Google Analytics

28/05/2013

Cinéma: "Only God Forgives", lente odyssée sanglante avec Ryan Gosling

ryan-gosling-only-god-forgives-040313[1].jpgL’absence de Ryan Gosling sur la Croisette aux côtés de Nicolas Winding  Refn, l’auteur culte de Drive,y était peut-être pour quelque chose. Toujours est-il qu’ Only God Forgives, en lice pour la Palme d’or, a été plutôt éreinté par la critique. A juste titre d’ailleurs.

Tourné en Thaïlande, l'opus met en scène Julian, dont le club de boxe sert de couverture à son trafic de drogue. Son frère venant de se faire assassiner après avoir massacré une jeune prostituée, sa mère débarque des Etats-Unis pour rapatrier le corps. Chef d’une organisation criminelle, elle exige de Julian qu’il lui livre la tête de des meurtriers de son fils préféré. 

Le beau Gosling doit alors affronter, sous les traits de ce curieux personage en quête de pardon divin, Chang, un étrange policier à la retraite adulé par les flics du coin.

Dédié à Alejandro Jodorovsky et Gaspar Noé par un Nicolas Rinding Refn en colère à l’époque du tournage, Only God Forgives nous emmène la nuit dans les dangereuses rues de Bangkok, où régnent de redoutables gangsters.

Entre western urbain et arts martiaux, le cinéaste livre une lente, surréaliste, onirique et hypnotique odyssée en forme de tragédie grecque, esthétisée à outrance. Sanglante, elle nous réserve quelques scènes ultraviolentes genre clouage d’un malfrat dans un fauteuil à qui on crève ensuite les yeux et le tympan. Il ne s’en remettra pas. Et nous difficilement...

A l’affiche avec Ryan Gosling, toujours aussi érotisé, monolithique, distant et carrément mutique, Kristin Scott Thomas offre, avec sa perruque blonde et son maquillage outrancier une version genre cauchemardesque de Madonna, dans un rôle inédit et vulgaire de garce meurtrière ivre de vengeance. «En principe ce type de film ne me plaît pas du tout. Ce qui m’intéressait, c’était de travailler avec Nicolas qui m’a offert un rôle aussi éloigné de moi que possible», déclare l’aristocrate de la pellicule.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 29 mai.

17:40 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

15/05/2013

Festival de Cannes: c'est parti avec "Gatsby le Magnifique", tandis que DiCaprio déclenche un vent de folie sur la Croisette

00a4ab7c-8c04-11e2-8c9c-1c7b4c6a9da2-493x328[1].jpgCohue sur la Croisette où les voitures roulent pare-choc contre pare-choc. Les badauds stagnent devant le Majestic, les stars squattent les murs de la ville et des palaces, l’affiche de 22 mètres sur 26, représentant Joanne Woodward et Paul Newman sur le tournage  de « A new kind Of Love » a été déployée sur le fronton du Palais, le fameux tapis rouge posé. C’est parti pour douze jours de cinéma, de paillettes, de glamour. Et de clinquant façon  Canal + où le Grand Journal attend fébrilement Nabila, nouvelle vedette planétaire à l’origine  du buzz le plus naze du web…

Avant de monter les 24 marches mythiques Leonardo DiCaprio, héros de « Gatsby  le Magnifique » dont la projection officielle donnait mercredi soir le véritable coup d’envoi à la 66e édition de la plus médiatique grand-messe annuelle de la pellicule, avait sans surprise rameuté la méga foule, provoquant un véritable vent de folie.

Journalistes rendus à l’état sauvage

L’horizon bouché par une forêt de caméras et une queue interminable servent de prétextes aux  journalistes pour retourner à l’état sauvage, se bousculant et se piétinant férocement les petons dans l’espoir vain de décrocher un siège.

Cette agitation extrême, carrément bordélique à l’extérieur du Palais, contrastait  singulièrement avec l’accueil glacial de la critique lors de la projection matinale et les maigres applaudissements récoltés par l’équipe du film à son apparition dans le saint des saints du jour plein à craquer.

