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Sorties de la Semaine - Page 41

  • Grand écran: "Belles familles", le retour décevant de Jean-Paul Rappeneau

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    belles-familles-de-jean-paul-rappeneau-11435629kudnl[1].jpgRésurgence d’un passé enfoui, lourd secret de famille, adultère, trahison et un casting cinq étoiles. En résumé, Belles familles marquant le retour à l’’écran de Jean-Paul Rappeneau après onze ans, avait largement de quoi séduire.

    C’est malheureusement le contraire. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’on n’est pas... tout feu tout flamme face à ce mélo familial en forme de vaudeville. Vivant à Shanghai depuis une dizaine d’années, Jérôme Varenne profite d’un voyage d’affaires à Londres avec sa fiancée Chen-Lu, pour s’arrêter à Paris dans le but de revoir sa mère Suzanne et son frère Jean-Michel,

    Il apprend alors que sa maison natale, à Ambray, se trouve au centre d'un singulier imbroglio juridico-administratif. Envoyant sa dulcine chinoise seule au rendez-vous chez les Anglais, Jérôme décide de se rendre sur place en province pour tenter de démêler l’affaire.

    Dès lors toute l’intrigue tournicote autour de cette maison, personnage central du film. Rappeneau ne nous épargne d’ailleurs aucun détail ennuyeux et compliqué se rapportant à sa vente éventuelle, nous laissant nous démener sans y comprendre grand-chose entre huissiers intraitables, investisseur immobilier parvenu, notaire véreux, maire opportuniste, sans oublier le droit de préemption.

    Le tout sur fond d’étrange rencontre, se muant rapidement en idylle improbable entre Jérôme et la jeune Louise, qui pourrait bien sentir le souffre… Sauf que rassurez-vous, la morale sera finalement sauve.

    Au théâtre ce soir

    Nous voici donc au théâtre ce soir en compagnie de Mathieu Amalric, toujours écorché vif, de Karin Viard, maîtresse compréhensive à la coiffure et aux fringues d’une rare mocheté, de Nicole Garcia, mère désagréable mais ex-épouse généreuse, de Gilles Lellouche, ami d’enfance fanfaron et amoureux éconduit, de Guillaume de Tonquédec, riche bourgeois coincé, ou encore de la très belle Marine Vacth qu’on n’avait pas revue depuis Jeune et jolie de François Ozon. 

    Brochette classe dont on attendait davantage dans la mesure où c’est l’atout majeur de cette histoire au scénario recuit et cousu de fil blanc. Mais les comédiens à la limite de la caricature se contentent de cabotiner, de s’agiter, de courir, de téléphoner à tout va, bref de surjouer dans cette pièce de boulevard décevante, sinon ratée, aux dialogues médiocres et pas drôles. Où l’auteur aligne les clichés, confondant rythme et précipitation pour se diriger vers une fin aussi plate que bancale.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 octobre. 

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  • Grand écran: Woody Allen concocte le crime parfait dans "L'homme irrationnel"

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    featured_irrational-man[1].jpgAprès avoir convoqué Nietzsche dans Magic In The Moonlight, Woody Allen continue, mêlant légèreté et humour, à soulever les questions existentielles qui le passionnent dans L'homme irrationnel (The Irrational Man). Avec Kant, Hegel ou Sartre pour lui prêter main forte. Et surtout Emma Stone, sa nouvelle muse étudiante pour l’occasion, qui donne la réplique à Joaquin Phoenix. 

    Le comédien se glisse lui dans la peau d’Abe Lucas, prof de philo moralement et physiquement à la ramasse, qui débarque sur le campus universitaire d’une petite ville américaine. Tentant, en dépit d’une bite molle, de remplir le vide de sa vie avec le sexe, cet alcoolique désabusé et bedonnant, bad boy intello amateur de whisky et coureur de jupons, entame d’abord une liaison avec une collègue en manque.

    Puis il passe à Jill, la plus jolie et brillante élève de sa classe, irrésistiblement attirée par cet érudit  dépressif, torturé, revenu de tout, qui a perdu foi en l’existence. Au point que même s’il la rejette affectivement et sentimentalement, son discours débilitant la pousse à lui en rendre le goût. 

