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24/04/2013

Cinéma: Robert Downey Jr. se défonce avec humour dans "Iron Man 3",

IRON_MAN_3[1].jpgTraumatisé par ses récentes affrontements avec les aliens, le brillant industriel Tony Stark, héros milliardaire plébiscité par tous, s’enferme dans son atelier pour bricoler. Une pause de courte durée, l'ennemi attaquant de tous côtés. Tandis que son univers personnel est détruit, les Etats-Unis sont frappés par une série d’attentats revendiqués par un mystérieux terroriste, le Mandarin.

Du coup Tony décide de traquer sans relâche ce redoutable personnage, dont on ignore non seulement la véritable identité, mais où il se cache et comment il procède. Désormais seul, dos au mur et totalement dépendant de son armure, il est contraint de survivre par ses propres moyens dans cette aventure qui lui permettra de tester son courage. 

Meilleur de la série, Iron man 3 est signé Shane Black qui succède ainsi à Jon Favreau aux commandes, ce dernier se retrouvant dans le rôle de chef de la sécurité de Stark Industries. Le film se distingue d'abord des deux autres par son ton et ses dialogues différents. Par ailleurs, si le réalisateur propose de spectaculaires scènes d’action à grands coups d’effets spéciaux décoiffants, il n'hésite pas à donner plus subtilement dans l’enquête politico-policière pimentée de comédie.

Un mélange de genres bien maîtrisé et qui culmine dans des séquences jubilatoires anti-Bush ou surtout lorsqu’on découvre qui se dissimule derrière l'effrayant Mandarin. Un moment surréaliste et d’une rare drôlerie qu’on ne dévoilera pas pour ménager le suspense.

Cinéaste et comédiens se partagent le mérite dans cette troisième mouture épique pleine d’humour et d’autodérision. A l’image de son acteur principal, le craquant Robert Downey Jr, qui ne craint pas, pour notre plus grand plaisir et sans en faire des tonnes, de tourner son statut de demi-dieu en ridicule. Gwyneth Paltrow n’est pas mal non plus.
 
Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.

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Cinéma: avec "Quartet", Dustin Hoffman passe derrière la caméra

220px-Dustin_Hoffman_Cannes[1].jpgA l’instar de nombreux comédiens, Dustin Hoffman, héros de plus de soixante films, s'est laissé tenter par la réalisation. A 75 ans, il fait ses débuts dans Quartet, une comédie mettant en scène des musiciens et chanteurs d’opéra à la retraite qui se retrouvent à Beecham House, belle et paisible demeure au cœur de la campagne anglaise. Adaptation de la pièce de théâtre homonyme du dramaturge et scénariste Ronald Harwood, le sujet rappelle évidemment Le baiser de Tosca de Daniel Schmid, sorti en 1984. Le cinéaste suisse est d’ailleurs remercié au générique.

Parmi les pensionnaires trois amis, Reginald, Wilfred et Cissy, apprennent qu’une ancienne diva est sur le point de débarquer. Et quelle n’est pas leur surprise en découvrant qu’il s’agit de la grande Jean Horton en compagnie de laquelle ils triomphaient sur les scènes internationales.

Problème, l’ego démesuré de l'arrogante Jean avait contribué à ruiner aussi bien leur amitié que son mariage avec Reginald. Et apparemment, son caractère ne s’est pas arrangé avec les années. Cela n’empêchera pas les trois complices, plus particulièrement l’irrésistible tête en l’air Cissy, d’oublier amertume et vieilles blessures pour œuvrer à la reconstitution de leur célèbre quatuor lors du gala annuel de Beecham House, destiné à célébrer l’anniversaire de Verdi et à recueillir les fonds nécessaires à la survie de l’établissement.

quartett.jpgAlors qu’on pouvait craindre les fausses notes, on est plutôt conquis par ce feel-good movie aux dialogues piquants qui, loin de s’appesantir sur leur âge egt leurs divers bobos, se révèle au contraire un joyeux hommage aux divers protagonistes et leur style "so british". 

