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Sorties de la Semaine - Page 39

  • Grand écran: "Francofonia, le Louvre sous l'Occupation". Mélancolique, poétique et plein d'enseignements

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    francofonia[1].jpgNous sommes en 1940. Paris est occupé et les musées, plus précisément le Louve menacés par les bombardements. Mais que ferait la Ville Lumière sans son joyau, ses chefs d'œuvre et ses prestigieuses collections?

    Forcés de collaborer, deux ennemis éclairés s’allient pour les  préserver.  Il s’agit du conservateur de la célèbre maison Jacques Jaujard (Louis-Do de Lencquesaing) et de son homologue nazi le comte Franz Wolff-Metternich (Benjamin Utzerath), nommé à la tête de la commission allemande pour la protection des oeuvres d’art en France. Il réussira à éviter que ces représentants uniques du patrimoine hexagonal, cachés en grande partie dans des châteaux, soient envoyées à Berlin.

    A travers cette collaboration, Alexandre Sokourov, auteur de L’Arche russe, virtuose plan séquence de 96 minutes sur un autre musée prestigieux, l’Ermitage de Saint-Petersbourg, explore les rapports entre l’art et le pouvoir, l’art et l’homme, l’art et la civilisation. Livrant au fil d’une méditation humaniste et passionnée, une histoire méconnue assortie d’un portrait très personnel du Louvre.

    Le film commence au présent, Sokourov communiquant par skype avec le capitaine d’un cargo en pleine tempête qui transporte des œuvres du coup en péril. Des captations contemporaines symboliques entrecoupant par la suite la narration du cinéaste, évoquant en voix off par le biais d’images d’archives, l’art et le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en France et en Russie. 

    Tout en s’attardant sur d’inestimables toiles, Sokourov mélange les époques, laissant audacieusement des bombardiers allemands avions survoler la pyramide du Louvre inaugurée en 1989 et faisant se rencontrer Napoléon et Marianne. Cette dernière, effrayée, affirme que les musées sont les marqueurs de l’identité d’une nation et des victimes collatérales des conflits armés.

    Avec cette déclaration d’amour au Louvre, Sokourov défend et réaffirme avec force, sinon exaltation, la place centrale des musées en Europe. C’est un essai en forme de conte mélancolique, lyrique, poétique, non dénué d'humour. Certes parfois brouillon, oscillant entre reconstitution et documentaire, il n’en est pas moins souvent bouleversant et plein d’enseignements. 

    On est par exemple à des années-lumière de Monuments Men, où sept hommes s’étaient lancés avec leurs gros sabots et sous la direction de George Clooney, dans une course contre la montre en 1945, pour restituer à leurs propriétaires les trésors volés par les nazis. Même si certains font un peu la fine bouche, jugeant par exemple que Sokourov s’est… emmêlé les pinceaux dans son entreprise.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 novembre.

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  • Grand écran: "21 nuits avec Pattie", Karin Viard s'éclate en racontant ses histoires de cul...

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    098620.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgComédie, drame, fantaisie, sensualité, folie, un zeste de scabreux, d’onirisme, de fantastique, de surréalisme, voici les ingrédients savoureux de 21 nuits avec Pattie, le dernier film des frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu. Adoptant un point de vue féminin, une première, avec deux héroïnes en tête d’affiche, ils s’éclatent en nous invitant après Les derniers jours du monde et L’amour est un crime parfait, à visiter leur univers si particulier. Pour un hymne à la liberté, à la jouissance, au plaisir. Avec des mots et, c'est beaucoup plus érotique, sans scène de sexe. 

    Parisienne et mère de famille, Caroline (Isabelle Carrré) débarque dans un petit village du sud de la France, ou elle n’a pas l’intention de s’attarder. Elle est juste venue pour l’enterrement d’isabelle, sa mère qu’elle voyait très peu, mettre en vente sa superbe maison et retourner très vite à ses affaires. Objectif aussitôt contrarié.