    On a un peu de mal à y croire, lui aussi et d’ailleurs il ne nage pas pour autant dans le bonheur. Mais miracle, tout change au hasard d’une conversation entendue dans un café mettant en cause un juge odieux,

    Une femme désespérée explique qu’elle risque de perdre la garde de ses enfants car son mari est un ami du juge en question. Elle ne voit personne pour l’aider sauf Abe, ce qu’elle ignore évidemment. Il a soudain une véritable illumination et décide d’éliminer ce vilain personnage, histoire de remettre un peu de justice dans ce monde pourri.

    Retrouver la joie de vivre

    Sans se préoccuper des éventuelles conséquences. Car à son avis il n’y en aura aucune. Impossible en effet pour la police de remonter jusqu’à lui dans la mesure où il ne connaît ni la femme ni le juge et n’a donc aucun mobile. Ce sera le crime parfait, grâce auquel il retrouvera enfin une raison et une joie de vivre.

    On n’ira pas jusqu’à prétendre qu’il s’agit d’un chef d’œuvre du maestro new-yorkais, mais on aime beaucoup cette petite comédie romantique qui vire au polar, divertissante, sans prétention, où il traite avec spiritualité, désinvolture, ironie et un poil de cynisme du sens de la vie, de métaphysique et de l’influence qu’on peut avoir sur le destin.

    Les acteurs font le reste. Emma Stone est aussi charmante que sexy et Joaquin Phoenix, nouveau dans l’univers allénien, assume avec décontraction son imposant tour de taille et son penchant pour la bouteille.

    A l’occasion de son show média bien rôdé au dernier Festival de Cannes où le film figurait hors compétition, Woody Allen laissait entendre que ce pourrait être le dernier. Sans doute une blague. Du moins on l’espère.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 octobre.

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  • Grand écran: "Fatima", l'émouvant jounal d'une femme de ménage

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    4637405_7_2b78_soria-zeroual-dans-le-film-francais-de_721959ff16bfdb1819de75f9b8bc6c62[1].jpgFemme de ménage, d’origine marocaine Fatima vit seule avec ses deux filles dans la banlieue lyonnaise. Souad 15 ans, est une ado rebelle qui a honte du travail de sa mère, tandis que Nesrine, 18 ans vient de commencer des études de médecine, dépassant de loin l’entendement maternel.

    Les rapports entre elles et Fatima, qui maîtrise par ailleurs mal le français, sont compliqués, sinon conflictuels. Mais elle ne se tue pas moins à la tâche pour assurer le meilleur avenir possible à ses filles qu’elle aime autant qu’elles l’inquiètent. Plus précisément en ce qui concerne leurs relations amoureuses, où elle se cantonne dans un conformisme qui irrite Nesrine et Souad.

    Un jour, Fatima tombe malencontreusement dans un escalier. En arrêt maladie, elle décide de tenir un journal à l’intention de ses filles, écrivant en arabe ce qu’elle n’a pas pu ou ne peut toujours pas leur dire en français.

    Deux langues, le poids de la tradition, autant de sources de difficultés et d’incompréhensions de part et d’autre pour ce film de Philippe Faucon, qui illustre ainsi la barrière culturelle entre deux générations d’immigrés. Mais l’auteur le fait avec intelligence, subtilité et sensibilité, montrant de la compassion mais évitant de s’apitoyer sur une réalité le plus souvent traitée de façon dramatique.

    Ce émouvant portrait de femmes en forme de petite perle, s'inspire du journal de Fatima Elayoubi magnifiquement interprétée par Soria Zeroual, également femme de ménage. Zita Hanrot dans le rôle de Nesrine et Kenza Noah Aïche dans celui de Souad, contribuent largement à la réussite de ce film à la fois fort, tendre et lumineux. 

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 7 octobre.  

     

     

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  • Grand écran: Dans "The Martian", Matt Damon joue au Robinson Crusoé de l'espace

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    martian-gallery3-gallery-image[1].jpg

    Le dépassement de soi, de ses limites, un thème inépuisable dans le cinéma américain. Ridley Scott en donne une nouvelle fois la preuve avec The Martian (Seul sur Mars), d’après le premier roman d’Andy Weir, mis en ligne en 2011 avant d’attirer l’attention d’autres éditeurs.  

    Lors d’une expédition sur la planète rouge, l‘astronaute Mark Watney (Matt Damon) est laissé pour mort, suite à une violente tempête, par ses coéquipiers désespérés de l’abandonner, mais forcés de décoller d’urgence.

    Contre toute attente, Mark a survécu à l’orage et renaît de ses cendres. En l’occurrence de l’amas de poussière martienne qui le recouvrait. Le voici désormais seul, mais alors vraiment seul dans un lieu hostile, sans aucun moyen de repartir. Pourtant d’un optimisme à tout crin, raccommodant sa super combi, réparant son casque avec du sparadrap et s'opérant d'une grave blessure les doigts dans le nez, il garde l’espoir fou d’être secouru. Aide-toi, la NASA t’aidera!

    C’est ainsi qu’il fait alors appel à ses petites cellules grises, diablement efficcaces. Objectif numéro un, contacter la Terre à 225 millions de kilomètres pour signaler qu’il est vivant et surtout le rester, d’abord en se rationnant, puis en découvrant comment se nourrir dans cet endroit a priori totalement impropre à la culture.

    Qu’à cela ne tienne. C’est ainsi qu’on suit le courageux Mark, personnage entre Tom Hanks dans Seul au monde et un Robinson Crusoé de l’espace, dans ses extraordinaires expériences.

    Et rien ne lui résiste. D’une ingéniosité et d’une ténacité rares, il réussit non seulement à faire pousser des pommes de terre, mais à établir la connexion avec la NASA. Qui tentera dès lors l’impossible pour le sauver, tandis que ses camarades, finalement mis au courant de son état, organisent une mission pour le récupérer dans l’espace. Haute voltige garantie.

    Plus amusant qu'haletant

    Si visuellement The Martian est bluffant, on a quelques réserves sur le fond. Non pas en ce qui concerne une éventuelle crédibilité, c’est de la science-fiction. Mais si on apprécie au début l’aspect amusant de la chose, trop c’est un peu trop à la longue.

    L’abus de drôlerie, de boutades, de répliques humoristiques, en plus sur une musique disco avec ABBA en point d’orgue, finit en effet par nuire à la situation dramatique de l’astronaute perdu sur Mars. Et tuer le moindre suspense.

    Ce côté farce décalée dans une ambiance plutôt joyeuse rend le film plus rigolo qu’haletant. Même si Ridley Scott tend à nous montrer que les aventures poignantes de son héros passionnent le monde entier, dont les scientifiques évidemment. A part les Russes apparemment, curieusement absents de l’histoire.

    Un mot enfin sur les comédiens. Si Matt Damon est seul sur Mars, il l’est également à l’écran, les autres acteurs étant presque réduits à la figuration. A l’exemple de Jessica Chastain, dont on regrette la présence plus que fugitive.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 7 octobre.

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  • Grand écran: "Sicario", de la violence et du sang pour un narco-thriller sans surprise

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    benicio[1].jpgIntrigues, corruption, drogue, criminalité en hausse. Le lot d’une population terrifiée vivant dans la zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique, devenue "le territoire des loups", un effrayant lieu de non droit.

    C’est là que le Québecois Denis Villeneuve a situé Sicario, l’histoire d’une opération des services secrets américains, qui balaie les lois pour abattre ceux qui ne les respectent pas. Et c'est parti pour des affrontements meurtriers, des tortures et de folles poursuites en voiture.

    En s’attaquant au film de genre, il opère une plongée dans l’univers ultra violent des cartels et de leurs immondes méthodes. Un thème souvent traité au cinéma, mais où on retrouve la patte du cinéaste québécois dans une mise en scène brillante.

    On n’en dira pas autant du scénario compliqué et tortueux de ce narco-thriller sans grande surprise sur le fond, mais qui se veut sous haute tension permanente en nous abreuvant d’images sanglantes d’une brutalité à la fois éprouvante et complaisante.

    Intéressant personnage féminin sous les traits d'Emily Blunt

    En revanche bonne direction d’acteurs, avec en haut de l'affiche Josh Brolin. Agent faussement décontracté du gouvernement, il dirige le groupe d’intervention chargé de la lutte contre le trafic de drogue. Un combat mené par Benicio del Toro, consultant doublé d’un tueur à gages avide de vengeance.

    Redoutable bourreau, il est pourtant doté d’une once de sensibilité à l’égard de Kate, jeune recrue idéaliste du FBI qui, enrôlée dans cette mission clandestine à haut risque, sera obligée de revoir des convictions mises à rude épreuve. Une question de survie.

    Interprété par Emily Blunt, ce fragile personnage est le plus intéressant du film, dans la mesure où cette terrible guerre souterraine dans laquelle le spectateur est immergé est vue à travers ses yeux. 

    Pour son auteur qui dénonce la manipulation dans les médias ou les mensonges des politiques, Sicario est une œuvre très moderne sur la société actuelle, la manière qu’a l’Occident, plus précisément l’Amérique en l’occurrence, de gérer ses problèmes.

    On lui préfère pourtant d’autres opus comme par exemple l’excellent Prisoners. Faute d’un regard suffisamment original sur son sujet, Denis Villeneuve qui s’alignait en compétition au dernier festival de Cannes, était d’ailleurs logiquement reparti les mains vides.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 7 octobre.

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  • Grand écran: "The Intern" voit De Niro jouer les stagiaires à 70 ans. Laborieux

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    landscape-1431610532-anne-hathaway-robert-de-niro[1].jpgLe moins qu’on puisse remarquer c’est que Robert De Niro, assurant le strict minimum, n’aligne pas les chefs d’œuvre depuis quelque temps. Comme dans The Intern, où il endosse le costume de Ben Whittaker, un veuf de 70 ans constatant que la retraite ne correspond pas vraiment à ce qu’il souhaitait.

    Dès lors cet ancien PDG d’une fabrique d’annuaires s’ennuyant comme un rat mort, se décide à reprendre du service.

    Sans trop se fatiguer à chercher, il décroche un improbable job de stagiaire sur un site internet de mode créé et dirigé par la jeune et bien sûr dynamique Jules Ostin (Anne Hathaway par ailleurs dotée d'un mari au foyer. Elle est censée mener la vie dure à Ben, au départ déboussolé, mais se pliant avec dignité et bonne humeur à tout, y compris aux tâches les plus subalternes. Son étonnante flexibilité le pare rapidement de toutes les qualités. Il ne tarde pas à devenir le confident de la patronne et donc le personnage le plus incontournable de la boite,.

    Un scénario sans intérêt, cousu de fil blanc, pour pseudo comédie sociale laborieuse et surannée où tout sonne faux. Du coup, on ne croit ni à l’univers prétendument impitoyable imaginé par la réalisatrice Nancy Meyers, qui vire carrément à la bluette, ni aux personnages qui y évoluent. A commencer par l’inconsistant duo De Niro-Hathaway. Autrement dit il n’y a pas franchement grand-chose à sauver dans l'histoire.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 septembre.

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  • Grand écran: "Les mille et une nuits, volume 2" où la désolation a envahi le coeur des hommes

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    imagesGKLIOHT4.jpgDeuxième volume du film somme Les mille et une nuits du Portugais Miguel Gomes qui poursuit son exploration de la crise économique dans son pays et de ses conséquences dévastatrices.

    Mêlant documentaire et fiction, silence et parole, épure et profusion d’images sur fond de réalité et d’imaginaire, ce tryptique dans le tryptique, intitulé Le désolé brosse une foule de portraits. Où Shéhérazade raconte justement comment la désolation a envahi le coeur des hommes.

    La première histoire Chronique et fugue de Simao "Sans Tripes" dépeignant la culpabilité humaine prend la forme d’un western. Elle évoquant la traque d’un vieil assassin en fruite dans la steppe portugaise, jouisseur anarchiste rêvant de putes et de perdrix. Le  brigand deviendra un héros pour la population locale après avoir réussi à échapper aux gendarmes pendant quarante jours en se télé-transportant.

    Dans le troisième, Les maîtres de Dixie, le cinéaste explore la triste vie des habitants d’une tour dans une cité populaire minée par le chômage, la drogue, le suicide. Les événements sont vus par le truchement du petit chien blanc Dixie qui se déplace d’un appartement à un autre, d’un maître à un autre,  du plus âgé au plus jeune, comme pour assurer une sorte de transmission.

    Entre les deux, le conte à notre avis le plus intéressant, le plus émouvant et le plus édifiant, Les larmes de la juge. Il consiste en un procès en plein air dans un théâtre antique, auquel participent les spectateurs dont plusieurs se lèvent tour à tour pour confesser leurs petits ou grands méfaits dans différentes langues, y compris celle des signes Crimes ou délits, ils sont en majorité justifiés par le manque d’argent, la pauvreté crasse, une misère insondable qui fait pleurer la juge (photo), qui écoute et comprend tout, au lieu de prononcer son verdict.  

    Un film fourmillant de créativité et d’inventivité, mais sombre, déprimant, accablant, désenchanté, bien que teinté de magie et de fantaisie. Sinon d’humour dont on dit qu’il est la politesse du désespoir. On rit toutefois fort peu.

    Film à l'affiche aux Cinémas du Grütli dès mercredi 30 septembre.

     

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  • Grand écran: dans "Le bouton de nacre", le Chilien Patricio Guzman continue à raconter l'histoire de son pays

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    le-bouton-de-nacre-nl[1].jpgDeux mystérieux boutons de nacre découverts au fond du Pacifique, au large des côtes chiliennes. C’est le point de départ d’un saisissant documentaire construit comme une fiction qui a valu à son auteur Patricio Guzman l’Ours d’argent du scénario au dernier Festival de Berlin.

    Au début, il s'apparente à une leçon de choses sur l’espace, les éléments naturels  les volcans, les rochers, les glaciers, le tout accompagné d’images sublimes.

    Mais il sert à nouveau de prétexte au  réalisateur chilien, obsédé comme dans tous ses autres films par le coup d’Etat meurtrier du général Augusto Pinochet en 1973, de continuer à raconter l’histoire de son pays, d’en questionner la mémoire et de déterrer des cadavres.

    Avec le magnifique Nostalgie de la lumière, Patricio Guzmán, nous emmenait dans le désert d’Atacama, tout au nord de Chili. Dans Le bouton de nacre il se concentre sur l’extrême sud, la Patagonie, plus vaste archipel du monde.

    Evoquant à la fois des souvenirs personnels telle la disparition d’un ami emporté par les vagues et les origines de l’humanité, partant du singulier pour atteindre l’universel, il nous laisse entendre  les témoignages simples et émouvants des quelques rares descendants des tribus indiennes nomades porteuses d’un savoir disparu, mais également la parole des premiers navigateurs anglais et des prisonniers politiques

    Là ce n’est plus le désert mais l’eau qui lui sert de fil conducteur. L’eau qui vient du cosmos, symbole de vie, celle qui a façonné les hommes, mais aussi celle de l’océan, recouvrant la réalité macabre des exactions des militaires qui en ont fait un cimetière pour tenter d’effacer leurs crimes. 

    C’était sans compter sur ce bouton de nacre révélateur. L’un de ceux appartenant aux victimes du régime Pinochet, larguées dans la mer lestées d’un morceau de rail de chemin de fer de 30 kilos ficelé autour du corps, pour les faire disparaître.

    Des années plus tard, une expédition a été lancée et la trace d’un rail ramené à la surface, un bouton de chemise accroché au métal. Minuscule symbole de ce que l’océan compte de cadavres torturés des opposants à la dictature.

    Film à l’affiche aux Cinémas du Grütli, dès mercredi 30 septembre.

     

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  • Grand écran: Lionel Baier et la mort, le droit d'en sourire dans "La vanité"

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    la-vanite[1].jpgDavid Miller est un homme froid, hautain. Architecte à la retraite atteint d'un cancer, il a décidé d'en finir et prend une chambre dans un motel aussi isolé que décrépit. Esperanza, exubérante accompagnatrice espagnole d'une association d'aide au suicide le rejoint avec les substances létales.

    Son fils ayant déclaré forfait, David convainc Tréplev, prostitué russe de la chambre mitoyenne, d'être le témoin de son dernier souffle. Une nuit mouvementée attend le trio disparate, avec les retournements d'une situation vitrant à l'absurde, rien ne se passant comme prévu.
     
    Pour La vanité, comédie noire audacieuse en forme de méditation ironique sur la vie et la mort, Lionel Baier s'inspire d'une histoire vraie et d'un reportage télévisé sur le suicide assisté. "Je suis allé voir des accompagnatrices et des médecins pour connaître les procédures. A cet égard tout est juste, même si ensuite, je me suis autorisé quelques libertés", remarque Lionel Baer.

    Mais l'idée était justement de faire un pas de côté, la thématique ayant été bien traitée par Fernand Melgar ou Stéphane Brizé. "Ici, l'euthanasie est prétexte à la recomposition d'un groupe à travers le destin d'un homme qui, croyant ne plus avoir de curiosité, découvre finalement qu'il lui reste de la curiosité du goût pour les autres".
     
    "N’est drôle que ce qui est grave"

    Au mur de la chambre du motel, reconstitution fidèle d'un bâtiment existant, est accrochée une reproduction des Ambassadeurs d'Holbein le Jeune, symbolique des "Vanités", ces œuvres d'art nous rappelant que nous sommes mortels. Mais le terme, qui donne son titre au film, recouvre aussi la vacuité, la prétention. Pour Lionel Baier, il y a une sorte de vanité à vouloir tout contrôler. "En même temps, je refuse d'être moralisant". 
     
    Sans prendre une position claire sur le problème du suicide assisté, mais forçant le spectateur à se poser plein de questions, le réaiisateur joue ainsi sa petite musique, abordant un sujet tragique et complexe d'une façon légère, comique, ironique, un rien cynique. "C'est normal. N'est drôle que ce qui est grave, comme le prouvent les grandes comédies. L'humour est une soupape de sécurité et en l'occurrence me permet cette réflexion décalée sur la mort. Il faut la désirer très fort pour aimer la vie, pour qu’elle ait du relief".
     
    Le personnage principal de ce huis-clos à la mise en scène impeccable, tourné en studio principalement par goût de l'artifice, c'est Patrick Lapp. Un comédien plus habitué des scènes et de la radio romandes que du grand écran. Lionel Baier lui a fait du sur mesure en lui laissant enfiler le costume d'un être suffisant, égoïste, désabusé.

    «J'ai pris beaucoup de plaisir à tourner Les Grandes Ondes avec lui et j'ai eu envie de le retrouver. Le film a été écrit pour lui». Lapp donne la réplique à la grande Carmen Maura (photo), tout d’abord hésitante à accepter le rôle, mais très vite incapable de résister au charme de Lionel Baier, ainsi qu’à Ivan Georgiev. Excellents, tous les trois se révèlent aussi justes que naturels.

    Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 septembre.

     

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  • Grand écran: "Everest", un combat acharné pour la survie provoquant peu d'émotion

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    Everest-Film-450x300[1].jpgInspiré d'une tentative tragique d'ascension en 1996 où huit alpinistes avaient péri, Everest signé de Baltasar Kormakur, suit une expédition aux prises avec de redoutables tempêtes de neige. Des obstacles toujours plus difficiles à surmonter mettent le courage des grimpeurs à rude épreuve.

    Comme la patience du spectateur forcé de visiter le camp de base et de faire longuement connaissance avec les participants à l'aventure, du Texan plus ou moins dépressif au facteur timide en passant par la Japonaise qui déjà gravi six 8000 ou plus. Le tout en alternance avec les images des proches rongés par l’inquiétude pour l’aspect mélo de l’affaire.

    Au bout d’une heure, on pénètre enfin an le vif du sujet: l’escalade du sommet mythique, le plus haut du monde du monde, rêve d’une existence qui se mue en combat acharné, surhumain pour la survie. Plus particulièrement au retour de l’ascension, avec un groupe éclaté, durement soumis aux éléments déchaînés, au froid paralysant, au manque d’oxygène.

    Tout cela est mis en scène de façon assez efficace et spectaculaire. Pourtant, à part des paysages grandiose, c’est la moindre des choses et quelques scènes éprouvantes pour les sujets au vertige, ce film se voulant extrême, mais laissant une impression de déjà vu en dépit des moyens déployés, manque curieusement d'action, de suspense, d'émotion. Jake Gyllenhaal, en guide à la fois zen et téméraire, ne suffit pas à nous en donner.

    l-epreuve-tome-1-le-labyrinthe-531331[1].jpgLe labyrinthe 2

    Après avoir trouvé la sortie du Labyrinthe, Thomas et les autres survivants découvrent un monde ravagé, plein d'obstacles terrifiants. La terre est dépeuplée et brûlée par un climat infernal, ll n’y a plus d’ordre, plus de gouvernement. Juste des hordes de gens infectés en proie à une folie meurtrière, errant dans les villes en ruines.

    Thomas et ses amis doivent affronter la deuxième dangereuse épreuve élaborée par la redoutable organisation WICKED à laquelle, refusant de servir de cobayes, ils ont faussé compagnie.

    Ce deuxième volet, réalisé comme le premier par Wes Ball se révèle peu décoiffant. Mais, nonobstant une presse américaine défavorable, il a réussi sans surprise son entrée dans les salles nord-américaines. Cartonnant pour son premier week-end, il se retrouve en tête du box-office.

    Films à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 23 septembre.

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