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Sorties de la Semaine - Page 69

  • Cinéma: "Effets secondaires", le thriller médical de Steven Soderbergh

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    large_625398[1].jpgTandis qu’il ne cesse d'assurer qu’il va arrêter de tourner depuis août 2011, Steven Soderbergh continue au contraire à jouer les forçats de la caméra. Peu après avoir dévoilé la plastique d’enfer du sulfureux Channing Tatum dans Magic Mike, le réalisateur américain revient avec Effets secondaires, un drame médical à suspense.

    Psychiatre reconnu et ambitieux, Jonathan Banks prescrit un médicament au stade expérimental à Emily Taylor, une jeune femme souffrant de dépression et qui vient de faire une tentative de suicide. Elle est bientôt suspectée d’avoir assassiné son mari récemment sorti de prison, lors d’un accès de somnambulisme, apparemment dû à la prise de la nouvelle molécule psychotrope. 

    Du coup, les avocats de la jeune femme et son ex-thérapeuthe, le Dr Victoria Siebert, saisissent l'occasion pour plaider son incapacité mentale au moment des faits, ce qui vaut à Emily d’être lavée de l’inculpation d’homicide.

    Mais l’erreur médicale fait scandale, la presse s'en mêle et la réputation de Jonathan Banks en prend un sacré coup. Pire, il est poursuivi pour traitement dangereux. Voyant sa vie partir en morceaux, il est décidé à rebondir. Menant l’enquête, il découvre une série de mensonges et de coïncidences, autant d’indices et d’éléments troublants qui l’incitent à voir dans cette affaire un vilain complot pour le détruire.

    Soderbergh se délecte alors à multiplier les coups de théâtre dans une intrigue bien ficelée. Jouant sur les apparences, les faux semblants, la perversité des protagonistes, il mitonne un jeu de pistes plutôt malin, se plaisant à manipuler tout son monde, à commencer par le spectateur. 

    Divertissant, bien mis en scène, ce polar est également parfaitement interprété par Jude Law (photo), très crédible dans son rôle de shrink newyorkais aux côtés de Rooney Mara, Catherine Zeta-Jones et Channing Tatum. Dommage pourtant que l’auteur ait bâclé la fin et se soit contenté d’une mini-charge vite escamotée contre l’industrie pharmaceutique, qu’il semblait pourtant à l’origine vouloir vilipender.

    Nouveau film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 10 avril.

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  • Cinéma: "Dead Man Down" s'enlise entre action, suspense et mélo

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    noomi rapace].jpgAprès avoir porté à l’écran la trilogie Millenium adaptée de la saga littéraire du même non, le Danois Niels Arden Oplev s’est lancé dans sa première expérience américaine avec Dead Man Down, une sombre histoire liant deux êtres  qui se rencontrent par hasard, animés d’un même désir bien qu’ils n’aient a priori pas grand-chose en commun.

    Le beau et taciturne Victor (Colin Farrell) sert de bras droit à Alphonse, redoutable caïd newyorkais dont les hommes se font descendre les uns après les autres par un mystérieux tueur. Alors qu’il mène l'enquête, Victor fait la connaissance de sa voisine Béatrice (Noomi Rapace, l’égérie nordique du réalisateur), défigurée (il faut le dire vite tant le maquilleur a fait œuvre artistique) lors d’un accident de voiture. Elle vit avec sa fofolle de mère (Isabelle Huppert), sensible au charme du ténébreux malfrat. 

    D'abord réticente, Béatrice accepte de sortir avec lui, mais il se rend compte vite compte que ce n’est pas pour son physique avantageux. La jeune femme veut se venger du chauffard qui lui a "bousillé" le visage et lui demande de le tuer. De son côté, Victor a ses propres comptes à régler. En d’autres termes, ça va chauffer.

    Et pourquoi pas ? Au départ on a une bonne idée de polar, un casting pluricuturel intéressant au service d’une intrigue qui se déroule dans un New York inhabituel et trouble, avec quelques scènes jouées en en français, en espagnol, ou en albanais. Plutôt original.

    Malheureusement les choses ne tardent pas à se gâter, pour s’enliser dans l’invraisemblance et l’improbable entre action, suspense et mélo, laborieux mélange de genres mal maîtrisé par l’auteur. Sans oublier l’inévitable démonstration de violence gratuite, avec d’assourdissantes explosions, de fatigantes et répétitives fusillades avec plein de durs à cuire découpés à la mitraillette. Le tout culminant dans un carnage final grand-guignolesque.

    Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.

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  • Cinéma: "La Maison de la radio" fait son cinéma

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    4450157-nicolas-philibert-620x0-1[1].jpgPendant six mois, Nicolas Philibert s’est immergé au siège de Radio France, qui abrite notamment France Inter, France Info, France Culture ou France Musique. Il propose son regard, à la fois bienveillant et ironique, qui va au-delà du media pour livrer La Maison de la radio, un film sur le son et ceux qui travaillent autour, l'écoute, l’échange, la circulation de la parole. 

