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18/06/2013

Cinéma: "Man Of Steel", un Superman pas super

Superman-new-1[1].jpgDire que Man Of Steel cartonne aux Etats-Unis est un euphémisme. Dès sa sortie il a survolé le box-office américain avec un démarrage record. Un engouement qui laisse perplexe en regard de ce qui se déroule à l’écran. En sera-t-il de même ici? La réponse ne saurait tarder.

L’histoire reprend en gros celles des versions de 1978 et 1980: Jor-El comprenant que sa planète Krypton est au bord de la destruction totale envoie, sous les yeux de sa mère éplorée mais sachant qu’il n’y a pas d’autre solution, son bébé Kal-El sur Terre pour sauver sa race.

Il est recueilli par des fermiers qui l’appellent Clark et lui apprennent à cacher ses immenses pouvoirs surnaturels pour ne pas épouvanter les Terriens. En grandissant Clark finit par découvrir ses origines mais, face au débarquement de trois survivants de Krypton aux desseins criminels, il décide de se dresser contre l’affreux général Zod et ses acolytes… pour devenir ainsi Superman. Dans un costume grisouille où le fameux slip rouge a mystérieusement disparu!

Inutile de préciser que le réalisateur Jack Snyder a balancé l’artillerie lourde pour cette resucée en forme de jeu vidéo mahousse. Du coup on est enseveli sous une avalanche délirante, épuisante, assourdissante d’effets spéciaux et de scènes d’action tonitruantes, qui s’étalent sur près de 2h30.

Tout cela en somme pour un scénario confusément tarabiscoté et une histoire d’amour sans intérêt entre Clark (Henry Cavill) et Loïs (Amy Adams). Sans oublier la référence christique au père qui a décidé de dépêcher son fils unique au secours de l’humanité menacée d’anéantissement. Pour résumer et au risque de déplaire aux fans, ce n’est pas super.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès le 19 juin.

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Cinéma: "Joséphine", la Bridget Jones à la française

marilou-berry_film_josephine_photo[1].jpgFrisant la trentaine, obsédée par la taille imposante de son postérieur (cruellement augmenté d’une prothèse pour les besoins du film), Joséphine déteste son boulot et apprécie modérément son boss, qui lui n’a d’yeux que pour elle. Enchaînant les coups d’un soir, elle court vainement après l’homme de sa vie. Sa seule consolation c’est qu’elle peut dormir avec Brad Pitt. Sauf qu’il s’agit de son chat….

En plus, elle est affreusement jalouse de sa sœur "Miss Perfection", qui ne rate pas une occasion de le lui faire remarquer. Et lorsqu’elle lui annonce son mariage, c’est la goutte d’eau. Pour sauver la face, Joséphine s’invente une relation amoureuse avec un riche chirurgien brésilien qui doit l’épouser et emmener  dans son pays. Le début de la spirale infernale du mensonge où s’enfonce la malheureuse victime du manque d'intérêt d'un mâle digne de ce nom pour sa petite personne.

L’auteur Agnès Obadia s’est inspirée de la B.D. éponyme de Pénélope Bagieu. Tout en gardant le caractère et le look du personnage incarné par Marilou Berry, elle garde peu de ses aventures, imaginant sa propre intrigue pour sa Joséphine. Qui devient une  sorte de Bridget Jones à la française où on retrouve les ingrédients de la version américaine: héroïne complexée, beau gosse égoïste, amoureux transi et ennuyeux, mais finalement pas tant que ça, bien au contraire. 

Bref rien de nouveau dans ce film de filles à tendance sirupeuse, en dépit de ses aspirations au dérisoire et à l’humour un rien déjanté. Mais si on ne rit pas des masses, on relèvera une bonne prestation de Marilou Berry et quelques scènes burlesques, dont celles où Joséphine, restée à Paris après avoir annoncé qu’elle partait pour le Brésil, doit se cacher dans son propre appartement, sous-loué entretemps. On en souhaiterait quelques autres tout de même…

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 juin.

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Cinéma: "Les beaux jours" avec une blonde Fanny Ardant en jeans

517527d4c0d9e[1].jpgAprès neuf ans d’absence, Marion Vernoux réapparaît heureusement avec une comédie dramatique touchante, adaptée du roman de Fanny Chesnel, Une jeune fille aux cheveux blancs.

On y retrouve Fanny Ardant dans le rôle d’une dentiste sexagénaire fraîchement retraitée que ses filles ont inscrite dans un club de loisirs pour seniors, avec poterie et yoga au menu. Tout ce qu’elle déteste. Elle n’en tombe pas moins amoureuse de l’animateur du lieu (Laurent Laffite) un quasi quadra qui pourrait être son fils.

Etant donné le niveau de certaines productions françaises récentes, on pouvait craindre le pire! C’est le contraire qui se produit. Evitant subtilement les clichés et les stéréotypes propres à ce genre de romance adultérine avec pas mal d'années d'écart, la réalisatrice livre un film à la mise en scène originale, plein de passion, d’humour, de tendresse et d’émotion.

Son héroïne n’est pas dans la revanche de la femme trompée. Elle aime son mari (Patrick Chesnais) qui le lui rend bien et cette aventure clandestine n'a rien à voir avec les frasques sexuelles d'une cougar donnant dans le jeunisme échevelé pour oublier les années qui passent. 

La réussite des Beaux jours tient beaucoup à ses acteurs. A commencer évidemment par Fanny Ardant, pour qui l’adultère ne supporte pas la médiocrité. Elle le prouve par l’intelligence et la sensibilité de son interprétation. Blonde, chemise à carreaux et jeans, une première, elle sort de son registre de femme fatale, glamour, classe, mystérieuse et un peu affectée. Allant jusqu'à changer le ton de sa voix inimitable, elle se révèle à la fois sensuelle, attachante, drôle, espiègle. A ses côtés, Laurent Laffite et Patrick Chesnais se montrent à la hauteur.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 juin.

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Cinéma: "Diaz, un crime d'Etat", un film coup de poing qui vous met au tapis

diaz_police[1].jpgAlors que le sommet du G8 vient de s’achever en Irlande du Nord, sort sur les écrans Diaz, un crime d’Etat. Signé de l’Italien Daniele Vicari, il revient sur la tragique réunion du groupe des huit plus grandes puissances mondiales à Gênes en 2001.

Tout avait commencé par des danses et des chansons, avant de basculer dans une inouïe explosion de violence policière. Causant notamment la mort d’un jeune manifestant de 22 ans et en blessant très grièvement des dizaines d’autres. 

Pendant la dernière journée du sommet, un peu avant minuit, plus de 300 policiers prennent d’assaut l’école de Diaz utilisée comme lieu d’hébergement, base logistique et centre des médias alternatifs. Ils sont à la recherche de militants du Black Bloc. Dans l’établissement se trouvent quelque quatre-vingt dix activistes, étudiants européens pour la plupart, ainsi que des journalistes étrangers.

Acculés, n'offrant aucune résistance, ils lèvent les bras en signe de reddition. Les flics n’en ont cure, frappant aveuglément les hommes, les femmes, les vieux, les jeunes. Des scènes très dures, très longues, difficiles à regarder tant le réalisateur s’attarde sur la brutalité des coups, sur les corps meurtris, ensanglantés, les gémissements de douleur.

Tout comme sur celles de la caserne de Bolzaneto transformée en local de garde à vue, où les victimes interpelées passeront trois jours à subir d’autres violences, des traitements dégradants et des humiliations à connotation sexuelle. Un déferlement sauvage qui vous met au tapis.

Tentant de comprendre ce qui a pu conduire à cette effrayante escalade, Daniele Vicari a rencontré les protagonistes de l’époque, activistes et policiers, étudié des heures et des heures d’archives audiovisuelles. Il se livre à une reconstitution rigoureuse, sobre et clinique des faits, donnant à Diaz une indéniable valeur documentaire. Servi par de bons acteurs, son film sous tension dramatique extrême rappelle, par son ambiance lourde, les heures sombres de la dictature et de la torture au Chili et en Argentine.

On pourrait reprocher au cinéaste, dans ce film choc où il multiplie les points de vue en suivant différents personnages, d’avoir choisi uniquement ceux des activistes. Faisant ainsi preuve d’un certain manichéisme. Mais la justice a tranché en sa faveur en condamnant, plusieurs anées après, 74 policiers pour cette monstrueuse bavure, sans précédent en Italie.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 juin.

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12/06/2013

Cinéma: Brian De Palma déçoit avec "Passion"

images[5].jpgEn soi, le remake n’est pas la meilleure des idées cinématographiques. D’autant moins quand l’original ne soulève pas l’enthousiasme. Toujours est-il que Brian de Palma a cru bon de s’inspirer de Crime d’amour, le dernier film d’Alain Corneau pour réaliser Passion.

Travaillant dans une multinationale, la brune Isabelle apparemment sage et sans éclat, est fascinée par sa supérieure, la glamourissime et blondissime Christine. Celle-ci profite de son pouvoir pour entraîner son employée, entre domination et servitude, dans un jeu de séduction et de manipulation.

Résultat, un thriller psychologique mâtiné de fantastique qui se veut sulfureux, sur fond de romance lesbienne où Rachel McAdams et Noomi Rapace (photo) s’entredéchirent dans l’univers impitoyable de la finance. Possession, ambition, angoisse, en principe tous les ingrédients du genre étaient là sont là pour scotcher le spectateur à son fauteuil.

Hélas, peu inspiré, l’ héritier hitchcockien revendiqué se contente d’un polar à l’ancienne, sorte de retour aux sources décevant où tout sonne faux, à commencer par l’affrontement pervers entre les deux femmes et la sensualité prétendument débordante qui s’en dégage.

Multipliant les rebondissements, abusant de ses penchants pour les doubles et le voyeurisme, Brian de Palma propose une intrigue inutilement tarabiscotée, aux frontières du rêve et de la réalité. Avec une mise en scène qui agace par un excès de sophistication, de maniérisme, ainsi qu’un recours sans intérêt au gadget du split-screen. Du coup il perd de vue cette passion meurtrière, censée être le moteur de l’histoire… Dommage

Araf, quelque part où l'espoir l'emporte 

araf[1].jpgEn turc, Araf signifie purgatoire ou limbes. Une sorte d’entre eux, d’attente, d'univers parallèle, que symbolise cette station-service sur l’autoroute où travaillent deux jeunes gens à peine sortis de l’adolescence: Zehra magnifiquement interprétée par la ravissante Neslihan Atagul (photo) et Olgun.

Joyeux, rêvant de devenir riche, Olgun est amoureux de Zehra. Mais tout en redoutant de la quitter, celle-ci imagine une autre vie avec Mahul, un chauffeur routier habitué à s’arrêter pour manger un morceau à la cafeteria. Il est plus âgé, grisonnant, peu bavard, constamment agrippé à son chapelet. Mais contrairement à Olgun qu’elle considère comme un compagnon de jeu, Mahul est l’homme qui pourrait l’emmener ailleurs, loin de cette bourgade désolée où sévit le sombre hiver anatolien...

Film d’atmosphère parfois sublimé par de belles scènes d'amour pudiques et quelques plans superbes, Araf évoque un quotidien rude où l’espoir l’emporte sur le froid et la tristesse. Il est signé de la réalisatrice turque Yesim Usaotoglu, qui avait remporté un joli succès à la dernière Mostra de Venise.

Nouveaux films à l'affiche dans les salles de Suisse romande.

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Cinéma: Avec "The Bling Ring", Sofia Coppola nous embarque chez les stars de Beverly Hills

MV5BMTMzOTgyMjM2OV5BMl5BanBnXkFtZTcwMzY1MDI2Mg@@._V1._SY314_CR18,0,214,314_[1].jpgLion d’or à la dernière Mostra de Venise pour Somewhere, Sofia Coppola revient avec The Bling Ring, son cinquième long-métrage qui avait ouvert en mai dernier la section d’Un Certain Regard à Cannes. Le thème a de quoi intéresser. Inspiré de faits réels qui se sont déroulés entre 2008 et 2009, le film raconte les cambriolages répétés, chez  les stars de Beverly Hills, d’un gang de cinq ados, quatre  filles et un garçon, surnommé par les médias "The Bling Ring".

Issus d’un quartier résidentiel, ces gosses de riches fascinés par les peoplle,  dingues de fringues et d’accessoires de marque, traquent l’agenda des vedettes sur le net et profitent de leur absence pour s’introduire  dans leurs somptueuses résidences. Dans la réalité, ils ont dans raflé un  butin estimé à plus de trois millions de dollars, qui les a conduits devant la justice.

Très attirant dans sa représentation prometteuse d’une société obsédée par la célébrité, de teen-agers biberonnés à Facebook, Twitter et la téléréalité, The Bling Ring, mêlant Emma Watson à des débutants, a hélas tendance à se perdre au fil de l’intrigue. Sofia Coppola tourne rapidement en rond, sans porter de véritable regard, se contentant en gros de multiplier les scènes de cambriolage.

Notamment chez la fameuse héritière Paris Hilton, qui mettait simplement  la clé… sous le paillasson avant de s’en aller, et où on découvre un amoncellement  inouï, indécent et hors  de prix composé de vêtements, de sacs, de chaussures, de bijoux, de  lunettes de soleil de coussins brodés à son effigie, ainsi qu’un night-club au sous-sol. A côté la caverne d’Ali Baba passerait pour un souk minable.

"Tout est vrai, nous n’avons rien changé, » explique Sofia Coppola rencontrée à Cannes. «J’avoue que l’univers de Paris est excitant et incroyablement exotique… "  A noter que c’est la seule villas où la cinéaste américaine a été autorisée à poser sa caméra. Les autres, comme celles de Lindsay Lohan  ou de Megan Fox ont été imaginées. 

First_Look_Sofia_Coppola_The_Bling_Ring_Starring_Emma_Watson_1338236963[1].jpgSofia Coppola a eu l’idée du film en découvrant un article dans Vanity Fair. "Plus j’en apprenais et plus j’étais passionnée par cette histoire d’ados proches du monde hollywoodien glamour et qui tournent mal en voulant en faire partie.  J’ai rencontré l’auteur du papier, la journaliste Nancy Joe Sales.  Nous avons longuement discuté et elle m’a beaucoup aidée. J’ai lu  d’autres récits de journaux, des rapports de police, consulté des avocats. J’ai aussi vu deux de ces teen-agers incriminés. Ils ne pensaient pas avoir mal agi et ne s’intéressaient qu’à la gloire que les vols leur avaient apportée."Observatrice du phénomène, tout en se plaçant d’abord du côté de ses protagonistes, la réalisatrice ne juge ni n’excuse. 

 "Je suis plutôt dans la mise en garde. Pour moi cette affaire est révélatrice de l’inculture qui se répand aux Etats.Unis,  excerçant son  influence sur une jeunesse dorée et superficielle. Mon film est une expérience et j’aimerais qu’on le voie ainsi."

Fim à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 12 juin.

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11/06/2013

Cinéma: "Oh Boy" confirme le talent de Tom Schilling en révélant le cinéaste Jan Ole Gerster

Tom-Schilling-Farbensport[1].jpgComédie en noir et blanc sur fond de jazz qui lui donne un côté rétro, Oh Boy suit pendant vingt-quatre heures Niko, étudiant quasi trentenaire qui traîne son spleen dans les rues de Berlin. Sa copine n’en peut plus de de son indécision et de ses rêveries,  son père lui coupe les vivres et son psy le déclare émotionnellement instable. Comble de tout, il ne peut même pas s’offrir la tasse de café à laquelle il aspire désespérément. Ce jus inaccessible devient le fil rouge de l’histoire.

Signé du très prometteur Jan Ole Gerster, révélation du cinéma allemand, ce premier long-métrage aux accents jarmushiens surfe surl’ironie et l’autodérision. Inspiré de François Truffaut et nous promenant dans des décors urbains à la Woody Allen, il doit aussi beaucoup à son acteur principal, Tom Schilling (photo), Il est craquant dans son rôle d’anti-héros en proie a une crise existentielle, contemplatif, désabusé, proche de la déprime, déconnecté du quotidien, incapable de s’intégrer.

Un rôle que Tom Schilling, grand ami du réalisateur a considéré sien dès qu’il a lu le scénario il y a quatre ans, comme il nous le raconte lors d’une rencontre  à Genève. Le comédien est né à Berlin-Est en 1982 dans une famille de cartographes. « Ma mère a senti que je pouvais m’exprimer d’une artistiquement et m’a envoyé à une audition. J’avais six ans. A douze, j’ai commencé au théâtre dans une pièce de Berthold Brecht. J’avoue que je ne savais pas trop bien ce que je faisais, C’était un grand rôle pour un gamin».

Pendant les années qu’il passe sur les planches tout en préparant son diplôme de sciences en art, Tom Schilling rencontre des cinéastes. A dix-sept ans, il obtient un gros succès avec son deuxième film Schlaraffenland. «Tout le monde parlait de moi. C’était flatteur, mais je n’aimais pas trop. On peut vite retomber dans l’anonymat».

I9A5270[1].jpgOn le voit ensuite beaucoup dans des séries télévisées, dont Tatort. Et Il y a quatre ans, Jan Ole Gerster (photo)lui envoie le scénario de Oh Boy. «Il était intéressé par mon avis et moi passionné par le personnage. Non seulement, c’était le meilleur script que j’aie lu jusque là , mais j’ai tout de suite senti que le caractère principal me correspondait. Mais il devait être plus âgé. 

De toutes façons, face aux difficultés de financement, il a fallu attendre. Le temps notamment que Tom Schilling devienne père. «Et puis je lui ai écrit une lettre car j’ai appris qu’il faisait des auditions pour Niko. Quelque part, je suis très proche de lui. Je suis plein de doutes, contemplatif, pas très confiant en mes capacités. Je me pose plein de questions sur moi, la vie, l’avenir».

Le tournage a été très détendu. Presque comme des vacances. «Ce n'est pas très étonnant. Jan Ole Gerster a l’art du farniente. Il a failli être viré de l’école de cinéma parce qu’il ne produisait rien  Rétrospectivement je me dis qu’il avait besoin de cette période paresseuse ».


On souhaite la même ambiance cool à Tom Schilling pour son prochain film Suite française de Saul Gibb, où il va retrouver dans une semaine la belle Michelle Williams.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 12 juin.

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06/06/2013

Cinéma: "Pop Redemption", avec Julien Doré reconverti dans le metal

photo-Pop-Redemption-2012-3[1].jpgTatoué, chevelu, barbe et moustache de trois jours, Julien Doré, l’ex-gagnant de Nouvelle star, se retrouve dans la peau d’un improbable leader de groupe de black metal, les Dead MaKabés. Chaque année, depuis leur adolescence ils entament  ce qu’isl appellent pompeusement leur tournée d’été, donnant quelques concerts dans des festivals pourris. 

Habituellement les choses se déroulent sans histoire. Sauf cette fois où cela tourne au vinaigre. Non seulement, la bande tend à se désagréger sous l’effet d’une crisette de la trentaine, mais elle s’empêtre dans une sombre affaire d’homicide involontaire, ce qui lui vaut quelques démêlés avec la maréchaussée.

Le réalisateur Martin Le Gall en profite pour tourner en dérision la France profonde, ses fêtes, ses variétés, ses kermesses et ses fanfares, en s’essayant à l’humour absurde et à l’autodérision. Assez vainement.  Au final, il n’y a pas grand-chose à sauver dans ce Pop Redemption certes parfois sympathique mais terriblement potache avec ses gags et ses personnages de loin plus lourdingues et caricaturaux que déjantés. Sans oublier une interprétation quelconque des principaux protagonistes.

The Call, claustrophobes s’abstenir

a50977d59677b90b6b9ed828f86f95ee[1].jpgOpératrice au 911, Jordan Turner (Halle Berry) se sent responsable de l’assassinat d’une jeune fille attaquée chez elle, s’estimant l’avoir mal conseillée au téléphone. Traumatisée, elle tente de se recycler dans la formation de nouveaux employés. Mais elle reprend vite du service actif et se rachète en faisant tout pour sauver la vie de Casey (Abigail Breslin), une autre victime du tueur en série,  enlevée et séquestrée dans le coffre d’une voiture. Claustrophobes s’abstenir…

Commence alors une course contre la montre censée vous scotcher au fauteuil. Mais au bout d’une petite heure, ce thriller qui traîne en longueur a bien du mal à tenir le spectateur en haleine, en dépit d’un montage assez habile. Sur fond d’hommage maladroit  aux équipes méritantes  du 911, le réalisateur  Brad Anderson finit par tourner en rond et sombre dans l’incohérence en multipliant les invraisemblances.  Le dénouement est carrément grotesque.

Malgré ses défauts, l’opus pourrait plaire au fan’s club masculin de la belle Halle Berry (photo), qui n'a qu'une expression mais ne fait vraiment pas ses 46 ans...

Nouveaux films à l'affiche dans les salles romandes. 

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04/06/2013

Cinéma: "Hannah Arendt" avec la magnifique Barbara Sukowa

Hannah-Arendt[1].jpgEn 1961, la célèbre philosophe allemande Hannah Arendt est envoyée par le New Yorker à Jérusalem pour couvrir le procès d’Adolf Eichmann. Elle publie ensuite une série d’articles où elle développe sa théorie de la « banalité du mal » qui provoquent un scandale, certains l’interprétant comme une justification des atrocités commises par le criminel nazi. Devant l’ampleur de la polémique et les violentes critiques  dont elle est l’objet, Hannah Arendt est lâchée par ses amis.

Tout t en se concentrant sur le procès, Margarethe Von Trotta se penche sur quatre ans de la vie de cette femme en exil forcé pour en brosser un magnifique portrait. Explorant la personnalité de cette fascinante intellectuelle rebelle à l’esprit libre, elle nous permet de mieux  comprendre son combat, sa détermination inébranlable, l’exigence de sa pensée.

Une belle leçon d’histoire, même si on  peut regretter, dans ce long-métrage à vocation didactique,  une mise en scène parfois empesée. Un reproche mineur cependant, en regard d’un sujet passionnant et surtout  de la performance de  Barbara Sukowa, qui parvient non pas à interpréter, mais à «être » Hannah Arendt. Remarquable de bout en bout, l’égérie du cinéma allemand des années 80 se révèle à la fois ardente,  sensible et émouvante.

Film à l’affiche dans les salles romandes, dès mercredi  5 juin.

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28/05/2013

Cinéma: "L'attentat", une histoire d'amour sur fond de conflit politique

the-attack-movie-ziad-doueiri-561x374[1].jpgDans un restaurant de Tel-Aviv, une femme fait exploser une bombe qu’elle dissimulait sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine Jaafari, médecin israélien d’origine arabe bien connu et estimé dans la ville, opère les nombreuses victimes de l’attentat.

Au milieu de la nuit, la police israélienne le rappelle d’urgence à l’hôpital pour lui annoncer, horreur, que le kamikaze est sa propre femme. 

Brisé par cette terrible révélation, refusant d’y croire, ne parvenant pas à comprendre comment il a pu ne pas déceler les intentions de son épouse, Amine décide de se rendre dans les territoires palestiniens, à la recherche de ceux qui l’auraient recrutée.

Le film est adapté par le Llibanais Ziad Doueiri du roman éponyme de l’Algérien Yasmina Khadra,  pseudonyme féminin de Mohammed Moulessehoul. Alors que l’opus divise, le réalisateur se défend, comme on le lui a parfois reproché, d’avoir voulu présenter une nouvelle vision du drame palestinien en donnant la parole à l’autre camp. 

Se concentrant sur la tragédie vécue par ce chirurgien paisiblement et parfaitement intégré à la société israélienne et dont la vie bascule soudain dans la violence et le rejet par ceux qui l’avaient adopté, Ziad Doueiri raconte avant tout une histoire d’amour sur fond de conflit politique. Cela n’a pas empêché l’œuvre d’être interdite de diffusion au Liban et boycotée par les pays de la ligue arabe.

Après la nuit, entre polar et documentaire

BK4TzD_CIAIR5En[1].jpgA découvrir également Après la nuit où Sombra, un marginal parmi les marginaux tout juste sorti de prison, retourne à son existence de dealer dans le bidonville créole Reboleira de Lisbonne.

Mais entre l’argent qu’il ne parvient pas à se faire rembourser, celui qu’il doit, les bizarreries de son iguane, une petite fille envahissante, une tante protectrice, un ami farfelu et certaines autres personnes qui gravitent autour de lui, c’est tellement la galère qu’il ne tarde pas à se dire qu’il aurait été mieux inspiré de rester derrière les barreaux.

Naviguant entre polar et documentaire, Après la nuit invite le spectateur à partager l'univers de ces gens, mais également à s’immerger dans la culture du lieu. Il est signé Basil Da Cunha, 28 ans. Ce Suisse d’origine portugaise, propose un regard empreint de poésie sur un quotidien absurde et un peu fou dans un film "fabriqué avec amour". Bien que les protagonistes se comportent avec une certaine brutalité. "Mais non, c'est juste parce qu'ils ne se comprennent pas toujours. Au fond ce sont de gentils gangsters", remarque Basil. A noter que le Genevois rentre de Cannes où il a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs.

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 29 mai.

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