En revanche le public a trouvé géniale cette quatrième et ambitieuse adaptation du roman culte de Scott Fitzgerald, paru en 1926. Logique, l'opus était parfait pour inaugurer ce raout où se presse le gotha de la branche ou s’imaginant tel. D’autant que l’auteur l’avait écrit à quelques kilomètres de Cannes, dans un hôtel  de Juan-les-Pins.

Le monde de Gatsby, mystérieux millionnaire

Gatsby-Warner-Bros-France-115612_L[1].jpgIl raconte l’histoire de Nick Carraway, apprenti écrivain, débarqué à New York pour faire fortune à Wall Street et qui finit par s’étourdir dans le monde de ces richissimes  parvenus qui le fascinent. Un monde où règne Jay Gatsby, mystérieux millionnaire amoureux fou de la belle  Daisy (Carey Mulligan) et célèbre pour ses somptueuses fêtes.

Les thèmes, la musique, la réalisation éclatante, les costumes fastueux,  les comédiens, à commencer par l’excellent Leonardo DiCaprio, craquant, attachant et troublant Gatsby, tout promettait un film grandiose, à la hauteur du talent de Baz Luhrmann.

Mais en dépit de quelques scènes sublimes, le cinéaste déçoit par une délirante surenchère visuelle. Cédant à la superficialité, il sacrifie un témoignage du déclin de l’empire américain ainsi qu’une histoire d’amour hors norme doublée d’une tragédie épique, à d’extravagants, sinon parfois triviaux excès d’opulence. A noter enfin l’inutilité, comme souvent, de l’utilisation de la 3D

L'auteur et sa star satisfaits d'eux

La fraîche réception de la critique n’a pas empêché l’auteur et son protagoniste vedette de se montrer très contents du job et de leur prestation respective. Leonardo DiCaprio, reconnaissant envers son metteur en scène d’avoir sorti le meilleur de lui-même grâce à son enthousiasme contagieux, n'exclut pas d'avoir quelque chose de Gatsby en lui.

"En fait il nous fascine tous. En découvrant le livre à l’école, je m’étais un peu reconnu dans ce personnage. Mais quand Baz Luhrmann m’a proposé le rôle, je l’ai relu et il a pris une signification différente. La tragédie de cet homme rêvant de devenir un Rockfeller en cherchant une signification à sa vie m’a ému. Cela laisse la place à d’innombrables interprétations" .

De son côté le réalisateur remarque que DiCaprio était le seul à pouvoir incarner Gatsby, avant d’expliquer qu’il a été inspiré par une révélation datant de dix ans. " J’étais dans un train avec deux livres dont l’un était Gatsby. Et je me suis aperçu que je ne le connaissais pas vraiment. La façon de Scott Fitzgerald de mettre des mots sur ce que les gens m’a passionné.  Et j’ai été marqué par ce grand roman américain écrit à trente kilomètres de Cannes, alors que sa femme le trompait sur la plage… "

Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.

23:48 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Cinéma: "Le commandant et la cigogne", "Le temps de l'aventure"

300x300[1].jpgLa vie n’est pas folichonne pour les protagonistes du dernier film de Silvio Soldini. Dans ce long-métrage choral se croisent un plombier amoureux et père de deux ados dont un fils, rêveur secret attaché à une cigogne et une fille victime d’une sale histoire sur le web, une jeune plasticienne incapable de payer son loyer et que tente de moraliser son propriétaire, un marginal se piquant de philosophie. Ou encore un avocat véreux. 

Autant de personnages à la fois attachants et drôles qui tentent de régler leurs problèmes sentimentaux ou autres dans Le commandant et la cigogne, sur fond de crise économique. Prétexte au réalisateur Silvio Soldini pour livrer une comédie politique drôlement teintée de surréalisme, pleine de fantaisie et d’émotion. Et cela à travers une voix off pour le moins insolite, celle de la statue de Garibaldi qui réfléchit et parle avec une autre statue, portant un regard très critique sur son pays où la situation s’aggrave de jour en jour.