    Récemment de passage à Genève, l’auteur du célèbre Etre et avoir a évoqué ce documentaire singulier et inédit  plongeant dans les coulisses d'une véritable institution, et dont l’action se déroule sur une journée et une nuit, en nous offrant un imposant éventail d’émissions, de voix, de visages.

    C’est extravagant de tourner un film sur un media qui se caractérise justement par l’absence d’images.

    A première vue, il s’agit d’un projet contre nature, voire bébête. Mais en réalité, non. Il y a précisément là un véritable enjeu de cinéma pour tenter de sortir du paradoxe. J’ai alors réfléchi à ce que j’allais montrer, pourquoi, comment, jusqu’où je pouvais aller.

    Comment les gens vous ont-ils reçu? Craignaient-ils de se dévoiler ou au contraire y ont-ils pris du plaisir?

    Je ne force jamais les portes. Je filme ce qu’on veut bien me donner. Je suis un homme pudique. Si quelqu’un a des réticences, je n’insiste pas. J’ai essuyé les refus d’un animateur et de deux invités, sinon la plupart de ceux à qui je me suis adressé a accepté. Beaucoup  connaissaient d’ailleurs mon travail et très vite nous avons établi une relation de confiance.

    Ce documentaire se regarde comme une sorte de comédie. 

    Je l'ai voulu assez joyeux, pétillant avec des situations cocasses. Et des effets de montage qui sont censés provoquer le rire.

    Vos interlocuteurs étaient-ils naturels ou avaient-ils une tendance à surjouer?

    En dépit de mes efforts de discrétion, ils n’ont pas oublié la caméra. Mais leur comportement n’a en général pas changé. A mon avis, on découvre surtout des gens très investis dans leur travail, envers eux-mêmes et leurs auditeurs. Ils ne sont pas arrogants et capables d’humour. J’en profite pour préciser que je n’ai pas fait mon casting en fonction de leur notoriété. 

    On n'entrevoit effectivement Audrey Pulvar que l’espace d’une seconde... Il y a pourtant deux femmes qui apparaissent à plusieurs reprises.

    C'est vrai. Mais c’est moi qui les ai sollicitées et pas le contraire. Il s’agit de Marie-Claude Rabot-Pinson qui travaille au journal de France Inter et de Marguerite Gateau qui réalise une fiction pour France Culture. Il me fallait des personnages récurrents et elles sont devenues indispensables en raison de leur forte personnalité.

    Quelle a été votre plus grosse difficulté?

    Le danger de présenter un catalogue, mon appétit de filmer en raison de la richesse et de la diversité du sujet. J’étais pris entre le désir d’en montrer toujours plus et l’idée que c’était un puits sans fonds. Je me suis aussi rendu compte que les contenus les plus forts comme une grosse actualité, printemps arabe, Fukushima, constituaient un piège. Si elle prend trop de place, on se perd et le documentaire devient autre. 

    Vous avez donc dû énormément couper .

    Le montage dans un documentaire est une affaire de deuil. Non seulement il faut l'accepter, mais je suis plutôt sévère avec moi-même.

    Nouveau film à l'affiche dans les salles romandes.

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  • Cinéma: "The Place Beyond The Pines", avec le sulfureux Ryan Gosling

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    ryangosling.jpgSpectaculaire cascadeur à moto, Luke le rebelle tatoué apprend qu’il a un fils, Jason, issu d’une aventure d’un soir avec Romina. Déterminé à jouer son rôle de père et subvenir à leurs besoins, il abandonne son numéro du globe de la  mort et se met à braquer des banques avec un ami. Il parvient chaque fois à échapper à la police grâce à ses talents de pilote. Jusqu’au jour fatidique où il croise la route d’un ambitieux policier, Avery Cross, lui-même papa d’un garçon du même âge que Jason…

    Il serait dommage d’en révéler davantage sur ce thriller aux allures de mélodrame en trois actes signé Derek Cianfrance On se contentera de dire qu’il n'hésite pas à sacrifier ses héros et qu'il continue à surfer avec talent dans cet opus sombre, poignant et palpitant, sur les thèmes de la famille, de la paternité, de la filiation, de la transmission, de la morale et de la rédemption.
     
    Ancrée dans l’Amérique profonde entre violence, nostalgie et mélancolie, son histoire s’étale sur une quinzaine d’années, passant d’une génération à l’autre, naviguant entre des vies en morceaux, les relations entre les hommes, leur désespoir, leur tentative de payer les pots cassés. Fan de Scorsese, alliant la tension dramatique à l’émotion, Derek Cianfrance nous évoque des cousinages avec les grands cinéastes américains, d'Elia Kazan à James Gray, en passant par les frères Coen ou Paul Thomas Anderrson.. 

    La séduction de cette saga tient évidemment aussi à la performance des acteurs. A commencer par le beau Ryan Gosling. Sulfureux sex symbol à moto cette fois, il nous offre une nouvelle composition de dur mutique, en miettes. Bradley Coper  se montre à la hauteur, tout comme Eva Mendes. A signaler également la présence du jeune Dane DeHaan, genre DiCaprio en herbe, dans ce film d’auteur à vocation de divertissement grand public, où on ne voit pratiquement pas passer les deux heures vingt. Un exploit.

    Nouveau film à l'affiche dans les salles romandes.

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  • Cinéma: "Les amants passagers", un gros raté de Pedro Almodovar

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    Im-so-Excited-Pedro-Almodovar[1].jpgQuelle mouche a donc piqué Pedro Almodovar pour qu’il se laisse aller à une médiocrité si indigne de lui dans Les amants passagers ? Avec cet improbable retour aux sources, le réalisateur livre une comédie qui se veut loufoque, provocatrice, transgressive, déjantée et kitchissime. Seulement dans sa tête, hélas!

    Le cinéaste a situé son 19e long-métrage dans un avion qui, au départ, devait se rendre à Mexico. Mais, victime au décollage d’une panne technique qui l’empêche de poursuivre sa route ou de se poser, il est obligé de tourner en rond au-dessus de l’Espagne. L’intrigue se déroule ainsi entre la cabine des pilotes, l’office du personnel de bord, tous gays ou bi, et quelques obsédés sexuels de la classe affaires. 

    Parmi eux une voyante provinciale quadra en quête de dépucelage, un tueur à gages, une maquerelle qui fiche la trouille au gratin politique, un financier véreux, un séducteur d’opérette ou encore un couple de jeunes mariés en chaleur. Imaginant leur dernière heure venue, ils se dévoilent, tandis que les stewards jouant leurs grandes sucrées façon cage aux folles grossièrement revisitée, tentent de les réconforter à coups de cocktails explosifs à la mescaline.

    De leur côté, drogués aux anxiolytiques, les passagers de la classe éco dorment, échappant aux galipettes de la business dans cette farce lourdingue, louvoyant grossièrement entre l’hymne à l’homosexualité (si on la nie on ment..) et le message politique. L’appareil coincé dans le ciel ibérique est en effet censé renvoyer à une société espagnole en crise, que le gouvernement va contraindre à un difficile atterrissage forcé.

    Rien à sauver dans ce laborieux huis-clos couronné par une chorégraphie démente de trois stewards sur I’am so excited des Pointer Sisters (photo). Cette sitcom pathétiquement ringarde, vulgaire et caricaturale est saturée de surcroît de couleurs agressivement criardes. Antonio Banderas et Penelope Cruz ont été bien inspirés de n'y faire qu’une apparition. Il reste à espérer que ce gros ratage n’est que... passager pour le grand Almodovar qu’on aime.

    Nouveau film à l’affiche dès mercredi 27 mars dans les salles romandes.

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  • Cinéma: "Warm Bodies", "La religieuse", "Gambit", "Les enfants de Sarajevo", Inch'Allah"

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    movies-warm-bodies-still-4[1].jpgAu début, on a tendance à craindre le pire. Et puis, on ne peut s’empêcher d’être pris par cette histoire de morts-vivants, où Jonathan Levine casse les codes du genre en le faisant cohabiter avec la comédie romantique. Un virus mystérieux ayant détruit toute civilisation, une grande majorité des gens ont été transformés en zombies. Repliés dans des bunkers pour se protéger de leur voracité, les survivants ne sortent que pour trouver de la nourriture et des médicaments.

    Au cours d’une de leurs missions, Julie (Teresa Palmer) rencontre R (Nicolas Hoult), un ado zombie qui erre dans but dans un aéroport délabré et qui tombe follement amoureux d’elle. Ce coup de foudre va petit à petit réveiller les sentiments de Julie et redonner vie aux chairs mortes de R…

    Warm Bodies, adapté du roman éponyme d’Isaac Marion, était annoncé à tort comme une déclinaison de Twilight. Le film peut se voir comme une critique de nos sociétés de consommation et, tout en faisant référence à Shakespeare dans ce Roméo et Juliette d’un nouveau genre, Levine œuvre dans le second degré et le comique de situation, lié à la triste situation du mort-vivant et à son désir d’être plus humain.

    D’où l’aspect attachant et émouvant du mignon et fort peu terrifiant R, qui n’a pas trop de mal à séduire la jolie Julie. Résultat on craque aussi, en dépit d’une fin à l'eau de rose.

    La religieuse ou le combat d’une novice rebelle

    la-religieuse[2].jpgL’histoire débute en 1765. Suzanne Simonin, 16 ans, est contrainte par sa famille d’entrer dans les ordres, alors qu’elle aspire à une existence normale. Au couvent elle est confrontée à l’arbitraire de la hiérarchie ecclésiastique, notamment celui des mères supérieures. Si la première (Françoise Lebrun) se montre bienveillante, la novice enfermée contre son gré doit affronter la cruauté sadique de la seconde (Louise Bourgoin) et les avances pressantes de la troisième (Isabelle Huppert).

    Le film de Guillaume Nicloux, présent en compétition au récent festival de Berlin, est une nouvelle adaptation libre du roman inachevé de Denis Diderot qui, dit-il, l’avait "marqué adolescent de façon indélébile". Contrairement à l’héroïne de l’écrivain, Suzanne ne se résigne pas. Dotée d'une force incroyable, elle résiste farouchement à la barbarie des lieux et, supportant courageusement brimades et supplices, lutte pied à pied pour retrouver le monde.

    Cet hymne à la liberté bâti comme une intrigue policière est porté par la lumineuse actrice belge Pauline Etienne, qui donne notamment la réplique aux excellentes Louise Bourgoin et Isabelle Huppert. L’opus  ne se veut pas une charge anticléricale, mais s’attache à brosser le portrait d’une rebelle au fanatisme religieux et de femmes engagées dans la foi, qui libèrent des instincts de prédatrices. Une jolie réussite.

    Gambit, arnaque à l'anglaise

    GAMBIT01913[1].jpgL‘original n’avait pas trop fait tinter le tiroir-caisse. Le remake fera-t-il mieux? Pas certain. Toujours est-il que les frères Coen se sont laissé tenté par Un hold up extraordinaire de Ronald Neame, 1966, avec Michael Caine et Shirley MacLaine, pour signer le scénario de Gambit. Michael Hoffman, qui a réalisé la nouvelle mouture, a confié les rôles principaux à Colin Firth et Cameron Diaz.

    Harry Dean (Colin Firth), un expert en peinture  décide d’arnaquer son patron Lionel Shabandar(Alan Rickman), richissime, odieux et prétentieux collectionneur d’art qui le méprise, en tentant de lui refiler un faux Monet. Il engage une reine du rodéo  (Cameron Diaz) pour jouer une excentrique Texane, désireuse de vendre le tableau que son grand-père aurait dérobé à la fin de la Seconde Guerre mondiale. 

    La victime potentielle a pourtant de la ressource et tout va de travers dans cette arnaque à l’anglaise. A l’image d’une histoire qui se veut burlesque, pleine d’humour noir et qui cherche à séduire dans le genre suranné. Mais son intrigue cousue de fil blanc n’est pas bien conçue et manque singulièrement de rythme.

    Pour leur part, les comédiens tentent d’assurer. Colin Firth donne dans le dandysme hyper british, oscillant entre l’élégance d’un Cary Grant et la maladresse d’un Peter Sellers, Cameron Diaz incontrôlable a choisi l’énergie gouailleuse, tandis qu’Alan Rickman nous offre un petit côté pervers.

    Il ne suffit cependant pas de jouer les équilibristes sans pantalon sur la corniche d’un palace ou se retrouver en culotte et soutien-gorge devant un pigeon récalcitrant aux tendances naturistes, pour véritablement convaincre. Au final Michael Hoffman livre une comédie plus mollassonne que drôle, où on cherche  vainement la griffe en général acérée des Coen. 

    Les enfants de Sarajevo, vingt ans après

    les enfants Sarajevo.jpgEn 2008, la réalisatrice Aïda Bejic obtenait le grand prix de la Semaine de la critique cannoise avec  Premières neiges. Elle revenait l’an dernier sur la Croisette avec Djeca , son second long-métrage où elle évoque le quotidien de Rahima, 23 ans, orpheline convertie à l’Islam dans le Sarajevo de l’après-guerre de Bosnie.

    Un quotidien difficile dans la mesure où le personnage, à la fois femme et voilée subit une double discrimination dans un pays où le conflit a pris fin il y a près de 20 ans. Rahima doit livrer un combat incessant pour se faire respecter à son travail ou pour aider son frère Nedim, 14 ans, qui cherche son indépendance dans la délinquance. Leur vie se complique lorsqu’il se bagarre avec le fils d’un puissant ministre.

    Entre lutte des classes, dénonciation d’une corruption généralisée et de comportements brutaux à l’égard des gens différents, Aïda Bejic raconte des drames personnels sans se laisser aller au pathos et au misérabilisme. Elle propose au contraire une chronique en forme de constat presque clinique d’une société qui a perdu toute compassion et veut oublier ses victimes. Appliquée, l’œuvre manque cependant de personnalité. On retiendra surtout la performance de la belle  comédienne Marija Pikic, qui impressionne par son jeu sobre empreint de vérité.  

    Inch' Allah, avec un pied de chaque côté du mur 

    inchallah.jpeg.size.xxlarge.letterbox[1].jpgLes films évoquant le conflit israélo-palestinien sont nombreux en ce début d’année. S’inspirant de ses voyages dans la région, Anaïs Barbeau-Lavalette nous y immerge à son tour avec Inch’Allah, à travers le parcours de Chloé, une gynécologue québécoise. Incarnée par Evelyne Brochu, elle travaille dans le dispensaire d’un camp de réfugiés de Ramallah, dirigé par un médecin français (Carlo Brandt).

    Le spectateur suit Chloé dans son quotidien. En-dehors de son boulot, elle fraternise avec Ava, sa voisine de palier à Jérusalem, une militaire assignée au checkpoint. En même temps, elle développe une relation avec une Palestinienne, Rand, sur le point d’accoucher. Chloé tente même de les rapprocher l’une de l’autre. Sans trop de succès, au-delà de la curiosité qui les anime.

    Essayant de saisir la complexité du conflit par le biais émotionnel de l’amitié entre ces trois femmes,  Anaïs Barneau-Lavalette livre un film militant sans l’assumer, aussi ambigu que son héroïne reste insaisissable. Avec comme elle un pied de chaque côté du mur. La chose débutant et se terminant par un attentat à la bombe dans un café israélien, elle semble de surcroît opter pour une démarche visant  d’une façon simpliste à justifier plus ou moins le terrorisme. 

    Ce n’est évidemment pas l’avis de l'auteur, qui prétend avoir uniquement tourné un film sur une Québecoise en Palestine, sur ce qu’on devient quand on est confronté à une réalité qui nous dépasse : la guerre. "Mon regard sur les Israéliens et les Palestiniens n’est pas politique, je raconte l’histoire d’une femme prise dans un étau… "

    Nouveaux films à l'affiche dans les salles de Suisse romande

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  • Cinéma: "Jappeloup", "No", "Ai Weiwei: Never Sorry"

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    jappeloup-nouveau-film-de-guillaume-canet[1].jpgUn cavalier orgueilleux, un cheval caractériel, le couple n’était a priori pas destiné à atteindre des sommets. Et pourtant l’homme et sa monture sont devenus des héros nationaux en 1988. C’est ce qu’on découvre dans Jappeloup, signé Christian Duguay.

    Abandonnant sa carrière d’avocat au début des années 80, Pierre Durand décide de se consacrer à sa passion, le saut d’obstacles. Soutenu par son père, il mise sur Jappeloup  un jeune cheval dont personne ne veut en raison de sa petite taille ( 1.58 mètre au garrot) et de son côté trop imprévisible. En revanche il a une formidable détente et révèle une grande aptitude au saut dans les diverses compétitions où il est engagé.

    Le duo commence à s’imposer dans le milieu, mais subit un cruel échec aux JO de Los Angeles en 1984. Pierre Durand comprend qu’il est le principal responsable de cette défaite et s’applique à gagner la confiance de Jappeloup dont il ne s’est jamais vraiment occupé. Quatre ans plus tard, c’est l’apothéose à Seoul, tous deux rapportant une médaille d’or à la France.

    Guillaume Canet, dont la vocation de cavalier professionnel a été stoppée par une mauvaise chute à 18 ans, a lui-même écrit le scénario dont il est le héros. Il s’y montre sans indulgence, tout comme il dépeint sans complaisance ni concession le monde de l’équitation. Mais pour les passionnés de la discipline, le principal intérêt réside dans les scènes de concours de sauts nd'obstacles,  particulièrement bien filmées.

    Le reste de l’intrigue où interviennent notamment Daniel Auteuil et Jacques Higelin est moins convaincant. On est en revanche séduit par Marina Hands, elle-même ancienne bonne cavalière, qui s’est glissée dans le rôle de Nadia, la femme de Pierre Durand.

    No, la campagne de pub fatale à Pinochet

    130207NoGael_7220830[1].jpgTandis que Jappeloud et Pierre Durand triomphaient à Seoul, Augusto Pinochet acceptait d’organiser sous la pression, cette même année 1988, un référendum sur sa présidence à la tête du Chili, qui a conduit à son éviction le 5 octobre.

    Tête d’affiche dans le film de Pablo Larrain, Gael Garcia Bernal incarne le publicitaire René Saavedra, embauché par les opposants pour les aider à monter leur campagne de communication dans le but de faire gagner le "Non". Il applique ses méthodes habituelles pour contribuer au renversement du dictateur.

    Le rôle est taillé sur mesure pour Bernal, militant en faveur de la justice sociale et choisissant ses rôles en fonction de son engagement. Lors d’une rencontre avec le public au dernier festival de Locarno, il estimait que les acteurs sont responsables de leurs films et se déclarait principalement intéressé par les projets posant des questions subversives, dangereuses.
     
    Dans No, profonde réflexion sur le système démocratique et ses contradictions, le réalisateur revient minutieusement sur le calendrier du référendum tout en rappelant les menaces et intimidations dont les auteurs de la campagne ont fait l’objet. Il se sert également de la publicité pour évoquer quelques tendances socio-culturelles de l’époque

    Ai Weiwei, provocateur dissident chinois

    540x287-10651_eded3[1].jpgOn reste dans la contestation  politique avec un documentaire consacré à l’artiste dissident chinois Ai Weiwei, tout à la fois architecte, sculpteur, photographe, plasticien, auteur d’œuvres monumentales, de pièces et clichés provocateurs. Le séisme qui s’était produit dans la province de Sichuan, causant la mort de 5000 élèves dont le gouvernement avait tu les noms et le nombre, constitue une de ses réalisations majeures.

    Actuellement interdit de sortie du pays, ce frondeur charismatique se bat pour la liberté d’expression. La journaliste américaine Alyson Klayman, qui vit en Chine depuis plus de six ans, se fait l'écho de ses luttes, de ses indignations, de ses actes de résistance qu’en fervent utilisateur des réseaux sociaux il consigne soigneusement. A l’image d’une violente agression policière où il a faili y rester et que relatent photos et vidéos postés via son compte Twitter.

    Alyson Klayman livre un film intéressant mais qui pourrait être passionnant si elle ne laissait pas traîner des zones d’ombre autour de son protagoniste, contribuant ainsi à maintenirl’ambiguité de ce personnage paradoxal, égocentrique, opposant courageux au régime, mondialement connu et de ce fait protégé par sa célébrité. 

    Tout en évitant soigneusement d’évoquer des questions d’argent, elle passe aussi comme chat sur braise sur sa participation à la construction du célèbre "Nid d’oiseau" pour les Jeux Olympiques de Pékin en 2008, opérant ensuite un revirement spectaculaire et dressant un de ses fameux doigts d’honneur à la manifestation. Comme il l’avait fait dans sa série face à d’autres symboles de la culture chinoise et occidentale, dont la Tour Eiffel. Omission fâcheuse et frustrante.

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  • Cinéma: "A la merveille", "Cloud Atlas", "Le monde fantastique d'Oz"

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    ben-affleck-et-olga-kurylenko[1].jpgCinéaste très peu prolifique, plus mystérieux et plus avare de ses apparitions publiques  que Greta Garbo, il est toujours attendu comme le messie par les aficionados. Promis il ya deux ans avec The Tree Of Life (L’arbre de vie) à une Palme d’Or qu’il avait évidemment décrochée, Terrence Malick n’en avait pas moins divisé la Croisette. 

    Rebelote à la dernière Mostra de Venise où il revenait avec To The Wonder (A la merveille) seize mois plus tard. Un record sinon un exploit pour ce réalisateur qui n’avait jusqu’ici signé que cinq films en quarante ans. L’accueil mitigé, un euphémisme, d’une partie de la critique n’est pas très étonnant.  Celui qui pense sans doute la mettre à genou au grand complet à chaque film est à nouveau loin du chef d’œuvre avec son dernier opus en forme d’ode à l’amour.

    Le film décline dans une sorte de lyrisme intimiste la relation tourmentée et la passion brisée entre Nell et Marina. Sur fond de merveille séculaire représentée par le Mont Saint-Michel, où l’intrigue  débute et  se termine. Danseuse française d’origine ukrainienne (Olga Kurylenko) abandonnée par le père de sa fille, Marina tombe amoureuse d’un Américain (Ben Affleck). Il  les emmène vivre toutes tes les deux en Oklahoma. Marina voudrait se marier, Nell rechigne à s’engager. Alors elle retourne en France, tandis que lui reste dans le Middle-West où il retrouve une amie d’enfance (Rachel McAdams)…

    Porté par un élan évangélique Terrence Malick, cherchant toujours à relier l’histoire de l’individu à celle de l’univers, exprime ses propres doutes à travers le personnage d’un prêtre (Javier Bardem). Lui faisant porter la charge d’une humanité souffrante composée de pauvres , de malades et de prisonniers.

    Les inconditionnels s’inclinent devant le maître, mais pour tout dire ces alternances entre la fragilité de l’amour humain, la foi en celui du divin teinté de mysticime, ou la confiance en la perennité des merveilles du monde peinent à convaincre. L’ensemble offre ainsi une intrigue à la fois banale, fade et confuse, aux dialogues et aux propos à l’eau de rose qui surprennent de la part de l’auteur.  A voir pourtant pour les sublimes images qu’il nous propose. Comme d’ailleurs dans chacune de ses créations.

    Cloud Atlas nous balade à travers cinq siècles 

    tom-hanks-cloud-atlas1[1].jpgDans le genre touffu et tortueux, on est servi avec Cloud Atlas, adapté du roman éponyme de David Mitchell  et qui nous emmène dans une épopée composée de six histoires se déroulant sur cinq siècles. Avec des comédiens jouant chacun plusieurs rôles (Tom Hanks par exemple sur la photo) ce qui ne contribue pas franchement à la clarté des choses. 

    On passe ainsi à travers des lieux et des époques différentes, du Pacifique sud au 19e siècle, pour atteindre un futur post-apocalyptique, mais qui reste dantesque.

    Tout est lié dans ce récit fleuve de science-fiction, coréalisé par Tom Tykwer, Andy et Lana Wachowski. Comme ces gens qui se croisent, se retrouvent d’une vie à l’autre, naissent, renaissent, se réincarnent à l’infini. Tout en se posant les questions existentielles qui ne cessent de les hanter depuis l’aube des temps. Une œuvre ambitieuse qui ne manque pas d’intérêt, mais longuette.

    Le monde fantastique d’Oz

    oz-the-great-and-powerful-movie-review-_h[1].jpgAdapté plusieurs fois au cinéma, Le Magicien d’Oz d’après le livre écrit par L.Frank Baum en 1900, doit sa célébrité à la version musicale de Victor Fleming, avec Judy Garland dans le rôle de Dorothy.

    Jeune fille prise dans une tornade, elle se retrouve dans le monde merveilleux d’Oz  et demande au magicien (en réalité un humain) régnant sur le royaume, de l’aider à rentrer chez elle. Elle croise plusieurs  personnages sur sa route, dont une affreuse sorcière bien décidée à la trucider. 

    Le réalisateur Sam Raimi reprend des éléments du conte original pour raconter en fait l’accession du magicien (qui n’en est donc pas un) au trône. Il s’agit d’Oscar Diggs, petit prestidigitateur sans envergure d’un cirque ambulant du Kansas. Emporté lui aussi par une tornade, il atterrit au Pays d’Oz, où il rencontre une poupée en porcelaine, un singe volant et trois sorcières. Il y a notamment  la redoutable Evanora, et Theodora qui voit en lui un sauveur et en tombe amoureuse. 

    Très classique dans sa facture, le film séduit surtout par son côté visuel, d’abord une introduction en noir et blanc hommage au cinéma, puis un délire de couleurs et d’effets. Et, c’est suffisamment rare pour être remarqué, une belle maîtrise de la 3D.

    Nouveaux films à l'affiche dans les salles romandes.

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  • Cinéma: "A Home Far Away", passionnant documentaire

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    A-Home-far-Away-VDR[1].jpgParmi les sorties de la semaine, un documentaire passionnant. Il est signé du Suisse Peter Entell, à qui l'on doit notamment Le tube, opus réalisé en 2001, qui décrit les effets de la télévision sur le cerveau.

    Averc A Home Far Away, il s’est penché sur la vie de l’Américain Edgar Snow, premier journaliste occidental à avoir interviewé Mao Zedong et Zhou Enlai. Soupçonnés de sympathie communiste et mis sur liste noire, le reporter et sa seconde femme, l’actrice américaine Lois Wheeler qu’il a épousée en 1949, sont contraints de quitter les Etats-Unis. Ils s’établissent alors avec leurs deux enfants à Eysins, près de Nyon.
     
    Commençant à sillonner la Chine en 1928, Edgard Snow a été le témoin de la famine, de la misère, de la corruption, de la révolution. Un chaos et des bouleversements qu'il a filmés et racontés. Il a écrit onze ouvrages dont le célèbre Etoile rouge sur la Chine, qui a fait le tour du monde. Paru en 1937, il retrace l’histoire du mouvement communiste depuis sa fondation. A l’origine de la rencontre entre Nixon et Mao le 29 février 1972, Edgar Snow meurt quelques jours avant l’instant historique qui a rapproché les deux Etats.
     
    Pour Peter Entell, Lois Wheeler aujourd’hui nonagénaire, a accepté d’ouvrir la boîte à souvenirs. Son témoignage, complété par des films et divers documents permettent au cinéaste de revenir sur un parcours hors du commun fait d'utopie et de désillusions. Un film à ne pas manquer, même si on regrette quelques digressions peu essentielles, qui nous éloignent du destin captivant du "vieil ami" du peuple chinois.

    Nouveau film à l'affiche dans les salles romandes.

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  • Cinéma: "20 ans d'écart", "Au bout du conte", La stratégie de la poussette", "The Sessions", "Hansel et Gretel"

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    20+ANS+D'ECART+PHOTO1[1].jpgTrès demandée ces temps au cinéma, l’ex-présentatrice de télévision Virginie Efira vient d’enchaîner trois films, dont 20 ans d’écart de David Moreau, où elle partage la vedette avec le jeune premier Pierre Niney, pensionnaire de la Comédie Française que s’arrachent également les réalisateurs. 

    Virginie incarne la belle Alice Lantins, freinée dans son ambition de devenir rédactrice en chef d’un magazine de mode par son image de psychorigide. Pour la casser et parvenir à son but, elle se fait violence et feint une idylle avec Balthazar, de 20 ans son cadet. Mais ce qui devait arriver se produit, elle se laisse prendre à son propre jeu.

    Femme cougar, un sujet on ne peut plus actuel mais un terme que déteste la jolie Virginie. Elle le trouve affreux dans son côté prédatrice suspecte en rut et lui préfère MILF (Mother I’d Like To Fuck), un rien vulgaire mais finalement plus flatteur. Elle n’en était pas moins très attirée par le rôle. Comme elle nous le disait dans une interview, elle avait envie d’une comédie romantique, drôle, légère, bien écrite, remettant en cause des clichés et traitant de choses essentielles emballées avec humour.

    Et c’est le cas dans la façon du réalisateur de montrer comment empêcher la résignation de s’installer chez une quasi quadra, qui s’affranchit des normes et finit par refuser de se sentir coupable de ses désirs. Une  oeuvrette sympathique, amusante et sans prétention, où Virginie Efira et et Pierre Niney, formant un couple parfaitement crédible, nous offrent une jolie performance d’acteurs. 

    Au bout du conte avec le duo Jaoui-Bacri

    20400066.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgLe tandem Agnès Jaoui /Jean-Pierre Bacri se livre à une petite étude de mœurs matinée de satire sociale, sous forme d’un mélange de divers contes où on retrouve des personnages traditionnels revus et corrigés. Il y a Sandro, le prince charmant étudiant en musique, Laura, la princesse héritière croyant avoir trouvé le grand amour, Marianne la bonne fée, comédienne ratée se contentant de spectacles de patronage, Pierre, l’ogre que perturbe l’annonce, par une  voyante quarante ans plus tôt, de sa mort aujourd’hui  imminente. Et enfin le grand méchant loup prêt à croquer le petit chaperon rouge.

    Tout ce petit monde se promène et se croise dans cette fable fantaisiste où les auteurs ne nous séduisent pas autant que d’ordinaire. Même s’il y a de l’humour, de bons dialogues et des situations cocasses. Peut-être parce que Jean-Pierre Bacri a trop  tendance à s’autoparodier dans son éternel  rôle de grincheux désabusé, qu’Agnès Jaoui arrondit trop les angles ou que Benjamin Bioley se révèle plus irritant que convaincant dans son rôle de séducteur odieux, amateur de chair fraîche. En l’occurrence celle de la ravissante Agnès Bonitzer.

    La poussive stratégie de la poussette

    1811367_7_e5a1_raphael-personnaz-dans-le-film-la-strategie-de_4b6c90d3298c245d4fa37b8f68544a5f[1].jpgMais si Au bout du conte déçoit un peu, que dire de La stratégie de la poussette… Lasse du manque d’engagement de Thomas qui refuse de lui faire un enfant, Marie finit par le quitter le soir de son anniversaire. Thomas est inconsolable. Au bout d’un an, se retrouvant pendant quelques jours avec le bébé de sa voisine sur les bras, il va s’en servir pour reconquérir son amour perdu.

    Après un début prometteur, la suite s’enlise dans les couches, les biberons et les berceuses. Inutile de préciser qu’on est loin du charme de Trois hommes et un couffin. Dommage pour les deux comédiens Raphaël Personnaz et Charlotte Le Bon, qui méritaient mieux que ce plan de bataille laborieux et mollasson aux gags éculés.

    The Sessions évoque sans tabou la sexualité des handicapés

    121018_MOV_TheSessions.jpg.CROP.rectangle3-large[1].jpgSe déroulant à San Francisco en 1988, l’intrigue est adaptée du roman autobiographique du poète  Mark O’Brien, mort en 1999. Paralysé des épaules aux orteils, alors âgé de 38 ans, il gagne sa vie comme journaliste. Un travail qu'il effectue depuis le poumon d'acier à l'intérieur duquel il passe la majeure partie de son temps. À la suite du départ d'une aide soignante dont il était amoureux, Mark, très croyant et ami du père Brendan, lui demande son avis pour surmonter un obstacle de taille: la perte de sa virginité.

    Le père se montre compatissant et Mark se sent libre de requérir les services d’une thérapeute sexuelle. Elle va lui apprendre le plaisir et redonner ainsi un sens à sa vie. Pour traiter un sujet aussi délicat et tabou que la sexualité des handicapés, il fallait un bon réalisateur et d’excellents acteurs. Ben Lewin se montre à la hauteur du défi dans The Sessions, à l'image de ses deux comédiens. Entouré de John Hawkes et de la belle Helen Hunt, il livre une comédie dramatique à la fois grave, légère, touchante, pimentée d’humour. Il parvient même à mêler assez habilement la religion à l’histoire. Un petit tour de force.

    Hansel et Gretel, pathétiques chasseurs de sorcièree

    HANSEL-AND-GRETEL_510x317[1].jpgRien à sauver dans le film horrifique du cinéaste norvégien Tommy Wirkola, basé sur Hansel et Gretel des frères Grimm. On se demande d’ailleurs bien pourquoi, dans la mesure où le film commence au moment où le conte se termine. Pour rappel, deux enfants abandonnés par leur père dans la forêt se retrouvent devant une maison en pain d’épice recouverte de gâteaux. Affamés, ils se mettent à la dévorer, avant d’être faits prisonniers par la propriétaire, une méchante sorcière bien déterminée à les boulotter à son tour. Mais ils réussissent à fuir après avoir poussé dans un four la redoutable anthropophage. 

    On retrouve donc les deux héros devenus grands, interprétés par Jeremy Renner et Gemma Arterton, transformés en chasseurs de primes à la recherche de harpies sur balais volants à tuer à coups d’arbalètes automatiques des plus sophistiquées. Le tout dans de grotesques déferlements d’hémoglobine. Sans oublier la ridicule utilisation, alors que l’histoire se déroule au moyen-âge, de taser, de défibrillateur et d’insuline pour réguler le taux de sucre d’Hansel, qui s’est laissé aller à des excès glycémiques quelques années plus tôt. Pathétique, sans intérêt et en 3D.

    Nouveaux films à l’affiche dans les salles romandes.

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