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Sorties de la Semaine - Page 57

  • Cinéma: "3 Days To Kill", mauvais choix de Kevin Costner pour son retour

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    MV5BMzM0MjE0Nzg1N15BMl5BanBnXkFtZTgwODA4ODE4MDE@._V1_SY317_CR0,0,214,317_[1].jpgAtteint d’un cancer en phase terminale, Ethan Renner est déterminé à renoncer à sa vie dangereuse d’agent secret dans le but de se rapprocher d’une femme et d’une fille vivant à Paris et qu'il a sacrifiées pour son métier.  

    Mais il ne peut faire autrement que d’accepter une dernière mission, en échange de laquelle il aura droit à un traitement expérimental devant en principe allonger son espérance de vie. Il va donc mener de front deux combats titanesques : traquer un redoutable terroriste et regagner l’amour de sa fille, une adolescente rebelle  qu’i n’a pas revue depuis dix ans. Tout en luttant contre les effets hallucinatoires et pervers du médicament miracle.

    Le film signé McG, écrit et produit par Luc Besson, marque le retour de Kevin Costner en tête d’affiche. Le comédien, plutôt en forme, aurait pourtant été bien inspiré de jeter son dévolu sur un opus mieux ficelé que ce film d’action laborieux au scénario ridicule et affligeant, mêlant courses poursuites qui se veulent explosives et courses tranquilles  au marché du coin pour préparer le dîner familial.  Si on ajoute quelques plans touristiques, une louche de bons sentiments et de clichés, un zeste de social et une femme fatale, on atteint des sommets dans le grotesque.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès le 19 mars.

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  • Cinéma: "Wrong Cops", une nouvelle comédie barge de Quentin Dupieux

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    wrong_cops__span[1].pngQuentin Dupieux, par ailleurs DJ connu sous le nom de Mr Oizo dans le monde de la musique, est aussi une sorte de gourou de celui de la pellicule. Ses fans forment pour ainsi dire une secte, encensant frénétiquement ses œuvres complètement barrées. A ce jour il en a commis sept du genre, dont quatre longs-métrages. On citera «Steak» où Georges, souffre-douleur de ses camarades de classe, craque et les mitraille et «Rubber», l’histoire démente d’un pneu psychopathe.

    Là, il propose une comédie encore plus déjantée que d’ordinaire intitulée «Wrong Cops» et se déroulant dans une petite ville de Californie. Un film à sketches parti d’un court, qui laisse découvrir des flics dérangés, obscènes, corrompus jusqu’à la moelle et au comportement malsain qui patrouillent dans les rues.

    Le plus dingue (l’Américain Mark Burnham) deale de l’herbe cachée dans des rats et des poissons morts. Se piquant d’être mélomane, il terrorise ceux qu’il croise et notamment un ado attardé et introverti (Marilyn Manson) sous prétexte de lui apprendre ce qu’est la bonne musique (photo).

    Ses collègues, caricatures de crapules, sont à la hauteur. Il y a un obsédé sexuel qui harcèle les filles pour qu’elles lui montrent leurs seins, un loser borgne et frustré (Eric Judor, le pote de Ramzy) se rêvant future star de l’électro, un lâche particulièrement débile cherchant à se débarrasser d’un vieux quasiment réduit à l’état de cadavre. Sans oublier une fliquette blondasse du genre pétasse, adepte du chantage.

    Du néant sanpoudré de réalisme

    En résumé des keufs peu portés sur la défense de la loi, mais dictant la leur. Ce petit monde fortement alcoolisé se retrouve finalement au cimetière et fait la fête en dansant sur les tombes pour rendre hommage à un pote décédé. «Putain, quelle bombe !» Peut-on notamment lire sous la plume d’un internaute, résumant le plaisir fou pris par d’autres inconditionnels.

    N’en déplaise aux passionnés, Quentin Dupieux qui se veut délirant en imaginant un univers glauque et décalé dans une ambiance rétro, déçoit. On relèvera surtout un grand néant artistique que l’auteur, envoyant valser tous les tabous, n’épargnant rien ni personne, des gays aux handicapés en passant par la morale et l’autorité, saupoudre étonnamment d’une pointe de réalisme. «C’est un regard léger sur les misères de nos sociétés, un regard attendri et méprisant sur l’être humain», remarque- t-il.

    Côté musique, élément essentiel dans ses films et ici omniprésente, on n’atteint pas non plus des sommets. Explication de l’intéressé: "Le film est délibérément bête, donc je pouvais utiliser ma musique de dégénéré sans que ça l’abîme..." On salue bien bas une telle lucidité.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 mars.  

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  • Cinéma: "La Cour de Babel", une grande leçon du vivre ensemble dans la différence

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    images[2].jpgIls s’appellent Kessa, Eduardo, Oksana, Xin, Djenabou, Marko, Andromeda. Venus d’Irlande, du Brésil, de Tunisie, de Serbie, du Sénégal, de Chine, du Vénézuéla, de Mauritanie,  ils débarquent dans l’Hexagone et sont réunis dans une classe d’accueil pour apprendre le français, important vecteur d'intégration,  avant de rejoindre un école classique. 

    Pendant un an, Julie Bertuccelli a filmé avec sensibilité, honnêteté et respect, sans voix off ni commentaire,  les échanges, les états d’âme, les conflits, les bonheurs, la solidarité, la curiosité de ces collégiens déracinés, aux âges délicats entre  11 à 15 ans. Cela donne une Cour de Babel en forme de leçon de vie, de parcours initiatique, d’ode à la différence, à la tolérance, au vivre ensemble, tout en prônant les vertus du métissage, de la mixité, du pluriculturalisme.

    C’est un documentaire utile, instructif, émouvant, une chronique de l’immigration originale à l’image du devenir de nos sociétés, dans lequel  l’auteur a pris l’option de l’unité de lieu et d’action en restant dans l’école. Elle ne suit pas les élèves chez eux pour éventuellement montrer leur cadre de vie. On découvre leurs proches au gré d’entretiens de ces derniers avec la prof pour discuter des progrès ou non des intéressés.  

    Un film né au hasard d’une rencontre

    357888_866099_295086[1].jpg"Les problèmes des étrangers me tiennent à cœur", explique Julie Bertuccelli à qui l’on doit notamment Depuis qu Otar est parti, César du premier film ou encore The Tree, avec Charlotte Gainsbourg.

    De passage à Genève, elle évoque cette Cour de Babel, née au hasard d’une rencontre au Festival du film scolaire où elle officiait comme jury. "J’en ai vu plein, dont celui, un vrai coup de cœur, de cette classe d’accueil destinée à favoriser l’intégration que j’ai découverte à cette occasion. Tout comme l’enseignante  Brigitte Cervoni, une femme généreuse, très pédagogue et investie dans son travail" . 

    Avide de voir comment les choses se passaient, la cinéaste va la retrouver et, alors qu’elle pensait visiter d’autres classes du genre (il en existe notamment 800 à Paris), pour explorer un dispositif dont elle ignorait tout, elle tombe sous le charme de ces vingt-deux ados en provenance de vingt pays. Et  décide de ne pas attendre pour poser sa caméra, à laquelle ses "protagonistes" se sont rapidement habitués. Elle tournera dans ce collège parisien pendant un an, entre 2011 et 2012, à raison de deux jours par semaine. Simplement accompagnée d’un ingénieur du son.

    "Ce qui m’intéressait avant tout c’était de montrer l’être humain dans son rapport à l’autre", raconte Julie Bertucccelli. "Comment on perçoit et on s'arrange avec ceux qui viennent d’un pays, d’un milieu social différent, qui ne pratiquent pas la même religion, qui n'ont pas la même culture, le même parcours, les mêmes histoires, la même peau, qui ne parlent pas la même langue".

    La réalisatrice et les élèves se sont mutuellement enrichis. "Je leur ai fait partager mes films , ma vision du monde, mes connaissances. Et eux m’ont  appris le courage, la richesse de la différence, l’importance de l’écoute. Certes il y avait parfois des tensions, des batailles autour de certains sujets, mais cela ne les empêchait pas de beaucoup s'écouter les uns les autres, parlaient de leur vie d’avant, de leurs difficultés, de leurs espoirs et surtout de leur volonté de s’intégrer. Une belle réponse au scepticisme et aux discours nauséabonds".

    Pour la cinéaste, La Cour de Babel n'a rien de militant. " J'ai préféré faire vivre une émotion. J'espère que cela va réconforter ceux qui travaillent dans le domaine. Et ce qui m'importe aujourd'hui, ce sont les écoles qui organiseront des projections". 

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 mars.

     

     

     

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  • Cinéma: "Fiston" mise tout sur le duo Adams-Dubosc. En vain

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    kev-adams-et-franck-dubosc-nantes-pour-lavant-premiere-de-fiston_0[1].jpgKev Adams en rêvait, il l’a fait. Tourner avec son père spirituel Frank Dubosc qui, pour cette première rencontre cinématographique, va lui enseigner l’art de la séduction. Incroyable mais vrai!

    L'histoire en quelques mots. Depuis qu’il a 7 ans, Alex n’a qu’une obsession, conquérir la plus jolie fille du lycée. Mais timide et complexé il est incapable de lui déclarer sa flamme et va demander des conseils à un certain Antoine qui, il y a plus de vingt ans, a réussi à subjuguer sa mère.
     
    Comédie laborieuse et pas drôle, Fiston aligne sans surprise les gags lourds, les clichés, les grosses ficelles, les maladresses et les situations téléphonées, sur fond de conflit de génération.

    Côté acteurs, ce n’est pas  mieux. Plus beauf que jamais Frank Dubosc, transformé en ermite asocial, se balade en 4L ne connaît ni Twitter ni Facebook, tandis que Kev Adams, évidemment en bisbille avec sa mère, joue l’ado surexcité, loser et totalement inculte. Désespérant de niaiserie.

    Cela dit, comme la nouvelle idole des jeunes interprète le même personnage que dans la série Soda avec quelques années de plus, nul doute que Fiston va affoler ses fans.

    "N’importe qui" n’arrange pas Rémi Gaillard, la star du web

    remi-gaillard-est-n-importe-qui-le-film-photo-5268236a39524[1].jpgDans le genre calamiteux, on trouve pire. Il s’appelle Rémi Gaillard, a bientôt 40 ans, ne peut pas s’empêcher de se déguiser et vaut 1,6 milliard de clics sur le net pour ses gags débiles, que certains portent toutefois aux nues, où il harcèle les joueurs de golf, les pêcheurs à ligne et les flics de  Montpellier.

    Du coup, Raphaël Frydman a consacré un film à la star du web qui fait n’importe quoi pour devenir n’importe qui. Alors que sa copine Sandra aimerait bien qu’il devienne quelqu’un. Mais les choses tournent mal, ses potes et sa fiancée le lâchent. Du coup, il passe par la case banlieusard, avec tout ce que cela suppose de vie morne et terne.

    Un scénario d'une rare nullité, avec de mauvais comédiens. A ce qu’il paraît, il y juste 20 minutes de canulars inédits. Mais comme ils vont inévitablement circuler sur le net dans pas très longtemps, autant économiser son argent.

    Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 12 mars.

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  • Cinéma: "Un week-end à Paris", pour raviver la flamme

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    un-week-end-a-paris-4[1].jpgLes enfants ayant quitté le nid, Meg et Nick décident d’aller fêter leurs trente ans de mariage à Paris, dans l’espoir de redonner un coup de fouet à leur histoire d’amour usée par le temps. Sur un scénario de l’écrivain Hanif Kureishi, la caméra du réalisateur Roger Michell suit ainsi le couple, l'espace d'un week-end.   

    Prétexte à une redécouverte de la capitale française, cette escapade est surtout destinée à dresser le bilan conjugal de nos deux antihéros. Entre sous-entendus, vacheries, engueulades, doutes, regrets et vagues angoisses, ils s’amusent aussi comme des petits fous, se payant par exemple un gros frisson de vieux ados, en s’enfuyant d’un restaurant sans payer.

    Nostalgique, pimentée de quelques instants de grâce et d’émotion, cette comédie romantique douce-amère qui n’évite pas certaines longueurs et un côté carte postale, doit l’essentiel à ses deux comédiens. Jim Boardbent et Lindsay Duncan se révèlent excellents en sexagénaires extravertis et British pour sucre.  

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 12 mars.

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  • Cinéma: Avec "Monuments Men", George Clooney passe à côté d'un sujet passionnant

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    85[1].jpgAprès Völker Schlöndorff dans Diplomatie, qui voit le consul suédois Nordling tout tenter, dans la nuit du 24 août 1944, pour empêcher le général Von Scholtitz de détruire Paris, George Clooney s’est lui aussi emparé de la Seconde Guerre mondiale. Avec Monuments Men, dont l’action se  déroule également en 1944.  

    Pour la cinquième fois, Mister Nespresso se retrouve ainsi derrière la caméra. Se basant sur le livre éponyme de Robert M. Edsel et Bret Witter, il retrace la mission authentique d’un commando de sept experts universitaires, historiens, artistes ou architectes, envoyés en plein conflit en Europe par le président Roosevelt.

    Sous la conduite de Frank Stokes, ils sont chargés de récupérer, au péril de leur vie, des milliers d’œuvres d’art volées par les nazis et de protéger celles menacées par les bombardements alliés. Ils sont aidés de Claire Simone, une résistante à sa manière. Dirigeant le Musée du jeu de Paume, elle est le témoin direct des actes de l’occupant et tient une liste des tableaux dérobés. 

    Le film est d’actualité. Il suffit de penser à la découverte de quelque 1400 toiles de maîtres,  en février 2012, et de soixante autres très récemment chez l’octogénaire munichois Cornelius Gurlitt, fils d’un marchant d’art au passé trouble sous le IIIe Reich.

    Mais surtout cette chasse au trésor aussi insolite que fascinante et méconnue, par des personnages hors du commun, constituait un passionnant sujet dont malheureusement George Clooney n’a pas su tirer profit.  Adoptant un ton délibérément léger, oscillant entre la comédie et le film d’aventures le tout assaisonné d’un humour qui ne prend pas trop, le réalisateur passe à côté, livrant une odyssée certes honorable et humaniste, mais à la mise en scène banale et qui manque singulièrement de rythme.

    Reste le casting dans ce (trop) long-métrage de potes. Autour de Clooney qui s’est distribué dans le rôle principal de Frank Stokes, on retrouve Matt Damon (photo), Bill Murray, John Goodman et Cate Blanchett, la seule femme du groupe. Sans oublier Jean Dujardin. Qui, comme dans Le loup de Wall Street, n’est pas bon. Mais il disparaît assez rapidement de l’image. Une petite vengeance de George Clooney pour le punir de lui avoir piqué  l’Oscar l’année dernière avec The Artist... 

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 12 février. 

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  • Cinéma: "Diplomatie", la nuit où Paris a échappé à la destruction

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    images[2].jpgEn cette nuit du 24 août1944, le général Dietrich Von Choltitz, gouverneur du Grand Paris, tient le sort de la capitale entre ses mains. Les troupes alliées avancent et, en cas de défaite, les Allemands ont l’intention de la réduire en cendres. Sur l’ordre d’Hitler, Notre-Dame, la Tour Eiffel, Le Louvre, l’Arc de triomphe, les ponts sur la Seine sont minés et prêts à exploser.

    En militaire inflexible, fils et petit-fils de Prussiens, Von Choltitz n’a pas l’habitude de désobéir. Surtout au Führer. C’est ce que redoute le consul suédois Raoul Nordling, en montant l’escalier secret qui le conduit à la suite du général à l’hôtel Meurice. Mu par son amour de la Ville Lumière et surtout concerné par le sort de ses habitants menacés, il ne va pas moins tout tenter pour le faire changer d’avis et empêcher ainsi une monstrueuse tragédie.

    Dans ce drame historique inspiré de la pièce de théâtre éponyme de Cyril Gély, le réalisateur Volker Schlöndorff s’intéresse à ce moment-clé (une négociation qui a en réalité duré quinze jours) où tout a basculé. Il installe un duel verbal psychologique entre Nordling (André Dussolier) et Von Choltitz (Niels Arestrup). Sachant que l’Histoire les jugera, ils jouent une partie d’échecs où tous les arguments sont recevables, mais à l’issue de laquelle le militaire se rend. C’est le matin du 25 août. Paris restera debout.

    Les deux comédiens (photo) donnent leur meilleur dans ce dialogue à huis-clos en forme de fable humano-diplomatique, où l’auteur maintient le suspense entre stratégie et rhétorique. Bien que l’on connaisse la fin d’une intrigue aux faits ramassés mais historiquement vérifiés.

    Reste que personne ne peut imaginer ce qui se passait dans la tête de Von Choltitz. D’où la grande question: pourquoi a-t-il finalement désobéi à Hitler? Le diplomate s’est-il montré particulièrement habile? Le général a-t-il été frappé par l’absurdité de l’ordre, a-t-il agi pour des raisons tactiques? Personne ne le sait aujourd’hui encore.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 5 mars.

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  • Cinéma: "Week-ends", une comédie qui doit tout à ses comédiens

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    htfile-jpg-53076873b2b80[1].jpgIls s’étaient rencontrés dans les années 80. Christine et Jean. Sylvette et Ulrich, deux couples devenus inséparables qu’on retrouve aujourd’hui propriétaires de deux maisons de vacances qui se font face, au bord de la mer, achetées il y a vingt ans. Jusqu’ici  ls y passaient tous les week-ends, s’invitant à tour de rôle pour l’apéro ou le dîner. 
     
    Et puis un jour c’est le drame. Jean quitte Christine pour une femme plus jeune. Tout se détraque, elle reste en miettes, ravagée. Dans l’impossibilité de recoller les morceaux, ils finissent par se haïr. Le départ de Jean laisse des traces chez Sylvette et Ulrich qui s’interrogent eux aussi sur leur union lentement minée par la routine, les rancoeurs, les non-dits. 

    Avec cette chronique d’un quotidien sur le temps qui passe, banal mais parlant à beaucoup, la réalisatrice Anne Villacèque observe avec une certaine finesse l’inévitable usure des sentiments, du désir, le désespoir provoqué par l’abandon d’un compagnon de longue date, la solitude qui s’ensuit.

    Le tout se déroule dans une atmosphère assez singulière, sinon anxiogène parfois. Comme cette altercation dans un parking entre Christine et une automobiliste furieuse de s’être fait piquer sa place, élément déclencheur du week-end pourri. Certains voient dans l’opus du Mike Leigh louchant du côté de Bergman, d’autres y relèvent une touche de Truffaut. Il faut quand même pas mal d’imagination pour s‘en convaincre.

    A relever en revanche sans modération la prestation des comédiens. Très bons, Karin Viard, Noémie Lvosky (photo), Jacques Gamblin et Ulrich Tutur sont l’atout principal de cette comédie qui se veut grinçante et sarcastique, mais qui a du mal à décoller vraiment. Principalement en raison d’un scénario sans grande ambition, même s’il réserve quelques surprises.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 5 mars.

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  • Cinéma: "Dans l'ombre de Mary", avec Emma Thompson et Tom Hanks

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    saving-mr-banks-movie-review[1].jpgS’emparant d’une histoire vraie et méconnue, le réalisateur John Lee Hancock nous invite à découvrir la genèse de Mary Poppins. Il raconte ainsi le combat acharné mené par Walt Disney pour persuader Pamela Lyndon Travers, la créatrice de la nurse légendaire aux pouvoirs magiques, de le laisser adapter au cinéma son célébrissime roman paru en 1934.

    Il s‘agissait d’une promesse faite à ses filles qu’il a mis vingt ans à tenir. En effet, la dame repousse une première offre dans les années quarante. La vente de ses livres se raréfiant, mettant du coup ses finances à mal, elle accepte avec réticence une deuxième proposition et décide de rencontrer le père de Mickey à Los Angeles en 1961. Pour voir ce qu’il a dans le ventre.
     
    Deux semaines plus tard commence alors le processus de création de l’un des films les plus cultes du septième art. Mais l’affaire est loin d’être dans la poche. La modeste P.L Travers, agacée par les fastes du lieu et pressentant une version édulcorée de son oeuvre, n’a aucune intention de livrer son héroïne adorée à l’infernale machine hollywoodienne, sans mettre son grain de sel.
     
    C’est évidemment la forte personnalité de cette femme intraitable qui fait l’intérêt de Dans l'ombre de Mary (Saving Mr Banks). British jusqu’au bout des ongles, elle a pourtant vu le jour en Australie en1899 dans une famille d’origine irlandaise et ne rejoint Londres qu’en 1924. Par ailleurs Travers, le prénom de son père, est un pseudo. En réalité, elle est née Helen Lyndon Goff. Elle utilisait en outre les initiales P.L. pour semer la confusion sur son identité sexuelle, une pratique courante à l’époque.
     
    Têtue, revêche et irascible

    Et surtout Mrs Travers est une vieille fille têtue, psychorigide, irascible, asociable, qui s’est ingéniée à saper l’enthousiasme et le moral de tout le monde sur le plateau. Non seulement elle déteste les familiarités, refuse qu’on l’appelle par son prénom, mais elle hait les comédies musicales, les dessins animés et ne supporte pas le rouge. Elle n’a de sympathie que pour le chauffeur qui la véhicule de son hôtel au studio.
     
    Inutile de préciser que le grand Walt, craignant de voir le projet lui échapper, a dû donner le meilleur de lui-même, déployer des trésors d’imagination, de séduction, faire preuve de diplomatie, de psychologie, user d'une folle énergie, sinon de manipulation pour venir à bout des aversions de ce dragon femelle. Philosophe, il finit toutefois par subir ses foudres avec bonhomie après avoir percé le secret de son intransigeance. Prétexte à une profusion de flash-back appuyés sur l’ enfance douloureuse de P.L. Travers.
     
    Un peu trop jeune et pimpante pour le rôle de l’Anglaise revêche, Emma Thompson livre cependant une interprétation plutôt convaincante. Lisse, pourvu d’une moustache et lesté de quelques kilos supplémentaires, Tom Hanks se glisse avec moins d’aisance dans la peau de Walt Disney.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 5 mars.

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  • Cinéma: "Supercondriaque", une affligeante comédie signée Dany Boon

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    1924603-supercondriaque-de-dany-boon[1].jpgUn hypocondriaque qui raconte ses phobies sur grand écran, pourquoi pas? Sauf qu’avec Dany Boon derrière et devant la caméra, on pouvait s’attendre au pire.

    C’est le cas dans cette histoire où un quadra vivant seul pourrit avec ses névroses la vie de son entourage, plus particulièrement celle d’un ami médecin. Qui, pour s’en débarrasser, tente de lui trouver la femme de sa vie. En organisant des soirées chez lui, l’inscrivant sur un site de rencontres, ou l’obligeant à faire du sport.

    On fatigue vite dans une première partie laborieuse aux gags lourdingues. Grimaçant et gesticulant à outrance, l’exaspérant malade imaginaire traque le moindre grain de poussière en s’efforçant vainement d’amuser la galerie. Mais que dire de la seconde où, à la faveur d’une usurpation d’identité, il devient un chef de guerre des Balkans dont il tente pathétiquement d’imiter l’accent.

    Jeté dans une pison pouilleuse infestée de rats, il est condamné  à ingurgiter d’infâmes bouillies arrosées d’eau fangeuse. Affligeant, un vide aussi sidéral. Le vague atout de Supercondriaque eût pu être la recomposition du duo avec Kad Merad qui avait bien marché dans les Ch’tis. Encore raté, hélas. Non seulement les deux compères ne sont pas drôles, mais ils se révèlent plutôt antipathiques. Un comble tout de même.

    Film à l’affiche ans les salles romandes dès mercredi 26 février.

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