Google Analytics

Sorties de la Semaine - Page 70

  • Cinéma: "Spring Breakers", sex, drug and guns pour sexy bad girls

    Imprimer

    spring-breakers-image09[1].jpgChantre de la culture pop, alors enfant terrible et surdoué du cinéma indépendant américain, scénariste à 19 ans de Larry Clark dans les années 90 pour Kids et Ken Park, Harmony Korine a secoué la Mostra de Venise en septembre dernier, avec Spring Breakers.

    Après les radicaux Gummo (1998), Julien Donkey Boy, étiqueté dogme (1999), et Trash Humpers en 2009, il met en scène de sulfureuses créatures peu vêtues à la plastique de rêve. S'exhibant dans de suggestifs bkinis, sa femme Rachel Korine, Ahsley Benson, ainsi que Vanessa Hudgens et Selena Gomez (l'ex de Justin Beaber), issues de l’école Disney, qui viennent casser leur image de jeunes filles sages.  

    Et ça dérape vite fait, les sexy girls fauchées et sans état d’âme braquent un restaurant pour financer leur Spring Break. Autrement dit la semaine de vacances d’avril, où les étudiants fondent sur la Floride pour s’éclater sur la plage au soleil, dans une débauche de drogue, d’alcool, d’électro et de sexe. Toujours aussi gras et moche, le sexe, avec cette exaspérante manie des Américains de mimer sottement l’éjaculation via des canettes de bière!  

    Mais bref. Alors qu’elles se lâchent dans un motel, les minettes en folie sont embarquées par les flics et se retrouvent en mini deux pièces dans une cellule. D’où, flairant le bon filon, les sort l’improbable gangsta sudiste et dealer Alien (James Franco) aux dents métallisées, aussi porté sur le flingue que sur le mysticisme. Sentant les choses se gâter, l’une des filles, c’est le côté moral, décide de rentrer chez papa-maman.

    Dès lors le teen movie trash sombre dans le glauque infernal, à la fois cauchemardesque et fantasmatique. Les  bad girls en survêtements flashy ivres d'une jouissive puissance, virent carrément sociopathe et défouraillent à volonté sur tout ce qui bouge dans des décors acidulés. Entre jeu vidéo, clips de rap ou MTV, films de gangsters revisités, le réalisateur donne ainsi une fois encore l’image d’une jeunesse américaine naïve, decadente, perdue et livrée à elle-même.

    On perçoit certes ses intentions symboliques et métaphoriques. Voire comiques. On peine toutefois un peu à imaginer l’innocence et la beauté dans l’apologie d’un monde violent et sans valeurs, sinon celles, éternelles et plus mainstream qu'underground du fric, du sexe, du pouvoir. Reste que ce Spring Breakers sous substance, labellisé expérience sensorielle par son auteur et déjà considéré comme le  "it film" de l’année, ne devrait pas tarder à devenir culte.

    Film  à l'affiche dans les salles romandes, mercredi 6 mars.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 1 commentaire
  • Cinéma: "Argerich/Bloody Daughter", "Comme des lions à l'entrée de la nuit"

    Imprimer

    550194_236795489788926_1149730105_n[1].jpg

    Parmi les nombreuses sorties de la semaine, deux documentaires pour les amateurs du genre. Suisses de surcroît. Fille de la célèbre pianiste argentine, la genevoise Stéphanie Argerich nous laisse pénétrer dans l’intimité de sa famille, dominée par la figure de la grande Martha.

    Dans son premier long-métrage, sous-titré Bloody Daughter et qui s’ouvre sur son propre accouchement, elle se  penche plus particulièrement sur la relation entre la "déesse" et ses trois filles. Evoquant leurs souvenirs, elles laissent découvrir un univers, complexe, chaotique, hors du commun.

    L’auteur pose à sa fantasque et ardente héroïne des questions parfois embarrassantes sur ses demi-sœurs, l’une née Lyda Chen et l’autre Annie Dutoit, sur la difficulté à mener de front maternité, carrière artistique qui l’emmène aux quatre coins de la planète, vie de couple. L’occasion de donner également la parole à son père, Stéphane Kovacevich, autre géant du monde musical, interprète de Beethoven.

    Dans cette plongée sans détour au cœur d’une étonnante galaxie familiale, la réalisatrice alterne les prises de vue en direct avec des images d’archives, tout en livrant ses propres impressions  off. L’ensemble donne un documentaire certes émouvant et inédit dans ce qu’il révèle de sa protagoniste principale, mais bancal.

    En réalité, il tient davantage du journal de son auteur que du portrait de sa mère. Du coup cela manque singulièrement de musique. Les fans de l’artiste doivent ainsi se contenter de quelques scènes  lors de répétitions ou de concerts. L’opus n’en a pas moins remporté un Fipa d’or dans sa catégorie au festival de Biarritz.

    Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit

    LP_04[1].jpgUn autre cinéaste genevois, Olivier Zuchuat, propose la découverte d’un pan tragique et méconnu de l’histoire grecque, en nous emmenant à Makronissos, petite île des Cyclades. Elle a servi, entre 1948 et 1951, de prison à plus de 80.000 soldats et civils, internés dans des camps de rééducation pour activité communiste.

    Parmi eux se trouvaient de nombreux écrivains et poètes dont Yannis Ritsos. En dépit de leurs terribles conditions d'existence, ils ont réussi à écrire des textes décrivant cet enfer concentrationnaire.  Certains, cachés dans des bouteilles et enterrés sur place, ont été retrouvés, inspirant son désir de film à Zuchuat. 

    Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit mêle à de rares archives photographiques et cinématographiques la lecture de ces poèmes et les discours de rééducation diffusés en permanence par les haut-parleurs. Alors que de longs travellings balayent les ruines du camp, cette résistance à l’oppression par les mots donne un film d’un abord un peu difficile, mais indispensable contre l’oubli.

     

    Films à l’affiche dans les salles romandes, mercredi 27 février.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 3 commentaires
  • Cinéma: "Hyde Park On Hudson", "Sublimes créatures", "Zaytoun", "Moebius", "Cyanure", "Boule et Bill"

    Imprimer

    cn_image.size.hyde-park-on-hudson-bill-murray[1].jpgSemaine chargée avec une dizaine de nouveaux films au programme, mais qui ne combleront pas forcément les grands amateurs de pellicule. Même s’il y en a pour tous les goûts entre  le  drame, le fantastique, l’espionnage, l’adaptation BD, le documentaire. Ou la comédie politico-romantique comme Hyde Park On Hudson (Week-End royal).

    Nous sommes en juin 1939, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Le président Franklin D. Roosevelt, incarné par un Bill Murray facétieux, reçoit dans sa propriété campagnarde George V et la reine Elizabeth. C’est la première fois que des majestés britanniques se rendent aux Etats-Unis depuis l’indépendance.

    Ce court séjour est d’une importance capitale, la Grande-Bretagne qui se prépare à entrer en guerre contre l’Allemagne espérant obtenir l’aide militaire américaine. Mais les souverains ne tardent pas à découvrir l’étrange mode de vie du président handicapé, pourtant au faîte de ses responsabilités, mais plus intéressé par la relation qu’il entretient notamment avec sa cousine Daisy que par les affaires internationales.

    On peut du coup reprocher au réalisateur Roger Michell, à qui l’on doit notamment Coup de foudre à Notting Hill, de courir deux lièvres à la fois et de nuire ainsi aux deux intrigues. En même temps, profiter de la visite du bègue George V (magnifiquement interprété par Colin Firth dans Le discours d’un roi) pour révéler les escapades adultères du président, tandis que la progressiste Eleanor ferme les yeux, permet à Michell de se livrer à une petite étude de mœurs.

    L’attitude et les manières cavalières de l’hôte de la Maison Blanche, impénitent coureur de jupons en dépit de son âge et de sa condition physique, nanti d’une femme indépendante, tranche ainsi sur le comportement vieillot du jeune coupe royal, s’offusquant facilement des entorses à l’étiquette. Autant de prétextes à quelques scènes amusantes dont celle d’un pique-nique organisé par la première dame avec dégustation imposée de hot-dogs…

    En d’autres termes, ça ne mange pas de pain, mais c’est divertissant et ça se laisse voir.

    Avec Sublimes créatures, c’est reparti pour la saga!

    beautifulcreatures[1].jpgTwilight c’est fini, mais voilà que lui succède déjà Sublimes Creatures, adapté de la saga littéraire 16 lunes, où les sorcières ont remplacé les vampires. Ce qui ne rend pas leurs amourettes avec les humains plus faciles. C’est du moins ce qu’on apprend dans ce qui devrait logiquement constituer le premier volet d’une longue série.

    Ethan Wake s’ennuie dans son bled du sud des Etats-Unis, jusqu’au jour où de mystérieux phénomènes se produisent avec l’arrivée dans son lycée d’une nouvelle élève, Lena Duchannes. Alors qu’elle se heurte à l’animosité des habitants, Ethan est au contraire très attiré par la jeune fille douée de pouvoirs surnaturels.

    Mais une terrible épreuve attend les amoureux. Le seizième anniversaire de Lena approche et c’est là quelle saura si elle est vouée aux forces bénéfiques de la lumière ou à la puissance maléfique des ténèbres. Rien de bien nouveau donc sous le soleil sinon quelques beaux effets visuels, un peu moins de mièvrerie et un peu plus d’humour que dans Twilight. En revanche, on ne sait pas si les deux comédiens Alice Englert et Alden Ehrenreich (photo) vont autant faire craquer les ados que Kristen Stewart et Robert Pattinson.

    Zaytoun, drôle d’endroit pour une rencontre

    20395749.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgC’est l’histoire, en 1982, d’un pilote de chasse israélien dont l’avion a été abattu au-dessus de Beyrouth en pleine guerre du Liban, et d’un petit réfugié palestinien de 12 ans. Blessé et fait prisonnier, le premier est gardé par le second. Au début, ils ne font que se cracher des insultes à la figure. Mais leur méfiance ne tarde pas à se  muer en amitié, lorsque le gamin orphelin libère le soldat. Tous les deux  traversent alors un pays déchiré par la guerre pour retrouver une terre qu’ils considérent chacun comme la leur et y planter un olivier.

    Eran Riklis, dont on avait beaucoup aimé La fiancée syrienne, se montre moins inspiré et original dans Zaytoun, proposant une fable simpliste, naïve, trop téléphonée pour séduire en dépit de ses protagonistes souvent émouvants. Servis par de bons acteurs, à commencer par le jeune Abdallah el-Akai, qui donne la réplique à l’Américain Stephen Dorff, en l’occurrence plus Israélien que nature.

    Jean Dujardin joue l'espion russe dans Moebius

    jean-dujardin-cecile-de-france[1].jpgEn dépit de certains critiques français, portant aux nues le dernier-né d’Eric Rochant, évoquant un scénario sous tension permanente, remarquablement écrit, un film d’espionnage digne des maîtres du genre, pimenté d’un thriller sensuel, charnel et vénéneux avec des comédiens flamboyants, on est très loin du compte avec Moebius.

    Le cinéaste met en scène un officier des services secrets russes qui tombe follement amoureux d’une surdouée de la finance qu’il est censé manipuler. Dit de cette manière, cela paraît simple, mais en réalité il s’agit d’un intrigue embrouillée, confuse, sans grand intérêt et qui n’a pas grand-chose à voir avec le suspense haletant à la Hitchcock qu'on lui prête. 

    Sans oublier le côté romance de la chose, où on retrouve les amants maudits incarnés par l’improbable Russe Jean Dujardin et Cécile de France, spécialiste des faux-semblants, dans de pathétiques scènes d’amour frisant le ridicule. Pour vous dire, il suffit que Jean hausse le sourcil pour que Cécile entre en transes!

    Cyanure, une affaire toxique

    03-cyanure[1].jpgTrois ans après Coeur animal, qui lui avait valu le prix du cinéma suisse, la Vaudoise Séverine Cornamusaz revient avec Cyanure où elle évoque les retrouvailles de Joe qui vient de sortir de prison et de son fils Achille, 13 ans, qu’il n’a jamais connu. Mais ce dernier le vénère et l’idéalis, l’imaginant en divers superhéros, illustrés dans le film par des images de bande dessinée.

    A côté le nouveau compagnon de sa mère, qu’il ne supporte pas, ne fait évidemment pas le poids et Achille rêve de réunir ses deux parents pour former une super famille. Mais quand il découvre la vraie nature de son père, qui n'a aucune intention d'assumer son rôle, le retour à la réalité est rude pour tout le monde. Le spectateur, lui, souffre plus ou moins depuis le début…

    Deux mots sur Boule et Bill, première et on espère dernière adaptation sur grand écran par Alexandre Charlot et Franck Magnier de la célèbre bande dessinée éponyme créée par Jean Roba en 1959. Avec Marina Foïs et Franck Dubosc dans le rôle des parents etl’agaçant Charles Crombez dans celui du gamin.Sans parler de l’exaspérante voix off pour le chien.
    A suivre les deux documentaires de la semaine.

    Films à l’affiche en Suisse romande mercredi 27 février.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Cinéma: "Pierre de patience", "Post Tenebras Lux", "Virgin Tales"

    Imprimer

    723554_PIERRE_DE_PATIENCE_affiche_foto610x342[1].jpgDans la mythologie perse, une pierre de patience (syngué sabour) est une pierre magique que l’on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances ses douleurs, ses misères. Et la pierre écoute tout cela jusqu’au jour où elle éclate. C’est, au pied des montagnes de Kaboul, ce que devient pour sa jeune femme un héros de guerre dans le coma.

    Au milieu d’une guerre fratricide, avec les combattants à sa porte, la femme reste d’abord à son chevet, priant pour le ramener à la vie. Puis elle décide de fuir pour protéger ses deux fillettes et se réfugie dans une maison close tenue par sa tante. Mais elle revient auprès de son mari. Provoquant des soldats, elle se prostitue et se fait violer. Mais, contre toute attente, c’est là qu’elle prend conscience de son corps et se libère pour confier à ce vieil homme alors tyrannique, gisant mourant à présent près d’elle, ses désirs, ses frustrations, ses secrets les plus intimes et les plus inavouables.

    Le réalisateur Atiq Rahimi a adapté son propre roman, prix Goncourt en 2008. Il en fait un film émouvant, révélateur, emblématique. Se déroulant en majorité dans une chambre dénuée de tout décor, il est porté de bout en bout par Golshifteh Farahani (photo), magnifique interprète de cette femme  symbole, retrouvant à travers un long monologue, une parole bafouée et interdite.

    Post Tenebras Lux, obscur objet de cinéma

    images[1].jpgDans ce film au titre latin tiré du Livre de Job, la caméra du cinéaste mexicain Carlos Reygadas suit une famille de citadins qui s'est installée à la campagne, au sein d’une nature hostile et boueuse. Le début, très prometteur, montre une petite fille batifolant dans un pré au milieu de chevaux, de vaches et de dogues menaçants. L’orage gronde  tandis que le ciel zébré d’éclairs commence à s’assombrir---
     
    La nuit venue, surgit dans la maison un effrayant diable rouge translucide et fluorescent, à longue queue et en talons aiguilles qui se balade avec une boîte à outils en inspectant les lieux. C’est à partir de là que les choses se gâtent. Le spectateur perdu dans le labyrinthe installé par Carlos Reygadas, finit par se sentir complètement largué en se retrouvant par exemple dans un sauna échangiste parisien, face à des images crues, cruelles, de corps nus vieillissants.
     
    Autrement dit, un film impossible à résumer et difficile à saisir qui se révélait l’œuvre la plus hermétique et la plus huée de la compétition cannoise en mai dernier. Il avait néanmoins décroché le prix de la mise en scène, pour sa virtuosité formelle.

    Virgin Tales, l’utopie évangéliste

    rvirgin_tales[1].jpgLa chasteté comme riposte aux attitudes et pratiques actuelles. C’est la deuxième révolution sexuelle que proclament les chrétiens évangélistes aux Etats-Unis. Une jeune fille sur huit a ainsi juré de rester pure jusqu’au mariage, poussant le concept jusqu’à éviter d’échanger son premier baiser avant de rallier l’autel.
     
    Pendant deux ans la Suissesse Mirjam Von Arx s’est intéressée au quotidien des Wilson, un couple d’Américains parents de sept enfants, cinq filles et deux garçons, fondateurs du "bal des vierges" (purity ball), où les pères dansent avec leurs filles. Une famille où règne une harmonie parfaite, à peine troublée par l’attente du prince charmant par une jeune fille de 20 ans.

    Pour tromper son impatience et ses envies, elle donne des cours de bonnes manières inspirées d’un manuel d’un autre âge. Dans son documentaire, la réalisatrice montre ce monde à l’apparence immaculée, bourré de règles et de rites, générant un sentiment de malaise. Comme ces scènes où les enfants agenouillés reçoivent tour à tour la bénédiction du patriarche.
     
    On regrettera toutefois qu’elle se soit trop souvent contentée d’observer. D’où un manque de questionnement et de regard sur cette utopie évangéliste inquiétante, dans une église en pleine expansion.

    Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 20 février.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 4 commentaires
  • Cinéma: Vive la France!, un délire télé pour un nouveau navet

    Imprimer

    20111380[1].jpgL’enthousiasme des animateurs télé, dont notamment celui d’un Ruquier carrément scié et racontant dans "On n'est pas couché" à quel point il avait trouvé hyperdrôle le deuxième film de Michaël Youn, laisse à nouveau pantois.

    Sous Borat hexagonal, bien que son auteur se disant inspiré d’un fait divers arrivé en Italie se défende d’un quelconque emprunt à la pochade de Sacha Baron Cohen, Vive la France!, raconte l’aventure de deux bergers du Taboulistan s’improvisant terroristes. Leur mission: détruire la Tour Eiffel dans le but de faire connaître leur minuscule contrée lointaine. 

    Suite à une grève leur avion atterrit en Corse, d’où une traversée forcée du pays pour rallier Paris. Un périple ridiculement mouvementé, permettant aux deux pieds nickelés Muzafar et Feruz, alias Platini et Noah (vous saisissez la puissance comique j'espère), de découvrir que si la France est belle, elle est malheureusement peuplée de… Français.
     
    Méchant, cynique, politiquement incorrect ? Hélas non. Pathétique, Michaël Youn flanqué d’un José Garcia grotesque accumule,sans les maîtriser, les stéréotypes franchouillards genre irréductibles Gaulois beaufs, racistes et râleurs, les clichés et les gags foireux. Pour livrer une farce laborieuse, bâclée, grossière et indigeste que plombe encore une histoire d’amour entre le réalisateur acteur et sa compagne Isabelle Funaro.  

    To Die Hard: belle journée pour mourir…

    A-Good-Day-to-Die-Hard1[1].jpgL’autre gros navet de la semaine, c’est la cinquième resucée de Die Hard, où le sempiternel flic newyorkais McClane vole au secours de son fils Jack, arrêté à Moscou pour meurtre. Mais il ignore que ce dernier est en réalité un agent de la CIA chargé d’empêcher un vol d’armes atomiques. Et voici, en compagnie de son fiston, le fameux antihéros toujours au mauvais endroit au mauvais moment, embarqué cette fois dans une sale affaire nucléaire, avec la mafia russe aux fesses.

    Overdose de courses poursuites (avec destruction de 132 voitures pendant le tournage), surenchère pyrotechnique, déferlement de cascades et d’effets numériques pour une intrigue en forme de jeu vidéo où se multiplient les erreurs et les incohérences, c'est un véritable pensum. Si l’on ajoute un Bruce Willis en roue libre qui a l'air de s'ennuyer comme un rat mort, on se dit que cette Belle journée pour mourir est surtout un bon moment pour arrêter les frais…

    Films à l'affiche en Suisse romande dès mercredi 20 février.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 8 commentaires
  • Cinéma: "Flight", "Les Misérables", "Héritage"

    Imprimer

    film-flight-570[1].jpgAprès trois longs métrages d’animation qui lui ont pris une douzaine d’années, Robert Zemeckis, notamment oscarisé pour Forrest Gump en 1995, opère un grand retour aux prises de vue réelles avec des acteurs en chair et en os. Fasciné par le gros potentiel dramatique du scénario de John Gatins, tiré d’un accident survenu en Alaska en 2001, il raconte dans Flight l’histoire de Whip Whitaker. Pilote de ligne hors pair, il réussit  miraculeusement à poser son avion  dans  un champ après un accident en plein ciel.

    Seuls six morts sont à déplorer sur un total de 102 personnes à bord. Un exploit qui fait  naturellement de Whip un héros traqué par les médias. Mais l’enquête qui suit le crash provoque  de nombreuses interrogations sur ce qui s’est réellement passé à bord du vol  227. Soupçonné d’alcoolisme, Whip se voit soudain mis au ban de la société. En dépit de ses affirmations, relayées par l’Administration fédérale de l’aviation américaine, selon lesquelles personne d’autre que lui n’aurait pu faire atterrir l'appareil. 

    Portant sur ses épaules l’opus, à la fois film catastrophe, de procès et drame intimiste, Denzel Washington se glisse avec talent dans la peau de ce pilote écorché vif, héros et loser, dépendant à l’alcool et à la coke, naviguant entre orgueil, démesure et autodestruction. L’avocat de Philadelphia est évidemment nommé à l’Oscar du meilleur acteur qu’il avait d’ailleurs déjà obtenu en 2002, pour son rôle dans Training Day.

     De son côté l’efficace Robert Zemeckis propose quelques magistrales scènes d’action,  dont l’incroyable retournement de l’appareil sur le dos avant l’impressionnant écrasement au sol.  Dommage pourtant que l’œuvre ne tienne pas toutes ses promesses dans une deuxième partie. Centrée sur le portrait psychologique du personnage et sa rencontre avec une junkie, elle nous emmène vers un inévitable dénouement  moralisateur.   

    Tom Hooper revisite Les Misérables 

    20364091.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgS’inspirant de la comédie musicale Les Misérables, à ce jour celle qui a enregistré le plus grand nombre de spectateurs dans le monde, Tom Hooper livre une énième version cinématographique du chef d’œuvre de Victor Hugo. Albert Capellani s’y était déjà attelé en 2912, suivi par Raymond Bernard, auteur d’une trilogie en 1933. En 1957 c’est Jean-Paul Le Chanois qui s’y colle (Jean Gabin jouant Jean Valjean), puis Robert Hossein en 1982. Claude Lelouch s’attaque au mythe en 1995 et Bille August trois ans plus tard. 

    Au tour de Tom Hooper ( l’excellent auteur de Le discours d’un roi) de se laisser happer par la poignante histoire du célèbre écrivain français. Ne lésinant pas sur le casting, il s’est offert  Hugh Jackman, Russel Crowe, Anne Hathaway, Amanda Seyfried ou encore Helena Bonham Carter, qui ont en plus interprété les chansons en direct sur le tournage. Une performance  vocale (si l’on excepte celle de Russel Crowe) qui, ajoutée au côté spectaculaire de l’œuvre lui vaut d’être nommée dans huit catégories aux Oscars, dont celle du meilleur film, après avoir décroché le Golden Globe de la comédie musicale.  

    Logique, on adore ça dans la Mecque de la pellicule. Voilà qui ne nous laisse pas moins songeur lorsqu’on découvre les tribulations hollywoodiennes du héros hugolien, forçat évadé devenu maire d’une petite ville, sauveur de la pauvre Fantine, père adoptif de sa fille Cosette et poursuivi par l’implacable Javert. Le tout sur fond d’insurrection républicaine de juin 1832. Bref on est loin de l’ampleur épique et du réalisme subtil du roman.  

    Du coup, on peine à se passionner pour le destin tragique des personnages au fil d’un interminable récit de 2h 30 qui s’embourbe à l’image d’un Jean Valjean enchaîné, rampant misérablement dans la fange. Autrement dit,  à quelques exceptions près, ce show se révèle kitsch, mièvre  et bondieusard.De quoi faire se retourner plus souvent qu’à son tour le grand Victor Hugo dans sa tombe.  Ou, comme on peut le lire chez un critique de Marianne : Si Jean Valjean avait su qu’il tomberait un jour entre les griffes de Tom Hooper, il serait sans doute resté au bagne… ». Dur, mais pas faux. 

    Héritage, portrait de famille

    HD-121206171813-1012_hd_Heritage[1].jpgScénariste, comédienne (La fiancée syrienne, Les citronniers, Munich), Hiam Abbass passe derrière la caméra pour un premier long-métrage où elle nous plonge au cœur d’une famille palestinenne de Galilée, à la frontière libanaise. Entre la célébration d’un mariage et la mort du patriarche, ses membres se rassemblent, alors que la guerre menace.   

    Dans ce film choral, Hiam Abbas mêle générations, modernité et tradition, petits secrets et grands tourments, sur fond d’histoire et de politique. Avec comme élément central  le choc des cultures. Il est symbolisé par la fille cadette Hajar ( magnifique Hafsia Herzi) que son père a envoyée faire des études à Haïfa.

    Décidée à conquérir sa liberté, amoureuse de son jeune professeur de dessin anglais (photo), elle n’a pas l’intention de se couler dans le moule en épousant son cousin Ali. Inutile de dire que ses velléités d’indépendance passent mal dans cette société patriarcale, mais n’en révèlent pas moins amours interdites, intrigues et compromissions au sein du microcosme.

    Une fresque familiale pleine de chaleur et d’énergie, mais dont la complexité foisonnante nuit à la maîtrise. Elle est en revanche servie par de très bons acteurs.

    Films à l’affiche dans les salles romandes depuis mercredi 13 février.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 1 commentaire
  • Cinéma: "Hitchcock", "Main dans la main", "Amitiés sincères", "Arbitrage", "Gangster Squad"

    Imprimer

    hitchcock-hopkins[1].jpgSi la quantité est au rendez-vous, la qualité laisse à désirer dans les sorties de la semaine qui font une large place à la comédie, en majorité française. Mais commençons par un ersatz de biographie du grand Hitchcock, son auteur Sacha Gervasi se penchant plus particulièrement sur la relation d’Alfred  avec sa femme Alma  Reville, la plus fidèle de ses collaboratrices et son principal soutien.

    En l’occurrence dans son projet, rejeté par son entourage,  d'évoquer un tueur en série. Mais au risque de tout perdre, le couple tient bon pour mener à terme le célébrissime et controversé Psychose. Anthony Hopkins, qui  donne la réplique à Helen Mirren, tente l’audacieux pari d’incarner l’ineffable Hitch. Mais le comédien en fait des tonnes dans sa volonté d’imitation assumée, mais si appliquée qu’elle vire à la caricature. 

    Les spécialistes du maître du suspense ont par ailleurs tendance à s’étrangler devant l’inutilité, voire la trivialité d’une histoire visant à réduire le mythe au commun des mortels. Mais tout n’est pas à jeter dans cette adaptation certes sans génie mais plutôt amusante du livre Alfred Hitchcock And The Making Of Psycho.

    Main dans la main pour un coup de foudre peu banal

    main-dans-la-main[1].jpgLorsque la directrice de l’école de danse  de l’Opéra Garnier Hélène Marchal et le miroitier de province Joachim Fox se rencontrent, c’est plus que le coup de foudre. Ils sont  carrément aimantés l’un par l’autre. Au point qu’ils ne peuvent plus se séparer, liés par une force qui les dépasse et les oblige à rester quasiment collés l’un à l’autre, sorte d’automates condamnés à faire les mêmes gestes au même moment.
     
    Une idée originale et pour le moins farfelue tout droit sortie de la tête de Valérie Donzelli. Cette fantaisie à la fois absurde et légères donne lieu à certaines scènes loufoques et parfois irrésistibles entre Valérie Lemercier et Joachim Elkaïm, chargés d’interpréter ce couple ultra fusionnel. 

    Du moins dans la première partie. Car la grande difficulté, dans ce genre de sujet, c’est de garder la cap et de tenir la distance.  Mais la réalisatrice, qui nous avait beaucoup séduit au long de La guerre est déclarée, son précédent opus, n’évite pas les dérapages, finissant par gâcher ses intentions de départ dans un fade épilogue new-yorkais.

    Amitiés sincères et gros mensonges  

    amities-sinceres[1].jpgTrois vieux potes, Gérard Lanvin, Jean-Hugues Anglade et Vladimir Yordanoff, se réunissant une fois par semaine pour une bouffe bien arrosée,voilà qui pouvait tourner à la  redoutable  beaufitude. Contre toute attente, ce n’est pas le cas d' Amitiés sincères, adaptation d’une pièce de théâtre à l’écran par ses auteurs Stéphan Archinard et François Prévost-Leygonie.

    Contrairement à ce que son titre suggère, l’intrigue est basée sur le mensonge. Réac et donneur de leçons n'ayant jamais tort, Lanvin ne se rend pas compte qu’on lui cache l’essentiel. Il ne sait pas que Yordanoff est gay et ignore surtout qu’Anglade se tape sa fille. Inutile de préciser que ce fort en gueule va tomber de haut lorsqu’il découvrira la chose.

    Une réflexion qui n’est pas à tomber par terre mais se révèle plutôt drôle et touchante sur l’amour, l’amitié, les relations père-fille. De leur côté, les comédiens bien dirigés assurent sans cabontiner,  Lanvin en tête.

    On n’en dira pas autant de Tu honoreras ta mère et ta mère, encore une comédie française où Brigitte Roüan fait du n’importe quoi n’importe comment  en Grèce, sur fond de théâtre antique. Dans cette laborieuse farce de patronage, son héroïne Jo réunit, autour du festival qu’elle organise chaque été, ses quatre garçons adultes, leurs compagnes et leur marmaille.

    Une bande qui nous vaut des chamailleries, des rires et des larmes tombant aussi à plat que les gags qui émaillent cette agaçante, hystérique et pathétique réunion de famille. Dont les membres squattent de surcroît, situation hautement probable, une belle villa sur les hauteurs de l’île. Sans parler des acteurs en roue libre, de Nicole Garcia  à Eric Caravaca en passant par Gaspard Ulliel. 

    Arbitrage pour Richard Gere

    arbitrage-gere-still-660[1].jpgSexa sexy, mari  d’une femme magnifique, père d’une fille brillante, Robert Miller, incarnation du rêve américain, règne sur la finance de Big Apple. Mais les apparences sont trompeuses. Manipulateur, jouant dangereusement avec l’argent de ses clients, ce rouage de la machine qui a conduit à la crise de 2008 est sur le point de s’effondrer.

    A deux doigts de parvenir à tout vendre pour éviter la découverte de fraudes massives, le magnat provoque un accident qui coûte la vie  à sa belle et jeune maîtresse française. Incapable de faire face, il s’enfuit lâchement. Dès lors, pas facile de s’en sortir sans franchir les limites…

    Tenant la forme, Richard Gere incarne aux côtés de Susan Sarandon et Laetitia Casta ce milliardaire douteux qui se croyait invulnérable, dans un thriller signé Nicolas Jarecki. Pas d’une originalité folle mais efficace et rondement mené. Un bémol sur la nature inutilement complexe des magouilles financières.    


    Gangster Squad veut sauver L.A. des mafieux

    Gangster-Squad1[1].jpgOn se demande quelle mouche a piqué Sean Penn pour aller se ridiculiser en parrain impitoyable de la mafia dans le Los Angeles de la fin des années quarante, avec sous sa coupe hommes politiques et policiers plus corrompus les uns que les autres. Bref tous ont le trouillomètre à zéro, à l’exception d’une petite brigade de durs à cuire, prêts à en découdre avec le redoutable Mickey Cohen et lui bousiller son empire.

    Un film noir a priori attirant dans un style rétro façon  Incorruptibles avec gangsters à la gâchette facile, ambiances enfumées de palaces et de casinos où ondulent de fatales créatures…

    Mais Ruben Fleischer joue les pâles copieurs, nous soûlant d’interminables fusillades tout en se complaisant dans un étalage de violence. Heureusement  qu’il y a le beau Ryan Rosling et la "glamoureuse" Emma Stone pour nous offrir de brefs instants de douceur et de grâce dans ce monde de brutes…

    Films à l’affiche dans les salles romandes mercredi 6 février.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Cinéma: "Blanche-Neige" revisité par l'Espagnol Pablo Berger. Un somptueux muet en noir et blanc

    Imprimer

    images[2].jpgBlanche-Neige a beaucoup inspiré les réalisateurs ces derniers mois. Après deux adaptations américaines des aventures de la célèbre héroïne, c’est au tour de l’Espagnol Pablo Berger (photo)de détourner le conte des frères Grimm, pour nous livrer une version muette au noir et blanc somptueux. 

    Voilà qui nous rappelle évidemment The Artist, qui a coiffé au poteau l’infortuné cinéaste, qui s'était  attelé au projet il y a un bon bout de temps. Sans doute Blancanieves, également nominé aux Oscars, ne connaîtra pas le fabuleux destin du film de Michel Hazanavicius. Il n’en séduit pas moins par l’excellence de l’image, de la réalisation, des comédiens, ainsi que par le côté émouvant et original de l’intrigue. 

    Transposée dans les années 20 espagnoles, dont le réalisateur propose une minutieuse et splendide reconstitution, la fameuse histoire est ici celle d’une petite fille qui ne connaissait pas sa mère biologique. Sa belle-mère, redoutable marâtre (jouée par Maribel Verdu qui présente une ressemblance troublante avec Rachida Dati…), la déteste. Pour lui échapper, elle s’enfuit et décide de devenir un célèbre toréador, comme son père. Elle est accompagnée de sept nains, petits toréros protecteurs, qui s’exhibent dans les fêtes foraines.

    De passage à Genève, le chaleureux et sympathique Pablo Berger, 51 ans, auteur de Torremolinos 73, un immense succès commercial dans son pays, nous parle de son second long-métrage, à la fois une comédie musicale, un mélodrame poignant, une belle histoire d’amour et un hommage au cinéma européen, aux Renoir, Duvivier, Murnau ou Pabs. 

    "J’adore les films muets. J’avais 18 ans lorsque j’en ai vu un pour la première fois à San Sebastian.  j’ai ressenti des choses jamais éprouvées auparavant. Je me suis alors juré qu’un jour j’en ferai un. Cela m’a pris 25 ans".

    Malheureusement, vous arrivez après le triomphe quasi planétaire de The Artist.

    Je reconnais que je n’étais pas très heureux que The Artist gagne la course. C’est d’autant plus frustrant que je l’avais commencée avant. Mais j’ai eu énormément de mal à financer le film. Cela m’a demandé plus de trois ans.

    Finalement, l’avez-vous vécu comme un handicap ou un atout ?

    Les deux. D’un côté l’élément de surprise n’existait plus et de l’autre, pour le public aujourd'hui, un film muet n’est plus si étrange. J’ai positivé le côté négatif de l'affaire. Il faut avancer. Surfons sur la vague me suis-je dit. Les deux films sont très différents. J’ai beaucoup aimé The Artist, que je trouve à la fois magnifique et très drôle.

    Vous surfez aussi sur la vague du sujet, dont on a vu deux longs-métrages l’an dernier. 

    C’est vrai. Toujours ce retard pour une question d'argent. Au départ j'avais choisi ce conte parce que le genre offre plein de possibilités, d’intrigues et de sous-intrigues notamment.

    Pourquoi faire de Blanche-Neige un toréador vedette, qui  marche sur les traces de son père?

    2583_gl[1].jpgJe ne voulais pas en faire une simple princesse alors qu’à l’époque, le toréador était un roi en  Espagne. Sinon un mythe. 

    Comment ont réagi les comédiens?

    Ils ont été les premiers à se déclarer enchantés par l'idée. Maribel Verdu était sous le charme. Elle n’avait jamais joué un tel personnage de méchante. Et puis, en général, les acteurs s'abritent derrière les dialogues. Là, leur absence leur donne une incroyable liberté. Pas besoin de mémoriser de surcroît.

    Un mot sur les nains toréros qui veillent sur votre Blancanieves.

    Ils ont été très longs à trouver. J’ai parcouru toute l’Espagne pour les dénicher. Trois d’entre eux sont des professionnels.

    Le film a cartonné en Espagne et il est nominé pour l’Oscar du film étranger. Que du bonheur pour vous.

    Absolument. C’est aussi une énorme responsabilité et un grand honneur. J’avoue que je suis ravi. Et si j’obtiens une statuette, peut-être cela créera-t-il un véritable phénomène. En tout cas, le tournage était  pour moi un moment si joyeux  qu’il m’est difficile de revenir au 21e siècle. Raison pour laquelle, j’envisage un autre film  muet en noir et blanc.

    Film à l'affiche dans les salles romandes, mercredi 30 janvier.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Cinéma: "Lincoln", la croisade contre l'esclavage

    Imprimer

    32dfe4a4-1237-11e2-967c-887ea45d5373-493x328[1].jpgNous sommes en 1865. Alors que la guerre de Sécession fait rage dans le sud des Etats-Unis, Abraham Lincoln, qui vient d’être réélu, vit ses derniers mois puisqu’il fut assassiné le 14 avril. Dans un pays qui traverse la pire crise de son histoire, le seizième président  tente de persuader les membres du Congrès de voter le treizième amendement de la Constitution visant à abolir l’esclavage .

    Des agents sont recrutés pour convaincre un à un les indécis et décrocher le nombre de voix requises. Mais face à l’opposition violente des démocrates, la tâche se révèle  beaucoup plus rude que prévu. Lincoln doit peser de tout son poids, de tout son pouvoir et user de toute sa force de conviction pour l’emporter.

    Un épisode capital

    Inspiré de Team Of Rivals: the political genius of Abraham Lincoln de l’historienne Doris Kearns Goodwyn, Lincoln n’est ni un film sur la guerre civile ni une biographie. Spielberg ne s’aventure qu’occasionnellement sur le terrain des combats et se concentre sur l'épisode capital de la carrière du président mythique, sa croisade abolitionniste pour faire rétablir l'union entre le nord et le sud.    

    Rien de spectaculaire donc, le réalisateur s’attachant avant tout à montrer les coulisses de la politique et les mécanismes du système américain. Sur un scénario du dramaturge Tony Kushner, la quasi-totalité de l’œuvre se déroule ainsi au parlement, dans la chambre de Lincoln, dans son bureau où il tient réunion sur réunion. 

    Daniel Day-Lewis, un Lincoln plus vrai que nature

    Le film est magnifiquement porté par Daniel Day Lewis (photo), qui campe un Lincoln plus vrai que nature, tant la ressemblance physique est  saisissante. Le comédien, qui s’est d’ailleurs déclaré habité par l’homme, semble littéralement porter la charge présidentielle, faisant corps avec un personnage  dont il montre aussi l’humanité, la bienveillance, l’humour et les talents de conteur. 

    Un grand coup de chapeau également  à Tommy Lee Jones dans le rôle du député républicain Thaddeus Stevens, incarnant la frange la plus progressiste du mouvement abolitionniste (il vit d’ailleurs maritalement avec sa femme de ménage noire), ainsi qu’à David Strathairn, qui se glisse lui dans la peau du secrétaire d’Etat William Seward. On n’en dira pas autant de Sally Field en femme de Lincoln, qui a une forte tendance à surjouer son personnage.

    Aux Etats-Unis, cette véritable leçon de politique toujours pertinente aujourd'hui, divise la critique qui va en gros de monumental et remarquable à carrément ennuyeux. On peut en effet reprocher à Spielberg de trop s’effacer derrière l’importance de son sujet et de son légendaire héros. La réalisation demeure très classique et le scénario repose essentiellement sur les dialogues, les protagonistes ne cessant de faire faisant assaut d’arguments, de répliques chocs et se répandant en invectives au long du récit.

    Mais cela n’empêchera pas Lincoln, nominé aux Oscars dans douze catégories dont les plus importantes, meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur de rafler quelques statuettes lors de la cérémonie du 24 février.

    Film à l'affiche dans les salles romandes, mercredi 30 janvier.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Cinéma: "Le dernier rempart", c'est Schwarzie!

    Imprimer

    20322896.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgUn shérif américain vieillissant entouré d’une équipe bout de bois et vivant près de la frontière mexicaine, tente d'arrêter l'affreux chef d'un cartel de drogues échappé des mains du FBI, avant qu'il ne réussisse à gagner Mexico. Le dernier rempart, marquant le retour d’Arnold Schwarzenegger à l’écran après dix ans d’absence, est signé du Sud-Coréen Kim Jee-woon, qui a fait un saut à Hollywood pour s’amuser à détourner quelques clichés américains dans son style sanglant et ultraviolent.

    Mais le second degré ne suffit pas à faire un bon thriller. Ni les réflexions politico-économiques et sociales que le réalisateur met dans la bouche de ses interprètes du genre "les comptes en Suisse ne sont plus aussi secrets"  ou, parole de Schwarzie, qui se " trouve trop vieux pour ces conneries", "tu fais honte aux immigrés".

    De même, si la mise en scène se révèle parfois brillante, avec notamment une course poursuite d'anthologie entre deux bolides  dans des champs de maïs, le scénario est cousu de fil blanc, les dialogues à deux balles, les scènes de violence grotesques et les comédiens assez nuls. A l’image de Forest Whitaker, dans son rôle d’agent surmené du FBI. Autant dire en somme que Kim Jee-Woon n’est pas au mieux de sa forme. Cela n’empêchera sans doute pas les fans d’apprécier. 

    Chasing Mavericks pour les mordus du surf

    fmp-chasing-mavericks[1].jpgJay, un dingue de surf, a 15 ans lorsqu’il découvre que le mythique sport de Mavericks où se forme l’une des plus grosses vagues se situe non loin de chez lui à Santa Cruz. Il demande alors à Frosty Hesson, une gloire du cru au caractère de cochon de l’aider à se préparer pour vaincre  le redoutable monstre.

     Naît alors entre les deux hommes une amitié qui va transformer leur vie. Si la vague géante est au cœur du récit, sa recherche se double de celle de l’adolescent (Jonny Weston, un nouveau venu) en quête d’un père spirituel (Gerard Butler).

    Chasing Mavericks est réalisé par Michael Apted et Curtis Hanson. Il tente de raconter l’histoire vraie du prodige du surf Jay Moriarity, devenu un génie de la planche et mort en 2001 dans un accident de plongée en apnée aux Maldives. Il avait 23 ans. Hommage banal et tire-larmes à un sportif de l’extrême en forme de biopic, le film vaut surtout par les images impressionnantes de ces énormes vagues qui agissent comme un aimant sur des risque-tout avides de les dompter. Mais peut-être que cela ne bluffera que les non spécialistes.

    Image Problem, le titre qui tue...

    image-problem-2012[1].jpgPrésenté en compétition à Locarno en août dernier, Image Problem est un redoutable documentaire évoquant le secret bancaire, les avantages fiscaux, les sociétés de matières premières exploitatrices, qui ont fâcheusement terni l’image de notre belle patrie.

    Simon Baumann et Andreas Pfiffner ont donc décidé d’arpenter le pays pour la redorer. Interrogeant paysans, touristes, riches propriétaires, journalistes, ainsi qu’une poignée d’étranger. Très déconcertés par leur démarche insolite, consistant à balayer les clichés et à faire tomber les masques en traquant le manque de solidarité et la xénophobie galopante dans cette chère Helvétie.

    Si le thème avait tout pour susciter l’intérêt, ce n’est pas le cas de son traitement consternant. A part se moquer bêtement de ses protagonistes, ce métrage en forme de farce grossière ne raconte rien et ne montre pas grand-chose. Se voulant non conformiste, satirique, critique, il n’est que potache et finit par aboutir à l’inverse du but recherché par nos deux Pieds Nickelés de service. Autrement posé, le film s’intitulant Problème d’image, on ne saurait mieux dire…

    Cela dit, il passerait presque pour un chef d’œuvre à côté de Max, pathétique navet de la semaine que l'on doit à Stéphanie Murat. Max est une  fillette gamine de six ans, qui vit avec son père Toni et engage une prostituée pour s’occuper de ce triste veuf braqueur de banques, cachant une âme de papa poule sous ses airs d’ours mal léché.

    Transformée en cadeau de Noël, Mathilde Seigner, qui nous montre évidemment ses fesses, donne la réplique à un JoeyStarr en roue libre dans cette comédie nazissime, cucul la praline et dégoulinante de bons sentiments. On y rencontre encore Jean-Pierre Marielle. Hélas pour lui.

    Films à l'affiche dans les salles romandes, mercredi 23 janvier.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire