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Sorties de la Semaine - Page 45

  • Grand écran: "Un peu, beaucoup, aveuglément", de et avec Clovis Cornillac

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    maxresdefault[1].jpgHabitant dans deux appartements séparés par une cloison extrêmement mince, deux êtres aux antipodes l’un de l’autre finissent par construire une relation sans se voir ni se toucher, uniquement basée sur leur voix et leur ressenti. On ne connaîtra même pas leur prénom respectif, puisqu’ils se donnent mutuellement du Machin /Machine.

     

    Lui, c’est un inventeur de casse-tête aussi créatif que misanthrope ne supportant pas le moindre bruit et vivant cloîtré. De son côté, pianiste aussi douée que psychorigide, elle ne peut se passer de musique et prépare un grand concours.

     

    L’affaire semble bien mal emmanchée. Un point commun cependant, tous deux sont des inadaptés sociaux. Du coup, cette cohabitation difficile va évoluer vers une curieuse liaison, où ils font plus ou moins les mêmes choses au même moment mais… de part et d’autre de leur mur. 

     

    Un peu, beaucoup, aveuglément est le premier long-métrage de Clovis Cornillac, qui tient aussi le rôle principal aux côtés de Mélanie Bernier. Le scénario a été imaginé par la femme de l’acteur, qui se glisse dans celui de la sœur hyper décomplexée de l’héroïne. Pour compléter le trio, l’ex-Deschiens Philippe Duquesne s’est mué en seul et meilleur ami de Machin, le farouche atrabilaire.

     

    Au premier abord, on est séduit par le côté original et farfelu de ce film évoquant non seulement deux névrosés bizarrement amoureux, mais surfant sur le thème de la solitude et des problématiques rapports humains alors que se multiplient les moyens de communication. Tout cela vire pourtant rapidement à la fausse bonne idée. En dépit de quelques astuces de mise en scène, Clovis Cornillac gâche son concept inédit pour livrer finalement une romance au parcours fléché et au dénouement téléphoné.

     

    Le talent de mes amis

     

    Autre comédie française avec Alex Lutz, qui passe également pour la première fois derrière la caméra. S’étant rencontrés au lycée et devenus modestes collègues de bureau, Jeff et Alexandre mènent une petite vie tranquille et sans ambition, tout en accumulant les bêtises et les blagues nazes.

     

    LE%20TALENT%20DE%20MES%20AMIS%20PHOTO3[1].jpgJusqu’à l’arrivée dans l’entreprise de Thibaut, un coach super dynamique et performant qui n’est autre que l’ami d’enfance d’Alexandre. A l'époque, tous deux s'étaient promis de réussir. Mais seul Thibaut semble avoir tenu parole. A priori de quoi bousculer la routine…

     

    Malheureusement, en dépit de son titre, Le talent de mes amis, l’auteur et ses protagonistes n’en montrent pas beaucoup. Un euphémisme vu le ratage de la chose. Et pour cause. Il n’était en effet pas question pour Alex Lutz, notamment auteur de la pastille humoristique Catherine et Liliane sur Canal +d’oublier ses grands copains Bruno Sanches et Tom Dingler. Du coup ce film de potes n’est rien d’autre qu’un… film de potes.

     

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 mai.

     

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  • Grand écran: Camille Cottin s'éclate dans "Connasse, princesse des coeurs"

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    connasse_rognee_et_comp[1].jpgElle estime ne pas avoir la vie qu’elle mérite, ne veut plus jamais travailler et rêve d’un  destin royal. C’est ainsi qu’elle met le cap sur Londres, déterminée à épouser le prince Harry,  le célibataire les plus convoité d’Europe. Ce qui reste à prouver…  

    Elle, c’est Camille Cottin. Elle reprend au cinéma le personnage de Connasse, une insupportable trentenaire au comportement odieux qui s’immisce un peu partout, qu’elle tenait sur Canal +  diffusée dès 2013 dans Le Grand Journal. L’adaptation de la minisérie sur grand écran, intitulée Connasse, princesse des cœurs est coréalisée par les auteures du concept, Eloïse Lang et Noémie Saglio.

    Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une pastille humoristique tournée en caméra cachée. Le principe est repris pour le film, ou du moins nous l’affirme-t-on en dépit d’une ou deux cas qui paraissent sujets à caution. Mais faisons comme si pour suivre l’audacieuse et chiantissime Camille Cottin dans une succession de scènes où elle doit tester la capacité de tolérance, le niveau de crédulité, sinon de bêtise des gens qu’elle croise. En l’occurrence des Anglais. La virée chez Sa Majesté The Queen lui permettait notamment de ne pas être reconnue.

    Bref. A son habitude, elle affronte des situations plus saugrenues les unes que les autres. Et elle y va vraiment à fond dans le genre connasse à humour vache. Sans complexe et sans le moindre égard pour personne. Logique. Pour être une connasse, il ne faut penser qu’à soi, n’avoir aucune conscience  des autres et tout faire pour arriver à ses  fins, dans se poser la moindre question.

    Certaines séquences sont certes plutôt drôles, sinon parfois jubilatoires. Mais en passant de sketches très courts, (moins de deux minutes  où on la retrouvait chez l'esthéticienne, à la piscine, à St-Tropez, dans une boutique de luxe ou un magasin de musique) au (trop) long-métrage, la chose perd de son sel et finit par lasser. Même si Camille Cottin paie vraiment sans compter de sa personne. Ce qui plaira sans doute aux fans.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 29 avril.       

     

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  • Grand écran: "Spartiates" ou l'apprentissage du respect et de la tolérance par le sport

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    5568_30_34x16_0cm_300dpi[1].jpgAprès un court-métrage commandé par la RTS et réalisé en 2013 lors de l’opération Marseille alors capitale culturelle, le Genevois Nicolas Wadimoff, passionné par son sujet tourné dans les quartiers nord, a eu envie de poursuivre avec un long-métrage.

    Dans Spartiates, il témoigne du travail d’un entraîneur d’arts martiaux travaillant avec les jeunes dans cette partie de la ville délaissée et gangrénée par la violence, où peu de gens osent se rendre.

    Même si, comme le dit lui-même l’auteur," il y a beaucoup de fantasmes autour de l’idée de banlieue dangereuse et difficile. Bien que ces fantasmes aient été récemment alimentés par des règlements de comptes à la kalashnikov.… » 

    Bref, les médias n’y vont presque jamais. Une raison suffisante pour Wadimoff de s’y rendre, de montrer qu'il se passe autre chose et de rencontrer Yvan Sorel, 24 ans. Un self made champion qui, se substituant aux pouvoirs publics, a fondé un club mixte où il inculque, par les arts martiaux, le respect et la tolérance aux gamins de la cité Bellevue.

    Ce documentaire, récompensé par le Prix de Soleure en janvier dernier, avait impressionné le jury qui y avait justement vu "un combat pour la survie au quotidien des jeunes de banlieue", ainsi qu'une "métaphore de toutes les relations humaines".

    Il nous laisse aussi et surtout découvrir un éducateur charismatique, engagé à fond, à l’écoute constante de ses ouailles, mais également terriblement autoritaire. On ne raffole donc pas forcément de son côté réac, de son sens de l’ordre et de la discipline à outrance  Mais en dépit de ses méthodes militaires, un euphémisme dans son comportement le plus souvent brutal, on ressent sa volonté de transmettre des valeurs, l’amour qu’il porte à ces mômes déshérités au bord du plongeon dans la délinquance et son désir profond de les voir sortir la tête de l’eau.

    Qu’on apprécie ou non le personnage, Yvan Sorel, acteur né dans sa façon de bouger sans complexe, presque provocatrice devant la caméra, est incontestablement la vedette de ce film. Un film à l’image soignée qui vous accroche en jouant sur l’intensité de la dramaturgie. Evitant le misérabilisme facile avec le chômage et la pauvreté qui minent les lieux, Wadimoff réussit à livrer le rendu d’une réalité qui n’a pas grand-chose à voir avec Plus belle la vie…

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 avril.

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  • Grand écran: le nouveau "Caprice" d'Emmanuel Mouret, séducteur malgré lui

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    f8f9debc096e44473f9e7f7e2166178d[1].jpgInstituteur fan de théâtre, Clément nage dans un bonheur qu’il n’aurait pas imaginé dans ses rêves les plus fous. Alicia, son actrice préférée, une célébrité blonde un rien fatale succombe à son charme, tombe amoureuse et devient sa compagne.

    Mais ce séducteur malgré lui se trouve pris au piège d’un triangle sentimental loufoque en rencontrant Caprice,  une jolie jeune femme rousse, comédienne dans une troupe amateur mais aspirant à beaucoup mieux.

    Extravagante, malicieuse pour ne pas dire délicieuse au premier abord, elle se colle à Clément au point qu'il a du mal à lui résiste, en dépit de sa passion pour Alicia. Le tout sous les yeux de Thomas, son meilleur ami et directeur de l’école qui contribue aux complications ambiantes.  

    Dans Caprice, son neuvième film, Emmanuel Mouret, qui joue l’instit hyper classique en jeans, baskets et veste de velours, revient au marivaudage teinté de burlesque. Deux ans après l’échec public d’ Une autre vie, un suspense mélodramatique, il se pose des questions sur la vie à deux et la part du destin dans la découverte de l’âme sœur. 

    Aux côtés de Laurent Stocker, on retrouve le réalisateur-acteur en anti-héros naïf, timide, effacé, gaffeur, maladroit, dépassé par les événements. Attachant, émouvant, parfois irrésistible dans certaines scènes cocasses à la Pierre Richard, il frise pourtant la caricature avec sa tendance à trop en faire dans sa valse-hésitation entre ces deux femmes, dont il est finalement le jouet consentant.

    L’une est incarnée par Virginie Efira assez convaincante dans son rôle d’actrice à qui tout réussit et l’autre par Anaïs Demoustier (photo), excellente dans celui de la débutante manipulatrice, plus perverse qu’il n’y paraît et avide d’un succès qu’elle ne cesse de connaître à l’écran. Elle  vient d’enchaîner six tournages dont Bird People, Une nouvelle amie A trois on y va, ainsi que Julien et Marguerite de Valérie Donzelli, sélectionné en compétition au prochain Festival de Cannes.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 avril

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  • Grand écran: John Boorman retrouve ses 18 ans dans "Queen and Country". Un bijou

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    424384.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgAprès avoir raconté son enfance à Londres en plein Blitz dans Hope and Glory (1987), John Boorman reprend le fil de son récit autobiographique 27 ans après. A 81 ans, le réalisateur retrouve ses 18 ans dans Queen and Country sous les traits de son alter ego Bill Rohan.

    Nous sommes en 1952, l’année du couronnement d’Elizabeth II. Alors qu’il entrevoit une idylle avec une jolie cycliste, Bill quitte son île sur la Tamise et sa famille aussi attachante que drôle pour faire ses deux ans de service militaire. Il se retrouve dans un camp d’entraînement, ne sera pas envoyé en Corée, mais doit former à la dactylographie des recrues en partance vers le front asiatique.

    Passionné de cinéma, Bill ne tarde pas à trouver un super pote en la personne de Percy Hapgood, autre fan de la pellicule doublé d’un boute-en-train fumiste et amoral. Tout en cherchant l’âme sœur en ville pendant leurs permissions, nos deux fripouilles allergiques à l’autorité se liguent pour casser le sadique et psychorigide sergent-major Bradley, qui s’ingénie à leur pourrir la vie.

    Pendant ces deux ans finalement plutôt joyeux (logique dans la mesure où on se souvient en général du meilleur), on navigue entre la découverte de l’amitié, de l’amour, la drague romantico-burlesque, les deux bidasses se faisant la courte échelle pour espérer voir par la fenêtre les filles en tenue d’Eve, et les cocasseries de la vie en caserne. Des scènes le plus souvent jubilatoires, ponctuées de blagues foireuses où d’obtus galonnés ne cessent d’être ridiculisés. Un antimilitarisme à la limite de la caricature qui amuse à l’évidence le facétieux cinéaste. 

    imagesN0UDY3VP.jpgSur fond d'ambiance de l'Angleterre de l'époque, cet autoportrait à la fois subtil et un peu fantasmé à la réalisation académique et un brin désuète, se termine par le retour du soldat dans son cottage idyllique, où il commence à taquiner la caméra. On n’y retrouve peut-être pas la force et l’ambition de Délivrance ou d'Excalibur. Mais ce dix-septième opus en mode mineur ne nous séduit pas moins énormément. 

    Satire, humour, tendresse, impertinence et nostalgie font le charme de Queen and Country. La légèreté du ton de cette irrésistible chronique so British le dispute à la profondeur de la réflexion chez le vétéran Boorman. Tout en évoquant son adolescence, il déclare son amour au septième art, sans oublier la critique, l'insoumission sinon la rébellion face à la domination, au pouvoir et aux institutions.  

    Les comédiens ne sont pas étrangers à cette jolie réussite. A commencer par le jeune Callum Turner qui, avec ses airs d’irrésistible faux tombeur de dames, fait des débuts plus que prometteurs dans le rôle de l'auteur. A noter aussi Vanessa Kirby dans celui de Dawn, la volcanique soeur de Bill dont la volonté d'émancipation préfigure la révolution sexuelle.  

