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Sorties de la Semaine - Page 38

  • Grand écran: avec "Star Wars VII", le fan se sent à la maison. Une réusite

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    star-wars-episode-vii-affiche-95049[1].jpgC’était le film le plus attendu de l’année. Sinon de l’invention du cinéma pour les inconditionnels qui piaffaient depuis le 30 octobre 2012!  Si attendu que Disney mettait la critique au pas en lui imposant la loi du silence. Autrement dit, défense de dévoiler les moments-clés et la fin pour tous ceux qui voyaient Le réveil de la Force avant sa sortie mondiale. 
     
    Sans oublier la signature d’un formulaire ad hoc et l’abandon de son téléphone à l’entrée de la  salle. Avec à la clé la menace de poursuites judiciaires  en cas de non-respect de ces draconiennes  consignes. Plus parano tu bascules du côté obscur…
     
    Des cohortes de passionnés à l'assaut des cinémas 
     
    Mais venons-en à l’objet de tant de convoitises et de secrets, Star Wars VII, le premier volet de la troisième trilogie, rameutant des cohortes de passionnés et de curieux à travers la planète. Sans compter les produits dérivés, il y a de quoi permettre à Disney de se rembourser largement après son rachat de Lucasfilm  pour quatre milliards de dollars,
     
    En très résumé, nous sommes à plus de trente ans de la bataille d’Endor (dans Le retour du Jedi qui promettait de beaux lendemains), mais la galaxie n’en a pas fini avec la tyrannie et l’oppression. L’Alliance rebelle, devenue la Résistance, se bat contre le Premier Ordre réunissant les vestiges de l’Empire, un régime totalitaire dirigé par le seigneur Snoke, C’est dans cette ambiance guerrière que le méchant et mystérieux moine soldat Kylo Ren (Adam Driver) dont Dark Vador est l’idole, pourchasse les ennemis de la dictature.
     
    starwarshansolo-800x410[1].jpgPas de débauche d’effets spéciaux
     
    Fameux générique d’ouverture et l’euphorie va monter au cours de cet opus à grand spectacle, où le réalisateur aficionado J.J. Abrams, avec Lawrence Kasdan et Michael Arndt au scénario, fait revivre le mythe. Ressuscitant avec talent l’esprit et le souffle épique de la première trilogie (1977-1983) imprégné de poursuites intergalactiques, de duels épiques aux sabres laser, d'étranges créatures. Et même d'une petite romance. Mais heureusement sans se laisser aller à une débauche d’effets spéciaux et à la surenchère numérique de la décevante deuxième trilogie (1999-2005). Ici, on mise plutôt sur les personnages. 
     
    Dans ce film intergénérationnel à la trame familiale, bourré de citations, de clins d’œil et de références aux précédents épisodes, émaillé de boutades, le fan se sent en terrain connu. Mieux, à la maison comme dirait Han Solo. Une vieille connaissance que l’on retrouve avec son fidèle Chewbacca. Harrison Ford (photo) apparaît en pleine forme, gouailleur, malicieux et carrément rajeuni. De son côté Carrie Fisher, la princesse Leia, devenue officier de la Résistance et qui a changé de coiffure (!), mène rondement ses troupes. Sans oublier Mark Hamill alias Luke Skywalker dont on ne dira rien…
     
    Star-Wars-7-150417-17[1].jpgDu nouveau, dont l’irrésistible droïde BB-8
     
    La trilogie fait aussi place aux nouveaux héros pour rafraîchir l’ensemble. Comme Rey (Daisy Ridley), attachante et émouvante pilleuse d’épaves qui tente de survivre en vendant sa ferraille. Entraînée dans une aventure interplanétaire, elle rejoindra les rebelles. Sa vie sera bouleversée lorsqu’elle rencontre le courageux Finn (John Boyega), stormtrooper en fuite. Ils sont jeunes, énergiques, beaux et bons.
     
    Mais celui qui nous fait craquer, c’est le droïde BB-8 (photo avec Daisy Ridley), détenteur de plans secrets, adorable robot drôlement humain tout en rondeur, genre aspirateur à roulettes qui se déplace avec une agilité et une rapidité surprenantes sur tous les sols. Mascotte de ce chapitre, il nous gratifie de sons incompréhensibles et de charmants petits cris façon télétubbie. Absolument irrésistible.
     
    Après la réussite de ce septième volet, en dépit de scènes un rien répétitives, il ne reste plus qu’à attendre la sortie du huitième le 26 mai 2017, réalisé par Rian Johnson (qui a déjà dévoilé des choses sur les réseaux sociaux) et celle du neuvième en 2019 avec Colin Trevorrow aux commandes.

    A l’affiche partout dans le monde dès mercredi 16 décembre.

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  • Grand écran: "Suburra" entre film noir et western urbain. Coup de poing, mais trop complaisant

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    suburra-trailer-ufficiale-poster-featurette-e-nuove-immagini-dal-film-di-stefano-sollima-v6-238823-1280x720[1].jpgAprès Gomorra et Romanzo Criminale, Stefano Sollima poursuit dans le genre avec Suburra, adapté du roman éponyme de Carlo Bonini et Giancarlo De Cataldo.

    Dans la Rome antique, La Suburra était un quartier pauvre et populeux, où fleurissaient tavernes et bordels. Toujours aussi malfamé mais destiné à être réhabilité, il est le théâtre d’un ambitieux projet immobilier façon Las Vegas, comprenant hôtels de luxe, casinos et boîtes de nuit. Une conquête d’un paradis sulfureux impliquant l’Etat, le Vatican et la mafia.

    Suburra, mélange de film noir et de western urbain, se déroule en 2011, à J-7  d’une «apocalypse» annoncée. Un compte à rebours au sein d’une capitale italienne au bord du gouffre dans tous les domaines de la société. Avec en prime une possible démission du pape.

    On navigue ainsi entre différents univers, politique, criminalité, argent, usure, drogue, prostitution. Chacun d’eux est représenté par un personnage idoine et particulièrement antipathique, assassin, pourri, vicieux, manipulateur, lâche, du député à la pute en passant par le chef mafieux, le gangster, le religieux ou le jeune organisateur d’événementiel. 

    Le tout révèle un système corrompu, chaotique, illégal à ramifications multiples, en majorité régi par le chantage, la brutalité et le meurtre. Un film à l‘ambiance hyper glauque dans une Rome nocturne noyée sous la pluie où personne n’est épargné.

    Alors certes Stefano Sollima tape très fort là où ça fait mal dans cette sombre fresque d’une humanité décadente et gangrenée, faisant écho à l'actualité. On lui reprochera toutefois des caractères trop stéréotypés, un symbolisme trop appuyé et une complaisance souvent crasse dans sa représentation du cycle infernal de la violence. Avec Pierfrancesco Favino, Elio Germano, Claudio Amendola et Jean-Hugues Anglade.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 9 décembre.   
     

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  • Grand écran: "Un+une", avec Jean Dujardin et Elsa Zylberstein. Consternant

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    499172[1].jpgCinquante ans près Un homme et une femme, Claude Lelouch propose une sorte de variante avec Un+une, où il embarque Jean Dujardin et Elsa Zylberstein, à l’origine du projet, dans une très improbable love story.

    Antoine, composteur de génie qu’Alice, talentueuse pianiste, vient de demander en mariage sans trop de succès pour l’instant, se rend en Inde. Il doit travailler avec un réalisateur de la Nouvelle Vague du cru (une incontournable mise en abyme pour le cinéaste) sur une version carrément révolutionnaire de Roméo et Juliette.

    C’est là qu’il rencontre Anna, la femme de Samuel, l’ambassadeur de France, qui ne peut avoir d’enfant. Elle décide d’emprunter seule (c’est d’un crédible, étant donné sa situation de haut rang…) le chemin de la fertilité et d’aller à la rencontre de Mata Amritanandamayi (appelée Amma et qui joue ici son propre personnage), notamment dotée du pouvoir mystique de changer les destins.

    Pourtant jaloux comme un tigre, Samuel demande à Antoine d’accompagner Anna dans son périple (on ne sait jamais ça pourrait le guérir de sa migraine tenace) et… je ne vous ferai pas l’injure de vous apprendre ce qui va se passer entre ces deux êtres que tout oppose…

    Un fatras de spiritualité

    Comme c‘est du Lelouch, il y a de belles images du pays visité de long en large. Un minimum. En ce qui concerne le reste, c’est consternant, le réalisateur s‘ingéniant à plomber son film, au scénario par ailleurs incohérent, sous un fatras de spiritualité en forme de dialogues d’une rare ineptie.

    Pêle-mêle il évoque le sens de la vie, ce qui compte dans celle-ci c‘est de préparer la prochaine, le temps qui passe, le pouvoir de la pensée, l’amour universel, le cosmos, le lien entre les êtres, d’où on vient et où on va, sans oublier les hirondelles et les boomerangs (!), le tout débité par une Elsa Zylberstein à un Jean Dujardin hilare, grossier, convaincu de son charme irrésistible et de sa drôlerie exceptionnelle, qui a juste envie de la sauter.

    Et qui n’est pas en reste côté phrases d’une rare beaufitude. A son habitude.  On a ainsi droit à des réflexions profondes plus ou moins du genre : quand je suis avec Alice (la femme qu’il hésite donc à épouser) j’ai trouvé mon moi avec des nichons. Ou encore une femme avec un cerveau c’est un mec réussi.

    Vu le couple calamiteux formé par Elsa Zylberstein et Jean Dujardin, on oubliera par charité les pièces rapportées que sont Alice Pol, et surtout le malheureux Christophe Lambert dans un rôle d’ambassadeur qui ne fait pas franchement honneur à la diplomatie française!

    Tout cela ne suffisant pas, Lelouch nous gratifie d’un dénouement évidemment téléphoné. Le contraire nous aurait dans le fond désagréablement surpris…

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 9 décembre.

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  • Grand écran: "Béliers", émouvant drame fraternel sur fond de chronique rurale islandaise

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    4635713_7_07c4_une-scene-du-film-islandais-de-grimur_282b6b2c27bb300c26213a70922d262c[1].jpgEleveurs de moutons. les frères Gummi et Kiddi vivent près l’un de l’autre mais ne se parlent pas depuis quarante ans. Comme chaque année, ils participent à un concours de beauté pour béliers que l’un d’eux remporte sous le nez de l’autre. La jalousie aidant, il y a de quoi séparer davantage, si possible, ces deux vikings bougons et obstinés, déjà cachés dans leur maison respective. Mais pas heureux pour autant. 
     
    Ils devront pourtant oublier leurs blessures secrètes et s’unir pour sauver leurs bêtes promises à l’abattage suite à une redoutable épidémie de tremblante. Des bêtes qu’ils aiment d’amour et pour lesquelles ils sacrifient tout, à l’instar des autres villageois. Le réalisateur islandais Grimur Hàkonarson en profite pour évoquer, au-delà du drame fraternel, le quotidien rude et solitaire d’une communauté reculée, vivant au milieu de paysages hivernaux d’une splendeur glacée. 
     
    Cette chronique familiale et rurale en forme de conte universel déborde d’humanité, de tendresse, de bienveillance et d'humour décalé. Elle a valu à son auteur le Prix d’Un certain regard au dernier Festival de Cannes.  «C’est l’un des plus beaux moments de ma vie, sinon le plus beau. J’étais d’autant plus surpris que je ne m’attendais même pas à être sélectionné au départ», nous raconte Grimur Hakonarson, de passage à Genève.

    thumb[1].jpgSon film a cartonné dans le milieu puisqu’il a reçu vingt autres prix dans différents festivals comme Valladolid, Thessalonique ou Zurich. Un travail de cinq ans, dont trois d’écriture, bien récompensé.  «J’y ai mis mon âme et je l’ai fait pour mes ancêtres. Au sens large».   
     
    Béliers est votre deuxième long-métrage. Comment l’idée vous en est-elle venue ? 
     
    Mes parents ont grandi dans une ferme et quand j’étais petit j’ai souvent passé des vacances chez mon grand-père. Je connais la culture du mouton. Et c’est mon père qui m’a raconté cette histoire de deux frères vivant l’un à côté de l’autre sans s'adresser la parole. Je la trouve à la fois tragi-comique, intéressante et révélatrice. En même temps j’avais envie d'explorer le rapport entre l’homme et les animaux, cette communauté obligée d’abattre ses bêtes. Au début cela parlait davantage de cela, puis les choses ont évolué vers cette relation contrariée et conflictuelle entre les deux frères. 
     
    Il y a peu de femmes dans votre récit. 
     
    En fait il y a énormément de célibataires dans les endroits que je connais en Islande. Les hommes restent à la ferme et les femmes s’en vont. Si vous vivez seul avec des moutons à qui vous vouez une véritable passion, leur perte est encore plus importante, plus tragique. C’est surtout ce que j’essaye de montrer. 

    Hrutar+Beliers+Rams+Photocall+68th+Annual+-x1rbB_rhLbx[1].jpgVos deux comédiens principaux Sigurour Sigurijonsson et Theodor Juliusson ont-ils eu du mal à s’adapter à ce tournage exigeant? 

    Non, ce sont des professionnels chevronnés. Ils ont lu des livres sur la vie à la ferme pour mieux s’imprégner de leur personnage. Ils ont dû se laisser pousser la barbe. Nous avons aussi beaucoup répété les dialogues. Mais l’essentiel était qu’ils sonnent authentiques. C’est mon style. La plupart des acteurs sont à mon avis trop jolis dans ce genre de rôles. 
     
    Et les moutons, vous ont-ils donné du fil à retordre? 
     
    Pas autant que le craignais. On m’avait dit que ce serait impossible. J’étais inquiet, je n’avais pas trop de temps pour le tournage. Mais nous avons déniché des béliers parfaits, stables, calmes. Ils se sont révélés excellents face à la caméra à laquelle ils se sont habitués petit à petit. Il y en a eu jusqu’à 200 dans une scène. On pouvait les toucher. Nous avions un spécialiste pour nous aider. 

    Deux mots sur ce singulier concours de beauté pour béliers qui ouvre le film. 
     
    C’est une tradition. Ces compétitions ont lieu en septembre après la désalpe. C’est très sérieux, très professionnel. Les béliers sont examinés sous toutes les coutures. Et le gagnant est particulièrement fier d’avoir présenté le plus beau. C’est aussi une occasion d’être ensemble pour les gens.. 
     
    Il paraît que vous vous êtes si bien entendu avec les béliers que vous envisagez de ne mettre que des animaux en scène.   

    Ce ne sera en tout cas pas le sujet de mon prochain long métrage, puisqu’il s’agit d’un film lesbien… Je vais faire un pas de côté, raconter une histoire politique avec une signification politique. 
     
    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi  9 décembre.   
     

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  • Grand écran: Alain Cavalier fusionne l'homme et le cheval dans "Le Caravage"

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    le-caravage[1].jpgLes films consacrés à Bartabas, le créateur du Théâtre équestre Zingaro, ne manquent pas. Surtout pour rendre compte de la virtuosité, de l’originalité, voire du mysticisme de ses spectacles. Le "prédestiné" Alain Cavalier s’attache, lui, à l’intime, montrant la relation fusionnelle que le célèbre écuyer entretient avec son cheval, baptisé Le Caravage en hommage au peintre italien. Chaque matin, Bartabas travaille avec lui dans un manège, peaufinant  inlassablement les figures de dressage, en quête de la perfection ultime.  

    Le réalisateur nous plonge ainsi de jour en jour dans les évolutions du couple, dresseur et animal s’apprivoisant mutuellement jusqu’à l’harmonie parfaite. Filmant au plus près l’animal, sa tête, ses naseaux, son œil, Cavalier livre un portrait tendre, admiratif sinon amoureux au sein d’une histoire muette. A l’exception de quelques mots lancés lors des soins, brossage, étrillage, ou harnachement du Caravage par de jeunes palefrenières.

    On a aussi droit à d’émouvantes scènes de câlins, le maître se montrant prodigue en la matière envers sa monture. Et même à une petite rébellion du cheval qui se rue soudain sur la caméra, léchant l’objectif. D’où une image floue qui amuse beaucoup le cinéaste.…

    Il y a de la grâce, de la légèreté dans ce corps à corps silencieux. Et de la magie pour les fans d'Alain Cavalier, pour qui il s’agit là d’une véritable œuvre d’art. Mais qui ne s’intéresse pas au sujet risque de ne voir dans ce documentaire qu’une routine quotidienne passablement ennuyeuse et un cheval tournant simplement en rond au trot ou au galop pendant 70 minutes.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 décembre.   

     

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  • Grand écran: "Babysitting 2", une resucée bête,vulgaire et paresseuse

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    babysitting-2-bande-a-fifi-947448[1].jpgSuite au carton de Babysitting qui a rameuté près de 2,5 millions de spectateurs, il était clair que Philippe Lacheau et Nicolas Benamou n’allaient pas attendre pour se remplir les poches en surfant sur un succès aussi inespéré. Et nous ont donc affligés d’une resucée qui se déroule au Brésil.

    Sonia souhaite présenter son fiancé Franck à son père, Jean-Pierre, directeur d’un hôtel écolo, il faut le dire vite, où la bande imagine  passer des vacances de rêve. Mais les choses tournent rapidement au cauchemar. Un matin les garçons partent en excursion dans la forêt amazonienne flanqués d’Yvonne, l’insupportable et acariâtre mère de Jean-Pierre, puis de deux bimbos à un neurone. Le lendemain, ils ont tous disparu…
     
    Babysitting2, qui aurait dû s’intituler Mammyitting vu que la troupe des pieds-nickelés doit s’occuper cette fois du vieux boulet en déambulateur électrique, a repris le principe de l'épisode précédent, à savoir révéler l'histoire grâce à la vidéo qu’ont tournée les protagonistes avant de s’évanouir dans la nature. Alors que la petite caméra a été récupéée (dommage !), on va pouvoir retrouver leur trace.   

    Croyant carburer à l’humour déjanté, Lacheau et Benamou sont animés d’une volonté manifeste d’amuser. C’est raté avec cette comédie de potes lourdingue, poussive, paresseuse, d’une indigence crasse qu’il s’agisse des dialogues ou des gags faisandés à quelques exceptions près..

    En fait l’opus mise avant tout sur la bêtise et la vulgarité. Et là c’est particulièrement réussi tant on atteint des sommets dans le genre. Vous me rétorquerez peut-être qu’il en faut, de l’imagination, pour en arriver là… Côté casting, on prend les mêmes et on recommence. Avec une variante, Christian Clavier en père de la future mariée remplaçant Gérard Jugnot dans la mouture originale. Pour nous gratifier d’une nouvelle et pesante caricature de lui-même.
     
    Bien que généralement qualifié de très inventif et de follement rigolo, le premier Babysitting  ne cassait pas franchement des briques. C’est dire le côté calamiteux du second. Il ne reste qu’à espérer que les auteurs s’arrêteront là. Un voeu pieux s’il fait lui aussi tinter le tiroir-caisse!

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 décembre.

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  • Grand écran: Nanni Moretti séduit avec "Mia madre". Pudique, èmouvant, sans pathos

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    maxresdefault[1].jpgEn plein tournage d’un film sur la fermeture d’une usine à laquelle s’opposent les ouvriers, Margherita, réalisatrice engagée, doit gérer une star américaine incapable de retenir ses répliques ou de les prononcer correctement, une fille en pleine crise d’adolescence et, bien plus grave, affronter la terrible réalité de la mort prochaine de sa mère. A laquelle elle rend visite à l’hôpital entre deux journées de plateau en compagnie de son frère toujours irréprochable et dont elle est un peu jalouse, ne se sentant pas à la hauteur.  

    Tout en traitant à nouveau du deuil, de la perte d’un être cher après La Chambre du fils qui lui avait valu la Palme d’or en 2001, Nanni Moretti parle, entre fiction et réalité, du cinéma en brossant le portrait d’une femme obsessionnelle, fragile, nerveuse, angoissée, en panne d’inspiration, trouvant que tout sonne faux dans sa manière d’aborder son nouveau long métrage censé prendre la défense des travailleurs. Une manière de s’interroger sur la pertinence actuelle de films militants dans une Italie où la conscience politique fait de plus en plus défaut.

    La cinéaste en proie au doute à des questionnements existentiels et artistiques n’est autre que l’alter ego de Nanni Moretti, qui a cette fois préféré se mettre en retrait en jouant le frère dévoué et attentionné de son héroïne. Remarquablement interprétée par Margherita Buy. On est un peu moins fan de John Turturro , qui certes détend l’atmosphère, mais en fait des tonnes dans le rôle de la vedette fantasque, mégalomane et survitaminée tout juste débarquée des Etats-Unis.

    Mais outre la performance des acteurs, ce qui séduit surtout c’est la pudeur, la simplicité, la sobriété avec lesquelles Moretti a empoigné son sujet. Sans pathos, le maestro italien déclare son amour à sa mère et au cinéma, tous deux confondus dans cette émouvante, belle et triste chronique d’une mort annoncée.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 décembre.

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  • Grand écran: "Le pont des espions", Spielberg plonge Tom Hanks au coeur de la guerre froide

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    le_pont_des_espions_1[1].jpgTom Hanks seul contre tous. Les Soviétiques, la CIA, les Allemands de l'Est, ses collègues, l'opinion publique. Un homme ordinaire ou presque qui se mue en héros au destin hors du commun. Comme Steven Spielberg les aime et nous les a fait aimer dans Munich, Il faut sauver le soldat Ryan, Attrape-moi si tu peux, La liste de Schindler. Avec Le pont des espions, cet amoureux d’histoire, de retour trois ans après Lincoln, un film centré sur le courage politique, nous plonge au cœur de la guerre froide. Une histoire vraie, encore que dans le genre, on ne sait trop où s’arrête la réalité et où commence la fiction.
     
    Toujours est-il que Spielberg s’intéresse à l’étonnante carrière de James Donovan, brillant avocat spécialisé en droit des assurances dans un grand cabinet newyorkais. En 1957, il est engagé pour défendre l’indéfendable, en l’occurrence Rudolf Abel, artiste tranquille et discret accusé d’être un espion soviétique. Ce qui est le cas.
     
    Le pays enter attendant une condamnation, ses associés, à l’instar du gouvernement, incitent Donovan à s’en tenir au minimum. Mais en avocat consciencieux, il prend l’affaire très à cœur, provoquant la détestation de ses concitoyens et ira jusqu’à la Cour suprême. S’il perd le procès, il évite la mort à son client qui écope de 30 ans de prison. En 1962, un an après l’édification du Mur de Berlin, un avion espion américain est abattu et son pilote fait prisonnier par les Soviétiques.  Les services secrets étatsuniens demandent alors à Donovan de négocier l’échange de leur ressortissant contre Rudolf Abel.
     
    Arrivé sur place, l’avocat apprend qu’un étudiant américain a été arrêté à Berlin-Est. Balayant les instructions de la CIA, Donovan exige de les échanger tous les deux contre l’espion. L’opération aura lieu au célèbre pont de Glienicke, qui reliait à l’époque le secteur américain de Berlin-Ouest à Postsdam en ex-RDA, et où l’agence américaine et le KGB troquaient leurs hommes de l’ombre. De préférence sous l‘oeil des caméras.

    Spielberg montre sa virtuosité
     
    La virtuosité du réalisateur se révèle dès l’ouverture avec cette scène métaphorique dévoilant un homme aux trois visages, le sien, celui que lui renvoie le miroir et celui de l’autoportrait qu’il est en train de peindre. Puis lors d’une haletante séquence de filature, magistralement découpée, dans un Brooklyn des fifties incroyablement réaliste, qui se conclut par l’arrestation du chétif Rudolf Abel en sous-vêtements. Et dont la principale préoccupation en cette heure gravissime pour lui est de récupérer son dentier… 

    193450[1].jpgUne touche burlesque des frères Coen, auteurs du scénario. Ils en produiront d’autres, plus ou moins cyniques, dans leur apport remarqué à l’univers spielbergien. Mais surtout, avec ce vingt-huitième long métrage intelligent, fin, élégant à l’atmosphère intimiste, le réalisateur propose un récit historique captivant et puissant, un drame humain au suspense efficace ainsi qu’une bluffante reconstitution d’époque où on revit comme si on y était l’édification du Mur de la honte (photo). Il recrée également non sans un certain humour les tensions de ces années aux Etats-Unis et les moyens sécuritaires déployés pour faire face à la hantise du fléau communiste.

    Un thriller qui dépasse le film d'espionnage
     
    Spielberg l’humaniste poursuit ainsi son exploration de l’identité américaine dans ce thriller classique qui, dépassant le simple film d’espionnage, porte haut les valeurs de justice et de liberté, exalte la prépondérance de l’individu, l’amour du droit garantissant à chacun y compris à l’ennemi une défense digne de ce nom. Le tout enrobé d’un patriotisme parfois excessif, où l’on comprend bien que tout est un peu mieux qu’ailleurs outre-Atlantique.
     
    Impressionnant enfin le jeu des acteurs. Celui bien sûr de Tom Hanks le comédien fétiche de l’auteur, formidable héros malgré lui et père de famille adulé par les siens. Un personnage hollywoodien un peu trop cliché malgré tout, qui se fait du coup voler la vedette par le Britannique Mark Rylance, exceptionnel dans son rôle d’espion  d’une retenue et d’une sobriété rares, saupoudrées d’un détachement et d'un fatalisme irrésistibles, répondant invariablement "Est-ce que çela aiderait?", chaque fois que son avocat compatissant et finalement complice lui demande s’il est inquiet. A leurs côtés, on trouve Amy Ryan, Alan Alda ou encore Sebastian Koch, le principal protagoniste de l’excellent La vie des autres.
     
    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 décembre.

     

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  • Grand écran: "Strictly Criminal", du polar mafieux déjà vu, mais avec un Johnny Depp méconnaissable

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    blackmass[1].jpgBoston dans les années 70. On retrouve James "Whitey" Bulger et John Connolly, deux gamins des rues qui ont grandi ensemble. Le premier a choisi le crime, le second le FBI. Le caïd et l’agent du célèbre bureau s’unissent secrètement pour éliminer l’ennemi commun: la mafia italienne. Mais les choses se gâtent.

    Strictly Criminal de Scott Cooper, l’auteur de Crazy Heart retrace l’histoire vraie de cette alliance contre nature qui a dégénéré et permis à Bulger d’échapper à la justice, de consolider son pouvoir et de devenir l’un des gangsters le plus redoutable et puissant de sa ville natale, voire des Etats-Unis.

    On navigue ainsi entre loyauté, corruption, rapport de force, difficulté à différencier flics et malfrats. Un filon surexploité. Et il y a tant de bons fllms de Walsh à Scorsese en passant par De Palma, Friedkin, Coppola et j’en oublie un paquet, qu’il est difficile de se lancer avec succès sur un terrain labouré à l’envi par tous ces maîtres. .

    Ce biopic est pourtant intéressant et l'intrigue assez simple. Mais Scott Cooper s’ingénie, dans cet opus à l’ancienne, à prendre des chemins tortueux pour la raconter et a ainsi tendance à se perdre en route.

    Du coup ce polar mafieux recuit qui ressemble à du Scorsese mais qui n'est pas du Scorsese, échoue dans sa volonté d’être féroce, implacable, sous haute tension. A l‘exception de quelques scènes certes glaçantes, comme celle du repas de famille, on n’est pas véritablement scotché à son fauteuil et on trouve même le temps longuet. Il faut dire que  les épuisants fuck, fucker et autres fucking débités à longueur de dialogues par ailleurs peu transcendants, n’arrangent pas les choses….

    En revanche les comédiens assurent. A commencer évidemment par Johnny Depp méconnaissable avec sa calvitie avancée, ses lentilles qui lui donnent un regard bleu acier et ses dents pourries. Il est inspiré, sobre, méchant, dangereux, dans son rôle de criminel le plus violent de l’histoire de Boston. Il apparait également comme un bon père de famille durement éprouvé par la mort de son fils, et comme un mari drôlement inquiétant. Le mot Oscar a déjà été prononcé.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 novembre.

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  • Grand écran: "Francofonia, le Louvre sous l'Occupation". Mélancolique, poétique et plein d'enseignements

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    francofonia[1].jpgNous sommes en 1940. Paris est occupé et les musées, plus précisément le Louve menacés par les bombardements. Mais que ferait la Ville Lumière sans son joyau, ses chefs d'œuvre et ses prestigieuses collections?

    Forcés de collaborer, deux ennemis éclairés s’allient pour les  préserver.  Il s’agit du conservateur de la célèbre maison Jacques Jaujard (Louis-Do de Lencquesaing) et de son homologue nazi le comte Franz Wolff-Metternich (Benjamin Utzerath), nommé à la tête de la commission allemande pour la protection des oeuvres d’art en France. Il réussira à éviter que ces représentants uniques du patrimoine hexagonal, cachés en grande partie dans des châteaux, soient envoyées à Berlin.

    A travers cette collaboration, Alexandre Sokourov, auteur de L’Arche russe, virtuose plan séquence de 96 minutes sur un autre musée prestigieux, l’Ermitage de Saint-Petersbourg, explore les rapports entre l’art et le pouvoir, l’art et l’homme, l’art et la civilisation. Livrant au fil d’une méditation humaniste et passionnée, une histoire méconnue assortie d’un portrait très personnel du Louvre.

    Le film commence au présent, Sokourov communiquant par skype avec le capitaine d’un cargo en pleine tempête qui transporte des œuvres du coup en péril. Des captations contemporaines symboliques entrecoupant par la suite la narration du cinéaste, évoquant en voix off par le biais d’images d’archives, l’art et le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en France et en Russie. 

    Tout en s’attardant sur d’inestimables toiles, Sokourov mélange les époques, laissant audacieusement des bombardiers allemands avions survoler la pyramide du Louvre inaugurée en 1989 et faisant se rencontrer Napoléon et Marianne. Cette dernière, effrayée, affirme que les musées sont les marqueurs de l’identité d’une nation et des victimes collatérales des conflits armés.

    Avec cette déclaration d’amour au Louvre, Sokourov défend et réaffirme avec force, sinon exaltation, la place centrale des musées en Europe. C’est un essai en forme de conte mélancolique, lyrique, poétique, non dénué d'humour. Certes parfois brouillon, oscillant entre reconstitution et documentaire, il n’en est pas moins souvent bouleversant et plein d’enseignements. 

    On est par exemple à des années-lumière de Monuments Men, où sept hommes s’étaient lancés avec leurs gros sabots et sous la direction de George Clooney, dans une course contre la montre en 1945, pour restituer à leurs propriétaires les trésors volés par les nazis. Même si certains font un peu la fine bouche, jugeant par exemple que Sokourov s’est… emmêlé les pinceaux dans son entreprise.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 novembre.

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