    Tandis qu’elle découvre effarée des ouvriers se baignant tout nus dans la piscine, Caroline rencontre Pattie (Karin Viard), une femme de ménage pour le moins singulière. Elle s'avoue très pudique avec les filles mais adore raconter, le plus crument possible, ses expériences de cul avec tous les frappadingues du coin, qu’elle se vante d’attirer comme des mouches. A l’image du lubrique et incompréhensible idiot du village (Denis Lavant).

    Sur ces entrefaites, le corps d’Isabelle disparaît mystérieusement. Pour le gendarme à peine moins louftingue que les autres habitants de la commune, il s’agit sans doute d’un nécrophile. Hypothèse immédiatement retenue par Jean (André Dussolier), un écrivain louche se prétendant l’ami de la défunte et qui ne serait autre que le célèbre Le Clézio. Voilà qui a dû beaucoup amuser le vrai! D’autant plus que Karin Viard alias Pattie, tombée amoureuse du curieux, (monstrueux ?)  personnage, lui trouve la bite aussi élégante que le reste de sa personne…

    L’histoire qui a quand même tendance à se déliter un chouïa au bout d’une heure, est en fait surtout celle de cette Méridionale exubérante et voluptueuse que les frères Larrieu dotent avec délectation d’une libido hors du commun. Du moins en paroles. Car plus elle en dit moins elle en montre. Reste que l'idée est loin de déplaire à Karin Viard qui, comme dans Lolo de Julie Delpy, se complaît visiblement en prétendue nymphomane au vocabulaire salace.

    Contraste total avec Isabelle Carré, cantonnée elle depuis quelques films au rôle de jolie quadra blonde à la fois désemparée, délicate, cruche et solaire. Et en l’occurrence pudibonde, coincée, bref pas du tout portée sur le sexe. Mis elle finira par s'épanouir pour réserver une surprise de taille à son mari, Sergi  Lopez, auteur de quelques apparitions. On vous laisse la découvrir.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 novembre.

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  • Grand écran: "Les cowboys", quête enragée d'un père qui raconte le monde

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    Les-Cowboys-image01[1].jpgFan de culture country, Alain (François Damiens, photo) est l'un des piliers d'une communauté du genre dans l'est de la France. Lors d'un rassemblement, il danse avec Kelly, sa fille chérie de 16 ans, sous le regard attendri de sa femme et de son fils Kid. Peu après, tous trois s'aperçoivent soudain qu'elle a disparu.

    Dès lors, Alain se lance à sa recherche, parcourant le monde, sacrifiant tout, sa vie de famille, la jeunesse de son fils qu'il embarque dans sa quête éperdue, enragée, obsessionnelle. On découvrira à la fois la conversion de Kelly à l'Islam radical par amour, l’impossibilité pour son père d’accepter de vivre sans elle et de s’adapter aux autres.

    Les cowboys, qui résonne douloureusement face aux tragiques attentats du 13 novembre à Paris, débute en 1994 et se termine en 2005 est le premier long-métrage de Thomas Bidegain, scénariste attitré de Jacques Audiard pour qui il a notamment écrit Un prophète Grand Prix du jury à Cannes en 2009 et Dheepan, Palme d’or en mai dernier. Une fresque ambitieuse doublée d’un grand drame familial.

    De passage à Genève peu après le festival cannois, Thomas Bidegain, sélectionné à la Quinzaine des réalidsateurs, nous expliquait la genèse de ce western moderne, où les protagonistes sont projetés dans le fracas du monde: "J'ai été rattrapé par l'actualité mais j'ai commencé à écrire il y a quatre ans. L'idée m'est venue petit à petit. J'avais entendu parler de ces communautés country dont les membres pensent qu'ils sont des cowboys et les musulmans des Indiens". En l’occurrence les kidnappeurs intégristes de Kelly sont les Indiens, les ennemis à abattre.
     
    maxresdefault[1].jpgL’auteur (photo ci-contre) souhaitait ainsi évoquer les disparitions, le djihad. "Le film se situe à trois niveaux: une famille effondrée qui se délite, une fille qui l’a quittée et la façon dont son départ l’affecte ainsi que toute la communauté de ces cowboys du dimanche et l'histoire d'Al Qaïda, rythmée par les attentats à travers la planète. A commencer évidemment par la rupture essentielle qu’a représentée l’attaque des tours jumelles à New York. Puis celles de Madrid, de Londres".
     
