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17/12/2012

Cinéma: Déborah François, Lucky Luke de la dactylographie dans "Populaire"

20255491.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgJolie blonde au teint transparent, pull rouge et jeans, Déborah François est perchée  sur des  Miu Miu noirs vernis aux talons vertigineux,  dont elle nous montre la totale maîtrise en courant dans les couloirs d’un grand hôtel genevois… Interview.

A 25 ans, la jeune actrice belge, fille d’une assistante sociale et d’un policier, a enchaîné quinze longs métrages depuis  la précieuse carte de visite offerte par les frères Dardenne avec L’enfant, palme d’or à Cannes en  2005. Elle a également obtenu le César du meilleur espoir en 2008 pour Le premier jour du reste de ta vie. Elle vient de terminer Il est parti dimanche de Nicole Garcia, aux côtés de Louise Bourgoin et Pierre Rochefort.

Mais elle est surtout l’ irrésistible héroïne de Populaire, le premier film de Régis Roinsard se déroulant au printemps 1958. Elle incarne Rose Pamphyle, une  jeune villageoise qui refuse une vie rangée de femme au foyer docile et débarque à Lisieux où le séduisant  Louis Echard, 36 ans (Romain Duris), cherche une secrétaire.  Rose foire complètement son entretien d’embauche mais il se trouve qu’elle tape à la machine plus vite que son ombre.

Face à ce Lucky Luke de la dactylographie,  Louis flaire la bonne affaiere. Il lui propose le poste, se muant en coach implacable pour faire d’elle la fille la plus rapide du pays, sinon du monde. En effet, des concours sont  organisés dans toute la France et  la meilleure participe à New York à  un championnat de la spécialité, qui s’apparente  carrément à un sport.

Régis Roinsard  livre une  comédie aussi charmante que pétillante où, dans une reconstitution brillante et fantasmée des années cinquante, il joue la carte de l’émancipation féminin e. Avec  une Rose audacieuse qui ne se laisse pas marcher sur les pieds par  son patron à la fois arrogant, séduisant et grognon.

20255494.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpg -Déborah, vous avez été choisie parmi 150 candidates. Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce personnage ?

-Son  insolence, a priori  insoupçonnable, son côté rebelle, irrévérencieux, sa spontanéité, sa maladresse, et bien sûr son côté féministe qui s’ignore, très moderne pour l’époque. Etre secrétaire alors c’était à la mode. Comme être hôtesse de l’air.  

-Rose Pamphyle est dans le refus mais pas dans la revendication

-En effet, c’est  ce qui m’a plu. Elle ne théorise pas, elle y va. C’est une pionnière, une précurseuse.

 -Comment se prépare-t-on pour un tel rôle ?

-On travaille beaucoup. Pour être crédible, je me suis exercée deux heures par jour pendant sept mois. Plus du piano. C’était très sportif. D’ailleurs Régis Roinsard nous filme comme des boxeurs sur un ring. Il a fait beaucoup d e compétition, notamment de tennis.

-En parlant de tennis, ces concours ressemblaient à un Grand Chelem, avec quatre tours, puis quarts de finale demi-finale et enfin finale

-C’est vrai. J’ai d’ailleurs failli rencontrer Kim Clijsters, pour qu’elle me donne des conseils. Mais cela n’a finalement pas pu se faire.

 -Vous aimez le sport ?

-Je ne pratique pas. En revanche j’adore  regarder. Par  exemple j’aii suivi les jex Olympiques de Londres de A à Z. Scotchée devant ma télé.

-Comment vous êtes-vous entendue avec Romain Duris ? Il a la a réputation de faire craquer les filles.

-C’est certes un beau garçon mais il y a longtemps qu’il s’est rangé. Il est très gentil, c’est un grand bosseur, il aime essayer des choses, cherche la meilleure version. Il s’est beaucoup impliqué dans le film, au point de travailler avec un entraîneur.

-Vous êtes paraît-il tentée par le film d‘action. Par exemple Vous vous verriez bien accrochée à un hélicoptère

-C’est ce qu’il y a de bien dans le cinéma. C’est pouvoir un peu tout faire. Oui j’aimerais bien quelque chose de physique  comme Lara Croft. J’aime tout ce qu’elle fait. Se jeter dans le vide, tirer, marcher sur des cordes. Je voudrais apprendre à me battre, être une petite Rambette. Le turban me va très bien.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 décembre.

