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Sorties de la Semaine - Page 54

  • Cinéma: "Au fil d'Ariane", une fantaisie peu convaincante de Robert Guédiguian

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    images[5].jpgOuverture intrigante sur un décor numérique blanc et aseptisé évoquant une maquette d’architecte. Puis la caméra nous laisse pénétrer dans le bel appartement moderne d’une banlieue marseillaise, où on découvre Ariane, pétillante mère de famille quinqua, en train d’allumer les bougies d’un gâteau.

    Elle a l'air heureuse. Avant de recevoir des coups de fil de ses proches et de ses amis qui lui souhaitent un bon anniversaire, mais regrettent de ne pouvoir le fêter avec elle.

    Alors Ariane souffle les bougies. Mais surmontant vite sa déception, elle prend sa petite voiture et roule vers le port. Engorgement des voitures, des passagers qui trompent l’attente en sortant de leur véhicule pour danser au son d’un morceau de raï diffusé par la radio..,

    Dans la file, Ariane fait connaissance avec un jeune homme qui l’emmène sur sa Vespa, vers un charmant  bouchon des calanques, tenu par un fan de Jean Ferrat. C'est dans ce décor et ses environs que  l’intrigue va se dérouler et Ariane se consoler de sa solitude au contact d’une communauté plus ou moins farfelue.

    Cette fantaisie comme il l’appelle lui-même, est le 18e film de Robert Guédiguian, tout entier dédié à sa femme, son égérie Ariane Ascaride avec qui il collabore depuis 34 ans. On y retrouve aussi les fidèles de sa famille de cinéma, dont évidemment Gérard Meylan (photo), ici en patron de bar, Jean-Pierre Darroussin en chauffeur de taxi mélomane et improbable metteur en scène, ou encore Jacques Boudet qui se rend pour un Américain et se pique de philosophie.

    Mais voilà qui ne suffit pas à emballer l'affaire dans cette échappée aux vagues accents felliniens, ou flirtant avec l’univers de Kaurismäki. Alors qu’il se veut léger, comique, onirique, poétique, l'opus n’atteint pas souvent son but. En dépit de quelques scènes amusantes, on perd le fil dans cette chronique inhabituelle chez le cinéaste, qui se regarde avec un certain ennui.

    Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès le 18 juin
     

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  • Cinéma: "The Two Faces Of January", un polar noir sous le soleil de Grèce

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    The-Two-Faces-of-January[1].jpgScénariste oscarisé pour Les ailes de la colombe, accédant définitivement à la notoriété avec Drive, réalisé par Nicolas Winding Refn, le Britannique d’origine iranienne Hossein Amini a décidé de passer derrière la caméra en adaptant à l’écran The Two Faces Of January, le roman de Patricia Highsmith.

    L’intrigue de ce film noir réunissant Viggo Mortensen, Kirsten Dunst (photo) et Oscar Isaac (découvert dans Inside Llewyn Davis des frères Coen), se déroule en 1962 sous le soleil de Grèce.

    Débarqués en touristes à Athènes, le charismatique Américain Chester MacFarland et sa jolie femme Colette rencontrent à l’Acropole Rydal, un jeune compatriote travaillant comme guide et arnaqueur à ses heures. Le trouvant fort sympathique, le couple l’invite à dîner, ce que Rydal accepte, aussi séduit par la femme qu’impressionné par le mari.

    Mais les MacFarland, en dépit du raffinement et du luxueux train de vie qu’ils affichent ne sont évidemment pas tout à fait ce qu’ils prétendent être. Hossein Amini livre ainsi un thriller classique à la Hitchcock, où il réussit à maintenir le suspense tout au long d’une intrigue certes prévisible mais assez bien ficelée, aux multiples rebondissements destinés à faire tomber les masques.

    On reprochera toutefois à cet opus à l’ancienne un petit manque de rythme. Et si l’auteur joue à fond la carte du mystère entourant ses personnages, ceux-ci auraient gagné à être un peu plus creusés, notamment celui de Colette, carrément abandonné en route. En revanche, on aime l'élégance et le soin mis à la reconstitution d’époque, qui fait honneur à l'univers de Patricia Highsmith. 

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 18 juin.

     

     

     
     

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  • Cinéma: avec "Jersey Boys", Clint Eastwood revisite la comédie musicale

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    jersey_boys_a[1].jpgQuand Clint Eastwood s’empare d’un sujet musical, c’est plutôt réussi. Il suffit de penser à Honkytonk Man (1982), évoquant la galère d’un chanteur country ou le célèbre Bird (1988) pour s’en convaincre. Rien d’étonnant donc à ce que le réalisateur mélomane s’intéresse à la comédie musicale. En 2011, il mijotait un remake du célèbre film de George Cukor Une étoile est née, avec Judy Garland et James Mason, sorti en 1954, mais le projet était tombé à l’eau.

    Beyoncé qui devait en être la vedette  s’était en effet désistée pour cause, paraît-il, d’horaire trop chargé. Le grand réalisateur s’est donc attaqué à l’adaptation de Jersey Boys, la comédie musicale homonyme à succès créée en 2005 à Broadway. Restée depuis lors à l’affiche, elle a aussi fait un tabac dans le monde entier.
     
    Le film raconte l’histoire du groupe pop rock mythique des sixties The Four Seasons, formé de quatre garçons italo-américains du New Jersey issus d’un milieu modeste: Frankie Valli (baryton à la voix de fausset), Bob Gaudio (le créatif coauteur avec le producteur Bob Crewe de nombreux titres), Tommy De Vito et Nick Massi.

    Plus doués pour la musique que pour le crime...

    Voyous mais pas trop, ils étaient heureusement plus doués pour la musique que pour le crime. Machines à hits, ils ont réussi pendant quelque temps, avec les Beach Boys, à tenir la dragée haute aux Etats-Unis à la déferlante Beatles et Rolling Stones.

    Clint Eastwood nous emmène sur les traces du quartet dont on suit la formation, l’apprentissage, l’ascension et le déclin dans une construction où, à tour de rôle, comme dans la pièce, chacun des garçons s’adresse directement à la caméra pour donner sa propre vision des événements. Sans en cacher les côtés scabreux,  séjours en prisons ou accointances avec la mafia.

    Montrant plus particulièrement la façon dont le groupe affecte les individus dans cette biographie collective, le cinéaste insiste sur les rapports houleux en coulisse, les conflits générés par des problèmes d’argent, familiaux, la jalousie, la rivalité, la trahison, la mesquinerie, les frustrations ou une cohabitation difficile. Des clashes à répétition qui finiront par faire exploser inévitablement la petite communauté à la fin d’une décennie de rêve. 

    jersey-boys-movie-clint-eastwood-xbbq3ii0[1].jpgPas de stars, mais des acteurs de théâtre

    Le réalisateur n’a pas voulu de stars hollywoodiennes pour interpréter les quatre chanteurs-musiciens-auteurs-interprètes, mais des acteurs de théâtre qui se révèlent parfaits. A l’image de John Lloyd Young qui a créé le rôle de Frankie Valli à Broadway, Michael Lamenda (Nick Massi) Vincent Piazza (Tommy DeVito) et Erich Bergen (Bob Gaudio). En revanche le cinéaste a fait appel à l’irrésistible Christopher Walken, ui campe avec bonheur un narquois parrain mafieux.

    A cela s’ajoutent des dialogues ciselés et une bande son impeccable composée de tubes impérissables:  Sherry, Walk Like A Man, Big Girls Don’t  Cry, December 1963 (Oh What A Night), Can’t Take My Eyes Off You... Au final un long-métrage à la fois jubilatoire, nostalgique et émouvant de plus de deux heures, qui passent comme un éclair. (Photos: Erich Bergen, John Lloyd Young Michael Lomenda, Vincent Piazza).

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 juin.


     

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  • Cinéma: "La Ritournelle" avec Isabelle Huppert à la ferme...

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    1429842-image-du-film-la-ritournelle-950x0-1[1].jpgA l’image de Catherine Deneuve, Isabelle Huppert est un monument ou plutôt, vu le sujet en l’occurrence, une vache sacrée du cinéma français dont il est fort malvenu de discuter les choix. Pratiquement tous sont validés, sinon encensés par une grande partie de la critique hexagonale. On n’est pas loin de lui donner raison, la seule présence de la comédienne suffisant la plupart du temps à relever le niveau d’un film.

    Par ailleurs il est vrai qu’elle aime surprendre dans des rôles à contre-emploi. Là toutefois c’est gros. Sinon grossier. On  se permettra donc d’émettre quelques doutes, un euphémisme, sur sa crédibilité en la voyant jouer Isabelle à la ferme en compagnie de Jean-Pierre Darroussin et caressant, façon Chirac au Salon de l’Agriculture, le cul de Ben-Hur, puissant bœuf de concours qui leur permettra de gagner de nouveaux lauriers…

    Car oui, figurez-vous qu'elle dans le rôle de Brigitte et lui dans celui de Xavier, sont éleveurs en Normandie. Mais la routine s’est installée. Après des années passées ensemble au côté des bovins et contrairement à Xavier, Brigitte s’ennuie et rêve d’autre chose. Lors d’une fête de jeunes dans la maison voisine, elle flirte avec un beau gosse à peine plus vieux que son fils (le sexy Pio Marmaï, chéri des dames mûres au cinéma) et, sous prétexte de consulter un dermatologue pour soigner un eczéma rebelle, part le retrouver à Paris.

    Pour Brigitte, la toquade s’arrêtera là. En revanche elle tombe sous le charme d’un séduisant dentiste danois (Michael Nyqvist, le héros de Millénium) d’un âge plus conforme, rencontré dans le palace ou elle a réservé une chambre. Attention, danger. Et pas seulement à la faveur d’un petit tour sur la grande roue.

    Ressentant le péril dans ses tripes, Xavier tout à coup envahi par le soupçon et la crainte de la perdre, s’est lancé sur les traces de l’infidèle fofolle. Angoisse, tous deux vont-ils se retrouver? Mieux se réinventer? Idée, il va l’emmener batifoler dans la boue de la mer Morte…

    La Ritournelle, chronique domestique hyper convenue sur les aléas du couple et l’érosion des sentiments, est signée Marc Fitoussi qui se laisse aller à quelques clins d’œil osés. A La femme du boulanger avec Jean-Pierre Darroussin jouant son Raimu en s’adressant à sa vache Bora-Bora, qui a remplacé Pomponnette la chatte fugueuse, ou encore à Madame Bovary. Malheureusement, sans le talent de Pagnol et de Chabrol, cette comédie romantique rurale sans queue ni tête qui se prétend légère, fantaisiste et loufoque, vire le plus souvent au ridicule.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 juin. 

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  • Cinéma: dans "Bird People", Pascale Ferran surfe sur le fantastique avec son drôle de moineau

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    535669f590eb2[1].jpgIl y a 20 ans, elle décrochait la Caméra d’Or grâce à  Petits arrangements avec les morts. Ce qui ne l’a pourtant pas incitée à se montrer prolifique.

    Depuis Lady Chatterley, son troisième long-métrage adapté de la deuxième version du célèbre roman de D.H. Lawrence et sorti en 2006, on n’avait pas revu Pascale Ferran sur grand écran. La réalisatrice française revient enfin avec Bird People, sélectionné au dernier Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard.

    Son dernier-né se déroule dans la région parisienne. En transit dans un hôtel international proche de Roissy, un ingénieur en informatique soumis à de lourdes pressions professionnelles et privées, décide de changer radicalement de vie. Ce qui nous vaut notamment une scène de rupture peu banale par skype. De son côté, une jeune femme de chambre de l’établissement, étudiante sur les bords, voit son existence basculer à la suite d’un événement pour le moins bizarre.
     
    Singulier, ce nouvel opus en forme de conte métaphorique se révèle aussi très différent des œuvres précédentes de Pascale Ferran. Il mêle finesse psychologique et ambition formelle dans une tentative de décrire le monde actuel avec le ras-le-bol, les espoirs et les rêves de chacun. A un environnement social symbolisé par toutes sortes de gens de passage ou qui travaillent dans la zone aéroportuaire, la talentueuse cinéaste ajoute la grâce, l’humour, l’originalité, la poésie, le surnaturel.
     
    Surfant sur cette note fantastique, elle nous emmène à la suite d’un drôle de moineau avide de découvertes avec quelques fausses pistes à la clé. Mais apparemment fascinée par les remarquables aptitudes de l’oiseau, la réalisatrice a tendance à traîner en longueur dans la seconde partie du film. Elle commet aussi l’erreur de rompre avec l’unité de lieu et d’action en permettant au passereau de s’aventurer hors de l’aéroport pour quelques séquences et images d’un intérêt mineur.
     
    Mais voilà qui ne nuit heureusement pas à la réussite de Bird People, à laquelle contribuent largement Anaïs Demoustier (photo) et Josh Charles (l’acteur de la série In Treatment). Principaux protagonistes, ils finissent par se croiser, laissant un dénouement ouvert dans une intrigue qui voit aussi la participation de Roschdy Zem et Mathieu Amalric. Ainsi que celle de deux célébrités issues de La Nouvelle Star. Camelia Jordana signe son deuxième rôle au cinéma tandis que Julien Doré réinterprète La Javanaise de Serge Gainsbourg pour les besoins de l’intrigue.

    Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 juin.

     

     

     

     

     

     

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  • Cinéma: "Sous les jupes des filles", avec un "onze" qui se veut explosif...

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    allez-vous-vous-laisser-tenter[1].jpgUn film de femmes, pour des femmes, joué par des femmes et réalisé par une femme, cela ne présageait rien de franchement très bon. Et c’est le cas même si le premier long-métrage d’Audrey Dana, se situe au-dessus des affligeantes comédies hexagonales vues ces derniers temps.

    Il faut dire que ce n’est pas très difficile lorsqu’on considère des calamités récentes comme Avis de mistral, Fiston, Situation amoureuse c’est compliqué, Une rencontre, Barbecue. Ou encore Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu? dont il faut reconnaître (hélas) l’énorme succès. 

    Pour son opus choral, l’égérie de Claude Lelouch qui œuvre aussi devant la caméra a convoqué le top ten des actrices françaises. A savoir Isabelle Adjani, Laetitia  Casta, Vanessa Paradis, Marina Hands, Géraldine Nakache, Sylvie Testud, Alice Taglioni, Alice Belaïdi, Audrey Fleurot et Julie Ferrier. Un "onze" qui se veut explosif, joyeux, complexe et insolent dans une comédie prétendument féministe oscillant entre le trash, le culotté, le fun et le grand n'importe quoi.

    N’hésitant pas à casser leur image à l’écran, ces adeptes du girl power sont censées incarner les différentes facettes de la femme d’aujourd’hui, mère de famille en quête de piment dans l’existence,  business women régnant sur un monde d’hommes, épouse trompée pétant les plombs, lesbienne vacharde ou copine perfide. 

    Audrey Dana ne manque certes pas d’énergie. Elle n'a toutefois pas toujours les moyens de son ambition en proposant ce portrait de femmes dans tous leurs états, brossé en une succession de numéros de comédiennes malheureusement trop inégaux. Carrément navrants, certains ont même tendance à plomber l’ensemble, par ailleurs beaucoup trop long pour emporter l’adhésion.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le 4 juin

     

     

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  • Cinéma: "Les drôles de poissons-chats", entre drame et comédie

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    Les-droles-de-poissons-chats_pics_390[1].jpgC’est l’histoire de Claudia, 22 ans, qui habite seule dans une grande ville mexicaine, trravaille dans un supemarché et se protège de tout contact social. Victime d’une crise d’appendicite, elle atterrit une nuit aux urgences où elle rencontre Martha, une quadragénaire mère de 4 enfants, atteinte d’une grave  maladie chronique.

    Mais en dépit de son état critique, Martha est une grande amoureuse de la vie. Enthousiaste, optimiste, pleine d’humour, elle s’attache à Claudia et l’invite à habiter chez elle à sa sortie de l’hôpital. La jeune orpheline prend petit à petit sa place au sein d’une tribu matriarcale à l’organisation un peu chaotique. Elle renforce ses liens avec chacun de ses membres tandis que Martha, en qui elle trouve la mère qu’elle n’a jamais eue, s’affaiblit de plus en plus.

    Les drôles de poissons-chats est le premier long-métrage de la Mexicaine Claudia Saint-Luce. Entre drame et comédie, elle livre une chronique familiale loin des thèmes de la corruption, de l’insécurité et de la violence qui dominent généralement dans les films de son pays. On y découvre aussi l’excellente actrice Ximena Ayala dans le rôle de Claudia.

    Misant sur la sobriété et la délicatesse, évitant la mièvrerie et le pathos, ce film est un essai joliment trsnsformé. Présenté au dernier Festival de Locarno, il avait obtenu le Prix du jury des jeunes.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 4 juin.

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  • Cinéma: "La chambre bleue", belle réussite de Mathieu Amalric

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    644734-la_chambre_bleue_5bis[1].jpgPour sa cinquième réalisation, Mathieu Amalric s’inspire du roman éponyme de Simenon, son préféré paru en 1964 et dont il a choisi de situer l’action aujourd’hui.

    Derrière, mais également devant la caméra, il joue le rôle de Julien Gahyde, vendeur de machines agricoles bien dans sa vie, dans sa famille, dans son entreprise, dans sa belle maison à la campagne. Avant d’être incarcéré et interrogé dans le cadre de l’enquête judiciaire déclenchée par la mort suspecte de sa femme Delphine (Léa Drucker).

    Durant sa garde à vue, Julien déboussolé évoque sa courte et torride relation adultérine avec la pharmacienne Esther Despierre (Stéphanie Cléau, la propre compagne d’Amalric à la ville), mariée à un homme dont on découvrira qu'il a été victime lui aussi d'une mort apparemment pas naturelle. 

    Esther est une amie d’enfance retrouvée par hasard (magnifique rencontre le long d’une route forestière), à qui Julien a imprudemment déclaré un amour et une possibilité de vivre avec elle.  Des propos alors anodins, échangés suite aux ébats auxquels ils se livrent dans la chambre bleue de l’hôtel de la gare d’une petite ville de province. Des mots qu’on dit comme ça, sous le coup de la passion, en pensant à autre chose.

    Du moins l’homme semble-t-il le croire et c’est comme cela qu’il tente de l’expliquer, tout en paraissant n'avoir pas vraiment conscience de ce qui s’est passé. Car les choses changent face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction. «La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche après coup».

    Finalement, c'est d'ailleurs anecdotique, rien n’est véritablement résolu dans ce film,  noir, sentimental et sulfureux, tourné en cinq semaines (un petit exploit) et dont le grand ntérêt consiste à opposer deux temps. Celui présent de l’interrogatoire froid, clinique, et celui, rétrospectif, de la réalité des faits.

    Une belle réussite que cet opus au format carré et construit en flashbacks progressifs. Il confirme le talent de cinéaste de l'auteur, à laquelle participent largement les comédiens, tous excellents. A côté de Mathieu Amalric, Léa Drucker et Stéphanie Cléau, on n’oubliera pas Laurent Poitrenaux dans le rôle du juge.

    Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 juin

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  • Cinéma: "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire": un Forrest Gump à la suédoise

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    587881.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgA l’origine du film, il y a le roman éponyme du Suédois Jonas Jonasson publié en 2009. Véritable best-seller, il a été traduit deux ans plus tard dans 35 pays et vendu à six millions d’exemplaires dans le monde. Son adaptation à l’écran en 2013 a fait un carton en Suède, allant jusqu’à détrôner le premier épisode de la célèbre saga Millenium de Niels Arden Oplev.

    Signé Felix Hemgren, l’opus raconte les aventures rocambolesques d’Allan Karlsson, un vieillard pour le moins singulier, ex-spécialiste en explosifs. Persuadé qu'il peut tout recommencer à zéro, il s’échappe de la maison de retraite, par la fenêtre de sa chambre, le jour de son 100e anniversaire.  C’est le point de départ d’une cavale farfelue aux côtés d’un escroc, d’un vendeur de hot-dogs,  d’un éléphant et de sa pulpeuse propriétaire.

    Sur fond d’une série de quiproquos, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est prétexte à revisiter le siècle, avec un héros particulièrement gaffeur. Responsable à l’insu de son plein gré de bouleversements politiques majeurs comme l’entrée dans la guerre froide ou la chute du mur de Berlin, il pimente sa balade de rencontres avec les grands de la planète, Einstein, Staline, Franco ou Gorbatchev.

    Robert+Gustafsson+Portrait+Session+WSdGMSBk0NFl[1].jpgC’est le même acteur, en l’occurrence Robert Gustafsson (photo), qui incarne cet homme aux différents stades de sa vie. Il amuse la Suède depuis la fin des années 80 et a reçu par deux fois le titre de l'homme le plus drôle de son pays. ll se montre plutôt convaincant dans ce Forrest Gump à la suédoise, qui nous délivre également la devise futée d’une mère. 

    Chez Robert Zemeckis on avait: "La vie c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber". Et chez Felix Hemgren: "les choses sont ce qu’elles sont, ce qui sera sera…" Allan la fait sienne, embarquant par mégarde dans sa fuite une valise bourrée de billets de banque qu’un jeune fou furieux l’avait chargé de surveiller.

    A l’image du roman, le film qui mise sur l’humour froid joue sur l’alternance entre présent et passé avec course poursuite à l'appui. Sympathique et amusant dans sa première partie, il a toutefois tendance à tomber dans la farce lourdingue au fur et à mesure du récit. Le réalisateur commet l’erreur de vouloir trop en faire en mélangeant les genres et se perdant entre, saga, fresque et comédie romantique. Qui trop embrasse…

    Film à l’affiche  dès mercredi 28 mai dans les salles romandes.

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  • Festival de Cannes: avec "Maps To The Stars", David Cronenberg dit avoir fait une comédie... comme d'habitude

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    Map-to-the-Stars[1].jpgIl figure en compétition pour la cinquième fois. Président du jury il y a 15 ans, David Cronenberg remettait la Palme d’Or aux frères Dardenne pour Rosetta, mais n’a jamais réussi à en gagner une. Y parviendra-t-il cette année, où il se retrouve en lice en compagnie des deux Belges? Qui sait,  Les voies du jury étant impénétrables

    Mais une chose sûre. Avec son dernier-né Maps To The Stars, le Canadien a en tout cas provoqué l’enthousiasme des festivaliers et rameuté les critiques à la conférence de presse où il était de plus entouré de Julianne Moore, Mia Wasikowska, Robert Pattinson (photo) et John Cusack.

    Sur un scénario de Bruce Wagner, David Cronenberg décrit avec férocité et humour les dessous de l’industrie hollywoodienne, à travers l’histoire d’une famille composée de Benjie, déjà star à 13 ans, de sa mère ambitieuse qui lui sert de coach, et de son père auteur à succès. Celui-ci soigne, au moyen d’une thérapie pour le moins saugrenue, Havana Segrand (Julianne Moore), une actrice névrosée (belle performance) qui rêve de jouer dans le remake du film qui a fait de sa mère une star. Elle est terrorisée à l’idée d’être rejetée.

    Débarque alors Agatha (Mia Wasikowska), une jeune fille défigurée et très perturbée qui devient son assistante et tombe amoureuse de Jerome Fontana (Robert Pattinson), un séduisant chauffeur de limousine, scénariste et aspirant à la notoriété. Bientôt les pulsions se déchaînent et les cadavres sortent des placards, tandis que plane une odeur de sang.

    Visionnaire inspiré, fasciné tout au long de sa carrière par la monstruosité, le double, les phobies de la société, le réalisateur s’est à l’évidence amusé à réaliser ce projet conçu comme une nouvelle exploration de l’être humain, mettant l’accent sur ses doutes et son arrogance. Il nous emmène dans un opus à la fois cynique, grinçant, tordu, vénéneux, horrifique. Et comique.

    Le cinéaste l’a relevé lui-même lors de la conférence de presse, il s’agit d’une comédie, à l’image de ses autres longs-métrages. "Je pense qu’ils sont tous drôles". Par ailleurs, il a tenu à préciser que Maps To The Stars ne concerne pas seulement l’industrie du film, mais tous les lieux où les gens sont obsédés par la célébrité et la cupidité. "L’intrigue pourrait aussi bien se passer à Wall Street ou dans la Sillicone Valley. N’y voir qu’une critique de Hollywood serait réducteur".

    Interrogé sur la raison pour laquelle ses acteurs font souvent l’amour dans une voiture, Cronenberg explique que toute une génération d’Américains ont été conçus sur la banquette arrière. "Cela fait partie de la révolution sexuelle Il n’y a rien de nouveau là-dedans".

    Jolie touche d’humour avec la réponse embarrassée de Robert Pattinson sur le sujet. Comme il a basculé Juliette Binoche (Cosmopolis) et cette fois Julianne Moore sur les coussins d’une limousine, on lui a demandé quelle était la meilleure "passagère". Galant, le comédien les a mises à égalité. Avec quand même apparemment une petite préférence pour la seconde. "Julianne était sublime. J’ai beaucoup transpiré…"

    Le film sort mercredi 21mai dans les salles de Suisse romande.

     

     

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