Le temps de l’aventure: follement romantique

Ils s’aperçoivent dans un train, échangent quelques regards furtifs, sortent Gare du Nord, partent chacun dans des directions différentes. Mais ils se rencontrent plus tard par hasard sur les marches d’une église, elle pour la visiter, lui pour assister à un enterrement. Un quiproquo aidant, ils restent ensemble et se lancent dans une très brève aventure follement romantique. Le temps pour le réalisateur Jerôme Bonnell d’analyser la mécanique d’un désir fou qui submerge soudain ses deux héros, mus par une pulsion irrépressible d’y céder
 
le-temps-de-l-aventure-10-04-2013-6-g[1].jpgCes quelques heures d'intense plaisir volées dans une journée unique permettent à l’auteur de proposer une chronique sentimentale subtile, délicate, intelligente et originale, tout en brossant un beau portrait de femme, à la fois audacieuse, timide, pudique et impudique, restée un peu adolescente en dépit de ses quarante-trois ans.

Un rôle sur mesure pour Emmanuelle Devos. Charmante,  émouvante, espiègle, elle donne la réplique à Gabriel Byrne (photo), excellent dans son rôle d’Anglais un rien mutique, déroutant et dérouté, tentant de garder le contrôle mais abandonnant toute résistance.

Jerôme Bonnell aime aussi l’humour et les petits clins d’œil, comme dans ces scènes presque anachroniques où Alix, privée d’argent et de portable est obligée d’appeler son compagnon ou sa mère d’une cabine téléphonique…

Nouveaux films à l'affiche dans les salles romandes.

17:57 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

14/05/2013

Cinéma: "Le mur invisible", folle histoire d'un Robinson féminin

DieWand_014[1].jpgInvitée à passer quelques jours à l’écart de la société dans un chalet isolé des Alpes autrichiennes, une femme est laissée seule par ses hôtes qui sont allés se promener. Ne les voyant pas revenir la nuit passée, elle décide de partir à leur recherche. Mais sur le chemin du village elle se heurte à une mystérieuse barrière invisible qui la sépare brutalement du reste du monde.

Au delà, les choses et les gens semblent pétrifiés, tel ce vieux couple figé dans la mort. Après plusieurs vaines tentatives de traverser le mur, la femme doit se résoudre à accepter son enfermement. Et tel un Robinson féminin, organise sa survie dans un micro-univers en compagnie de quelques animaux, un chien, deux chats, une vache et son petit.

Le mur invisible est le premier long-métrage de cinéma de Julian Roman Pölsler après une longue carrière à la télévision. Et pour ses débuts sur grand écran il n’a pas choisi la facilité en adaptant le best-seller de l’Autrichienne Marlen Haushofer. Se livrant à une réflexion passionnante sur l’humanité, sur fond métaphorique de catastrophe planétaire, il propose un film radical en forme de fable fantastique.

Présentant quelques points communs avec le cultissime  Into The Wild de Sean Penn, le film est porté de bout en bout par la remarquable Martina Gedeck (photo), qui avait beaucoup séduit dans La vie des autres. Elle est impressionnante de calme et de maîtrise dans ce rôle de guerrière livrant un combat quotidien et épuisant contre la nature et ses éléments.

Mamà donne dans l'épouvante grand public

680x478[1].jpgDeux gamines, Victoria et Lilly, ont disparu dans la forêt à la suite d’un terrible drame familial. Alors que Lucas est à la recherche de ses nièces depuis cinq ans, elles sont retrouvées, réduites à l’état sauvage, dans une cabane abandonnée.

Espérant les voir se remettre rapidement du cauchemar vécu,  Lucas les recueille chez lui. Son amie Annabel, bassiste dans un groupe de rock, pas trop à l’aise avec les enfants, n’est pas spécialement ravie de leur arrivée. Elle accepte toutefois de s’en occuper et fait de son mieux en dépit de son inexpérience. Mais comment les fillettes vont-elles réagir après tout ce temps et de quoi sont-elles capables? C’est alors que l’histoire bascule en principe dans l’horreur avec apparition de la mystérieuse Mama… 

Mamà d’Andrés Muschietti, extrapolation d’une vidéo de trois minutes qui avait séduit Guillermo del Toro au point de produire le long-métrage, promettait beaucoup. D’autant que l’essentiel du flim est porté par l’excellente Jessica Chastain, incontestable étoile montante à Hollywood, récemment vue dans Zero Dark Thirty ou Take Shelter. Elle sait tout faire y compris se transformer physiquement. C'est tout justed'ailleurs si on la reconnaît en brune aux cheveux courts, au premier regard. Dommage en revanche que son partenaire, le beau Nicolaj Coster-Waldau, passe la moitié du film à l’hôpital…

Mais ce n’est pas le seul défaut de l'opus qui, après un début sur les chapeaux de roue, peine à convaincre. En dépit de quelques moments de tension, le scénario comporte des trous béants et la situation n’évolue pas, le réalisateur se contentant souvent de multiplier des scènes d’épouvante répétitives pour se diriger lentement vers un final plus fantastique et mélodramatique qu’effrayant. De quoi ne pas trop horrifier le grand public, mais sans doute décevoir les amateurs purs et durs du genre.

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 15 mars.

17:58 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

08/05/2013

Cinéma: "Augustine" et "Trance" sous hypnose

augustine-8[1].jpgNous sommes dans le Paris de 1885 avide de découvertes scientifiques, au temps  des balbutiements de la psychanalyse. Le célèbre professeur Charcot, médecin chef à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière qui se consacre notamment à la maladie dégénérative qui porte son nom, commence à s’intéresser à l’hystérie.

En sont affligées de malheureuses femmes  qui passent pour possédées du diable. Charcot tente de les guérir par l’hypnose, au gré de séances et d’examens en forme de spectacles auxquels assistent très excités ses confrères venus de toute l’Europe.

Parmi les patientes du maître, il y a Augustine  une jeune fille de 19 ans aux symptômes violents, victime, à l’instar de 2000 autres femmes, de ce voyeurisme médical contre lequel elle se rebelle. Rapidement è devenue l’objet préféré de ses études, elle tombe amoureuse de lui et a tendance à en rajouter dans ses crises lors des démonstrations d’hypnose.

Alice Winocour propose un premier film bien maîtrisé, finement traité et subtilement consacré à la condition féminine. Une réussite à laquelle contribuent l’excellent Vincent Lindon et la bluffante comédienne-chanteuse Soko. Lui corseté dans son habit de grand bourgeois, elle cobaye récalcitrant sont parfaits dans cette relation trouble sous tension érotique.

Trance fouille les méandres de l’inconscient sur fond de sexe et de violence

trance[1].jpgOn reste dans le domaine de l'hypnose avec Trance, le dernier-né de Danny Boyle. L’auteur de Trainspotting , de Slumdog Millionnaire ou encore metteur en scène de la cérémonie des Jeux Olympiques de Londres l’an dernier, s'est lancé cette fois dans la tortueuse aventure d'un voleur amnésique. Simon, commissaire-priseur expert dans les œuvres d’art, se met en cheville avec le gang du redoutable Franck. Et dérobe un tableau de plusieurs millions de dollars, en l’occurrence Le vol des sorcières de Goya.

 

Mais à la suite d’un violent coup sur la tête, il ne sait plus du tout où il a planqué la fameuse toile.  Menaces et torture se révélant inefficaces, Franck engage une thérapeute spécialiste de l’hypnose pour lui faire retrouver la mémoire.

 

Avec Trance , Danny Boyle tente de renouveler le film noir, s’aventurant au-delà du genre après un début classique. Fouillant les méandres de l’esprit et de l’inconscient, il donne dans la dimension  psycho-émotionnelle avec des protagonistes errant dans leur propre labyrinthe et dont le défi consiste à en sortir..

 

C’est là que le réalisateur part en vrille en abusant des rebondissements, des retournements de situations, des fausses pistes et des pièges. Sur  fond de sexe, de défonce et de violence pour ne pas nuire à sa réputation boderline, il nous  embarque dans une intrigue tellement tarabiscotée qu’on peine à s’y retrouver.

 

C’est aussi souvent  le cas de son trio d’acteurs James McAvoy, Vincent Cassel et Rosario Dawson, otages d’un système de manipulation qui finit par s’effondrer.

