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Sorties de la Semaine - Page 71

  • Cinéma: "Une histoire d'amour" revisite l'affaire Stern. Décevant

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    20346101.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgUn homme, une femme, du sexe sur fond de pouvoir et d’argent, difficile de trouver sujet plus cinématographique. Inspiré d’une histoire vraie de surcroît. Celle d’un banquier richissime adepte de jeux érotiques  découvert mort dans sa combinaison de latex, assassiné par sa belle maîtresse au terme d’une séance sado-maso. Il lui avait promis un million de dollars, elle était venue le lui rappeler...

    Un trame dont n’a pourtant pas su profiter la comédienne  Hélène Fillières pour son premier long-métrage, Une histoire d’amour. Bien qu’elle prétende à une simple fiction basée sur des faits réels, le film, adapté du roman Sévère de Régis Jauffret, est pratiquement calqué sur les relations dangereuses entre Edouard Stern et Cécile Brossard. Des relations qui ont conduit au drame survenu à  Genève, dans le quartier de Rive, le 28 février 2005 dans l’appartement du financier français.

    On attendait donc beaucoup de ce fait divers, révélateur selon la réalisatrice de pulsions inhérentes à l’être humain, contrôlées dans la majorité des cas, mais poussant parfois certains à passer à l’acte.

    Le résultat est pourtant décevant pour cet opus vide de toute émotion, qui se veut auteuriste. Il se révèle même d’une rare froideur tant au niveau de la mise en scène un peu prétentieuse que des dialogues secs, triviaux et répétitifs, des décors glacés, ou de la voix off de Richard Bohringer, réduit à la portion congrue du mari. Une pièce rapportée sans le moindre intérêt. 

    Mais le plus raté c’est le moteur de l’opus,  à savoir le duo que forment Benoît Poelvoorde et Laetitia Casta. Il n’a rien d’attirant, elle est trop séduisante. Du coup le couple ne fonctionne pas du tout. Outre que l’affaire Stern ne semble passionner personne dans l’Hexagone, c’est l’autre principale raison du flop cuisant pour la première semaine d’exploitation en France.

    De quoi plomber encore davantage le moral de Benoît Poelvoorde. Il aurait très mal vécu le tournage et les scènes de sexe avec sa partenaire. Sans oublier des mots avec Hélène Fillières. Du coup il a refusé de faire la promotion de l’histoire.

    Tabu à la recherche du paradis perdu

    tabu[1].jpgUne autre histoire d’amour met en revanche les cinéphiles en transes, qui n’hésitent pas à dire que c’est Le film de 2012. En compétition à Berlin en février dernier, intitulé Tabu, signé du Portugais Miguel Gomez, Tabu évoque un paradis perdu, une femme, une société, une époque disparues.Le tout relié à un cinéma qui s’éteint. Raison pour laquelle le film est tourné en noir et blanc, également en voie de disparition, relève le cinéaste.

    Après un prologue qui nous égare, montrant  un explorateur suicidaire se jetant dans un marigot infesté de crocodiles pour rejoindre feue son épouse, Tabu se divise en deux parties, dont la seconde est  muette, mais sonore.  S’il n’y a pas de dialogues, il y a la voix off d’un narrateur.

    Dans la première,  Aurora, octogénaire excentrique, capricieuse et autoritaire, vit entre sa gentille voisine Pilar qui s’inquiète pour elle et sa femme de ménage noire, Santa, qui serait adepte du vaudou.  Sous antidépresseurs, désagréable, injuste, ne cessant de se plaindre, la vieille dame indigne file au casino dès qu’elle a un peu d’argent. Mais elle tombe malade et à sa mort, les deux femmes découvrent  son passé  charnel, trouble et aventureux dans l’Afrique colonisée d’alors.  

    Aurora vivait avec son mari dans une ferme  au pied du Mont Tabu, partageant son temps entre la chasse, quelques soirées mondaines et l’élevage d’un alligator. Enceinte, elle commence à s’ennuyer,  jusqu’au jour où elle rencontre Ventura, un beau gosse qui joue dans un orchestre. Très vite ils tombent passionnément amoureux et, la veille de l’accouchement d’Aurora, s’enfuient à moto. C’est  là que se produit la tragédie qui les séparera à jamais.

    Si le début frise parfois l’ennui avec des personnages peu affriolants, la suite se révèle en revanche exaltante. Miguel Gomes nous offre un drame inattendu, follement romanesque, transgressif, empreint de violence et de poésie.

    Films à l’affiche dans les salles romandes, mercredi 23 janvier.

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  • Cinéma: "Zero Dark Thirty", la traque de Ben Laden qui provoque la polémique

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    images[2].jpgSorti en décembre dernier à New York et à Los Angeles, le film qui retrace minutieusement, en se fondant sur de nombreux témoignages et documents, les dix ans de traque d’Oussama Ben Laden, ne cesse de provoquer la polémique. Nominé aux Oscars le 28 février dans cinq catégories dont celle du meilleur film, il risque de faire les frais de la controverse. Comme ce fut le cas aux Golden Globes et à l’image de son auteur Kathryn Bigelow, absente de la liste des meilleurs réalisateurs. 

    La raison de l’exclusion de l’auteur, qu’encense par ailleurs une grande partie de la presse séduite par l’excellence du traitement de ce sujet ultra-sensible? Elle est accusée dans Zero Dark Thirty (en français minuit trente, l’heure où Ben Laden était abattu par les forces spéciales américaines dans son repaire pakistanais), de faire l’apologie de la torture.

    Suivant l’ouverture au noir du film, où l’on entend les messages poignants à leurs proches des victimes piégées dans l’attentat du 11 septembre, elle donne en effet à voir une longue séance de torture crue et brutale, où un homme pendu par les bras est violenté par des hommes cagoulés pour le faire parler.

    Des responsables de la CIA, des parlementaires, quelques journalistes et acteurs scandalisés reprochent ainsi à la cinéaste, outre de relayer la vision de l'administration Bush, de transmettre un éhonté "message de torture autorisée" dans un film inexact et trompeur. Suggérant à leur avis que les techniques d’interrogatoires "poussés", ont aidé à localiser Ben Laden.

    Kathryn Bigelow a répondu à ces attaques dans le Los Angeles Times. "La torture, comme nous le savons tous, a été employée durant les premières années de la traque. Cela ne veut pas dire que cela a été un élément clé menant à Ben Laden. Cela signifie qu’il s’agit d’une partie de l’histoire que nous ne pouvons pas passer sous silence.

    Dès lors montrer sans états d’âme, sans juger ni dénoncer comme le fait la cinéaste, laissant le soin de l’interprétation aux spectateurs, ne représente pas forcément une justification des traitements inhumains infligés aux détenus pour leur soutirer des renseignements.

    o-ZERO-DARK-THIRTY-570-1[1].jpgZero Dark Thirty repose, un choix ingénieux dans un film de mâles, sur les frêles épaules de l’émouvante, vulnérable et diaphane Maya, qu’interprète avec talent Jessica Chastain, déjà récompensée par un Golden Globe. D’une détermination farouche à trouver Ben Laden, cette jeune analyste  de la CIA est convaincue qu’un détenu détient des informations qui pourraient mener au célèbre terroriste. Sous la torture il livre quelques bribes qui, ajoutées à d’autres, finiront par conduire à la maison fortifiée du redoutable terroriste. Mais d'ici à établir une véritable relation de cause à effet...

    Entre enquête politique complexe et thriller militaire violent un rien longuet de deux heures quarante , Kathryn Bigelow nous entraîne dans les coulisses du pouvoir, explorant la mécanique de la guerre contre le terrorisme, tout en décrivant par le menu une mission aussi historique que sa conclusion, et moins susceptible de déplaire...

    Les chemins pris par la plus masculine des réalisatrices, connue pour un sens du réalisme notamment démontré dans Démineurs (six Oscars en 2010) peuvent choquer. Mais une chose est sûre, elle sait s’y prendre question action, mise en scène et direction d’acteurs. Aux côtés de Jessica Chastain, on trouve Jason Clarke, Joel  Edgerton ou encore Mark Strong.

    Film à l’affiche dans les salles romandes mercredi 23 janvier.

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  • Cinéma: "Alceste à bicyclette", "La parade", "Paulette"

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    alceste-a-bicyclette-16-01-2013-3-g[1].jpgOutre le western spaghetti de Quentin Tarantino et le drame mexicain de Michel Franco, quelques comédies très inégales au menu de cette semaine. Commençons par la plus réjouissante, Alceste à bicyclette, où Philippe Le Guay réunit Fabrice Luchini et Lambert Wilson. 

    Luchini, comédien retiré sur l’Ile de Ré depuis trois ans, ne veut plus entendre parler du métier. Mais Wilson, coqueluche des séries télé, vient le trouver et tente de le convaincre de remonter sur les planches pour jouer Alceste. Péremptoire, assommant mais irrésistible, Luchini chipote en laissant Wilson user de son charme de vedette ringarde du petit écran. Et les deux hommes de se provoquer en faisant assaut de répliques souvent savoureuses ou piquantes.

    Un face à face moliépresque cousu main pour les deux héros qui se délectent visiblement de leurs alexandrins dans ce Misanthrope revisité sur l’air de la fameuse chanson d’Yves Montand. Au final, une petite fantaisie légère et sans prétention qui nous fait presque oublier quelques longueurs et le côté trop prévisible du scénario.

    Equipe choc pour La parade

    Parada-The-Parade-film-st-007[1].jpgUn Serbe, un Croate, un musulman bosniaque, un Albanais du Kosovo et un… gay entassés dans une mini rose bonbon, l’image est plus qu’incongrue Et pourtant. Pour satisfaire sa fiancée capricieuse débordante d’affection pour un vétérinaire homo qui a sauvé son pitbull de la mort, c’est l’équipe choc qu’a recrutée Lemon, malfrat limité côté neurones pour l’aider dans sa périlleuse mission: assurer la sécurité de la première Gay Pride de Serbie, un pays où règne toujours une homophobie galopante. 

    Evoquant des faits authentiques, le réalisateur Srdjan Dragojevic propose une comédie engagée sur la tolérance, dont on ne peut nier l’actualité brûlante. On en retiendra même des moments drôles et émouvants. Mais, malgré un dénouement tragique et le côté extravagant de ces gros bras brutaux alliés pour une cause qui les dépasse, l’ensemble pèche par sa lourdeur et certaines scènes d'un folklorique exaspérant.

    Reste que si le réalisateur ne peut s’empêcher d’accumuler les maladresses et les clichés, le message est passé. Il suffit de considérer l’énorme succès qu’a rencontré le film dans les Balkans pour se convaincre au moins d’une chose: son utilité.  

    Mamie Paulette, dealeuse de shit

    20395900.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgIl y a eu Tatie Danielle d’Etienne Chatiliez, là on se retrouve avec Mamie Paulette, qui vit seule et mal de sa maigre retraite dans sa cité en banlieue parisienne. A la limite de virer SDF, elle décide de se lancer dans la vente de cannabis pour ne pas se retrouver à la rue.

    Jérôme Enrico s’est inspiré de l’histoire vraie d’une vieille dame qui a décidé de trafiquer du haschisch dans sa cuisine pour parvenir à joindre les deux bouts. Paulette veut mettre l’accent sur la précarité et la délinquance des seniors abandonnés sur le bord de la route. Une belle ambition, mais une réalisation plate et un scénario convenu qui ne sont pas à la hauteur. 

    En vilaine dealeuse méchante, raciste, odieuse avec son gendre noir, vache avec ses amies notamment incarnées par Dominique Lavanant et Carmen Maura, Bernadette Lafont tente de sauver les meubles. Il lui arrive d'y parvenir, mais elle aurait mieux réussi sans une fâcheuse tendance à surjouer. 

    Films à l’affiche dans les salles romandes mercredi 16 janvier.

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  • Cinéma: "Después de Lucia", le cauchemar d'une ado mexicaine, victime de harcèlement scolaire

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    despuesdelucia604-tt-width-604-height-400-attachment_id-308624[1].jpgLe meilleur film de la semaine, c’est incontestablement Después de Lucia. Lauréat de la section Un Certain Regard en mai dernier à Cannes, il va représenter le Mexique aux Oscars fin février prochain. On  doit cet excellent long métrage au réalisateur Michel Franco, 33 ans, déjà auteur d’un premier essai très réussi, Daniel & Ana.

    Il y traitait de  l’inceste, avec un frère et une sœur kidnappés et que leurs ravisseurs forçaient à coucher ensemble devant une caméra. Dans Después de Lucia, il évoque les tribulations sordides d’une adolescente victime de "bullying" scolaire, c’est-à-dire de harcèlement en l’occurrence particulièrement  violent.
     
    Roberto, qui vient de perdre sa femme, décide de tourner la page et de s’installer à Mexico avec  Alejandra, sa fille de 17 ans. Elle croit se faire de nouveaux amis dans un lycée fréquenté par des élèves de la bonne société mexicaine et est même invitée pour le week-end dans  la résidence secondaire des parents de l’un d’eux. 

    L’alcool aidant, Alejandra se laisse séduire par un garçon qui filme leurs ébats sur son portable et poste la vidéo sur internet. Toute l’école en a la primeur et le quotidien d’Alejandra bascule gravement. Ses prétendus camarades la traitent de traînée, se transforment en bourreaux et se mettent à l’humilier, à la torturer physiquement et mentalement. Face à l’escalade des insultes et de la violence, Alejandra  choisit de devenir l’esclave de ses tortionnaires. Un choix dangereux qui la voue à une vraie descente aux enfers.

    Un film fort, choc, coup de poing, glaçant. Un film où Michel Franco donne à voir mais n’explique pas. Il ne dénonce ni ne juge mais expose les faits avec une implacable rigueur. D’une manière clinique, froide, sans la moindre complaisance, il dit la souffrance, la destruction d’un  être humain par des ados brutaux et indifférents. C'est impressionnant.

    De passage à  Genève, le cinéaste évoque brièvement son parcours. Autodidacte, il  cite des réalisateurs qui l’ont poussé vers le cinéma, comme Michael Haneke, Robert Bresson, Ingmar Bergman ou Luis Bunuel. "Je les aime tous, ils ont été des découvertes pour moi, mais ce ne sont pas à proprement parler des références".

    Dans Después de Lucia, vous vous livrez, par le biais du harcèlement d’une jeune fille, à une sorte d’étude, voire d’autopsie de la violence.

    Effectivement. Toutefois, ce qui me fascine davantage que la violence, c’est son acceptation par Alejandra. Au début elle résiste, mais petit à petit, réduite à un objet, elle se résigne. Et plus elle se laisse faire, plus cela excite les lycéens qui dépassent les limites. Honteuse, proche de la dépression, elle est devenue une cible facile.

    En somme elle est comme tétanisée par les traitements dont elle est victime.

    Jolie fille, jeune et gentille, elle ne pouvait pas imaginer le cauchemar qu’on lui fait subir et dont elle ne peut parler à personne. Surtout pas à son père. Je veux aussi prouver que n’importe qui peut être piégé par une forme de violence presque banalisée, via le numérique.

    Vous affirmez votre refus de manipuler le public. Pourtant il y a une scène terrible qui pourrait signifier le contraire.

    Pas du tout. J’ai le plus profond respect pour les spectateurs. Pour moi, le film doit les émouvoir et  leur faire comprendre ce qui se passe. Ce que je montre est destiné à provoquer le débat, mais également  à divertir.  

    Vous allez représenter le Mexique aux Oscars. Quelle a été votre réaction lorsque vous l’avez appris?

    C’est un honneur et j’en suis fier bien entendu. Cela dit, je n’en fais pas tout un plat. Un million de gens ont vu mon film à Mexico et la nomination aux Oscars en incitera plein d’autres, j'espère, à aller le voir. Pour moi c’est ça, le vrai prix.

    Infatigable, Michel Franco a déjà terminé son troisième opus, A los ojos. Il s’agit d’un film sur le trafic d’organes, dont les héros sont les SDF de Mexico.

    Film à l’affiche dans les salles romandes, mercredi 16 janvier.

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  • Cinéma: "Django Unchained", le western spaghetti trop cuit de Quentin Tarantino

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    1128758[1].jpgPour abonder dans le sens d’un critique particulièrement hostile, il y a quelque chose de profondément déprimant à constater l’engouement suscité par  Django Unchained, au simple motif que le film est signé Quentin Tarantino…

    En effet, cela confine souvent au délire. L’œuvre est en gros jugée aussi "éblouissante que jouissive  et désopilante, formellement inattaquable avec des plans à tomber par terre et d’une beauté à couper le souffle, interprétée par de magnifiques acteurs et remarquablement écrite par un cinéaste en grande forme".

    C’est en tout cas cette dernière qualité retenue lors de la remise des Golden Globes, prélude aux Oscars, puisque celui du scénario a été raflé par le réalisateur. Qui espérait sans doute mieux. Mais c’est déjà trop pour cette histoire de vengeance, où le chouchou des cinéphiles nous fourgue  sa vision pour le moins saugrenue de l’esclavage.

    Nous sommes en 1858,  deux ans avant  la guerre de Sécession. Le Dr King Schultz, un chasseur de primes d’origine allemande,  libère de ses chaînes un jeune Noir du nom de Django et lui inculque quelques rudiments du métier pour l’aider à abattre  trois criminels dont la tête  est mise à prix. En échange, il lui permettra de tirer sa femme des griffes du redoutable négrier Calvin Candle, riche et véreux propriétaire terrien.

    Depuis longtemps tenté par le genre, Tarantino se lance ainsi dans le western spaghetti , où il multiplie les mises en abîme, les clins d’œil et les hommages, sans oublier de s’autociter. Le tout  sous prétexte de pamphlet antiraciste, propre à un déferlement d’hémoglobine et de violence d’une complaisance crasse, jusqu’à l’explosion sanglante finale.  

     Une pléiade de stars

    1200201[1].jpgEmbarquée dans cette nouvelle aventure tarantinesque grandguignolesque, une pléiade de stars. A commencer par Christoph Waltz (le fameux colonel nazi d’Inglorious Basterds) qui joue au protecteur pétri de bonnes intentions du taciturne Django, alias Jamie Foxx. Un surdoué de la gâchette, apparemment peu enclin à l’amour des siens. 

    Pour leur donner la réplique un autre tandem formé de Leonardio  DiCaprio, immonde crapule et de son majordome Samuel  L. Jackson, genre Uncle Ben’s démoniaque, insupportable de cabotinage dans son rôle caricatural de salopard noir pire que le pire es Blancs. Le casting masculin est complété par Don Johnson autre crapuleux sudiste millionnaire.

    Bref, en dépit de rares bons moments pimentés d’humour noir et de quelques répliques savoureuses, pas franchement de quoi s’ébaubir. En revanche de quoi ronger son frein au cours d’une interminable projection de deux heures trois quarts. Autant dire qu’il est loin d’être al dente ce western spaghetti!

    Film à l'affiche dans les salles romandes mercredi 16 janvier.

     

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  • Cinéma: "Les Hauts de Hurlevent", nouvelle adaptation sur grand écran

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    1188097[1].jpgAprès Anna Karénine, voici une autre adaptation d'un classique sur grand écran avec Les Hauts de Hurlevent. Le roman d’Emily Brontë en a d’ailleurs connu sept, autant que l’œuvre de Léon Tolstoï. On signalera la plus célèbre, signée William Wyler, avec Laurence Olivier en 1939. Mais il y a aussi celles de Luis Bunuel, 1954, transposée dans un contexte hispanique, de Jacques Rivette, 1985, qui se déroule en Haute-Provence, ou du Japonais Kiju Yoshida, sortie en 1988.

    La dernière, à l’origine une commande, est l’œuvre de la Britannique Andrea Arnold, évoluant d'ordinaire dans un contexte urbain contemporain, et qui avait traité avec succès de la tension sexuelle entre une ado et le petit ami de sa mère dans Fish Tank. On n’en dira pas autant de sa relecture exaltée de Wuthering Heights

    Emily Brontë, jeune femme solitaire et farouche vivant en recluse dans un presbytère du Yorkshire,  avait 27 ans lorsqu’elle écrivit l’histoire de la famille Earnshaw. L’existence paisible d’un père et de ses deux enfants, Cathy et Hindley est soudain perturbée par l’arrivée d’un jeune vagabond dépenaillé qu’Earnshaw décide d'adopter et qu’il baptise Heathcliff.

    Dans le roman, il s’agit d‘un gitan. Chez Andrea Arnold, c’est un jeune Noir, ce qui ajoute ainsi une dimension raciale à la question sociale soulevée par le livre. Andrea Arnold, qui se concentre comme  les autres réalisateurs sur les sentiments passionnés que voue l’orphelin sauvage à la fougueuse Cathy, se livre toutefois à une interprétation très personnelle, en nous faisant voir exclusivement les choses du point de vue de Heathcliff.

    Elle nous rappelle ainsi qu’Emily Brontë a d’abord raconté l’histoire d’un homme obsédé, miné, rongé par une vengeance qui ne pourra que s'assouvir. Celle d’Heathcliff, victime de violence, battu, rejeté, abandonné, qui disparaît et revient s’attaquer à tous ceux qui lui ont fait du mal. Au premier abord, on ne peut donc que saluer la vision audacieuse et tragique d’Andrea Arnold qui, en paraissant prendre ses distances avec l’œuvre, revient en réalité à sa source, où domine une forme de folie. 

    Dommage pourtant qu’elle nous gratifie d’une mise en scène à la fois expérimentale, maniérée et fiévreuse, où un chien court inévitablement dans la boue et où une branche d’arbre cogne non moins inévitablement sur le carreau d’une fenêtre, dans l'atmosphère brumeuse et glaciale d'une lande désolée fouettée par le vent... Difficile aussi de croire véritablement aux manifestations de rage et de désespoir d’Heathcliff.

    Mais inutile de préciser que tout cela fait se pâmer beaucoup de critiques. A l’inverse d’autres, on en est, qui qualifient cette adaptation d’hystérique. Avec notamment, dans le rôle de Cathy, la belle Kaya Scodelario (photo), vue dans la série Skins.

    Escape from Tibet

    escapefromtibet_4409_10_42x6_89cm_300dpi_[1].jpgEtudiante allemande  en médecine, Johanna s’est fixé pour but de gravir un 8000 mètres au Tibet. Mais elle ne s’est pas rendu compte de l’extraordinaire ampleur de l’exercice dans ce pays immense, aux sommets imprenables couverts de neige.

    Pendant l’un de ses trekkings, elle fait une incroyable découverte et se trouve mêlée à un périlleux  voyage sur les hauteurs de l’Himalaya. En effet le "garçon d’or", considéré comme le successeur légitime du dalaï-lama, doit être emmené hors du pays pour échapper à ceux qui le traquent. Johanna passe alors de la simple touriste à l’activiste politique et se voit confrontée aux multiples dangers que lui confèrent son nouveau statut.

    Certes, la réalisatrice Maria Blumencron nous propose des paysages grandioses, tout en nous faisant visiter quelques monastères tibétains. Pour le reste on demeure perplexe face à cette histoire improbable, où Hannah Herzsprung donne notamment la réplique à un Carlos Leal sombrant dans le ridicule.

    Tapage nocturne

    20148200.jpeg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgJeunes, beaux, financièrement à l’aise, parents d’un petit Tim, Marco et Livia ont tout pour être heureux. Mais le réalisateur suisse Christoph Schaub en a malheureusement décidé autrement, en se lançant dans une intrigue abracadabrante pour leur pourrir l’existence.

    Le nourrisson, âgé de neuf mois, met en effet leurs nerfs à rude épreuve avec ses pleurs incessants. Seul le bruit du moteur de leur Golf permettant au bébé de s’endormir, Marco et Livia sont obligés, nuit après nuit, solution on l’imagine éminemment pratique et crédible, de quitter leur lit douillet pour l’emmener faire une virée sur l’autoroute. Histoire de le calmer.

    Jusqu’au drame, dans une station-service, où un voyou et sa copine d’un soir volent la voiture. Sans voir, de plus en plus plausible, le poupon installé dans son siège spécial sur la banquette arrière. Et c’est parti pour une interminable course-poursuite entre hurlements de pneus et grincements de freins dans la campagne zurichoise. Où rien ne nous est épargné dans le grotesque et l’invraisemblable. En quatre mots, aussi exaspérant que consternant.

    Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 9 janvier.  
     

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  • Cinéma: "The Master" séduit avec un tandem de choc

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    1239175[1].jpgTrop rare avec six films à son actif dont Boogie Nights, Magnolia et There Will Be Blood, Paul Thomas Anderson revient avec The Master, où il analyse une certaine aspiration au spirituel dans une société régie par le tout matériel. Après s’être battu dans le Pacifique, Freddy, matelot alcoolique instable errant de port en port, finit par trouve refuge à bord d’un bateau de croisière. Il transporte les membres de La Cause, une secte que dirige le charismatique Lancaster Dodd.

    Freddy tombe rapidement sous la coupe de ce gourou, inspiré de L. Ron Hubbard, qui de son côté apprécie son nouvel adepte. Paul Thomas Anderson dresse ainsi, sous couvert d’une réflexion sans concession ni jugement autour de la scientologie, dans un monde ravagé en quête de repères et de sens, le portrait de deux personnages que tout sépare et rapproche à la fois. Deux esprits opposés qui se nourrissent paradoxalement l’un de l’autre.

    Le réalisateur met ainsi longtemps face à face un vétéran de la seconde Guerre mondiale traumatisé et paumé qui se détruit à grands coups de redoutable gnôle maison plus ou moins hallucinogène, et un guide mystificateur se piquant de savoir, de science et de philosophie, vendant une méthode d’amélioration on personnelle basée sur la mémoire. Mais dont le but est clairement de séduire les esprits faibles. Au final pourtant, chacun des deux restera imperméable à l’autre. D’où quelque part un sentiment frustrant d’inachevé. Voire d’inabouti.

    Du coup, le film qui mise beaucoup sur l’esthétique, peut rebuter par son côté assez froid, intellectuel et bavard. Mais là n’est pas le plus important. Cette exploration de différents thèmes comme le groupe, l’appartenance, l’identité est surtout l'occasion, pour ses deux héros Philip Seymour Hoffman et Joaquim Phoenix (photo) de nous démontrer leur immense talent d’acteurs. La dernière Mostra de Venise ne s’y était pas trompée en leur remettant ex-aequo le prix d’interprétation.

    Renoir père et fils

    Renoir_a_l[1].jpgMaurice Pialat avait particulièrement séduit avec sa vision des derniers jours de Van Gogh. Gilles Bourdos s’y essaye sans vraiment convaincre dans Renoir, en raison du côté scolaire d’une mise en scène conventionnelle, où il raconte le crépuscule d’un génie et l’éclosion d’un autre.

    Nous sommes en 1915. Auguste Renoir, miné par la mort de sa femme et les ravages de l’âge craint de voir sa veine créatrice s’assécher et continue à peindre de ses mains douloureuses pour se perfectionner encore. De son côté Jean, de retour de la guerre ou il a été blessé, ne sait trop que faire de sa vie. Le débarquement dans la famille de la jeune et audacieuse beauté Andrée Heusling, plus connue sous son nom d’artiste Catherine Hessling, va doper l’inspiration du père et provoquer chez le fils une grosse envie de cinéma, dont ell sera la vedette.

    Ce moment charnière où se mêlent les destins d’Auguste, de Jean et d’Andrée, leur muse commune, est une bonne idée de scénario. Mais, même s’il s’applique à ne pas idéaliser les Renoir, Gilles Bourdos reste un peu scotché sur ce côté transmission et passage de flambeau, sans véritablement exploiter le ressort dramatique né de la rivalité amoureuse et de la sensibilité artistique.

    Reste le côté lumineux du film servi par une photographie remarquable, et le travail des acteurs. En fils du peintre et futur monstre sacré du cinéma français, le jeune Vincent Rottiers donne la réplique à Michel Bouquet (photo) qui, en géant de la peinture pas toujours sympathique, n’a pas besoin de trop se forcer pour créer l’illusion. Dans le rôle d'Andrée, Christa Théret ne se montre pas aussi convaincante même si elle n’hésite pas à dévoiler tous ses charmes.

    Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 9 janvier.

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  • Cinéma:"Yossi", "Les bêtes du Sud sauvage", "Touristes", "Une Estonienne à Paris"

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    images[2].jpgUne seule sortie cette semaine, pour cause de vacances. L’occasion de rappeler quelques films à l’affiche depuis Noël dernier et dont nous n’avons pas encore parlé. Mais commençons  par le petit nouveau. En 2002, le réalisateur israélien Eytan Fox (photo) s’emparait d’une histoire vraie pour raconter, dans Yossi et Jagger, la relation amoureuse et tragique entre deux jeunes soldats de Tsahal. A l’époque, cette critique du machisme et de l’homophobie régnant au sein de l’armée, avait fait scandale.

    Dix ans après, le réalisateur revient avec Yossi, cardiologue et Tel-Aviv et qui ne s’est jamais remis de la mort de Jagger, tué lors d’une embuscade.  Marié à son travail, ce trentenaire joufflu dépressif, mal dans sa peau et dans son corps ingrat, n’assume pas son homosexualité  tout en repoussant les avances féminines. Ses loisirs se limitent à quelques pornos gays et des ébats sordides avec des prostitués mâles.

    Mais le passé resurgit lorsque Yossi tombe par hasard sur la mère de Jagger, venue passer des examens à l’hôpital. Sur un coup de tête il décide de partir seul faire un petit voyage dans le Sinaï. En chemin il prend en stop une bande de jeunes militaires dont Tom, un beau gosse homosexuel décomplexé. Fin, cultivé, le physique avantageux d’un Robert Pattinson israélien, ce fan de Mahler  joué par Oz Zehavi, va le pousser à faire enfin son deuil, à tourner la page, à s'assumer et à s’accepter tel qu’il est.

    Tout en brassant plusieurs thèmes importants dans cette suite tardive, Eytan Fox se montre nettement moins inspiré. Evitant cette fois toute polémique, il propose un mélo au scénario convenu. Mais en dépit du sentimentalisme ambiant et des rebondissements téléphonés, on est touché par l’émotion qui se dégage malgré tout du film. On la doit surtout à la belle interprétation d’Ohad Knoller, l’acteur fétiche d’Eytan Fox, alourdi de quelques kilos. 

    Hushpuppy dompte "Les bêtes du Sud sauvage"

    Deauville-2012-Les-Betes-du-sud-sauvage-remporte-le-Grand-prix_portrait_w532[1].jpgTout le monde sa salué la naissance d’un cinéaste surdoué de moins de trente ans. Benh Zeitlin a collectionné toutes les récompenses dont la Caméra d’or à Cannes et le Grand prix du film américain de Deauville avec Les bêtes du Sud sauvage. Après le cataclysme écologique et social provoqué par la tempête Katrina en Louisiane en 2005, le jeune artiste a décidé d’aller vivre sur place, d’y monter son film et de le faire jouer par des autochtones non professionnels.

    Au centre de l’histoire Hushpuppy. Adorable gamine orpheline de mère, elle habite au beau milieu du bayou, dans un invraisemblable bric-à-brac avec son père. Dans le coin vit aussi une communauté de déshérités qui refuse net de céder aux menaces d’expulsion.

    Dotée elle-même d’une incroyable force de caractère pour ses six ans, Hushpuppy a appris à se débrouiller seule, sans peur face à la nature qui s’emballe. Car la température grimpe, les eaux montent, les glaciers fondent, libérant une armée de redoutables aurochs. Parallèlement, l’indomptable et courageuse fillette résiste, se révolte, tentant de sauver son père miné par la maladie qui le ronge.

    Coup d’essai incontestablement transformé pour cette reconstitution symbolique de Katrina, critique de la société américaine qui prend des allures de fable allégorique, de conte fantastique et onirique. Benh Zeitlin, qui a le sens de l’image, du visuel, du mélodrame, partage sa réussite avec sa principale interprète, Ouvenzhané Wallis. Bluffante, craquante, elle porte le film sur ses épaules avec un naturel  irrésistible. Une autre étoile est née…  

    Randonnée mortelle pour "Touristes" 

    images[1].jpgJeune femme introvertie, Tina étouffe en compagnie d’une mère possessive et envahissante. Mais elle tombe amoureuse de Chris, écrivain en herbe, qui vient la sauver de sa terne existence et l’emmène visiter la province anglaise dans sa caravane. Un  tour qui se veut à la fois culturel et érotique. Leurs premières vacances. Un rêve.

    Mais ce séjour qui promettait d’être idyllique va très vite dégénérer par la faute de gens stupides et grossiers, qui s’ingénient à leur gâcher l’existence par leur comportement inepte. Chris et Tina ne voient dès lors qu’une solution pour se débarrasser de cette insupportable faune d’ados, de visiteurs, de campeurs bruyants, négligents, méprisants: les éliminer tout simplement. Et c’est ainsi que la balade des amoureux ne tarde pas à se transformer en une randonnée mortelle sous forme de jeu de massacre.

    Avec Touristes, comédie noire très british à l’humour décalé, grinçant et ses deux héros complètement jetés, Ben Wheatley livre un road movie d’un cynisme assez jubilatoire. Mais dont l’intérêt commence à faiblir au bout d’une heure. Principalement en raison du côté répétitif de l’intrigue, qui empêche le film de tenir toutes ses promesses.

    Jeanne Moreau dans "Une Estonienne à Paris"

    20293344.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgRiche bourgeoise parisienne d’origine estonienne autrefois de mœurs légères, aujourd’hui âgée et  acariâtre, Frida se voit imposer la présence d’une dame de compagnie par Stéphane, son jeune amant d’autrefois. Il s’agit d’Anna, Estonienne elle aussi, qui quitte son pays pour venir l'aider. Mais Frida, capricieuse, autoritaire, méchante, ne veut pas d’elle. Et dans un premier temps, tente de la persuader de retourner chez elle.

    Comme on peut s’en douter pourtant, les deux femmes vont se rapprocher l’une de l’autre. Dopée par Anna, la triste et cruelle Frida aux penchants suicidaires retrouve peu à peu goût à la vie. Et se laisse aller à quelques gestes d’une magnanimité insoupçonnée à l’égard de sa nouvelle amie. De quoi gâcher la deuxième partie de ce film sur les méfaits de l'âge et de la solitude, signé Ilmar Raag. Et où trône Jeanne Moreau, qui aurait fait merveille en vieille dame indigne jusqu’au bout.

    Films à l’affiche dans les salles romandes.

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  • Cinéma: Tom Cruise se coule dans la peau de "Jack Reacher"

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    jack-reacher-tom-cruise1[1].jpgJack Reacher est un fantôme, ex-membre de la police militaire. Un brillant enquêteur, mais aussi un fauteur de troubles qui se fout de la loi et des preuves… Si on se fie à la bande annonce dont ces quelques mots sont tirés,  on se dit que le film est assez prometteur. D’autant que Tom Cruise, le début de cinquantaine alerte, y joue le premier rôle.

    Et en effet  les différents éléments se mettent au début en place d’une manière  intéressante. Après avoir passé quelques minutes en compagnie d’un tireur d’élite qui va  abattre cinq personnes au hasard, on passe dans le bureau du procureur. Où Jack Reacher disparu depuis deux ans et qu’on ne trouve que s’il le veut, se présente comme par miracle à la demande du coupable présumé. Dont une enquête rapide conclut à l’innocence…
     
    C’est ensuite que les choses se gâtent, ceux qui veulent lui faire porter le chapeau commettant bizarrement maladresses sur maladresses. Quant à Jack Reacher, il se démène pour trouver le véritable assassin au sein d’une intrigue aussi grossière qu’invraisemblable. L’une des séquences la plus saugrenue restant l’instant où il dépose ridiculement son arme pour combattre à mains nues et sous la pluie l’affreux crétin qu’il tenait pourtant au bout de son fusil. Sans oublier qu’il avait en plus une jeune femme à tirer de toute urgence des griffes de l'ennemi!
     
    Adapté du roman de Lee Child Folie furieuse, 9e tome des aventures de Jack Reacher, ce retour au film de "vigilante", courant droitier et violent du genre noir qui s’est développé dans les années 70, n’est pour tout dire pas franchement à l’honneur du réalisateur Christopher McQuarrie, scénariste entre autres de l’excellent Usual Suspects. Reste Tom Cruise pour tenter de sauver l'affaire. Sans grand succès... 

    Film à l'affiche dans les salles romandes depuis mercredi 26 décembre.

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  • Cinéma: "L'homme qui rit", portrait d'un adolescent différent

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    220px-Jean-Pierre_Améris_Cabourg_2011[1].jpgLe réalisateur français Jean-Pierre Ameris (photo), à qui l’on doit une douzaine de films de cinéma et de télévision, dont le plus récent Les émotifs anonymes, s’est toujours intéressé aux marginaux, à la différence. Egalement sensible à la pensée de Victor Hugo, il s’est lancé dans une vaste entreprise: adapter L’homme qui rit, une œuvre culte de l’immense écrivain.
     
    Publié sans succès en 1869, situé dans l’Angleterre du XVIIe siècle et porté à l’écran pour la quatrième fois, ce roman étrange, baroque, surréaliste, politiquement engagé, raconte l’histoire de Gwynplaine, un jeune garçon horriblement défiguré par une cicatrice au visage que lui a infligée un trafiquant d’enfants et qui lui donne un douloureux et indélébile sourire. Abandonné, luttant contre uneviolente  tempête hivernale, il est recueilli avec Dea, une petite orpheline aveugle, par le forain Ursus, un costaud pittoresque au grand cœur.
     
    Déterminé à tirer parti de son apparence physique, une singularité dont s’est notamment inspiré le dessinateur Bob Kane pour le Joker de Batman, Gwynplaine acquiert une telle renommée dans le spectacle de rue, qu’il est appelé à la Cour. Mais les portes de la célébrité et de la richesse s'ouvrent pour mieux l’éloigner de Dea et Ursus, les seuls qui l’aient toujours aimé pour lui-même.
     
    Beaux costumes et beaux décors dans cet hommage admiratif où on retrouve Gérard Depardieu aux côtés de Marc-André Grondin, Christa Théret et Emmanuelle Seignier. Mais à l’exception de quelques scènes réussies, l’opus peine à convaincre au niveau de la réalisation et de l’interprétation, trop inégale.

    De passage à Genève, le cinéaste évoque la genèse de l’opus, qui remonte à loin. "En 1971, j’avais dix ans et le feuilleton passait à la télévision. Ca m’a impressionné, j’ai eu peur et ma mère n’a pas voulu que je voie la fin. A 15 ans, je retrouve l’histoire, me plonge dedans. Elle correspond à l’ado que suis, très complexé car je mesurais déjà deux mètres. Du coup, je suis bouleversé, je m’identifie au héros qui a des doutes sur son apparence, mais se sert de cette faille pour avancer".

    Vous avez eu beaucoup de difficultés à parvenir à vos fins.

    Effectivement que ce soit dans le financement qui m'a été refusé en 2002, l’adaptation ou la mise en scène. Avec mon co-scénariste Guillaume Laurant nous avons écrit de 2007 à 2010. Mon problème était de rester fidèle à l’esprit de Victor Hugo, tout en me centrant particulièrement sur Gwynplaine, un garçon dans lequel un jeune d’aujourd’hui pourrait se reconnaître. En ce qui concerne le style, j’ai consulté des spécialistes de l’écrivain. Je redoutais leur vision avec ce mélange de tragique d’émotion, de mélodrame, de  grotesque.

    images[2].jpgLa transformation de Marc-André Grondin en Gwynplaine a-t-elle exigé beaucoup de travail?

    Il porte une prothèse des paupières au menton et on dessine les cicatrices dessus. Cela demande trois heures de maquillage, sans compter les corrections dans la journée.  

    Comment s’est passée la collaboration avec Gérard Depardieu?

    C’était également pas mal de travail... mais cela correspondait heureusement à son désir du film. Il aime ce roman, qui représente quelque chose d’autobiographique pour lui. Il y a mis beaucoup de lui-même. Mais il faut batailler contre son impatience. Gérard a des points communs avec Benoît Poelvoorde. Tous deux veulent être dirigés. Mais souvent les réalisateurs en ont peur.

    Pourquoi tourner à Prague?

    C’était un autre parti pris pour rendre hommage au cinéma de studio dont on a perdu le savoir-faire. Mais surtout, je ne voulais pas réaliser le film en décors réels. Une féérie exige le studio. Et depuis 2006, ceux de Barrandov représentent le top du top.

    Film à l'affiche dans les salles romandes, mercredi 26 décembre.

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