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29/07/2014

Cinéma: "New York Melody" feel good pop movie avec Keira Knightley

577899[1].jpgIl y a sept ans, John Carney réalisait Once, film musical irlandais primé à Sundance avant de décrocher l’Oscar de la meilleure chanson originale en 2008. Il remet l’ouvrage sur le métier avec New York Melody/Begin Again, alias Can A Song Save Your Life?.

Deux Anglais, Greta et Dave, débarquent à New York pour y vivre leur passion de la musique. Mais l’aventure tourne court lorsqu’elle est abandonnée par son compagnon qui, pop star en devenir, la plaque pour une carrière solo et une attachée de presse. Désespérée, Greta passe une dernière nuit dans un bar de Brooklyn avant de rentrer à Londres et se retrouve sur scène à pousser la chansonnette à la guitare.


Elle est alors remarquée par Dan, un producteur has been ex-découvreur de talents aujourd’hui porté sur la bouteille. Séduit sinon bouleversé par la voix et la grâce de Greta, flairant le tube, il décide de s’occuper d’elle. Se forme lors une association improbable mais fructueuse entre la jeune artiste larguée, naïve mais très douée et le loser quadra dépressif qui vient de se faire licencier par sa boîte, mais sur le point de se refaire une beauté dans le business. 

Pour avoir été bassiste dans le groupe irlandais The Frames, puis auteur de clips, John Carney connaît la musique. Et parallèlement à l’enjeu de l’œuvre, un projet d’album original qui consiste à enregistrer des titres dans les rues ou sur les toits de Big Apple, le cinéaste en profite pour porter un regard critique sans excès sur les maisons de disque pour lui en voie de disparition .

Inutile de préciser toutefois que cette ode à la musique en forme de feel good pop movie, surfant par ailleurs sur l’adultère ou la paternité, ne révolutionne pas franchement le septième art. On est malgré tout surpris en bien par cette romance musicale au ton léger, assez amusante voire émouvante, un peu moins mièvre qu’il n’y parait en dépit de ses bons sentiments, de ses clichés… et de ses fausses notes.

 

Par exemple, on est loin d’être aussi impressionné par les prétendus dons de chanteuse de la belle Keira Knightley, (fâcheux dans un tel rôle) que Mark Ruffalo, craquant complètement à l’écoute soudaine de ce talent brut et authentique… Heureusement que le duo, complété par Adam Levine (leader de Maroon Five) campant Dave la vedette volage, fonctionne bien. En plus, la BO se laisse écouter et les textes de certaines chansons se révèlent plutôt inspirés.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 juillet.

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22/07/2014

Cinéma: "Under The Skin" avec Scarlett Johansson, envoûtante alien chassseuse d'hommes

75[6].jpgVoix virtuelle dont Joaquin Phoenix tombait fou amoureux dans Her, puis féline Veuve noire dans Captain America-le soldat de l’hiver,  Scarlett Johansson se mue en une sorte de mante religieuse dans Under The Skin, le troisième film du Britannique Jonathan Glazer, adapté du premier roman éponyme de l’écrivain australien Michel Faber.

Entre science fiction atypique. thriller fantastique hors norme et film d’horreur sur fond d’expérience sensorielle, visuelle et sonore, le réalisateur nous entraîne à la suite d’une alien débarquée sur terre pour tenter de découvrir le monde des humains, leurs sensations, leurs émotions, leurs relations.

Se glissant dans les vêtements d’une morte, elle se retrouve au volant d’une camionnette et part, sur les routes d’Ecosse, à la recherche d’hommes solitaires qu’elle séduit avant de les faire disparaître dans une étrange eau noire où ils s’enfoncent,  inéluctablement. 

Un véritable ovni à la fois hypnotique, organique, sensuel, glaçant et qui, sur un scénario minimaliste et très répétitif, raconte une histoire énigmatique, inquiétante, dérangeante. Sous couvert de fable clinique et ténébreuse, l’auteur de Sexy Beast et Birth prétend soulever des questions existentielles fondamentales sur notre comportement ici-bas. Sans pour autant apporter de réponses. 

Expérimental, esthétisant , ce sombre et déroutant voyage anxiogène doit énormément à l’interprétation de  Scarlett Johansson. Sulfureuse et pulpeuse créature au visage pâle et aux cheveux noirs,  elle se révèle étonnante dans son rôle de troublante, envoûtante et insensible chasseresse.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 23 juillet.

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02/07/2014

Cinéma: "Locke", un étonnant huis-clos à suspense

locke_2885177b[1].jpgIvan Locke, chef de chantier, roule seul dans la nuit. Au départ, il était censé rentrer chez lui pour regarder un match de foot. Mais au lieu de rejoindre sa famille, il décide de se rendre à Londres, suite à un coup de fil qui risque de chambouler sa vie privée et professionnelle.

Le trajet, dont l’originalité consiste à se dérouler en temps réel, le trajet dure une heure trente. 90 minutes que l’on passe exclusivement en compagnie d’Ivan, qui parle au téléphone avec différentes personnes qu’on entend mais qu’on ne voit jamais.

Il y a notamment sa femme en colère qu’il tente de calmer après lui avoir appris la raison de son changement de destination. Ou son collègue avec qui il doit régler des imprévus liés à sa décision précipitée de prendre la route, de nature à lui faire perdre son job. Une situation qu’il accepte pour l’avoir créée.

Les appels incessants et les conversations qui en découlent sont les principaux éléments dramatiques qui rythment ce huis-clos à suspense aussi étonnant que stressant. Mais alors qu’on pourrait se lasser à la longue de ne pas quitter l’habitacle confiné d’une  voiture, on est au contraire happé par la tension et les émotions retenues qui se dégagent du dispositif inhabituel imaginé par le réalisateur britannique Steven Knight. La brillante performance de son compatriote Tom Hardy (photo), évidemment de tous les plans, achève d’enlever le morceau.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 juillet.

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01/07/2014

Cinéma: "L'intrepido", héros solitaire dans une Italie en crise

foto-l-intrepido-6-low[1].jpgMaçon, cuisinier, aide-soignant, conducteur de tram, livreur de pizza, assistant de bibliothèque, vendeur de chaussures, ils doivent soudain s’absenter pour quelques jours, voire simplement quelques heures sans que cela se remarque.

Impossible? Pas du tout. Il suffit de faire appel à Antonio, qui remplace au pied levé à son travail quiconque a besoin de lui et quelles que soient les circonstances, mariage ou visite chez le médecin.

Et c’est ainsi que ce chômeur constamment occupé à se rendre utile, héros solitaire au service de son prochain dont il s’emploie également à remonter le moral dans les difficultés du quotidien, traverse, le courage, l’optimisme et l’espoir chevillés au corps, le film de Gianni Amelio.

Tout en suivant le déroutant Antonio, par ailleurs père d’un fils saxophoniste, dans l’exercice de ses différents petits boulots, L'intrepido raconte une Italie plombée par la crise économique. Ainsi qu’une société où l’auteur oppose le cynisme et l’âpreté au gain à la résistance et à l’humanité d’un individu hors du commun, habité par une paix intérieure et à la recherche du bonheur.

Une quête qui eût pu pousser Amelio à la facilité, sinon à la banalité. Bien au contraire, prônant le respect et la dignité de chacun, le réalisateur livre une histoire émouvante, pleine de charme, sans pathos et empreinte d’humour. Portée par l’excellent et irrésistible Antonio Albanese (photo), elle se déroule dans un Milan futuriste imaginé par le talentueux décorateur Giancarlo Basili.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 juillet.  


 

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25/06/2014

Cinéma: "Les brasiers de la colère", thriller noir et violent

imagesCABQERYB.jpgDescente aux enfers dans le cadre d’une minable banlieue ouvrière américaine pour Russell Baze et son jeune frère Rodney. Le premier travaille à l’usine de leur père, tandis que le second, qui a préféré s’engager en Irak, revient de quatre missions éprouvantes pour la tête et le corps. 

Suite à un tragique accident de voiture, Russell est condamné à la prison et Rodney tente de survivre financièrement en pariant aux courses, et en jouant dangereusement avec son intégrité physique dans de terribles combats de boxe qui n’ont pas grand-chose à voir avec le noble art.

Lessivé, dans la dèche, sa seule ressource est de se tourner vers Harlan DeGroat, redoutable et pervers gangster sociopathe. A sa libération, Russell veut sortir son cadet des griffes de l'affreux truand et de sa bande d'esclaves dégénérés. Mais Rodney disparaît et son aîné se lance dans une chasse à l'homme au péril de sa vie pour le retrouver. 

Avec Les brasiers de la colère, le réalisateur Scott Cooper, qui avait connu un beau succès en 2009 grâce à son premier long-métrage Crazy Heart où Jeff Bridges se glisse dans la peau d’un vieux chanteur country en proie à ses démons, se penche sur la misère sociale de gens désespérés dans une ville minière sinistrée à l'ambiance poisseuse.

Cette plongée dans les eaux glauques d'une Amérique profonde en crise se laisse voir en dépit de son scénario sans grande originalité, et où la noirceur absolue le dispute à une extrême violence. On reprochera d’ailleurs à l’auteur quelques scènes aussi complaisamment démonstratives que contre-productives.

A saluer en revanche la bonne interprétation de Christian Bale et de Casey Affleck. Un bémol en ce qui concerne celle de Woody Harrelson, dont le jeu outrancier et le visage grimaçant frisent parfois la caricature. Quant à Forest Whitaker, il se contente de faire de la figuration dans son rôle de flic tentant d’arranger les bidons. 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 juin.


 

 


 

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24/06/2014

Cinéma: "Le conte de la princesse Kaguya", un bijou d'animation

images[9].jpgProduit par les studios Ghibli, Le conte de la princesse Kaguya d’Isao Takahata est adapté d’une célèbre légende japonaise du Xe siècle. Il raconte l’histoire d’une minuscule fillette découverte dans une tige de bambou par un pauvre paysan japonais qui la ramène à la maison et l’élève avec sa femme.

A la faveur d’une croissance extraordinairement rapide, le bébé devient une superbe jeune femme qui aime se promener dans la nature et jouer avec les enfants du coin. Mais ses parents adoptifs, ayant trouvé un trésor dans une autre tige de bambou, décident de l’emmener vivre dans la capitale où la simple réputation de sa beauté lui vaut la convoitise de tous les nobles. 

Ils vont tenter de relever d’incroyables ou impossibles défis pur lui plaire. Même l’empereur subjugué envisage d’en faire une de ses épouses. Mais la princesse Kaguya n’appartient pas au monde terrestre et son destin lui fera bientôt rejoindre la lune d’où elle était venue.

Quatorze ans après Mes voisins les Yamada, Isao Takahata, propose un bijou d’animation traditionnellement tourné en deux dimensions, qui nous change des effets spéciaux en 3D souvent lourds et répétitifs des grosses machines américaines.

Outre l’intérêt écolo-cosmique du contenu qui va bien au-delà de l’historiette d’une belle princesse éconduisant ses soupirants, le réalisateur livre ainsi un petit chef d’œuvre visuel dont la beauté, la subtilité et la finesse du dessin rappellent celui, également magnifique de son compère Hayao Miyazaki, qui a récemment réalisé Le vent se lève. A voir absolument.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 juin.

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Cinéma: "On a failli être amies", avec Karin Viard et Emmanuelle Devos

images[5].jpgUn duo féminin en tête d’affiche, ce n’est pas fréquent au cinéma. C’est l’une des particularités du quatrième film de la Française Anne Le Ny, On a failli être amies, qui a de plus réuni deux comédiennes n’ayant jamais joué ensemble, Karin Viard et Emmanuelle Devos (photo).

La première, Marithé, travaille dans un centre orléanais de formation pour adultes qu’elle aide à se reconvertir en évoluant leur potentiel respectif. Divorcée, mère d’un grand fils, elle ne se pose pas trop de questions sur elle-même. Jusqu’au jour où débarque dans un groupe d’ouvrières au chômage Carole, une bourgeoise insatisfaite qui manifeste son désir de changer de métier et de vie.

Une relation étrange et complexe

Touchée, Marithé décide de faire le maximum pour elle. D’autant qu’en la croisant par hasard en dehors du centre, elle la découvre dans un restaurant de luxe à la campagne, où elle travaille dans l’ombre de son mari. Sam est non seulement un chef étoilé réputé mais un bel homme qui attire  autant par sa virilité que par l’excellence de sa cuisine. Des qualités auxquelles Marithé n’est pas insensible et qui la poussent à s’investir encore davantage dans le coaching de Carole…


On a failli être amies ne nous emmène pourtant pas dans un banal ménage à trois, mais dans une relation étrange, ambiguë, complexe entre deux femmes qui se fascinent, s’envient  mutuellement et dont l‘une va prendre pour ainsi dire naturellement la place de l’autre. A contre-emploi. Karine Viard et Emmanuelle Devos se complètent parfaitement dans cette quasi amitié à laquelle Roschdy Zem apporte une forme d'érotisme. 

images[9].jpgLa réalisatrice et actrice Anne Le Ny, récemment de passage à Genève, nous parle de cette comédie romanesque au traitement original, où le burlesque et l'humour font  irruption dans le dramatique. 

-Deux mots d’abord sur vos comédiennes. Vous avez spécialement écrit pour elles.

-Oui. Elles ont déjà chacune joué dans un de mes films et figurent parmi les meilleures de la profession. Nous travaillons bien ensemble, nous avons la même approche. Elles ont en outre une palette de jeu incroyable et une vraie réflexion sur leur personnage. Elles éprouvent une admiration réciproque et se sont tout de suite trouvées.

-Comme son titre l‘indique, le film évoque leur amitié possible. Mais il raconte aussi les rapports de vos héros au travail.

-Effectivement, c’était l’idée de départ pour tirer d’autres fils. Elle m’est venue en discutant avec mon assistante monteuse qui avait fait le même job que Karine Viard dans l’histoire. Je ne connaissais pas du tout ce métier. C’est ce qui m’a intéressé dans la mesure où au cinéma on préfère en général des professions plus glamour.

-Vous êtes quand même tendance en choisissant un chef étoilé comme troisième protagoniste principal.

-J’aime manger et la cuisine a un côté sensuel. Cela me permet de montrer une séduction un peu plus raffinée avant d’aller frontalement vers la sexualité. Par ailleurs je voulais un métier qui se pratique en couple.

-Roschdy Zem dans le rôle, c’est inédit pour lui.

-C’est vrai qu’on a peu l’habitude de le voir sans flingue! D’ailleurs, je n’y ai pas tout de suite pensé  pour cette profession si emblématique de la France. En même temps je voulais un film très français porté par l’immigration.  Donc il a fini par s’imposer. 

-Il apparaît très crédible. Il a dû beaucoup s’entraîner.

-Il a bien mis la main à la pâte, notamment chez lui pour s'exercer. Mais il a surtout pu compter sur l’appui de Jean Imbert  (réd: l’un des gagnants de l’émission Top Chef) à qui j’ai fait appel comme conseiller culinaire, qui a conçu tous les pats et lui a montré la bonne gestuelle en cuisine.

-Vous apparaissez dans le film. Comme dans les précédents d’ailleurs.

-J’y ai même une part plus importante. Mais pour ne rien vous cacher, je trouve plus agréable de jouer chez mes confrères réalisateurs. Ils sont beaucoup plus gentils avec moi… que moi.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 juin. 

 



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18/06/2014

Cinéma: "The Other Woman", calamiteuse vengeance de trois blondes

images[3].jpgDécouvrant que son petit ami Marc n’est qu’un sale menteur accro au sexe lorsqu’elle rencontre par hasard sa femme Kate, Carly éprouve une forme d’amitié pour elle. Et réciproquement.

Leurs liens se renforcent en réalisent que l‘impénitent coureur de jupons les trompe avec Amber, une sculpturale bimbo. Celle-ci se sent à son tour trahie et le trio outragé mijote alors un plan pour pourrir la vie de ce lamentable individu.

Trois blondes bafouées (Cameron Diaz, Leslie Mann et l’explosive ex-top Kate Upton) qui oublient leur rivalité amoureuse et misent sur la solidarité féminine pour se venger d‘un Don Juan de pacotille (Nicolaj Coster-Waldau), l'idée se révèle a priori plutôt plaisante.

Mais c’est hélas tout ce qu’il y a à retenir de The Other Woman (Triple Alliance), calamiteux navet surfant sur une prétendue et minable guerre des sexes, où le girl power, à la mode ces temps sur grand écran des deux côtés de l’Atlantique, est censé l’emporter. 

Mais qu’il s’agisse de l’hexagonal Sous les jupes des filles ou de l'américain The Other Woman, le gras et le lourd dominent. Plus encore dans le second, signé Nick Cassavetes, où tout se joue en-dessous de la ceinture, entre le pas drôle, les gags vulgaires et l'humour scato, humain ou canin, saupoudré de vomi. Du sale en pagaille à déguster!

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 juin.

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Cinéma: "Au fil d'Ariane", une fantaisie peu convaincante de Robert Guédiguian

images[5].jpgOuverture intrigante sur un décor numérique blanc et aseptisé évoquant une maquette d’architecte. Puis la caméra nous laisse pénétrer dans le bel appartement moderne d’une banlieue marseillaise, où on découvre Ariane, pétillante mère de famille quinqua, en train d’allumer les bougies d’un gâteau.

Elle a l'air heureuse. Avant de recevoir des coups de fil de ses proches et de ses amis qui lui souhaitent un bon anniversaire, mais regrettent de ne pouvoir le fêter avec elle.

Alors Ariane souffle les bougies. Mais surmontant vite sa déception, elle prend sa petite voiture et roule vers le port. Engorgement des voitures, des passagers qui trompent l’attente en sortant de leur véhicule pour danser au son d’un morceau de raï diffusé par la radio..,

Dans la file, Ariane fait connaissance avec un jeune homme qui l’emmène sur sa Vespa, vers un charmant  bouchon des calanques, tenu par un fan de Jean Ferrat. C'est dans ce décor et ses environs que  l’intrigue va se dérouler et Ariane se consoler de sa solitude au contact d’une communauté plus ou moins farfelue.

Cette fantaisie comme il l’appelle lui-même, est le 18e film de Robert Guédiguian, tout entier dédié à sa femme, son égérie Ariane Ascaride avec qui il collabore depuis 34 ans. On y retrouve aussi les fidèles de sa famille de cinéma, dont évidemment Gérard Meylan (photo), ici en patron de bar, Jean-Pierre Darroussin en chauffeur de taxi mélomane et improbable metteur en scène, ou encore Jacques Boudet qui se rend pour un Américain et se pique de philosophie.

Mais voilà qui ne suffit pas à emballer l'affaire dans cette échappée aux vagues accents felliniens, ou flirtant avec l’univers de Kaurismäki. Alors qu’il se veut léger, comique, onirique, poétique, l'opus n’atteint pas souvent son but. En dépit de quelques scènes amusantes, on perd le fil dans cette chronique inhabituelle chez le cinéaste, qui se regarde avec un certain ennui.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès le 18 juin
 

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Cinéma: "The Two Faces Of January", un polar noir sous le soleil de Grèce

The-Two-Faces-of-January[1].jpgScénariste oscarisé pour Les ailes de la colombe, accédant définitivement à la notoriété avec Drive, réalisé par Nicolas Winding Refn, le Britannique d’origine iranienne Hossein Amini a décidé de passer derrière la caméra en adaptant à l’écran The Two Faces Of January, le roman de Patricia Highsmith.

L’intrigue de ce film noir réunissant Viggo Mortensen, Kirsten Dunst (photo) et Oscar Isaac (découvert dans Inside Llewyn Davis des frères Coen), se déroule en 1962 sous le soleil de Grèce.

Débarqués en touristes à Athènes, le charismatique Américain Chester MacFarland et sa jolie femme Colette rencontrent à l’Acropole Rydal, un jeune compatriote travaillant comme guide et arnaqueur à ses heures. Le trouvant fort sympathique, le couple l’invite à dîner, ce que Rydal accepte, aussi séduit par la femme qu’impressionné par le mari.

Mais les MacFarland, en dépit du raffinement et du luxueux train de vie qu’ils affichent ne sont évidemment pas tout à fait ce qu’ils prétendent être. Hossein Amini livre ainsi un thriller classique à la Hitchcock, où il réussit à maintenir le suspense tout au long d’une intrigue certes prévisible mais assez bien ficelée, aux multiples rebondissements destinés à faire tomber les masques.

On reprochera toutefois à cet opus à l’ancienne un petit manque de rythme. Et si l’auteur joue à fond la carte du mystère entourant ses personnages, ceux-ci auraient gagné à être un peu plus creusés, notamment celui de Colette, carrément abandonné en route. En revanche, on aime l'élégance et le soin mis à la reconstitution d’époque, qui fait honneur à l'univers de Patricia Highsmith. 

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 18 juin.

 

 

 
 

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