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08/01/2013

Cinéma: "Les Hauts de Hurlevent", nouvelle adaptation sur grand écran

1188097[1].jpgAprès Anna Karénine, voici une autre adaptation d'un classique sur grand écran avec Les Hauts de Hurlevent. Le roman d’Emily Brontë en a d’ailleurs connu sept, autant que l’œuvre de Léon Tolstoï. On signalera la plus célèbre, signée William Wyler, avec Laurence Olivier en 1939. Mais il y a aussi celles de Luis Bunuel, 1954, transposée dans un contexte hispanique, de Jacques Rivette, 1985, qui se déroule en Haute-Provence, ou du Japonais Kiju Yoshida, sortie en 1988.

La dernière, à l’origine une commande, est l’œuvre de la Britannique Andrea Arnold, évoluant d'ordinaire dans un contexte urbain contemporain, et qui avait traité avec succès de la tension sexuelle entre une ado et le petit ami de sa mère dans Fish Tank. On n’en dira pas autant de sa relecture exaltée de Wuthering Heights

Emily Brontë, jeune femme solitaire et farouche vivant en recluse dans un presbytère du Yorkshire,  avait 27 ans lorsqu’elle écrivit l’histoire de la famille Earnshaw. L’existence paisible d’un père et de ses deux enfants, Cathy et Hindley est soudain perturbée par l’arrivée d’un jeune vagabond dépenaillé qu’Earnshaw décide d'adopter et qu’il baptise Heathcliff.

Dans le roman, il s’agit d‘un gitan. Chez Andrea Arnold, c’est un jeune Noir, ce qui ajoute ainsi une dimension raciale à la question sociale soulevée par le livre. Andrea Arnold, qui se concentre comme  les autres réalisateurs sur les sentiments passionnés que voue l’orphelin sauvage à la fougueuse Cathy, se livre toutefois à une interprétation très personnelle, en nous faisant voir exclusivement les choses du point de vue de Heathcliff.

Elle nous rappelle ainsi qu’Emily Brontë a d’abord raconté l’histoire d’un homme obsédé, miné, rongé par une vengeance qui ne pourra que s'assouvir. Celle d’Heathcliff, victime de violence, battu, rejeté, abandonné, qui disparaît et revient s’attaquer à tous ceux qui lui ont fait du mal. Au premier abord, on ne peut donc que saluer la vision audacieuse et tragique d’Andrea Arnold qui, en paraissant prendre ses distances avec l’œuvre, revient en réalité à sa source, où domine une forme de folie. 

Dommage pourtant qu’elle nous gratifie d’une mise en scène à la fois expérimentale, maniérée et fiévreuse, où un chien court inévitablement dans la boue et où une branche d’arbre cogne non moins inévitablement sur le carreau d’une fenêtre, dans l'atmosphère brumeuse et glaciale d'une lande désolée fouettée par le vent... Difficile aussi de croire véritablement aux manifestations de rage et de désespoir d’Heathcliff.

Mais inutile de préciser que tout cela fait se pâmer beaucoup de critiques. A l’inverse d’autres, on en est, qui qualifient cette adaptation d’hystérique. Avec notamment, dans le rôle de Cathy, la belle Kaya Scodelario (photo), vue dans la série Skins.

Escape from Tibet

escapefromtibet_4409_10_42x6_89cm_300dpi_[1].jpgEtudiante allemande  en médecine, Johanna s’est fixé pour but de gravir un 8000 mètres au Tibet. Mais elle ne s’est pas rendu compte de l’extraordinaire ampleur de l’exercice dans ce pays immense, aux sommets imprenables couverts de neige.

Pendant l’un de ses trekkings, elle fait une incroyable découverte et se trouve mêlée à un périlleux  voyage sur les hauteurs de l’Himalaya. En effet le "garçon d’or", considéré comme le successeur légitime du dalaï-lama, doit être emmené hors du pays pour échapper à ceux qui le traquent. Johanna passe alors de la simple touriste à l’activiste politique et se voit confrontée aux multiples dangers que lui confèrent son nouveau statut.

Certes, la réalisatrice Maria Blumencron nous propose des paysages grandioses, tout en nous faisant visiter quelques monastères tibétains. Pour le reste on demeure perplexe face à cette histoire improbable, où Hannah Herzsprung donne notamment la réplique à un Carlos Leal sombrant dans le ridicule.

Tapage nocturne

20148200.jpeg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgJeunes, beaux, financièrement à l’aise, parents d’un petit Tim, Marco et Livia ont tout pour être heureux. Mais le réalisateur suisse Christoph Schaub en a malheureusement décidé autrement, en se lançant dans une intrigue abracadabrante pour leur pourrir l’existence.

Le nourrisson, âgé de neuf mois, met en effet leurs nerfs à rude épreuve avec ses pleurs incessants. Seul le bruit du moteur de leur Golf permettant au bébé de s’endormir, Marco et Livia sont obligés, nuit après nuit, solution on l’imagine éminemment pratique et crédible, de quitter leur lit douillet pour l’emmener faire une virée sur l’autoroute. Histoire de le calmer.

Jusqu’au drame, dans une station-service, où un voyou et sa copine d’un soir volent la voiture. Sans voir, de plus en plus plausible, le poupon installé dans son siège spécial sur la banquette arrière. Et c’est parti pour une interminable course-poursuite entre hurlements de pneus et grincements de freins dans la campagne zurichoise. Où rien ne nous est épargné dans le grotesque et l’invraisemblable. En quatre mots, aussi exaspérant que consternant.

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 9 janvier.  
 

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Cinéma: "The Master" séduit avec un tandem de choc

1239175[1].jpgTrop rare avec six films à son actif dont Boogie Nights, Magnolia et There Will Be Blood, Paul Thomas Anderson revient avec The Master, où il analyse une certaine aspiration au spirituel dans une société régie par le tout matériel. Après s’être battu dans le Pacifique, Freddy, matelot alcoolique instable errant de port en port, finit par trouve refuge à bord d’un bateau de croisière. Il transporte les membres de La Cause, une secte que dirige le charismatique Lancaster Dodd.

Freddy tombe rapidement sous la coupe de ce gourou, inspiré de L. Ron Hubbard, qui de son côté apprécie son nouvel adepte. Paul Thomas Anderson dresse ainsi, sous couvert d’une réflexion sans concession ni jugement autour de la scientologie, dans un monde ravagé en quête de repères et de sens, le portrait de deux personnages que tout sépare et rapproche à la fois. Deux esprits opposés qui se nourrissent paradoxalement l’un de l’autre.

Le réalisateur met ainsi longtemps face à face un vétéran de la seconde Guerre mondiale traumatisé et paumé qui se détruit à grands coups de redoutable gnôle maison plus ou moins hallucinogène, et un guide mystificateur se piquant de savoir, de science et de philosophie, vendant une méthode d’amélioration on personnelle basée sur la mémoire. Mais dont le but est clairement de séduire les esprits faibles. Au final pourtant, chacun des deux restera imperméable à l’autre. D’où quelque part un sentiment frustrant d’inachevé. Voire d’inabouti.

Du coup, le film qui mise beaucoup sur l’esthétique, peut rebuter par son côté assez froid, intellectuel et bavard. Mais là n’est pas le plus important. Cette exploration de différents thèmes comme le groupe, l’appartenance, l’identité est surtout l'occasion, pour ses deux héros Philip Seymour Hoffman et Joaquim Phoenix (photo) de nous démontrer leur immense talent d’acteurs. La dernière Mostra de Venise ne s’y était pas trompée en leur remettant ex-aequo le prix d’interprétation.

Renoir père et fils

Renoir_a_l[1].jpgMaurice Pialat avait particulièrement séduit avec sa vision des derniers jours de Van Gogh. Gilles Bourdos s’y essaye sans vraiment convaincre dans Renoir, en raison du côté scolaire d’une mise en scène conventionnelle, où il raconte le crépuscule d’un génie et l’éclosion d’un autre.

Nous sommes en 1915. Auguste Renoir, miné par la mort de sa femme et les ravages de l’âge craint de voir sa veine créatrice s’assécher et continue à peindre de ses mains douloureuses pour se perfectionner encore. De son côté Jean, de retour de la guerre ou il a été blessé, ne sait trop que faire de sa vie. Le débarquement dans la famille de la jeune et audacieuse beauté Andrée Heusling, plus connue sous son nom d’artiste Catherine Hessling, va doper l’inspiration du père et provoquer chez le fils une grosse envie de cinéma, dont ell sera la vedette.

Ce moment charnière où se mêlent les destins d’Auguste, de Jean et d’Andrée, leur muse commune, est une bonne idée de scénario. Mais, même s’il s’applique à ne pas idéaliser les Renoir, Gilles Bourdos reste un peu scotché sur ce côté transmission et passage de flambeau, sans véritablement exploiter le ressort dramatique né de la rivalité amoureuse et de la sensibilité artistique.

Reste le côté lumineux du film servi par une photographie remarquable, et le travail des acteurs. En fils du peintre et futur monstre sacré du cinéma français, le jeune Vincent Rottiers donne la réplique à Michel Bouquet (photo) qui, en géant de la peinture pas toujours sympathique, n’a pas besoin de trop se forcer pour créer l’illusion. Dans le rôle d'Andrée, Christa Théret ne se montre pas aussi convaincante même si elle n’hésite pas à dévoiler tous ses charmes.

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 9 janvier.

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04/01/2013

Cinéma:"Yossi", "Les bêtes du Sud sauvage", "Touristes", "Une Estonienne à Paris"

images[2].jpgUne seule sortie cette semaine, pour cause de vacances. L’occasion de rappeler quelques films à l’affiche depuis Noël dernier et dont nous n’avons pas encore parlé. Mais commençons  par le petit nouveau. En 2002, le réalisateur israélien Eytan Fox (photo) s’emparait d’une histoire vraie pour raconter, dans Yossi et Jagger, la relation amoureuse et tragique entre deux jeunes soldats de Tsahal. A l’époque, cette critique du machisme et de l’homophobie régnant au sein de l’armée, avait fait scandale.

Dix ans après, le réalisateur revient avec Yossi, cardiologue et Tel-Aviv et qui ne s’est jamais remis de la mort de Jagger, tué lors d’une embuscade.  Marié à son travail, ce trentenaire joufflu dépressif, mal dans sa peau et dans son corps ingrat, n’assume pas son homosexualité  tout en repoussant les avances féminines. Ses loisirs se limitent à quelques pornos gays et des ébats sordides avec des prostitués mâles.

Mais le passé resurgit lorsque Yossi tombe par hasard sur la mère de Jagger, venue passer des examens à l’hôpital. Sur un coup de tête il décide de partir seul faire un petit voyage dans le Sinaï. En chemin il prend en stop une bande de jeunes militaires dont Tom, un beau gosse homosexuel décomplexé. Fin, cultivé, le physique avantageux d’un Robert Pattinson israélien, ce fan de Mahler  joué par Oz Zehavi, va le pousser à faire enfin son deuil, à tourner la page, à s'assumer et à s’accepter tel qu’il est.

Tout en brassant plusieurs thèmes importants dans cette suite tardive, Eytan Fox se montre nettement moins inspiré. Evitant cette fois toute polémique, il propose un mélo au scénario convenu. Mais en dépit du sentimentalisme ambiant et des rebondissements téléphonés, on est touché par l’émotion qui se dégage malgré tout du film. On la doit surtout à la belle interprétation d’Ohad Knoller, l’acteur fétiche d’Eytan Fox, alourdi de quelques kilos. 

Hushpuppy dompte "Les bêtes du Sud sauvage"

Deauville-2012-Les-Betes-du-sud-sauvage-remporte-le-Grand-prix_portrait_w532[1].jpgTout le monde sa salué la naissance d’un cinéaste surdoué de moins de trente ans. Benh Zeitlin a collectionné toutes les récompenses dont la Caméra d’or à Cannes et le Grand prix du film américain de Deauville avec Les bêtes du Sud sauvage. Après le cataclysme écologique et social provoqué par la tempête Katrina en Louisiane en 2005, le jeune artiste a décidé d’aller vivre sur place, d’y monter son film et de le faire jouer par des autochtones non professionnels.

Au centre de l’histoire Hushpuppy. Adorable gamine orpheline de mère, elle habite au beau milieu du bayou, dans un invraisemblable bric-à-brac avec son père. Dans le coin vit aussi une communauté de déshérités qui refuse net de céder aux menaces d’expulsion.

Dotée elle-même d’une incroyable force de caractère pour ses six ans, Hushpuppy a appris à se débrouiller seule, sans peur face à la nature qui s’emballe. Car la température grimpe, les eaux montent, les glaciers fondent, libérant une armée de redoutables aurochs. Parallèlement, l’indomptable et courageuse fillette résiste, se révolte, tentant de sauver son père miné par la maladie qui le ronge.

Coup d’essai incontestablement transformé pour cette reconstitution symbolique de Katrina, critique de la société américaine qui prend des allures de fable allégorique, de conte fantastique et onirique. Benh Zeitlin, qui a le sens de l’image, du visuel, du mélodrame, partage sa réussite avec sa principale interprète, Ouvenzhané Wallis. Bluffante, craquante, elle porte le film sur ses épaules avec un naturel  irrésistible. Une autre étoile est née…  

Randonnée mortelle pour "Touristes" 

images[1].jpgJeune femme introvertie, Tina étouffe en compagnie d’une mère possessive et envahissante. Mais elle tombe amoureuse de Chris, écrivain en herbe, qui vient la sauver de sa terne existence et l’emmène visiter la province anglaise dans sa caravane. Un  tour qui se veut à la fois culturel et érotique. Leurs premières vacances. Un rêve.

Mais ce séjour qui promettait d’être idyllique va très vite dégénérer par la faute de gens stupides et grossiers, qui s’ingénient à leur gâcher l’existence par leur comportement inepte. Chris et Tina ne voient dès lors qu’une solution pour se débarrasser de cette insupportable faune d’ados, de visiteurs, de campeurs bruyants, négligents, méprisants: les éliminer tout simplement. Et c’est ainsi que la balade des amoureux ne tarde pas à se transformer en une randonnée mortelle sous forme de jeu de massacre.

Avec Touristes, comédie noire très british à l’humour décalé, grinçant et ses deux héros complètement jetés, Ben Wheatley livre un road movie d’un cynisme assez jubilatoire. Mais dont l’intérêt commence à faiblir au bout d’une heure. Principalement en raison du côté répétitif de l’intrigue, qui empêche le film de tenir toutes ses promesses.

Jeanne Moreau dans "Une Estonienne à Paris"

20293344.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgRiche bourgeoise parisienne d’origine estonienne autrefois de mœurs légères, aujourd’hui âgée et  acariâtre, Frida se voit imposer la présence d’une dame de compagnie par Stéphane, son jeune amant d’autrefois. Il s’agit d’Anna, Estonienne elle aussi, qui quitte son pays pour venir l'aider. Mais Frida, capricieuse, autoritaire, méchante, ne veut pas d’elle. Et dans un premier temps, tente de la persuader de retourner chez elle.

Comme on peut s’en douter pourtant, les deux femmes vont se rapprocher l’une de l’autre. Dopée par Anna, la triste et cruelle Frida aux penchants suicidaires retrouve peu à peu goût à la vie. Et se laisse aller à quelques gestes d’une magnanimité insoupçonnée à l’égard de sa nouvelle amie. De quoi gâcher la deuxième partie de ce film sur les méfaits de l'âge et de la solitude, signé Ilmar Raag. Et où trône Jeanne Moreau, qui aurait fait merveille en vieille dame indigne jusqu’au bout.

Films à l’affiche dans les salles romandes.

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26/12/2012

Cinéma: Tom Cruise se coule dans la peau de "Jack Reacher"

jack-reacher-tom-cruise1[1].jpgJack Reacher est un fantôme, ex-membre de la police militaire. Un brillant enquêteur, mais aussi un fauteur de troubles qui se fout de la loi et des preuves… Si on se fie à la bande annonce dont ces quelques mots sont tirés,  on se dit que le film est assez prometteur. D’autant que Tom Cruise, le début de cinquantaine alerte, y joue le premier rôle.

Et en effet  les différents éléments se mettent au début en place d’une manière  intéressante. Après avoir passé quelques minutes en compagnie d’un tireur d’élite qui va  abattre cinq personnes au hasard, on passe dans le bureau du procureur. Où Jack Reacher disparu depuis deux ans et qu’on ne trouve que s’il le veut, se présente comme par miracle à la demande du coupable présumé. Dont une enquête rapide conclut à l’innocence…
 
C’est ensuite que les choses se gâtent, ceux qui veulent lui faire porter le chapeau commettant bizarrement maladresses sur maladresses. Quant à Jack Reacher, il se démène pour trouver le véritable assassin au sein d’une intrigue aussi grossière qu’invraisemblable. L’une des séquences la plus saugrenue restant l’instant où il dépose ridiculement son arme pour combattre à mains nues et sous la pluie l’affreux crétin qu’il tenait pourtant au bout de son fusil. Sans oublier qu’il avait en plus une jeune femme à tirer de toute urgence des griffes de l'ennemi!
 
Adapté du roman de Lee Child Folie furieuse, 9e tome des aventures de Jack Reacher, ce retour au film de "vigilante", courant droitier et violent du genre noir qui s’est développé dans les années 70, n’est pour tout dire pas franchement à l’honneur du réalisateur Christopher McQuarrie, scénariste entre autres de l’excellent Usual Suspects. Reste Tom Cruise pour tenter de sauver l'affaire. Sans grand succès... 

Film à l'affiche dans les salles romandes depuis mercredi 26 décembre.

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Cinéma: "L'homme qui rit", portrait d'un adolescent différent

220px-Jean-Pierre_Améris_Cabourg_2011[1].jpgLe réalisateur français Jean-Pierre Ameris (photo), à qui l’on doit une douzaine de films de cinéma et de télévision, dont le plus récent Les émotifs anonymes, s’est toujours intéressé aux marginaux, à la différence. Egalement sensible à la pensée de Victor Hugo, il s’est lancé dans une vaste entreprise: adapter L’homme qui rit, une œuvre culte de l’immense écrivain.
 
Publié sans succès en 1869, situé dans l’Angleterre du XVIIe siècle et porté à l’écran pour la quatrième fois, ce roman étrange, baroque, surréaliste, politiquement engagé, raconte l’histoire de Gwynplaine, un jeune garçon horriblement défiguré par une cicatrice au visage que lui a infligée un trafiquant d’enfants et qui lui donne un douloureux et indélébile sourire. Abandonné, luttant contre uneviolente  tempête hivernale, il est recueilli avec Dea, une petite orpheline aveugle, par le forain Ursus, un costaud pittoresque au grand cœur.
 
Déterminé à tirer parti de son apparence physique, une singularité dont s’est notamment inspiré le dessinateur Bob Kane pour le Joker de Batman, Gwynplaine acquiert une telle renommée dans le spectacle de rue, qu’il est appelé à la Cour. Mais les portes de la célébrité et de la richesse s'ouvrent pour mieux l’éloigner de Dea et Ursus, les seuls qui l’aient toujours aimé pour lui-même.
 
Beaux costumes et beaux décors dans cet hommage admiratif où on retrouve Gérard Depardieu aux côtés de Marc-André Grondin, Christa Théret et Emmanuelle Seignier. Mais à l’exception de quelques scènes réussies, l’opus peine à convaincre au niveau de la réalisation et de l’interprétation, trop inégale.

De passage à Genève, le cinéaste évoque la genèse de l’opus, qui remonte à loin. "En 1971, j’avais dix ans et le feuilleton passait à la télévision. Ca m’a impressionné, j’ai eu peur et ma mère n’a pas voulu que je voie la fin. A 15 ans, je retrouve l’histoire, me plonge dedans. Elle correspond à l’ado que suis, très complexé car je mesurais déjà deux mètres. Du coup, je suis bouleversé, je m’identifie au héros qui a des doutes sur son apparence, mais se sert de cette faille pour avancer".

Vous avez eu beaucoup de difficultés à parvenir à vos fins.

Effectivement que ce soit dans le financement qui m'a été refusé en 2002, l’adaptation ou la mise en scène. Avec mon co-scénariste Guillaume Laurant nous avons écrit de 2007 à 2010. Mon problème était de rester fidèle à l’esprit de Victor Hugo, tout en me centrant particulièrement sur Gwynplaine, un garçon dans lequel un jeune d’aujourd’hui pourrait se reconnaître. En ce qui concerne le style, j’ai consulté des spécialistes de l’écrivain. Je redoutais leur vision avec ce mélange de tragique d’émotion, de mélodrame, de  grotesque.

images[2].jpgLa transformation de Marc-André Grondin en Gwynplaine a-t-elle exigé beaucoup de travail?

Il porte une prothèse des paupières au menton et on dessine les cicatrices dessus. Cela demande trois heures de maquillage, sans compter les corrections dans la journée.  

Comment s’est passée la collaboration avec Gérard Depardieu?

C’était également pas mal de travail... mais cela correspondait heureusement à son désir du film. Il aime ce roman, qui représente quelque chose d’autobiographique pour lui. Il y a mis beaucoup de lui-même. Mais il faut batailler contre son impatience. Gérard a des points communs avec Benoît Poelvoorde. Tous deux veulent être dirigés. Mais souvent les réalisateurs en ont peur.

Pourquoi tourner à Prague?

C’était un autre parti pris pour rendre hommage au cinéma de studio dont on a perdu le savoir-faire. Mais surtout, je ne voulais pas réaliser le film en décors réels. Une féérie exige le studio. Et depuis 2006, ceux de Barrandov représentent le top du top.

Film à l'affiche dans les salles romandes, mercredi 26 décembre.

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18/12/2012

Cinéma: Omar Sy joue au flic "De l'autre côté du périph"

omar sy et Laffite.jpgQuand Omar Sy paraît, le cercle des groupies applaudit à grands cris… Autant dire que le césarisé de 2012 devrait rester intouchable pour ses fans. Du bon côté de la loi, il repasse De l’autre côté du périph, signé David Charhon, où il fait équipe avec l'acteur et humoriste Laurent Lafitte.

Dans le binôme, Omar Sy incarne Oussmane Diakhaté un flic de la brigade financière de Bobigny. Obsédé, au grand dam de ses chefs, par la capture d’un gros bonnet du banditisme, il vient de le repérer dans une salle de jeux clandestine. Quant à Laurent Lafitte, il tient le rôle de François Monge, capitaine de la police criminelle de Paris. Bourge arrogant, cireur de pompes, il est prêt à tout pour grimper les échelons.

Ces deux personnages que tout sépare devront bosser ensemble lorsque le cadavre de la femme du patron des patrons français est découvert près du tripot. Leur enquête les emmène tour à tour des deux côtés du périphérique.

Tourné juste avant le succès planétaire d’Intouchables, cette comédie policière fait aussi s’affronter deux mondes différents représentés par le privilégié en costard et le banlieusard à capuche. Le plus vulgaire ou le plus conservateur des deux n’étant pas celui qu’on pense.

Sympathique, Omar la tachtche fait quelques clins d’œil dansés à Intouchables et Laurent Laffitte se montre plus tête à claques que nature. Et bien que l’intrigue se révèle des plus minces, on a droit à quelques bons dialogues et répliques amusantes. C'est déjà ça lorsqu'on redoute le pire...

Love is all you need avec Pierce Brosnan

pierce_2328456b[1].jpgAll you need is love, chantaient les Beatles sur un texte de Lennon. La réalisatrice danoise Susanne Bier a retourné le titre qui devient donc Love is all you need, pour livrer une romance mettant en scène deux cabossés de la vie. D’un côté Philip (Pierce Brosnan), quinqua solitaire au cœur sec d’origine anglaise, qui s’est établi au Danemark après la mort de sa femme. De l’autre la courageuse Ida (Trine Dyrholm) qui lutte contre un cancer. Alors qu’elle se remet progressivement d'une lourde chimiothérapie, son odieux mari la quitte pour une femme plus jeune.

Ce qui doit arriver arrive, Philip et Ida vont tomber amoureux. Mais leur relation commence on ne peut plus mal par un accrochage automobile à l’aéroport de Copenhague. Tôle froissée, échange de propos peu amènes avant qu’ils réalisent qu’ils se rendent tous deux au même mariage en Italie, le fils de Philip, épousant la fille d’Ida.

Et c‘est parti pour une comédie sentimentale mièvre émaillée de révélations et de situations qui se veulent audacieuses, scabreuses, voire politiquement incorrectes, mais sont pour la plupart téléphonées, grossières, ou les deux. On se demande quelle mouche a piqué Susanne Bier, notamment couronnée d’un Oscar, d’un Golden Globe et d'autres prix avec Revenge en 2011, pour nous infliger ce sous Festen à vocation clairement lacrymogène.

Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 décembre.

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Cinéma: "L'Odyssée de Pi", splendide aventure... à l'eau de rose

lifeofpi[1].jpgForcé de quitter l’Inde avec ses parents pour le Canada, le jeune Pi Patel, 17 ans, perd toute sa famille à la suite d’un naufrage et se retrouve seul survivant à bord d’un canot de sauvetage. Seul survivant humain, car il doit partager l’embarcation avec quelques animaux, dont Richard Parker, un superbe mais féroce tigre du Bengale qui ne pense qu’à une chose, le bouffer.

Sous la menace incessante de ses redoutables crocs, Pi n’a pas d’autre solution que de trouver d’ingénieux stratagèmes pour lui échapper. Et pour résister aux éléments aussi déchaînés que destructeurs. L’instinct de survie des deux naufragés leur fera ainsi vivre une incroyable aventure.

Adapté en 3 D par le Taïwanais Ang Lee du best-seller fantastique, humaniste, philosophique et mystique de Yann Martel, L’Odyssée de Pi a unanimement enchanté les critiques américains. Délirant d’enthousiasme, ils parlent de merveille, d’exploit, de nouvel Avatar et parient déjà sur lui pour la prochaine cérémonie des Oscars.


Il faut admettre que c’est visuellement splendide et que les effets spéciaux sont époustouflants. Ce n'est malheureusement  pas le cas de l'intrigue, longuette et répétitive, dégoulinante de bons sentiments de principes moralisateurs et de symboles surlignés. Pour tout dire, à l’exception de certaines scènes ébouriffantes, dont le spectaculaire et ahurissant naufrage, ce prêchi-prêcha à l'eau de rose finit par lasser ferme. 

Le jour des corneilles

Le jour des corneille.jpgElevé par son père, effrayant colosse tyrannique qui lui interdit de sortir, le petit Courge grandit en sauvage au cœur de la forêt. Maigrichon, chauve, le gamin au look du fameux Gollum de Tolkien ignore tout de la société des hommes. Il ne croise que des fantômes à tête de biche ou de chat. Jusqu’au jour où son ogre de géniteur est victime d’un grave accident. Le garçon décide alors de se rendre au village le plus proche pour tenter de le sauver.

Quittant ses futaies protectrices, il franchit audacieusement la frontière de l’Outremonde où, selon son père, règnent le malheur et le néant. Mais c’est là qu’il apprend à parler aux vivants dont l’affreuse commère du cru, la jeune Manon, ou le médecin humaniste, à qui Claude Chabrol prête sa voix. C’était sa dernière prestation.

Le jour des corneilles adapté d’un roman pour adultes de Jean-François Beauchemin, est le premier long-métrage d’animation du jeune réalisateur français Jean-Christophe Dessaint. Tout en puisant son inspiration dans les éléments qui fondent traditionnellement les contes, il les revisite pour livrer une œuvre touchante et déroutante, où il n’hésite pas à parler de souffrance, de mort ou de rejet.

Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 décembre.

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17/12/2012

Cinéma: Déborah François, Lucky Luke de la dactylographie dans "Populaire"

20255491.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgJolie blonde au teint transparent, pull rouge et jeans, Déborah François est perchée  sur des  Miu Miu noirs vernis aux talons vertigineux,  dont elle nous montre la totale maîtrise en courant dans les couloirs d’un grand hôtel genevois… Interview.

A 25 ans, la jeune actrice belge, fille d’une assistante sociale et d’un policier, a enchaîné quinze longs métrages depuis  la précieuse carte de visite offerte par les frères Dardenne avec L’enfant, palme d’or à Cannes en  2005. Elle a également obtenu le César du meilleur espoir en 2008 pour Le premier jour du reste de ta vie. Elle vient de terminer Il est parti dimanche de Nicole Garcia, aux côtés de Louise Bourgoin et Pierre Rochefort.

Mais elle est surtout l’ irrésistible héroïne de Populaire, le premier film de Régis Roinsard se déroulant au printemps 1958. Elle incarne Rose Pamphyle, une  jeune villageoise qui refuse une vie rangée de femme au foyer docile et débarque à Lisieux où le séduisant  Louis Echard, 36 ans (Romain Duris), cherche une secrétaire.  Rose foire complètement son entretien d’embauche mais il se trouve qu’elle tape à la machine plus vite que son ombre.

Face à ce Lucky Luke de la dactylographie,  Louis flaire la bonne affaiere. Il lui propose le poste, se muant en coach implacable pour faire d’elle la fille la plus rapide du pays, sinon du monde. En effet, des concours sont  organisés dans toute la France et  la meilleure participe à New York à  un championnat de la spécialité, qui s’apparente  carrément à un sport.

Régis Roinsard  livre une  comédie aussi charmante que pétillante où, dans une reconstitution brillante et fantasmée des années cinquante, il joue la carte de l’émancipation féminin e. Avec  une Rose audacieuse qui ne se laisse pas marcher sur les pieds par  son patron à la fois arrogant, séduisant et grognon.

20255494.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpg -Déborah, vous avez été choisie parmi 150 candidates. Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce personnage ?

-Son  insolence, a priori  insoupçonnable, son côté rebelle, irrévérencieux, sa spontanéité, sa maladresse, et bien sûr son côté féministe qui s’ignore, très moderne pour l’époque. Etre secrétaire alors c’était à la mode. Comme être hôtesse de l’air.  

-Rose Pamphyle est dans le refus mais pas dans la revendication

-En effet, c’est  ce qui m’a plu. Elle ne théorise pas, elle y va. C’est une pionnière, une précurseuse.

 -Comment se prépare-t-on pour un tel rôle ?

-On travaille beaucoup. Pour être crédible, je me suis exercée deux heures par jour pendant sept mois. Plus du piano. C’était très sportif. D’ailleurs Régis Roinsard nous filme comme des boxeurs sur un ring. Il a fait beaucoup d e compétition, notamment de tennis.

-En parlant de tennis, ces concours ressemblaient à un Grand Chelem, avec quatre tours, puis quarts de finale demi-finale et enfin finale

-C’est vrai. J’ai d’ailleurs failli rencontrer Kim Clijsters, pour qu’elle me donne des conseils. Mais cela n’a finalement pas pu se faire.

 -Vous aimez le sport ?

-Je ne pratique pas. En revanche j’adore  regarder. Par  exemple j’aii suivi les jex Olympiques de Londres de A à Z. Scotchée devant ma télé.

-Comment vous êtes-vous entendue avec Romain Duris ? Il a la a réputation de faire craquer les filles.

-C’est certes un beau garçon mais il y a longtemps qu’il s’est rangé. Il est très gentil, c’est un grand bosseur, il aime essayer des choses, cherche la meilleure version. Il s’est beaucoup impliqué dans le film, au point de travailler avec un entraîneur.

-Vous êtes paraît-il tentée par le film d‘action. Par exemple Vous vous verriez bien accrochée à un hélicoptère

-C’est ce qu’il y a de bien dans le cinéma. C’est pouvoir un peu tout faire. Oui j’aimerais bien quelque chose de physique  comme Lara Croft. J’aime tout ce qu’elle fait. Se jeter dans le vide, tirer, marcher sur des cordes. Je voudrais apprendre à me battre, être une petite Rambette. Le turban me va très bien.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 décembre.

 

 

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12/12/2012

Cinéma: "Winter, Go Away!", vent de révolte sur la Russie

get[4].jpgAu lendemain des élections législatives du 4 décembre 2011 marquées par des fraudes massives, Moscou et Saint-Pétersbourg ont été le théâtre de manifestations qui ont peu à peu gagné l’ensemble du pays. Des protestations d’opposants, mais également d’une partie du peuple, fatigué du manque de transparence, sinon de l’opacité totale du pouvoir détenu depuis dix ans par Vladimir Poutine.

Ce vote contesté n’était qu’un prélude aux présidentielles prévues le 4 mars 2012, où "réduit" à un rôle de premier ministre, l’homme fort briguait la tête de l’Etat: Un fauteuil qu’il a évidemment obtenu depuis le tournage d’un film, réalisé de février à mars de cette année. Caméra au poing, un collectif de dix jeunes diplômés de la Marina Razbezkina’s School Of Documentary Film and Documentary Theater témoignent du vent de révolte qui a soufflé sur la Russie. 

Nous voulons des millions pas des millionnaires!

Ce documentaire est intitulé Winter,Go Away!, un slogan scandé par des opposants qui, tout en martelant également «nous voulons des millions, pas des millionnaires», font brûler une poupée de paille. Elle symbolise  à la fois l’hiver et la classe politique liée à Poutine et Medvedev. Rigoureux, l'opus adopte différentes approches selon qui officie derrière l’objectif.

C’est ainsi qu’il suit divers manifestants, dont certains affrontent le froid glacial, défilant dans les rues où leurs chefs se font brutalement arrêter par des policiers débarqués en masse. D’autres, équipés comme des alpinistes, escaladent un immeuble en travaux pour remplacer une gigantesque banderole à la gloire de Poutine par la leur, lui demandant de partir.

L’interview des Pussy Riot et leur arrestation

Changeant d’angle, les cinéastes en herbe s’intéressent aux hommes de main de l’Eglise orthodoxe, soutien du pouvoir, qui menacent les activistes se rapprochant trop de la cathédrale du Saint-Sauveur. C’est là que les célèbres Pussy Riots ont dit leur messe anti-Poutine. On découvre  l’interview où, le visage masqué par des cagoules, les égéries aussi décomplexées que déterminées et téméraires du groupement féministe, affirment être opposées à la violence. Puis on les voit chanter et se faire embarquer par les flics.

Tous les points de vue sont représentés à l’image de celui d’une jeune fille  qui, brandissant un smart phone à l’effigie de Poutine, explique à un opposant qu’il n’y a aucun intérêt à changer le pouvoir dans la mesure où, avec ses représentants, on obtient tout ce qu’on veut. Sa démonstration est relayée par des fans du futur président, qui reprochent vivement à ses adversaires de manifester. 

Winter Go Away!, photographie d’une Russie contemporaine divisée, faite par dix paires d’yeux neufs, est un documentaire percutant, révélateur, édifiant, donnant la dimension des élans démocratiques au sein d’une société répressive. Il mérite largement le détour.

A l’affiche à Genève,  au Spoutnik, jusqu’au 18 décembre.

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Cinéma: "Ernest et Célestine", petit bijou d'animation

20118226.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120524_112151[1].jpgLes ours et les souris ne font en principe pas bon ménage, les premiers ayant une fâcheuse tendance à manger les secondes… Mais Ernest, gros plantigrade marginal, clown et musicien, n’en a cure de ces conventions. N’écoutant que son grand cœur tendre, Il va recueillir Célestine, une orpheline craquante qui a fui le monde souterrain des rongeurs. Bousculant l’ordre établi, tous deux vont désormais s’aider et se soutenir.

Cette fable, petite merveille d’animation, a été adaptée, d’une BD éponyme de Gabrielle Vincent,  par les réalisateurs belges Stéphane Aubier et Vincent Patar sur un scénario de Daniel Pennac. Réussite technique et artistique qui mêle un dessin aérien et délicat à de magnifiques décors,  ce conte initiatique, poétique,  politique, est aussi un hymne à la tolérance.

Mais sans prêchi-prêcha, au contraire. C’est un film qui fait réfléchir, plein de péripéties, d’humour, d’émotion, d’insolence et d’espièglerie. A ne pas manquer, qu’on  soit petit ou grand.

On se lâche à Télé Gaucho,

20275417[1].jpgAprès l’excellent Le nom des gens, Michel  Leclerc revient avec Télé Gaucho, qui raconte la vie d’une TV française locale et indépendante dans les  années 90, gérée par des anarchistes  provocateurs et révolutionnaires.

Né de l’expérience de Télé Bocal, petite chaîne anar à laquelle Michel Leclerc a participé entre 1995 et 2000,Télé Gaucho suit, entre manifs musclées, émetteur pirate, foutage de gueule ou affrontement avec les flics, l’aventure d’un collectif. Composé en 1996, il réunit des militants divers, allant du leader charismatique déglingué à la militante gauchiste pure et dure. 

Parmi eux Victor (Félix Moati), un provincial créatif fou de cinéma monté à Paris et qui, parallèlement,  joue les stagiaires dans l’émission de merde d’une grande chaîne nationale. Conformiste  réactionnaire et racoleuse, elle n’en a rien à cirer du contenu pourvu que la pub crache. Mais son côté poubelle ne  l’empêche pas d’être regardée. Par des cons, évidemment.  Refrain connu, qui plombe un peu l’idée de départ.

Se montrant moins inspiré que dans son film précédent en sacrifiant le collectif à l’ambitieux Victor, Michel Leclerc nous propose quand même des scènes joyeusement bordéliques, servies par un bon casting. Aux côtés de Félix Moati, on retrouve Maïwenn, Eric Elmosnino ou encore Emmanuelle Béart.

Films à l’affiche dans les salles romandes, dès mercredi 12 décembre.

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