculer le jour où elle est témoin d’un acte aussi brutal qu'injuste envers son voisin Rick, un gentil garçon mentalement déficient. L’agresseur est le père de trois délinquantes précoces, dont l’une accuse à tort de viol la malheureuse victime.  

Tout paraît désormais hostile à Skunk qu’il s’agisse de sa maison, de son quartier, de son école. Envahie par une peur diffuse de l'inconnu, elle se pose alors une foule de questions sur son avenir, l'amour qu'elle voue à son instituteur, le départ de sa mère alors qu'elle était petite. Des interrogations auxquelles tente de répondre un Rufus Norris pas toujours très inspiré, en dépit des louanges dont son film est souvent l’objet.

Influencé par la BD, metteur en scène réputé de théâtre (Festen) et d’opéra (Dr. Dee ), il convainc en effet un peu moins dans ce drame social à la fois bancal et esthétisant, sur fond de chronique familiale, de mineure abusée, d’alcool, de violence et de meurtres sanglants. 

En revanche, il sait évoquer les bizarreries du quotidien à travers des situations absurdes. Et diriger ses acteurs. Tim Roth est comme toujours parfait. Mais on est surtout séduit par Eloïse Laurence, véritable révélation avec son côté Uma Thurman de poche.

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 10 octobre.

17:33 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

03/10/2012

Sorties cinéma: Oliver Stone revient avec "Savages". Moyen, le come-back

20184017.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgSexe, drogue et violence, un cocktail qui se veut détonant pour Savages, le dernier Oliver Stone. Adapté d’un roman de Don Winslow, auteur du scénario, ce thriller met en scène la guerre que se livrent les trafiquants de drogue entre la Californie et le Mexique.

Une guerre qui finit par tourner autour d’un trio amoureux. Il est formé de deux beaux gosses, Ben le botaniste idéaliste surdoué (Aaron Johnson) Chon, un ancien combattant aux abdos d’acier (Taylor Kitsch). New age et bohêmes, ils partagent tout, leur vie, leur maison leurs affaires et leur lit avec la sulfureuse O (Blake Lively, l’héroïne de Gossip Girl).

Deux gars une fille. Heureux, pas jaloux pour un sou mais roulant sur l’or dans leur petit paradis entre plage, mer, surf et soleil, grâce  à la culture d’un cannabis exceptionnel. Officiellement produit pour des raisons thérapeutiques, mais qu’ils ne se privent pas de dealer. Le tout avec la complicité d’un agent des stups corrompu (John Travolta).

Leur commerce marche même tellement bien qu’un cartel mexicain dirigé par l’impitoyable Elena (Selma Hayek) et représenté par Lado son affreux homme de main (Benicio del Toro), leur propose une association. Face à leur refus, les vilains méchants kidnappent O. Et c’est parti pour un affrontement sans merci sur fond de complaisantes tueries, exécutions sommaires et autres embuscades meurtrières.   

Après les échecs d’Alexander, de World Trade Center et la suite de Wall Street, Savages était annoncé comme le grand retour du réalisateur engagé, frondeur, dénonciateur et contestataire. Mais en-dehors d’un certain rythme,  de quelques qualités esthétiques et de mise en scène, le spectaculaire come-back attendu de l’impertinent rebelle hollywoodien se révèle moyen. En raison surtout d’un scénario en forme de vaste foutoir, un comble sur une idée aussi simple qu’une prise d’otages, ne trouvant son salut laborieux que dans un double épilogue.

Côté personnages, on n’est pas trop gâté non plus. Au groupe des jeunes, plus romantiquement niais que sexy notamment  dans une scène de baise à trois faussement torride, s’oppose celui des anciens, trop outrancièrement caricaturaux pour amuser. A commencer par Selma Hayek, en Médée façon Cléopâtre qui nous joue une baronne de la drogue psychopathe et hystérique.  Quant à la voix off de Blake Lively, elle contribue à plomber un film aux accents un rien tarantinesques et aux allures de farce. 

