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20/08/2015

Grand écran: "Amnesia" agite de vieux démons. Avec Marthe Keller

amnesia[1].jpgPrésenté en séance spéciale à Cannes en mai dernier, Amnesia a eu tout récemment les honneurs de la Piazza Grande au Festival de Locarno. C'est sans doute le film le plus personnel du Suisse Barbet Schroeder qui le voit revenir à Ibiza. Non seulement le lieu où sa mère, dont il s'inspire, a vécu, mais qui est aussi celui de ses débuts cinématographiques en 1969 avec More, son long-métrage sur la drogue. 

En bouclant ainsi  la boucle, Barbet Schroeder, tout en évoquant la naissance de la techno à Ibiza futur temple de la chose, se livre à une réflexion sur la barbarie nazie. Il agite de vieux démons en racontant l'histoire de Martha. Cette mystérieuse et intrigante Allemande s'est installée seule sur l'ïle en 1990, dans une belle maison blanche avec vue imprenable sur la mer. Symbole d'une génération qui a connu la guerre, elle a renié sa patrie depuis 1945, ne lui pardonnant pas son crime contre l'humanité.

Elle s’interdit ainsi de parler dans sa langue maternelle, d'utiliser un quelconque objet fabriqué en Allemagne. Ou de jouer du violoncelle qui lui rappelle de trop douloureux souvenirs. Jusqu'au jour où débarque son voisin Jo, un Berlinois exubérant d'une vingtaine d'années (Max Riemelt), dingue de techno et rêvant d’être engagé comme DJ à l’Amnesia, le fameux club électro (véritablement existant) de l’île. Une amitié ambiguë naît alors entre le jeune homme et sa compatriote Martha, son aînée de 40 ans (photo), qu’il finit par entraîner dans son monde. Avec le violoncelle…

Relation complexe sinon transgressive, dénonciation de l’amnésie allemande face à l’impossible oubli, refus d’assumer les atrocités commises forment la trame d’un film qui promettait beaucoup. Pourtant, à l‘exception de paysages sublimes inratables, rien ne va vraiment, du scénario bancal à la mise en scène maladroite.

Sans oublier l’interprétation. Car si l’irrésistible Marthe Keller assure comme toujours, on n’en dira pas autant de ses partenaires qui se contentent d’un jeu approximatif. Il vire même carrément au gênant lors de l’apparition de Bruno Ganz dans le rôle du grand-père de Jo, se lançant dans un long monologue de repenti en pleurant sur son passé criminel.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 19 août.
 

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19/08/2015

Grand écran: "Floride" met face à face Sandrine Kiberlain et Jean Rochefort

maxresdefault[1].jpgPhilippe Le Guay avait beaucoup séduit avec Les femmes du 6e étage, une comédie sociale exubérante jouant sur les stéréotypes xénophobes des années 60.

Ce n'est pas franchement le cas avec Floride, où il traite des problèmes de l'âge en mettant en scène Claude, un octogénaire capricieux de plus en plus sujet aux oublis, confusions et autres errements.
 
Mais il refuse catégoriquement de l'admettre. Alors que Carole, en fille fidèle, ne cesse de se démener pour ne jamais le laisser seul, il ne lui en est aucunement reconnaissant. Au contraire, il se montre mesquin, désagréable sinon odieux avec elle, se fâche et un beau jour décide soudain de s'envoler pour la Floride…
 
Des attitudes évidemment provoquées par son état, car en réalité Claude aime beaucoup sa fille. A travers la dégradation des facultés mentales du père, l'auteur tente d'aborder le vieillissement en général, la responsabilité des enfants envers leurs parents, le devoir de s'occuper d'eux, tâche souvent incompatible avec les exigences de leur vie professionnelle, ou source de conflit dans leur couple, voire les deux.
 
