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Sorties de la Semaine - Page 64

  • Cinéma: "RUSH" fait revivre le duel entre Niki Lauda et James Hunt

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    A-glance-at-upcoming-Formula-One-film-Rush-Formula-1-news-179927[1].jpgA cette époque, la Formule 1 était fatale à beaucoup de pilotes, lui donnant un côté gladiateur s’apparentant presque à une guerre… relevait en substance le réalisateur Ron Howard, qui a consacré à ce sport son dernier film, RUSH. Pus précisément centré sur l'année 1976 qui restera dans les annales.

    C’est celle de l’incroyable duel entre Niki Lauda et James Hunt. Tout opposait le pilote autrichien de Ferrari, réservé, méthodique, peu porté sur l’humour et pas très gâté par la nature à celui, atypique, de McLaren, play boy à cheveux longs issu de la haute bourgeoisie anglaise. Fêtard, buveur de bière, grand amateur de femmes, James Hunt aimait déambuler pieds nus, en jean usé et vieux T-shirt dans les paddocks.

    Le film de Ron Howard suit l’affrontement entre ces deux hommes. Lauda, champion du monde en titre devance son adversaire de 31 points après neuf Grand Prix. Jusqu’au terrible accident du Nürburgring le 1er août 1976, où la Ferrari prend feu après avoir dévié de sa trajectoire et rebondi sur la piste. Aidé par trois pilotes Lauda parvient à s’extraire des flammes mais, grièvement blessé, reçoit l’extrême-onction.

    C’est compter sans son indomptable volonté de guérir. Au prix de souffrances dont il est difficile d’imaginer l’intensité, il reprend le volant de sa monoplace six semaines seulement après le drame dont il portera à vie les stigmates. Ce fantastique retour relance à la fois le championnat et transforme le rapport entre les deux rivaux.  

    Pour l’histoire, James Hunt coiffera la couronne de champion du monde ratée d’un petit point seulement par Niki Lauda sur abandon pour cause de pluie. Le Britannique mourra en 1993 d’une crise cardiaque. Il avait 46 ans.

    Outre le côté spectaculaire, l'intérêt du film réside surtout dans sa grande fidélité aux événements de cette fameuse saison. On peut toutefois regretter le côté trop systématique du montage. Mais voilà qui ne dérangera sans doute pas les mordus de F1.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 25 septembre.

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  • Cinéma: "Blue Jasmine" de Woody Allen avec la magnifique Cate Blanchett

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    MV5BMjA3ODYwOTA4M15BMl5BanBnXkFtZTcwNzc3OTM3OQ@@._V1_SY100_CR25,0,100,100_[1].jpgUn nouveau Woody Allen est toujours attendu avec impatience et, à de rares exceptions près, le grand homme est toujours à la hauteur. A l’image de Blue Jasmine, une comédie dramatique légèrement teintée de polar, où il renoue avec les Etats-Unis après ses escapades parisienne et romaine.

    Alors à la fac, Jasmine laisse tomber ses études pour épouser un businessman qui brasse des millions et mène la belle vie au fil d’un quotidien idyllique à ses yeux, peuplé de fêtes mondaines entre gens riches et célèbres. Jusqu’au jour où son mari, un escroc arrêté pour fraude par le FBI, se retrouve derrière les barreaux.

    Jasmine perd tout et quitte Big Apple pour San Francisco. Habituée aux somptueuses résidences avec piscine, elle se retrouve dans le modeste trois pièces-cuisine de sa sœur adoptive Ginger, caissière de supermarché flanquée de deux enfants et d’un fiancé garagiste beaufissime. Petit à petit, maladroitement, dopée au xanax et au martini, Jasmine essaye de se reconstruire. Trouvant d’abord un job chez un dentiste, elle suit un cours d’informatique puis se lance dans une tentative apparemment fructueuse de décoratrice d’intérieur... 
     
    On ne peut certes pas prétendre que l’intrigue, construite en flash backs, soitr d’une originalité folle. Et pourtant Woody Allen parvient à nous séduire par l’intelligence du texte, des dialogues, par sa manière subtile et humoristique de faire, d’amener les choses, de provoquer les situations. A en oublier quelques scènes inutiles au bon déroulement de l’histoire.  

    Il faut reconnaître que le réalisateur est à son habitude bien aidé par ses comédiens. A commencer par Cate Blanchett (photo), son atout maître. Elle se révèle vraiment excellente dans le rôle, pas loin d’être son meilleur, de cette femme dont il dresse un portrait peu flatteur sur le plan moral, mais aussi parfois physique.  

    Evoluant jadis parmi les happy few de la haute société newyorkaise, on la voit soudain confrontée à l’inanité de son existence, fauchée, désespérée, enlaidie et en pleine névrose. En sœur heureuse,  naïve, touchante, drôle, exaspérante et un rien ingrate, Sally Hawkins, son exact contraire, se montre également parfaite. Tout comme le plutôt surprenant Alec Baldwin. 

    Film à l’affiche dès mercredi 25 septembre

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  • Cinéma: Gérard Depardieu veut devenir ... Algérien dans "Invincibles"

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    Les-invincibles-1_reference[1].jpgCroulant sous les dettes, Jacky (Gérard Depardieu) et  Momo (Atmen Kélif), son pote maghrébin excellent joueur de pétanque, arnaquent les amateurs de boules sur les terrains de villages provençaux. Ils en retirent  quelques bénéfices, mais c’est loin de suffire à les sortir de la dèche. 

    Jusqu’au jour où ils pensent voir le bout du tunnel, en participant à un tournoi international qui les emmènera notamment en Algérie.

    Au début c’était un gag, selon Atmen Kélif qui a eu l’idée du scénario. Un gag hélas pas drôle, à l’image de ceux qui émaillent ce film potache, dégoulinant de bons sentiments et mêlant laborieusement pétanque,  intégration et racisme, dont est victime Momo de la part de ses coéquipiers et des organisateurs.

    Si l’on excepte les apparitions assez jubilatoires du cynique et pompeux Edouard Baer, le seul moment un peu savoureux d’ Invincibles signé Frédéric Berthe, reste celui où Gérard Depardieu, dans un clin d’œil à sa décision de devenir Belge pour échapper au fisc français,  demande la nationalité... algérienne. C’est quand même bien maigre.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 18 septembre.

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  • Cinéma: "Elle s'en va", road trip à la gloire de Catherine Deneuve

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    19536241_20130712131513933.jpg-c_640_360_x-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgC’est l’histoire de Bettie, une sexagénaire fantasque soudain éprise de liberté. Abandonnée par son amant, elle plaque tout sur un coup de tête. Au volant de sa voiture, elle se lance à l’aventure sur les chemins de France. Une traversée propice à la découverte du pays profond et à quelques rencontres qui se veulent plus singulières les unes que les autres. Sans oublier un gala d’ex-Miss  France pour le moins étonnant !

    Ce road movie est signé Emmanuelle  Bercot. Cinéaste des relations transgressives entre adultes et ados, coscénariste du Polisse de Maïwenn, elle reste dans la différence d’âge. Mais évidemment sans le côté sulfureux  puisqu’elle met face à face une grand-mère fugueuse et son petit-fils rebelle dont la présence lui est imposée au cours de son escapade.  Tous eux se connaissent à peine mais s’apprivoisent sans surprise, avant que Bettie voie s’ouvrir de nouveaux horizons au bout du voyage. 

    Il y a de jolis moments dans Elle s'en va, mais ils sont trop rares en raison de l’admiration sans borne que l’auteur voue manifestement à son actrice. Voulant nous montrer le désir d’aventure d’une femme simple, chaleureuse, amoureuse de la nature et de vastes paysages, loin du mythe et de l’image sophistiquée véhiculée par Catherine Deneuve, Emmanuelle Bercot gâche son propos. En se contentant de livrer un récit confiné et assez plat à la gloire exclusive de son héroïne, qui prend de l'âge avec grâce et légèreté.  

    Certes l’icône du cinéma français se révèle juste, à son habitude. Mais voilà qui ne suffit pas à faire un film convaincant de ce conte familial au scénario peu original, où l’auteur se disperse de surcroît en courant trop de lièvres à la fois.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 18 septembre.

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  • Cinéma: "Les Grandes Ondes (à l'Ouest)", une comédie politique frondeuse signée Lionel Baier

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    les-grandes-ondes-----l---ouest--2-112278_0x440[1].jpgOn avait déjà eu l’occasion de le dire lors de la projection du film en août dernier sur la célèbre Piazza Grande locarnaise et on ne se privera pas de le répéter. Avec son dernier film Les Grandes Ondes (à l’Ouest), le réalisateur vaudois livre une petite comédie historico-politique jubilatoire. Elle nous ramène à avril 1974, où une équipe de la radio romande est envoyée au Portugal pour un reportage sur l’aide économique suisse.

    Elle est composée de Julie la féministe, de Cauvin, ancien reporter de guerre prétentieusement bavard et de Bob, un technicien proche de la retraite qui ne quitte pas son bus VW pour mieux veiller sur son précieux matériel. Sur place la tension monte et rien ne se déroule comme prévu. Décidé à rentrer à Lausanne, le tio infernal (photo) se trouve plongé en pleine révolution des Œillets à la faveur d’une rencontre avec des collègues belges. Une scène irrésistible qui fait vraiment décoller l’opus.

    L’idée est venue au talentueux Lionel Baier lors de sa participation à une série d’émissions commémorant les 20 ans de la chute du Mur de Berlin. Il a ensuite nourri son scénario en se penchant sur la couverture médiatique en Suisse du soulèvement portugais. S’appuyant sur des faits rééls pour mieux les réinventer, il propose une œuvre pleine d’humour à la mise en scène très maîtrisée et portée par d’excellents comédiens.

    Valérie Donzelli et Michel Vuillermoz, sociétaire de la Comédie française partagent l’affiche avec l’inénarrable Patrick Lapp, à qui il suffit pratiquement d’apparaître pour séduire. Il l’a prouvé lors du festival de Locarno, amusant la galerie en décrivant un tournage infernal, dirigé par un mégalomane doublé d’un tyran…

    Comédie enlevée Les Grandes Ondes  plaît également par son ton. Une sorte de liberté frondeuse que le cinéaste restitue à travers sa reconstitution des années 70, époque marquée par une révolution qui s’est étendue à d’autres pays.  D’où une dimension politique renvoyant à ce qui se passe aujourd’hui, notamment sur le Vieux Continent.

    Choqué par le refus de la Suisse d’adhérer à l’Europe en 1992, Lionel Baier s’avoue profondément angoissé par la situation de crise qui prévaut depuis quelques années, la façon dont on humilie les Portugais, les Grecs, les Italiens, les Espagnols. "Je ne suis pas un auteur engagé, mais ce film est pour moi une piqûre de rappel". Il en prévoit deux autres  en poursuivant dans son idée de tétralogie. Après Comme des voleurs (à l’Est), Les Grande Ondes  (à l’Ouest) il nous emmènera au Nord (Grande-Bretagne et Danemark) et au Sud en Italie. 

    Film à l'affiche dans les salle romandes dès mercredi 18 septembre. 

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  • Cinéma: "Gabrielle", une histoire d'amour pour s'ouvrir à la différence

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    get[2].jpgLe deuxième long-métrage de la Québécoise Louise Archambault (à droite sur la photo avec Gabrielle Marion-Rivard et Alexandre Landry) a cartonné sur la Piazza Grande au récent festival de Locarno. Raflant logiquement le Prix d’un public qui lui avait réservé une standing ovation de dix minutes.

    Il raconte l’histoire de Gabrielle, une jeune femme atteinte du syndrome de Williams, affection associant retard mental et malformation cardiaque.
    Voilà qui ne l'empêche pas de mener une existence presque normale. D’une gaieté communicative, très douée pour la musique, elle rencontre Martin à la chorale du centre de loisirs. Ils tombent follement amoureux.
      
    Lui non plus n’est pas vraiment comme tout le monde. Mais peu importe. Inséparables, ils sont déterminés à affronter les préjugés, les fortes réserves de leur entourage et à tester leurs propres limites pour vivre leur amour. Alors que le groupe se prépare pour un important festival de musique, où Robert Charlebois paie de sa personne, Gabrielle tente tout pour gagner son indépendance.
     
    Rien à redire sur l’interprétation. Si à l’image d’autres protagonistes Gabrielle Marion-Rivard joue avec conviction son propre rôle, le débutant Alexandre Landry (Martin), qui est l’un des seuls comédiens professionnels, s’en sort particulièrement bien face à ses partenaires handicapés. 

    On reprochera pourtant à Gabrielle, dégoulinant quasi inévitablement de bons sentiments étant donné son thème, de trop tirer sur la corde pour faire pleurer dans les chaumières. Ce n’est évidemment pas l’avis de Louise Archambault rencontrée à Locarno et qui s’est beaucoup démenée pour trouver un producteur.

    "Ce n'est pas un sujet sexy"

    "J’ai craint de ne pas en trouver. Je n’arrivais pas avec un sujet sexy, mais avec une héroïne qui n’a pas toutes ses chances et qui doit se battre pour être acceptée. Dans nos sociétés, on aime le beau, la perfection. Le contraire fait peur. D’où une tendance au rejet".
     
    La réalisatrice, qui a fait de nombreuses recherches et interviewé des parents d’enfants souffrant de déficience intellectuelle ou autre pathologie, a-t-elle envie de laisser passer un message? «"Pourquoi pas. Mais je n’ai pas la prétention de changer le monde. Simplement de permettre aux spectateurs de s’ouvrir à la différence".
     
    La musique, révélant le côté spontané et naturel des acteurs, tient une part fondamentale dans Gabrielle. C’est ce qui a poussé Robert Charlebois à s’investir en chantant avec la chorale lors du Festival mondial de Montréal. "Le scénario lui a beaucoup plu. Il a été d’une grande générosité. En fait, il a adoré ça".

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 11 septembre.

     

     

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  • Cinéma: "Rock The Casbah" donne la parole aux femmes

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    rtc_gross[1].jpgAprès Marock, où elle décrivait une jeunesse marocaine dorée s’éclatant à l’occidentale mais toujours sous le poids de la tradition et de la religion, Laïla Marrakchi propose Rock The Casbah, une comédie douce-amère sur la place des femmes dans son pays.
     
    Nous sommes à Tanger, en été. La famille se réunit pour un triste événement, le mort du père qui n’a laissé que des femmes derrière lui. C’est le branle-bas dans la maison avec le débarquement de la petite dernière, Sofia. S’affranchissant de l’autorité paternelle, elle est allée vivre sa vie à New York où elle joue les terroristes dans des séries télévisées.
     
    Chamboulant l’ordre établi, Sofia sera une sorte de révélateur pour ces femmes en quête de liberté et d’identité. Rebelle, mariée et mère d’un petit garçon, elle est décidée à régler quelques comptes avec ses sœurs et une famille sur laquelle plane un lourd secret.
     
    La réalisatrice propose une intrigue originale où elle aborde plusieurs sujets délicats dont la sexualité. Donnant  la parole à ses héroïnes qui ont troqué le maillot de bain pour la djellaba ainsi que l’exigent les circonstances, elle leur permet de se dévoiler dans une société qui reste largement sous domination masculine. Le tout paradoxalement vu à travers le regard d’un homme, en l’occurrence le fantôme du patriarche décédé. Incarné par  Omar Sharif, il commente avec humour tous ces petits événements.  
     
    Dommage que le film, manquant de rythme, traîne en longueur. Il n’est pas non plus idéalement servi par l’interprétation moyenne de comédiennes parfois fâcheusement en roue libre.

    Film à l'afficxhe dans les salles romandes dès mercredi 11 septembre.

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  • Cinéma: "Le Majordome" avec Forest Whitaker déjà promis à l'Oscar

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    forest-whitaker-et-oprah-winfrey[1].jpgSa mère est violée et son père tué sous ses yeux dans la plantation où ils s'éreintent à ramasser le coton. Le prenant en pitié, la maîtresse du domaine lui propose de devenir employé de maison. Mais dès qu’il en a la possibilité Cecil Gaines décide d’échapper à la terrifiante violence ségrégationniste qui règne au sud des Etats-Unis pour gagner le nord un peu moins hostile à la communauté noire.

    Après avoir décroché un poste dans un grand hôtel, il réussit miraculeusement à devenir majordome à la Maison-Blanche. Témoin passif de bouleversements politiques majeurs avant d’en saisir l’importance à la fin de sa vie, Gaines servira docilement sous sept présidents, d’Eisenhower à Reagan, dont le réalisateur offre une représentation souvemt à la limite du ridicule. A l’image du freluquet James Marsden, campant un John Fitzgeralfd Kennedy hautement improbable. 

    Lee Daniels s’est inspiré de la vie d’Eugene Kelly, le vrai majordome de ces puissants locataires du bureau ovale, pour évoquer les heures sombres de la condition noire. Avec cet ambitieux récit qu’il veut à la fois émouvant édifiant, le cinéaste livre une fresque militante et pédagogique s’étalant sur trente ans, longuette,  délibérément fédératrice et à la mise en scène plutôt  boursouflée.

    Pas toujours convaincant, bien que promis à l’Oscar du meilleur acteur, Forrest Whitaker, l’air déjà  vieux en entrant en principe jeune à la Maison-Blanche donne la réplique à Oprah Winfrey, en épouse  désoeuvrée sombrant dans l’alcoolisme. Tous deux sont entourés d’une pléiade de stars, Robin Williams en Eisenhower, Alan Rickman en Ronald Reagan, Jan Fonda en Nancy,  John Cusak en Richard Nixon,  sans oublier Lenny Kravitz et Mariah Carey.
     
    Sans surprise, Lee Daniels clôt son biopic historique par l’élection d’Obama, qui a avoué avoir versé une larme en le découvrant.  On n’en dira pas autant…

    Fim à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 11 septembre.

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  • Cinéma: "Ilo Ilo", une famille singapourienne en crise sur fond de débâcle financière

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    Ilo_Ilo_Cannes_Review[1].pngAlors que la crise financière asiatique des années 90 commence à faire des dégâts dans la région, Ilo Ilo raconte en parallèle la relation entre une famille de Singapour et leur domestique Teresa, fraîchement débarquée des Philippines. Avec, comme beaucoup de ses compatriotes, l’espoir d’une vie meilleure. Son arrivée complique les rapports déjà tendus entre les parents et leur jeune fils, un gamin a périori odieux.

    Insupportable, sinon grossier et méchant envers Teresa, il ne tarde pourtant pas à développer une forte complicité avec elle, provoquant la jalousie de sa mère qui se sent dépossédée de ses prérogatives. De son côté le père cache le fait pour lui honteux d’avoir été licencié. Le réalisateur Anthony Chen montre d’ailleurs le drame du chômage dans une scène éclair d’une rare brutalité. 

    Pour son premier long-métrage où il explore toute une gamme de sentiments avec sobriété, sensibilité et une grande justesse de ton, le cinéaste de 29 ans a reçu la Caméra d’Or à Cannes en mai dernier. Un prix largement mérité pour une œuvre interprétée par d'excellents comédiens et à  la mise en scène parfaitement maîtrisée. Elle est en grande partie autobiographique. A l’image de l’enfant du film, Chen a été élevé par la bonne et a vu son père perdre son emploi. C'est dire s'il connaît son sujet.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 4 septembre.

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  • Cinéma: destin brisé pour "Les amants du Texas"

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    PHOfe4d630a-c222-11e2-bac3-c29781de5a1e-805x453[1].jpgEn choisissant de raconter l’histoire de Bob et Ruth, un couple de hors-la-loi follement amoureux, David Lowery s’exposait inévitablement à la comparaison avec Bonnie & Clyde. Bien que ses héros ordinaires, tous deux orphelins, n’aient pas grand-chose en commun avec les célèbres criminels d’Arthur Penn. Sinon de venir d’un bled perdu au fin fond du Texas et d’avoir commis un braquage.
     
    Le casse tourne mal, une fusillade s’ensuit et Ruth blesse un policier. La sachant enceinte, Bob s’accuse à sa place et se retrouve derrière les barreaux. Avec une seule idée en tête, s’évader pour la rejoindre. Un plan de tous les dangers car si la police veille au grain, de redoutables tueurs à gages restent également à l’affût dans l’espoir de récupérer le magot.

    Se déroulant dans les années 70, le premier long métrage de David Lowery ancré dans la mythologie du film de gangster, genre que l'auteur de 32 ans se profilant comme un surdoué de la pellicule se plaît à détourner le genre, avait été présenté à la Semaine de la critique au récent festival de Cannes. Basé sur les sentiments, il évoque les longues années d’attente et d’angoisse de la jeune femme élevant seule son enfant et redoutant le jour fatal. Tout en dévoilant au fil de l’intrigue l’intensité de la passion qui unit ces deux êtres au destin brisé.

    Ils sont interprétés par Rooney Mara (révélée en hackeuse de choc dans la version américaine de Millenium) et Casey Affleck (photo). Ils se révèlent parfaits et attachants, elle en beauté à l’apparence frêle mais dotée d’un incroyable courage, lui en rebelle romantique, imprévisible et chevaleresque, se sacrifiant pour sauver l’amour de sa vie.

    Ils contribuent évidemment à la réussite de ce film poignant, mélancolique et envoûtant que David Lowery, influencé par Terrence Malick et sa fascination pour la nature, inscrit dans l’atmosphère moite d’un Texas aride aux paysages magnifiquement désertiques. Une petite perle à ne pas manquer.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 4 septembre.

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