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16/10/2013

Cinéma: "L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet". Signé Jeunet

21017102_20130702155509372.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgL’aventure commence plutôt bien dans un ranch isolé du Montana , où le jeune T.S. Spivet évolue au sein d’une famille pas comme les autres, entre son père qui se prend pour un cow-boy, samère entomologiste entourée de vers, sa sœur Gracie, adolescente plus ou moins rebelle et Layton, son jumeau casse-cou.

Gamin surdoué qui peine un peu à trouver sa place, T.S.n’en invente pas moins  la machine à mouvement perpétuel. Et reçoit un coup de fil de la directrice du Smithsonian de Washington, lui annonçant qu’il est le lauréat du prestigieux prix Baird. N’imaginant pas une seule seconde qu’il n’a que dix ans.

Mais sans en parler à ses parents, le garçon décide d’aller tout seul chercher sa récompense. C’est là que débute, sur un train de marchandises, son grand  voyage à travers les Etats-Unis. Mais c’est aussi  là hélas que le film, adapté du roman de Reif Larsen, perd son rythme et s’essouffle. Certes, cette traversée permet diverses péripéties et rencontres. Mais les personnages croisés, se révèlent pour la plupart peu intéressants. On n’est pas non plus follement captivé par la séquence de remise du prix, prétexte à une critique des médias.

Il faut dire que Jean-Pierre Jeunet, avec un titre pareil, a mis la barre très haut. Un peu trop. Certes on retrouve sa patte dans la mise en scène, les images colorées, le côté poétique et un poil surréaliste. Mais il n’y a rien d’extravagant dans ce road trip initiatique plus longuet que palpitant du prodigieux T.S. Spivet. Epoustouflant n’est pas vraiment non plus le cas de son interprète Kyle Catlett, qui tient son  premier grand rôle, aux côtés notamment d’Helena  Bonham-Carter et Judy Davis.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 16 octobre.

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15/10/2013

Cinéma: "9 mois ferme", une pépite drôlement dévaluée!

358306-9-mois-ferme-620x0-2[1].jpgJuge coincée aux mœurs  strictes doublée d’une célibataire endurcie, la frigide et psychorigide Ariane Felder apprend qu’elle est enceinte suite à une soirée de débauche dont elle n’a pas le moindre souvenir. Et découvre que le père est un redoutable criminel poursuivi pour une épouvantable agression.

Signé Albert Dupontel, l’opus s’intitule 9 mois ferme. Après s’être mué en méchant braqueur de banques venu squatter la maison de sa mère qu’il n’avait pas vue depuis 20 ans dans Le vilain, il se remet en scène, rejouant le sale type bidon dans une comédie qui se veut à nouveau corrosive, incorrecte, déviante, survoltée, explosive, déjantée, sous acide, trash et j’en oublie. Le tout sur fond de gore et d’humour noir à mourir de rire dont se targue l’acteur-réalisateur.

En réalité, n’était-ce Sandrine Kiberlain qui parvient vaguement à tirer son épingle du jeu dans un rôle à contre-emploi, on a droit à un film laborieux, posant prétendument un regard critique sur la société en général et la justice en particulier. Caricatural, vulgaire, outrancier et franchement pas drôle, il est à l’image de son personnage masculin faussement borderline, mais vraiment exécrable.

A en croire pourtant certains critiques français débordant d’enthousiasme, il s’agit là tout simplement d’une des meilleures comédies de l’année, parsemée de séquences déjà cultes et donc à ne manquer sous aucun prétexte. En d’autres termes, Albert Dupontel aurait accouché d’une pépite. En principe, la pépite c’est de l’or. Eh bien le moins qu’on puisse dire dans ce cas, c’est que le précieux métal est singulièrement dévalué…

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 16 octobre.

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08/10/2013

Cinéma: "Prisoners", un thriller psychologique haletant

PC_130922_mw82r_prisoners-prisonniers_sn635[1].jpgLe drame se noue très vite dans une petite ville de Pennsylvanie, lorsque les Dover se rendent avec leurs deux enfants chez leurs amis Birch, eux aussi parents de gosses du même âge, pour fêter Thanksgiving. Parties s'amuser à l'extérieur, la petite Anna et son amie Joy, six ans, s'évanouisent dans la nature. 

C’est l’affolement dans les deux familles, tandis que le détective Loki (Jake Gyllenhaal) est chargé de l’affaire. Il ne dispose que d’une seule piste, une camionnette blanche aperçue dans les parages au mement de la disparition. Son propriétaire Alex Jones, un attardé mental, est rapidement localisé, arrêté, interrogé, puis relâché faute de preuves.

Mais Keller Dover (Hugh Jackman) le père d’Anna, est convaincu qu’il sait où sont les fillettes. Jouant les justiciers (photo), il l’enlève et le séquestre pensant lui faire avouer son crime et révéler où il a caché ses victimes vivantes ou mortes... Pendant ce temps Loki, qui lui ne croit pas à la culpabilité de Jones, continue d’enquêter sur les circonstances troubles du mystérieux rapt.

Ce thriller psychologique signé du Québécois Denis Villeneuve, à qui l’on doit notamment l’ambitieux Incendies (2011)), n’est pas loin d’être parfait dans le genre, qu’il s’agisse de la mise en scène ou du scénario d’Aaron Guzikowski. D’une histoire de kidnapping a priori simple, le réalisateur construit un suspense complexe et haletant, où l’intrigue ne cesse de rebondir à chaque fois qu’on croit s’approcher du dénouement.

Pour autant rien de forcé, d’exagéré ou de caricatural dans cette sombre tragédie sous tension extrême qui confine à l’insoutenable dans certaines scènes et où les éléments s’emboîtent de façon crédible. En même temps, surfant sur l’ambiguïté morale et brassant des thèmes qui lui tiennent à cœur, Villeneuve oblige pose des questions dérangeantes sur la justice, la vengeance aveugle, la violence et sa justification qui transforment l’être humain en tortionnaire.

Dans leurs rôles de prisonniers de la peur et de l'angoissse, les comédiens ne sont évidemment pas étrangers à la grande qualité de l’opus. A commencer par Hugh Jackman, excellent en père désespéré prêt au piure pour sauver sa fille, ou Jake Gyllenhaal, en flic décalé, pas comme les autres et passant par tous les états d’âme.

Cette première incursion hollywoodienne n’a en tout cas pas laissé le public américain et canadien indifférent, Prisoners occupant la tête du box-office dès la fin de sa première semaine en salles. On évoque même un Oscar.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 9 octobre. 

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Cinéma: "La Vie d'Adèle", un chef d'oeuvre entaché d'une vaine polémique

3417754_6_f9d6_le-realisateur-franco-tunisien-abdellatif_7707ae00f353d4f4b8aaae343cddd052-530x353[1].jpgJe vous le disais déjà à l’issue de sa projection à Cannes, La vie d’Adèle-Chapitres 1 et 2 est un pur bonheur cinématographique, allié à l’émotion rare que procurent un auteur unique, Abellatif Kechiche, ainsi que des actrices sublimes, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. Cette dernière, la vraie star du film, s’était imposée comme la révélation de la Croisette en mai dernier.

En osmose totale, elles nous racontent la plus belle et la plus bouleversante des histoires d’amour au féminin, nous emportant par leur spontanéité et leur naturel. Il n’est pas dès lors étonnant qu’elles aient partagé la Palme d’Or avec leur réalisateur. Du jamais vu pourtant.

Mais ce chef d’œuvre est entaché d'une vaine polémique soulevée par les deux comédiennes. "Il ne devrait pas sortir, il a été trop sali. Je me suis senti déshonoré, humilié j’ai senti un rejet de ma personne que je vois comme une malédiction…"

Il y a deux semaines, le 24 septembre, Abdellatif Kechiche répondait ainsi dans Télérama aux griefs et jérémiades de Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. S’en prenant plutôt durement à la première, "née dans le coton", "pas capable d’entrer dans le rôle".

Tout et son contraire de la part des "victimes"... 

Et pour cause. Les deux actrices, plus particulièrement Léa Seydoux qui affirmait catégoriquement ne plus jamais vouloir travailler avec lui, dénonçaient dans un entretien au site américain Daily Beast les méthodes du "colérique" et "tyrannique" réalisateur, ses "cris", son "manque d’égards"  notamment dans les très difficiles scènes de sexe, bref des conditions "horribles" de tournage. A l’image des techniciens qui eux n’avaient pas attendus pour s’en ouvrir pareillement dans la presse dès le 23 mai.

3416501_6_3639_le-realisateur-abdellatif-kechiche-et-l-actrice_57b161ad0fcfb5f916d75f6e25fb2619[1].jpgCertes les jeunes femmes n’ont pas eu l'outrecuidance de nier le talent de Kechiche, mais leurs récents propos contrastent singulièrement non seulement avec leur joie immense d’être couronnées le 26 mai, mais surtout leurs louanges envers le cinéaste lors de la conférence de presse à Cannes. Elles déclaraient alors lui avoir fait don total de leur personne, lui témoignant une confiance aveugle et une grosse envie de collaborer avec lui…

Aujourd’hui elles tentent d’atténuer la portée de la controverse. Surtout Adèle Exarchopoulos. Ne voyant dans tout ça que des "conneries", elle prend désormais la défense de Kechiche, répétant en gros que c’est un génie. A l’instar de l’interview qu’elle a accordée au Journal du Dimanche le 6 octobre ou de ses commentaires dans l'émission Au Field de la nuit le lendemain.  

La découverte de la passion

C’est le moins qu’elle puisse faire, lorsqu’on considère l’excellence de La vie d’Adèle qui leur a permis en plus de décrocher cette Palme d’or tant convoitée. L’œuvre vous prend dès les premières images et ne vous lâche plus pendant trois heures filant à la vitesse de l’éclair.

Kechiche-Exarchopoulos-Seydoux. Un trio magique pour ce film librement inspiré de la bande dessinée de Julie Maroh, "Le bleu est une couleur chaude". On y suit Adèle, une jolie lycéenne de 17 ans, rêvant d’être institutrice. Férue de littérature, elle est exaltée par la lecture de La vie de Marianne, roman inachevé de Marivaux évoquant un déterminisme amoureux contre lequel on ne peut lutter.


La%20Vie%20d'Adèle_0[1].jpgAdèle flirte avec une camarade décomplexée, sort avec des garçons mais n’est pas très emballée par une brève aventure avec l’un d’eux. Sa vie bascule lorsqu’elle s’aventure dans un bar lesbien et rencontre Emma, une fille un peu plus âgée qu’elle. Etudiante aux Beaux-Arts, elle veut devenir une peintre connue. Adèle succombe follement à cette belle femme aux cheveux bleus qui lui fait découvrir la passion.


Terrassées, toutes deux se laissent emporter par l’ivresse et la violence irrépressible du désir qui culminent dans de sulfureuses et longues scènes de sexe filmées sans tabou ni pudeur au plus près de corps magnifiés, dont le côté sculptural fait oublier la nudité.

Coup de foudre, liaison, rupture

Que la relation soit homosexuelle n’est pas fondamental. Kechiche est plutôt dans l’interrogation des rapports amoureux. Par ailleurs, même si elles sont primordiales pour expliquer 'amour, l’erreur serait de ne retenir de l’histoire que les séquences puissamment excitantes.

Car ce coup de foudre qui se mue en liaison finit en rupture, Adèle dévastée provoquant son propre malheur par une trahison et un manque d’ambition. Une rupture qui est à la fois une fin et un commencement, une souffrance et un espoir, une expérience de vie, une façon de continuer à se construire et de s’affirmer pour cette adolescente ardente qui se cherche, se perd et se trouve.

Du Kechiche pur sucre

Un film purement kéchichien, toujours juste, vrai, sous tension érotique extrême, mais traitant également d’éducation, de savoir, de transmission, de vocation, de regard des autres, de choix de vie. Et de différence sociale générant une différence d’aspiration personnelle menant plus sûrement à la séparation qu’une homosexualité plus ou moins comprise ou tolérée par l’entourage.

A cet égard, l’opus réserve quelques moments joyeux, sinon irrésistibles, par exemple chez les parents de l’une ou de l’autre. Bobos intellos et affranchis pour Emma, prolétaires et pas au courant pour Adèle, obligée de présenter Emma comme une bonne copine lui faisant bosser sa philo…

Une raison supplémentaire pour aller voir ce bijou qui aurait pu rapporter un nouvel Oscar au cinéma français. Malheureusement, il ne pourra concourir dans la catégorie étrangère. Ce n’est pas dû à la pudibonderie de l’Académie mais à sa sortie trop tardive. On peut en revanche déjà lui promettre une pluie de Césars, meilleur film, meilleur réalisateur, meilleures actrices et peut-être même davantage...  

Pour Julie Maroh, il manquait des lesbiennes sur le plateau

Julie-Maroh-008[1].jpgLéa, Adèle et les ouvriers n'ont pas été les seuls à récriminer. Julie Maroh, L’auteur de la BD qui a inspiré le film a certes aimé ce "coup de maître". Mais si elle respecte la démarche "cohérente, justifiée, fluide" du réalisateur, elle lui reproche en revanche via son blog de n’avoir pas rendu les scènes de sexe assez réalistes.

Il lui semble clair qu’il manquait des lesbiennes sur le plateau. "Je ne connais pas les sources d'information du réalisateur et des actrices (qui jusqu'à preuve du contraire sont tous des hétéros) et je n'ai pas été consultée en amont... Excepté quelques passages, cela m’évoque un étalage brutal et chirurgical, démonstratif et froid de sexe dit lesbien qui tourne au porn et m’a mise très mal à l’aise… ", écrit-elle notamment. 
 
Le sexe au cinéma, un trucage comme les autres

On a beaucoup glosé sur les scènes "hot". Mais brisant le secret à Cannes, les deux protagonistes ont révélé qu’elles avaient des prothèses. Comme expliqué dans les Inrocks, il s’agit de minces tulles en silicone, obtenus à partir de moulages en plâtre du sexe recouverts de faux poils pubiens, puis repeints en différents tons de couleur chair pour que l’illusion soit la plus parfaite possible.

Comme quoi, pénis en latex ou doublés, vagin en silicone, le sexe au cinéma est un trucage comme les autres, relève le magazine. Reste qu’en l’occurrence, pour Adèle et Léa, il s’agissait d’une toute petite protection ne changeant rien à l’intensité de l’action.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 9 octobre.

 

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02/10/2013

Cinéma: "La bataille de Solférino", un chaudron sous tension

LA-BATAILLE-DE-SOLFERINO-laffiche-super-hardcore-du-film-de-Justine-Triet-39773[1].jpgDimanche 6 mai 2012, deuxième tour de l’élection  présidentielle française, qui a vu la victoire de François Hollande. Alors qu’une foule de militants de plus en plus dense et surchauffée se masse rue de Solférino devant le siège du PS et aux alentours en attendant les résultats, c’est le chaos chez Laetitia.

Ses deux petites filles poussent des hurlements stridents ininterrompus, son amant ne sait pas trop où se poser, Vincent son ex plutôt barge juste sorti de l’hôpital psychiatrique la harcèle en réclamant son droit de visite, elle le lui refuse, donnant des consignes strictes dans ce sens au baby-sitter lunaire déjà débordé. Tout cela en s’habillant pour aller au boulot. Car Laetitia, journaliste à i-Télé doit couvrir l’événement en direct.

Au fil du récit, fiction et réalité documentaire ne cessent de s’entremêler, chacune servant de pendant ou d’illustration à l’autre. Laetitia fait son job en tentant maladroitement de gérer son conflit personnel, dont les enfants sont devenues l’enjeu principal. On nage en pleine hystérie. Sinon à l’extrême-bord du gros pétage de plombs dans cette furieuse bataille qui évoque l’impossibilité de communiquer normalement. Mettant en parallèle le fossé entre les parents et la fracture nationale.

La bataille de Solférino, premier film sous tension constante, plein de bruit et de fureur, d’excitation et d’insultes est signé Justine Triet, réalisatrice issue des Beaux-Arts. Porté par de bons acteurs dont les deux principaux, Laetitia Dosch et Vincent Macaigne, il est quasi unanimement salué par la critique. On ferait de même si seulement ces deux insupportables gamines pouvaient arrêter de brailler cinq minutes. Surtout dans la première partie. Je sais cela fait partie de l’infernale cacophonie ambiante. Mais quand même, c’est à croire qu’on les maltraite…

Film à l’affiche aux Cinémas du Grütli à Genève dès mercredi 2 octobre. 

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Cinéma: "La confrérie des larmes" ... et l'envie d'en verser

CONFRERIE+DES+LARMES+PHOTO1[1].jpgAncien membre de la brigade criminelle au chômage à la suite d’un drame personnel, Gabriel, la trentaine, élève seul sa fille. Mais, criblé de dettes, il s'enfonce de plus en plus, jusqu’au jour où un ex-indic lui propose de transporter une mallette qu’il aura l’interdiction absolue d’ouvrir, en échange d‘un gros paquet d’euros.
 
Un contrat hyper louche, même si l’indic assure que l’affaire est on ne peut plus légale. C'est là que le scénario jusqu'ici relativement crédible, devient foireux. Car Gabriel, voyant un moyen de s'en sortir, veut croire au côté clean de l'affaire et s’en va livrer dans le monde ses petits colis, dont il ignore le contenu, à de richissimes commanditaires anonymes. Sauf que la curiosité finit par l’emporter. Et comme on le sait, elle peut être un vilain défaut aux conséquences désastreuses…
 
A l’image de Gabriel, le spectateur a évidemment envie de savoir ce qu’il y a dans la mallette. Mais c’est vraiment le seul élément qui le fait rester jusqu’au bout. De quoi le regretter d’ailleurs lors du dénouement ridicule de cette intrigue mal ficelée, où le réalisateur Jean-Baptiste  Andrea s’applique à multiplier les invraisemblances. Dommage surtout pour le comédien principal Jérémie Renier (Photo avec la jeune Mélusine Mayance), qu’on a connu beaucoup mieux inspiré dans ses choix de films.
 
"Eyjafjallajökull", une éruption de mauvais goût
 
le-volcan-dany-boon-affiche-poster-du-film[1].jpgEt pourtant, il y a nettement pire. Sous ce titre volontairement imprononçable, on découvre les péripéties plus qu’improbables d’Alain et Valérie, deux personnages aux antipodes l'un de l'autre qui se vouent une haine féroce depuis leur divorce. Mais ils vont hélas devoir faire route ensemble vers la Grèce pour se rendre au mariage de leur fille. La faute à l’éruption du fameux volcan islandais Eyjafjöll qui a bouché le ciel en 2010, clouant au sol des miliers d'avions.
 
Du coup on est réduit à suivre les tribulations du couple Dany Boon/Valérie Bonneton dans une traversée en voiture de l’Europe, où volent les insultes et pleuvent les coups bas. Une bonne idée a priori. Sauf qu’il ne faut pas cinq minutes pour découvrir l’exact contraire. Et voir le réalisateur Alexandre Coffre s’embourber dans le lourdingue, le laborieux, le pas drôle, la caricature, les clichés, le mauvais goût. Quant aux comédiens, on oublie. 

Bref un road-movie calamiteux au ton qui se veut décalé en prétendant éviter les niaiseries des comédies romantiques. Pathétique! Et dire que certains n’hésitent pas à évoquer New York-Miami de Capra, ou se livrent à de vagues comparaisons avec A la poursuite du diamant vert ou Forrest Gump. Franchement, étant donné la daube, il faut oser.

Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 2 octobre.

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01/10/2013

Cinéma: "Miele", ange dispensateur de mort douce

Miele-di-Valeria-Golino-5-motivi-per-vedere-il-film_h_partb[1].jpgPour sa première réalisation, la belle actrice italienne Valeria Golino s’est attaquée à un sujet aussi difficile, controversé que tabou: l’euthanasie. Sous son nom de code Miele, le titre du film, Irene que son père et son ami croient étudiante, aide en réalité clandestinement des gens en phase terminale à mourir dignement. En leur procurant à leur demande un puissant barbiturique vétérinaire qu’elle va acheter au Mexique.

Un jour, elle délivre une dose mortelle à un nouveau "client", un vieil intellectuel désabusé et très désagréable qu’elle découvre en bonne santé, mais qui veut quitter ce monde parce qu’il a perdu le goût de vivre. Irene va tout faire pour l’en empêcher. 

Le côté docu-dossier évacué, l’intérêt du film, adapté du roman d'Angela Del Fabbro, réside d’abord dans l’absence de manichéisme, de parti-pris, de discours politique ou moral sur le suicide médicalement assisté. Même si, à travers la relation qu’elle entretient avec ce bonhomme ronchon revenu de tout, Irene s’interroge forcément sur les limites de son "travail" d'ange dispensateur de mort douce.

Mais surtout, Valeria Godlno dresse un magnifique portrait de femme, moderne, envoûtante, mélancolique, triste, mystérieuse, adepte de la dépense physique. Un rôle sur mesure pour Jasmine Trinca (photo) découverte dans La chambre du fils et Nos plus belles années.  

Si on ajoute à sa prestation une mise en scène pleine de rigueur et de pudeur, Miele, sélectionné en mai dernier dans la section cannoise d’ Un Certain Regard se révèle, en dépit de quelques maladresses et longueurs, une jolie réussite.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 2 octobre.

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25/09/2013

Cinéma: des petits héros "Sur le chemin de l'école"

3478582_3_f68d_une-scene-du-film-documentaire-francais-de_167013e7c9cd8ff9f63031688a7ce5e4[1].jpgAvec ce documentaire, le Français Pascal Plisson nous emmène aux quatre coins de la planète pour nous faire découvrir des enfants qui, soutenus par leurs parents, ont en commun une incroyable soif d’apprendre. Mais pour eux le chemin des écoliers n’a rien à voir avec la définition qu’on lui donne généralement.

Certes il est long, mais il ne leur permet pas de flâner. Car c’est au prix de mille difficultés, dangers et autres embuches qu’ils doivent emprunter chaque jour des routes fréquentées par des bandits ou traverser le territoire des éléphants.

Qu'ils vivent en Inde, dans la savane kényane, les montagnes marocaines ou les plaines de Patagonie, ils sont en effet obligés de parcourir jusqu’à vingt kilomètres à pied, à cheval, voire en fauteuil roulant pour rallier leur école. Où on leur dispense ce précieux savoir dont dépendra plus tard leur indépendance, leur statut social.

La formidable volonté de ces petits héros, leur force de caractère impressionnent. On regrette pourtant l’excès visible de mise en scène qui a pour résultat de minimiser la portée de leurs efforts colossaux pour se lancer dans leur odyssée quotidienne. On admire en revanche sans réserve les magnifiques paysages au cœur desquels nous plonge le réalisateur.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 25 septembre.

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24/09/2013

Cinéma: "RUSH" fait revivre le duel entre Niki Lauda et James Hunt

A-glance-at-upcoming-Formula-One-film-Rush-Formula-1-news-179927[1].jpgA cette époque, la Formule 1 était fatale à beaucoup de pilotes, lui donnant un côté gladiateur s’apparentant presque à une guerre… relevait en substance le réalisateur Ron Howard, qui a consacré à ce sport son dernier film, RUSH. Pus précisément centré sur l'année 1976 qui restera dans les annales.

C’est celle de l’incroyable duel entre Niki Lauda et James Hunt. Tout opposait le pilote autrichien de Ferrari, réservé, méthodique, peu porté sur l’humour et pas très gâté par la nature à celui, atypique, de McLaren, play boy à cheveux longs issu de la haute bourgeoisie anglaise. Fêtard, buveur de bière, grand amateur de femmes, James Hunt aimait déambuler pieds nus, en jean usé et vieux T-shirt dans les paddocks.

Le film de Ron Howard suit l’affrontement entre ces deux hommes. Lauda, champion du monde en titre devance son adversaire de 31 points après neuf Grand Prix. Jusqu’au terrible accident du Nürburgring le 1er août 1976, où la Ferrari prend feu après avoir dévié de sa trajectoire et rebondi sur la piste. Aidé par trois pilotes Lauda parvient à s’extraire des flammes mais, grièvement blessé, reçoit l’extrême-onction.

C’est compter sans son indomptable volonté de guérir. Au prix de souffrances dont il est difficile d’imaginer l’intensité, il reprend le volant de sa monoplace six semaines seulement après le drame dont il portera à vie les stigmates. Ce fantastique retour relance à la fois le championnat et transforme le rapport entre les deux rivaux.  

Pour l’histoire, James Hunt coiffera la couronne de champion du monde ratée d’un petit point seulement par Niki Lauda sur abandon pour cause de pluie. Le Britannique mourra en 1993 d’une crise cardiaque. Il avait 46 ans.

Outre le côté spectaculaire, l'intérêt du film réside surtout dans sa grande fidélité aux événements de cette fameuse saison. On peut toutefois regretter le côté trop systématique du montage. Mais voilà qui ne dérangera sans doute pas les mordus de F1.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 25 septembre.

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Cinéma: "Blue Jasmine" de Woody Allen avec la magnifique Cate Blanchett

MV5BMjA3ODYwOTA4M15BMl5BanBnXkFtZTcwNzc3OTM3OQ@@._V1_SY100_CR25,0,100,100_[1].jpgUn nouveau Woody Allen est toujours attendu avec impatience et, à de rares exceptions près, le grand homme est toujours à la hauteur. A l’image de Blue Jasmine, une comédie dramatique légèrement teintée de polar, où il renoue avec les Etats-Unis après ses escapades parisienne et romaine.

Alors à la fac, Jasmine laisse tomber ses études pour épouser un businessman qui brasse des millions et mène la belle vie au fil d’un quotidien idyllique à ses yeux, peuplé de fêtes mondaines entre gens riches et célèbres. Jusqu’au jour où son mari, un escroc arrêté pour fraude par le FBI, se retrouve derrière les barreaux.

Jasmine perd tout et quitte Big Apple pour San Francisco. Habituée aux somptueuses résidences avec piscine, elle se retrouve dans le modeste trois pièces-cuisine de sa sœur adoptive Ginger, caissière de supermarché flanquée de deux enfants et d’un fiancé garagiste beaufissime. Petit à petit, maladroitement, dopée au xanax et au martini, Jasmine essaye de se reconstruire. Trouvant d’abord un job chez un dentiste, elle suit un cours d’informatique puis se lance dans une tentative apparemment fructueuse de décoratrice d’intérieur... 
 
On ne peut certes pas prétendre que l’intrigue, construite en flash backs, soitr d’une originalité folle. Et pourtant Woody Allen parvient à nous séduire par l’intelligence du texte, des dialogues, par sa manière subtile et humoristique de faire, d’amener les choses, de provoquer les situations. A en oublier quelques scènes inutiles au bon déroulement de l’histoire.  

Il faut reconnaître que le réalisateur est à son habitude bien aidé par ses comédiens. A commencer par Cate Blanchett (photo), son atout maître. Elle se révèle vraiment excellente dans le rôle, pas loin d’être son meilleur, de cette femme dont il dresse un portrait peu flatteur sur le plan moral, mais aussi parfois physique.  

Evoluant jadis parmi les happy few de la haute société newyorkaise, on la voit soudain confrontée à l’inanité de son existence, fauchée, désespérée, enlaidie et en pleine névrose. En sœur heureuse,  naïve, touchante, drôle, exaspérante et un rien ingrate, Sally Hawkins, son exact contraire, se montre également parfaite. Tout comme le plutôt surprenant Alec Baldwin. 

Film à l’affiche dès mercredi 25 septembre

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