Vaste sujet effleuré sur un ton qui se veut léger dans cette comédie dramatique pourtant pesante, dépourvue des émotions que l'auteur voudrait provoquer et se déroulant dans le cadre bourgeois d'une belle maison de campagne,  
 
Côté comédiens ce n'est pas non plus la grande forme. Tandis que Sandrine Kiberlain frise plus ou moins la déprime, Jean Rochefort en fait des tonnes dans un désir assez pathétique d'être drôle. Mais il est tellement dans l'outrance qu'il agace hélas plus qu'il amuse.
 
Film à l'affiche  dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 juillet.

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Grand écran: "Southpaw", avec Jake Gyllenhaal convaincant en champion de boxe KO

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De Raging Bull à Million Dollar Baby en passant par Rocky, Ali ou autres Tyson, on ne compte plus les films sur la boxe. Spécialement dans le cinéma américain qui nous en propose un de plus avec Southpaw (en français La rage au ventre) d'Antoine Fuqua.
 
Le scénario ne brille pas par sa folle inventivité. Le champion du monde Billy Hope a tout ce qu'il peut souhaiter, belle gueule, amour, gloire et argent. Mais son parfait univers s'écroule le jour où sa superbe femme est tuée. Du jour au lendemain il sombre, perd sa fortune, sa luxueuse villa et pire que tout la garde de sa fille adorée.
 
Alors qu'il est au bord du gouffre, un ancien boxeur lui tend l'inévitable main secourable, le pousse à reprendre l'entraînement et à se battre comme un diable pour regagner ce qui lui a été enlevé. Et voici donc Billy Hope sur le chemin de la rédemption sur fond de bons sentiments servis à la louche. 
 
Bref du vu et revu, même pas corrigé et souffrant de la comparaison avec de grands classiques du genre.  Toutefois la mise en scène se révèle plutôt efficace et on retiendra surtout la bonne performance du très charismatique Jake Gyllenhaal, qui porte le film sur ses robustes épaules. Limite squelettique dans Nightcrawler, Il a pris un paquet de muscles pour mieux convaincre. C'est réussi et pas seulement à cause des barres de chocolat...
 
Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 août.  

 

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18/08/2015

Grand écran: "Une famille à louer" avec Benoît Poelvoorde et Virginie Efira

famille-louer-2[1].jpgAprès Marie Heurtin, drame historique situé à la fin du 19e siècle, évoquant une fille sourde et aveugle de naissance dont une religieuse a décidé de s'occuper, Jean-Pierre Améris change totalement de registre en se lançant dans une comédie avec Une famille à louer.

D'un côté on a Paul-André, un quadra richissime, timide, introverti, réservé, maniaque, limite dépressif, et vivant dans une immense maison vide, grise, triste et froide. Avec son valet de chambre comme unique compagnie. 

De l'autre la jolie Violette, la quarantaine explosive, extravertie, excentrique, habitant un petit pavillon joyeusement bordélique, où règnent chaleur et couleurs et  où s'entassent des objets  de toute sorte. Mais fauchée, cette maman qui se décarcasse pour élever seule ses deux enfants, est menacée d'expulsion. A l'occasion d'une rencontre fortuite, Paul-André cherchant à meubler une solitude qui lui est devenue insupportable, lui propose de louer sa famille contre le rachat de ses dettes. 

Mais ça ne va pas être du gâteau, Violette et ses mômes, surtout sa fille, lui menant la vie dure. Le film est basé sur le principe des contrastes, qu'il s'agisse des lieux et des comportements contraires des deux adultes, tout comme ceux des gamins, dont l'un est sage comme une image et l'autre joue les adolescentes rebelles. L'ensemble étant prétexte aux situations à la fois humoristiques et conflictuelles.

Eclectique dans sa filmographie, Jean-Pierre Améris, tout en surfant sur l'amour et les sentiments, explore ainsi les liens familiaux, eux aussi radicalement différents. Tandis que Paul-André veut oublier une mère odieusement snob, Violette tient à préserver des relations étroites avec ses frères et sœurs. Benoît Poelvoorde et Virginie Efira tiennent le haut de l'affiche dans cette comédie improbable, inégale, aux rebondissements téléphonés. Mais assez drôle, elle se laisse voir.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 août.

 

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Grand écran: "La belle saison", une émouvante histoire d'amour lesbien dans les seventies

dafa558e26447adfc1517768a30423f9[1].jpgSigné Catherine Corsini, La belle saison que portent magnifiquement, aux côtés d'une excellente Noémie Lvovsky, Cécile de France et Izïa Higelin, est la bonne surprise française de l'été. Il s'agit d'une histoire d'amour bouleversante, joyeuse, sombre et mélodramatique entre Delphine, une jeune paysanne de 23 ans rêvant d'avoir sa ferme et Carole, une Parisienne de 35 ans alors en couple avec un homme et investie dans le combat féministe des seventies.
 
Opus très réussi aussi bien en ce qui concerne la mise en scène, le traitement du sujet, de l'image et le jeu des comédiennes dont celui de la lumineuse et solaire Cécile de France, alias Carole, récemment rencontrée avec sa réalisatrice à Locarno. Elle a déjà joué les lesbiennes dans cinq autres films et se dit fière de servir la cause gay,"Si cela peut aider les gens à assumer leur différence, tant mieux". Voir  l'interview complet de l'actrice dans ma note du 8 août dernier. 
 
Pour Catherine Corsini, cette plongée dans la France puritaine de Pompidou lui a permis de rendre hommage aux femmes engagées à la tête de la lutte pour l'égalité, la liberté sexuelle et l'émancipation de leurs congénères isolées socialement et qui n'avaient pas droit à un compte en banque.

catherine-corsini[1].jpg"Ces combattantes étaient souvent dénigrées, insultées, traitées de mal baisées ou autres grossièretés du genre. Nombre d'entre elles étant homosexuelles, elles ont pu se faire entendre et contribuer ainsi à l'avancée des problématiques à la fois politiques et intimes. Reste que ces  thèmes sont toujours d'actualité. Ce n'est en effet pas gagné par exemple sur le plan salarial. Et il n'existe pas de vraie parité sans loi".

Comment vous êtes-vous documentée?

J'ai fait beaucoup d'interviews et j'ai surtout visionné  l'œuvre de la vidéaste suisse Carole Roussopoulos. Une pionnière, qu''il s'agisse de filmer les luttes féministes ou le premier défilé homosexuel en marge du 1er Mai 1970. Elle était par ailleurs très amie avec Delphine Seyrig, avec qui elle a réalisé quelques métrages militants d'anthologie. C'est en hommage à ces deux femmes exceptionnelles que mes deux héroïnes s'appellent Carole et Delphine.
 
Et qu'est-ce qui a présidé au leur choix?

J'ai écrit le rôle pour Cécile de France, alors qu'elle était réticente à l'idée de jouer encore une homosexuelle. J'étais très triste mais j'ai insisté, je lui ai donné le scénario et elle a fini par accepter. J'étais ravie car je voulais qu'on croie à l'incarnation d'une militante, à un âge où quelque chose s'opère. De plus, elle est très complémentaire avec Izïa Higelin, sa force, son côté courageux, son physique pas complètement glamour.
 
A-t-elle été elle aussi difficile à convaincre ?
 
Au contraire. Elle a tout de suite répondu oui, mais le tournage a été compliqué dans la mesure où elle n'avait pas mesuré l'enjeu, les contraintes d'un tournage. Et il y avait les scènes de nu qui la gênaient. Elle m'a d'ailleurs accusée d'en avoir rajouté, ce qui  est faux..

Il y a aussi Noémie Lvovsky, qui interprète formidablement la mère de Delphine. Elle ne sait même pas que l'homosexualité existe ou du moins ne veut pas le savoir.
 
C'était le cas à l'époque. Quant à Noémie, elle me reprochait de ne jamais lui offrir de rôle. Quand je lui ai proposé celui-ci, elle m'a traitée de folle en me disant: "Non mais tu m'as vue sur un tracteur!" Elle s'est évidemment vite mise au jeu et a même apporté de nuances au peronnage.
 
