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14/03/2013

Cinéma: "Jappeloup", "No", "Ai Weiwei: Never Sorry"

jappeloup-nouveau-film-de-guillaume-canet[1].jpgUn cavalier orgueilleux, un cheval caractériel, le couple n’était a priori pas destiné à atteindre des sommets. Et pourtant l’homme et sa monture sont devenus des héros nationaux en 1988. C’est ce qu’on découvre dans Jappeloup, signé Christian Duguay.

Abandonnant sa carrière d’avocat au début des années 80, Pierre Durand décide de se consacrer à sa passion, le saut d’obstacles. Soutenu par son père, il mise sur Jappeloup  un jeune cheval dont personne ne veut en raison de sa petite taille ( 1.58 mètre au garrot) et de son côté trop imprévisible. En revanche il a une formidable détente et révèle une grande aptitude au saut dans les diverses compétitions où il est engagé.

Le duo commence à s’imposer dans le milieu, mais subit un cruel échec aux JO de Los Angeles en 1984. Pierre Durand comprend qu’il est le principal responsable de cette défaite et s’applique à gagner la confiance de Jappeloup dont il ne s’est jamais vraiment occupé. Quatre ans plus tard, c’est l’apothéose à Seoul, tous deux rapportant une médaille d’or à la France.

Guillaume Canet, dont la vocation de cavalier professionnel a été stoppée par une mauvaise chute à 18 ans, a lui-même écrit le scénario dont il est le héros. Il s’y montre sans indulgence, tout comme il dépeint sans complaisance ni concession le monde de l’équitation. Mais pour les passionnés de la discipline, le principal intérêt réside dans les scènes de concours de sauts nd'obstacles,  particulièrement bien filmées.

Le reste de l’intrigue où interviennent notamment Daniel Auteuil et Jacques Higelin est moins convaincant. On est en revanche séduit par Marina Hands, elle-même ancienne bonne cavalière, qui s’est glissée dans le rôle de Nadia, la femme de Pierre Durand.

No, la campagne de pub fatale à Pinochet

130207NoGael_7220830[1].jpgTandis que Jappeloud et Pierre Durand triomphaient à Seoul, Augusto Pinochet acceptait d’organiser sous la pression, cette même année 1988, un référendum sur sa présidence à la tête du Chili, qui a conduit à son éviction le 5 octobre.

Tête d’affiche dans le film de Pablo Larrain, Gael Garcia Bernal incarne le publicitaire René Saavedra, embauché par les opposants pour les aider à monter leur campagne de communication dans le but de faire gagner le "Non". Il applique ses méthodes habituelles pour contribuer au renversement du dictateur.

Le rôle est taillé sur mesure pour Bernal, militant en faveur de la justice sociale et choisissant ses rôles en fonction de son engagement. Lors d’une rencontre avec le public au dernier festival de Locarno, il estimait que les acteurs sont responsables de leurs films et se déclarait principalement intéressé par les projets posant des questions subversives, dangereuses.
 
Dans No, profonde réflexion sur le système démocratique et ses contradictions, le réalisateur revient minutieusement sur le calendrier du référendum tout en rappelant les menaces et intimidations dont les auteurs de la campagne ont fait l’objet. Il se sert également de la publicité pour évoquer quelques tendances socio-culturelles de l’époque

Ai Weiwei, provocateur dissident chinois

540x287-10651_eded3[1].jpgOn reste dans la contestation  politique avec un documentaire consacré à l’artiste dissident chinois Ai Weiwei, tout à la fois architecte, sculpteur, photographe, plasticien, auteur d’œuvres monumentales, de pièces et clichés provocateurs. Le séisme qui s’était produit dans la province de Sichuan, causant la mort de 5000 élèves dont le gouvernement avait tu les noms et le nombre, constitue une de ses réalisations majeures.

Actuellement interdit de sortie du pays, ce frondeur charismatique se bat pour la liberté d’expression. La journaliste américaine Alyson Klayman, qui vit en Chine depuis plus de six ans, se fait l'écho de ses luttes, de ses indignations, de ses actes de résistance qu’en fervent utilisateur des réseaux sociaux il consigne soigneusement. A l’image d’une violente agression policière où il a faili y rester et que relatent photos et vidéos postés via son compte Twitter.

Alyson Klayman livre un film intéressant mais qui pourrait être passionnant si elle ne laissait pas traîner des zones d’ombre autour de son protagoniste, contribuant ainsi à maintenirl’ambiguité de ce personnage paradoxal, égocentrique, opposant courageux au régime, mondialement connu et de ce fait protégé par sa célébrité. 

Tout en évitant soigneusement d’évoquer des questions d’argent, elle passe aussi comme chat sur braise sur sa participation à la construction du célèbre "Nid d’oiseau" pour les Jeux Olympiques de Pékin en 2008, opérant ensuite un revirement spectaculaire et dressant un de ses fameux doigts d’honneur à la manifestation. Comme il l’avait fait dans sa série face à d’autres symboles de la culture chinoise et occidentale, dont la Tour Eiffel. Omission fâcheuse et frustrante.

Nouveaux films à l’affiche dans les salles romandes.

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13/03/2013

Cinéma: "A la merveille", "Cloud Atlas", "Le monde fantastique d'Oz"

ben-affleck-et-olga-kurylenko[1].jpgCinéaste très peu prolifique, plus mystérieux et plus avare de ses apparitions publiques  que Greta Garbo, il est toujours attendu comme le messie par les aficionados. Promis il ya deux ans avec The Tree Of Life (L’arbre de vie) à une Palme d’Or qu’il avait évidemment décrochée, Terrence Malick n’en avait pas moins divisé la Croisette. 

Rebelote à la dernière Mostra de Venise où il revenait avec To The Wonder (A la merveille) seize mois plus tard. Un record sinon un exploit pour ce réalisateur qui n’avait jusqu’ici signé que cinq films en quarante ans. L’accueil mitigé, un euphémisme, d’une partie de la critique n’est pas très étonnant.  Celui qui pense sans doute la mettre à genou au grand complet à chaque film est à nouveau loin du chef d’œuvre avec son dernier opus en forme d’ode à l’amour.

Le film décline dans une sorte de lyrisme intimiste la relation tourmentée et la passion brisée entre Nell et Marina. Sur fond de merveille séculaire représentée par le Mont Saint-Michel, où l’intrigue  débute et  se termine. Danseuse française d’origine ukrainienne (Olga Kurylenko) abandonnée par le père de sa fille, Marina tombe amoureuse d’un Américain (Ben Affleck). Il  les emmène vivre toutes tes les deux en Oklahoma. Marina voudrait se marier, Nell rechigne à s’engager. Alors elle retourne en France, tandis que lui reste dans le Middle-West où il retrouve une amie d’enfance (Rachel McAdams)…

Porté par un élan évangélique Terrence Malick, cherchant toujours à relier l’histoire de l’individu à celle de l’univers, exprime ses propres doutes à travers le personnage d’un prêtre (Javier Bardem). Lui faisant porter la charge d’une humanité souffrante composée de pauvres , de malades et de prisonniers.

Les inconditionnels s’inclinent devant le maître, mais pour tout dire ces alternances entre la fragilité de l’amour humain, la foi en celui du divin teinté de mysticime, ou la confiance en la perennité des merveilles du monde peinent à convaincre. L’ensemble offre ainsi une intrigue à la fois banale, fade et confuse, aux dialogues et aux propos à l’eau de rose qui surprennent de la part de l’auteur.  A voir pourtant pour les sublimes images qu’il nous propose. Comme d’ailleurs dans chacune de ses créations.

Cloud Atlas nous balade à travers cinq siècles 

tom-hanks-cloud-atlas1[1].jpgDans le genre touffu et tortueux, on est servi avec Cloud Atlas, adapté du roman éponyme de David Mitchell  et qui nous emmène dans une épopée composée de six histoires se déroulant sur cinq siècles. Avec des comédiens jouant chacun plusieurs rôles (Tom Hanks par exemple sur la photo) ce qui ne contribue pas franchement à la clarté des choses. 

On passe ainsi à travers des lieux et des époques différentes, du Pacifique sud au 19e siècle, pour atteindre un futur post-apocalyptique, mais qui reste dantesque.

Tout est lié dans ce récit fleuve de science-fiction, coréalisé par Tom Tykwer, Andy et Lana Wachowski. Comme ces gens qui se croisent, se retrouvent d’une vie à l’autre, naissent, renaissent, se réincarnent à l’infini. Tout en se posant les questions existentielles qui ne cessent de les hanter depuis l’aube des temps. Une œuvre ambitieuse qui ne manque pas d’intérêt, mais longuette.

Le monde fantastique d’Oz

oz-the-great-and-powerful-movie-review-_h[1].jpgAdapté plusieurs fois au cinéma, Le Magicien d’Oz d’après le livre écrit par L.Frank Baum en 1900, doit sa célébrité à la version musicale de Victor Fleming, avec Judy Garland dans le rôle de Dorothy.

Jeune fille prise dans une tornade, elle se retrouve dans le monde merveilleux d’Oz  et demande au magicien (en réalité un humain) régnant sur le royaume, de l’aider à rentrer chez elle. Elle croise plusieurs  personnages sur sa route, dont une affreuse sorcière bien décidée à la trucider. 

Le réalisateur Sam Raimi reprend des éléments du conte original pour raconter en fait l’accession du magicien (qui n’en est donc pas un) au trône. Il s’agit d’Oscar Diggs, petit prestidigitateur sans envergure d’un cirque ambulant du Kansas. Emporté lui aussi par une tornade, il atterrit au Pays d’Oz, où il rencontre une poupée en porcelaine, un singe volant et trois sorcières. Il y a notamment  la redoutable Evanora, et Theodora qui voit en lui un sauveur et en tombe amoureuse. 

Très classique dans sa facture, le film séduit surtout par son côté visuel, d’abord une introduction en noir et blanc hommage au cinéma, puis un délire de couleurs et d’effets. Et, c’est suffisamment rare pour être remarqué, une belle maîtrise de la 3D.

Nouveaux films à l'affiche dans les salles romandes.

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07/03/2013

Cinéma: "A Home Far Away", passionnant documentaire

A-Home-far-Away-VDR[1].jpgParmi les sorties de la semaine, un documentaire passionnant. Il est signé du Suisse Peter Entell, à qui l'on doit notamment Le tube, opus réalisé en 2001, qui décrit les effets de la télévision sur le cerveau.

Averc A Home Far Away, il s’est penché sur la vie de l’Américain Edgar Snow, premier journaliste occidental à avoir interviewé Mao Zedong et Zhou Enlai. Soupçonnés de sympathie communiste et mis sur liste noire, le reporter et sa seconde femme, l’actrice américaine Lois Wheeler qu’il a épousée en 1949, sont contraints de quitter les Etats-Unis. Ils s’établissent alors avec leurs deux enfants à Eysins, près de Nyon.
 
Commençant à sillonner la Chine en 1928, Edgard Snow a été le témoin de la famine, de la misère, de la corruption, de la révolution. Un chaos et des bouleversements qu'il a filmés et racontés. Il a écrit onze ouvrages dont le célèbre Etoile rouge sur la Chine, qui a fait le tour du monde. Paru en 1937, il retrace l’histoire du mouvement communiste depuis sa fondation. A l’origine de la rencontre entre Nixon et Mao le 29 février 1972, Edgar Snow meurt quelques jours avant l’instant historique qui a rapproché les deux Etats.
 
Pour Peter Entell, Lois Wheeler aujourd’hui nonagénaire, a accepté d’ouvrir la boîte à souvenirs. Son témoignage, complété par des films et divers documents permettent au cinéaste de revenir sur un parcours hors du commun fait d'utopie et de désillusions. Un film à ne pas manquer, même si on regrette quelques digressions peu essentielles, qui nous éloignent du destin captivant du "vieil ami" du peuple chinois.

Nouveau film à l'affiche dans les salles romandes.

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Cinéma: "20 ans d'écart", "Au bout du conte", La stratégie de la poussette", "The Sessions", "Hansel et Gretel"

20+ANS+D'ECART+PHOTO1[1].jpgTrès demandée ces temps au cinéma, l’ex-présentatrice de télévision Virginie Efira vient d’enchaîner trois films, dont 20 ans d’écart de David Moreau, où elle partage la vedette avec le jeune premier Pierre Niney, pensionnaire de la Comédie Française que s’arrachent également les réalisateurs. 

Virginie incarne la belle Alice Lantins, freinée dans son ambition de devenir rédactrice en chef d’un magazine de mode par son image de psychorigide. Pour la casser et parvenir à son but, elle se fait violence et feint une idylle avec Balthazar, de 20 ans son cadet. Mais ce qui devait arriver se produit, elle se laisse prendre à son propre jeu.

Femme cougar, un sujet on ne peut plus actuel mais un terme que déteste la jolie Virginie. Elle le trouve affreux dans son côté prédatrice suspecte en rut et lui préfère MILF (Mother I’d Like To Fuck), un rien vulgaire mais finalement plus flatteur. Elle n’en était pas moins très attirée par le rôle. Comme elle nous le disait dans une interview, elle avait envie d’une comédie romantique, drôle, légère, bien écrite, remettant en cause des clichés et traitant de choses essentielles emballées avec humour.

Et c’est le cas dans la façon du réalisateur de montrer comment empêcher la résignation de s’installer chez une quasi quadra, qui s’affranchit des normes et finit par refuser de se sentir coupable de ses désirs. Une  oeuvrette sympathique, amusante et sans prétention, où Virginie Efira et et Pierre Niney, formant un couple parfaitement crédible, nous offrent une jolie performance d’acteurs. 

Au bout du conte avec le duo Jaoui-Bacri

20400066.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgLe tandem Agnès Jaoui /Jean-Pierre Bacri se livre à une petite étude de mœurs matinée de satire sociale, sous forme d’un mélange de divers contes où on retrouve des personnages traditionnels revus et corrigés. Il y a Sandro, le prince charmant étudiant en musique, Laura, la princesse héritière croyant avoir trouvé le grand amour, Marianne la bonne fée, comédienne ratée se contentant de spectacles de patronage, Pierre, l’ogre que perturbe l’annonce, par une  voyante quarante ans plus tôt, de sa mort aujourd’hui  imminente. Et enfin le grand méchant loup prêt à croquer le petit chaperon rouge.

Tout ce petit monde se promène et se croise dans cette fable fantaisiste où les auteurs ne nous séduisent pas autant que d’ordinaire. Même s’il y a de l’humour, de bons dialogues et des situations cocasses. Peut-être parce que Jean-Pierre Bacri a trop  tendance à s’autoparodier dans son éternel  rôle de grincheux désabusé, qu’Agnès Jaoui arrondit trop les angles ou que Benjamin Bioley se révèle plus irritant que convaincant dans son rôle de séducteur odieux, amateur de chair fraîche. En l’occurrence celle de la ravissante Agnès Bonitzer.

La poussive stratégie de la poussette

1811367_7_e5a1_raphael-personnaz-dans-le-film-la-strategie-de_4b6c90d3298c245d4fa37b8f68544a5f[1].jpgMais si Au bout du conte déçoit un peu, que dire de La stratégie de la poussette… Lasse du manque d’engagement de Thomas qui refuse de lui faire un enfant, Marie finit par le quitter le soir de son anniversaire. Thomas est inconsolable. Au bout d’un an, se retrouvant pendant quelques jours avec le bébé de sa voisine sur les bras, il va s’en servir pour reconquérir son amour perdu.

Après un début prometteur, la suite s’enlise dans les couches, les biberons et les berceuses. Inutile de préciser qu’on est loin du charme de Trois hommes et un couffin. Dommage pour les deux comédiens Raphaël Personnaz et Charlotte Le Bon, qui méritaient mieux que ce plan de bataille laborieux et mollasson aux gags éculés.

The Sessions évoque sans tabou la sexualité des handicapés

121018_MOV_TheSessions.jpg.CROP.rectangle3-large[1].jpgSe déroulant à San Francisco en 1988, l’intrigue est adaptée du roman autobiographique du poète  Mark O’Brien, mort en 1999. Paralysé des épaules aux orteils, alors âgé de 38 ans, il gagne sa vie comme journaliste. Un travail qu'il effectue depuis le poumon d'acier à l'intérieur duquel il passe la majeure partie de son temps. À la suite du départ d'une aide soignante dont il était amoureux, Mark, très croyant et ami du père Brendan, lui demande son avis pour surmonter un obstacle de taille: la perte de sa virginité.

Le père se montre compatissant et Mark se sent libre de requérir les services d’une thérapeute sexuelle. Elle va lui apprendre le plaisir et redonner ainsi un sens à sa vie. Pour traiter un sujet aussi délicat et tabou que la sexualité des handicapés, il fallait un bon réalisateur et d’excellents acteurs. Ben Lewin se montre à la hauteur du défi dans The Sessions, à l'image de ses deux comédiens. Entouré de John Hawkes et de la belle Helen Hunt, il livre une comédie dramatique à la fois grave, légère, touchante, pimentée d’humour. Il parvient même à mêler assez habilement la religion à l’histoire. Un petit tour de force.

Hansel et Gretel, pathétiques chasseurs de sorcièree

HANSEL-AND-GRETEL_510x317[1].jpgRien à sauver dans le film horrifique du cinéaste norvégien Tommy Wirkola, basé sur Hansel et Gretel des frères Grimm. On se demande d’ailleurs bien pourquoi, dans la mesure où le film commence au moment où le conte se termine. Pour rappel, deux enfants abandonnés par leur père dans la forêt se retrouvent devant une maison en pain d’épice recouverte de gâteaux. Affamés, ils se mettent à la dévorer, avant d’être faits prisonniers par la propriétaire, une méchante sorcière bien déterminée à les boulotter à son tour. Mais ils réussissent à fuir après avoir poussé dans un four la redoutable anthropophage. 

On retrouve donc les deux héros devenus grands, interprétés par Jeremy Renner et Gemma Arterton, transformés en chasseurs de primes à la recherche de harpies sur balais volants à tuer à coups d’arbalètes automatiques des plus sophistiquées. Le tout dans de grotesques déferlements d’hémoglobine. Sans oublier la ridicule utilisation, alors que l’histoire se déroule au moyen-âge, de taser, de défibrillateur et d’insuline pour réguler le taux de sucre d’Hansel, qui s’est laissé aller à des excès glycémiques quelques années plus tôt. Pathétique, sans intérêt et en 3D.

Nouveaux films à l’affiche dans les salles romandes.

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06/03/2013

Cinéma: "Spring Breakers", sex, drug and guns pour sexy bad girls

spring-breakers-image09[1].jpgChantre de la culture pop, alors enfant terrible et surdoué du cinéma indépendant américain, scénariste à 19 ans de Larry Clark dans les années 90 pour Kids et Ken Park, Harmony Korine a secoué la Mostra de Venise en septembre dernier, avec Spring Breakers.

Après les radicaux Gummo (1998), Julien Donkey Boy, étiqueté dogme (1999), et Trash Humpers en 2009, il met en scène de sulfureuses créatures peu vêtues à la plastique de rêve. S'exhibant dans de suggestifs bkinis, sa femme Rachel Korine, Ahsley Benson, ainsi que Vanessa Hudgens et Selena Gomez (l'ex de Justin Beaber), issues de l’école Disney, qui viennent casser leur image de jeunes filles sages.  

Et ça dérape vite fait, les sexy girls fauchées et sans état d’âme braquent un restaurant pour financer leur Spring Break. Autrement dit la semaine de vacances d’avril, où les étudiants fondent sur la Floride pour s’éclater sur la plage au soleil, dans une débauche de drogue, d’alcool, d’électro et de sexe. Toujours aussi gras et moche, le sexe, avec cette exaspérante manie des Américains de mimer sottement l’éjaculation via des canettes de bière!  

Mais bref. Alors qu’elles se lâchent dans un motel, les minettes en folie sont embarquées par les flics et se retrouvent en mini deux pièces dans une cellule. D’où, flairant le bon filon, les sort l’improbable gangsta sudiste et dealer Alien (James Franco) aux dents métallisées, aussi porté sur le flingue que sur le mysticisme. Sentant les choses se gâter, l’une des filles, c’est le côté moral, décide de rentrer chez papa-maman.

Dès lors le teen movie trash sombre dans le glauque infernal, à la fois cauchemardesque et fantasmatique. Les  bad girls en survêtements flashy ivres d'une jouissive puissance, virent carrément sociopathe et défouraillent à volonté sur tout ce qui bouge dans des décors acidulés. Entre jeu vidéo, clips de rap ou MTV, films de gangsters revisités, le réalisateur donne ainsi une fois encore l’image d’une jeunesse américaine naïve, decadente, perdue et livrée à elle-même.

On perçoit certes ses intentions symboliques et métaphoriques. Voire comiques. On peine toutefois un peu à imaginer l’innocence et la beauté dans l’apologie d’un monde violent et sans valeurs, sinon celles, éternelles et plus mainstream qu'underground du fric, du sexe, du pouvoir. Reste que ce Spring Breakers sous substance, labellisé expérience sensorielle par son auteur et déjà considéré comme le  "it film" de l’année, ne devrait pas tarder à devenir culte.

Film  à l'affiche dans les salles romandes, mercredi 6 mars.

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27/02/2013

Cinéma: "Argerich/Bloody Daughter", "Comme des lions à l'entrée de la nuit"

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Parmi les nombreuses sorties de la semaine, deux documentaires pour les amateurs du genre. Suisses de surcroît. Fille de la célèbre pianiste argentine, la genevoise Stéphanie Argerich nous laisse pénétrer dans l’intimité de sa famille, dominée par la figure de la grande Martha.

Dans son premier long-métrage, sous-titré Bloody Daughter et qui s’ouvre sur son propre accouchement, elle se  penche plus particulièrement sur la relation entre la "déesse" et ses trois filles. Evoquant leurs souvenirs, elles laissent découvrir un univers, complexe, chaotique, hors du commun.

L’auteur pose à sa fantasque et ardente héroïne des questions parfois embarrassantes sur ses demi-sœurs, l’une née Lyda Chen et l’autre Annie Dutoit, sur la difficulté à mener de front maternité, carrière artistique qui l’emmène aux quatre coins de la planète, vie de couple. L’occasion de donner également la parole à son père, Stéphane Kovacevich, autre géant du monde musical, interprète de Beethoven.

Dans cette plongée sans détour au cœur d’une étonnante galaxie familiale, la réalisatrice alterne les prises de vue en direct avec des images d’archives, tout en livrant ses propres impressions  off. L’ensemble donne un documentaire certes émouvant et inédit dans ce qu’il révèle de sa protagoniste principale, mais bancal.

En réalité, il tient davantage du journal de son auteur que du portrait de sa mère. Du coup cela manque singulièrement de musique. Les fans de l’artiste doivent ainsi se contenter de quelques scènes  lors de répétitions ou de concerts. L’opus n’en a pas moins remporté un Fipa d’or dans sa catégorie au festival de Biarritz.

Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit

LP_04[1].jpgUn autre cinéaste genevois, Olivier Zuchuat, propose la découverte d’un pan tragique et méconnu de l’histoire grecque, en nous emmenant à Makronissos, petite île des Cyclades. Elle a servi, entre 1948 et 1951, de prison à plus de 80.000 soldats et civils, internés dans des camps de rééducation pour activité communiste.

Parmi eux se trouvaient de nombreux écrivains et poètes dont Yannis Ritsos. En dépit de leurs terribles conditions d'existence, ils ont réussi à écrire des textes décrivant cet enfer concentrationnaire.  Certains, cachés dans des bouteilles et enterrés sur place, ont été retrouvés, inspirant son désir de film à Zuchuat. 

Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit mêle à de rares archives photographiques et cinématographiques la lecture de ces poèmes et les discours de rééducation diffusés en permanence par les haut-parleurs. Alors que de longs travellings balayent les ruines du camp, cette résistance à l’oppression par les mots donne un film d’un abord un peu difficile, mais indispensable contre l’oubli.

 

Films à l’affiche dans les salles romandes, mercredi 27 février.

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Cinéma: "Hyde Park On Hudson", "Sublimes créatures", "Zaytoun", "Moebius", "Cyanure", "Boule et Bill"

cn_image.size.hyde-park-on-hudson-bill-murray[1].jpgSemaine chargée avec une dizaine de nouveaux films au programme, mais qui ne combleront pas forcément les grands amateurs de pellicule. Même s’il y en a pour tous les goûts entre  le  drame, le fantastique, l’espionnage, l’adaptation BD, le documentaire. Ou la comédie politico-romantique comme Hyde Park On Hudson (Week-End royal).

Nous sommes en juin 1939, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Le président Franklin D. Roosevelt, incarné par un Bill Murray facétieux, reçoit dans sa propriété campagnarde George V et la reine Elizabeth. C’est la première fois que des majestés britanniques se rendent aux Etats-Unis depuis l’indépendance.

Ce court séjour est d’une importance capitale, la Grande-Bretagne qui se prépare à entrer en guerre contre l’Allemagne espérant obtenir l’aide militaire américaine. Mais les souverains ne tardent pas à découvrir l’étrange mode de vie du président handicapé, pourtant au faîte de ses responsabilités, mais plus intéressé par la relation qu’il entretient notamment avec sa cousine Daisy que par les affaires internationales.

On peut du coup reprocher au réalisateur Roger Michell, à qui l’on doit notamment Coup de foudre à Notting Hill, de courir deux lièvres à la fois et de nuire ainsi aux deux intrigues. En même temps, profiter de la visite du bègue George V (magnifiquement interprété par Colin Firth dans Le discours d’un roi) pour révéler les escapades adultères du président, tandis que la progressiste Eleanor ferme les yeux, permet à Michell de se livrer à une petite étude de mœurs.

L’attitude et les manières cavalières de l’hôte de la Maison Blanche, impénitent coureur de jupons en dépit de son âge et de sa condition physique, nanti d’une femme indépendante, tranche ainsi sur le comportement vieillot du jeune coupe royal, s’offusquant facilement des entorses à l’étiquette. Autant de prétextes à quelques scènes amusantes dont celle d’un pique-nique organisé par la première dame avec dégustation imposée de hot-dogs…

En d’autres termes, ça ne mange pas de pain, mais c’est divertissant et ça se laisse voir.

Avec Sublimes créatures, c’est reparti pour la saga!

beautifulcreatures[1].jpgTwilight c’est fini, mais voilà que lui succède déjà Sublimes Creatures, adapté de la saga littéraire 16 lunes, où les sorcières ont remplacé les vampires. Ce qui ne rend pas leurs amourettes avec les humains plus faciles. C’est du moins ce qu’on apprend dans ce qui devrait logiquement constituer le premier volet d’une longue série.

Ethan Wake s’ennuie dans son bled du sud des Etats-Unis, jusqu’au jour où de mystérieux phénomènes se produisent avec l’arrivée dans son lycée d’une nouvelle élève, Lena Duchannes. Alors qu’elle se heurte à l’animosité des habitants, Ethan est au contraire très attiré par la jeune fille douée de pouvoirs surnaturels.

Mais une terrible épreuve attend les amoureux. Le seizième anniversaire de Lena approche et c’est là quelle saura si elle est vouée aux forces bénéfiques de la lumière ou à la puissance maléfique des ténèbres. Rien de bien nouveau donc sous le soleil sinon quelques beaux effets visuels, un peu moins de mièvrerie et un peu plus d’humour que dans Twilight. En revanche, on ne sait pas si les deux comédiens Alice Englert et Alden Ehrenreich (photo) vont autant faire craquer les ados que Kristen Stewart et Robert Pattinson.

Zaytoun, drôle d’endroit pour une rencontre

20395749.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgC’est l’histoire, en 1982, d’un pilote de chasse israélien dont l’avion a été abattu au-dessus de Beyrouth en pleine guerre du Liban, et d’un petit réfugié palestinien de 12 ans. Blessé et fait prisonnier, le premier est gardé par le second. Au début, ils ne font que se cracher des insultes à la figure. Mais leur méfiance ne tarde pas à se  muer en amitié, lorsque le gamin orphelin libère le soldat. Tous les deux  traversent alors un pays déchiré par la guerre pour retrouver une terre qu’ils considérent chacun comme la leur et y planter un olivier.

Eran Riklis, dont on avait beaucoup aimé La fiancée syrienne, se montre moins inspiré et original dans Zaytoun, proposant une fable simpliste, naïve, trop téléphonée pour séduire en dépit de ses protagonistes souvent émouvants. Servis par de bons acteurs, à commencer par le jeune Abdallah el-Akai, qui donne la réplique à l’Américain Stephen Dorff, en l’occurrence plus Israélien que nature.

Jean Dujardin joue l'espion russe dans Moebius

jean-dujardin-cecile-de-france[1].jpgEn dépit de certains critiques français, portant aux nues le dernier-né d’Eric Rochant, évoquant un scénario sous tension permanente, remarquablement écrit, un film d’espionnage digne des maîtres du genre, pimenté d’un thriller sensuel, charnel et vénéneux avec des comédiens flamboyants, on est très loin du compte avec Moebius.

Le cinéaste met en scène un officier des services secrets russes qui tombe follement amoureux d’une surdouée de la finance qu’il est censé manipuler. Dit de cette manière, cela paraît simple, mais en réalité il s’agit d’un intrigue embrouillée, confuse, sans grand intérêt et qui n’a pas grand-chose à voir avec le suspense haletant à la Hitchcock qu'on lui prête. 

Sans oublier le côté romance de la chose, où on retrouve les amants maudits incarnés par l’improbable Russe Jean Dujardin et Cécile de France, spécialiste des faux-semblants, dans de pathétiques scènes d’amour frisant le ridicule. Pour vous dire, il suffit que Jean hausse le sourcil pour que Cécile entre en transes!

Cyanure, une affaire toxique

03-cyanure[1].jpgTrois ans après Coeur animal, qui lui avait valu le prix du cinéma suisse, la Vaudoise Séverine Cornamusaz revient avec Cyanure où elle évoque les retrouvailles de Joe qui vient de sortir de prison et de son fils Achille, 13 ans, qu’il n’a jamais connu. Mais ce dernier le vénère et l’idéalis, l’imaginant en divers superhéros, illustrés dans le film par des images de bande dessinée.

A côté le nouveau compagnon de sa mère, qu’il ne supporte pas, ne fait évidemment pas le poids et Achille rêve de réunir ses deux parents pour former une super famille. Mais quand il découvre la vraie nature de son père, qui n'a aucune intention d'assumer son rôle, le retour à la réalité est rude pour tout le monde. Le spectateur, lui, souffre plus ou moins depuis le début…

Deux mots sur Boule et Bill, première et on espère dernière adaptation sur grand écran par Alexandre Charlot et Franck Magnier de la célèbre bande dessinée éponyme créée par Jean Roba en 1959. Avec Marina Foïs et Franck Dubosc dans le rôle des parents etl’agaçant Charles Crombez dans celui du gamin.Sans parler de l’exaspérante voix off pour le chien.
A suivre les deux documentaires de la semaine.

Films à l’affiche en Suisse romande mercredi 27 février.

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20/02/2013

Cinéma: "Pierre de patience", "Post Tenebras Lux", "Virgin Tales"

723554_PIERRE_DE_PATIENCE_affiche_foto610x342[1].jpgDans la mythologie perse, une pierre de patience (syngué sabour) est une pierre magique que l’on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances ses douleurs, ses misères. Et la pierre écoute tout cela jusqu’au jour où elle éclate. C’est, au pied des montagnes de Kaboul, ce que devient pour sa jeune femme un héros de guerre dans le coma.

Au milieu d’une guerre fratricide, avec les combattants à sa porte, la femme reste d’abord à son chevet, priant pour le ramener à la vie. Puis elle décide de fuir pour protéger ses deux fillettes et se réfugie dans une maison close tenue par sa tante. Mais elle revient auprès de son mari. Provoquant des soldats, elle se prostitue et se fait violer. Mais, contre toute attente, c’est là qu’elle prend conscience de son corps et se libère pour confier à ce vieil homme alors tyrannique, gisant mourant à présent près d’elle, ses désirs, ses frustrations, ses secrets les plus intimes et les plus inavouables.

Le réalisateur Atiq Rahimi a adapté son propre roman, prix Goncourt en 2008. Il en fait un film émouvant, révélateur, emblématique. Se déroulant en majorité dans une chambre dénuée de tout décor, il est porté de bout en bout par Golshifteh Farahani (photo), magnifique interprète de cette femme  symbole, retrouvant à travers un long monologue, une parole bafouée et interdite.

Post Tenebras Lux, obscur objet de cinéma

images[1].jpgDans ce film au titre latin tiré du Livre de Job, la caméra du cinéaste mexicain Carlos Reygadas suit une famille de citadins qui s'est installée à la campagne, au sein d’une nature hostile et boueuse. Le début, très prometteur, montre une petite fille batifolant dans un pré au milieu de chevaux, de vaches et de dogues menaçants. L’orage gronde  tandis que le ciel zébré d’éclairs commence à s’assombrir---
 
La nuit venue, surgit dans la maison un effrayant diable rouge translucide et fluorescent, à longue queue et en talons aiguilles qui se balade avec une boîte à outils en inspectant les lieux. C’est à partir de là que les choses se gâtent. Le spectateur perdu dans le labyrinthe installé par Carlos Reygadas, finit par se sentir complètement largué en se retrouvant par exemple dans un sauna échangiste parisien, face à des images crues, cruelles, de corps nus vieillissants.
 
Autrement dit, un film impossible à résumer et difficile à saisir qui se révélait l’œuvre la plus hermétique et la plus huée de la compétition cannoise en mai dernier. Il avait néanmoins décroché le prix de la mise en scène, pour sa virtuosité formelle.

Virgin Tales, l’utopie évangéliste

rvirgin_tales[1].jpgLa chasteté comme riposte aux attitudes et pratiques actuelles. C’est la deuxième révolution sexuelle que proclament les chrétiens évangélistes aux Etats-Unis. Une jeune fille sur huit a ainsi juré de rester pure jusqu’au mariage, poussant le concept jusqu’à éviter d’échanger son premier baiser avant de rallier l’autel.
 
Pendant deux ans la Suissesse Mirjam Von Arx s’est intéressée au quotidien des Wilson, un couple d’Américains parents de sept enfants, cinq filles et deux garçons, fondateurs du "bal des vierges" (purity ball), où les pères dansent avec leurs filles. Une famille où règne une harmonie parfaite, à peine troublée par l’attente du prince charmant par une jeune fille de 20 ans.

Pour tromper son impatience et ses envies, elle donne des cours de bonnes manières inspirées d’un manuel d’un autre âge. Dans son documentaire, la réalisatrice montre ce monde à l’apparence immaculée, bourré de règles et de rites, générant un sentiment de malaise. Comme ces scènes où les enfants agenouillés reçoivent tour à tour la bénédiction du patriarche.
 
On regrettera toutefois qu’elle se soit trop souvent contentée d’observer. D’où un manque de questionnement et de regard sur cette utopie évangéliste inquiétante, dans une église en pleine expansion.

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 20 février.

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19/02/2013

Cinéma: Vive la France!, un délire télé pour un nouveau navet

20111380[1].jpgL’enthousiasme des animateurs télé, dont notamment celui d’un Ruquier carrément scié et racontant dans "On n'est pas couché" à quel point il avait trouvé hyperdrôle le deuxième film de Michaël Youn, laisse à nouveau pantois.

Sous Borat hexagonal, bien que son auteur se disant inspiré d’un fait divers arrivé en Italie se défende d’un quelconque emprunt à la pochade de Sacha Baron Cohen, Vive la France!, raconte l’aventure de deux bergers du Taboulistan s’improvisant terroristes. Leur mission: détruire la Tour Eiffel dans le but de faire connaître leur minuscule contrée lointaine. 

Suite à une grève leur avion atterrit en Corse, d’où une traversée forcée du pays pour rallier Paris. Un périple ridiculement mouvementé, permettant aux deux pieds nickelés Muzafar et Feruz, alias Platini et Noah (vous saisissez la puissance comique j'espère), de découvrir que si la France est belle, elle est malheureusement peuplée de… Français.
 
Méchant, cynique, politiquement incorrect ? Hélas non. Pathétique, Michaël Youn flanqué d’un José Garcia grotesque accumule,sans les maîtriser, les stéréotypes franchouillards genre irréductibles Gaulois beaufs, racistes et râleurs, les clichés et les gags foireux. Pour livrer une farce laborieuse, bâclée, grossière et indigeste que plombe encore une histoire d’amour entre le réalisateur acteur et sa compagne Isabelle Funaro.  

To Die Hard: belle journée pour mourir…

A-Good-Day-to-Die-Hard1[1].jpgL’autre gros navet de la semaine, c’est la cinquième resucée de Die Hard, où le sempiternel flic newyorkais McClane vole au secours de son fils Jack, arrêté à Moscou pour meurtre. Mais il ignore que ce dernier est en réalité un agent de la CIA chargé d’empêcher un vol d’armes atomiques. Et voici, en compagnie de son fiston, le fameux antihéros toujours au mauvais endroit au mauvais moment, embarqué cette fois dans une sale affaire nucléaire, avec la mafia russe aux fesses.

Overdose de courses poursuites (avec destruction de 132 voitures pendant le tournage), surenchère pyrotechnique, déferlement de cascades et d’effets numériques pour une intrigue en forme de jeu vidéo où se multiplient les erreurs et les incohérences, c'est un véritable pensum. Si l’on ajoute un Bruce Willis en roue libre qui a l'air de s'ennuyer comme un rat mort, on se dit que cette Belle journée pour mourir est surtout un bon moment pour arrêter les frais…

Films à l'affiche en Suisse romande dès mercredi 20 février.

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14/02/2013

Cinéma: "Flight", "Les Misérables", "Héritage"

film-flight-570[1].jpgAprès trois longs métrages d’animation qui lui ont pris une douzaine d’années, Robert Zemeckis, notamment oscarisé pour Forrest Gump en 1995, opère un grand retour aux prises de vue réelles avec des acteurs en chair et en os. Fasciné par le gros potentiel dramatique du scénario de John Gatins, tiré d’un accident survenu en Alaska en 2001, il raconte dans Flight l’histoire de Whip Whitaker. Pilote de ligne hors pair, il réussit  miraculeusement à poser son avion  dans  un champ après un accident en plein ciel.

Seuls six morts sont à déplorer sur un total de 102 personnes à bord. Un exploit qui fait  naturellement de Whip un héros traqué par les médias. Mais l’enquête qui suit le crash provoque  de nombreuses interrogations sur ce qui s’est réellement passé à bord du vol  227. Soupçonné d’alcoolisme, Whip se voit soudain mis au ban de la société. En dépit de ses affirmations, relayées par l’Administration fédérale de l’aviation américaine, selon lesquelles personne d’autre que lui n’aurait pu faire atterrir l'appareil. 

Portant sur ses épaules l’opus, à la fois film catastrophe, de procès et drame intimiste, Denzel Washington se glisse avec talent dans la peau de ce pilote écorché vif, héros et loser, dépendant à l’alcool et à la coke, naviguant entre orgueil, démesure et autodestruction. L’avocat de Philadelphia est évidemment nommé à l’Oscar du meilleur acteur qu’il avait d’ailleurs déjà obtenu en 2002, pour son rôle dans Training Day.

 De son côté l’efficace Robert Zemeckis propose quelques magistrales scènes d’action,  dont l’incroyable retournement de l’appareil sur le dos avant l’impressionnant écrasement au sol.  Dommage pourtant que l’œuvre ne tienne pas toutes ses promesses dans une deuxième partie. Centrée sur le portrait psychologique du personnage et sa rencontre avec une junkie, elle nous emmène vers un inévitable dénouement  moralisateur.   

Tom Hooper revisite Les Misérables 

20364091.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgS’inspirant de la comédie musicale Les Misérables, à ce jour celle qui a enregistré le plus grand nombre de spectateurs dans le monde, Tom Hooper livre une énième version cinématographique du chef d’œuvre de Victor Hugo. Albert Capellani s’y était déjà attelé en 2912, suivi par Raymond Bernard, auteur d’une trilogie en 1933. En 1957 c’est Jean-Paul Le Chanois qui s’y colle (Jean Gabin jouant Jean Valjean), puis Robert Hossein en 1982. Claude Lelouch s’attaque au mythe en 1995 et Bille August trois ans plus tard. 

Au tour de Tom Hooper ( l’excellent auteur de Le discours d’un roi) de se laisser happer par la poignante histoire du célèbre écrivain français. Ne lésinant pas sur le casting, il s’est offert  Hugh Jackman, Russel Crowe, Anne Hathaway, Amanda Seyfried ou encore Helena Bonham Carter, qui ont en plus interprété les chansons en direct sur le tournage. Une performance  vocale (si l’on excepte celle de Russel Crowe) qui, ajoutée au côté spectaculaire de l’œuvre lui vaut d’être nommée dans huit catégories aux Oscars, dont celle du meilleur film, après avoir décroché le Golden Globe de la comédie musicale.  

Logique, on adore ça dans la Mecque de la pellicule. Voilà qui ne nous laisse pas moins songeur lorsqu’on découvre les tribulations hollywoodiennes du héros hugolien, forçat évadé devenu maire d’une petite ville, sauveur de la pauvre Fantine, père adoptif de sa fille Cosette et poursuivi par l’implacable Javert. Le tout sur fond d’insurrection républicaine de juin 1832. Bref on est loin de l’ampleur épique et du réalisme subtil du roman.  

Du coup, on peine à se passionner pour le destin tragique des personnages au fil d’un interminable récit de 2h 30 qui s’embourbe à l’image d’un Jean Valjean enchaîné, rampant misérablement dans la fange. Autrement dit,  à quelques exceptions près, ce show se révèle kitsch, mièvre  et bondieusard.De quoi faire se retourner plus souvent qu’à son tour le grand Victor Hugo dans sa tombe.  Ou, comme on peut le lire chez un critique de Marianne : Si Jean Valjean avait su qu’il tomberait un jour entre les griffes de Tom Hooper, il serait sans doute resté au bagne… ». Dur, mais pas faux. 

Héritage, portrait de famille

HD-121206171813-1012_hd_Heritage[1].jpgScénariste, comédienne (La fiancée syrienne, Les citronniers, Munich), Hiam Abbass passe derrière la caméra pour un premier long-métrage où elle nous plonge au cœur d’une famille palestinenne de Galilée, à la frontière libanaise. Entre la célébration d’un mariage et la mort du patriarche, ses membres se rassemblent, alors que la guerre menace.   

Dans ce film choral, Hiam Abbas mêle générations, modernité et tradition, petits secrets et grands tourments, sur fond d’histoire et de politique. Avec comme élément central  le choc des cultures. Il est symbolisé par la fille cadette Hajar ( magnifique Hafsia Herzi) que son père a envoyée faire des études à Haïfa.

Décidée à conquérir sa liberté, amoureuse de son jeune professeur de dessin anglais (photo), elle n’a pas l’intention de se couler dans le moule en épousant son cousin Ali. Inutile de dire que ses velléités d’indépendance passent mal dans cette société patriarcale, mais n’en révèlent pas moins amours interdites, intrigues et compromissions au sein du microcosme.

Une fresque familiale pleine de chaleur et d’énergie, mais dont la complexité foisonnante nuit à la maîtrise. Elle est en revanche servie par de très bons acteurs.

Films à l’affiche dans les salles romandes depuis mercredi 13 février.

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