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 avril.

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  • Grand écran: "Pourquoi j'ai pas mangé mon père", de et avec Jamel Debbouze. Calamiteux!

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    imagesV4PXATOK.jpgInfatigables promoteurs dithyrambiques de navets du cru, les animateurs télé français n’en pouvaient plus de porter aux nues Jamel Debbouze qui vient de faire ses débuts de réalisateur avec Pourquoi j’ai pas mangé mon père, film d’animation à gros budget, dans les 35 à 40 millions d’euros. Le plus attendu de la semaine en France, n’hésitait-on pas à rappeler à France-Info.  

    L’humoriste est aussi le co-scénatiste et l’acteur principal de ce premier long-métrage européen entièrement tourné en  motion capture. La technique consiste à filmer les acteurs pour reproduire ensuite leurs mouvements sur ordinateur.

    Jamel Debbouze se coule donc dans la peau d’Edouard, fils aîné du roi des Simiens, rejeté par son père à sa naissance car jugé trop petit et malingre pour lui succéder un jour. Et pourtant. Plus malin… qu’un singe, révolutionnaire chez les réacs, génie de l’invention, champion de l’évolution et de l’adaptation, Edouard découvre le feu, la chasse, l’habitat tout confort. Il finit même par se dresser sur ses deux pieds pour guider son peuple vers l’humanité, l’amour et la tolérance. Amen. 

    Enfin pas vraiment. Car Jamel Debbouze, la main dans le slip, ne se contente pas de nous noyer sous de puérils messages dégoulinants de bons sentiments. Se livrant à une métaphore de sa propre existence, notre Darwin de pacotille en rajoute complaisamment des tonnes dans cet opus très librement adapté (hélas) du roman culte de Roy Lewis Pourquoi j’ai mangé mon père.

    Pire, outre ses traits, le comique prête également à Edouard son côté hystérique, son humour bourrin, ses vannes ringardes, ses grimaces outrancières et son bafouillage exaspérant. Sans oublier de nous balancer un hommage à Louis de Funès qui doit faire se retourner dans sa tombe l’acteur disparu il y a 30 ans.

    Comble de tout, le design est particulièrement vilain. Reste que la chose a mis sept ans à voir le jour. Etant donné le résultat calamiteux, elle aurait aussi bien pu dormir dans un tiroir pour l’’éternité!

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 avril.

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  • Grand écran: "Le dernier coup de marteau" révèle un jeune acteur, Romain Paul

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    le_dernier_coup_de_marteau_1[1].jpgAlix Delaporte avait gagné en 2012 le César de la meilleure première œuvre avec Angèle et Tony, où une jeune femme cherche à conquérir un marin pêcheur en quête d’amour. Mais il commence par se dérober face à cette créature déroutante.

    Pour Le dernier coup de marteau, la réalisatrice quitte la côte normande et nous emmène au soleil du Sud, tout en restant dans le même registre d’un cinéma social valorisant l’humain. Elle y reprend également ses deux acteurs césarisés comme elle, Clotilde Hesme et Grégory Gadebois. Sans toutefois les faire se croiser à l’écran.

    Car le véritable héros de l’histoire c’est Victor (Romain Paul), un adolescent de 14 ans peu gâté par la vie. Il habite une petite caravane en bord de mer dans les environs de Montpellier avec sa mère Nadia (Clotilde Hesme ) qui lutte contre un cancer. Et apprend tardivement que son père Samuel Rovinski (Grégory Gadebois), célèbre chef d’orchestre ignorant avoir un fils, donne un concert près de chez lui. Il se rend à l’opéra pour le rencontrer, le maestro ne veut pas le voir. Mais si Victor est un peu perdu, il est aussi pugnace……

    Une piètre situation et un destin a priori sans espoir qui pourraient pousser la réalisatrice au misérabilisme. Elle évite pourtant le piège du pathos, en traitant ce sujet casse-gueule avec pudeur et sensibilité. On aime la manière à la fois tendue, sèche, presque dénuée d’émotion dont elle raconte une histoire d’amour forte entre une mère et son fils. En même temps, on regrette son manque d’originalité au cours de ce récit initiatique finalement assez plat, où père et fils tentent maladroitement de s’apprivoiser.

    Plutôt réussi quand même, Le dernier coup de marteau (référence à la 6e symphonie de Gustav Mahler que dirige Rovinski) doit beaucoup à ses comédiens. A commencer par le jeune Romain Paul, une vraie révélation, logiquement récompensé à la dernière Mostra de Venise par le prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir.

    Clotilde Hesme, sacrée meilleure actrice au Festival de Marrakech, met de son côté une sobriété bienvenue dans son rôle de mère malade élevant seule son enfant. Un peu en retrait, Grégory Gadebois se montre pareillement convaincant en chef d’orchestre misanthrope, impatient et irascible, soudainement pourvu d'un rejeton indésirable.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 avril.  

     

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  • Grand écran: "A Most Violent Year", plongée dans le New York corrompu des années 80

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    014449.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgLes eighties à New York, une décennie terrifiante. Et davantage encore en cet hiver 1981, où plus d’un million de crimes, des centaines de meurtres et de viols ont été recensés.

    C’est dans ce climat délétère qu’évolue Abel Morales, petit patron immigré. Parti de rien, il dirige une affaire de livraison de fuel domestique en pleine expansion et n’est pas loin de pouvoir jouer dans la cour des grands en se taillant une belle place dans le business.

    Mais il tient absolument à demeurer honnête. Hélas, son aspiration à devenir riche en gardant les mains propres se heurte à la corruption, la violence et la dépravation du milieu pétrolier de l’époque, menaçant de détruire ce qu’il a patiemment construit.

    Manifestement, son succès fait des envieux qui s’acharnent à sa perte. Et les coups peuvent venir de n’importe où, de n’importe qui. L’un après l’autre ses camions sont attaqués, ses cargaisons volées, ses chauffeurs tabassés. Alors Abel s’engage, pour conserver son bien, dans une véritable guerre. Sous le regard désapprobateur de son avocat voyou et de sa femme, fille d‘un truand de Brooklyn, pour qui le mal est une façon de vivre.

    Sa famille n’est plus en sécurité dans sa belle maison. De plus un procureur particulièrement zélé le poursuit pour escroqueries et malversations, tandis qu’il n’a que 30 jours pour honorer un gros contrat sous peine d’être totalement ruiné. Le rêve américain tourne au cauchemar. 

    Après Margin Call, dernière nuit d’une équipe de traders à Wall Street avant le crash et All Is Lost, où il faisait aussi référence au capitalisme sauvage et destructeur régissant nos sociétés à travers la lutte farouche, pour sa survie,  d’un homme perdu seul en mer,  J.C. Chandor poursuit sur sa lancée avec A Most Violent Year. Tout en évoquant des liens pervers entre le système et le crime, il montre l’influence pernicieuse d‘un mode de vie sur la volonté de dignité de son héros.

    Un western urbain

    Revisitant l’univers de la pègre newyorkaise d’alors, il livre sur fond d’ambition, de morale, de réussite et de violence, un thriller en forme de western urbain stylé, voire sophistiqué, à la mise en scène sobre et aux décors soignés. Avec clins d’œil aux classiques, de Lumet à Scorsese en passant par Gray ou Friedkin.

    Pour interpréter ce polar qui se veut à haute tension en dépit de sa lenteur parfois lancinante, J.C. Chandor a fait appel à Oscar Isaac et Jessica Chastain. Un excellent choix, l'un et l'autre se révélant parfaits. Lui en self-made man latino déterminé à maîtriser son destin en tentant désespérément de rester droit dans ses bottes, elle en sulfureuse fée du logis amoureuse de l'argent et marquée par ses origines...

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 8 avril.

     

     

     

     

     

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  • Grand écran: "Un homme idéal", la descente aux enfers d'un imposteur

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    un-homme-ideal-pierre-niney[1].jpgCésarisé pour avoir enfilé le costume du célèbre couturier dans Yves Saint Laurent, le biopic de Jalil Lespert, Pierre Niney se retrouve dans Un homme idéal, le deuxième long-métrage de Yann Gozlan.

    Mathieu Vasseur, 25 ans, déménageur dans la société de son oncle, rêve de devenir un grand écrivain. Mais l’absence de talent de cet homme insignifiant lui vaut logiquement le rejet de tous ses manuscrits.

    Et puis un jour, alors qu’il vide l’appartement d’un mort, un ancien d’Algérie, il tombe sur son journal de soldat, un beau texte écrit dans un style magnifique. En mal de célébrité, Mathieu voit immédiatement le profit qu’il peut en tirer. Il s’en empare et signe "son" œuvre sous le nom de "Sable noir". Un titre qu'il n'a même pas réussi à inventer, les mots se trouvant dans les notes du défunt.

    Comme prévu les média s’enflamment, c’est la gloire. Dans la foulée Mathieu tombe amoureux d’une jeune fille de la bonne société. Il plaît à ses parents, qui l’invitent dans leur belle propriété. Tout semble lui sourire. Mais son coupable secret devient de plus en plus difficile à préserver. Pressé par son éditeur d’écrire un autre roman pour justifier les confortables avances reçues, menacé par un maître-chanteur, Mathieu aux abois s’engage dans la redoutable spirale du mensonge. C’est la descente aux enfers.

    Le thème de l’imposture, de l’usurpation d’identité, a inspiré de nombreux réalisateurs. Mais n’est pas qui veut René Clément (Plein Soleil, référence certes assumée par Gozlan et alors?), ou plus récemment Big Eyes de Tim Burton. Un homme idéal démarre bien, mais trop d’invraisemblances lui font assez rapidement quitter la route.

    Dire que certains critiques n’ont pas hésité à évoquer Lost Highway de David Lynch, juste parce qu’une voiture roule à fond la caisse la nuit en ouverture du film… A oublier. Plus ce thriller à prétention psychologique avance, plus les incohérences se multiplient en raison de la faiblesse d’un scénario troué comme un Emmental. Jusqu’à une mise en scène fumeuse de la mort du plagiaire, à laquelle on ne croit pas une seconde.

    Dommage de gâcher un bon sujet, certes recuit mais toujours fascinant, pour autant qu’on parvienne à le renouveler au lieu d’en livrer une pâle… copie. Reste la bonne interprétation de Pierre Niney qui, contrairement à son personnage, a déjà trouvé la reconnaissance de ses pairs et du public.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 1er avril.

     

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  • Grand écran: "Le journal d'une femme de chambre" revisité par Benoît Jacquot. Avec Léa Seydoux.

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    Benoit-Jacquot-Journal-dune-femme-de-chambre[1].jpgNous sommes à la charnière des 19e et 20e siècles. Quittant Paris contre son gré pour la province, la jolie Célestine est engagée comme femme de chambre chez des bourgeois normands, les Lanlaire. Où elle doit repousser les avances graveleuses de Monsieur et supporter le caractère exécrable de Madame.

    Elle y rencontre aussi Joseph, mutique et mystérieux jardinier-palefrenier qui exerce sur elle une véritable fascination. Elle finira par suivre à Cherbourg cet individu antisémite sadique, qui a fait sa pelote en volant l’argenterie des Lanlaire.

    Après Jean Renoir (1946) et Luis Bunuel (1964), il n’est pas étonnant que Benoît Jacquot, poursuivant son exploration des rapports de soumission, se soit lui aussi inspiré du roman subversif d’Octave Mirbeau, pour brosser le portrait d’une soubrette intelligente et insolente, dénonçant la condition de domestiques traités comme des esclaves.

    A travers le regard de cette rebelle d’une rare lucidité déterminée à échapper à sa classe, l’auteur décrit un climat social détestable, propice à la vilenie et à la corruption, inévitable pousse au crime et à la haine, où règne la loi du plus fort et qui trouve un écho à celui d’aujourd’hui.

    Le-Journal-d-une-femme-de-chambre-Lea-creature-erotique_article_landscape_pm_v8[1].jpgSuite à Paulette Goddard et Jeanne Moreau, c’est une Léa Seydoux à la fois peuple, élégante et subtilement érotisée, qui se glisse dans la peau de la chambrière frondeuse, donnant la réplique à Vincent Lindon.

    Contrairement à ses deux illustres prédécesseurs qui ont pris quelques libertés avec le texte de l’anar dreyfusard qu’était Mirbeau, Benoît Jacquot en reste plus près.

    Dans l’ensemble il se montre plutôt convainquant avec son adaptation moderne d’un roman en phase avec notre époque, la justesse des rapports entre maîtres et domestiques, dont les femmes, de surcroît exploitées sexuellement. 

    On lui reprochera toutefois une qualité de narration fluctuante, avec des flash-back un peu bâclés permettant par exemple à Célestine d’évoquer les riches maisons où elle a servi. Par ailleurs, plutôt fâcheux, la forme du journal donnant de l’importance au récit à la première personne, par la voix off de Léa Seydoux, on ne comprend pratiquement rien à ses apartés.

    On regrettera aussi un final abrupt frustrant, dans la mesure où le réalisateur élude la révolte de courte durée de Célestine, qui finit en dominante et mène à son tour sans scrupule ses serviteurs à la baguette.

     Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 1er avril.

     

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