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Sorties de la Semaine - Page 65

  • Cinéma: "We're The Millers", humour extra-gras avec Jennifer Aniston

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    we-re-the-millers01[1].jpgAgressé par trois voyous qui lui piquent sa came et son fric, obligé du coup de rembourser Brad, un dangereux gangster qui est aussi son fournisseur, David Burke se retrouve dans une sale situation. Pour s’en sortir, il n’a qu’une solution: se rendre au Mexique et ramener une cargaison de drogue aux Etats-Unis.

    Mais comment s'y prendre sans se faire pincer? C'est alors qu'une idée lumineuse surgit de son cerveau embrumé. Il loue un maxi camping-car, engage Rose, une stripteaseuse irascible, ainsi que Casey et Kenny, deux teen-agers débiles, histoire de se faire passer pour un bon père rentrant de vacances avec sa petite famille.

    Laborieuse comédie à l’humour extra-gras et aux situations téléphonées de Rawson Marshall Thurber We’re The Millers est emmenée par une Jennifer Aniston atone, devenue donc mère bidon et fausse épouse d’un minable dealer de shit interprété par Jason Sudeikis. On peut s’en passer…

    Red 2, le retour des retraités

    Egalement dispensable, la suite des aventures des agents retraités de la CIA, toujours disposés à sauver la planète. Apprenant la mort de son ancien collègue Marvin, Franck Moses se rend à son enterrement avec sa compagne Sarah, sans se douter (c’est bien le seul!) qu’il va avoir de gros ennuis.

    Arrêté et interrogé par le FBI au sujet d’un mystérieux "Projet Nightshade", il ne doit son salut qu’à l’intervention de Marvin qui avait simulé sa mort. Ils se lancent alors dans une course poursuite à travers le monde pour découvrir le secret du dit projet. Avec Bruce Willis, John Malkovich, Anthony Hopkins, Helen Miren, Catherine Zeta-Jones et les autres.

    Films à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 août.

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  • Cinéma: "Jeune & jolie", Marine Vacth se prostitue chez Ozon

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    young-beautiful[1].jpgA l’évidence, Fançois Ozon aime enchaîner les films. Sept mois après la sortie de Dans la maison, il était déjà en lice pour la Palme d’Or au dernier Festival de Cannes avec Jeune & jolie. Un film qui dévoile la beauté et la plastique de rêve de Marine Vacth (photo), passée de mannequin à actrice. Elle incarne Isabelle, une étudiante de 17 ans  qui se prostitue. Le tout sur fond d’internet et des facilités offertes par la toile pour débusquer le client.

    Loin pourtant de l’idée de François Ozon de faire œuvre documentaire, sociologique, psychologique  ou générationnelle en abordant les nouveaux moyens de communication particulièrement actifs dans l’éveil de la sexualité. S’il a mené son enquête, rencontré des policiers de la brigade des mineurs ou des psy spécialisés, c’est pour nourrir l’oeuvre en dominant la matière, de façon à mieux s’en éloigner par la suite.

    Brossant le portrait d'Isabelle dans une approche impressionniste à travers quatre saisons et quatre chansons de Françoise Hardy, qui n’aime pas son choix dixit le cinéaste, celui-ci tient d'abord à raconter l'histoire d’une jeune fille particulière qui se cherche. Elle ne se prostitue ni par plaisir (il suffit de voir le look de la plupart des objets de ses passes pour s’en convaincre), ni par nécessité dans la mesure où elle vient d’une famille bourgeoise et n’a pas besoin d’argent. Mais pour se trouver.

    Petite plongée dans l'univers des ados

    Ozon suit donc le parcours d’Isabelle, qui commence par se débarrasser de sa virginité pendant les vacances en couchant avec un jeune Allemand de passage qu’elle jette aussi sec. Puis il se lance dans la description répétitive et assez lassante des 5 à-7 quotidiens et crapuleux de la lycéenne qui fait la pute sans états d’âme, se tapant n’importe qui contre de l’argent, même si ce n’est pas son moteur. Jusqu’au drame qu’on vous laisse découvrir.

    Le sujet peut éventuellement étonner, mais il n’est en principe pas destiné à choquer, son auteur souhaitant avant tout se plonger dans l’univers des ados et leurs tourments, ce qu’il n’avait pas fait à partir de Sous le sable. C’est également dans le but de démythifier une adolescence idéalisée souvent montrée à son avis dans le cinéma français. "Je garde un souvenir plutôt douloureux de la mienne, raison pour laquelle j’ai eu envie d’en parler avec une certaine distance", remarquait-il lors de sa conférence de presse sur la Croisette.

    François Ozon a rencontré de nombreuses comédiennes avant de craquer pour Marine Vacth, déjà vue chez Klapisch et Arcady et aux côtés de Vincent Cassel pour un parfum d’Yves Saint-Laurent. Jeune et jolie elle porte…  Jeune & jolie sur ses épaules avec une conviction qui n’emporte pas toujours l’adhésion.

    Indifférent, introverti, mal à l’aise, secret dans son désir de se vendre, son personnage manque de chair et de sang. A l’image d’un opus certes bien mené, à la mise en scène élégante mais qui se contente trop de surfer sur l’activité se voulant scandaleuse et perverse de son héroïne pour titiller le spectateur.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 août.

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  • Cinéma: "Jobs" évoque un génie dans un biopic...sans génie

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    ashton-kutcher-as-steve-jobs[1].jpgSteve Jobs disparu, on imaginait bien qu’un film sur sa vie ne tarderait pas à voir le jour. Le cinéma indépendant s'y est immédiatement attelé pour nous livrer la chose même pas deux ans après sa mort, survenue le 5 octobre 2011. Jobs est signé Joshua Michael Stern, qui s’est emparé du génie planétaire d’Apple pour nous livrer un biopic… sans génie hélas.

    Il a confié au "geek" Ashton Kutcher (photo), comme il le revendique, le soin de se glisser dans la peau du grand homme dont il s'applique, après avoir regardé des centaines d'heures de vidéos sur lui, à reproduire la démarche, la gestuelle et la diction. Le réalisateur en rajoute d'ailleurs lourdement, histoire de nous montrer à quel point son protagoniste s’en tire bien…  

    En fait, on se demande quelle est la réelle utilité de l’opus. Sinon de prendre de court Hollywood en se consacrant le premier au parcours et à l’ascension extraordinaires de cet innovateur hors du commun, qui a révolutionné notre manière de vivre et de percevoir le monde. Sony planche en effet également sur le sujet avec Steve Wozniak, l’autre père de la marque à la pomme. Ce qui l’a poussé à émettre des réserves sur Jobs, où son personnage est interprété par Josh Gad.

    C’est aussi le cas des critiques et du public aux Etats-Unis qui ont largement boudé le film à sa sortie. Joshua Michel Stern y retrace vingt ans de l’existence de Steve Jobs, de la création d’Apple dans un garage californien à son retour triomphant à la tête de l’entreprise qu’il avait créée avant d’en être écarté. Pour en faire un formidable succès.

    L'homme derrière l'icône

    Tout en glorifiant l’inventeur visionnaire, le cinéaste s’attache aussi à révéler l’homme derrière l’icône. Et en dresse un portrait peu flatteur, le dépeignant comme un personnage froid, dur avec ses collaborateurs, égocentrique, asocial. Fuyant également lâchement ses responsabilités si on se réfère à sa rupture avec sa petite amie enceinte et à son refus initial de reconnaître l’enfant.

    Très bien tout ça, sauf que les choses s’arrêtent au moment de la relance d’Apple, avec la sortie de l’iPod en 2001. Laissant le spectateur sur sa faim en ce qui concerne les dernières avancées technologiques de la compagnie et la maladie de son géniteur. Pour cela il faudra attendre la biographie de Sony, basée sur le bouquin à succès de Walter Isaacson et dont on doit le scénario à Aaron Sorkin.

    Ce dernier avait déjà écrit celui de The Social Network consacré à Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook et qui avait rapporté 200 millions de dollars. C’est dire si Jobs aura affaire à la plus rude des concurrences.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 21 août.

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  • Cinéma: "Your sister's sister" met en scène un bon trio d'acteurs

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    images[1].jpgNe parvenant pas à se remettre de la mort de son frère, Jack accepte la suggestion d’Iris, sa meilleure amie, d’aller passer une semaine, seul, dans son chalet familial pour retrouver un peu goût à l'existence. 

    A son arrivée pourtant, il trouve les lieux déjà occupés par Hannah, la sœur lesbienne d’Iris, venue oublier une grosse déception amoureuse. Après une soirée trop arrosée et propice à d’inattendus ébats entre ces deux cabossés de la vie, les choses se compliquent avec l'arrivée pour le moins inopinée d’Iris.  

    Lynn Shelton, qui s’était fait connaître avec Humpday où deux hétéros décidaient  de tourner un porno gay (la chose ayant par ailleurs donné lieu à l’insipide remake Do not disturb d’Yvan Attal), place cette fois son héros masculin entre deux sœurs, le laissant se dépatouiller dans cette situation a priori ingérable. Aussi bien amoureusement que sexuellement.

    Surfant avec un certain humour sur la complication des relations humaines, la réalisatrice américaine propose, en dépit de son manque de rythme et de son côté bavard, une petite comédie auteuriste plutôt plaisante, au scénario original. Mais elle tient surtout la route grâce à la bonne prestation du trio formé d’Emily Blunt, Rosemarie DeWitt et Mark Duplass (photo).


    Cha cha cha, entre corruption et règlements de comptes

    images[2].jpgA la demande de Michelle, son ex-maîtresse devenue celle du puissant et redoutable avocat Argento, Corso, un ancien flic reconverti dans le privé, file son jeune fils qui joue les rebelles. A la sortie d’une boîte de nuit, l’adolescent est tué dans un accident de voiture que le détective, en dépit de la thèse policière d’une tragique mais simple collision, trouve immédiatement suspect.

    La découverte dans un terrain vague du cadavre d’un homme apparemment proche d’Argento le conforte dans ses premières déductions. Et nous voici embarqués dans une difficile et tortueuse enquête avec corruption, espionnage, écoutes téléphoniques et règlements de comptes à la clé. Ambiance on ne peut plus italienne pour ce film noir sur lequel plane indéniablement l’ombre de Berlusconi…  Avec Luca Argentero et Eva Herzigova (photo).

    Films à l'affiche dans le salles romandes dès mercredi 7 août.

     

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  • Cinéma: "Lore", Insaisissables", "Né quelque part"

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    images[2].jpgA la fin de la guerre, en 1945, Lore et ses frères et sœurs livrés à eux-mêmes après l’arrestation de leurs parents nazis, traversent l’Allemagne vaincue et en déroute pour rejoindre leur grand-mère à Hambourg. En chemin ils rencontrent Thomas, jeune juif rescapé des camps. Pour survivre, Lore n’a d’autre choix que de lui faire confiance.

    Avec ce film, la réalisatrice australienne Cate Shortland s’empare d’un thème fort pour livrer sa réflexion sur la culpabilité collective, la transmission du mal d'une génération à l'autre, l’éveil d’une conscience. Elle gâche pourtant un peu son sujet en y mêlant, d’une manière trop maladroite et mièvre au cours de cette errance initiatique, la naissance à la sexualité de Lore, son désir pour Thomas. Le garçon qui représente tout ce qu’on lui a toujours appris à haïr.

    De même, on lui reprochera une démarche formelle trop esthétisante, souvent mal en rapport avec la violence, la désolation et le chaos ambiants. Rien à redire en revanche sur le jeu des jeunes acteurs. A commencer par l’héroïne, interprétée avec beaucoup de talent par Saskia Rosendahl (photo).

    Insaisissables, un  thriller efficace

    extrait-du-film[1].jpgDe nos jours, les magiciens ou autres illusionnistes doivent se montrer de plus en plus sophistiqués et bluffants pour remplir les salles et éblouir le public. C’est le cas des "Quatre Cavaliers" qui donnent un spectacle décoiffant sur une scène américaine, notamment en braquant simultanément une banque en France. Ils ne se contentent d'ailleurs pas de piller les banques, mais distribuent l’argent en direct pendant leurs shows.

    Promettant de faire preuve de davantage d'audace, ces Robins des Bois d’un nouveau genre ont du coup à leurs trousses le FBI et Interpol. Commence alors une course contre la montre, prétexte à une explication des tours spectaculaires et, hélas, à une surenchère de bagarres.

    Pour le reste Louis Leterrier, habile technicien pétri de bonnes idées, propose avec Insaisissables un thriller sans grand génie dans sa facture, mais efficace, ludique et divertissant. Il est emmené par Jesse Eisenberg (photo), le comédien révélé par The Social Network, film à succès où il jouait ou plutôt devenait carrément Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook.

    Né quelque part, une bonne surprise

    ne_quelque_part_-_jamel[1].jpgJeune Français de 26 ans, Farid doit se rendre en Algérie pour sauver de la démolition la maison de son père. Il découvre sa terre d’origine comme il ne l’imaginait pas, ainsi qu’une brochette de personnages drôles, chaleureux et touchants. Dont son cousin, une fripouille débrouillarde qui rêve d’émigrer en France.

    Né quelque part, premier film de Mohamed Hamidi coproduit par Jamel Debbouze est, contre toute attente, une plutôt bonne surprise. Comédie sociale douce-amère, à la fois grave et légère sur fond de quête d'identité, elle évoque aussi de façon humoristique et critique les difficultés du pays.

    En outre le réalisateur n’a pas choisi le comédien le plus moche pour le rôle principal. Belle gueule, convaincant, Tewfik Jallab (photo en compagnie de Jamel Debbouze) porte l'histoire, tout en séduisant par sa fraîcheur et son indéniable charisme. Il fait oublier la mise en scène convenue de l’opus qui n’évite pas toujours les clichés et a parfois tendance à abuser des bons sentiments.

    Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 31 juillet.

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  • Cinéma: "Les Schtroumpfs 2", avec la Schtroumpfette en pleine crise existentielle

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    21012563_20130614164220596.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgLe premier ayant généré un pactole de 560 millions de dollars, ne pas surfer sur la vague bleue planétaire était impensable. Dans Les Schtroumpfs 2, animation encore une fois réalisée en prises de vue mêlées à des images de synthèse, les petits personnages imaginés par Peyo en 1958 passent, toujours sous la houlette du réalisateur Raja Gosnell, de New York à Paris. Avec la Schtroumpfette en vedette, victime d’un rapt et en pleine crise identitaire. Le tout en 3 D, cela va sans dire.

    Devenu une star internationale de la magie mais rêvant toujours de posséder suffisamment d’essence de Schtroumpfs pour régner sur le monde, l’ignoble Gargamel a inventé les Canailles, la perfide Vexy et le simplet Hackus (photo ci-dessous), qu’il veut transformer en  petits personnages bleus à bonnet blanc afin d’obtenir un accès illimité au précieux arome. 

    Mais il lui manque la formule secrète que détient leur "sœur", la Schtroumpfette. Pour exécuter son plan infâme, l’immonde envoie ses deux nouvelles créatures kidnapper la demoiselle. A charge pour elles de manipuler leur victime en lui faisant croire qu’elle appartient à leur clan. Ce qui n’est pas entièrement faux, dans la mesure où Gargamel est son géniteur biologique et que le Grand Schtroumpf n’est que son père de cœur.

    274591_8424460c41e8d08d7b0a7d82a554548e[1].jpgDu coup, à chaque anniversaire, la Schtroumpfette s’interroge sur son identité, se demandant si elle est une authentique Schtroumpf. D’où l’éventuelle tentation qu’elle livre la recette magique à ses ravisseurs. Face à ce questionnement existentiel de tous les dangers, le Grand Schtroumpf mobilise ses troupes. Se retrouvant malencontreusement avec le Maladroit, le Grognon et le Coquet sur les bras, il fait appel aux Winslow, ses amis humains, pour tirer la Schtroumpfette des griffes de l’ennemi. Et la convaincre que sa vraie place est chez les gentils lutins qui l'aiment.

    L’animation est plutôt réussie ainsi que les effets spéciaux, bien que très répétitifs. Par ailleurs gags et cascades, pagaille semée dans une confiserie, course-poursuite effrénée dans les rues de Paris dans un chariot, ou encore borborygmes miauleurs du maléfique chat Azraël, devraient probablement ravir les petits (pas trop exigeants) à qui le film est destiné.

    Pauvre Pyo quand même. Car voilà qui ne fait pas oublier la pauvreté du scénario, les incohérences et les longueurs qui rendent le film interminable. Par ailleurs une chose est sûre on a encore plus de mal à supporter le baveux et horripilant Hank Azaria, cauchemar ambulant dans le rôle de Gargamel.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 31 juillet.

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  • Cinéma: "L'esprit de 45" évoque le rêve d'un idéal social

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    lespritde45604-tt-width-604-height-410-attachment_id-391839[1].jpgPour son premier essai dans le documentaire historique, Ken Loach revient sur l’année 1945, qui marque un profond tournant en Grande-Bretagne. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill le héros de la nation est, à la surprise générale, battu par les travaillistes aux élections législatives.
     
    Le cinéaste, qui a fourni un énorme et rigoureux travail de recherche, s’appuie sur des images d’archives en noir et blanc mêlées à des témoignages poignants d’ouvriers, mineurs, dockers, infirmières, pour rendre hommage au programme du gouvernement d’alors, dirigé par Clement Attlee. Il décline ainsi avec ferveur les conquêtes de l’Etat providence, création du système de santé publique, nationalisations, un programme porteur d’un nouvel idéal social, mis à mal trente ans plus tard par Margaret Thatcher.
      
    L’esprit de 45 qui est aussi celui de la lutte des classes, est clairement le manifeste politique d’un cinéaste depuis toujours engagé à gauche. On peut lui reprocher un côté un peu répétitif dans le discours, un manque de nuances et d’analyse dans son implacable réquisitoire anti Dame de fer. Mais on n’en attendait pas moins de cet infatigable militant. Tout en s’élevant contre les politiques de rigueur et d’austérité mises en place aujourd’hui en Europe, Ken Loach livre un vibrant plaidoyer pour la solidarité et la fraternité, ainsi qu’une passionnante leçon d’histoire.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 24 juillet.

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  • Cinéma: "Le Quatuor" emmené par des comédiens virtuoses

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    A-Late-Quartet_02[1].jpgA ne pas confondre avec Quartet, le premier long-métrage de Dustin Hoffman, Le Quatuor du cinéaste israélo-américain Yaron Zilberman met en scène quatre musiciens mondialement connus. A grand renfort de répétitions, ils préparent activement  le concert qu’ils vont donner pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire de leur groupe, lorsque le violoncelliste, le plus âgé de la formation, apprend qu’il est atteint d’un inéluctable Parkinson.

    En annonçant à ses collègues qu’il va devoir prendre sa retraite à la fin de la saison, il provoque un déchaînement inattendu d’ego et de passions. Du coup, la longue amitié qui unit les membres de "The Fugue" est menacée. Volera-t-elle en éclats à la veille de ce qui sera sans doute leur ultime spectacle ? 
     
    Yaron Zilberman a certes tendance à abuser des cas de conscience, des crises psychologiques et des  émotions refoulées sur fond de relations amoureuses et familiales compliquées. En même temps, cela lui permet de nous laisser pénétrer dans les arcanes d’un univers professionnel très privé, révélant les gros sacrifices consentis par ceux qui ont choisi de se consacrer à la musique.
     
    Mais la réussite de ce psychodrame à la réalisation classique repose avant tout sur une brochette de comédiens virtuoses, évoluant dans des  registres inédits. On pense notamment  à l’impeccable Philip Seymour Hoffman et à Christopher Walken, qui nous offre une partition particulièrement  juste, émouvante et sobre dans son rôle d’artiste talentueux, trahi par les ans et la maladie.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 24 juillet.

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  • Cinéma: "Kon-Tiki", l'incroyable aventure du Norvégien Thor Heyerdahl

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    images[1].jpgEn février dernier, L’odyssée de Pi raflait quatre Oscars lors de la célèbre cérémonie hollywoodienne. Celle de Kon-Tiki dont on pourrait imaginer qu’Ang Lee s’est inspiré a dû se contenter  d’une nomination dans la catégorie du meilleur film étranger. Il faut dire que le film des réalisateurs norvégiens Joachim Renning et Espen Sandberg avait affaire à rude concurrence avec Amour de Michael Haneke.

    Voilà pourtant qui n’enlève rien à l'intérêt de l’œuvre, retraçant la fomidable et incroyable aventure de l’explorateur et anthropologue Thor Heyerdahl. Un Norvégien curieux, audacieux qui, accompagné de cinq hommes prêts à le suivre au bout du monde, a traversé le Pacifique en 1947, du Pérou en Polynésie, sur un frêle radeau en bois de balsa. Un voyage de 101 jours et de 8000 kilomètres.

    La raison de cette aventure dantesque où Thor et ses compagnons héroïques ont dû affronter les tempêtes,  les requins, les récifs ? Prouver que la Polynésie avait été peuplée, il y a 1500 ans par des habitants venus d’Amérique du Sud. D’où l’idée de cette expédition hasardeuse conçue par des marins d'opérette avec un minimum de préparation. Et une coquille de noix construite à l’ancienne sans clous ni rivets pour bénéficier des mêmes conditions de leurs prédécesseurs, quinze siècles plus tôt.

    Pas de super héros mais un comédien charismatique Pàl Sverre Valheim Hagen, des images magnifiques, des séquences impressionnantes, telle celle, terrifiante, de l’attaque des requins (photo)qui évite la surenchère désormais inévitable dans le genre, tout cela donne un film d’aventure original et fascinant.

    Les réalisateurs ont par ailleurs inséré des bouts du film tourné pendant la fantastique épopée et qui lui, en 1952, remportait un Oscar.

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  • Cinéma: "Before Midnight", excellente comédie avec Julie Delpy et Ethan Hawke

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    before-midnight-video-articleLarge-v3[1].jpgEn 1995, Richard Linklater, cinéaste américain indépendant, entamait avec Before Sunrise le premier volet d’une série de films où il mettait en scène Céline et Jesse, deux jeunes gens qui  se rencontraient à Vienne. En 2004 on les retrouvait à Paris dans Before Sunset, alors que Jesse était devenu à la fois écrivain et père.

    Aujourd’hui, neuf ans plus tard, c’est sur une île grecque que le réalisateur de Before Midnight suit ses deux protagonistes mariés que la routine menace. 

    Parents de craquantes jumelles blondes, Céline et Jesse passent des vacances chez des amis, autour de repas bien arrosés où on refait le monde entre humour, littérature, provocation et mauvaise foi. La veille de leur retour à Paris, leurs hôtes  leur offrent une nuit dans un bel hôtel, sans les enfants. Un moment de rêve, en amoureux, qui tourne pourtant à l’affrontement sur fond de viellles rancoeurs.

    Le conflit est latent depuis le début où ils sont allés conduire Henry, le fils aîné de Jesse à l’aéroport. Au retour, alors que les fillettes sont endormies sur le siège arrière, ils entament une discussion animée sur l’éducation, l’amour, l’orientation qu’ils veulent donner à leur existence.

    Fait de variations sur les mêmes thèmes, leur échange où se mêlent complications et petits tracas inhérents à n’importe quelle vie de couple, va se poursuivre au long de l’intrigue composée de longues séquences. Mais au-delà du miroir que nous tendent Céline et Jesse tant on peut se reconnaître chez l'une ou l'autre, la question est de savoir s'ils sont capables de se réinventer pour continuer à vivre leur histoire particulière.

    Cette comédie romantique à la fascination bavarde oscillant entre Rohmer et Woody Allen, est servie par le duo impeccable que continuent à former Ethan Hawke parfois vachard et macho et une Julie  Delpy sans complexe, n’hésitant pas à jouer la passionaria féministe. Tous deux ont co-écrit le scénario, réservant d’excellents dialogues au service d’une mise en scène simple, fluide et efficace. Du tout beau travail.

    Film à l’affiche dans les salles romandes depuis mercredi 26 juin.

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