Ruby Sparks surfe sur le processus de création

images[1].jpgIls avaient séduit et cartonné avec Litte Miss Sunshine. Jonathan Dayton et Valerie Faris reviennent avec Ruby Sparks. Une drôle de comédie, mâtinée de fantastique, sur un scénario de Zoe Kazan, qui partage aussi l’affiche avec Paul Dano, son compagnon à la ville (photo).
 
Ecrivain à succès révélé à même pas vingt ans avec son premier roman, Calvin Weir-Fields connaît désormais  les affres de la page blanche. Incapable de pondre un nouveau chef d’œuvre, il suit les conseils de son psy, qui l’encourage à décrire la femme de ses rêves. Et puis miracle, un beau matin, elle se matérialise dans sa cuisine, idéalement conforme à ses fantasmes. En chair et en os de surcroît.

Calvin et Ruby vivent alors une relation amoureuse enchanteresse, jusqu’au jour où la jeune femme manifeste un désir d’indépendance intolérable pour son créateur. Usant d sa machine à éàcrire, il se laisse alors aller à remodeler sa créature et à modifier ses réactions dans le sens qui lui convient. Une reprise de contrôle qui sera fatale à l’amour, par essence incontrôlable.

Cette petite fable morale permet aux auteurs de surfer sur le processus de création sinon avec originalité, du moins avec grâce, simplicité et légèreté. Malgré quelques scènes inutilement outrées.

Le sommeil d’or ou l’histoire méconnue du cinéma cambodgien

1761891_3_c10f_une-image-du-film-documentaire_f69830b802837a90e87ebb1ea2222e25[1].jpgAvec son documentaire, qui est aussi son premier long-métrage, Davy Chou, petit-fils d’un des plus grands producteurs cambodgiens tente de nous raconter l’histoire du cinéma de son pays. Une entreprise difficile car, né en 1960 et devenu incroyablement populaire, le septième art cambodgien est anéanti quinze ans plus tard par les redoutables Khmers rouges.

Tous les protagonistes de la branche, cinéastes, producteus, acteurs sont déportés, souvent assassinés, les films détruits ou abandonnés, les salles fermées. Ne subsiste qu’une trentaine d’œuvres sur les quatre cents tournées. Elles ont été pour la plupart sauvegardées par des exilés à travers des vieilles cassettes. Inédit, émouvant et révélateur, ce témoignage doublé d’une réflexion esthétique devrait surtout passionner les cinéphiles.

Autres sorties

Pour les amateurs de dessins animé, Michel Ocelot propose la deuxième série, en 3 D, des contes dérivés de Kirikou et la Sorcière. Avec son fameux minuscule héros toujours aussi intrépide. Dans un genre totalement différent, sort Taken 2, suite du premier volet et nouveau navet produit par Luc Besson. Un ex-agent spécial (Liam Neeson) est enlevé à Istanbul après savoir tiré sa fille des griffes d’ignobles proxénètes albanais. Inutile de préciser qu’il va s’en sortir plus ou moins les doigts dans le nez…

Films à l’affiche dans les salles romande depuis mercredi 3 octobre

17:55 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

20/09/2012

Sortie cinéma: "Les saveurs du Palais", plutôt indigestes

 

les-saveurs-du-palais-poster-de-fr-it[1].jpgA sa grande surprise, Hortense Labordie, marmitonne périgourdine de talent, se voit nommer responsable des repas personnels du président de la République. Qui sera rapidement séduit par leur authenticité et celle de leur auteur. Cela ne manque pas de provoquer la jalousie des chefs machos de la cuisine centrale, voyant d’un très mauvais œil l’importance grandissante d’Hortense dans ce qu’ils considèrent être leur domaine réservé. A elle de se faire respecter dans ce milieu masculin particulièrement hostile et fermé.