    Bien que tournant autour de la radicalisation et du terrorisme, Les cowboys rappelle la traque inlassable dans La prisonnière du désert de John Ford, ici représentée par Kelly. "J'ai repris ce canevas pour parler d'aujourd'hui. Le western donne l'état de la nation aux Etats-Unis. J'avais envie d'un état de la nation. A travers la quête dramatique d’un père, et celle d’un fils qui suit son père pour ne pas le perdre, je veux raconter le monde où une nouvelle étape a été franchie dans l'horreur, et la façon dont on va être forcé de voir les choses autrement". Thomas Bidegain ne se doutait pas alors à quel point la terrible actualité parisienne lui donnerait raison.
     
    La réussite de cet opus qu’il s’agisse de la mise en scène, de l’écriture, de l’image, des décors, tient aussi bien sûr à ses interprètes, dont Finnegan Oldfield dans le rôle du fils, John C. Reilly dans celui d’un intermédiaire américain et surtout le principal, François Damiens, magnifique et impressionnant.

    Stetson vissé sur le crâne, il incarne pour la troisième fois après Suzanne et Gare du Nord un père à la recherche de sa fille. "J'ai vu des choses chez lui que d'autres ne possèdent pas", remarque Thomas Bidegain. "C'est un comédien formidable, doté d'une présence très physique, d'une autorité, d'une beauté virile. J'en fais un personnage peu sympathique à qui il fallait apporter une humanité pour qu'il reste touchant".

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 novembre.

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  • Grand écran: "Nous trois ou rien", une chronique familiale tragi-comique sous influence potache

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    nous-trois-ou-rien-comme-un-conte[1].jpgHumoriste et rappeur, révélé par le Jamel Comedy Club et la mini-série Bref, Kheiron Tabib réalise un premier long-métrage qu’il a écrit et dans lequel il tient le premier rôle. Il y retrace le parcours singulier, mouvementé entre l’Iran et la banlieue parisienne de son père Hibat (Kheiron) un avocat, et de sa mère Fereshteh (Leïla Bekhti) une infirmière.

    D’abord opposé au shah, ce qui lui a valu sept ans de prison dans des conditions épouvantables, puis à l’ayatollah Khomeini ce qui l’a conduit à la clandestinité, Hibat marié et devenu père d’un petit garçon entre les deux régimes, est forcé de fuir. Fereshteh est déterminée à l’accompagner. Ce sera donc lui, elle et leur fils ou rien.

    De belles personnes qui forcent l’admiration. Dotées d’un incroyable courage, d'un optimisme à tout crin et d’une détermination farouche, Hibat et Fereshteh refusent de vivre dans l’oppression, l'obscurantisme et la terreur en dépit des dangers que cela comporte. D’où, jusqu’à l’exil en France, une première partie à la fois émouvante et édifiante.

    Malheureusement, entre conte et comédie, Kheiron s’ingénie à nuire à son sujet en multipliant des blagues de stand up, censées dédramatiser les situations les plus graves ou les plus violentes. Alors certes l’humour est la politesse du désespoir. Mais des pirouettes aussi potaches comme vision du monde, c’est plutôt court.

    Par ailleurs l’histoire perd nettement de sa force à partir de l’installation de la petite famille dans une cité où Kheiron devient éducateur social tandis que Fereshteh aide les femmes à se libérer de la tutelle masculine. 

    Nous trois ou rien mise alors sur la tolérance, le don de soi  et le vivre ensemble pour une meilleure intégration. Et à voir la façon dont tout ou presque marche comme sur des roulettes, même auprès de petits truands a priori endurcis, on n’est pas très loin de l’angélisme. De quoi viser un grand succès populaire!

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 novembre.

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  • Grand écran: les Anglaises en guerre pour le droit de vote dans "Les suffragettes""

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    maxresdefault[1].jpgAvec ce film, la réalisatrice Sarah Gavron revient, en 1912, sur la lutte des Anglaises de toutes conditions sociales pour obtenir le droit de vote. Maud, une jeune mère de famille décide de s'engager auprès du groupe des militantes féministes, un mouvement radical quaiifié à l’époque d’anarchiste, qui doit affronter les brutalités gouvernementales envers des manifestations pourtant pacifiques,

    Dirigées par la célèbre bourgeoise Emmeline Pankhurst (Meryl Streep), personnage charismatique aux apparitions trop rares, même si dans les faits elle était forcée d’œuvrer en coulisses, elles sont alors prêtes à recourir à la violence et tout risquer, leur travail, leur famille, voire leur vie pour obtenir gain de cause.

    C’est ce que rappelle Sarah Gavron évoquant les conditions difficiles dans lesquelles se bat sa courageuse héroïne exploitée et violée par son chef, maltraitée par son mari. Une héroïne symbolique de toutes ces femmes abusées, bafouées, condamnées à se soumettre à l’autorité du mâle.     

    Entre réalité et fiction

    Remontant largement plus avant que dans les années 60 où nous avait emmenés le décoiffant We want Sex Equality montrant des ouvrières revendiquant l’égalité des salaires, c’est à une guerre des sexes nettement plus acharnée et tragique que l’on assiste dans Les suffragettes. Le droit de vote était en effet pour elles une question cruciale pour l’amélioration de leur souvent misérable existence.

    Dans le rôle principal de cette histoire entre réalité et fiction, alliance sinon complicité de classes côté féminin, on trouve  Carey Mulligan qui livre une interprétation à la fois émouvante fine et subtile. Elle contraste avec le recours appuyé au romanesque et au mélo. Le film manque ainsi de souffle et d’une réelle dimension politique. Il reste toutefois historiquement pertinent, exemplaire, et on ne saurait trop le recommander aux jeunes générations.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 novembre.

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  • Grand écran: "L'Hermine" avec un grand Fabrice Luchini, sacré meilleur acteur à la Mostra de Venise

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    l-hermine[1].jpgVingt-cinq ans après La Discrète, Christian Vincent, féru de Simenon,  retrouve Fabrice Luchini pour en faire un président de cour d’assises à la fois aigri et amoureux. On est dans le nord de la France. Redouté, dur, exigeant, Miichel Racine souffre d’une grosse grippe qui le rend encore plus antipathique que d’ordinaire. Il doit pourtant présider le procès d’un jeune homme accusé d’avoir tué sa fille de sept ans et qui crie son innocence.

    Alors que les noms des jurés sortent les uns après les autres, Racine remarque parmi eux une femme qu’il a aimée et qu’il n’a jamais oubliée. Au film à procès se mêle ainsi une sous-intrigue romantique révélant la part sensible de cet homme inflexible où l’excellente Sidse Babett Knudsen, vedette de la série politique danoise Borgen donne la réplique à Fabrice Luchini (photo), remarquable de retenue et de sobriété en magistrat austère, maniaque, désagréable, solitaire et moqué de tous qui revient en quelque sorte à la vie.

    Sortant de sa propension à vouloir amuser la galerie, son interprétation lui a valu d’être sacré meilleur acteur à la Mostra de Venise, tandis que son réalisateur obtenait le prix du scénario. Un triomphe que Christian Vincent (photo ci-dessous) de passage à Genève qualifie de complètement inattendu. "Etre sélectionné, c’est déjà incroyable. D’autant que je n’avais pas été retenu à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes et que le jury était composé de gens que j’admire".

    Ce président de tribunal, c’était du sur mesure pour Luchini.

    Absolument. J’avais envie de retravailler avec lui et je le voyais bien en robe rouge. Par ailleurs il était passionné par le sujet. Il a par exemple fait une chose inédite pour lui. Il a passé une demi-journée aux Assises. Et là, il a vu en quoi son rôle consistait vraiment. .

    Comment avez-vous choisi Sidse Babett Knudsen? Une belle surprise. 

    En effet. Elle n’avait jamais tourné en France. Il me fallait une femme de 45 ans. Mais en écrivant le scénario, j’étais un peu perdu. Et puis j’ai vu la troisième saison de la série et j’ai découvert qu’elle parlait couramment le français. Elle avait été jeune fille au pair. 

    BSidstGd5LzoVxL0er0K22hBtKw[1].jpgVous traitez deux thèmes à la fois dans "L'Hermine". On prétend qu’il est dangereux de courir deux lièvres à la fois.

    Je dirais même trois. Je brosse le portrait intime de cet homme amer, grippé, désirant être ailleurs et trouvant un peu d’amour, tout en devant intéresser le spectateur au procès de ce garçon accusé d’infanticide et en me penchant sur les problèmes du jury, un personnage à part entière. Il faut que tout s’imbrique et j’ai fait de mon mieux pour y parvenir. Avec mon monteur, on ne savait pas si ça marcherait..

    Les débats entre les jurés laissent un peu penser à ceux de "Douze hommes en colère". Vous êtes-vous inspiré du film de Sidney Lumet?

    Non. En réalité, je ne connaissais rien à la justice et j'ai découvert beaucoup de choses. J’essaye de faire des films sans a priori et là, j’ai découvert une institution qui m’a épaté. Si d’une manière ou d’une autre  je peux en faire profiter les gens, réhabiliter les magistrats, les présidents de cour d’assises, c’est bien. C’est de l’ordre de la démocratie. Ma démarche tient du didactisme. J’aime les vertus pédagogiques. Et là, je parle aussi de mon pays.

    On aura l’occasion de retrouver Christian Vincent dans un autre registre. Il est en train d’écrire un scénario qui mettra en scène une jeune Marocaine ayant le malheur de trop plaire aux hommes.
     
    A l'affiche dans les salles de Suiisse romande dès mercredi 18 novembre.

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  • Grand écran: "Sangue del mio sangue", une farce baroque et symbolique, signée Marco Bellocchio

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    foto-sangue-del-mio-sangue-3-low[1].jpgUn jour de l’an 1648, un fier cavalier,  Federico Mai, frappe à la porte du couvent de Bobbio, petite ville italienne de la région de Piacenza. Il est venu pour tenter de réhabiliter la réputation de son frère jumeau, le prêtre Fabrizio, qui s’est suicidé pour une jeune nonne, Benedetta.

    La soeur est accusée de l’avoir séduit et passé un contrat avec le diable. Pour l’heure, elle est enfermée en attendant son procès. Si elle est convaincue de sorcellerie, Fabrizio pourra être enterré religieusement. Mais refusant de se soumettre au pouvoir ecclésiastique, Benedetta est condamnée à être emmurée vivante.

    Un audacieux saut en avant dans le temps et nous voici en 2015, où le même couvent est habité par un mystérieux comte qui, ne sortant jamais le jour, passe pour un vampire. A nouveau un homme frappe à la porte. C’est un autre Federico, accompagné d’un milliardaire russe désireux d'acquérir le monastère pour le transformer en hôtel de luxe.

    Le comte, refusant de s’adapter à la modernité n’a aucune intention de vendre et corrompt Federico pour qu’il persuade le richissime Russe de renoncer à son achat. Pour cela il devra sortir de son trou et demander de l’aide. Et du coup miracle, son vieux corps exsangue va se régénérer et retrouver sa vigueur

    Avec Sangue del mio sangue, farce symbolique misant sur la subtilité, la finesse et l’humour, Marco Bellochio le rebelle de 74 ans, évoque en un double récit une Italie toujours sous le joug du pouvoir quels que soient ceux qui l’exercent. Hier l’Eglise, aujourd’hui une classe dirigeante plombante et peu encline à évoluer.

    Cette intrigue à tiroirs, baroque, visuellement splendide, pas toujours facile à suivre, se déroule sur fond de religion, de corruption politique, d’argent roi et de justice à plusieurs vitesses. Autant de forces vampiriques qui n’ont cessé, à travers les âges, de se nourrir du sang des sociétés, peinant ainsi à se libérer.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 novembre. 

     

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  • Grand écran: Avec "Une histoire de fou", Robert Guédiguian se penche sur le génocide arménien

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    87b4d804e343d878157449ec3cbd1042_XL[1].jpgBerlin 1921, images en noir et blanc pour un long prologue reconstituant un fait historique capital. Talaat Pacha, principal responsable du génocide Arménien est exécuté d’une balle dans la tête dans la rue en plein jour par Soghomon Thelirian dont la famille a été entièrement exterminée. Lors de son procès, revendiquant sa culpabilité, il témoigne du premier génocide du 20ème siècle et est acquitté.

    Soixante ans plus tard on est passé à la couleur et on se retrouve à Marseille où  Hovannes (Simon Abkarian) tient une épicerie avec sa femme Anouch (Ariane Ascadride). Bien intégré, grand bosseur,  Hovannes aspire à vivre en paix en France. Plus revendicative et attachée à ses racines, Anouch soutient leur fils Aram, un jeune idéaliste  voulant que la Turquie reconnaisse les crimes commis. Un jour il  fait sauter à Paris la voiture de l’ambassadeur de Turquie. Gilles Tessier (Grégoire Lepince-Ringuet), un étudiant en médecine qui passait là par hasard à vélo est gravement blessé et perd l’usage de ses jambes. Hospitalisé, il voit sa vie brisée.  

    En fuite, Aram rejoint l’armée de libération de l’Arménie à Beyrouth, foyer de la révolution internationale dans les années 80. Avec ses camarades arméniens du monde entier, il pense qu’il faut recourir à la lutte armée pour que le génocide soit reconnu et que la terre de leurs grands-parents leur soit rendue. De son côté, Anouch rend visite à Gilles Tessier, qui ne savait même pas que l’Arménie existait. Elle lui avoue que c’est son propre fils qui a posé la bombe et lui demande pardon au nom de son peuple. Un lien fort se tisse entre eux et mènera à la rencontre entre Gilles et Aram.

    La petite histoire mêlée à la grande

    Avec Une histoire de fou, librement inspiré d’un drame vécu par José Gurriaran, un journaliste espagnol frappé par un attentat en 1980, c’est la troisième fois que Robert Guédiguian revient sur son pays d’origine. A travers une tragédie familiale, sa façon de mêler la petite histoire et la grande, il accomplit un travail de mémoire envers ses origines arméniennes où il s’interroge sur la légitimité de la violence dans la lutte armée, tout en questionnant l'identité arménienne.

    Le souffle romanesque de cette œuvre engagée, politique, véridique, à la fois sobre et lyrique, n’exclut pas un côté scolaire, explicatif, ce qui est loin d’être un mal pour quiconque ne connaît pas ou mal les faits. Au contraire nécessaires, le didactisme et l’aspect pédagogique ne nuisent pas à sa dimension universelle. L’ambition de Robert Guédiguian est de nous faire mieux comprendre l’importance de la reconnaissance de ce génocide, ce que refuse toujours la Turquie. Et de nous émouvoir, en évitant l’horreur insoutenable, la volonté de vengeance, ou l’excès de pathos. C’est réussi.  

    A l'affiche dans les sales de Suisse romande dès mercredi 11 novembre.  

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  • Grand écran: Patrick Bruel tombe Isabelle Carré dans "Ange et Gabrielle"

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    hqdefault[1].jpgPatrick Bruel ne peut s’empêcher de jouer les séducteurs. Après Alice Taglioni dans Paris Manhattan et Sophie Marceau dans Tu veux ou tu veux pas, c’est Isabelle Carré qui succombe à son charme dans Ange et Gabrielle.

    Signé Anne Giafferi, notamment scénariste d’Une Famille à louer et Sous les jupes des filles, l’opus est l’adaptation de la pièce de théâtre L’éveil du chameau de Murielle Magellan.

    Pharmacienne qui élève seule da fille Claire, Gabrielle prend très mal la nouvelle quand elle découvre que l‘adolescente de 17 ans est enceinte de son petit ami Simon. Comme il refuse de se faire imposer ce bébé, Gabrielle décide d’aller voir son père Ange. Mais ce grand architecte, célibataire endurci, prétend ne pas avoir de fils et n’a pas du tout, lui non plus, l’intention d’assumer sa paternité 

    A la suite d’une première rencontre explosive dans le bureau d’Ange, Gabrielle ne baisse pas les bras, Elle le harcèle, déterminée à le faire renouer avec Simon et à changer d’avis, Elle va évidemment y arriver. Autre évidence ces deux êtres vont tomber amoureux. Et Ange devra apprendre à être grand-papa et papa en même temps.

    Pas grand-chose à dire de cette comédie romantique prétendant surfer sur des thèmes d‘actualité, au scénario cousu de fil blanc, aux diverses situations laborieusement mises en scène et auxquelles on a bien du mal à croire entre un Patrick Bruel et une Isabelle Carré d’une rare maladresse et que tout oppose. En revanche, Laurent Stocker se révèle toujours aussi amusant. 

    Signalons par ailleurs que Patrick Bruel opère un double retour puisque cet inconditionnel de Barbara va sortir le 27 novembre prochain Très souvent je pense à vous, un album entièrement dédié au répertoire de la chanteuse.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 novembre.

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  • Grand écran: "Spectre" nous en met plein la vue et... la tension retombe

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    spectre-new-trailer-reveals-a-big-james-bond-blofeld-plot-twist-james-bond-24-is-a-r-334871[1].jpgNé en 1953 sous la plume de Ian Fleming, James Bond serait comme les diamants, éternel. D’où le statut de mythe pour cet agent très spécial  qui, plus qu’un homme, est un fantasme propre à faire délirer les foules. Particulièrement en Suisse, notamment mises en condition grâce à la sculpturale Ursula Andress sortie de l’onde dans l’initial Dr No. 

    Passé de la guerre froide au cyberterrorisme en changeant six fois de visage,  le célébrissime 007 garde, depuis Casino Royale, celui du flegmatique et classieux Daniel Craig, qui promène donc pour la quatrième fois ses abdos, pectoraux et autres biceps de rêve dans Spectre (SPecial Executive For Counter-Intelligence, Terrorism, Revenge And Extorsion), une organisation criminelle déjà apparue dans sept autres opus.

    Ce vingt-quatrième épisode, presque aussi attendu que Star Wars dans cette saison automne- hiver, est non seulement le plus coûteux de la saga, mais également le film le plus cher jamais réalisé avec un budget de 360 millions de dollars.

    Une escale à Rome pour séduire Monica Bellucci

    Tourné, en 35 mm, sur trois continents et cinq pays (Grande-Bretagne,  Autriche, Mexique, Maroc, Italie) il a pour la première fois fait escale à Rome. Histoire que son héros puisse batifoler avec Monica Bellucci, la belle veuve d’un criminel de haut vol, Valant à la sulfureuse quinqua, qui certes ne fait que passer, d’être la James Bond Girl la plus âgée de la série.

    Comme pour Skyfall, succès historique de la saga avec plus d’un milliard de dollars de recettes dans le monde, on retrouve aux manettes Sam Mendes pour un nouveau duo avec Daniel Craig, sur fond d’espionnage à l’ancienne menacé par les nouvelles techniques du renseignement. 

    James_Bond_Spectre_3127904k[1].jpgRegard bleu acier, mâchoires serrées, visage buriné, l’espion de Sa Majesté au physique évoquant, ai-je lu mais je cautionne, un croisement entre Poutine et Steve McQueen se lance, suite à un message cryptique surgi du passé, sur la piste d’une redoutable organisation secrète. Elle est dirigée par un mystérieux Franz Oberhauser (Christoph Waltz), psychopathe flanqué d’une brute épaisse dotée d’une force extraordina

    Et voici notre agent, viré juste après avoir repris du service, embarqué dans une mission très personnelle de Mexico en pleine fête des morts à Rome, du désert marocain à Londres en passant par les Alpes autrichiennes. L’occasion de rencontrer Madeleine Swann, la star féminine de l’opus.

    Fille de tueur, elle pourrait connaître un moyen de détruire Spectre. Cette psychanalyste qui en plus sait tout de Bond, est incarnée par la Française Léa Seydoux, rendant ses compatriotes plus fiers que jamais.

    Une ouverture flamboyante et spectaculaire

    Le cadre étant posé, l’idée est évidemment de nous en mettre plein la vue côté action. Et c’est le cas dans une séquence d’ouverture flamboyante, ébouriffante, éblouissante, virtuose, se terminant avec la chute fracassante d’une façade à deux doigts d’aplatir Bond comme une crèpe. Avant qu’il ne saute dans un hélico évoluant dangereusement au-dessus d’une place noire de monde.

     Mais c’est la marque du genre. Tout dans la vitrine, plus grand-chose ou presque dans le magasin. Spectre ne déroge pas à la règle. Suite à ce prégénérique qui vous scotche au fauteuil, la tension retombe et la sauce ne s’épaissit guère. Trop prévisible, l’intrigue se déroule, pour ne pas dire se traîne assez mollement pendant plus de deux heures entre poursuites et cascades peu mémorables. Et cela en dépit des moyens colossaux mis en œuvre et de la multiplication des plans aériens pour faire décoller l’ensemble.

    Un méchant et une James Bond Girl peu covaincants

    Côté comédiens, ce n’est pas non plus le top du top. Christoph Waltz, toujours sous l’emprise de sa prestation dans Inglorious Basterds, fait peine à voir en méchant nettement plus agaçant qu’effrayant. De son côté Léa Seydoux, jolie sans plus, a du mal à convaincre en James Bond Girl torride propre à faire craquer amoureusement un héros névrosé, tourmenté, et jusqu’ici fatal à toutes les femmes.

    Du coup, après le crépusculaire et exceptionnel Skyfall, l’un des meilleurs sinon le meilleur épisode pour les bondophiles, ce retour aux fondamentaux tout en collant à son époque, oscillant entre spectaculaire, glamour, séduction et humour laisse songeur.

    On se demande s’il permettra à Daniel Craig de se retrouver à nouveau dans la peau du fameux personnage. Beaucoup pensent que non, qu’’il a fait son temps. Lui-même n’en est pas trop sûr à en juger par ses réponses: "Si je fais un autre James Bond, ce sera pour le fric". Ou encore: "Je ne vois aucune raison de ne pas refaire un autre James Bond…."

    Quoi qu’il en soit, au cas où il enfilerait le costume de 007 pour la cinquième fois, ce serait bien de demander à son tailleur de lui confectionner une veste sur mesure et pas une taille en-dessous…D’accord, il a envie de mettre ses biscotos en valeur, mais en l’occurrence, il la joue franchement cheap!

    A l'affiche partout dès mercredi 11 novembre.  
      
     

     

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