 

 

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12/12/2012

Cinéma: "Winter, Go Away!", vent de révolte sur la Russie

get[4].jpgAu lendemain des élections législatives du 4 décembre 2011 marquées par des fraudes massives, Moscou et Saint-Pétersbourg ont été le théâtre de manifestations qui ont peu à peu gagné l’ensemble du pays. Des protestations d’opposants, mais également d’une partie du peuple, fatigué du manque de transparence, sinon de l’opacité totale du pouvoir détenu depuis dix ans par Vladimir Poutine.

Ce vote contesté n’était qu’un prélude aux présidentielles prévues le 4 mars 2012, où "réduit" à un rôle de premier ministre, l’homme fort briguait la tête de l’Etat: Un fauteuil qu’il a évidemment obtenu depuis le tournage d’un film, réalisé de février à mars de cette année. Caméra au poing, un collectif de dix jeunes diplômés de la Marina Razbezkina’s School Of Documentary Film and Documentary Theater témoignent du vent de révolte qui a soufflé sur la Russie. 

Nous voulons des millions pas des millionnaires!

Ce documentaire est intitulé Winter,Go Away!, un slogan scandé par des opposants qui, tout en martelant également «nous voulons des millions, pas des millionnaires», font brûler une poupée de paille. Elle symbolise  à la fois l’hiver et la classe politique liée à Poutine et Medvedev. Rigoureux, l'opus adopte différentes approches selon qui officie derrière l’objectif.

C’est ainsi qu’il suit divers manifestants, dont certains affrontent le froid glacial, défilant dans les rues où leurs chefs se font brutalement arrêter par des policiers débarqués en masse. D’autres, équipés comme des alpinistes, escaladent un immeuble en travaux pour remplacer une gigantesque banderole à la gloire de Poutine par la leur, lui demandant de partir.

L’interview des Pussy Riot et leur arrestation

Changeant d’angle, les cinéastes en herbe s’intéressent aux hommes de main de l’Eglise orthodoxe, soutien du pouvoir, qui menacent les activistes se rapprochant trop de la cathédrale du Saint-Sauveur. C’est là que les célèbres Pussy Riots ont dit leur messe anti-Poutine. On découvre  l’interview où, le visage masqué par des cagoules, les égéries aussi décomplexées que déterminées et téméraires du groupement féministe, affirment être opposées à la violence. Puis on les voit chanter et se faire embarquer par les flics.

Tous les points de vue sont représentés à l’image de celui d’une jeune fille  qui, brandissant un smart phone à l’effigie de Poutine, explique à un opposant qu’il n’y a aucun intérêt à changer le pouvoir dans la mesure où, avec ses représentants, on obtient tout ce qu’on veut. Sa démonstration est relayée par des fans du futur président, qui reprochent vivement à ses adversaires de manifester. 

Winter Go Away!, photographie d’une Russie contemporaine divisée, faite par dix paires d’yeux neufs, est un documentaire percutant, révélateur, édifiant, donnant la dimension des élans démocratiques au sein d’une société répressive. Il mérite largement le détour.

A l’affiche à Genève,  au Spoutnik, jusqu’au 18 décembre.

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Cinéma: "Ernest et Célestine", petit bijou d'animation

20118226.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120524_112151[1].jpgLes ours et les souris ne font en principe pas bon ménage, les premiers ayant une fâcheuse tendance à manger les secondes… Mais Ernest, gros plantigrade marginal, clown et musicien, n’en a cure de ces conventions. N’écoutant que son grand cœur tendre, Il va recueillir Célestine, une orpheline craquante qui a fui le monde souterrain des rongeurs. Bousculant l’ordre établi, tous deux vont désormais s’aider et se soutenir.

Cette fable, petite merveille d’animation, a été adaptée, d’une BD éponyme de Gabrielle Vincent,  par les réalisateurs belges Stéphane Aubier et Vincent Patar sur un scénario de Daniel Pennac. Réussite technique et artistique qui mêle un dessin aérien et délicat à de magnifiques décors,  ce conte initiatique, poétique,  politique, est aussi un hymne à la tolérance.

Mais sans prêchi-prêcha, au contraire. C’est un film qui fait réfléchir, plein de péripéties, d’humour, d’émotion, d’insolence et d’espièglerie. A ne pas manquer, qu’on  soit petit ou grand.

On se lâche à Télé Gaucho,

20275417[1].jpgAprès l’excellent Le nom des gens, Michel  Leclerc revient avec Télé Gaucho, qui raconte la vie d’une TV française locale et indépendante dans les  années 90, gérée par des anarchistes  provocateurs et révolutionnaires.

Né de l’expérience de Télé Bocal, petite chaîne anar à laquelle Michel Leclerc a participé entre 1995 et 2000,Télé Gaucho suit, entre manifs musclées, émetteur pirate, foutage de gueule ou affrontement avec les flics, l’aventure d’un collectif. Composé en 1996, il réunit des militants divers, allant du leader charismatique déglingué à la militante gauchiste pure et dure. 

Parmi eux Victor (Félix Moati), un provincial créatif fou de cinéma monté à Paris et qui, parallèlement,  joue les stagiaires dans l’émission de merde d’une grande chaîne nationale. Conformiste  réactionnaire et racoleuse, elle n’en a rien à cirer du contenu pourvu que la pub crache. Mais son côté poubelle ne  l’empêche pas d’être regardée. Par des cons, évidemment.  Refrain connu, qui plombe un peu l’idée de départ.

Se montrant moins inspiré que dans son film précédent en sacrifiant le collectif à l’ambitieux Victor, Michel Leclerc nous propose quand même des scènes joyeusement bordéliques, servies par un bon casting. Aux côtés de Félix Moati, on retrouve Maïwenn, Eric Elmosnino ou encore Emmanuelle Béart.

Films à l’affiche dans les salles romandes, dès mercredi 12 décembre.

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11/12/2012

Cinéma: Avec "Le Hobbit", Peter Jackson recycle sa saga culte

2695246ab3ee484129fe79742bdce388[1].jpgBlockbuster de la semaine, très attendu par des millions de fans, il va surtout venir grossir le compte en banque de Peter Jackson, récompensé aux Oscars pour Le Seigneur des Anneaux, qui lui a rapporté la bagatelle de trois milliards de dollars. Après King Kong et Lovely Bones, le réalisateur néo-zélandais a décidé, au bout de neuf ans, de renouer avec J.R.R.Tolkien en adaptant Le Hobbit: Un voyage inattendu, paru il y a 75 ans.

Avec ce prologue de la série culte,  Peter Jackson retourne donc aux sources de l’œuvre pour suivre les aventures, se voulant trépidantes, de Bilbon Sacquet (Martin Freeeman). Demi-homme, le petit être paisible  aux grands pieds se voit enrôlé quasiment de foce par le magicien Gandolf et treize nains barbus mal élevés, décidés à récupérer leur royaume perdu  d’Erebor, conquis par le dragon Smaug.

Avant de parvenir au but sur une route où pullulent de redoutables  orques, ouargues, gobelins ou autres araignées géantes, Bilbon sera capturé par des trolls immondes avides de chair humaine, et devra résoudre les énigmes posées par l’affreux Gollum au bord d’un lac souterrain. Le Hobbit fera non seulement preuve d’intelligence et de courage, mais s’emparera du précieux anneau de Gollum lié, on l'aura compris, au sort de la Terre du  Milieu…

En gros, Peter Jackson fait du neuf avec du vieux, recyclant sa saga en nettement moins bien, enchaînant d’incessantes et ennuyeuses batailles mettant aux prises des créatures d‘une laideur repoussantes et des nains qui n’en sont physiquement pas, le politiquement correct oblige. Certes, il y a quelques scènes grandioses dans de vertigineux décors naturels. Mais hélas décolorés comme d’habitude par la 3D.

Précisons encore qu’on n’en a pas fini avec Jackson et Tolkien. Ce film est le premier volet d’une nouvelle trilogie qui comprendra Le Hobbit: La désolation du Smaug et Le Hobbit: Histoire d’un aller et retour. A paraître en  2013 et 2014.

Mes héros avec le trio Balasko-Jugnot-Cornillac

mes-heros-josiane-balasko-gerard-jugnot[1].jpgPour son quatrième long-métrage, Eric Besnard a réuni Josiane Balasko et  Gérard Jugnot, qui jouent deux sexagénaires, Olga et Jacques. Retirés à la campagne, ils ne cessent de s’engueuler, mais évidemment s’adorent et ne peuvent se passer l’un de l’autre.

Leur fils Maxime (Clovis Cornillac), qui vient de sortir sa mère d’une courte garde à vue où l’avait conduite son foutu caractère, se débattant lui-même dans des problèmes professionnels et de cœur, en profite pour passer le week-end chez papa-maman. Une pièce rapportée, faire-valoir de Balasko et Jugnot, tout comme  le petit garçon noir sans-papier qu’ils ont recueilli et qui doit être reconduit à la frontière.

Mais sous les yeux de Maxime qui en reste comme deux ronds de flan, le couple infernal se dressera héroïquement devant les gendarmes, défiant les lois et le gouvernement…

On sait que Josiane Balasko s’est mobilisée pour les sans-papiers avec d’autres personnalités du spectacle. Cela n’en donne pas davantage de crédibilité à cette laborieuse et franchouillarde comédie champêtre, au scénario convenu à but lacrymogène, dégoulinante de bons sentiments et d'improbables intentions politico-sociales.

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 12 décembre.

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08/12/2012

Sortie cinéma: avec "Tango libre", l'impossible devient possible

w_131_729008_affiche_t[1].jpgGardien de prison, JC ne se permet qu’une fantaisie pour pimenter son morne quotidien. Il prend des leçons de tango. Un soir au cours, il danse avec Alice et la revoit le lendemain au parloir. D’abord avec un détenu, puis avec un autre. Alice est la femme de deux hommes, Fernand et Dominic. JC n’a pas le droit de fréquenter la famille des prisonniers. Mais pour la première fois, il va violer le règlement.

Plein de folie et d’irrationnel, se déroulant en majorité dans un pénitencier utilisé comme une allégorie, Tango libre parle d’amour, d’exclusivité, de rivalité entre hommes, d’homosexualité latente. Il raconte l’histoire d’un homme qui n’a pas de vie. Il rencontre une femme qui en a trop, l’amène à transgresser tout ce qu’il était et le pousse à tenter autre chose.

C’est le troisième volet d’une trilogie signée de Fréderic Fonteyne, commencée en 1999 avec Une liaison pornographique et poursuivie par La femme de Gilles quatre ans plus tard. De passage à Genève, le cinéaste belge dit réaliser des films pour aller, comme ses personnages, voir ailleurs qu’en lui-même, pour découvrir les autres et leur univers. Mais aussi pour les retrouver.

Tango libre est donc né d’une volonté de retravailler avec Sergi Lopez et Jan Hammenecker, de la rencontre avec sa compagne et co-scénariste Anne Paulicevich, au centre du récit, de son envie de collaborer depuis longtemps avec François Damiens dans le rôle du timide maton amoureux. "J’ai des liens avec tous les personnages du film. Si l’un d’eux avait refusé, il n’aurait jamais existé. Pour autant ce n'est une affaire de potes, mais de famille".

Pourquoi  baser l’intrigue sur le tango?

Pour plusieurs raisons. La tango est plus qu’une danse. Proche du cinéma il se révèle magnifiquement  énergique, est à la fois un combat et un moyen de communiquer entre un homme et une femme. Là, je l’utilise comme une métaphore de l’amour tout en remontant à ses origines. En Argentine, il y avait alors plus d’hommes que de femmes. Et pour avoir la chance de danser avec une femme, ils étaient obligés de s’entraîner entre eux.

D’où ces scènes pour le moins insolites où les détenus se mettent à danser entre eux.

C’était une façon de laiser entrer quelque chose de féminin dans un univers masculin, une forme de provocation, de révolte face aux gardiens. Si je montre le monde tel qu’il est, c’est un monde impossible. Et je veux montrer qu’il est possible de se libérer d’un endroit impossible, en allant contre les règles. Pendant quelques secondes, les prisonniers oublient qu’ils sont enfermés. Et je trouve beau que la libération vienne du tango.

Vous êtes plutôt rare à l’écran. Pourquoi cette parcimonie?

D’abord pour une raison simple, cette histoire a pris beaucoup de temps. Par ailleurs le cinéma n’est pas la seule chose importante pour moi. J’écris, même si je ne publie pas, j’étudie la Bible en hébreu, je m’intéresse aux paradoxes de la vie, je m’interroge. Notamment sur l’utilité d'un film de plus alors qu’il en sort déjà beaucoup. Tango libre m’a heureusement permis de repartir sur mes bases. Aujourd'hui j’ai même deux projets. Mon travail sert à continuer à me questionner et à trouver éventuellement des formes de réponse.

Film à l’affiche dans les salles romandes depuis mercredi 5 novembre.

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05/12/2012

Sortie cinéma: "Trois mondes" fait basculer trois univers

trois-mondes-250512[1].jpgD’origine modeste, Al a grimpé les échelons et tout lui sourit. Jeune et beau, ce vendeur de voitures va épouser la fille du patron qui le propulse à la tête de l’entreprise. Et puis une nuit, après une soirée trop arrosée avec deux amis d’enfance, sa vie bascule. Il renverse  un piéton et, poussé par ses potes, s’enfuit lâchement, abandonnant le blessé.
 
De sa fenêtre, Juliette a vu l’accident et va tout faire pour aider Vera, la femme de la victime, à retrouver le chauffard. De son côté, ce dernier, hanté par sa lâcheté, hésite à se dénoncer.

En dépit de certaines invraisemblances, de situations téléphonées et de dialogues improbables, le film se laisse voir pour son thème traitant avant tout de la culpabilité et pour la qualité de ses comédiens, dont l’excellent Raphaël Personnaz au look Delon,  Clotilde Hesme (photo)et Arta Dobroshi.

Ce drame, construit comme un polar, est signé de la réalisatrice française Catherine Corsini qui le présentait en mai dernier à Cannes dans la section Un certain regard.

"J’ai eu envie de confronter trois univers qui se tournent autour, qui se croisent et s’entrechoquent », explique la réalisatrice. "Celui d’un fils de femme de ménage en pleine ascension sociale,  d’une étudiante en médecine  avec des états d’âme, complètement désemparée, prisonnière de sa bonne conscience et d’une jeune Moldave sans papier à qui on a tout pris et qui exprime son trop-plein de souffrance".

Trois mondes est traversé par les dilemmes moraux de vos personnages, mais surtout par celui qui ronge ce jeune commercial, meurtrier par accident que joue Raphaël Personnaz.

Effectivement, c’est mon héros, celui auquel on s’identifie, celui qui nous fait nous demander ce qu’on ferait confronté à la même situation, comment on vit avec cette culpabilité. Comment ça se passe, pourquoi on n’a pas le courage de s’arrêter après avoir renversé quelqu’un, comment on tente d'oublier. Ce sont des questions importantes dans notre société, qui nous interpellent, qui nous concernent tous. J’ai rencontré un commissaire de police qui lui-même m’a dit qu’il ne savait pas  d quelle manière il se comporterait dans une telle circonstance.

Les acteurs principaux sont tous jeunes

Je n’ai en effet voulu que des trentenaires, pour me réveiller, me booster, me rajeunir. Par ailleurs cela correspondait  bien au film. Je crois au déterminisme social et je trouve  que non seulement ils se ressemblent, mais chacun pourrait être à la place de l’autre

Film à l'affiche dans les salles romandes dés mercredi 5 novembre.

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Sorties cinéma: "Sagrada" célèbre le génie et la folie de Gaudi

sagrada_web_poster1[1].jpgAu cœur de Barcelone s’élève lentement la Sagrada Familia, spectaculaire et démesuré projet du célèbre et contesté architecte Antonio Gaudi. La biographie du bâtiment, dont la construction a débuté en 1882 mais avance au pas de tortue, constitue le point de départ de Sagrada-le mystère de la création, le documentaire du Suisse Stefan Haupt, fasciné par l’histoire des hommes et des choses.

Aujourd’hui, l’argent  généré par le tourisme permet de poursuivre les travaux de cette cathédrale loin d’être terminée. Mais que restera-t-il  de la folie et du génie de Gaudi ? C’est cette question assortie de beaucoup d’autres sur le concepteur, ses motivations, celles de ses successeurs passés et présents qui espèrent voir l’ouvrage achevé un jour, que pose le cinéaste.

Pourquoi, comment construire de tels édifices aujourd’hui? Des témoignages de collaborateurs, du chef architecte Jodi Bonet aux artisans et ouvriers de divers corps de métier, en passant par un sculpteur japonais ancien bouddhiste converti au catholicisme, viennent nourrir et éclairer le sujet.

Culture et football étant les deux mamelles de Barcelone, Stefan Haupt  eu l'idée d'insérre quelques images des fans du Barça fêtant une victoire, au milieu de sa réflexion sur notre présence sur terre, son but et la force créatrice de l’homme. Un mélange qui n’est pas des plus heureux.

Les mondes de Ralph ou comment devenir le héros d’un jeu vidéo

20271941.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgDans un tout autre genre, Rich Moore propose un long-métrage d’animation où il raconte l’histoire de Ralph, personnage détesté, parce qu’il casse tout, d’un jeu vidéo des années 80. Et dire qu’il ne rêve au contraire. que d'amour et de reconnaissance.

De son côté, Vanellope Van Schweetz évolue dans un jeu de course uniquement composé de sucreries. Mais comme elle est une erreur de programme, la gamine est interdite de compétition et rejetée elle aussi. 

Les deux parias n’auraient jamais dû se rencontrer, mais c’est pourtant le cas. Ralph décide de s’évader et de passer de jeu en jeu pour atteindre son objectif: devenir ce héros admiré et aimé de tous. A l’intention des amateurs du genre, à partir de trois ans. Pour les autres, ça fait surtout du bruit!

Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 5. novembre

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04/12/2012

Sorties cinéma: "La mort en douce" avec Brad Pitt dans la peau d'un tueur

brad-pitt-killing-them-softly[1].jpgUne partie de poker est braquée et le monde de la pègre s’en trouve menacé. Les caïds mafieux font alors appel à Jackie Cogan pour trouver les coupables. Mais il va avoir du mal à contrôler une situation qui ne cesse de dégénérer.

Killing Them Softly (La mort en douce) du Néo-Zélandais Andrew Dominik, l’un des prétendants à la palme d’Or en mai denier à Cannes, est adapté d'un roman de V.Higgins. Il s’agit d’un film de gangsters classique, auquel s’ajoutent des connotations politiques
 
Alors que l’intrigue se situe dans les années 70, le réalisateur, qui navigue un peu laborieusement entre Cohen et Tarantino, l’a transposée en 2008, l’année de l'élection d'Obama, mais surtout de la crise financière qui a ébranlé le monde. Et qui a eu du coup des incidences sur les organisations criminelles.

Brad Pitt se glisse dans la peau du tueur pour ce polar noir parcimonieusement éclairé, très bavard, racoleur, où l’argent est plus que plus que jamais le nerf de la guerre, où oeuvrent sans état d’âme des exécutants cyniques aux ordres de commanditaires âpres au gain, et où la plupart des scènes-clés se déroulent dans des voitures, souvent à l'issue de rodéos filmés à grands renforts de ralentis. Certains ont tendance à le comparer à Drive. Mais plutôt ennuyeux, La mort en douce est loin de la fascination exercée par le brillant métrage de Nicolas Winding Refn. Et Brad Pitt beaucoup moins sulfureux que Ryan Gosling.

End Of Watch, le travail de deux flics au quotidien

end_of_watch_affiche_francaise-500x681[1].jpgAutre drame policier où on suit deux flics anticonformistes au quotidien. Avec son coéquipier et ami Mike Zavala, l’officier Brian Taylor patrouille dans le dangereux quartier de South Central à Los Angeles. Tout en filmant ce qui s’y passe pour les besoins d’un documentaire qu’il veut présenter dans son cours de cinéma.

Mike va être père et Brian a une nouvelle femme dans sa vie. Ce qui ne les empêche pas de jouer les braves et les têtes brûlées, sauvant des enfants prisonniers d’une maison en feu ou s’attaquant aux gangs des rues. Mais aussi aux puissants barons de la drogue. L’opération de trop et la nécessité impérieuse de surveiller encore davantage leurs arrières.

Si on ne peut reprocher à David Ayer un manque de réalisme, on regrettera en revanche, outre une violence complaisante, une absence de regard  sur le milieu où ses personnages évoluent et les situations dramatiques qu'ils affrontent. Mais Jake Gyllenhaal et Michael Pena font plutôt bien le job.

Una Noche, plongée dans la vie de la jeunesse à La Havane

Raul n’a qu’un rêve. Echapper à sa sordide existence pour rallier Miami, ville mythique à la fois  si proche et si lointaine. Pour l’heure, il travaille dans la cuisine d’un restaurant, vole des médicaments  pour sa mère malade et se démène pour qu’elle n’ait plus à se prostituer pour manger. Rentrant à la maison, il la trouve au lit avec un touriste et assomme l’homme.

r-UNANOCHE-large570[1].jpgRecherché par la police, il tente de convaincre son ami Elio de tout abandonner et de construire un radeau pour traverser les 90 miles qui les séparent de l’Eldorado. Mais Elio a une soeur jumelle, Lila, seule personne avec qui il partage des instants de bonheur. Elle ne supporte pas l'idée qu'il veuille la quitteret décide de s’enfuir avec les deux garçons. 

Tourné à la Havane, Una Noche révèle des acteurs non-professionnels qui étonnent par la maîtrise de leur jeu. Signé Lucy Mulloy, l’opus plonge sans concession au cœur de la vie de la ville, pour brosser avant tout le portrait d’une jeunesse devenue tellement indifférente à la révolution qu’elle en a perdu toutes ses illusions.

Pour la réalisatrice, l’intérêt consistait à explorer l’évolution des personnages et non de dire aux gens ce qu’ils doivent penser de Cuba. Ce qu’elle nous en montre ne nous atteint pas moins à la façon d’un coup de poing.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 5 novembre.

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Sortie cinéma: "Anna Karenine", le choix du coeur

movies_annakarenina[1].jpgDepuis 1911, le chef d'oeuvre de Tolstoï a déjà connu sept adaptations cinématographiques, dont deux avec la grande Greta Garbo en 1927 et 1935 et une avec Vivien Leigh en 1948. Joe Wright s’est attelé à une huitième Anna Karenine, pour une nouvelle collaboration avec la ravissante Keira Knightley (photo), après Orgueil et préjugés et Reviens-moi.

Dans la Russie de 1874 Anna, mariée à Alexis Karenine, puissant haut fonctionnaire du gouvernement, mère d’un fils qu’elle adore, reçue dans la bonne société, mène à Saint-Petersbourg une existence tranquille et enviable que rien ne semble devoir bouleverser. Le destin en décidera autrement.

Recevant une lettre de son frère Oblonski, impénitent coureur de jupons qui la supplie de venir sauver son mariage avec Dolly, elle se rend à Moscou. Lors d’un bal, Anna tombe amoureuse du comte Vronski, joli officier de cavalerie, brisant au passage le cœur de Kitty, la sœur cadette de Dolly. N’ayant elle aussi d’yeux que pour Vronski, elle vient de refuser la demande en mariage du bien terne et timide Levine, un propriétaire terrien.

Tentant de résister, Anna rentre à Saint-Petersbourg. Mais Vronski la suit et les jeunes gens décident de vivre leur relation au grand jour. Faussement scandalisée, l’aristocratie locale se range du côté du malheureux Karenine, tandis qu’Anna, coupable d’avoir violé les règles, devient une paria. L’amour de Vronski n’y résistera pas.

Sur un scénario classique de Tom Stoppard, le réalisateur Joe Wright a parié sur une vision très personnelle du roman, où Tolstoï révélait l’hypocrisie d’une société obsédée par le paraître. Misant sur l’artifice d’une noblesse en représentation, il a imaginé une action se déroulant partiellement dans un théâtre. Visuellement magnifiques, les scènes se jouent devant de somptueux décors et paysages peints. Les costumes sont superbes et les comédiens se déplacent dans les coulisses au milieu des cordes et des accessoires.

Un parti pris intéressant, sinon audacieux, mais pas toujours convaincant et qui va sûrement déplaire aux fans du livre désorientés par cette mise en abyme. Notamment lors de séquences bouffonnes où certains personnages frisent le ridicule. Par ailleurs le cinéaste mêle plusieurs histoires que le temps du cinéma, qui n'est pas celui de l'écrit, rend complexe.

On est en revanche séduit par l‘interprétation de Keira Knightley, incarnant une Anna que la passion tuera, à la fois émouvante, exaspérante, exaltée, déprimée, rongée par la jalousie. De son côté un Jude Law barbu, vieilli et enlaidi, enfile avec talent le costume du mari trompé, l’ennuyeux coincé et rigide Karenine, craignant pour son statut social.

On n’en dira pas autant d’Aaron Taylor-Johnson dans le rôle de Vronski. Trop mignon blondinet volage, manquant d’étoffe et de profondeur, il ne paraît pas à la hauteur des sentiments d’Anna et peine du coup à égaler ses partenaires.

Au final une chose est toutefois sûre, on a très envie de relire le roman de Tolstoï, dont la modernité ne se dément pas.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi  5 novembre.

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27/11/2012

Sorties cinéma: "More Than Honey" pour sauver les abeilles

more-than-honey-poster-fr-180[1].jpgCinéaste suisse-alémanique, Markus Imhoof s’est largement fait connaître en 1981 grâce à son film majeur La barque est pleine (Das Boot ist voll), évoquant la douloureuse histoire de réfugiés qui avaient réussi à passer la frontière suisse pendant la Deuxième Guerre mondiale. Après une assez longue absence, il revient avec More Than Honey, un documentaire sur la mort des abeilles qui a fait un tabac sur la Piazza grande, où il a conclu en août dernier le Festival de Locarno.

Beaucoup de scientifiques, de chercheurs et d'experts se sont penchés sur la disparition mystérieuse de millions d’abeilles depuis une dizaine d’années. Une énigme d’autant plus urgente à résoudre qu’elles constituent un rouage irremplaçable de l'agriculture, un tiers de notre nourriture dépendant directement de la pollinisation de nos aliments.

Dans une tentative d’explication de ce phénomène d’effondrement des colonies hypothéquant l’avenir de l’espèce humaine, Markus  Imhoof, commençant par son propre passé, a fait pendant cinq ans deux fois le tour du globe. Il s'est rendu en Californie, en Australie et en Chine, l'un des pays le plus touché, particulièrement dans la province du Sichuan où les abeilles ont déjà disparu, forçant les ouvriers à féconder eux-mêmes à la main les fleurs des poiriers.   

Les raisons de ce déclin angoissant sont multiples. Il y a les pesticides, les insecticides, les maladies, les virus, les acariens varroas, la pollution, la déprédation de l'environnement. Sans compter la rupture, par l’homme âpre au gain, du lien qui unit l’abeille à la fleur. Par interférence manuelle, mécanique ou génétique.

Il y a aussi la consanguinité. Sélectionnées de manière à ne plus piquer, domestiquées, les abeilles ont perdu de leurs capacités de résistance. Mais tout espoir n’est pas perdu. On peut les sauver, les rendre plus fortes et moins malades, en améliorant leur patrimoine avec des insectes mellifères sauvages existant encore en Australie. On compte aussi beaucoup sur l’abeille tueuse d’origine africaine, dont des essaims formés de spécimens très agressifs et robustes, échappés des laboratoires, sont en train de coloniser l’Amérique du Nord.

Tout en tirant la sonnette d'alarme, l’enquêteur Markus Imhoof propose un grand documentaire aux images saisissantes, nous emmenant au coeur des ruches. Il a pour thème central l'éternel conflit entre l’évolution et la civilisation, le rapport de l’homme avec la nature et son côté apprenti-sorcier. Passionnant.


The Rise Of The Guardians

37136.thumb[1].jpgDeux mots sur le traditionnel film de Noël pour enfants sorti des studios DreamWorks. Emmenés par Jack Frost, gamin ingénieux et rebelle mais fatigué d’être invisible aux yeux des autres, le Père Noël, le Lapin de Pâques, le Marchand de sable et la Bonne Fée s’unissent contre le Croquemitaine.

Esprit maléfique, le méchant Pitch veut régner par la peur sur un monde voué aux ténèbres. Les gentils vont donc oublier leur ego et jouer les héros pour protéger les espoirs, les rêves, l’univers merveilleux et l’imaginaire des gosses.

Rien à dire sur les qualités techniques et certaines superbes scènes de The Rise Of The Guardians (Cinq légendes), animation par ordinateur qui bénéficie d’un budget colossal. Beaucoup moins convaincants en revanche l’histoire et les messages sirupeusement moralisateurs quelle renvoie. A qui d’ailleurs? Ce genre de super-héros n’est pas franchement la tasse de thé des ados. Quant aux petits, ils vont avoir du mal à comprendre une intrigue parfois inutilement tarabiscotée. En 3 D, évidemment.

Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 28 novembre.

18:39 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |