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25/02/2014

Cinéma: "Non-Stop" revisite le film catastrophe. Avec Liam Neeson en sauveur

non-stop-blogbusters-filmdatenbank-e1382972957361[1].jpgUsé, désabusé, passant sa vie dans les avions pour prévenir de actes de violences, Bill Marks a en plus tendance à picoler sec pour pimenter son quotidien routinier d’agent de la police de l’air. Mais s’il était en manque d’adrénaline, le vol New-York-Londres ne va pas tarder à lui permettre de refaire le plein.

Peu après le décollage, il reçoit un mystérieux SMS d’un sinistre individu lui annonçant qu’il tuera un passager toutes les vingt minutes si le gouvernement américain ne transfère pas 150 millions sur un compte secret. Suisse le compte évidemment.
 
Et voilà notre flic regonflé à bloc lancé dans une redoutable traque à l’homme dans l’habitacle étroit de l’appareil. Tentant, en compagnie de sa voisine de siège et d’une hôtesse, de repérer l’auteur des menaces mortelles qui se dissimule parmi les voyageurs en s’efforçant de ne pas trop semer la panique à bord. En vain, les événements se précipitant à mille à l’heure.

Avec Non-Stop, sorte de Taken aérien mâtiné de Flight Plan, le jeune cinéaste espagnol Jaume Collet-Serra revisite le film catastrophe avec Liam Neeson en héros sauveur de vies, flanqué d’une Julianne Moore un rien suspecte.

Mais c’est le but de ce scénario à rebondissements incessants, où le réalisateur, entre meurtres divers, castagnes sévères dans les toilettes, ou bombe dissimulée dans un paquet d’héroïne, s’ingénie à brouiller les pistes. Conduisant les protagonistes et le spectateur à soupçonner du pire un maximum de personnes.

Un thriller au départ assez haletant, mais qui perd de son efficacité au fur et à mesure du déroulement de l'action. L'accumulation d‘invraisemblances gâchent une atmosphère se voulant oppressante, et le suspense d’un complot qui se révèle de plus en plus improbable. 

Quoi qu’il en soit, à déconseiller fortement aux aviophobes!

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 26 février.

 

 

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18/02/2014

Cinéma: "Dallas Buyers Club", un cowboy macho, alcolo et drogué face au sida

Dallas-Buyers-Club-Poster-Header[1].jpgDallas, 1985. Ron Woodroof est un électricien texan survolté de 35 ans. Un macho aux allures de cowboy pur sucre, avec ses bottes et le Stetson vissé sur le crâne. Grand amateur de rodéo et de sexe, il a tendance à brûler la chandelle par les deux bouts, en abusant de la dogue, du tabac et du scotch.  

Sa vie de fêtard alcolo bascule à l'occasion d’une visite à l’hôpital. Son médecin lui apprend qu’il a le sida et ne lui donne qu’un mois à vivre. Déjouant tous les diagnostics, Ron décide de se battre. Il durera encore sept ans, recourant à des traitements alternatifs non autorisés par la puissante Food And Drug Administration.

Mais il s’en moque et, voyant dans ce business une occasion de s’enrichir, organise un réseau clandestin de distribution de médicaments. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison. C’est ainsi que le Dallas Buyers club voit le jour. Les ennuis ne tardent pas à arriver. En plus du combat qu’il mène pour tenir la grande faucheuse à l’écart le plus longtemps possible, il doit livrer bataille contre les pouvoirs publics, en prouvant l’inefficacité du système d’aide proposé. 

Cet homophobe atteint dans sa masculinité dans la mesure où, dans ces années-là, le VIH était majoritairement lié aux rapports homosexuels, est contraint malgré lui, pour atteindre sa clientèle, de  faire équipe avec Rayon. Un transsexuel rencontré à l’hôpital et qui lui inspire du dégoût.

C’est une histoire vraie que raconte Jean-Marc Vallée, mettant en parallèle la prise de conscience de l’Amérique face au sida dont on ne savait pas grand-chose et le parcours personnel d’un Woodroof évoluant vers la tolérance et la compassion et qui, tout en brassant des affaires, a contribué à faire avancer la cause et à sauver des vies. 

Il y avait de quoi sombrer dans le pathos avec un sujet aussi casse-gueule. Mais le réalisateur québécois évite subtilement l’écueil, s’interdisant tout sentimentalisme en évitant de s’attendrir sur ses personnages. Sans exclure la douleur, l’émotion et un brin d’humour. 

Comédien principal, Matthew McConaughey (photo) s'est tellement investi dans le projet qu'il a payé de sa poche pour boucler le budget. Mais la réussite du film doit surtout beaucoup à sa prestation bluffante. Il n'incarne pas il est Ron Woodroof. Sec, décharné, physiquement méconnaissable, il a perdu une vingtaine de kilos et on a même craint pour sa vue. Jared Leto se montre à la hauteur dans sa composition de transsexuel. 

Alors que Dallas Buyers Club est nommé aux Oscars dans six catégories dont celle du meilleur film, tous deux visent respectivement la statuette de meilleur acteur et de meilleur second rôle. 

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 février.

 

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Cinéma: "Only Lovers Left Alive", des vampires selon Jarmush

Only-lovers-left-alive[1].jpgDepuis quelques années, les vampires sont à la mode. Mais le plus surprenant était quand même de voir Jim Jarmush y succomber avec Only lovers Left Alive, sélectionné en mai dernier en compétition à Cannes. Explication donnée en plaisantant par le réalisateur lui-même à l’époque en conférence de presse: "On pensait qu’on pouvait se faire beaucoup d’argent avec ce genre de film…"

Certes, mais cela reste à prouver en l’occurrence. L’histoire d’amour entre ses deux protagonistes principaux, Tilda Swinton et Tom Hiddleston n’ayant rien à voir avec celle des héros de la saga Twilight, elle ne devrait pas trop attirer les fans de Kristen Stewart et Robert Pattinson.

Sur un scénario inspiré du dernier livre de Mark Twain La vie privée d’Adam et Eve, Jarmush met en scène deux amants, archétypes de marginaux. Adam, musicien underground déprimé retrouve la nuit entre Tanger et Detroit, villes désolées chères au réalisateur, Eve, sa mystérieuse et énergique amoureuse.

Tous deux sont bohêmes, intellos, sophistiqués, un peu snobs, toujours mus par leur instinct animal de vampires. Mais ils sont en danger. Pour survivre, ils doivent boire du sang humain, avec le risque de contamination que cela comporte aujourd’hui. Par ailleurs leur idylle séculaire, sinon millénaire, est perturbée par l’arrivée de la petite soeur d’Eve (Mia Wasikowska), personnage aussi extravagant qu’incontrôlable.

Excentrique, amusant, esthétisant, raffiné, Only Lovers Left Alive fait un peu penser aux Prédateurs de Tony Scott. Portant toutefois indéniablement la marque de son créateur, le film se réfère à l’histoire de l’humanité,

Comme le précise Jim Jarmush: "Adam et Eve sont des métaphores de l’état actuel de la vie humaine. Ils sont fragiles, menacés par les forces de la nature et le comportement irréfléchi de vision à long terme de ceux qui sont au pouvoir. Dès lors, peuvent-ils continuer à exister dans ce monde qui s’effondre autour d’eux ? ".

Si les vampires peuvent rapporter gros, Jim Jarmush a eu du mal à en convaincre les financiers. L'opus a finalement pu se faire grâce à des producteurs français et allemands, ainsi qu’au soutien indéfectible de Tilda Swinton, depuis le moment où elle a reçu le scénario il y a sept ans.

Principalement parce qu’elle aime Jim Jarmush, nous confiait la délicieuse comédienne britannique rencontrée en mai dernier sur la Croisette. Ajoutant qu’elle avait toujours voulu jouer un vampire. "Nous sommes tous fascinés par eux en raison de leur immortalité et parce que nous sommes terrorisés par  notre mort. Dans le film j’ai aussi aimé mon invisibilité, ma façon de me glisser dans les rues et le gros travail que requiert une vie aussi longue…»

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 février.

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12/02/2014

Cinéma: "La Belle et la Bête", avec Léa Seydoux et Vincent Cassel

la-belle-et-la-bete-lea-seydoux-vincent-casel[1].jpgConnue dans le monde entier, l’histoire née en 1740 sous la plume de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, reprise en conte 17 ans plus tard par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, a donné lieu à quelque 25 adaptations théâtrales, littéraires, musicales, chorégraphiques et télévisuelles.

Au cinéma, on en compte neuf, dont la plus célèbre est celle de Cocteau en 1946, avec Jean Marais dans le rôle de la Bête. Le Mexicain Guillermo del Toro en prépare une dixième avec Emma Watson dans celui de la Belle.

Mais revenons à la dernière, fidèle à l’écrit original à quelques libertés près et signée Christophe Gans, grand amateur de fantastique. Ses navires coulés, un vieux marchand est contraint de s’exiler à la campagne en compagnie de ses six enfants, trois garçons et trois filles. Il est particulièrement proche de la cadette, Belle, douce, gaie et modeste, contrairement à ses deux sœurs, des chipies n’aimant que l’argent et le luxe.

Le père ramenant à Belle une rose d’un de ses voyages, il est condamné à mort pour l’avoir cueillie dans le domaine magique d’un redoutable monstre à tête de lion. La jeune fille se sacrifie pour le sauver et se rend au château au péril de sa vie.

Mais la Bête, autrefois un beau prince puni par une fée pour sa vilenie, l’épargne. Et la jeune fille découvre, au-delà de sa laideur, un être humain d’une rare générosité qui attend l’amour d’une femme pour être libéré de sa vilaine enveloppe. Une façon d’apprendre aux enfants à reconnaître la beauté intérieure derrière la disgrâce extérieure.

Pour incarner ses deux héros, Christophe Gans a choisi Léa Seydoux, en lice rappelons-le pour le César de la meilleure actrice dans La Vie d’Adèle et Vincent Cassel. Entre blondeur sensuelle et monstruosité léonine de synthèse, ils se montrent relativement convaincants, leur relation manquant de magnétisme, de romantisme et de passion.

Des réserves aussi côté réalisation, très ambitieuse, où l’auteur cherche à nous bluffer avec sa féérie numérique et son foisonnement d’effets spéciaux. Du coup le spectaculaire l’emporte sur le merveilleux, la magie, l’émotion. L’opus manque également de poésie, bien que le cinéaste se revendique du maître japonais Hayao Miyazaki.

Film à l’affiche dans les salles romande des mercredi 12 février. 


 

 

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11/02/2014

Cinéma: "M.Peabody et Sherman, les voyages dans le temps"

hqdefault[1].jpgSi un être humain peut adopter un chien, pourquoi un chien ne pourrait-il pas adopter un être humain ? Etre père, c’est le désir fou et le défi le plus incroyable relevé par M. Peabody, un toutou surdoué. Pour ne pas dire la personne la plus intelligente au monde.

Champion olympique, chef cuisinier d’exception et lauréat du prix Nobel, M Peabody doit préparer son petit garçon adoptif Sherman pour l’école. Il décide alors de lui donner quelques rudiments d’histoire grâce au chronomat, une fabuleuse  machine à voyager dans le temps dont il ne doit rien révéler.

Et voici papa et son fiston partis dans des aventures mouvementées qui commencent par un saut chez Marie-Antoinette pour un rattrapage sur la Révolution française. Mais les choses se corsent avec la présence de Penny, une petite pimbêche que Sherman, après avoir enfreint les règles pour l’impressionner, perd accidentellement dans l’Egypte des pharaons. 

Il la retrouve grâce à M. Peabody appelé à la rescousse et le trio continue son voyage, avec  notamment une escale chez Leonard de Vinci, le génie de la renaissance italienne qui a bien du mal à faire sourire sa Joconde comme il l’entend... 

En adaptant le dessin animé Rocky and Bullwinckle Show, qui connut un gros succès dans les années 60, Bob Minkoff invite à une relecture express farfelue et humoristique de quelques périodes historiques clés. Rien de transcendant, mais de quoi amuser parents et enfants.

On regrettera toutefois dans cette cocasse et sympathique fable familiale, mettant également l’accent sur la différence et les préjugés, les inévitables et exaspérantes séquences tire-larmes à grands coups d’insupportables I love you, si chères aux Américains. Pas de doute, chez eux c’est congénital.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 12 février.

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Cinéma: Dans "Abus de faiblesse", Catherine Breillat raconte sa pitoyable mésaventure

abus-de-faiblesse-photo-522f289e46089[1].jpgUn lit aux draps blancs immaculés, une femme dont les membres se paralysent, avant d'ête soudain victime d’une hémorragie cérébrale. Des scènes d’hospitalisation. Puis de rééducation et de réapprentissage des gestes les plus basiques pour Maud Schoenberg, réalisatrice devenue hémiplégique, mais animée d’une force de caractère étonnante.

Toujours alitée, elle découvre un soir, en regardant un talk show télévisé, Vilko Piran, un bad boy connu pour avoir arnaqué des célébrités. Séduite par son allure virile et son insolence, elle le veut absolument pour son prochain film. Ils se rencontrent et ne se quittent plus. Il ne tarde pourtant pas à l’escroquer elle aussi, lui empruntant d’énormes sortes d’argent. En même temps, ce voyou baratineur charismatique s’occupe d’elle, apportant une forme de gaité et de chaleur qui éclairent sa douloureuse solitude.

En Vilko et Maud, le spectateur au parfum reconnaîtra évidemment Christophe Rocancourt et Catherine Breillat qui raconte, en s’inspirant de son livre coécrit en 2009 avec Jean-François Kervéan, la mésaventure lamentable et largement médiatisée dont elle a été victime deux ans auparavant. 

Dans le rôle de Maud, on retrouve Isabelle Huppert fragile, rigoureuse, tenace et opiniâtre, qui donne la réplique à Kool Shen, Casanova d’opérette arrogant, brutal et sans scrupule (photo). Mais le couple ne suffit pas à emporter l’adhésion face à un scénario plutôt ennuyeux, où Catherine Breillat expose sa faiblesse morale et sa déchéance physique avec une froideur si clinique qu’elle finit par fatiguer et à agacer au lieu d'émouvoir.

"Les trois fères, le retour", un gros ratage

7765456584_les-trois-freres-2[1].jpgParmi les sorties françaises de la semaine, un retour perdant, celui des Trois frères. Après quelque 20 ans de carrière solo au cinéma, Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Legitimus reforment sur grand écran le trio qui les a vus triompher auprès des fans. Reprenant leurs rôles respectifs, ils doivent en l’occurrence payer les dettes de leur mère décédée. Inutile de préciser que leur existence déjà minable ne va pas s'arranger. 

Dans le genre naufrage, c’est spectaculaire. Interprétation grossière, gags gras,  humour vulgaire, scénario indigeste, absence de mise en scène. Plus beauf, c’est difficile. Cela fait penser au ratage des  Bronzés 3. En nettement pire.

Films à l’affiche dans les salles de Suisse romande, dès mercredi 12 février.

 

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06/02/2014

Cinéma: "Tonnerre", une liaison aussi dangereuse qu'inattendue

top_home_image[1].jpgRockeur trentenaire adulescent au look un rien crade, Maxime quitte Paris et retourne vivre chez son père à Tonnerre dans l’Yonne pour mieux travailler sa musique. Comme il a sorti un album salué par la critique, il fait figure de star dans le coin, raison pour laquelle il est interviewé par une jolie journaliste stagiaire du quotidien local. Elle est jeune, elle s’appelle Mélodie, il la drague et en tombe amoureux.

Apparemment c’est réciproque. Pourtant Mélodie a du mal à vraiment assumer la relation, refusant par exemple d’embrasser Maxime en public. Insensiblement, les choses changent. Il y a la question insidieuse de la différence d’âge, la présence d’un ex-petit ami jaloux… Et puis Mélodie s’absente. Maxime, sans nouvelle, sans réponse à ses SMS, est soudain en proie à une furie qu’on était loin d’imaginer chez ce garçon tendre, du genre loser et un peu mou. Obsessionnel, il commence à harceler Mélodie...

Intense, lorgnant l’intrigue policière, plein de sensibilité, de romantisme, de poésie et de folie, Tonnerre est le premier long métrage de Guillaume Brac. Un essai particulièrement bien transformé où le réalisateur évoque, dans une ville de province faussement paisible, la liaison dangereuse entre Maxime et Mélodie, tout en se penchant sur les rapports tendus entre Maxime et son père.

Une réussite qui tient à la justesse de la mise en scène et des dialogues ainsi qu’à la performance des comédiens. A commencer par Vincent Macaigne, excellent dans le rôle de Maxime. Solène Rigot (Mélodie) se montre à la hauteur. Sans oublier évidemment Bernard Menez, parfait en père amateur de vélo et de femmes, à la fois distant et complice. 

Mea culpa, un polar inefficace et indigeste

Mea-Culpa-Vincent-Lindon-et-Gilles-Lellouche-invites-du-Grand-journal_portrait_w532[1].jpgVincent Lindon rêvait de jouer un flic. C’est fait. Sauf que le rêve se transforme en cauchemar pour… le spectateur. L’image est facile mais le terme à peine exagéré face au dernier film de Fred Cavayé, un polar calamiteux où on retrouve aussi Gilles Lellouche. Pourtant, si on en croit les déclarations de Vincent Lindon, il est allergique aux mauvais scénarios…

A l'évidence, il n’a pas lu bien attentivement celui de Mea culpa. Deux potes policiers, Simon et Franck, fêtent la fin d’une mission lorsque les choses tournent au drame. Simon qui conduisait sous l’influence de l’alcool percute une voiture. L’accident fait deux victimes dont un enfant. Simon perd tout, sa femme son boulot. Six ans plus tard le duo se reforme à l’occasion d’une corrida où le fils de Simon, témoin d’un règlement de comptes entre mafieux, est menacé de mort.

Au final un semblant de film d’action bourré de clichés, d'invraisemblances, d'assommantes courses poursuites et de personnages caricaturaux qui flinguent tous azimuts. Bref, inefficace et indigeste.

Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 5 février.

 

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05/02/2014

Cinéma: Benoît Poelvoorde en rajoute dans "Les rayures du zèbre"

photo-Les-Rayures-du-zebre-2013-1[1].jpgAgent de footballeurs vulgaire, gouailleur, raciste et mafieux sur les bords, José se rend régulièrement en Afrique pour recruter des joueurs prometteurs. Dans une mauvaise passe financière lors de son dernier déplacement, il repère Yaya, un surdoué du crampon qui devrait lui permettre de se refaire.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, Les rayures du zèbre n’est pas un film pour fans de foot. S'il en est question, c'est avant tout pour en relever le côté business. Il met l'accent sur l'argent facile, propre à attirer de jeunes Noirs démunis et prêts à tout dans l’espoir de quitter leurs bidonvilles sordides pour évoluer dans des clubs prestigieux.
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Le ballon rond sert également de prétexte au réalisateur pour creuser dans ce contexte les difficiles rapports entre l’Europe et le continent africain. L'opus se veut ainsi grinçant, sinon brutal et féroce dans ce qui s’apparente à du maquignonnage néocolonialiste. L’ensemble est porté par un Benoît Poelvoorde plus beauf que jamais, exhibant son gros bide et sa chaîne en or, se payant de grands hôtels pour y baiser des pute et forçant outrageusement sur l’accent belge. Tout en cherchant à se rendre sympathique.

Malheureusement le but n’est qu’à moitié atteint par Benoît Mariage. Virant au lourdingue et à la caricature, sa tragicomédie est non seulement parasitée par des scènes totalement inutiles qui la font traîner en longueur, mais tombe dans le mélodrame laborieusement appuyé lorsque Yaya réalise enfin son rêve en débarquant chez les Zèbres de Charleroi. Les vrais en plus.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 5 février.

 

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Cinéma: "Jack et la mécanique du coeur", avec la voix d'Olivia Ruiz

top_home_image[1].jpgIl a fallu six ans pour que ce film d’animation, coréalisé par Stéphane Berla et Mathias Malzieu, le leader du groupe Dionysos, arrive sur grand écran. Il raconte l’histoire de Jack, né le jour le plus froid du monde à Edimbourg en 1874, avec un cœur gelé, remplacé par une horloge mécanique.

Ce bricolage magique lui permet de vivre s’il respecte impérativement trois conditions. Ne pas toucher à ses aiguilles, maîtriser sa colère et ne jamais tomber amoureux.

Sauf que le coeur  a ses raisons… Tout se passe bien jusqu’au jour où il rencontre Mis Acacia, une jolie chanteuse de rue. C’est le coup de foudre. Mais Miss Acacia s’en va. Ignorant l’affolement de ses aiguilles, Jack est prêt à tout pour la retrouver. Sa quête le mènera de l’Ecosse en Andalousie en passant par Paris.

Mêlant nouvelles technologies et côté artisanal, Jack et la mécanique du cœur, inspiré du livre éponyme de Mathias Malzieu et de l’album de Dionysos dont toutes les chansons sont extraites, révèle un univers poétique rappelant celui de Tim Burton. Avec des références à Méliès, pionnier des effets spéciaux. Outre la musique, on relèvera surtout l’aspect visuel soigné de cette fable fantaisiste. Bien que simpliste, elle touche néanmoins en abordant des thèmes comme l’amour, la différence, le harcèlement, la séparation ou la mort.

A côté de Grand Corps Malade, Jean Rochefort, Mathias Malzieu (Jack), son ex-compagne Olivia Ruiz prête sa voix à Miss Acacia, qui n’est autre que son double fictif. Et pour cause. Le réalisateur a puisé dans leur relation pour donner vie à son personnage. Olivia a aussi influencé son look, sa gestuelle et, comme elle, n’y  voit pas à deux mètres. Mais ce n’était pas gagné pour autant. Alors qu’elle attendait des indications, Mathias lui a seulement dit d’être elle-même. Une situation des plus difficile à affronter... 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 5 février.

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04/02/2014

Cinéma: "Viva la Liberta" ravive la comédie politique à l'italienne

viva-la-libertà-poster[1].pngAvec cette comédie à l’italienne mêlée de satire politique, l’écrivain et réalisateur Roberto Ando porte à l‘écran son roman Le trône vide qui a connu un gros succès lors de sa publication en 2012. Il raconte les aventures d'Enrico Oliveri, secrétaire général de l’opposition qui s'inquiète des sondages le donnant perdant.

Dépressif, il disparaît en laissant une note laconique qui provoque la panique au sein du parti. Il faut absolument trouver une solution. Elle passe par son jumeau Giovanni, philosophe excentrique et bipolaire qui prendra sa place. Dans les deux rôles on découvre l’irrésistible Toni Servillo. Il a largement contribué à la réussite du film, très bien reçu en Italie et qui a glané de nombreux prix dans les festivals. A noter également la présence de Valeria Bruni Tedeschi.

Roberto Ando, qui s’amuse autour du thème classique du double, confronte l’animal politique enfermé dans des propos vides et stéréotypés à l’orateur farfelu qui sait galvaniser les foules par son côté brillamment novateur. Improvisant des discours aussi originaux que spontanés, il redonne ainsi de l’’espoir à l’électorat.

Mais au-delà d’un comique souvent jubilatoire où les jumeaux représentent la réalité et la fiction, le réalisateur, tout en ravivant un genre moribond, prends le pouls de la situation en Italie et hors les murs. Il dresse un constat navrant de l’état des différents partis dans nos démocraties, flanqués de leaders incompétents, incapables de mobiliser les gens en l’absence de projets fédérateurs.

Roberto%20Ando[1].jpgDe passage à Genève, Roberto Ando évoque le côté schizophrène entre la littérature et le cinéma qui la trahit forcément. Mais surtout il nous en dit plus sur sa volonté d’ausculter le monde italien en donnant à son film une tournure qui correspond à "quelque chose de romanesque chez l’homme d’état d’aujourd’hui".

Par ailleurs pour lui, rien de nouveau sous le soleil, la politique qui a découvert qu’elle n’avait plus le pouvoir, vit une évidente crise d’identité. "Elle se manifeste davantage au sein de la gauche, dans la mesure où la droite reste liée à des  valeurs qui n’ont pas changé. Mais il existe aussi une crise du langage qui est en principe un antidote à la démagogie. Le problème de la politique, c’est une parole privée de vérité. Et Giovanni le philosophe est honnête avec les mots, d’où son succès lors de ses apparitions en public, contrairement à son frère".

Roberto Ando parle bien sûr de Toni Servillo qui, pour la troisième fois, enfile le costume d’un politicien italien à l’écran. Dont Giulio Andreotti (sept fois président du Conseil) dans Il Divo. Viva la liberta ne se serait pas fait sans le comédien qui squatte actuellement pratiquement tous les films avec des personnages entre 50 et 70 ans.

"Avoir l’acteur est lié à la réalisation du film. Raison pour laquelle Toni Servillo était incontournable avec son intelligence et sa rigueur. Il a amené un visage et une façon de jouer d’une dimension réaliste tout en nous emmenant dans un territoire mental". 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 5 février.


 

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