 

Cette comédie indigeste de Christian Vincent trouve son origine dans la réalité puisque c’est en gros l’histoire de Danièle Delpeuch, qui fut effectivement la cuisinière de François Mitterrand. Seul intérêt du film, la chose est hélas aussi mal traitée que le reste. Catherine Frot (affiche) tente courageusement de tenir la maison, mais elle n’est guère aidée. Notamment par Jean D’Ormesson, ânonnant péniblement son texte. Quelle mouche a piqué le réalisateur pour demander à l’écrivain d ‘enfiler le costume du célèbre locataire élyséen des années 80? Sans compter qu’il a bien quinze ans de trop pour le rôle.

 

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 septembre.

10:46 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Sortie cinéma: Jason Bourne l'Héritage, un legs mal assumé

 

20182266.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgDifficile de se passionner pour la quatrième resucée, signée Tony Gilroy,de la saga Jason Bourne. Surtout sans Jason Bourne, en l’occurrence Matt Damon, qui, las de galoper pendant des heures, n’a pas souhaité faire partie du voyage. On le comprend. Mais juste pour les fans, un petit résumé de ce spectacle au filon éculé, épuisant et ennuyeux.

 

Alors que Jason Bourne, invisible donc mais traînant dans les parages, menace de rendre publiques deux opérations secrètes de la CIA, l’agence tente de couvrir un troisième programme en éliminant les agents impliqués. L’un d’eux  Aaron Cross (Jeremy Renner) parvient à s’échapper en entraînant dans sa fuite une scientifique (Rachel Weisz) encore plus gênante que lui. En résumé une course contre la mort au final grotesque à moto dans les quartiers populueux de Manille, pour une intrigue fumeuse qui n’a rien à raconter.

09:46 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

19/09/2012

Sortie cinéma: Stéphane Brizé propose "Quelques heures de printemps"

19180456.jpg-cx_160_213_0-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgTrès beau moment de cinéma avec le film coup de poing de Stéphane Brizé (photo) qui, à son habitude, explore les troubles de la sphère intime dans Quelques heures de printemps. Sorti de prison, Alain Evrard, camionneur de 48 ans, complètement démuni, est obligé de retourner vivre chez sa mère. Devenu trieur d'ordures, rejeté par la société, il subit douloureusement le partage de son quotidien avec cette femme froide et distante, presque mutique. Une cohabitation forcée qui fait ressortir la violence de leur relation, lorsqu'Alain se laisse aller à ses explosions de rage.

Un jour, il découvre que sa mère, condamnée par la maladie, a fait appel à Exit. Stéphane Brizé s'empare alors du sujet du suicide assisté. Une urgence qui devrait inciter ces deux êtres affectivement handicapés et murés dans leur silence en dehors de leurs monstres engueulades, à se rapprocher l'un de l'autre avant l'issue fatale.  

Lire la suite

10:44 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

18/09/2012

Sorties cinéma: "A perdre la raison" et "Quelques heures de printemps", les chocs de la semaine

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaalafosse.jpgDeux films marquent cette semaine cinématographique. L’un est signé du Belge Joachim Lafosse, l’autre du Français Stéphane Brizé. Deux réalisateurs talentueux qui, chacun à leur manière et dans des registres différents, ont puisé leur inspiration dans les liens familiaux pour livrer deux oeuvres chocs. Commençons par le premier. Je consacrerai une note particulière au film de Brizé.

Avec A perdre la raison, Joachim  Lafosse  s’inspire librement d’un fait divers  tragique, un quintuple infanticide qui avait secoué la Belgique le 28 février 2007. Dans la fiction, Murielle et Mounir sont jeunes et beaux, ils s’aiment, se marient. Et s’installent chez le docteur André Pinget, mentor trouble et protecteur de Mounir depuis qu’il a contracté un mariage blanc avec sa mère. Et puis les bébés arrivent, l’un après l’autre, jusqu’au quatrième.

Lire la suite

17:34 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |