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09/04/2014

Cinéma: Du vide dans "Les yeux jaunes des crocodiles"...

PHO7b6e024a-bf2a-11e3-8768-ea0d916bcd04-805x453[1].jpgMais où va le cinéma français? Après une série de comédies plus ineptes les unes que les autres, de Supercondriaque à Fiston en passant par Situation amoureuse: c’est compliqué, la palme revenant incontestablement au particulièrement calamiteux Avis de mistral, voici un nouvel opus proche du néant signé de la Belge Cécile Telerman et adapté du best-seller de Katherine Pancol, Les yeux jaunes des crocodiles.

C’est l’histoire de deux sœurs que tout oppose. D’un côté il y a Joséphine la gentille, sorte de paillasson sur lequel tout le monde s’essuie les pieds, mais en même temps brillante historienne, chercheuse au CNRS et spécialisée dans le 12e siècle. De l'autre, on découvre la méchante, Iris, magnifique et superficielle bourgeoise.

Fauchée, avec deux filles sur les bras, la première vient de larguer son mari qui la trompe avec la manucure du supermarché d’à côté. La seconde, pourvue d’un mari friqué, s’ennuie dans son appartement des beaux quartiers parisiens entre le shopping et les salons de beauté. 

Lors d’un dîner chic, lassée de passer pour futile, elle se vante d’avoir commencé un roman. Prise au piège face à l’enthousiasme des convives, elle persuade sa sœur de l’écrire à sa place. Elle signera le livre mais lui laissera l’argent qu’il pourrait lui rapporter. A contrecoeur mais couverte de dettes, Joséphine finit par accepter. Et c'est l'engrenage... 

Pauvreté de la mise en scène et des dialogues, personnages caricaturaux, intrigue ridicule, Cécile Telerman ne nous a pas épargné grand-chose. En revanche, elle n’a pas lésiné sur le casting. Dans sa sitcom aussi mièvre dirons-nous pour sa défense, que le roman dont elle est tirée, elle a réuni Emmanuelle Béart, Julie Depardieu (photo), Patrick Bruel, Jacques Weber et Alice Isaaz, qui continue donc à squatter la pellicule hexagonale. Mais voilà hélas qui ne suffit pas à sauver le bateau du naufrage.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 9 avril.

 

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Cinéma: "Divergente", la nouvelle saga pour ados, ne brille pas par son originalité

189499[1].jpgDans un Chicago futuriste et post-apocalyptique, les habitants sont divisés en cinq groupes de personnes appelés des factions. Il y a les Audacieux, les Erudits, les Altruistes, les Sincères et les Fraternels.

Comme tous les jeunes de son âge, Béatrice, 16 ans, doit choisir son camp pour le reste de son existence après avoir passé un test de capacité. En effet, aucun retour en arrière n’est possible dès l’option du clan arrêtée.

Mais, cas rarissime, l'examen n’est pas concluant dans la mesure où ses compétences la placent à la fois chez  Audacieux, les Erudits et les Altruistes. Autrement dit, elle est Divergente. Les Divergents sont des individus n’appartenant à aucune caste. Classés éléments subversifs, ces parias qui errent misérablement en haillons, sont traqués par le gouvernement et en danger de mort.

Dissimulant son secret Béatrice, née chez le Altruistes, fuit sa famille, prend le nom de Tris et intègre  le monde violent des Audacieux, des risque-tout dont l’entraînement, outre l’aptitude indispensable au combat, est basé sur le contrôle de leurs peurs intimes.

Adapté de la série littéraire de Veronica Roth qui a fait un tabac aux Etats-Unis, Divergente, dont le premier volet de la trilogie est signé de l’Américain Neil Burger est la nouvelle saga pour ados, dans la droite ligne de Hunger Games ou autres Ames vagabondes.

Une mouture initiale du coup bien peu originale et longuette, à la mise en scène pas trop inspirée et au scénario frôlant l’indigence. Le réalisateur se contente de surfer sur la force et le courage exemplaire d’une  héroïne luttant contre une société dystopique évidemment fascisante, aux habitants manipulés sans surprise par un pouvoir totalitariste.

Tris est interprétée par Shailene Woodley, qui donne la réplique à Theo James, son amoureux dans l’histoire (photo). Mais on a vu des protagonistes plus motivés. A l’image de Kate Winslet, installée au sommet de l'échelle dans cet univers hyper hiérarchisé, où l'échec n'est ni autorisé ni pardonné. A se demander ce qui a bien pu la pousser à s’engager dans cette aventure, dont la deuxième partie à venir s’intitule L’insurrection. On a l’impression de l’avoir déjà vue…

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 9 avril.

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08/04/2014

Cinéma: "My Sweet Pepper Land", un drôle de western à la sauce kurde

thumb[1].jpgNous sommes au carrefour de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie au lendemain de la chute de Saddam Hussein. Ex-combattant de l’indépendance kurde, Baran devenu flic est chargé de faire respecter la loi. Il débarque dans un bled livré aux trafics et aux exactions d’Aziz Aga le caïd local, en même temps que Govend, une jolie et courageuse  institutrice. Chacun à sa manière est déterminé à se battre pour la justice et l’éducation des enfants. 
 
Second degré assumé pour ce western à la sauce kurde, où se mêlent romance, comédie sociale et farce burlesque. Il donne l’occasion au cinéaste en exil à Hiner Saleem d’évoquer, à travers le portrait et le regard de ses héros, les problèmes de son pays où deux mondes s’opposent.

Face au traditionnel voulant qu’une femme doit obéir à son mari ou ne peut travailler sans son autorisation sous peine de déshonorer sa famille, Govend cherche à conquérir sa liberté. Celle que lui refusent son père et les autres mâles de son entourage, campés sur des conceptions d’un autre âge. Ses aspirations sont partagées par Baran, qui ne cherche pas à la dominer, bien au contraire.

Ensemble  ils représentent la modernité, revendiquant le droit de choisir à la fois leur mode de vie, leur conjoint ou leur profession. Ainsi, entre humour burlesque, fausse légèreté et vraie gravité, le réalisateur se plaît à fustiger la difficile condition de la femme, la corruption mafieuse, tout en ridiculisant un archaïque code de l’honneur. Une jolie réussite à laquelle participent largement Golshifteh Farahani (photo) dans le rôle de Govend et Korkmaz Arslan dans celui de Baran.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 9 avril.

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02/04/2014

Cinéma: "La crème de la crème" épingle la future élite économique hexagonale

la-creme-de-la-creme[1].jpgQue ce soit sur grand écran ou sur les plateaux télé, on la voit partout ces jours Alice Isaaz. Qui promène un petit air de ressemblance avec Emmanuelle Béart…bien avant la bouche.

Elle joue ainsi l’un des trois premiers rôles dans La crème de la crème, le dernier-né de Kim Chapiron. Auteur du plutôt délirant Sheitan et du carcéral Dog Pound, il est labellisé enfant terrible, sinon prodige, du cinéma français.

Là il se lance dans l’exploration du comportement plus ou moins trash des étudiants dans les prestigieuses HEC, machines à fabriquer la future élite économique et financière hexagonale. Dans cette sorte de sous Loup de Wall Street façon teen, on ne respecte aucune loi sauf celle du marché. Tout se vend et tout s’achète donc, y compris le sexe.

Forts de ce principe et décidés de passer de l’enseignement théorique à la pratique, trois étudiants, deux garçons et une fille se revendiquant par ailleurs lesbienne, organisent sur le campus un juteux réseau de prostitution. Qui finira par se transformer en une quête affective. 

Il y a certes une vraie idée dans cette volonté, même maladroite ou faussement féroce d’épingler les leaders de demain, et la mise en scène est assez efficace. Le scénario n’est toutefois pas à la hauteur des ambitions de Kim Chapiron dans ce film sur la génération Y où les protagonistes avides de débauche, de transgressions et d’excès s’éclatent sur du Sardou (!) à deux doigts du coma éthylique.

La crème de la crème s’aventure également sur le terrain des différences sociales, avec des personnages trop grossièrement catégorisés. En revanche les comédiens se montrent convaincants. Aux côtés de la jo
lie Alice Isaaz, on retrouve Thomas Blumenthal, découvert dans Les choristes et Jean-Baptiste Lafarge.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 2 avril.

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01/04/2014

Cinéma: "Pelo Malo" dénonce l'homophobie et l'intolérance

1378830015badhair_011-resize-375x210[1].jpgRéalisatrice peu prolifique, Mariana Rondon n’en connaît pas moins un joli succès en Amérique latine. Cinq ans après la sortie de Cartes postales de Leningrad où des enfants s’inventent un monde pour se protéger des horreurs de la guerre, la cinéaste revient avec  Pelo Malo, (Chevelure rebelle) où elle raconte l’histoire d’un garçon de neuf ans. 
 
Il s’appelle Junior, vit à Caracas avec sa mère et son petit frère de deux ans. Mignon, de constitution délicate, il est obnubilé par ses cheveux qu’il a frisés comme son père (par ailleurs absent), alors qu’il les aimerait tellement lisses comme ceux de Marta, sa jeune maman. Dans l’espoir de dompter cette toison haïe qui lui pourrit l’existence, il s’enferme dans la salle de bains, passant des heures devant la glace à se coiffer et se recoiffer, allant jusqu’à enduire ses boucles épaisses  de mayonnaise ou d’huile pour mieux les aplatir. 
 
Ce comportement coquet déplaît fortement à Marta, qui y voit le signe d’une potentielle homosexualité. D’autant que Junior n’aime pas le sport, veut être chanteur, danse avec sa grand-mère qui lui apprend des chansons kitsch et joue à la poupée avec  une copine acariâtre et peu gâtée par la nature, rejetée par les autres enfants. Il adore aussi regarder le concours de Miss Vénézuela à la télévision et s’intéresse de trop près à un voisin plus âgé qui se balade en débardeur sous sa fenêtre.
 
Relations conflicttuelles

Autant dire que le gamin, ne correspondant pas à la norme, a du mal à se couler dans le moule ardemment souhaité par sa mère. Ce qui provoque entre ses deux êtres des relations particulièrement conflictuelles. Certaine qu’il va souffrir dans un monde dominé par la religion et la masculinité, Marta s’ouvre de ses angoisses à un médecin, usant en outre de divers moyens pour essayer de viriliser son rejeton. Tandis que ce dernier, aspirant à un amour maternel qui lui est refusé, lutte pour assumer une différence qu’il ne fait que pressentir. 
 
Les obsessions capillaires de Junior et ses petits travers servent naturellement de prétexte à la réalisatrice pour stigmatiser l’homophobie et l’intolérance.au sein de la société vénézuélienne Mais elle s’y prend avec finesse, évoquant  l'orientation sexuelle de son pré-ado par petites touches, sans rien dramatiser, ni vouloir absolument illustrer son propos par l’image. 
 
Pas question non plus pour Mariana Rondon  de tomber dans les bons sentiments ou la compassion. Certes bienveillante, elle peut aussi manifester une certaine dureté, sinon se montrer cruelle dans le dénouement d’un récit singulier aux personnages attachants et parfaitement interprétés. A commencer par Samuel Lange Zambrano (Junior) et Samantha Castillo (Marta). Ils contribuent largement à la réussite de ce film bien écrit, bien mis en scène, qui a reçu le Coquillage d’Or au dernier Festival de San Sebastian.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 avril.

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26/03/2014

Cinéma: "Her", passion insolite entre un homme et une machine

k-bigpic-e1376010501535[1].jpgNous sommes à Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly est un homme secret, tourmenté, au caractère complexe. Anéanti par une douloureuse rupture, il reste hanté par les images de son bonheur perdu. Noyant son chagrin dans l’informatique de pointe, il décide d’acheter un programme ultramoderne s’adaptant à la personnalité de chaque utilisateur. 
 
Il fait ainsi la connaissance de Samantha, une voix ensorcelante, sexy et sensuelle de machine, qui réveille ses sentiments par son humour, sa compréhension, sa tolérance et son intelligence. Petit à petit leur désir commun croît, ils tombent amoureux et vivent une passion pour le moins insolite.
 
Cette love story inédite entre un humain et un système d’exploitation n’est pas loin d’être déjà labellisée culte par de nombreux critiques sous le charme. Elle est en gros décrite comme un  chef d’œuvre exaltant, bouleversant, fascinant de beauté, d’intelligence, de sensibilité, de grâce d’humour et de poésie.
 
Ce fol enthousiasme est exagéré. Mais il est certain que le réalisateur Spike Jonze, notamment auteur de Dans la peau de John Malkovich, livre dans cette fable mélancolique entre fantastique et romantisme, une analyse plutôt fine des rapports amoureux dans un univers de science-fiction pas si éloigné du nôtre. 

Solitude et absence de communication

Le plus intéressant et pertinent est toutefois ce qu’il dit de l'extrême solitude, d’une absence de communication entre les êtres, culminant dans des scènes visuellement révélatrices de gens se croisant sans se voir, également épris de leur smartphone ou autre appareil plus sophistiqué, ce qu’il laisse entrevoir de la peur du futur, voire du fantasme masculin de la femme idéale. Le tout induit par l’avancée de nouvelles technologies. 
 
Pourtant, passé le début intrigant et très prometteur d’une option amoureuse virtuelle, la romance originale dont le réalisateur prétend revisiter les vieux codes, se traduit finalement par une bluette banale, conventionnelle et longuette.
 
Elle déçoit par son contenu fade et superficiel, où le seul élément un rien extravagant consiste dans la découverte de Théodore effondré, apprenant que sa chère Samantha parle simultanément avec des milliers de gens et entretient les mêmes relations "charnelles" avec des centaines d’autres. Il en ressort que le partage est insupportable et qu’il est aussi tragique d’être plaqué par un système d’exploitation que par une vraie personne. De quoi retomber sur terre. 
 
 
On salue en revanche l’interprétation décoiffante de Joaquin Phoenix envoûté par une simple oreillette (photo). Il joue remarquablement sa partition sans partenaire, la voix de Scarlett Johansson ayant été  rajoutée en post-production. La comédienne se montrant largement à la hauteur, tous deux finissent par emporter le morceau.

 
Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 26 mars.

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25/03/2014

Cinéma: "Aimer, boire et chanter", ultime fantaisie de l'artisan Alain Resnais

Cinema_pics_809[1].jpgPour la troisième fois après Smoking/no Smoking et Cœurs, Alain Renais adapte une pièce du dramaturge Alan Ayckbourn,  Aimer, boire et chanter. Un film au parfum délicieusement british. En principe cela n’a rien d’étonnant vu qu’il se déroule de surcroît dans la campagne du Yorkshire, mais encore fallait-il en imprégner la pellicule.  

Cette comédie s’articule autour d’un homme, l’énigmatique George Riley, n’ayant plus que quelques mois à vivre. Ce qui bouscule le quotidien de trois couples amis. Bien qu’absent de l’image, il monopolise les conversations entre les six personnages dans cette nouvelle réflexion sur la mort que propose le cinéaste, faisant étrangement écho à son propre décès survenu récemment, à l’âge de 91 ans. 

Titre épicurien, Aimer, boire et chanter sonne en outre comme un leurre, plus particulièrement  dans sa première proposition, étant donné que les hypocrites protagonistes ne cessent de se trahir. Plus particulièrement les trois femmes, Tamara, Monica et Kathryn (Caroline Silhol, Sandrine Kiberlain, Sabine Azéma, photo) sur qui le mystérieux George exerce une redoutable séduction, promettant à chacune de l’emmener en vacances à Tenerife. Une invitation provocante, source de situations jubilatoires.  

Dans des décors extérieurs tape-à-l'oeil et kitsch, formés de panneaux verticaux de couleurs différentes combinés avec des dessins de Blutch, Alain Resnais installe un de ces dispositifs scéniques qu'il affectionne, détournant une dernière fois sans complexe les codes pour abolir, beaucoup plus joyeusement que dans Vous n’avez encore rien vu, la frontière entre cinéma et théâtre.

L’artisan du septième art livre ainsi un opus inventif, bizarroïde, audacieux, qui lui a valu, lors de la Berlinale en février, le Prix Alfred Bauer récompensant l’ouverture vers de nouvelles perspectives dans l’art cinématographique. Il assume pleinement une distance ludique jusque dans la tombe alors qu’on lui reproche étonnamment le contraire.

A l’évidence Alain Resnais s’amuse dans ce vaudeville plein d’humour et d’autodérision, d’émotion aussi, aux dialogues drôles, révélateurs, incisifs, caustiques, sinon parfois cruels. De quoi se délecter pour ses acteurs fétiches ou fidèles, de sa compagne Sabine Azéma évidemment à André Dussolier, en passant par Sandrine Kiberlain ou Hippolyte Girardot.


Film à l’affiche en Suisse romande dès mercredi 26 mars.


 

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19/03/2014

Cinéma: "Situation amoureuse: c'est compliqué". Si seulement!

situation-amoureuse-c-est-complique-manu-payet-emmanuelle-chriqui[1].jpgPétrifié, Ben ose à peine lever les yeux sur Vanessa, la star du lycée dont il est follement amoureux mais qui n’a même pas conscience qu’il existe. On le retrouve quinze ans plus tard, à peine plus mature et sur le point de se marier avec Juliette.

Alors qu’il se montre un poil réticent à sauter le pas, voilà que Vanessa, la bombe du collège, le fantasme de son adolescence, débarque soudain des Etats-Unis et vient bouleverser son quotidien de trentenaire sans histoire. 

Car cette fois, il semble que la belle non seulement s’aperçoit de sa présence, mais le regarde d’un œil intéressé. D’accord, après de longues années passées à New York, elle ne connaît plus que lui à Paris. Malgré tout, il y aurait comme une promesse dans son attitude. En même temps, Ben aime sa patiente, douce et ravissante Juliette. Mais quel dilemme!

Situation amoureuse: c’est compliqué est le premier long-métrage de Manu Payet. Coréalisateur, il en signe également le scénario et les dialogues. A regarder l’émission de Michel Field, le 20 heures de France 2 ou à écouter France Info, on est en présence d’une grande réussite pour cette énième comédie romantique à la française.

Bonjour la complaisance! Car cette histoire qui commence comme Fiston avec le tandem Kev Adams- Frank Dubosc, n’est pas loin de se révéler aussi calamiteuse, bien qu’elle prenne un autre chemin. Où elle s’égare entre maladresses, mollesse, gags pas drôles, comédiens en roue libre. Certes Anaïs Demoustier est charmante tandis qu’Emmanuelle Chriqui promène son look joliment fatal. Mais il en faudrait bien davantage pour sauver l’affaire.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 mars.

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Cinéma: "3 Days To Kill", mauvais choix de Kevin Costner pour son retour

MV5BMzM0MjE0Nzg1N15BMl5BanBnXkFtZTgwODA4ODE4MDE@._V1_SY317_CR0,0,214,317_[1].jpgAtteint d’un cancer en phase terminale, Ethan Renner est déterminé à renoncer à sa vie dangereuse d’agent secret dans le but de se rapprocher d’une femme et d’une fille vivant à Paris et qu'il a sacrifiées pour son métier.  

Mais il ne peut faire autrement que d’accepter une dernière mission, en échange de laquelle il aura droit à un traitement expérimental devant en principe allonger son espérance de vie. Il va donc mener de front deux combats titanesques : traquer un redoutable terroriste et regagner l’amour de sa fille, une adolescente rebelle  qu’i n’a pas revue depuis dix ans. Tout en luttant contre les effets hallucinatoires et pervers du médicament miracle.

Le film signé McG, écrit et produit par Luc Besson, marque le retour de Kevin Costner en tête d’affiche. Le comédien, plutôt en forme, aurait pourtant été bien inspiré de jeter son dévolu sur un opus mieux ficelé que ce film d’action laborieux au scénario ridicule et affligeant, mêlant courses poursuites qui se veulent explosives et courses tranquilles  au marché du coin pour préparer le dîner familial.  Si on ajoute quelques plans touristiques, une louche de bons sentiments et de clichés, un zeste de social et une femme fatale, on atteint des sommets dans le grotesque.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès le 19 mars.

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18/03/2014

Cinéma: "Wrong Cops", une nouvelle comédie barge de Quentin Dupieux

wrong_cops__span[1].pngQuentin Dupieux, par ailleurs DJ connu sous le nom de Mr Oizo dans le monde de la musique, est aussi une sorte de gourou de celui de la pellicule. Ses fans forment pour ainsi dire une secte, encensant frénétiquement ses œuvres complètement barrées. A ce jour il en a commis sept du genre, dont quatre longs-métrages. On citera «Steak» où Georges, souffre-douleur de ses camarades de classe, craque et les mitraille et «Rubber», l’histoire démente d’un pneu psychopathe.

Là, il propose une comédie encore plus déjantée que d’ordinaire intitulée «Wrong Cops» et se déroulant dans une petite ville de Californie. Un film à sketches parti d’un court, qui laisse découvrir des flics dérangés, obscènes, corrompus jusqu’à la moelle et au comportement malsain qui patrouillent dans les rues.

Le plus dingue (l’Américain Mark Burnham) deale de l’herbe cachée dans des rats et des poissons morts. Se piquant d’être mélomane, il terrorise ceux qu’il croise et notamment un ado attardé et introverti (Marilyn Manson) sous prétexte de lui apprendre ce qu’est la bonne musique (photo).

Ses collègues, caricatures de crapules, sont à la hauteur. Il y a un obsédé sexuel qui harcèle les filles pour qu’elles lui montrent leurs seins, un loser borgne et frustré (Eric Judor, le pote de Ramzy) se rêvant future star de l’électro, un lâche particulièrement débile cherchant à se débarrasser d’un vieux quasiment réduit à l’état de cadavre. Sans oublier une fliquette blondasse du genre pétasse, adepte du chantage.

Du néant sanpoudré de réalisme

En résumé des keufs peu portés sur la défense de la loi, mais dictant la leur. Ce petit monde fortement alcoolisé se retrouve finalement au cimetière et fait la fête en dansant sur les tombes pour rendre hommage à un pote décédé. «Putain, quelle bombe !» Peut-on notamment lire sous la plume d’un internaute, résumant le plaisir fou pris par d’autres inconditionnels.

N’en déplaise aux passionnés, Quentin Dupieux qui se veut délirant en imaginant un univers glauque et décalé dans une ambiance rétro, déçoit. On relèvera surtout un grand néant artistique que l’auteur, envoyant valser tous les tabous, n’épargnant rien ni personne, des gays aux handicapés en passant par la morale et l’autorité, saupoudre étonnamment d’une pointe de réalisme. «C’est un regard léger sur les misères de nos sociétés, un regard attendri et méprisant sur l’être humain», remarque- t-il.

Côté musique, élément essentiel dans ses films et ici omniprésente, on n’atteint pas non plus des sommets. Explication de l’intéressé: "Le film est délibérément bête, donc je pouvais utiliser ma musique de dégénéré sans que ça l’abîme..." On salue bien bas une telle lucidité.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 mars.  

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