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Sorties de la Semaine - Page 59

  • Cinéma: Benoît Poelvoorde en rajoute dans "Les rayures du zèbre"

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    photo-Les-Rayures-du-zebre-2013-1[1].jpgAgent de footballeurs vulgaire, gouailleur, raciste et mafieux sur les bords, José se rend régulièrement en Afrique pour recruter des joueurs prometteurs. Dans une mauvaise passe financière lors de son dernier déplacement, il repère Yaya, un surdoué du crampon qui devrait lui permettre de se refaire.

    Contrairement à ce qu’on pourrait penser, Les rayures du zèbre n’est pas un film pour fans de foot. S'il en est question, c'est avant tout pour en relever le côté business. Il met l'accent sur l'argent facile, propre à attirer de jeunes Noirs démunis et prêts à tout dans l’espoir de quitter leurs bidonvilles sordides pour évoluer dans des clubs prestigieux.
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    Le ballon rond sert également de prétexte au réalisateur pour creuser dans ce contexte les difficiles rapports entre l’Europe et le continent africain. L'opus se veut ainsi grinçant, sinon brutal et féroce dans ce qui s’apparente à du maquignonnage néocolonialiste. L’ensemble est porté par un Benoît Poelvoorde plus beauf que jamais, exhibant son gros bide et sa chaîne en or, se payant de grands hôtels pour y baiser des pute et forçant outrageusement sur l’accent belge. Tout en cherchant à se rendre sympathique.

    Malheureusement le but n’est qu’à moitié atteint par Benoît Mariage. Virant au lourdingue et à la caricature, sa tragicomédie est non seulement parasitée par des scènes totalement inutiles qui la font traîner en longueur, mais tombe dans le mélodrame laborieusement appuyé lorsque Yaya réalise enfin son rêve en débarquant chez les Zèbres de Charleroi. Les vrais en plus.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 5 février.

     

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  • Cinéma: "Jack et la mécanique du coeur", avec la voix d'Olivia Ruiz

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    top_home_image[1].jpgIl a fallu six ans pour que ce film d’animation, coréalisé par Stéphane Berla et Mathias Malzieu, le leader du groupe Dionysos, arrive sur grand écran. Il raconte l’histoire de Jack, né le jour le plus froid du monde à Edimbourg en 1874, avec un cœur gelé, remplacé par une horloge mécanique.

    Ce bricolage magique lui permet de vivre s’il respecte impérativement trois conditions. Ne pas toucher à ses aiguilles, maîtriser sa colère et ne jamais tomber amoureux.

    Sauf que le coeur  a ses raisons… Tout se passe bien jusqu’au jour où il rencontre Mis Acacia, une jolie chanteuse de rue. C’est le coup de foudre. Mais Miss Acacia s’en va. Ignorant l’affolement de ses aiguilles, Jack est prêt à tout pour la retrouver. Sa quête le mènera de l’Ecosse en Andalousie en passant par Paris.

    Mêlant nouvelles technologies et côté artisanal, Jack et la mécanique du cœur, inspiré du livre éponyme de Mathias Malzieu et de l’album de Dionysos dont toutes les chansons sont extraites, révèle un univers poétique rappelant celui de Tim Burton. Avec des références à Méliès, pionnier des effets spéciaux. Outre la musique, on relèvera surtout l’aspect visuel soigné de cette fable fantaisiste. Bien que simpliste, elle touche néanmoins en abordant des thèmes comme l’amour, la différence, le harcèlement, la séparation ou la mort.

    A côté de Grand Corps Malade, Jean Rochefort, Mathias Malzieu (Jack), son ex-compagne Olivia Ruiz prête sa voix à Miss Acacia, qui n’est autre que son double fictif. Et pour cause. Le réalisateur a puisé dans leur relation pour donner vie à son personnage. Olivia a aussi influencé son look, sa gestuelle et, comme elle, n’y  voit pas à deux mètres. Mais ce n’était pas gagné pour autant. Alors qu’elle attendait des indications, Mathias lui a seulement dit d’être elle-même. Une situation des plus difficile à affronter... 

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 5 février.

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  • Cinéma: "Viva la Liberta" ravive la comédie politique à l'italienne

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    viva-la-libertà-poster[1].pngAvec cette comédie à l’italienne mêlée de satire politique, l’écrivain et réalisateur Roberto Ando porte à l‘écran son roman Le trône vide qui a connu un gros succès lors de sa publication en 2012. Il raconte les aventures d'Enrico Oliveri, secrétaire général de l’opposition qui s'inquiète des sondages le donnant perdant.

    Dépressif, il disparaît en laissant une note laconique qui provoque la panique au sein du parti. Il faut absolument trouver une solution. Elle passe par son jumeau Giovanni, philosophe excentrique et bipolaire qui prendra sa place. Dans les deux rôles on découvre l’irrésistible Toni Servillo. Il a largement contribué à la réussite du film, très bien reçu en Italie et qui a glané de nombreux prix dans les festivals. A noter également la présence de Valeria Bruni Tedeschi.

    Roberto Ando, qui s’amuse autour du thème classique du double, confronte l’animal politique enfermé dans des propos vides et stéréotypés à l’orateur farfelu qui sait galvaniser les foules par son côté brillamment novateur. Improvisant des discours aussi originaux que spontanés, il redonne ainsi de l’’espoir à l’électorat.

    Mais au-delà d’un comique souvent jubilatoire où les jumeaux représentent la réalité et la fiction, le réalisateur, tout en ravivant un genre moribond, prends le pouls de la situation en Italie et hors les murs. Il dresse un constat navrant de l’état des différents partis dans nos démocraties, flanqués de leaders incompétents, incapables de mobiliser les gens en l’absence de projets fédérateurs.

    Roberto%20Ando[1].jpgDe passage à Genève, Roberto Ando évoque le côté schizophrène entre la littérature et le cinéma qui la trahit forcément. Mais surtout il nous en dit plus sur sa volonté d’ausculter le monde italien en donnant à son film une tournure qui correspond à "quelque chose de romanesque chez l’homme d’état d’aujourd’hui".

    Par ailleurs pour lui, rien de nouveau sous le soleil, la politique qui a découvert qu’elle n’avait plus le pouvoir, vit une évidente crise d’identité. "Elle se manifeste davantage au sein de la gauche, dans la mesure où la droite reste liée à des  valeurs qui n’ont pas changé. Mais il existe aussi une crise du langage qui est en principe un antidote à la démagogie. Le problème de la politique, c’est une parole privée de vérité. Et Giovanni le philosophe est honnête avec les mots, d’où son succès lors de ses apparitions en public, contrairement à son frère".

    Roberto Ando parle bien sûr de Toni Servillo qui, pour la troisième fois, enfile le costume d’un politicien italien à l’écran. Dont Giulio Andreotti (sept fois président du Conseil) dans Il Divo. Viva la liberta ne se serait pas fait sans le comédien qui squatte actuellement pratiquement tous les films avec des personnages entre 50 et 70 ans.

    "Avoir l’acteur est lié à la réalisation du film. Raison pour laquelle Toni Servillo était incontournable avec son intelligence et sa rigueur. Il a amené un visage et une façon de jouer d’une dimension réaliste tout en nous emmenant dans un territoire mental". 

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 5 février.


     

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  • Cinéma: "Jacky au royaume des filles", trop potache pour convaincre

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    images[11].jpgBédéaste passé avec succès derrière la caméra grâce à son teen-movie Les beaux gosses en 2010, Riad Sattouf remet le couvert avec Jacky au royaume des filles. Il s’amuse à inverser les rôles dans une audacieuse permutation des genres.

    Nous sommes dans un pays imaginaire, la République démocratique et populaire de Bubunne, où règnent la tyrannie et le culte de la personnalité. Les femmes, qui collectionnent les maris, portent la culotte en l’occurrence militaire, et les hommes la burqa.Tout en étant dévolus aux tâches ménagères sous la férule de ces viragos revêches.

    Parmi eux Jacky (Vincent Lacoste, photo), un garçon de 20 ans naïf, gentil, timide et très courtisé, mais qui nourrit le fantasme, comme n’importe quel célibataire de la dictature, d’épouser la colonnelle (Charlotte Gainsbourg), fille de la générale (Anémone).

    L’affaire pourrait être conclue lors du grand bal qu’organise cette dernière pour trouver un mari à l’héritière du trône. Mais c’est compter sans les visées perverses de la famille adoptive de Jacky. Déterminée à lui briser son rêve, elle lui vole son précieux sésame d’entrée à la cérémonie. Le jeune homme se déguise alors en fille pour s’introduire dans la place et séduire la dame de son cœur.

    Au départ une excellente idée, avec quelques inventions amusantes dont l’étrange langage pratiqué par les habitants de Bubunne, ou l’infâme bouillie tout droit sortie des robinets qui leur sert de nourriture quotidienne.

    Mais ce film à grande ambition politique et qui se veut transgressif, n’en rate pas moins son objectif. En multipliant les gags lourdingues et pas drôles, Riad Sattouf se condamne à la farce bien trop potache pour prétendre à la critique virulente que sous-tend son propos subversif.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 29 janvier

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  • Cinéma: Avec "Nyphomaniac", Lars Von Trier met Charlotte Gainsbourg sur le divan...

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    1389279275079_0570x0367_1389279305170[1].pngLe plus souvent au cinéma, le cul attire autant qu’il déçoit. Mais voilà qui n’était pas pour décourager Lars Von Trier, bien au contraire. Après avoir commencé, dans un premier volume, par retracer le parcours érotique d’une nymphomane autoproclamée de sa naissance à la cinquantaine, le provocant Danois propose la suite de son odyssée sexuelle.  

    Petit rappel. Lors d’une froide soirée d’hiver, Seligman, un vieux et charmant célibataire endurci, découvre Joe dans une ruelle. A demi-consciente, elle a été méchamment passée à tabac. Seligman la ramène chez lui, la soigne et Joe se confesse à lui, racontant sa quête ardue sinon impossible de jouissance à travers diverses expériences qui en feront une sexual addict.

    Et cela au fil de cinq chapitres se voulant sulfureusement subversifs et de quelques parties labellisées pornos pour titiller le spectateur. Au final, un film à prétention littéraire contrastant avec un vide métaphysico-spirituel, où Lars  Von Trier joue au psy un rien pervers. Histoire de se maintenir à hauteur de sa vénéneuse réputation.

    Il s’ensuit un curieux dialogue. Par exemple la stratégie de la séduction s’apparente à la pêche à la mouche, passion à laquelle s’adonne Seligman,  son sauveur  philosophe. Une démonstration plombante à la longue, ne menant pas à grand-chose à part distiller un certain ennui et à nous dire que le sexe est aussi triste que coupable.

    Le  constat ne change pas fondamentalement dans le second volume et la suite des confidences, toujours délivrées sur le ton doucereux et envoûtant de notre nympho (mytho ?) maniaque à la recherche frénétique du plaisir. On y voit Jerôme pousser Joe à se lancer dans des aventures extraconjugales pour tenter d’assurer la durée de leur couple. Car vivre avec une nymphomane exige de la ressource. Elle est même comparée à un tigre qu’il faut savoir nourrir. 

    nymphomaniac[1].jpgEt Joe, devenue mère entretemps, d’en profiter pour tenter d’éteindre son inextinguible soif de sexe, négligeant ainsi évidemment son enfant. Un prétexte pour le réalisateur, outre de culpabiliser son héroïne, de nous la montrer dans d'interminrvles et complaisantes séquences sado-masos, ou en compagnie de deux Noirs dans une sorte de grotesque farce théâtrale...

    Avec à la clé la remarque selon laquelle une femme qui dit ne pas avoir envie de coucher avec un Noir ment. Sans oublier l’évocation douteuse sur le mérite, voire la souffrance de pédophiles qui ne passent pas à l’acte. On notera en revanche un étrange plaidoyer féministe vers la fin. Encore qu’avec le misogyne Lars Von Trier on ne sache pas vraiment si c’est du lard ou du cochon…

    En dépit de ses aspects lourdingues et caricaturaux, d’un dénouement improbable quoiqu’un peu attendu, tout n’est pas à jeter dans cet opus où le cinéaste mêle le beau et le sordide, la noirceur et la solitude, l’angoisse et la branlette, l’intime et le transgressif. Le tout sur fond d’amour inassouvi et d'envie de rédemption.  

    Dans ce (très) long-métrage en deux parties, amputé de plus d'une heure que seuls les festivaliers verront à Berlin, on a l’impression que l’auteur s’invite pour prouver des choses ou régler des comptes. Notamment lorsqu’il insiste sur les origines juives de Seligman le confesseur, sur la différence entre l’antisémitisme et l’antisionisme (on se rappelle sa sortie sur Hitler à Cannes), ou quand il pousse Joe à donner son avis  sur le mot  "nègre".

    Reste le casting, qui emporte une certaine adhésion à l'ensemble. Aux côtés de la troublante et fragile Charlotte Gainsbourg , victime fascinante qui séduit par son charme magnétique, on trouve  Stellan Skarsgard en vieux célibataire apparemment  asexué, ainsi que la talentueuse Stacy Martin en  Joe  jeune  formant couple avec Shia Laboeuf. A souligner que ce dernier avait tellement envie d’en être qu’il avait envoyé une sextape au cinéaste pour décrocher un rôle.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès  mercredi 29 janvier.  

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  • Cinéma: "12 Years A Slave" revisite l'Amérique esclavagiste

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    rs_1024x759-131009113736-1024.4.12-Years-Slave.ls.10913_copy[1].jpgAprès Hunger mettant en scène l’agonie du républicain irlandais Bobby Sands, Shame explorant les tourments d'un séduisant sexe addict, le talentueux Steve Mc Queen change encore de registre. Et provoque le malaise en obligeant l’Amérique à regarder son histoire en face en se penchant sur l’esclavagisme odieux qui régnait au 19e siécle. 

    12 Years A Slave, l'un des grands favoris aux Oscars avec neuf nominations raconte le tragique destin de  Solomon Northup. Nous sommes en 1841. Vivant libre et respecté à New York avec sa petite famille, il est engagé un jour par un cirque ambulant pour jouer du violon dans un spectacle de passage à Washington.

    Soulé et enlevé, le malheureux se réveille le lendemain avec des chaînes aux pieds. enchaîné. avec une gueule de bois. Sauvagement battu, il est déporté vers le sud et vendu au très cruel propriétaire d’une plantation de coton en Louisiane. Qui, à l’instar de ses autres esclaves, le considère comme une bête de somme. 

    Adapté des mémoires du vrai Solomon Northup, le film montre aussi bien les conditions inhumaines dans lesquelles vivaient ces victimes de la violence aveugle des Blancs que leur difficile et incessant combat pour reconquérir leur liberté.

    Un opus ample, intense, rigoureux et puissant sur la résistance à l’injustice et à la torture, qui frise parfois la complaisance en s’attardant longuement sur certaines scènes d’une rare brutalité pour mieux coller à la vérité du sujet. Mais qui réussit le plus souvent à transmettre une vraie et vive émotion en évitant habilement le piège de la mièvrerie et des bons sentiments que pouvaient susciter une histoire aussi dramatique.

    12 Years A Slave est porté par de formidables comédiens qui contribuent évidemment à sa réussite, dont l’excellent Chiwetel Ejiofor et Michael Fassbender (photo) dans le rôle du maître sadique de la plantation, devenu en trois films l’acteur fétiche du réalisateur. On y croise aussi dans des rôles secondaires Benedict Cumberbatch, Paul Giamatti ou encore Brad Pitt, très engagé dans l’affaire puisqu’il en est l’un des producteurs.

    Film à l'affiche dans les salles romandes depuis mercredi 23 janvier.   


     

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  • Cinéma: "Transperceneige" évoque une lutte des classes post-apocalyptique. Lourd

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    Nous sommes en 2031, dans une ambiance de fin du monde. Dix-sept ans auparavant, l’humanité a été pratiquement anéantie lors d’une catastrophe écologique et ses derniers représentants vivent dans un train, tournant autour d’’une terre réduite à une vaste étendue gelée.

    Avec Transperceneige, adaptation de la BD française éponyme de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette datant de 193, le Sud-Coréen Bong Joon-ho, aimant varier les plaisirs comme le prouvent The Host ou Mother, retrouve la science-fiction, genre qu’il avait brièvement exploré dans le tryptique Tokyo en compagnie de Michel Gondry et Léos Carax. 

    A bord de ce train perpétuellement en mouvement sur les mêmes rails, se joue un terrifiant combat entre pauvres entassés à l’arrière dans l’obscurité et riches se vautrant dans le luxe à l’avant. Chaque wagon représente ainsi une étape à franchir, prétexte à de nombreux rebondissements, pour passer de l’ombre à la lumière. Et surtout d’atteindre et de renverser l’ignoble dictateur, profitant de cette abominable lutte des classes pour tirer les ficelles et régner sans partage.

    Entre deux tueries sanglantes, la révolte jusqu’au-boutiste est menée par un personnage charismatique joué par Chris Evans. Opposant les esclaves désarmés à la redoutable milice du tyran, elle conduira jusqu’à l‘inévitable et lourdement symbolique déraillement du convoi.

    Au-delà de somptueux paysages neigeux d’un blanc immaculé et de décors joliment colorés pour illustrer l’univers paradisiaque des nantis, rien de bien nouveau dans cette fable métaphysico-politique, odyssée post-apocalyptique en forme de métaphore d’une humanité aux mains d’une force brutale et ultra-répressive. Où apparaissent, aux côtés de Chris Evans, Ed Harris et une méconnaissable Tilda Swinton.

    Dans la distribution de "nourriture" aux laissés-pour-compte, Bong Joon-ho fait même sans vergogne un emprunt à Soleil vert de Richard Fleischer (1973), où une population miséreuse, faute de ressources naturelles, était contrainte d'ingurgiter une mystérieuse pastille avant d’en découvrir l’effroyable source…

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 janvier.

     

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  • Cinéma: "Mary Queen Of Scots", héroïne moderne et passionnée

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    1176941_Mary-Queen-of-Scots[1].jpgDans son dernier film un peu atypique, Thomas Imbach, s’inspirant d’une biographie de Stefan Zweig parue en 1935, se penche sur le destin de Marie Stuart. Fascinante souveraine, elle est plongée dans un seizième siècle tumultueux, marqué par de violentes luttes de pouvoir entre les maisons royales d’Europe et les religions.

    Le réalisateur suisse brosse un portrait très personnel et intéressant de cette femme hors du commun, qui perdit trois royaumes, trois maris et… la tête. Reine d’Ecosse à sa naissance, Marie a émigré à l’âge de six ans en France, dont elle coiffe la couronne avant de s’en voir dépossédée à la mort précoce du roi François. Elle rentre alors dans une Ecosse ravagée par la guerre, épouse Lord Darnley qu’elle fait assassiner, puis lord Bothwell l’amour de sa vie. 

    Rejetée par tous, elle demande de l’aide à sa cousine Elisabeth, qu’elle a toujours considérée comme une sœur jumelle à laquelle elle pouvait se confier. Mais Marie a n’a cessé de représenter, avec ses prétentions légitimes au trône anglais, un danger pour Elisabeth qui la fit enfermer pendant dix-neuf ans fans ses appartements, puis décapiter. 

    Dans un monde dominé par les hommes, Thomas Imbach propose l’image d’une Marie anticonformiste, indépendante, à la fois naïve et idéaliste, refusant farouchement de se soumettre aux conventions ou aux règles de la société. Mue par la passion, elle n’obéit qu’à sa loi intérieure. Cette héroïne moderne est incarnée par une convaincante Camille Rutherford, actrice puissante et bilingue.

    Le cinéaste, qui a notamment tourné au château de Chillon, séduit par ailleurs en se concentrant sur l’échange de lettres entre ces deux reines, deux rivales, deux "lionnes" qui ne se sont jamais rencontrées. Il donne ainsi une touche littéraire originale à sa Mary Queen Of Scots, tout en évitant le piège de la reconstitution souvent empesée dans le film en costumes.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 15 janvier.

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  • Cinéma: "Yves Saint Laurent", un biopic qui craque aux coutures...

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    guillaume-gallienne-yves-saint-laurent[1].jpgLa vie du célèbre couturier, mort en 2008, ne semblait pas inspirer les cinéastes. Et voici que soudain, elle est portée par deux fois à l’écran, provoquant depuis deux ans une  "bataille des Saint Laurent". Avec un premier opus à l’affiche signé par Jalil Lespert, et un autre par Bertrand Bonello, actuellement en cours de montage.

    Dans son biopic, Lespert nous emmène à Paris en 1957. Yves Saint Laurent, 21 ans seulement, succède à Christian Dior récemment décédé. Lors de son premier défilé, un triomphe, il rencontre l'entrepreneur  et patron des arts Pierre Bergé. Devenus amants et partenaires en affaires, les deux hommes créent trois ans plus tard la société YSL.

    Pour incarner ses héros (photo), le réalisateur a choisi le comédien Pierre Niney, hallucinant et troublant de ressemblance avec le grand couturier, tandis que le talentueux Guillaume Galienne, nouvelle figure incontournable de la pellicule française, se coule dans le costume de Pierre Bergé. Bluffante, leur excellente interprétation constitue le grand atout de l’opus, sinon le seul.

    Yves Saint Laurent, un film d’acteurs donc, devant lesquels le réalisateur est contraint de s'effacer par manque d'envergure. Sous couvert d’une intense et poignante histoire d’amour de cinquante ans entre deux personnalités diamétralement opposées, et au delà d’une reconstitution du climat de la France des années 60, Jalil Lespert a concocté une oeuvre sans souffle, sans rythme, dont les coutures craquent. 

    A-still-from-the-new-Yves-Saint-Laurent-movie-2014[1].jpgQui s’intéresse à YSL n’apprend rien, qui ne le connaît pas ne peut mesurer l’importance de cet artiste qui, par son génie novateur, a révolutionné pour toujours le monde de la mode. Par ailleurs, tout en le réduisant à un créateur toxicomane, obsessionnel et dépressif, il peine à illustrer la souffrance et la déchéance d’un homme torturé, en proie à ses démons intérieurs.

    Cette réserve, ce côté lisse en dépit de quelques scènes intimistes entre les amants qu’il veut érotiques et tendues, mais qui frisent parfois le ridicule, n’ont en réalité rien d’étonnant. Lespert a en effet reçu l’aval de Bergé, à qui il a donné le beau rôle. Pour le remercier en somme de lui avoir permis l’accès à l’atelier et le droit d’utiliser modèles de robes et dessins originaux. Un précieux soutien qu’il exploite hélas très mal.

    Pour mieux cerner la douloureuse part d’ombre d’YSL, il faudra peut-être attendre l’adaptation de Bertrand Bonello, s’annonçant en principe plus sulfureuse, voire scandaleuse. Elle n’a pas l’approbation du mécène, très en colère de ne pas avoir été consulté au préalable. Il faut savoir que ce dernier détient le droit moral sur l’œuvre d’YSL, son image et la sienne propre.

    L’auteur de L’Apollonide s’est plus particulièrement penché sur la période 1965-1976, pour montrer un homme professionnellement au sommet de sa gloire et de son art, mais qui, victime de ses tourments existentiels, va tomber sur le plan personnel. Cette version devrait sortir le 14 mai, jour de l’ouverture  du 67e Festival de Cannes. Simple coïncidence ?

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 15 janvier.

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  • Cinéma: "Fruitvale Station" révèle un cinéaste et un acteur

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    fruitvale-station-de-ryan-coogler,M111027[1].jpgDe Sundance à Deauville en passant par Cannes dans Un Certain Regard, le premier film de Ryan Coogler, 27 ans, a trusté les récompenses. Un engouement  dont a également profité son acteur principal Michael B. Jordan.

    Au matin du 1er janvier 2009, Oscar Grant, 22 ans, croise des policiers dans la station de métro Fruitvale de San Francisco. L’opus raconte les vingt-quatre heures précédant cette rencontre qui furent aussi les dernières du jeune homme, victime d’une funeste bavure.

    Suite à un séjour en prison, Oscar revient dans sa famille, plus que décidé à marcher droit désormais. Bien qu’au chômage, il renonce à la vente de stupéfiants, bousille même volontairement un éros un paquet de cannabis et tente d’avancer dans la vie.

    Après avoir fêté l’anniversaire de sa mère, Oscar, sa copine et une bande de potes prennent le train pour participer aux célébrations du nouvel an. Une bagarre entre un ancien codétenu provoque alors une intervention musclée des flics.

    C’est d’ailleurs par cette scène que s’ouvre Fruitvale Station, où le réalisateur mêle des images de fiction à celles prises par un témoin avec son téléphone portable. Elles montrent l’interpellation brutale d’un groupe de jeunes Noirs par les forces de l’ordre jusqu’au moment où le drame éclate. Alors qu’Oscar est maintenu face contre terre, un policier l’abat d’une balle dans le dos. Une scène terrible, révoltante, portée au grand jour.

    Et d’autant plus bouleversante que le cinéaste brosse le portrait d’un garçon attachant qui dealait parce qu’il était sans emploi et qui s’efforçait de se racheter une conduite, notamment par amour pour sa petite fille, comme en témoigne la touchante photo ci-dessus. Certes Oscar, tombeur à l’occasion, glandait aussi pas mal. Mais finalement s’était un un type bien, un innocent qui ne méritait pas une telle fin.

    Ryan Coogler propose ainsi, quatre ans après, la reconstitution de ce fait divers tragique en hommage à Oscar Grant. On lui reprochera toutefois de rester dans le domaine du poignant, de l’émotion pure, des bons sentiments et du manichéisme. 

    Par ailleurs, il se contente d’évoquer l'état d'une société américaine toujours aussi inégalitaire et ségrégationniste, au lieu de se livrer à une vraie réflexion politico-sociale sur le sujet. D’où, en dépit d'une bonne interprétation, une certaine perplexité face à l’enthousiasme parfois délirant que l’opus, se voulant engagé mais en fait peu original, a provoqué.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 8 janvier.

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