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08/05/2013

Cinéma: "Augustine" et "Trance" sous hypnose

augustine-8[1].jpgNous sommes dans le Paris de 1885 avide de découvertes scientifiques, au temps  des balbutiements de la psychanalyse. Le célèbre professeur Charcot, médecin chef à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière qui se consacre notamment à la maladie dégénérative qui porte son nom, commence à s’intéresser à l’hystérie.

En sont affligées de malheureuses femmes  qui passent pour possédées du diable. Charcot tente de les guérir par l’hypnose, au gré de séances et d’examens en forme de spectacles auxquels assistent très excités ses confrères venus de toute l’Europe.

Parmi les patientes du maître, il y a Augustine  une jeune fille de 19 ans aux symptômes violents, victime, à l’instar de 2000 autres femmes, de ce voyeurisme médical contre lequel elle se rebelle. Rapidement è devenue l’objet préféré de ses études, elle tombe amoureuse de lui et a tendance à en rajouter dans ses crises lors des démonstrations d’hypnose.

Alice Winocour propose un premier film bien maîtrisé, finement traité et subtilement consacré à la condition féminine. Une réussite à laquelle contribuent l’excellent Vincent Lindon et la bluffante comédienne-chanteuse Soko. Lui corseté dans son habit de grand bourgeois, elle cobaye récalcitrant sont parfaits dans cette relation trouble sous tension érotique.

Trance fouille les méandres de l’inconscient sur fond de sexe et de violence

trance[1].jpgOn reste dans le domaine de l'hypnose avec Trance, le dernier-né de Danny Boyle. L’auteur de Trainspotting , de Slumdog Millionnaire ou encore metteur en scène de la cérémonie des Jeux Olympiques de Londres l’an dernier, s'est lancé cette fois dans la tortueuse aventure d'un voleur amnésique. Simon, commissaire-priseur expert dans les œuvres d’art, se met en cheville avec le gang du redoutable Franck. Et dérobe un tableau de plusieurs millions de dollars, en l’occurrence Le vol des sorcières de Goya.

 

Mais à la suite d’un violent coup sur la tête, il ne sait plus du tout où il a planqué la fameuse toile.  Menaces et torture se révélant inefficaces, Franck engage une thérapeute spécialiste de l’hypnose pour lui faire retrouver la mémoire.

 

Avec Trance , Danny Boyle tente de renouveler le film noir, s’aventurant au-delà du genre après un début classique. Fouillant les méandres de l’esprit et de l’inconscient, il donne dans la dimension  psycho-émotionnelle avec des protagonistes errant dans leur propre labyrinthe et dont le défi consiste à en sortir..

 

C’est là que le réalisateur part en vrille en abusant des rebondissements, des retournements de situations, des fausses pistes et des pièges. Sur  fond de sexe, de défonce et de violence pour ne pas nuire à sa réputation boderline, il nous  embarque dans une intrigue tellement tarabiscotée qu’on peine à s’y retrouver.

 

C’est aussi souvent  le cas de son trio d’acteurs James McAvoy, Vincent Cassel et Rosario Dawson, otages d’un système de manipulation qui finit par s’effondrer.

 

Nouveaux films à l'affiche dans les salles romandes. 

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07/05/2013

Cinéma: Robert Redford se met "Sous surveillance"

Après l’échec aux Etats-Unis de La conspiration, un film politiquement engagé sur l’assassinat d’Abraham Lincoln où il s’interrogeait sur la démocratie et la justice dans son pays, Robert Redford revient avec Sous surveillance, évoquant le conflit du Vietnam.  Souvent porté à l’écran, il a la plupart du temps été traité à travers ses combattants. Le gardant en toile de fond, Redford en fait une autre lecture, centrant son propos sur les militants contestataires de l’époque. Plus précisément sur les Weathermen.

0415-lrainer-rainer-movie-film-Company-You-Keep_full_600[1].jpgEn 1969, ce groupe de radicaux revendiquait une série d’attentats sur le territoire américain pour protester contre la guerre. Beaucoup furent emprisonnés, mais d’autres se volatilisèrent dans la nature. Jusqu’à l’arrestation, en 2012,  de l’une des activistes, Sharon Solarz. L’affaire titille Ben Schulberg, un jeune reporter dévoré d'ambition. Sa petite enquête le conduit à Jim Grant, avocat septuagénaire apparemment sans histoire, mais qui disparaît brusquement. Ben se lance alors sur ses traces, bien décidé à coiffer au poteau le FBI où il a ses entrées. 


L’une des dernières légendes vivantes hollywoodiennes, Robert Redford n’est pas un aussi grand réalisateur qu’un Clint Eastwood ou un Woody Allen. Mais il s’attaque le plus souvent à des sujets passionnants qu’il  cherche à exploiter sous un angle original. Sous surveillance est de ceux-là. Malheureusement, l’opus pêche au niveau d’une mise en scène qui manque singulièrement de vigueur, de dynamisme et de rythme. Du coup, la chasse à l’homme haletante attendue se transforme en une poursuite plan-plan qui se traîne plus ou moins pendant deux heures. 

Côté comédiens, Robert Redford qui de son propre aveu ne se trouve jamais très bon, a eu l’idée discutable de se donner le rôle principal, aux côtés de Nick Nolte et Julie Christie. On lui en veut aussi  d’avoir abandonné après quelques scènes et sans explication Susan Sarandon, toujours aussi impecccable. De même, il ne laisse pas Shia Labeouf jouer à fond son rôle de journaliste carriériste, insolent et peu scrupuleux, en introduisant dans son enquête une amourette sans intérêt. 

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 8 mai.

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01/05/2013

Cinéma: "Viramundo-un voyage musical avec Gilberto Gil"

viramundo[1].jpgMondialement connu, c’est une superstar dans son pays. Personnage passionné, sincère, attachant et empathique, chanteur populaire maître de Bossa Nova et premier ministre noir de la Culture dans le gouvernement du président Lula de 2003 à 2008, Gilberto Gil aujourd'hui retiré de la politique a repris sa guitare. Pour entreprendre un périple spirituel et musical à travers l’hémisphère sud.

Toujours animé de sa passion de promouvoir la diversité culturelle dans notre monde de plus en plus globalisé, l’homme est parti de Bahia, sa ville natale pour aller, des territoires aborigènes d’Australie au cœur de l’Amazonie en passant par les townships sud-africaines, à la rencontre des peuples autochtones.

Avec eux il parle bien sûr de la musique qui relie continents et générations, de leur héritage culturel, mais aussi de leurs conditions de vie, de leurs rêves et de leurs espoirs, dans ce documentaire du réalisateur et vidéaste suisse Pierre-Yves Borgeaud.

Très réussi sur le plan musical, notamment, ce qui ne surprendra personne, lors des concerts en public d'un Gilberto Gil inspiré, de ses duos en compagnie d’une chanteuse aborigène ou d’un musicien africain, l’opus ne pourra qu’enthousiasmer, sinon enflammer, les fans de ce chantre du pluriculturalisme.

Emouvant, plein d'humanité et de messages de paix, il laisse pourtant sur sa faim cinématographiquement et politiquement. On peine en effet à adhérer à l’accumulation de témoignages de ces gens blessés et réduits à l’état de minorités, dont le cinéaste ne tire finalement pas grand-chose. A l’image de cette évocation rapide de crimes racistes en Afrique du Sud, ou de cet échange assez stérile entre Gil et l’Australien Peter Garrett, qui fut comme lui un musicien-ministre déterminé à faire avancer les choses.  Dommage...

Nouveau film à l'affiche dans les salles romandes.

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30/04/2013

Cinéma: "La fleur de l'âge", "Mohamed Dubois", "Win Win", la comédie dérape

7760908865_pierre-arditi-et-jean-pierre-marielle-sont-comme-pere-et-fils-dans-la-fleur-de-l-age-au-cinema-a-partir-du-1er-mai[1].jpgPetite semaine pour les amateurs de pellicule du côté de la comédie où il n'y a pas grand-chose à sauver, quelle que soit la provenance. A commencer par La fleur de l’âge, premier long-métrage de fiction du documentariste de télévision Nick Quin, réunissant Pierre Arditi et Jean-Pierre Marielle.  

Vieux beau de 63 ans déterminé à oublier son âge en coursant les jupons trentenaires et grand producteur de télévision sur le déclin, Gaspard Dassonville doit soudain recueillir chez lui son père, vieillard indomptable et capricieux qui a perdu son autonomie. Genre Tatie Danielle au masculin, mais en nettement moins bien. L’arrivée d’une aide-soignante  délurée aux méthodes particulières (Julie Ferrier) complète le tableau. Elle fascine les deux hommes qui, grâce à elle, sont censés se retomber dans les bras.

Scénario et dialogues boiteux pour une laborieuse comédie sur la vieillesse qui se veut un hymne à la vie, à l’amour et à la famille, mais qui peine lourdement à convaincre. En dépit de son trio d’acteurs dont a priori on pouvait attendre mieux, de quelques scènes touchantes et d’un ou deux jolis moments de  tendresse.  

Mohamed Dubois, entre clichés et caricature

20531965.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgPas de quoi se réconcilier avec la comédie française en découvrant Mohamed Dubois d'Ernesto Ona. Le rôle principal revient à l’humoriste Eric Judor (photo) qui joue Arnaud, héritier de la banque Berthier. Sauf qu’il ressemble davantage à Saïd, l’ex-prof de tennis de sa mère, ou à la cuisinière arabe de la maison qu’à ses parents blancs. Bref autant dire qu’il a plutôt une tête à se nommer Mohamed.

Suite à une dispute avec son paternel qui lui refuse un poste de cadre, il croise la route de Mustafa. Ce dernier lui présente sa sœur Sabrina dont il tombe évidemment amoureux. Pour la séduire, Arnaud lui laisse croire qu’il est beur comme elle et s’appelle donc Mohamed. Il s’installe alors dans sa cité, déterminé à s’intégrer. La chose n’ira pas sans mal, mais sans surprise tout finira par s’arranger.

Ramassis de clichés, personnages caricaturés des deux côtés de la banlieue, quiproquos plus téléphonés les uns que les autres, rien ne nous est épargné dans cette histoire d’une rare platitude que contribuent encore à plomber de mauvais acteurs, s’évertuant à tenter de nous amuser. Sans succès. 

Win Win avec losers à la clé

901f68e585[1].jpgOn ne comptait pas sur Win Win, signé Claudio Tonetti, pour nous tirer de la morosité. Pari tenu. Fausse bonne idée par excellence, le film met en scène Paul Girard, le maire de Delémont rêvant de représenter son canton au parlement bernois et son ami Liu, un horloger chinois installé dans le Jura. Ils décident d’organiser la demi-finale de Miss Chine en Suisse. Les participantes seront notamment accompagnées dans leurs pérégrinations en terre helvétique par des équipes de télévision.

De quoi répondre aux ambitions nationales de Paul et ouvrir à Liu le juteux marché de la montre de luxe, grâce à la retransmission de toute l’opération, dont l'élection, suivie par au moins 300 millions de téléspectateurs de l'Empire du Milieu. Virée des deux complices à Shanghai, où le contrat est passé avec Chang, PDG du petit écran du cru.  

Convaincus de l’originalité de leur projet, Paul et Liu ne parviennent pourtant à intéresser personne que ce soit au niveau des sponsors, des politiques ou des milieux touristiques. Et au lieu de se promener de stations chics en hôtels cinq étoiles, les Miss dorment dans la paille, rendent visite aux militaires  et prennent des kilos en mangeant du boudin. A Shanghai, Chang se bouffe les ongles. Mais la ténacité de Paul et Liu finira par payer…

Mondialisation, glamour, médias  argent, mixité culturelle, autant de thèmes traités avec une légèreté voulue et assumée, revendiquent en substance les scénaristes de cette intrigue inspirée d’une "histoire vraie". Mais il n’était pas pour autant nécessaire d’en faire une farce aussi bouffonne qu’inconsistante à la réalisation pataude, aux dialogues balourds et aux comédiens en roue libre qui peinent à nous arracher un sourire. Sans oublier quelques accents qui le disputent sauvagement aux produits du terroir...

A oublier enfin Dead Fucking Last, évoquant trois amis qui ont fondé à Zurich une compagnie de coursiers à vélo. Tout baigne jusqu’au jour où, après vingt ans de bons et loyaux services, ils doivent affronter la redoutable concurrence des jeunes et belles Girls Messengers. Encore une comédie qui se veut enjouée, badine et désinvolte, mais qui rate son but après quelques images.

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 1er mai.

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25/04/2013

Cinéma: Avec "11.6", François Cluzet se glisse dans la peau du convoyeur le plus célèbre de France

667893-francois-cluzet-identifie-solitaire-tony[1].jpgConvoyeur de fonds à Lyon depuis dix ans, Toni Musulin arrive chaque jour à vélo au boulot. Avare, secret, il ne dépense presque rien, ne dit presque rien. Mais à l’intérieur, ça bouillonne. Un jour, amoureux des belles bagnoles, ce taiseux s’achète une Ferrari dans une vente aux enchères. Et puis, le 5 novembre 2009, à 10 heures du matin, alors qu’il vient de parquer son fourgon blindé, il presse doucement l’accélérateur et repart dans l’autre sens.  A l’arrière il y a des sacs contenant 11,6 millions d’euros…

11.6, c’est aussi le titre du film mettant en scène l’étrange aventure de ce braqueur énigmatique surnommé Robin des Bois par les internautes, qui a concocté ce casse énorme et sans violence à la Spaggiari. Pour se venger d’être né du mauvais côté, prendre sa revanche sur une société qui le méprise, sur ses supérieurs hiérarchiques à qui il voue une haine aussi sourde que tenace. 
 
Onze jours plus tard il se rendra à la police de Monaco. L’histoire veut que ce soit à 11h06… A l’exception de 2,5 millions d’euros toujours dans la nature, le reste de la somme est retrouvé dans un garage qu’il avait loué. Mais les billets manquants n’ont pas piqué la curiosité de Philippe Godeau. Ce qui l’a bien davantage intéressé dans cette affaire qui conserve ses zones d'ombre, c’était la personnalité du convoyeur le plus célèbre de France, actuellement détenu à la prison de Corbas, près de Lyon. 

Un rôle sur mesure pour François Cluzet qui porte le film sur ses épaules. Il n’incarne pas seulement, il  est ce personnage solitaire, mutique, apparemment impassible, mais que l’on sent constamment sur le point d’exploser. Le comédien est entouré d’autres bons acteurs comme Corinne Masiero ou Bouli  Lanners, qui contribuent à ancrer le film dans la réalité quotidienne d’un milieu peu glamour, mais très crédible.  

86026_t6[1].jpg"Ce qui m’a donné envie de faire ce film c’était d’essayer de comprendre et de montrer la motivation de cet homme. Non pas d’expliquer mais de faire ressentir comment il en est arrivé là. Son sentiment d'être exploité et de retrouver en somme sa dignité à travers un acte fou en forme de bras d’honneur à l’intention de ses patrons", raconte le réalisateur de passage à Genève. "Et puis je trouvais également passionnant le fait qu'il ne soit pas parti avec l’argent. Pour moi ce n’est pas un gangster. C’est un résistant, plein de défauts certes, mais un rebelle cherchant à se relever". 

Comment vous y êtes-vous pris pour remonter son parcours?

Avant d’écrire, je suis allé avec le scénariste à Lyon pour recueillir des témoignages. Nous avons rencontré les policiers qui l’ont arrêté, son avocat avec qui il est en contact permanent et des gens avec qui il travaillait.

-Quelles ont été leurs réactions?

-Ils étaient tassez traumatisés. D’un côté ils étaient plutôt fiers de Musulin, de l’autre assez détruits par cette histoire. Certains ont été soupçonnés, interrogés. L’un d’eux a été licencié

-Vous retrouvez François Cluzet après votre collaboration dans Le dernier pour la route. J’imagine que pour vous c’était un choix évident.

-Oui, dans la mesure où dès la fin du tournage, nous avions décidé de refaire un film ensemble. 

-François Cluzet est parfait de sobriété, d'économie de gestes, de mots. De quelle manière s est-il préparé?

-Un rôle de ce genre se travaille beaucoup en amont. Par exemple sur le plan physique. il a fait pas mal de musculation, car Musulin est costaud. Je lui ai également présenté des proches de Musulin. Il est évidemment aussi allé puiser chez lui des choses plus personnelles. Et puis ça a l’air bête dire ça, mais on a pris grand soin de ses vêtements, de choisir le bon blouson, les bonnes chaussures.

-Toni Musulin est toujours incarcéré. L’avez-vous rencontré ? 

 -Non, j’aurais voulu mais il est en isolement et refuse les visites. J’ai acheté les droits du livre où il témoigne. Je ne le regrette pas car je tenais à garder du mystère et cela m’aurait peut-être  bloqué dans mon imaginaire. J’ai besoin d’être près de la réalité dans mes films, mais cela reste des fictions.

-Et lui avez-vous montré 11.6 ?

-Pas encore. J’aurais souhaité qu’il le voie avant tout le monde mais cela n’a pas été possible.

Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.

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24/04/2013

Cinéma: "La cage dorée", sympathique comédie à la portugaise

la-cage-doree[1].jpgDans la foulée de la comédie à succès de Philippe Le Guay, Les femmes du 6e étage, le réalisateur franco-portugais Rubens Alves, s’inspirant de l’histoire de ses parents et plus particulièrement celle de sa mère, authentique concierge, en a profité pour réaliser son premier long-métrage, La cage dorée.

Depuis près de trente ans les Ribeiro, immigrés portugais, vivent au rez-de-chaussée d’un bel immeuble situé dans un quartier chic de Paris. Maria la gardienne exemplaire et son mari José chef de chantier modèle sont considérés comme des perles rares par les locataires et leurs employés, qui ne sauraient se passer d’eux.

D’où la nouvelle en forme de catastrophe lorsque ces crèmes d'humains peuvent réaliser leur rêve en héritant d'une maison: rentrer au pays. Du coup les profiteurs de leur dévouement sans faille se sentent menacés dans leur confort. Ils multiplient alors les attentions et les gentillesses pour empêcher ces êtres indispensables de mettre leur projet à exécution. De leur côté les intéressés en sont à se demander s’ils ont vraiment envie, au bout de tout ce temps de quitter la France où ils ont construit leur vie. 

Distrayant, sympathique, touchant, ce film à la fois léger et grave, traite sur le mode comique de sujets sérieux comme l’intégration et le déracinement. Surfant sur les clichés tout en les assumant, il brosse de façon moins simpliste qu’il n’y paraît, même s'il frise parfois l'angélisme, un portrait de famille sur fond de relations humaines.

Le cinéaste débutant est de surcroît servi, à quelques exceptions près, par un casting impeccable. Aux côtés de Rita Blanco et Joaquim de Almeida, on retrouve notamment Chantal Lauby en bobo déjantée, Roland Giraud en patron paternaliste ou encore Nicole Croisille en redoutable mégère, aussi pingre que méprisante. 

Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.

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Cinéma: Robert Downey Jr. se défonce avec humour dans "Iron Man 3",

IRON_MAN_3[1].jpgTraumatisé par ses récentes affrontements avec les aliens, le brillant industriel Tony Stark, héros milliardaire plébiscité par tous, s’enferme dans son atelier pour bricoler. Une pause de courte durée, l'ennemi attaquant de tous côtés. Tandis que son univers personnel est détruit, les Etats-Unis sont frappés par une série d’attentats revendiqués par un mystérieux terroriste, le Mandarin.

Du coup Tony décide de traquer sans relâche ce redoutable personnage, dont on ignore non seulement la véritable identité, mais où il se cache et comment il procède. Désormais seul, dos au mur et totalement dépendant de son armure, il est contraint de survivre par ses propres moyens dans cette aventure qui lui permettra de tester son courage. 

Meilleur de la série, Iron man 3 est signé Shane Black qui succède ainsi à Jon Favreau aux commandes, ce dernier se retrouvant dans le rôle de chef de la sécurité de Stark Industries. Le film se distingue d'abord des deux autres par son ton et ses dialogues différents. Par ailleurs, si le réalisateur propose de spectaculaires scènes d’action à grands coups d’effets spéciaux décoiffants, il n'hésite pas à donner plus subtilement dans l’enquête politico-policière pimentée de comédie.

Un mélange de genres bien maîtrisé et qui culmine dans des séquences jubilatoires anti-Bush ou surtout lorsqu’on découvre qui se dissimule derrière l'effrayant Mandarin. Un moment surréaliste et d’une rare drôlerie qu’on ne dévoilera pas pour ménager le suspense.

Cinéaste et comédiens se partagent le mérite dans cette troisième mouture épique pleine d’humour et d’autodérision. A l’image de son acteur principal, le craquant Robert Downey Jr, qui ne craint pas, pour notre plus grand plaisir et sans en faire des tonnes, de tourner son statut de demi-dieu en ridicule. Gwyneth Paltrow n’est pas mal non plus.
 
Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.

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Cinéma: avec "Quartet", Dustin Hoffman passe derrière la caméra

220px-Dustin_Hoffman_Cannes[1].jpgA l’instar de nombreux comédiens, Dustin Hoffman, héros de plus de soixante films, s'est laissé tenter par la réalisation. A 75 ans, il fait ses débuts dans Quartet, une comédie mettant en scène des musiciens et chanteurs d’opéra à la retraite qui se retrouvent à Beecham House, belle et paisible demeure au cœur de la campagne anglaise. Adaptation de la pièce de théâtre homonyme du dramaturge et scénariste Ronald Harwood, le sujet rappelle évidemment Le baiser de Tosca de Daniel Schmid, sorti en 1984. Le cinéaste suisse est d’ailleurs remercié au générique.

Parmi les pensionnaires trois amis, Reginald, Wilfred et Cissy, apprennent qu’une ancienne diva est sur le point de débarquer. Et quelle n’est pas leur surprise en découvrant qu’il s’agit de la grande Jean Horton en compagnie de laquelle ils triomphaient sur les scènes internationales.

Problème, l’ego démesuré de l'arrogante Jean avait contribué à ruiner aussi bien leur amitié que son mariage avec Reginald. Et apparemment, son caractère ne s’est pas arrangé avec les années. Cela n’empêchera pas les trois complices, plus particulièrement l’irrésistible tête en l’air Cissy, d’oublier amertume et vieilles blessures pour œuvrer à la reconstitution de leur célèbre quatuor lors du gala annuel de Beecham House, destiné à célébrer l’anniversaire de Verdi et à recueillir les fonds nécessaires à la survie de l’établissement.

quartett.jpgAlors qu’on pouvait craindre les fausses notes, on est plutôt conquis par ce feel-good movie aux dialogues piquants qui, loin de s’appesantir sur leur âge egt leurs divers bobos, se révèle au contraire un joyeux hommage aux divers protagonistes et leur style "so british". 

Sans autre prétention que celle de nous divertir et de nous émouvoir, Dustin Hoffman s'amuse à évoquer avec  tendresse, humour et autodérision le narcicissme exacerbé des artistes.

La réussite de cet essai joliment transformé tient naturellement beaucoup à la qualité des interprètes emmenés par l’impétueuse Maggie Smith, l'espiègle Pauline Collins, le digne Tom Courtenay un rien psychorigide et le très polisson Bill Connolly. Sans oublier Michael Gambon, parfait dans son rôle de vaniteux chef d'orchestre.

Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.

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23/04/2013

Cinéma: Michel Gondry, bricoleur de choc dans "L'écume des jours"

MichelGondry[1].jpgOn est tous d'accord. S’il y avait aujourd’hui un réalisateur capable d’adapter L’écume des jours, réputé inadaptable bien que déjà porté à l’écran en 1968 par Charles Belmont, c’était Michel Gondry, spécialiste d'effets artisanaux souvent délirants. En même temps était-ce nécessaire de se lancer dans une telle aventure qui pourrait à la fois rebuter les inconditionnels du roman et laisser les autres indifférents ?

Pas de quoi pourtant empêcher le MacGyver de la caméra hexagonale de relever le défi pour revisiter à sa manière le roman du mythique Boris Vian, qui a fasciné des générations d’ados avec son monde poétique, déroutant, surréaliste et jazzy. Pas à sa sortie en 1947 toutefois, ce monument de la littérature française n’ayant eu aucun succès du vivant de l’auteur, mort en 1959 à l’âge de 39 ans.

Dans L’écume des jours, Colin (Romain Duris) un garçon insouciant, idéaliste, assez fortuné pour ne pas avoir besoin de travailler, tombe follement amoureux de Chloé (Audrey Tautou) qui le lui rend bien. Autour d’eux gravitent quelques amis farfelus tels Nicolas (Omar Sy), le cuisinier et confident, collectionneur de jolies filles, ou Chick (Gad Elmaleh) un fanatique du philosophe Jean-Sol Partre. 

Au début les tourtereaux sont ivres de bonheur. Mais dans cette Love Story avant l’heure Chloé va mourir, victime d’un nénuphar qui grandit dans ses poumons et l’empêche de respirer. Colin se ruine et s’épuise, acceptant des jobs de plus en plus absurdes pour tenter de la sauver. Parallèlement, au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, leur logement rapetisse et s’assombrit. En dépit des efforts constants d’une petite souris grise à moustaches qui s’évertue à nettoyer les carreaux pour laisser passer le soleil.

Certes, à l'instar du livre, le film offre une vision pessimiste de la société en général et du monde du travail en particulier. On ne peut par ailleurs pas reprocher au créatif Michel Gondry de trahir son idole de toujours, du moins sur le plan visuel, où il recrée avec talent son univers insolite et fantastique.

Gadgets bluffants et trouvailles à la pelle

A commencer par l’appartement de Colin, construit dans une rame de métro à ciel ouvert. Traduisant les inventions de Vian, le film fourmille de gagdets et de trouvailles, dont le bluffant pianocktail, permettant de composer une boisson différente selon les morceaux joués, l’anguille qui sort du robinet, la sonnette à pattes qui se déplace, l’envolée au-dessus de Paris dans un nuage, la voiture transparente du mariage. Sans oublier la fameuse danse du biglemoi.

201346582[1].jpgMais à trop se concentrer sur les objets, Michel Gondry tend à oublier les protagonistes qui ne suscitent aucune émotion. A l’image de Colin et Chloé (photo) dont la tragique et déchirante histoire d’amour devient presque anecdotique au milieu de ce loufoque bric-à-brac. 

Mais le plus problématique finalement, ce sont les comédiens auxquels on ne s’attache pas dans la mesure où non seulement ils ne correspondent pas à notre imaginaire, mais surtout n’incarnent pas leurs personnages. Et si Audrey Tautou se révèle la moins bonne dans ce genre d’exercice, Romain Duris, Omar Sy ou Gad Elmaleh ne contribuent pas vraiment à relever le niveau de ce casting de producteurs.

Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes dès le mercredi 24 avril.

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17/04/2013

Cinéma: "Les âmes vagabondes", d'après l'auteure de "Twilight"

220px-The_Host_Poster[1].jpgJamais la vie n’a été aussi paisible et le monde aussi parfait. Sauf que ce n’est plus notre monde, depuis que des extraterrestres y ont débarqué, prenant possession de nos corps et de nos esprits. Quelques groupes d'humains s'efforcent de résister aux envahisseurs en se cachant pour survivre, à l’image de Melanie Stryder et de son jeune frère.

En dépit de ses efforts et de sa vigilance, elle est capturée et se voit contrainte de cohabiter avec Wanda, une entité venue d’ailleurs. Gentille, Wanda, mais néanmoins destinée à s'emparer d'elle. C’est compter sans l'amour que Melanie voue à un jeune homme, l'un des rares humains à l'être resté. La jeune fille veut le retrouver et lutte de toutes ses forces, déterminée à ne pas laisser la place à Wanda...

Les âmes vagabondes, film de science-fiction signé Andrew Niccol, est adapté d’un roman de Stephenie Meyer, l’auteure de Twilight. On doute pourtant que cet opus tarabiscoté, longuet et banal, ait l’impact de la célèbre saga. Même avec Saoirse Ronan et Max Irons, nouveau petit couple censé faire rêver les adolescentes. Pour l’anecdote, on relèvera la présence de Diane Kruger en traqueuse extraterrestre de choc. Une redoutable mégère qui, contrairement à ses congénères, n’a vraiment rien de pacifique!

Toujours côté américain, à oublier carrément Parker, de Taylor Hackford, racontant l’histoire d’un cambrioleur avide de vengeance après avoir été trahi par ses complices et laissé pour mort au bord d’une route. Mais il en faut davantage pour l’arrêter dans sa croisade… qui le conduira en Floride, dans le luxueux quartier de Palm Beach, où il rencontre une sulfureuse agente immobilière. Elle l’aidera dans sa tentative de s’emparer de quelques millions de dollars de bijoux, en espérant y trouver son compte.  Tant pis pour Jennifer Lopez.

Nouveaux films à l’affiche dans les salles romandes.

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