Puisqu'on en parle, pourquoi situer l'intrigue à la campagne ?
 
On en traite rarement et c'set une manière de rendre hommage au monde paysan, à la terre.

Film à l'affiche ns les salles de Suisse romande dès mercredi 19 août.

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05/08/2015

Grand écran: "La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil" rate sa cible...

la-dame-dans-l-a111111111111uto-avec-des-lunettes-et-un-fusil[1].jpgQuarante-cinq ans après Anatole Litvak, le bédéiste Joann Sfar auteur du biopic sur Gainsbourg et du film d’animation Le chat du rabbin, s’est lancé dans l’adaptation du polar de Sébastien Japrisot paru en 1966.

La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil c’est Dany Longo, secrétaire dans une agence de pub. Timide, assez insignifiante en dépit de sa beauté, elle mène une vie solitaire sans véritables attaches, sinon une amitié de jeunesse pour la femme de son patron,

Celui-ci m’a pas de peine à la manipuler après lui avoir demandé de venir chez lui pour terminer un travail urgent, puis de le conduire à l’aéroport et de ramener la voiture, une superbe Thunderbird décapotable, à son domicile.

Mais Dany na jamais vu la mer. Et sur un coup de tête, décide de ne pas obéir aux ordres en prenant la route du Sud. Un voyage qui tourne rapidement au cauchemar. Elle se fait attaquer dans une station-service et plusieurs personnes soutiennent l'avoir déjà vue la veille dans la même voiture. Suffisant pour croire qu’elle sombre dans la folie et de se le répéter sans cesse dans un dialogue angoissant avec elle-même.

Une intrigue qui se veut perverse mais qui ne tient pas ses promesses dans ce thriller à l’esthétique des années 60/70. Doublé d’un road-movie parano flirtant avec le fantastique, le film vire à l’exercice de style prétentieux dans une sorte de jeu de rôles sur un scénario inutilement tarabiscoté.

Dommage pour les acteurs dont la révélation Freya Mayor (photo), francophone d’origine écossaise connue pour son rôle dans la série britannique Skins et l’Italien Elio Germano, qui avait décroché le prix d‘interprétation masculin à Cannes en 2010 pour La nostra vita. A noter aussi, mais pas pour le mieux, la présence de Benjamin Bioley dans le rôle improbable de l’inquiétant patron ourdissant une sombre machination.

ted-2-ted-jessica-barth-01-636-380[1].jpgTed 2, le retour calamiteux de l’ourson érotomane 

Le premier métrage avait fait un tel carton que Seth McFarlane n’a pas résisté à l’appât du gain. C’est ainsi qu’on a malheureusement droit à une suite des aventures de Ted, l’ourson graveleux et érotomane.

Marié, il souhaite devenir papa et demande à son pote John d’être le donneur en vue d’une insémination artificielle. Cependant, s’il veut avoir la garde de l’enfant, Ted va devoir prouver devant un tribunal qu’il est véritablement humain.

Sous prétexte de lutte pour les droits civiques en défendant les minorités assaisonnée d’une ode à la différence, le réalisateur nous fourgue une comédie à prétention effrontée, osée et irrévérencieuse, mais qui se révèle juste calamiteusement outrancière.

D’une beaufitude qui le dispute à la vulgarité crasse, elle dégouline de cet humour gras pipi-caca qu’affectionnent les Américains. Ou du moins les fans de l’auteur. Certains se demandent comment Mark Wahlberg peut se commettre dans de telles inepties..A l’entendre, il trouve lui aussi l’exercice très marrant. Sans oublier surtout que ça en rapporte, des pépètes,,,….

Les 4 Fantastiques usurpent leur nom

Les versions de 2005 et 2007 n’ayant pas franchement convaincu, on repart sur de nouvelles bases. Avec une resucée signée Josh Trank, qui s’est fait remonter les bretelles par la prodution pour son comportement imprévisible. Ce qui lui aurait valu ensuite d’être viré du spin off de Star Wars…..

Mais bref. Quatre jeunes scientifiques se téléportent donc dans un univers parallèle dangereux qui fera subir à leurs corps des transformations étonnantes, l’un d’eux pouvant par exemple allonger et déformer ses membres à volonté ou une autre se rendre invisible et générer des champs de force.

Du coup leur vie est à jamais transformée. Ils devront apprendre à maîtriser leurs nouvelles capacités, tout en travaillant de conserve afin de sauver la Terre d'un ancien ami devenu ennemi. Résultat, la Terrienne que je suis fatiguée de cette sempiternelle option scénaristique, s’est copieusement ennuyée dans l’histoire.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 5 août.

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28/07/2015

Grand écran: "Self/Less" ou le fantasme de l'immortalité

detail.4674598c[1].jpgLe fantasme de la vie éternelle, rien de nouveau sous le soleil. Mais un postulat loin de déplaire au vieux magnat newyorkais Damian Hale, atteint d’un cancer en phase terminale. Autant dire qu’il ne réfléchit pas deux fois lorsqu’on lui propose de transférer son esprit dans un corps sain, jeune et athlétique.

Cette nouvelle enveloppe lui permet de redécouvrir une existence de riche célibataire séducteur dont il ne se lasse pas d’explorer les joies et les plaisirs en multipliant entre autres les conquêtes féminines.

Jusqu’au jour où le passé du mort alors marié et père d’une petite fille dont il a enfilé le costume sans remord, refait surface. Pour son malheur. Logique. Quand on vend son âme au diable, le prix à payer peut se révéler exorbitant. Sauf que la manière dont le réalisateur Tarsem Singh traite son sujet, par ailleurs piqué à John Frankenheimer Seconds, l’opération diabolique (1966) n’a hélas rien de passionnant.

Après un début façon science-fiction, doublé d’une ébauche de réflexion philosophique sur l’identité, la survie de la conscience, voire les effets secondaires de l'immortalité, on se retrouve dans un  film d’action convenu. Et dont l’essentiel, sous prétexte de redoutable conséquence de la découverte d’un terrible secret, se résume à une énième et laborieuse chasse à l’homme.

Une traque d'une rare banalité, aussi peu inspirée en somme que le principal protagoniste de l’histoire, Ryan Reynolds, un héros qui manque singulièrement de charisme.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 29 juillet.

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Grand écran: "Les chaises musicales", avec Isabelle Carré trop empotée pour séduire

featured_les-chaises-musicales-1050x740[1].jpgPour Perrine, reine des gaffeuses, maladivement timide et pseudo-musicienne célibataire frisant la quarantaine, c’est la galère. Tout ce qu’elle trouve pour boucler ses fins de mois difficiles c’est de jouer l’animatrice sous de ridicules déguisements dans des goûters d’anniversaires de mômes ou des maisons de retraite.

Perdue évidemment dans la campagne en se rendant à l’une de ces fêtes nazes, elle demande son chemin à un homme et, toujours aussi gauche et maladroite, le fait tomber accidentellement dans la benne d’une déchèterie. Voyant qu’il ne bouge pas, elle appelle le Samu et s’enfuit paniquée.

Apprenant qu’il a été hospitalisé dans le coma, elle décide de se racheter en lui consacrant son temps libre et va le voir chaque jour pour tenter de le réveiller. Tout en développant un petit coup de cœur pour sa victime, elle lui emprunte au passage son job, son appartement et son chien…

Premier long-métrage de Marie Belhomme, Les chaines musicales, comédie romantico-loufoque se voulant attendrissante, avait de quoi séduire en montrant un personnage a priori craquant, peinant à trouver sa place dans la société. C’est pourtant le contraire qui se produit, tant sa réalisatrice s’obstine à œuvrer dans l’improbable et l’incohérent. Et comme la licence cinématographique a ses limites, on a bien du mal à s’intéresser à ce scénario poussif.

Les comédiens ne contribuent malheureusement pas à relever le niveau. A commencer par Isabelle Carré qu’on avait beaucoup aimée dans Marie Heurtin de Jean-Pierre Améris, mais qui là confond grâce maladroite et niaiserie bêtifiante. Plus empotée que fragile ou candide, elle se révèle du coup plus exaspérante que touchante.

Pas grand-chose à dire par ailleurs concernant Philippe Rebbot, collectionneur de seconds rôles et récemment vu dans Hippocrate, dans la mesure où il passe les quatre cinquièmes du film allongé sans bouger sur son lit, le visage couvert de pansements…

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 29 juillet.

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21/07/2015

Grand écran: "Je suis mort mais j'ai des amis", avec papis rockeurs frappadingues

 

imagesBTKG3289.jpgDifficile de se livrer à une plus grande "belgitude" qu’à travers leur dernier long métrage Je suis mort mais j’ai des amis, pour les frères Guillaume et Stéphane Malandrin.

Cette comédie burlesque raconte l‘histoire de  Wim, Yvan, Pierre et Jipé, quatre papis rockeurs déglingues qui, entre bières et frites, passent leur temps à jouer dans les troquets où ils sont engagés.

Jusqu’au jour où ils décident d’aller faire une tournée en Californie. Mais à la veille du départ Jipé, le leader et chanteur du groupe qui a abusé une fois de trop de la bouteille, se tue bêtement lors d'une chute.

Ses trois amis, déterminés à  honorer envers et contre tout sa mémoire, dérobent l’urne funéraire et se lancent dans un road movie déjanté entre Bruxelles, et Los Angeles, avec un détour mouvementé chez les Inuits, dans le Grand Nord québécois. 

Le tout en compagnie de Dany, un pilote de l’air moustachu débarqué par surprise pour leur apprendre qu’il était depuis quelques années l’amant de leur pote décédé… Et qui, en dépit de leurs tentatives grossières pour s’en débarrasser, ne va pas leur lâcher les baskets. 

Ce film émouvant, tendre, cynique, humoristique et absurde sur le deuil, l’amitié, les rêves et les illusions perdues, met en scène d’attachants pieds nickelés du rock sur le retour. Une farce réjouissante qui doit beaucoup à ses acteurs, Serge Riaboukine, Wim Willaert et surtout l’irrésistible Bouli Lanners. Meneur de la fine équipe, genre bouledogue croisé avec un ado attardé. il s’éclate dans le rôle d’un rockeur quinqua colérique aux longs cheveux filasses peu ragoûtants,

Losers à la fois gamins, pathétiques et frappadingues, ces trois-là font oublier la caricature souvent appuyée, quelques gags douteux et le côté un rien approximatif du scénario.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 juillet.

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06/07/2015

Grand écran: de succès en excès, "Amy", mortelle randonnée...

music-amy-winehouse-shepherds-bush-2007[1].jpg«La célébrité, je n'y crois pas une seconde, elle me dépasserait, me rendrait folle… », dit Amy Winehouse au début du portrait que lui a consacré Asif Kapadia, «Si je pouvais tout rendre pour marcher tranquillement dans la rue je le ferais», confie au téléphone la jeune femme inlassablement traquée à l'une de ses amies d'enfance. C'était la veille de sa mort tragique  le 23 juillet 2011.
 
Fragilisée par des addictions diverses, elle succombait alors à un arrêt cardiaque provoqué par une alcoolémie massive. Elle avait 27 ans et ajoutait son nom à la liste de rock stars décédées au même âge, Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, Kurt Cobain...
 
Dans son documentaire, Kapadia montre une artiste au talent unique, diva de la soul récompensée par six Grammny Awards, mais qui n'était pas née pour la gloire  C'était une fille ordinaire qui a vécu une chose  extraordinaire. Une pression constante et insensée des medias, associée à un succès planétaire et à un mode de vie suicidaire ont fait de son existence un château de cartes à l'équilibre précaire, dit-il en substance.
 
Les différents visages de l'icône
 
Pour retracer son parcours hors norme en forme de randonné mortelle, Asif kapadia, auteur entre autres de Senna, un documentaire sur le champion brésilien de F-1, s'est livré à un énorme travail de recherches, Il a multiplié les entretiens, rencontré les amies  d'enfance de la chanteuse, les membres de sa famille en particulier son père Mitchell, chauffeur de taxi  reconverti les derniers temps en manager, son mari toxicomane Blake Fielder. Il livre un film fort, intense, émouvant, fourmillant de détails, nourri  d'images jamais vues, de films de famille, de témoignages inédits. Le tout sur fond de la musique d'Amy, à travers des live. 
 
On y découvre ses différents visages. De l'ado rondelette drôle, gouailleuse, décapante et se moquant des conventions sociales, à la brindille iconique couverte de tatouages, coiffée choucroute et à l'épais trait d'eyeliner, en passant par l'interprète perfectionniste, la passionnée de jazz, l'amoureuse folle et la junkie ravagée, déchirante, oeuvrant à son autodestruction.  
 
Amy-Le-realisateur-defend-son-film-honnete-et-respectueux-envers-Amy-Winehouse_portrait_w532[1].jpgDeux tubes planétaires
 
En 2003, elle sort son premier album Frank, simple dans le style Winehouse, mélange de jazz, de blues et de soul, avec des textes écrits par elle et entièrement autobiographique. Il connaît un joli succès commercial et la désigne comme l'une des nouvelles voix les plus originales de la pop. Deux ans plus tard, Amy déménage dans le quartier londonien de Camden et la vie de la jeune femme, déjà sous antidépresseurs depuis l'âge de 13 ans, commence à basculer.
 
C'est là qu'elle rencontre Blake Fielder qui l'initie au crack et à l'héro. Elle en est dingue, il lui brise le cœur et elle compose deux tubes cosmiques: Rehab, après Back to Black sur cette rupture qui l'a détruite. Mais Blake revient et ils se marient en 2007. Ils anéantissent plusieurs tentatives de désintoxication du couple
 
Dérangeant, passionnant, l'opus donne lieu à des scènes bouleversantes dont celle d'un concert à Belgrade, le 18 juin 2011. Amy était arrivée hagarde, titubante, tirant sur sa robe, errant d'un musicien à l'autre, s'asseyant dos au public, incapable de chanter, huée par la foule en colère. Elle avait alors annulé sa tournée estivale. La fin était proche….
 
Kapadia accusé de flirtrer avec le caniveau
 
Certains reprochent au réalisateur de flirter avec le caniveau, de mettre en scène une descente aux enfers fabriquée en abusant d'images détritus glanées sur le net, de photos volées par les paparazzi, de faire du spectateur un voyeur, de l'entraîner dans la propre vulgarité  du système qu'il entend dénoncer, bref de ne rien lui épargner de ces remugles rendant l'opus presque insupportable.
 
Alors oui, c'est vrai, Kapadia va parfois dans l'excès, l'exhibitionnisme, le trash, le graveleux. Avec raison, car ce qu'il divulgue laisse imaginer pire. En faire abstraction serait oublier que c'est à Amy Winehouse que rien n'a été épargné. Victime d'une surenchère hypercrasse entre les tabloïds anglais, elle fut surexploitée par tous au sommet de sa gloire puis vilipendée lors de sa chute, ridiculisée à coups de plaisanteries grasses dans les journaux et à la télévision  
 
Edifiant, Amy est un grand documentaire musical à ne pas manquer. Nonobstant les critiques des proches de la star. Au début approbateurs, ces derniers ont attaqué le film qu'ils estiment trompeur. A les entendre, il contient des mensonges concernant la chanteuse et ne reflète pas les efforts gigantesques entrepris par tous pour aider Amy à toutes les étapes. L'entier de ce qui a été dit a été vérifié plusieurs fois, déclare de son côté Asif Kapadia.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 juillet.

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