Sans autre prétention que celle de nous divertir et de nous émouvoir, Dustin Hoffman s'amuse à évoquer avec  tendresse, humour et autodérision le narcicissme exacerbé des artistes.

La réussite de cet essai joliment transformé tient naturellement beaucoup à la qualité des interprètes emmenés par l’impétueuse Maggie Smith, l'espiègle Pauline Collins, le digne Tom Courtenay un rien psychorigide et le très polisson Bill Connolly. Sans oublier Michael Gambon, parfait dans son rôle de vaniteux chef d'orchestre.

Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.

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23/04/2013

Cinéma: Michel Gondry, bricoleur de choc dans "L'écume des jours"

MichelGondry[1].jpgOn est tous d'accord. S’il y avait aujourd’hui un réalisateur capable d’adapter L’écume des jours, réputé inadaptable bien que déjà porté à l’écran en 1968 par Charles Belmont, c’était Michel Gondry, spécialiste d'effets artisanaux souvent délirants. En même temps était-ce nécessaire de se lancer dans une telle aventure qui pourrait à la fois rebuter les inconditionnels du roman et laisser les autres indifférents ?

Pas de quoi pourtant empêcher le MacGyver de la caméra hexagonale de relever le défi pour revisiter à sa manière le roman du mythique Boris Vian, qui a fasciné des générations d’ados avec son monde poétique, déroutant, surréaliste et jazzy. Pas à sa sortie en 1947 toutefois, ce monument de la littérature française n’ayant eu aucun succès du vivant de l’auteur, mort en 1959 à l’âge de 39 ans.

Dans L’écume des jours, Colin (Romain Duris) un garçon insouciant, idéaliste, assez fortuné pour ne pas avoir besoin de travailler, tombe follement amoureux de Chloé (Audrey Tautou) qui le lui rend bien. Autour d’eux gravitent quelques amis farfelus tels Nicolas (Omar Sy), le cuisinier et confident, collectionneur de jolies filles, ou Chick (Gad Elmaleh) un fanatique du philosophe Jean-Sol Partre. 

Au début les tourtereaux sont ivres de bonheur. Mais dans cette Love Story avant l’heure Chloé va mourir, victime d’un nénuphar qui grandit dans ses poumons et l’empêche de respirer. Colin se ruine et s’épuise, acceptant des jobs de plus en plus absurdes pour tenter de la sauver. Parallèlement, au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, leur logement rapetisse et s’assombrit. En dépit des efforts constants d’une petite souris grise à moustaches qui s’évertue à nettoyer les carreaux pour laisser passer le soleil.

Certes, à l'instar du livre, le film offre une vision pessimiste de la société en général et du monde du travail en particulier. On ne peut par ailleurs pas reprocher au créatif Michel Gondry de trahir son idole de toujours, du moins sur le plan visuel, où il recrée avec talent son univers insolite et fantastique.

Gadgets bluffants et trouvailles à la pelle

A commencer par l’appartement de Colin, construit dans une rame de métro à ciel ouvert. Traduisant les inventions de Vian, le film fourmille de gagdets et de trouvailles, dont le bluffant pianocktail, permettant de composer une boisson différente selon les morceaux joués, l’anguille qui sort du robinet, la sonnette à pattes qui se déplace, l’envolée au-dessus de Paris dans un nuage, la voiture transparente du mariage. Sans oublier la fameuse danse du biglemoi.

201346582[1].jpgMais à trop se concentrer sur les objets, Michel Gondry tend à oublier les protagonistes qui ne suscitent aucune émotion. A l’image de Colin et Chloé (photo) dont la tragique et déchirante histoire d’amour devient presque anecdotique au milieu de ce loufoque bric-à-brac. 

Mais le plus problématique finalement, ce sont les comédiens auxquels on ne s’attache pas dans la mesure où non seulement ils ne correspondent pas à notre imaginaire, mais surtout n’incarnent pas leurs personnages. Et si Audrey Tautou se révèle la moins bonne dans ce genre d’exercice, Romain Duris, Omar Sy ou Gad Elmaleh ne contribuent pas vraiment à relever le niveau de ce casting de producteurs.

Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes dès le mercredi 24 avril.

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17/04/2013

Cinéma: "Les âmes vagabondes", d'après l'auteure de "Twilight"

220px-The_Host_Poster[1].jpgJamais la vie n’a été aussi paisible et le monde aussi parfait. Sauf que ce n’est plus notre monde, depuis que des extraterrestres y ont débarqué, prenant possession de nos corps et de nos esprits. Quelques groupes d'humains s'efforcent de résister aux envahisseurs en se cachant pour survivre, à l’image de Melanie Stryder et de son jeune frère.

En dépit de ses efforts et de sa vigilance, elle est capturée et se voit contrainte de cohabiter avec Wanda, une entité venue d’ailleurs. Gentille, Wanda, mais néanmoins destinée à s'emparer d'elle. C’est compter sans l'amour que Melanie voue à un jeune homme, l'un des rares humains à l'être resté. La jeune fille veut le retrouver et lutte de toutes ses forces, déterminée à ne pas laisser la place à Wanda...

Les âmes vagabondes, film de science-fiction signé Andrew Niccol, est adapté d’un roman de Stephenie Meyer, l’auteure de Twilight. On doute pourtant que cet opus tarabiscoté, longuet et banal, ait l’impact de la célèbre saga. Même avec Saoirse Ronan et Max Irons, nouveau petit couple censé faire rêver les adolescentes. Pour l’anecdote, on relèvera la présence de Diane Kruger en traqueuse extraterrestre de choc. Une redoutable mégère qui, contrairement à ses congénères, n’a vraiment rien de pacifique!

Toujours côté américain, à oublier carrément Parker, de Taylor Hackford, racontant l’histoire d’un cambrioleur avide de vengeance après avoir été trahi par ses complices et laissé pour mort au bord d’une route. Mais il en faut davantage pour l’arrêter dans sa croisade… qui le conduira en Floride, dans le luxueux quartier de Palm Beach, où il rencontre une sulfureuse agente immobilière. Elle l’aidera dans sa tentative de s’emparer de quelques millions de dollars de bijoux, en espérant y trouver son compte.  Tant pis pour Jennifer Lopez.

Nouveaux films à l’affiche dans les salles romandes.

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Cinéma: "Les gamins" avec Alain Chabat et Max Boublil

vlcsnap-2013-04-14-15h43m08s201[1].pngCompositeur et éditeur de musique, Anthony Marciano passe derrière la caméra pour livrer un premier long-métrage plutôt réussi, les Gamins. Un exploit dans la comédie romantique après une impressionnante série de navets. Il a écrit le scénario avec l’humoriste Max Boublil, coqueluche de la pellicule pour l'instant, qui  tient également l’un des rôles principaux, aux côtés d’Alain Chabat.

L’intrigue en quelques mots. Thomas vient de se fiancer et rencontre ses futurs beaux-parents, Gilbert et Suzanne mariés depuis trente ans. Désabusé, convaincu que son couple l’a enfermé dans une vie végétative, Gilbert persuade Thomas de renoncer à épouser sa fille Lola. Et le pousse à tout plaquer pour le suivre dans son délire adulescent entre fantasmes sexues, parties de roller et virées dans des boîtes à la mode, au lieu de s’abrutir  bêtement. Et les voici en pleine régression, s’éclatant comme des mômes.

Le tandem masculin fonctionne bien dans cet opus sans autre prétention que celle du divertissement, empruntant avec humour les codes classiques du genre et jouant sur l’autodérision. A l’évidence, les deux acteurs se sont amusés comme des petits fous, heureusement sans trop oublier le spectateur. 

Dommage pourtant que les femmes fassent un peu tapisserie dans l’histoire, alors que Sandrine Kiberlain nous offre quelques scènes jubilatoires dans le rôle d’un écolo néo-hippie qui ne finit jamais ses phrases. On y rencontre également au passage Patrick Bruel et Iggy Pop.  

La fille de nulle part plonge dans le vide

images[1].jpgContre toute attente, le film avait remporté le Léopard d’Or au dernier festival de Locarno, le jury présidé par le Thaïlandais Apichatpong Wreerasethakul plébiscitant de conserve un Jean-Claude Brisseau incroyablement jeune d’esprit. Le plus jeune de la nouvelle nouvelle vague qui plus est.

Talentueux, dérangeant le réalisateur de Noce blanche ou de L’ange noir a souvent séduit avec ses films alliant réalisme, fantastique au quotidien et un brin de mysticisme. Un mélange de genres  qu’on retrouve certes dans La fille de nulle part, mais qui peine à justifier un tel enthousiasme. Même sil s’est poursuivi  lors  de la sortie en salles chez la plupart des critiques français. Le mot chef d’œuvre a même été lâché.
inconditionnels de la posture auteuriste du cinéaste, le nec plus ultra consiste à tourner avec des bouts de ficelle et un drap de lit dans son appartement, lieu dévolu aux références cinématographiques et devenu le théâtre de phénomènes mystérieux.

Tout cela après que le héros, en l’occurrence Brisseau lui-même, acteur laborieux, eût recueilli Dora,  une jeune SDF ensanglantée sur son pas de porte et l’héberge le temps qu’elle se rétablisse. Et qu’il puisse évoquer, entre deux intermèdes dissertatoires d’une singulière vacuité, les tourments et les ravissements de l’âme…

Aux pires élèves les pires profs... hélas

banniere-les-profs[1].jpgEncore une BD française, Les profs, adaptée sur grand écran. Cette fois c’est Pierre-François Martin-Laval, alias PEF qui s’y colle. Une troisième réalisation calamiteuse où les pires profs de France ont pour mission d’éduquer les pires élèves de l'Hexagone, en l'occurrence ceux du lycée Jules Ferry, affichant 12% de réussite au bac. Un taux minable qu’il s’agit de faire monter à 50%, sous peine de fermeture.

Pour soigner le mal par le mal, on découvre donc une bande d’enseignants improbables qui en font des tonnes, oeuvrant lourdement dans l'overdose déjantée. Dont Isabelle Nanty dans le rôle de la prof d'anglais bargissime et Christian Clavier dans celui du méga cool. Et côté élèves, pour attirer les ados, l’un de leurs humoristes préférés, Kev Adams. C’est encore lui qui s’en sort le mieux.

Nouveaux films à l’affiche dans les salles romandes.

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16/04/2013

Cinéma: Avec "The Grandmaster": Wong Kar-wai revisite le kung-fu

images[2].jpgA première vue, ce film sur le kung-fu ne m’emballait pas des masses. D’autant que je ne voyais pas vraiment Wong Kar-wai, le réalisateur de l’irrésistible In The Mood For Love et de sa suite 2046, souvent étiquetée chef d’œuvre, se passionner pour cette discipline martiale. Mais apparemment le grand cinéaste hongkongais a voulu se lancer un défi et en réalité l’a plutôt bien relevé dans The Grandmaster.

Le film s’inspire de la vie d’Ip Man, légendaire maître d’un courant du kung-fu, le wing chun, et futur mentor de Bruce Lee. Il commence en Chine en 1937 et se poursuit jusqu’au début des années 50. A travers cette star qui mène grand train à Foshan, dans la province de Canton, Wong Kar-Wai revient sur un morceau d'une époque révolue. Ip Man perd sa famille dans la guerre sino-japonaise qui plonge le pays dans le chaos, fuit la Chine communiste et finit par s’établir à Hong Kong où il enseigne son art.

Au cœur de cette intrigue qui se déroule sur fond de violence, de divisions et de complots au sein des différentes écoles, la rencontre d’Ip Man avec Gong Er, en qui il trouve son égale, voire sa supérieure dans la mesure où elle est la seule à connaître la figure mortelle des 64 mains. C’est la fille du Grand Maître Baosen, chef de l’Ordre des Arts Martiaux qui sera assassiné par un disciple.Très vite, l’admiration que tous deux se vouent laisse place à une histoire d’amour impossible.

Tout cela est à la fois beau, fascinant, mélancolique et romantique, rythmé par des combats en forme de ballets superbement chorégraphiés dont celui d’ouverture sous la puie, pour culminer dans un duel follement sensuel entre les deux principaux protagonistes.

Ils sont interprétés par le beau Tony Leung, toujours aussi élégant, et la sublime Zhang Ziyi (photo) qui ont dû suivre un entraînement des plus rigoureux pour apprendre et maîtriser les différents gestes. Ils n’en ont pas moins la chance de traverser toutes ces années sans pratiquement prendre une ride. A noter aussi que le kung-fu est probablement le seul sport qui peut se pratiquer coiffé, sans le perdre, d’un panama blanc. On sur un quai de gare en manteau de fourrure. Du moins chez Wong Kar-wai…

Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 17 avril.

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10/04/2013

Cinéma: "Mariage à l'anglaise" sur fond de sauce indigeste à l'américaine

i-give-it-a-year[1].jpgLes comédies romantiques américaines vraiment bien ficelées et enlevées ne courent pas les écrans. Mais attention au fiasco lorsque les Britanniques se mêlent de les imiter, comme dans Mariage à l’anglaise. Même si son auteur Dan Mazer (scénariste de Sacha Baron Cohen pour Borat et Brüno), a choisi de faire les choses à l’envers. Il a en effet commencé son film là où normalement  les intrigues du genre s’achèvent, c’est-à-dire par un mariage et décidé de boucler son sujet par une demande en divorce.

Nat (Rose Byrne), cadre dynamique, épouse Josh (Rafe Spall), apprenti romancier mal dégrossi. Bien que n’ayant rien à faire ensemble ils ont la ferme intention de tenir une année ensemble, voire plus si entente. Hélas, neuf mois plus tard, rien ne  va plus. Nat a craqué pour Guy, un beau blond américain (Simon Baker, le héros du Mentalist) et Josh pour Chloé (Anna Faris), son ex qu’il n’a en réalité jamais cessé d’aimer.

Au départ, un parti-pris original en soi.  Sauf que ça dérape dès le début dans le pas drôle, avec un prêtre pris d’une quinte de toux répétitive et n’arrive pas à prononcer les mots " mari et femme". Pour sombrer ensuite dans le gras, le lourd, le vulgaire et le graveleux, avec l’insupportable speech du témoin qui se veut cynique, croustillant et humoristique. 

Les choses ne s’arrangent pas par la suite, l’ensemble de l’opus adoptant obstinément ce ton faussement truculent mais pesamment égrillard. Ce qui n’a dans le fond rien d’étonnant de la part de Dan Mazer. 

Des gens qui s’embrassent avec une inutile pléiade de vedettes 

des-gens-qui-s-embrassent-photo-515ae0ea0d199[1].jpgOn tombe encore plus bas avec le cinquième film écrit et réalisé par Danièle Thompson, Des gens qui s’embrassent. Il met en scène deux frères, Zef et Roni. le premier est un grand musicien très religieux dont la femme, partenaire de concert, vient de mourir dans un accident. Le second, businessman prospère et fêtard, fan de Sinatra, doit marier sa fille unique dans un luxueux hôtel de maitre. Ces deux événements qui se télescopent malencontreusement ne vont pas arranger les conflits les séparant déjà.

C’est donc parti pour une série d'afffrontements, de  de malentendus, de trahisons et de réconciliations débiles entre New York, Paris et Saint-Tropez. Il n’y a décidément pas grand-chose, sinon rien à sauver dans cette indigente et laborieuse comédie familiale juive, qui confine au vaudeville grotesque. Triste pour la réalisatrice qui nous a habitués à tellement mieux. Surtout comme scénariste (La grande vadrouille, Le cerveau, Les aventures de Rabbi Jacob, Ceux qui m'aiment prendront le train parmi les plus célèbres...)

Et ce n'est pas la pléiade de vedettes engagées, de Kad Merad à Eric Elmosnino en passant par Monica Bellucci, Valérie Bonneton ou Max Boublil, qui contribuent à relever le niveau. Les stars hexagonales ont au contraire une fâcheuse tendance à plomber l’ensemble. Et surtout le budget, puisque la chose a coûté quelque 14,5 millions d’euros. Soit l’un des films français le plus cher de ce début d’année!

Oblivion avec Tom Cruise pour sauver l’humanité

4808809[1].jpgDeux mots sur Oblivion, le blockbuster de la semaine que je n’ai pas vu. Petit résumé à l’intention des fans de Tom Cruise, revenu à la science-fiction en sauveur de l’humanité dans le rôle de Jack Harper et aux côtés d’Olga Kurylenko (photo). 

Nous sommes en 2077. Les habitants de la Terre ont été évacués suite à des décennies de guerre avec des forces extraterrestres. Le travail de Jack Harper comme responsable de la sécurité et d'entretien des drones touchant à sa fin, il s'apprête à rejoindre le reste des survivants dans une colonie spatiale. Mais il se retrouve coupé dans son élan lorsque le vaisseau d'une belle inconnue s'écrase sur la planète.

Nouveaux films à l’affiche dans les salles de Suisse romande.

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09/04/2013

Cinéma: "Enfance clandestine" dans l'Argentine du dictateur Videla

enfanceclandestine.jpgNous sommes dans l’Argentine de 1979, en pleine dictature du général Videla. Juan, 12 ans, revient à Buenos Aires avec sa famille après des années d’exil. Au mépris du danger, ses parents  et Beto, son oncle préféré, militent dans les Montoneros, une organisation traquée par la junte militaire. Pour éviter d’être repérés, Ils vivent sous une fausse identité. A l'intention de ses copains d’école et surtout de la jolie Maria dont il est tombé amoureux, Juan s’appelle Ernesto. Il doit impérativement s’en souvenir, sous peine de condamner ses proches à une mort certaine.

Passant avec succès pour la première fois derrière la caméra, le réalisateur Benjamin Avila suit pendant quelques semaines la double vie, pas simple à assumer, de ce gamin. Il est tantôt Juan dans sa maison, avec tous les dangers que représente le quotidien de rebelles vivant dans la clandestinité, en se dressant courageusement contre le pouvoir. Avec la crainte de voir débarquer une redoutable milice pour les arrêter, l’obligation de se cacher pour y échapper. Mais il est aussi tantôt Ernesto qui ne peut pas l’être vraiment, qui doit mentir à Maria pour ne pas trahir les siens.

Inspiré par ce qu’il a lui-même vécu, le cinéaste ne livre pourtant pas une œuvre autobiographique. Il dit se servir de son expérience pour revisiter cette période tragique entre 1976 et 1983 à travers les yeux d’un enfant animé par des sentiments contradictoires. Des années noires marquées par une  peur qui n’empêchait pas de savourer les petits bonheurs de l’existence. 

Benjamin Avila livre ainsi un long-métrage politiquement important, émouvant, empreint de pédagogie dans la mesure où Juan/Ernesto ne comprend pas toujours ce qui se passe et se fait expliquer les événements dont il est le témoin par ses parents. Le film est bien servi par l’interprétation des comédiens, à commencer par celle, remarquable, du jeune Teo Gutierrez Moreno (photo), qui porte le film sur ses épaules en étant pratiquement de toutes les scènes. 

Nouveau film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 10 avril.

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Cinéma: "Effets secondaires", le thriller médical de Steven Soderbergh

large_625398[1].jpgTandis qu’il ne cesse d'assurer qu’il va arrêter de tourner depuis août 2011, Steven Soderbergh continue au contraire à jouer les forçats de la caméra. Peu après avoir dévoilé la plastique d’enfer du sulfureux Channing Tatum dans Magic Mike, le réalisateur américain revient avec Effets secondaires, un drame médical à suspense.

Psychiatre reconnu et ambitieux, Jonathan Banks prescrit un médicament au stade expérimental à Emily Taylor, une jeune femme souffrant de dépression et qui vient de faire une tentative de suicide. Elle est bientôt suspectée d’avoir assassiné son mari récemment sorti de prison, lors d’un accès de somnambulisme, apparemment dû à la prise de la nouvelle molécule psychotrope. 

Du coup, les avocats de la jeune femme et son ex-thérapeuthe, le Dr Victoria Siebert, saisissent l'occasion pour plaider son incapacité mentale au moment des faits, ce qui vaut à Emily d’être lavée de l’inculpation d’homicide.

Mais l’erreur médicale fait scandale, la presse s'en mêle et la réputation de Jonathan Banks en prend un sacré coup. Pire, il est poursuivi pour traitement dangereux. Voyant sa vie partir en morceaux, il est décidé à rebondir. Menant l’enquête, il découvre une série de mensonges et de coïncidences, autant d’indices et d’éléments troublants qui l’incitent à voir dans cette affaire un vilain complot pour le détruire.

Soderbergh se délecte alors à multiplier les coups de théâtre dans une intrigue bien ficelée. Jouant sur les apparences, les faux semblants, la perversité des protagonistes, il mitonne un jeu de pistes plutôt malin, se plaisant à manipuler tout son monde, à commencer par le spectateur. 

Divertissant, bien mis en scène, ce polar est également parfaitement interprété par Jude Law (photo), très crédible dans son rôle de shrink newyorkais aux côtés de Rooney Mara, Catherine Zeta-Jones et Channing Tatum. Dommage pourtant que l’auteur ait bâclé la fin et se soit contenté d’une mini-charge vite escamotée contre l’industrie pharmaceutique, qu’il semblait pourtant à l’origine vouloir vilipender.

Nouveau film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 10 avril.

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05/04/2013

Cinéma: "Dead Man Down" s'enlise entre action, suspense et mélo

noomi rapace].jpgAprès avoir porté à l’écran la trilogie Millenium adaptée de la saga littéraire du même non, le Danois Niels Arden Oplev s’est lancé dans sa première expérience américaine avec Dead Man Down, une sombre histoire liant deux êtres  qui se rencontrent par hasard, animés d’un même désir bien qu’ils n’aient a priori pas grand-chose en commun.

Le beau et taciturne Victor (Colin Farrell) sert de bras droit à Alphonse, redoutable caïd newyorkais dont les hommes se font descendre les uns après les autres par un mystérieux tueur. Alors qu’il mène l'enquête, Victor fait la connaissance de sa voisine Béatrice (Noomi Rapace, l’égérie nordique du réalisateur), défigurée (il faut le dire vite tant le maquilleur a fait œuvre artistique) lors d’un accident de voiture. Elle vit avec sa fofolle de mère (Isabelle Huppert), sensible au charme du ténébreux malfrat. 

D'abord réticente, Béatrice accepte de sortir avec lui, mais il se rend compte vite compte que ce n’est pas pour son physique avantageux. La jeune femme veut se venger du chauffard qui lui a "bousillé" le visage et lui demande de le tuer. De son côté, Victor a ses propres comptes à régler. En d’autres termes, ça va chauffer.

Et pourquoi pas ? Au départ on a une bonne idée de polar, un casting pluricuturel intéressant au service d’une intrigue qui se déroule dans un New York inhabituel et trouble, avec quelques scènes jouées en en français, en espagnol, ou en albanais. Plutôt original.

Malheureusement les choses ne tardent pas à se gâter, pour s’enliser dans l’invraisemblance et l’improbable entre action, suspense et mélo, laborieux mélange de genres mal maîtrisé par l’auteur. Sans oublier l’inévitable démonstration de violence gratuite, avec d’assourdissantes explosions, de fatigantes et répétitives fusillades avec plein de durs à cuire découpés à la mitraillette. Le tout culminant dans un carnage final grand-guignolesque.

Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.

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