 

Nouveaux films à l'affiche dans les salles romandes. 

07:42 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

07/05/2013

Cinéma: Robert Redford se met "Sous surveillance"

Après l’échec aux Etats-Unis de La conspiration, un film politiquement engagé sur l’assassinat d’Abraham Lincoln où il s’interrogeait sur la démocratie et la justice dans son pays, Robert Redford revient avec Sous surveillance, évoquant le conflit du Vietnam.  Souvent porté à l’écran, il a la plupart du temps été traité à travers ses combattants. Le gardant en toile de fond, Redford en fait une autre lecture, centrant son propos sur les militants contestataires de l’époque. Plus précisément sur les Weathermen.

0415-lrainer-rainer-movie-film-Company-You-Keep_full_600[1].jpgEn 1969, ce groupe de radicaux revendiquait une série d’attentats sur le territoire américain pour protester contre la guerre. Beaucoup furent emprisonnés, mais d’autres se volatilisèrent dans la nature. Jusqu’à l’arrestation, en 2012,  de l’une des activistes, Sharon Solarz. L’affaire titille Ben Schulberg, un jeune reporter dévoré d'ambition. Sa petite enquête le conduit à Jim Grant, avocat septuagénaire apparemment sans histoire, mais qui disparaît brusquement. Ben se lance alors sur ses traces, bien décidé à coiffer au poteau le FBI où il a ses entrées. 


L’une des dernières légendes vivantes hollywoodiennes, Robert Redford n’est pas un aussi grand réalisateur qu’un Clint Eastwood ou un Woody Allen. Mais il s’attaque le plus souvent à des sujets passionnants qu’il  cherche à exploiter sous un angle original. Sous surveillance est de ceux-là. Malheureusement, l’opus pêche au niveau d’une mise en scène qui manque singulièrement de vigueur, de dynamisme et de rythme. Du coup, la chasse à l’homme haletante attendue se transforme en une poursuite plan-plan qui se traîne plus ou moins pendant deux heures. 

Côté comédiens, Robert Redford qui de son propre aveu ne se trouve jamais très bon, a eu l’idée discutable de se donner le rôle principal, aux côtés de Nick Nolte et Julie Christie. On lui en veut aussi  d’avoir abandonné après quelques scènes et sans explication Susan Sarandon, toujours aussi impecccable. De même, il ne laisse pas Shia Labeouf jouer à fond son rôle de journaliste carriériste, insolent et peu scrupuleux, en introduisant dans son enquête une amourette sans intérêt. 

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 8 mai.

18:08 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

01/05/2013

Cinéma: "Viramundo-un voyage musical avec Gilberto Gil"

viramundo[1].jpgMondialement connu, c’est une superstar dans son pays. Personnage passionné, sincère, attachant et empathique, chanteur populaire maître de Bossa Nova et premier ministre noir de la Culture dans le gouvernement du président Lula de 2003 à 2008, Gilberto Gil aujourd'hui retiré de la politique a repris sa guitare. Pour entreprendre un périple spirituel et musical à travers l’hémisphère sud.

Toujours animé de sa passion de promouvoir la diversité culturelle dans notre monde de plus en plus globalisé, l’homme est parti de Bahia, sa ville natale pour aller, des territoires aborigènes d’Australie au cœur de l’Amazonie en passant par les townships sud-africaines, à la rencontre des peuples autochtones.

Avec eux il parle bien sûr de la musique qui relie continents et générations, de leur héritage culturel, mais aussi de leurs conditions de vie, de leurs rêves et de leurs espoirs, dans ce documentaire du réalisateur et vidéaste suisse Pierre-Yves Borgeaud.

Très réussi sur le plan musical, notamment, ce qui ne surprendra personne, lors des concerts en public d'un Gilberto Gil inspiré, de ses duos en compagnie d’une chanteuse aborigène ou d’un musicien africain, l’opus ne pourra qu’enthousiasmer, sinon enflammer, les fans de ce chantre du pluriculturalisme.

Emouvant, plein d'humanité et de messages de paix, il laisse pourtant sur sa faim cinématographiquement et politiquement. On peine en effet à adhérer à l’accumulation de témoignages de ces gens blessés et réduits à l’état de minorités, dont le cinéaste ne tire finalement pas grand-chose. A l’image de cette évocation rapide de crimes racistes en Afrique du Sud, ou de cet échange assez stérile entre Gil et l’Australien Peter Garrett, qui fut comme lui un musicien-ministre déterminé à faire avancer les choses.  Dommage...

Nouveau film à l'affiche dans les salles romandes.

13:48 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

30/04/2013

Cinéma: "La fleur de l'âge", "Mohamed Dubois", "Win Win", la comédie dérape

7760908865_pierre-arditi-et-jean-pierre-marielle-sont-comme-pere-et-fils-dans-la-fleur-de-l-age-au-cinema-a-partir-du-1er-mai[1].jpgPetite semaine pour les amateurs de pellicule du côté de la comédie où il n'y a pas grand-chose à sauver, quelle que soit la provenance. A commencer par La fleur de l’âge, premier long-métrage de fiction du documentariste de télévision Nick Quin, réunissant Pierre Arditi et Jean-Pierre Marielle.  

Vieux beau de 63 ans déterminé à oublier son âge en coursant les jupons trentenaires et grand producteur de télévision sur le déclin, Gaspard Dassonville doit soudain recueillir chez lui son père, vieillard indomptable et capricieux qui a perdu son autonomie. Genre Tatie Danielle au masculin, mais en nettement moins bien. L’arrivée d’une aide-soignante  délurée aux méthodes particulières (Julie Ferrier) complète le tableau. Elle fascine les deux hommes qui, grâce à elle, sont censés se retomber dans les bras.

Scénario et dialogues boiteux pour une laborieuse comédie sur la vieillesse qui se veut un hymne à la vie, à l’amour et à la famille, mais qui peine lourdement à convaincre. En dépit de son trio d’acteurs dont a priori on pouvait attendre mieux, de quelques scènes touchantes et d’un ou deux jolis moments de  tendresse.  

Mohamed Dubois, entre clichés et caricature

20531965.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgPas de quoi se réconcilier avec la comédie française en découvrant Mohamed Dubois d'Ernesto Ona. Le rôle principal revient à l’humoriste Eric Judor (photo) qui joue Arnaud, héritier de la banque Berthier. Sauf qu’il ressemble davantage à Saïd, l’ex-prof de tennis de sa mère, ou à la cuisinière arabe de la maison qu’à ses parents blancs. Bref autant dire qu’il a plutôt une tête à se nommer Mohamed.

Suite à une dispute avec son paternel qui lui refuse un poste de cadre, il croise la route de Mustafa. Ce dernier lui présente sa sœur Sabrina dont il tombe évidemment amoureux. Pour la séduire, Arnaud lui laisse croire qu’il est beur comme elle et s’appelle donc Mohamed. Il s’installe alors dans sa cité, déterminé à s’intégrer. La chose n’ira pas sans mal, mais sans surprise tout finira par s’arranger.

Ramassis de clichés, personnages caricaturés des deux côtés de la banlieue, quiproquos plus téléphonés les uns que les autres, rien ne nous est épargné dans cette histoire d’une rare platitude que contribuent encore à plomber de mauvais acteurs, s’évertuant à tenter de nous amuser. Sans succès. 

Win Win avec losers à la clé

901f68e585[1].jpgOn ne comptait pas sur Win Win, signé Claudio Tonetti, pour nous tirer de la morosité. Pari tenu. Fausse bonne idée par excellence, le film met en scène Paul Girard, le maire de Delémont rêvant de représenter son canton au parlement bernois et son ami Liu, un horloger chinois installé dans le Jura. Ils décident d’organiser la demi-finale de Miss Chine en Suisse. Les participantes seront notamment accompagnées dans leurs pérégrinations en terre helvétique par des équipes de télévision.

De quoi répondre aux ambitions nationales de Paul et ouvrir à Liu le juteux marché de la montre de luxe, grâce à la retransmission de toute l’opération, dont l'élection, suivie par au moins 300 millions de téléspectateurs de l'Empire du Milieu. Virée des deux complices à Shanghai, où le contrat est passé avec Chang, PDG du petit écran du cru.  

Convaincus de l’originalité de leur projet, Paul et Liu ne parviennent pourtant à intéresser personne que ce soit au niveau des sponsors, des politiques ou des milieux touristiques. Et au lieu de se promener de stations chics en hôtels cinq étoiles, les Miss dorment dans la paille, rendent visite aux militaires  et prennent des kilos en mangeant du boudin. A Shanghai, Chang se bouffe les ongles. Mais la ténacité de Paul et Liu finira par payer…

Mondialisation, glamour, médias  argent, mixité culturelle, autant de thèmes traités avec une légèreté voulue et assumée, revendiquent en substance les scénaristes de cette intrigue inspirée d’une "histoire vraie". Mais il n’était pas pour autant nécessaire d’en faire une farce aussi bouffonne qu’inconsistante à la réalisation pataude, aux dialogues balourds et aux comédiens en roue libre qui peinent à nous arracher un sourire. Sans oublier quelques accents qui le disputent sauvagement aux produits du terroir...

A oublier enfin Dead Fucking Last, évoquant trois amis qui ont fondé à Zurich une compagnie de coursiers à vélo. Tout baigne jusqu’au jour où, après vingt ans de bons et loyaux services, ils doivent affronter la redoutable concurrence des jeunes et belles Girls Messengers. Encore une comédie qui se veut enjouée, badine et désinvolte, mais qui rate son but après quelques images.

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 1er mai.

18:31 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

25/04/2013

Cinéma: Avec "11.6", François Cluzet se glisse dans la peau du convoyeur le plus célèbre de France

667893-francois-cluzet-identifie-solitaire-tony[1].jpgConvoyeur de fonds à Lyon depuis dix ans, Toni Musulin arrive chaque jour à vélo au boulot. Avare, secret, il ne dépense presque rien, ne dit presque rien. Mais à l’intérieur, ça bouillonne. Un jour, amoureux des belles bagnoles, ce taiseux s’achète une Ferrari dans une vente aux enchères. Et puis, le 5 novembre 2009, à 10 heures du matin, alors qu’il vient de parquer son fourgon blindé, il presse doucement l’accélérateur et repart dans l’autre sens.  A l’arrière il y a des sacs contenant 11,6 millions d’euros…

11.6, c’est aussi le titre du film mettant en scène l’étrange aventure de ce braqueur énigmatique surnommé Robin des Bois par les internautes, qui a concocté ce casse énorme et sans violence à la Spaggiari. Pour se venger d’être né du mauvais côté, prendre sa revanche sur une société qui le méprise, sur ses supérieurs hiérarchiques à qui il voue une haine aussi sourde que tenace. 
 
Onze jours plus tard il se rendra à la police de Monaco. L’histoire veut que ce soit à 11h06… A l’exception de 2,5 millions d’euros toujours dans la nature, le reste de la somme est retrouvé dans un garage qu’il avait loué. Mais les billets manquants n’ont pas piqué la curiosité de Philippe Godeau. Ce qui l’a bien davantage intéressé dans cette affaire qui conserve ses zones d'ombre, c’était la personnalité du convoyeur le plus célèbre de France, actuellement détenu à la prison de Corbas, près de Lyon. 

Un rôle sur mesure pour François Cluzet qui porte le film sur ses épaules. Il n’incarne pas seulement, il  est ce personnage solitaire, mutique, apparemment impassible, mais que l’on sent constamment sur le point d’exploser. Le comédien est entouré d’autres bons acteurs comme Corinne Masiero ou Bouli  Lanners, qui contribuent à ancrer le film dans la réalité quotidienne d’un milieu peu glamour, mais très crédible.  

86026_t6[1].jpg"Ce qui m’a donné envie de faire ce film c’était d’essayer de comprendre et de montrer la motivation de cet homme. Non pas d’expliquer mais de faire ressentir comment il en est arrivé là. Son sentiment d'être exploité et de retrouver en somme sa dignité à travers un acte fou en forme de bras d’honneur à l’intention de ses patrons", raconte le réalisateur de passage à Genève. "Et puis je trouvais également passionnant le fait qu'il ne soit pas parti avec l’argent. Pour moi ce n’est pas un gangster. C’est un résistant, plein de défauts certes, mais un rebelle cherchant à se relever". 

Comment vous y êtes-vous pris pour remonter son parcours?

Avant d’écrire, je suis allé avec le scénariste à Lyon pour recueillir des témoignages. Nous avons rencontré les policiers qui l’ont arrêté, son avocat avec qui il est en contact permanent et des gens avec qui il travaillait.

-Quelles ont été leurs réactions?

-Ils étaient tassez traumatisés. D’un côté ils étaient plutôt fiers de Musulin, de l’autre assez détruits par cette histoire. Certains ont été soupçonnés, interrogés. L’un d’eux a été licencié

-Vous retrouvez François Cluzet après votre collaboration dans Le dernier pour la route. J’imagine que pour vous c’était un choix évident.

-Oui, dans la mesure où dès la fin du tournage, nous avions décidé de refaire un film ensemble. 

-François Cluzet est parfait de sobriété, d'économie de gestes, de mots. De quelle manière s est-il préparé?

-Un rôle de ce genre se travaille beaucoup en amont. Par exemple sur le plan physique. il a fait pas mal de musculation, car Musulin est costaud. Je lui ai également présenté des proches de Musulin. Il est évidemment aussi allé puiser chez lui des choses plus personnelles. Et puis ça a l’air bête dire ça, mais on a pris grand soin de ses vêtements, de choisir le bon blouson, les bonnes chaussures.

-Toni Musulin est toujours incarcéré. L’avez-vous rencontré ? 

 -Non, j’aurais voulu mais il est en isolement et refuse les visites. J’ai acheté les droits du livre où il témoigne. Je ne le regrette pas car je tenais à garder du mystère et cela m’aurait peut-être  bloqué dans mon imaginaire. J’ai besoin d’être près de la réalité dans mes films, mais cela reste des fictions.

-Et lui avez-vous montré 11.6 ?

-Pas encore. J’aurais souhaité qu’il le voie avant tout le monde mais cela n’a pas été possible.

Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.

18:31 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

24/04/2013

Cinéma: "La cage dorée", sympathique comédie à la portugaise

la-cage-doree[1].jpgDans la foulée de la comédie à succès de Philippe Le Guay, Les femmes du 6e étage, le réalisateur franco-portugais Rubens Alves, s’inspirant de l’histoire de ses parents et plus particulièrement celle de sa mère, authentique concierge, en a profité pour réaliser son premier long-métrage, La cage dorée.

Depuis près de trente ans les Ribeiro, immigrés portugais, vivent au rez-de-chaussée d’un bel immeuble situé dans un quartier chic de Paris. Maria la gardienne exemplaire et son mari José chef de chantier modèle sont considérés comme des perles rares par les locataires et leurs employés, qui ne sauraient se passer d’eux.

D’où la nouvelle en forme de catastrophe lorsque ces crèmes d'humains peuvent réaliser leur rêve en héritant d'une maison: rentrer au pays. Du coup les profiteurs de leur dévouement sans faille se sentent menacés dans leur confort. Ils multiplient alors les attentions et les gentillesses pour empêcher ces êtres indispensables de mettre leur projet à exécution. De leur côté les intéressés en sont à se demander s’ils ont vraiment envie, au bout de tout ce temps de quitter la France où ils ont construit leur vie. 

Distrayant, sympathique, touchant, ce film à la fois léger et grave, traite sur le mode comique de sujets sérieux comme l’intégration et le déracinement. Surfant sur les clichés tout en les assumant, il brosse de façon moins simpliste qu’il n’y paraît, même s'il frise parfois l'angélisme, un portrait de famille sur fond de relations humaines.

Le cinéaste débutant est de surcroît servi, à quelques exceptions près, par un casting impeccable. Aux côtés de Rita Blanco et Joaquim de Almeida, on retrouve notamment Chantal Lauby en bobo déjantée, Roland Giraud en patron paternaliste ou encore Nicole Croisille en redoutable mégère, aussi pingre que méprisante. 

Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.

19:32 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |