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Sorties de la Semaine - Page 63

  • Cinéma: "Gravity" nous met sur orbite avec Sandra Bullock et George Clooney

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    PHO969426be-3a3f-11e3-99f3-bdb84d078a5a-805x453[1].jpgA l'image des profondeurs le cosmos fascine. Et les cinéastes aiment nous faire peur en envoyant impitoyablement leurs héros se perdre dans le vide...

    Il y eut ainsi Les naufragés de l’espace de John Sturges, Solaris d’Andrei Tarkovski, Alien de Ridley Scott, Apollo XIII de Ron Howard et bien sûr 2001, l'odyssée de l'espace, le chef d’œuvre du maître Stanley Kubrick. 

    A son tour le cinéaste mexicain Alfonso Cuaron nous met sur orbite avec Gravity. Depuis sa présentation à l’ouverture de la 70e Mostra de Venise, les superlatifs pleuvent de partout. Pour James Cameron c’est le meilleur film jamais réalisé sur l’espace depuis le Kubrick, pour Quentin Tarantino il est dans le top10 de 2013. Par ailleurs il squatte la première place du box office, fait la quasi unanimité chez les critiques et s’impose déjà comme un sérieux candidat à la course aux Oscars de février prochain.

    L’histoire se résume à quelques phrases. Le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock) brillante experte en ingénierie médicale qui effectue sa première mission, accompagne le chevronné Matt Kowalski (George Clooney) dans son dernier vol. Une sortie de routine dans l’espace tourne brutalement à la catastrophe.

    La navette explose et les deux astronautes se retrouvent seuls, coupés du monde, luttant pour leur survie dans une immensité terrifiante, alors que le contact avec la Terre a été rompu et que les réserves d’oxygène s’épuisent inexorablement. Surmontant leur panique face au danger extrême, ils cherchent des solutions pour s’en sortir.

    Visuellement c’est aussi ébouriffant que spectaculaire. Usant des dernières techniques, Cuaron livre une sorte de chorégraphie intersidérale bluffante, filmant avec le plus de réalisme possible pour tenter de faire éprouver au spectateur les mêmes sensations que les protagonistes, de l’apesanteur à l’infini en passant par l’angoisse, l’euphorie et le vertige.

    On reprochera pourtant à ce huis-clos spatial où l’on sent une petite volonté de refaire Odyssée 2001 un scénario ultra simpliste, manquant de profondeur existentielle et tirant du coup le film vers le bas. En revanche les comédiens se révèlent la plupart du temps justes et à la hauteur de l’expérience. A commencer par Sandra Bullock, qui tient là un de ses meilleurs rôles.

    Véritable héroïne de cette dramatique odyssée opératique, en 3 D évidemment, elle laisse assez peu de place à George Clooney qui, toujours gentleman, ne lui en veut pas. C'est son film, remarque-t-il dans les interviews. A la fois vulnérable, émouvante, digne et grave, elle fait preuve d'une grande force morale et physique, tandis que son partenaire, charmeur et désinvolte, a tendance à trop jouer de son personnage cabotin façon Nespresso. Dans le fond, peu importe la capsule…

    C’est drôle mais montre aussi la limite de scènes dont le côté trop ludique frôle parfois le ridicule dans un contexte se voulant particulièrement hostile et effrayant. Reste que Gravity est à voir, surtout pour les férus du genre.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 23 novembre.

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  • Cinéma: "Omar", un thriller palestinien très réussi

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    2013-05-21-OMARPhoto2LeemLubany_AdamBakri[1].jpgRéalisé par le Palestinien Hany Abu-Assad, ce thriller doublé d’une romance et d'un drame de la jalousie en temps de guerre met en scène Omar, un beau garçon qui vit en Cisjordanie.

    Chaque jour, évitant les balles et se déchirant la paume des mains, il franchit "Le mur de la honte" érigé par les Israéliens en 2002, pour retrouver la jolie Nadia  qu’il espère épouser. Ainsi que deux amis d’enfance.

    Car il n’y a pas que l’amour. Avec ses potes, Omar a créé une cellule de résistance et tous trois ont décidé de passer à l’action. Au cours de leur opération, ils tuent un soldat de Tsahal. Arrêté, emprisonné, interrogé, torturé, Omar est relâché et poussé à trahir. Une tragédie pour celui qui veut rester fidèle à sa cause et à ceux qu'il aime.

    Mêlant la tension dramatique du genre à la poltique, la morale et les sentiments, le film est une belle réussite. Hany Abu-Assad se révéle aussi bon metteur en scène que directeur d’acteurs, nous laissant ainsi découvrir, aux côtés de non professionnels convaincants, le très charismatique Adam Bakri (Photo avec Leem Lubany alias Nadia) dans le rôle d’Omar.

    On regrette juste deux ou trois scènes qui, en dépit de la justesse des situations, entachent un peu la crédibilité de l’histoire. A quelques images près, Omar conserve sa belle gueule sans cicatrice, alors qu’il ne cesse de se la faire démolir avec une rare violence. Mais voilà qui n'a pas empêché Hany Abu-Assad de décrocher le Prix du jury en mai dernier dans la section cannoise d’Un certain regard. 

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 16 octobre.

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  • Cinéma: "L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet". Signé Jeunet

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    21017102_20130702155509372.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgL’aventure commence plutôt bien dans un ranch isolé du Montana , où le jeune T.S. Spivet évolue au sein d’une famille pas comme les autres, entre son père qui se prend pour un cow-boy, samère entomologiste entourée de vers, sa sœur Gracie, adolescente plus ou moins rebelle et Layton, son jumeau casse-cou.

    Gamin surdoué qui peine un peu à trouver sa place, T.S.n’en invente pas moins  la machine à mouvement perpétuel. Et reçoit un coup de fil de la directrice du Smithsonian de Washington, lui annonçant qu’il est le lauréat du prestigieux prix Baird. N’imaginant pas une seule seconde qu’il n’a que dix ans.

    Mais sans en parler à ses parents, le garçon décide d’aller tout seul chercher sa récompense. C’est là que débute, sur un train de marchandises, son grand  voyage à travers les Etats-Unis. Mais c’est aussi  là hélas que le film, adapté du roman de Reif Larsen, perd son rythme et s’essouffle. Certes, cette traversée permet diverses péripéties et rencontres. Mais les personnages croisés, se révèlent pour la plupart peu intéressants. On n’est pas non plus follement captivé par la séquence de remise du prix, prétexte à une critique des médias.

    Il faut dire que Jean-Pierre Jeunet, avec un titre pareil, a mis la barre très haut. Un peu trop. Certes on retrouve sa patte dans la mise en scène, les images colorées, le côté poétique et un poil surréaliste. Mais il n’y a rien d’extravagant dans ce road trip initiatique plus longuet que palpitant du prodigieux T.S. Spivet. Epoustouflant n’est pas vraiment non plus le cas de son interprète Kyle Catlett, qui tient son  premier grand rôle, aux côtés notamment d’Helena  Bonham-Carter et Judy Davis.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 16 octobre.

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  • Cinéma: "9 mois ferme", une pépite drôlement dévaluée!

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    358306-9-mois-ferme-620x0-2[1].jpgJuge coincée aux mœurs  strictes doublée d’une célibataire endurcie, la frigide et psychorigide Ariane Felder apprend qu’elle est enceinte suite à une soirée de débauche dont elle n’a pas le moindre souvenir. Et découvre que le père est un redoutable criminel poursuivi pour une épouvantable agression.

    Signé Albert Dupontel, l’opus s’intitule 9 mois ferme. Après s’être mué en méchant braqueur de banques venu squatter la maison de sa mère qu’il n’avait pas vue depuis 20 ans dans Le vilain, il se remet en scène, rejouant le sale type bidon dans une comédie qui se veut à nouveau corrosive, incorrecte, déviante, survoltée, explosive, déjantée, sous acide, trash et j’en oublie. Le tout sur fond de gore et d’humour noir à mourir de rire dont se targue l’acteur-réalisateur.

    En réalité, n’était-ce Sandrine Kiberlain qui parvient vaguement à tirer son épingle du jeu dans un rôle à contre-emploi, on a droit à un film laborieux, posant prétendument un regard critique sur la société en général et la justice en particulier. Caricatural, vulgaire, outrancier et franchement pas drôle, il est à l’image de son personnage masculin faussement borderline, mais vraiment exécrable.

    A en croire pourtant certains critiques français débordant d’enthousiasme, il s’agit là tout simplement d’une des meilleures comédies de l’année, parsemée de séquences déjà cultes et donc à ne manquer sous aucun prétexte. En d’autres termes, Albert Dupontel aurait accouché d’une pépite. En principe, la pépite c’est de l’or. Eh bien le moins qu’on puisse dire dans ce cas, c’est que le précieux métal est singulièrement dévalué…

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 16 octobre.

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  • Cinéma: "Prisoners", un thriller psychologique haletant

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    PC_130922_mw82r_prisoners-prisonniers_sn635[1].jpgLe drame se noue très vite dans une petite ville de Pennsylvanie, lorsque les Dover se rendent avec leurs deux enfants chez leurs amis Birch, eux aussi parents de gosses du même âge, pour fêter Thanksgiving. Parties s'amuser à l'extérieur, la petite Anna et son amie Joy, six ans, s'évanouisent dans la nature. 

    C’est l’affolement dans les deux familles, tandis que le détective Loki (Jake Gyllenhaal) est chargé de l’affaire. Il ne dispose que d’une seule piste, une camionnette blanche aperçue dans les parages au mement de la disparition. Son propriétaire Alex Jones, un attardé mental, est rapidement localisé, arrêté, interrogé, puis relâché faute de preuves.

    Mais Keller Dover (Hugh Jackman) le père d’Anna, est convaincu qu’il sait où sont les fillettes. Jouant les justiciers (photo), il l’enlève et le séquestre pensant lui faire avouer son crime et révéler où il a caché ses victimes vivantes ou mortes... Pendant ce temps Loki, qui lui ne croit pas à la culpabilité de Jones, continue d’enquêter sur les circonstances troubles du mystérieux rapt.

    Ce thriller psychologique signé du Québécois Denis Villeneuve, à qui l’on doit notamment l’ambitieux Incendies (2011)), n’est pas loin d’être parfait dans le genre, qu’il s’agisse de la mise en scène ou du scénario d’Aaron Guzikowski. D’une histoire de kidnapping a priori simple, le réalisateur construit un suspense complexe et haletant, où l’intrigue ne cesse de rebondir à chaque fois qu’on croit s’approcher du dénouement.

    Pour autant rien de forcé, d’exagéré ou de caricatural dans cette sombre tragédie sous tension extrême qui confine à l’insoutenable dans certaines scènes et où les éléments s’emboîtent de façon crédible. En même temps, surfant sur l’ambiguïté morale et brassant des thèmes qui lui tiennent à cœur, Villeneuve oblige pose des questions dérangeantes sur la justice, la vengeance aveugle, la violence et sa justification qui transforment l’être humain en tortionnaire.

    Dans leurs rôles de prisonniers de la peur et de l'angoissse, les comédiens ne sont évidemment pas étrangers à la grande qualité de l’opus. A commencer par Hugh Jackman, excellent en père désespéré prêt au piure pour sauver sa fille, ou Jake Gyllenhaal, en flic décalé, pas comme les autres et passant par tous les états d’âme.

    Cette première incursion hollywoodienne n’a en tout cas pas laissé le public américain et canadien indifférent, Prisoners occupant la tête du box-office dès la fin de sa première semaine en salles. On évoque même un Oscar.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 9 octobre. 

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  • Cinéma: "La Vie d'Adèle", un chef d'oeuvre entaché d'une vaine polémique

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    3417754_6_f9d6_le-realisateur-franco-tunisien-abdellatif_7707ae00f353d4f4b8aaae343cddd052-530x353[1].jpgJe vous le disais déjà à l’issue de sa projection à Cannes, La vie d’Adèle-Chapitres 1 et 2 est un pur bonheur cinématographique, allié à l’émotion rare que procurent un auteur unique, Abellatif Kechiche, ainsi que des actrices sublimes, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. Cette dernière, la vraie star du film, s’était imposée comme la révélation de la Croisette en mai dernier.

    En osmose totale, elles nous racontent la plus belle et la plus bouleversante des histoires d’amour au féminin, nous emportant par leur spontanéité et leur naturel. Il n’est pas dès lors étonnant qu’elles aient partagé la Palme d’Or avec leur réalisateur. Du jamais vu pourtant.

    Mais ce chef d’œuvre est entaché d'une vaine polémique soulevée par les deux comédiennes. "Il ne devrait pas sortir, il a été trop sali. Je me suis senti déshonoré, humilié j’ai senti un rejet de ma personne que je vois comme une malédiction…"

    Il y a deux semaines, le 24 septembre, Abdellatif Kechiche répondait ainsi dans Télérama aux griefs et jérémiades de Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. S’en prenant plutôt durement à la première, "née dans le coton", "pas capable d’entrer dans le rôle".

    Tout et son contraire de la part des "victimes"... 

    Et pour cause. Les deux actrices, plus particulièrement Léa Seydoux qui affirmait catégoriquement ne plus jamais vouloir travailler avec lui, dénonçaient dans un entretien au site américain Daily Beast les méthodes du "colérique" et "tyrannique" réalisateur, ses "cris", son "manque d’égards"  notamment dans les très difficiles scènes de sexe, bref des conditions "horribles" de tournage. A l’image des techniciens qui eux n’avaient pas attendus pour s’en ouvrir pareillement dans la presse dès le 23 mai.

    3416501_6_3639_le-realisateur-abdellatif-kechiche-et-l-actrice_57b161ad0fcfb5f916d75f6e25fb2619[1].jpgCertes les jeunes femmes n’ont pas eu l'outrecuidance de nier le talent de Kechiche, mais leurs récents propos contrastent singulièrement non seulement avec leur joie immense d’être couronnées le 26 mai, mais surtout leurs louanges envers le cinéaste lors de la conférence de presse à Cannes. Elles déclaraient alors lui avoir fait don total de leur personne, lui témoignant une confiance aveugle et une grosse envie de collaborer avec lui…

    Aujourd’hui elles tentent d’atténuer la portée de la controverse. Surtout Adèle Exarchopoulos. Ne voyant dans tout ça que des "conneries", elle prend désormais la défense de Kechiche, répétant en gros que c’est un génie. A l’instar de l’interview qu’elle a accordée au Journal du Dimanche le 6 octobre ou de ses commentaires dans l'émission Au Field de la nuit le lendemain.  

    La découverte de la passion

    C’est le moins qu’elle puisse faire, lorsqu’on considère l’excellence de La vie d’Adèle qui leur a permis en plus de décrocher cette Palme d’or tant convoitée. L’œuvre vous prend dès les premières images et ne vous lâche plus pendant trois heures filant à la vitesse de l’éclair.

    Kechiche-Exarchopoulos-Seydoux. Un trio magique pour ce film librement inspiré de la bande dessinée de Julie Maroh, "Le bleu est une couleur chaude". On y suit Adèle, une jolie lycéenne de 17 ans, rêvant d’être institutrice. Férue de littérature, elle est exaltée par la lecture de La vie de Marianne, roman inachevé de Marivaux évoquant un déterminisme amoureux contre lequel on ne peut lutter.


    La%20Vie%20d'Adèle_0[1].jpgAdèle flirte avec une camarade décomplexée, sort avec des garçons mais n’est pas très emballée par une brève aventure avec l’un d’eux. Sa vie bascule lorsqu’elle s’aventure dans un bar lesbien et rencontre Emma, une fille un peu plus âgée qu’elle. Etudiante aux Beaux-Arts, elle veut devenir une peintre connue. Adèle succombe follement à cette belle femme aux cheveux bleus qui lui fait découvrir la passion.


    Terrassées, toutes deux se laissent emporter par l’ivresse et la violence irrépressible du désir qui culminent dans de sulfureuses et longues scènes de sexe filmées sans tabou ni pudeur au plus près de corps magnifiés, dont le côté sculptural fait oublier la nudité.

    Coup de foudre, liaison, rupture

    Que la relation soit homosexuelle n’est pas fondamental. Kechiche est plutôt dans l’interrogation des rapports amoureux. Par ailleurs, même si elles sont primordiales pour expliquer 'amour, l’erreur serait de ne retenir de l’histoire que les séquences puissamment excitantes.

    Car ce coup de foudre qui se mue en liaison finit en rupture, Adèle dévastée provoquant son propre malheur par une trahison et un manque d’ambition. Une rupture qui est à la fois une fin et un commencement, une souffrance et un espoir, une expérience de vie, une façon de continuer à se construire et de s’affirmer pour cette adolescente ardente qui se cherche, se perd et se trouve.

    Du Kechiche pur sucre

    Un film purement kéchichien, toujours juste, vrai, sous tension érotique extrême, mais traitant également d’éducation, de savoir, de transmission, de vocation, de regard des autres, de choix de vie. Et de différence sociale générant une différence d’aspiration personnelle menant plus sûrement à la séparation qu’une homosexualité plus ou moins comprise ou tolérée par l’entourage.

    A cet égard, l’opus réserve quelques moments joyeux, sinon irrésistibles, par exemple chez les parents de l’une ou de l’autre. Bobos intellos et affranchis pour Emma, prolétaires et pas au courant pour Adèle, obligée de présenter Emma comme une bonne copine lui faisant bosser sa philo…

    Une raison supplémentaire pour aller voir ce bijou qui aurait pu rapporter un nouvel Oscar au cinéma français. Malheureusement, il ne pourra concourir dans la catégorie étrangère. Ce n’est pas dû à la pudibonderie de l’Académie mais à sa sortie trop tardive. On peut en revanche déjà lui promettre une pluie de Césars, meilleur film, meilleur réalisateur, meilleures actrices et peut-être même davantage...  

    Pour Julie Maroh, il manquait des lesbiennes sur le plateau

    Julie-Maroh-008[1].jpgLéa, Adèle et les ouvriers n'ont pas été les seuls à récriminer. Julie Maroh, L’auteur de la BD qui a inspiré le film a certes aimé ce "coup de maître". Mais si elle respecte la démarche "cohérente, justifiée, fluide" du réalisateur, elle lui reproche en revanche via son blog de n’avoir pas rendu les scènes de sexe assez réalistes.

    Il lui semble clair qu’il manquait des lesbiennes sur le plateau. "Je ne connais pas les sources d'information du réalisateur et des actrices (qui jusqu'à preuve du contraire sont tous des hétéros) et je n'ai pas été consultée en amont... Excepté quelques passages, cela m’évoque un étalage brutal et chirurgical, démonstratif et froid de sexe dit lesbien qui tourne au porn et m’a mise très mal à l’aise… ", écrit-elle notamment. 
     
    Le sexe au cinéma, un trucage comme les autres

    On a beaucoup glosé sur les scènes "hot". Mais brisant le secret à Cannes, les deux protagonistes ont révélé qu’elles avaient des prothèses. Comme expliqué dans les Inrocks, il s’agit de minces tulles en silicone, obtenus à partir de moulages en plâtre du sexe recouverts de faux poils pubiens, puis repeints en différents tons de couleur chair pour que l’illusion soit la plus parfaite possible.

    Comme quoi, pénis en latex ou doublés, vagin en silicone, le sexe au cinéma est un trucage comme les autres, relève le magazine. Reste qu’en l’occurrence, pour Adèle et Léa, il s’agissait d’une toute petite protection ne changeant rien à l’intensité de l’action.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 9 octobre.

     

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  • Cinéma: "La bataille de Solférino", un chaudron sous tension

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    LA-BATAILLE-DE-SOLFERINO-laffiche-super-hardcore-du-film-de-Justine-Triet-39773[1].jpgDimanche 6 mai 2012, deuxième tour de l’élection  présidentielle française, qui a vu la victoire de François Hollande. Alors qu’une foule de militants de plus en plus dense et surchauffée se masse rue de Solférino devant le siège du PS et aux alentours en attendant les résultats, c’est le chaos chez Laetitia.

    Ses deux petites filles poussent des hurlements stridents ininterrompus, son amant ne sait pas trop où se poser, Vincent son ex plutôt barge juste sorti de l’hôpital psychiatrique la harcèle en réclamant son droit de visite, elle le lui refuse, donnant des consignes strictes dans ce sens au baby-sitter lunaire déjà débordé. Tout cela en s’habillant pour aller au boulot. Car Laetitia, journaliste à i-Télé doit couvrir l’événement en direct.

    Au fil du récit, fiction et réalité documentaire ne cessent de s’entremêler, chacune servant de pendant ou d’illustration à l’autre. Laetitia fait son job en tentant maladroitement de gérer son conflit personnel, dont les enfants sont devenues l’enjeu principal. On nage en pleine hystérie. Sinon à l’extrême-bord du gros pétage de plombs dans cette furieuse bataille qui évoque l’impossibilité de communiquer normalement. Mettant en parallèle le fossé entre les parents et la fracture nationale.

    La bataille de Solférino, premier film sous tension constante, plein de bruit et de fureur, d’excitation et d’insultes est signé Justine Triet, réalisatrice issue des Beaux-Arts. Porté par de bons acteurs dont les deux principaux, Laetitia Dosch et Vincent Macaigne, il est quasi unanimement salué par la critique. On ferait de même si seulement ces deux insupportables gamines pouvaient arrêter de brailler cinq minutes. Surtout dans la première partie. Je sais cela fait partie de l’infernale cacophonie ambiante. Mais quand même, c’est à croire qu’on les maltraite…

    Film à l’affiche aux Cinémas du Grütli à Genève dès mercredi 2 octobre. 

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  • Cinéma: "La confrérie des larmes" ... et l'envie d'en verser

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    CONFRERIE+DES+LARMES+PHOTO1[1].jpgAncien membre de la brigade criminelle au chômage à la suite d’un drame personnel, Gabriel, la trentaine, élève seul sa fille. Mais, criblé de dettes, il s'enfonce de plus en plus, jusqu’au jour où un ex-indic lui propose de transporter une mallette qu’il aura l’interdiction absolue d’ouvrir, en échange d‘un gros paquet d’euros.
     
    Un contrat hyper louche, même si l’indic assure que l’affaire est on ne peut plus légale. C'est là que le scénario jusqu'ici relativement crédible, devient foireux. Car Gabriel, voyant un moyen de s'en sortir, veut croire au côté clean de l'affaire et s’en va livrer dans le monde ses petits colis, dont il ignore le contenu, à de richissimes commanditaires anonymes. Sauf que la curiosité finit par l’emporter. Et comme on le sait, elle peut être un vilain défaut aux conséquences désastreuses…
     
    A l’image de Gabriel, le spectateur a évidemment envie de savoir ce qu’il y a dans la mallette. Mais c’est vraiment le seul élément qui le fait rester jusqu’au bout. De quoi le regretter d’ailleurs lors du dénouement ridicule de cette intrigue mal ficelée, où le réalisateur Jean-Baptiste  Andrea s’applique à multiplier les invraisemblances. Dommage surtout pour le comédien principal Jérémie Renier (Photo avec la jeune Mélusine Mayance), qu’on a connu beaucoup mieux inspiré dans ses choix de films.
     
    "Eyjafjallajökull", une éruption de mauvais goût
     
    le-volcan-dany-boon-affiche-poster-du-film[1].jpgEt pourtant, il y a nettement pire. Sous ce titre volontairement imprononçable, on découvre les péripéties plus qu’improbables d’Alain et Valérie, deux personnages aux antipodes l'un de l'autre qui se vouent une haine féroce depuis leur divorce. Mais ils vont hélas devoir faire route ensemble vers la Grèce pour se rendre au mariage de leur fille. La faute à l’éruption du fameux volcan islandais Eyjafjöll qui a bouché le ciel en 2010, clouant au sol des miliers d'avions.
     
    Du coup on est réduit à suivre les tribulations du couple Dany Boon/Valérie Bonneton dans une traversée en voiture de l’Europe, où volent les insultes et pleuvent les coups bas. Une bonne idée a priori. Sauf qu’il ne faut pas cinq minutes pour découvrir l’exact contraire. Et voir le réalisateur Alexandre Coffre s’embourber dans le lourdingue, le laborieux, le pas drôle, la caricature, les clichés, le mauvais goût. Quant aux comédiens, on oublie. 

    Bref un road-movie calamiteux au ton qui se veut décalé en prétendant éviter les niaiseries des comédies romantiques. Pathétique! Et dire que certains n’hésitent pas à évoquer New York-Miami de Capra, ou se livrent à de vagues comparaisons avec A la poursuite du diamant vert ou Forrest Gump. Franchement, étant donné la daube, il faut oser.

    Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 2 octobre.

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  • Cinéma: "Miele", ange dispensateur de mort douce

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    Miele-di-Valeria-Golino-5-motivi-per-vedere-il-film_h_partb[1].jpgPour sa première réalisation, la belle actrice italienne Valeria Golino s’est attaquée à un sujet aussi difficile, controversé que tabou: l’euthanasie. Sous son nom de code Miele, le titre du film, Irene que son père et son ami croient étudiante, aide en réalité clandestinement des gens en phase terminale à mourir dignement. En leur procurant à leur demande un puissant barbiturique vétérinaire qu’elle va acheter au Mexique.

    Un jour, elle délivre une dose mortelle à un nouveau "client", un vieil intellectuel désabusé et très désagréable qu’elle découvre en bonne santé, mais qui veut quitter ce monde parce qu’il a perdu le goût de vivre. Irene va tout faire pour l’en empêcher. 

    Le côté docu-dossier évacué, l’intérêt du film, adapté du roman d'Angela Del Fabbro, réside d’abord dans l’absence de manichéisme, de parti-pris, de discours politique ou moral sur le suicide médicalement assisté. Même si, à travers la relation qu’elle entretient avec ce bonhomme ronchon revenu de tout, Irene s’interroge forcément sur les limites de son "travail" d'ange dispensateur de mort douce.

    Mais surtout, Valeria Godlno dresse un magnifique portrait de femme, moderne, envoûtante, mélancolique, triste, mystérieuse, adepte de la dépense physique. Un rôle sur mesure pour Jasmine Trinca (photo) découverte dans La chambre du fils et Nos plus belles années.  

    Si on ajoute à sa prestation une mise en scène pleine de rigueur et de pudeur, Miele, sélectionné en mai dernier dans la section cannoise d’ Un Certain Regard se révèle, en dépit de quelques maladresses et longueurs, une jolie réussite.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 2 octobre.

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  • Cinéma: des petits héros "Sur le chemin de l'école"

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    3478582_3_f68d_une-scene-du-film-documentaire-francais-de_167013e7c9cd8ff9f63031688a7ce5e4[1].jpgAvec ce documentaire, le Français Pascal Plisson nous emmène aux quatre coins de la planète pour nous faire découvrir des enfants qui, soutenus par leurs parents, ont en commun une incroyable soif d’apprendre. Mais pour eux le chemin des écoliers n’a rien à voir avec la définition qu’on lui donne généralement.

    Certes il est long, mais il ne leur permet pas de flâner. Car c’est au prix de mille difficultés, dangers et autres embuches qu’ils doivent emprunter chaque jour des routes fréquentées par des bandits ou traverser le territoire des éléphants.

    Qu'ils vivent en Inde, dans la savane kényane, les montagnes marocaines ou les plaines de Patagonie, ils sont en effet obligés de parcourir jusqu’à vingt kilomètres à pied, à cheval, voire en fauteuil roulant pour rallier leur école. Où on leur dispense ce précieux savoir dont dépendra plus tard leur indépendance, leur statut social.

    La formidable volonté de ces petits héros, leur force de caractère impressionnent. On regrette pourtant l’excès visible de mise en scène qui a pour résultat de minimiser la portée de leurs efforts colossaux pour se lancer dans leur odyssée quotidienne. On admire en revanche sans réserve les magnifiques paysages au cœur desquels nous plonge le réalisateur.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 25 septembre.

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