Google Analytics

Sorties de la Semaine - Page 33

  • Grand écran: Isabelle Huppert traque son violeur dans "Elle"

    Imprimer

    ahuppert.jpgAbsent des écrans depuis The Black Book, en 2006, le réalisateur de Basic Instinct, qui avait mythifié Sharon Stone il y a vingt-quatre ans, revient donc avec Elle, son quinzième long-métrage, porté par une grande Isabelle Huppert.

    Adaptation de Oh, de Philippe Djian, il raconte l’histoire de Michèle, chef d’entreprise de jeux vidéo. Sans états d’âme, autoritaire, elle gère sa vie sentimentale et ses affaires d’une poigne de fer.

    Et puis un jour, elle se fait violer dans sa maison par un mystérieux agresseur cagoulé. Mais pas question de s'effondrer. Chassant le traumatisme, elle refuse résolument de subir. Après avoir commandé des sushis au lieu d’appeler la police, elle décide plus tard de traquer son violeur en retour. Un jeu glauque et dangereux va alors s’installer entre eux.

    De victime à prédatrice

    Pour incarner Michèle, une héroïne dont il aime la force et la personnalité complexe, Paul Verhoeven ne pouvait pas mieux choisir qu’Isabelle Huppert. Comme d’habitude elle est parfaite en bourgeoise mère d’un jeune home immature soumis à sa petite amie, divorcée d’un auteur raté, fille d’un assassin et d’une nymphomane à gigolo. Inébranlable, glaçante, vénéneuse, Michèle prend le contrôle, passant d’objet à sujet, de victime à prédatrice.

    Pour incarner Michèle, une héroïne dont il aime la force et la personnalité complexe, Paul Verhoeven ne pouvait pas mieux choisir qu’Isabelle Huppert. Comme d’habitude elle est parfaite en bourgeoise mère d’un jeune homme immature soumis à sa petite amie, divorcée d’un auteur raté, fille d’un assassin et d’une nymphomann

    Travaillant pour la première fois en France, le cinéaste a réuni un casting entièrement hexagonal. Autour de la grande Isabelle, on trouve Laurent Lafitte, Anne Consigny, Charles Berling. Sans oublier Virginie Efira dans un petit rôle, mais bluffante de crédibilité en grenouille de bénitier pas très catholique, se dissimulant derrière un sourire de façade.

    Un thriller noir peuplé de pervers névrosés

    Provocant, sulfureux, transgressif, attiré par la violence, l’amoralité et l’ambiguïté, Paul Verhoeven nous plonge dans une réalité dingue, malsaine, tordue, avec ce thriller noir, féroce, audacieux, où règnent sado-masochisme, vengeance et paranoïa de personnages pervers et névrosés.

    En compétition à Cannes, le réalisateur qui avait reçu une belle ovation de la presse et du public, n'a pas réussi à convaincre le jury. A l'image de beaucoup d'autres concurrents qui, comme lui auraient pu se retrouver au palmarès. De son côté Isabelle Huppert n'a pas eu l'occasion de remporter un troisième prix d'interprétation, écartée, comme quelques célèbres consoeurs, au profit de la Philippine Jaclyn Jose, héroine du film de Brillante Mendoza.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 mai.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 1 commentaire
  • Grand écran: "Eperdument", la folle histoire d'un amour interdit

    Imprimer

    adeleexar.jpegGuillaume Gallienne et Adèle Exarchopoulos, un couple de cinéma improbable. A priori seulement car c’est sur lui qu’a misé, avec raison, le réalisateur Pierre Godeau. Pour raconter la folle histoire d’amour interdit entre Jean Firmino, un directeur de prison et Anna Amari, condamnée pour un crime qu’elle a commis alors qu’elle était encore mineure. Rapidement obsédé par Anna, Jean tente de passer le plus de temps possible avec elle, lui confiant notamment la gestion d’un programme informatique novateur. Autour d’eux, on n’est pas dupe…

    Le film est librement adapté du livre de Florent Gonçalves, Défense d’aimer, paru en 2012. Ex-directeur d’un établissement pénitentiaire pour femmes à Versailles, il avait cédé, en 2006, à une détenue qui avait servi d’appât dans l’enlèvement du jeune juif Ilam Halimi, torturé et assassiné par "le gang des barbares".

    Il n’est toutefois jamais question de cette tragédie antisémite. On ne sait pas ce qu’Anna a fait, ce qui évite de la juger. Dans Eperdument, qui pose aussi la question de l’enfermement pour l’un et l’autre des protagonistes, l’auteur est avant tout fasciné par l’amour interdit, qui inspire les créateurs depuis toujours. Cette relation impossible où la passion l’emporte dangereusement sur la raison vaudra à Jean une descente aux enfers. Son couple explose, il perd son emploi et sera condamné.

    Si on peut avoir quelques réserves sur un scénario ambigu ou une mise en scène peu imaginative, on est en revanche conquis par la rencontre forte entre l’héroïne de La vie d’Adèle, instinctive sauvage, boudeuse, les nerfs à vif, peut-être manipulatrice, et Guillaume Gallienne, montrant qu’il peut tout jouer. Il est aussi crédible en comique qu’en gardien barbu, le cheveu lisse, aveuglé par ses sentiments mais conservant un air faussement dégagé pour les dissimuler.

    Leur bonne performance tient sans doute notamment au fait que le film a été tourné à la prison de la Santé, où l’équipe a passé six semaines à s’imprégner du cadre et du contexte. "Un huis-clos terrible pour un amour hors norme, où on perd la notion du temps", relève Pierre Godeau. 

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 mai

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "Un homme à la hauteur" (quoique...) avec Virginie Efira et Jean Dujardin

    Imprimer

    efira.jpgPetit à l’extérieur, grand à l’intérieur, tel est le héros d’ Un homme à la hauteur, où son réalisateur Laurent Tirard met face à face, enfin si l’on peut dire en l’occurrence, la jolie Virginie Efira et Jean Dujardin, raccourci d’un certain nombre de centimètres.

    Remake du film argentin Corazon de Leon de Marcos Caenevale sorti en 2014 dans son pays, cette comédie romantique raconte la drôle de rencontre entre Diane, belle et brillante avocate qui vient de quitter son mari et Alexandre, architecte connu, plutôt séduisant, amusant, courtois et sûr de lui qui n’a qu’un défaut: il mesure moins d’un mètre quarante.

    Les premiers instants de surprise passés lors d’un rendez-vous rapidement fixé suite à un coup de fil, Alexandre ayant trouvé le portable que Diane avait égaré, le charme, ce qui n’étonnera personne, opère. Et nous voici partis pour la relation amoureuse attendue.

    Un homme à la hauteur dont le principal intérêt reste le recours aux effets spéciaux pour donner l’illusion d’un petit Jean Dujardin, ne lésine ni sur les clichés, ni sur les bons sentiments ni sur la facilité. En même temps, le film se veut une sorte d’hymne à la tolérance et à la différence. Du genre, l’amour se moque du regard des autres et ce qui compte ce n’est pas le physique mais le cœur.

    Pourquoi pas? Sauf qu’en l’occurrence, c’est surtout le compte en banque! Eh oui Alexandre, à qui on a notamment confié l’extension de l’opéra de Liège, a de quoi la jouer très grand seigneur entre sa belle villa, sa voiture de luxe et la possibilité d’organiser un saut en parachute à la minute pour mieux séduire sa belle. Voici qui plombe légèrement l’importance capitale de la beauté intérieure…

    Bref, c’est plutôt à une femme à la hauteur qu’on a affaire. Comme toujours, Virginie Efira tire son épingle du jeu avec son naturel et son humour désarmants. On vous en révèlera plus sur la comédienne dans un prochain numéro de Femina.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 mai.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "Le Bois dont les rêves sont faits", terre d'asile, de mystères et de solitude

    Imprimer

    boisclair.jpgClaire Simon nous emmène au Bois pour une plongée dans la nature, loin de la ville, de son béton, de ses bruits, de ses odeurs. On s’y promène avec la réalisatrice, qui nous révèle une terre d’asile, de secrets, de mystères et de solitude. Une forêt que chacun s’approprie.

    On y fait plein de rencontres. Des vieux, des jeunes, des homos, des hétéros qui draguent, des cyclistes, des Cambodgiens qui viennent fêter Nouvel-An, une prostituée, un voyeur, un fils de GI qui soulève des troncs pour garder la forme, un peintre abstrait qui peint ce qu’il ne voit pas, un ermite qui dort toute la journée. Et, encore plus étonnant, un éleveur de pigeons qui a subjugué la cinéaste. Il connaît le numéro de tous ses volatiles. Il en a des centaines…

    Claire Simon a grandi à la campagne et aime Vincennes depuis très longtemps. Mais son désir impérieux d’y filmer lui est venu pendant son documentaire Gare du Nord. Dans Le Bois dont les rêves sont faits, elle abolit à son habitude la frontière entre imaginaire et réalité. «Je suis très sensible à l’histoire que chacun s’invente pour vivre. J’aime l’idée qu’il y a un scénariste en chaque individu».

    aclairesi.jpgComment avez-vous rencontré ces gens, dont certains sont très extraordinaires. 

    Ce fut un long travail d’approche. J’ai tourné pendant un an pour respecter le cycle des saisons et j’ai passé 90 jours dans le bois. Au début, je me tenais assez loin, avec une assistante. Mais cela ne nous apportait rien. Alors nous nous sommes enhardies. Les choses tiennent parfois du hasard mais le résultat est surtout dû à mon obstination. Par exemple la prostituée, je l’ai cherchée longtemps. Il faut l’entendre. Pour elle, ce métier est une indépendance. Elle se sent plus libre que si elle était serveuse.

    Et en ce qui concerne les SDF. Enfin anciens SDF, si l’on peut dire…

    J’expliquais ce que je voulais. Cela marchait ou pas. J’ai donné un peu d’argent. Il y en a qui sont super organisés. Ils ont trouvé un système de survie ou ils reprennent la main. Il existe des bandes. Ils se rendent des services. Mais le danger existe. Surtout pour les femmes. Celle dont je parle dans le film ne vit pas seule.

    Vous avez l’air de beaucoup aimer les cyclistes

    J’ai effectivement de l’affection pour eux. Je sais ce que c’est que ce sport, parce que je le pratique moi-même, à mon petit niveau. Mon premier souvenir du Bois de Vincennes, c’est d’y être allé à vélo.

    On peut vous reprocher parfois une forme de complaisance. Je pense à la séquence avec le voyeur.

    Je ne suis pas d'accord. En tant que femme, ce genre de type c’est mon ennemi et je considère comme une victoire d’avoir pu le filmer. On a commencé à le suivre et on le lui a proposé. Je voulais connaître son expérience, mais il m’a remballée. Ensuite il n’a pas cessé de rappeler en disant qu’il était sur un coup. En l’occurrence, Il devient mateur d’un couple consentant, et s’exhibe. Cette scène qui n’a rien d’excitant sexuellement, c’est ma réponse à M6. La chaîne avait fait un documentaire sur le Bois. Du point de vue journalistique, c’était intéressant. Pour le reste c’était ce que j’appellerais un docu cul, nul.

    On s’attend à voir d’autres personnages. Des policiers par exemple.

    Oui c’est vrai et ce n’est pas faute d’avoir essayé. C’est simplement impossible. On n’a pas le droit de les filmer. Ou alors il faut avoir le bras très long pour obtenir une autorisation.

    Deux mots sur cet épisode étonnant de la faculté post soixante-huitarde de Vincennes, rasée en 1980. Un hommage à Gilles Deleuze, qui en fut le roi philosophe et dont la fille Emilie en cherche les traces.

    Le plus curieux, c’est qu’à part un forestier, personne ne savait où elle était. C’est lui qui m’a montré l’endroit. Elle a duré dix ans et était ouverte à tous ceux qui désiraient suivre un cours. Pour autant qu’il y ait de la place. Elle a été rasée parce qu’il s’agissait d’un foyer libertaire qui gênait. 

    Adepte du documentaire en raison d’une vitesse de tournage plus grande, Claire Simon ne s’intéresse pas moins à la fiction. Elle va réaliser un film fantastique pour les enfants sur le Bois de Vincennes.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 mai.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "Los amantes de Caracas", une relation toxique

    Imprimer

    amantes.jpgArmando est un Vénézuélien aisé d’une cinquantaine d’années. Prothésiste dentaire peu gâté par la nature, il vit en solitaire à Caracas. Quand il sort, il drague de jeunes garçons qu’il invite chez lui contre paiement. Mais cet homme désagréable sinon détestable, froid et indifférent, ne supporte pas le contact physique et ne les touche pas. Après leur avoir demandé de se déshabiller, il se contente de regarder leur corps nu en se masturbant.

    Un jour il tombe sur Elder, 17 ans, chef d’une bande de voyous des quartiers pauvres. Sauf que cette petite frappe se montre réfractaire aux jeux d’Armando et le lui fait savoir en le tabassant. Le quinquagénaire persiste pourtant à le suivre, protégeant en quelque sorte ce petit caïd brutal qui, motivé par l’argent, commence à lui rendre visite de plus en plus fréquemment. Ils finissent même par habiter ensemble. Contre toute attente, Elder se met à éprouver des sentiments, voire une passion pour Armando. Celui-ci a pourtant d’autres plans…

    Ce premier film au titre original Desde Allá, signifiant littéralement De là-bas est basé sur une histoire vraie du scénariste Guillermo Arriaga, notamment auteur de 21 grams. Il a valu à Lorenzo Vigas Castes le Lion d’or à la dernière Mostra de Venise. Le réalisateur y explore une relation impossible, un duel sur fond d’ébats tumultueux, complexes, entre un vieux pervers à la fois dépressif et distant et un adolescent aussi ingérable qu’agressif et fougueux.

    Un pays rongé par la crise économique

    Au départ cette liaison ne paraît pas très crédible. Mais on la comprend mieux dans la mesure où Lorenzo Vigas Castes place son récit dans un pays rongé par la crise économique où règne la lutte des classes, avec un écart phénoménal entre les salaires des riches et des pauvres.

    Aux abois, Elder cède logiquement au confort du monde d'Armando, avant que son appât du gain se transforme en besoin affectif. Mais surtout, l’auteur se passionne pour la thématique de la relation au père depuis son court-métrage Les Elephants n'oublient jamais, où il traitait du désir de vengeance d'un frère et une soeur contre leur père abusif. Il traite le sujet sous un autre angle, Armando et Elder souffrant pareillement d’une absence parentale.

    En dépit de sa prestigieuse distinction vénitienne, principalement due à son thème, tout n’est pas parfait dans ce film qui pèche un peu par son esthétique relative et une curieuse volonté de choquer. En revanche les deux acteurs principaux Alfredo Castro et Luis Silva se montrent très convaincants dans cette union toxique entre deux caractères que tout oppose, leurs aspirations, leur âge et leur condition sociale.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 mai

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "Green Room", thriller gore avec barbarie néo-nazie au menu

    Imprimer

    agreen.jpgLe quatuor punk rock, The Ain’t Rights accepte, au terme d’une tournée calamiteuse, de donner un dernier concert à Portland, Oregon. Suite à leur passage sur scène, ils sont témoins du meurtre d’une jeune femme dans leur loge et se retrouvent prisonniers d’une bande de skinheads particulièrement violents.

    En compagmie d'une junkie blonde également coincée dans la chambre verte, ils comprennent vite que leur tour ne va pas tarder et qu’ils doivent se battre comme des forcenés pour échapper à leur destin tragique. Une illusion cruelle face à ces nazillons avides de faire couler le sang à flots et flanqués de leurs odieux pitbulls façonvoix de leurs affreux maîtres.

    Green Room, huis-clos barbare éprouvant, figurant en quelque sorte un monde sans avenir, est l’œuvre de l’Américain Jeremy Saulnier, réalisateur, scénariste et directeur de la photographie dont le talent n’est plus à prouver selon les connaisseurs.

    Après le succès de Blue Ruin, polar noir présenté l’an dernier à la Quinzaine cannoise des réalisateurs, il passe donc au thriller gore, se complaisant dans un cauchemardesque jeu de massacre et de tortures diverses. Il se veut par ailleurs dérangeant dans son portrait cru du néo-nazisme.

    Pour résumer, on s’ennuie plutôt au fil de son histoire qui se traîne, montrant des tueurs balourds et moches à pathétique prétention virilissime. Certes, son film a évidemment de quoi attirer plein de fans du genre, mais on conseille aux âmes sensibles de s’abstenir.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 avril.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "Adopte un veuf" ou les joies de la communauté intergénérationnelle...

    Imprimer

    adopte.jpgHubert Jacquin, gynécologue à la retraite, s’ennuie dans son grand appartement luxueux et déprime devant la télévision depuis la mort de sa femme. Jusqu’au jour où Manuela, pétulante jeune femme quasiment à la rue, vient bouleverser le quotidien du veuf chagrin, à la suite d’un quiproquo.

    D’abord très réticent à l’idée d’être dérangé dans son train-train, il finit par accepter non seulement de lui louer une chambre, mais de prendre plus tard sous son toit deux autres personnes, un avocat premier de classe coincé et une infirmière psychorigide

    Et voici ce grincheux d’Hubert, cachant bien évidemment un cœur d‘or, livré aux joies de la communauté intergénérationnelle où on s'aime, on s'engueule et on se réconcilie. De vieillard triste au bout du rouleau il se transforme en sexa dynamique et avide de mordre à nouveau dans l'existence. 

    Adopte un veuf, signé François Desagnat, met principalement face à face un André Dussollier emprunté au sourire forcé et une Bérangère Krief vite insupportable en tornade débordante d’énergie. A leurs côtés on trouve Julia Piaton et Arnaud Ducret, pas beaucoup plus inspirés. Difficile toutefois pour le quatuor de convaincre dans cette comédie lourdingue, ringarde, téléphonée et pleine de bons sentiments, qui surfe laborieusement sur le sujet à la mode d'une colocation due au manque de boulots et de logements pour les jeunes. 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 avril.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran" "Trumbo" rappelle les heures sombres d'Hollywood, dans le viseur de McCarthy

    Imprimer

    btrumbo.jpgEn 1947, on est à l’aube de la Guerre froide entre les Etats-Unis et l’URSS. C’est aussi cette année-là que commence la chasse aux sorcières, à l’initiative du sénateur Joseph McCarthy.

    Créée en 1938 pour enquêter sur la propagande nazie, la commission des activités antiaméricaines s’est reconvertie dans l’implacable traque aux communistes. Au plus fort de cette effrayante campagne, symbole de la plus grande intolérance, McCarthy s’attaque à Hollywood. Les auditions de stars se multiplient. Dix-neuf personnalités "suspectes" sont sommées de s’expliquer. Dix d’entre elles (on les appellera les "dix d’Hollywood") auront le courage de refuser de répondre ou de dénoncer, dont le célèbre scénariste Dalton Trumbo.

    Emprisonné puis inscrit sur la Liste noire

    Virulent et d’une rare audace en cette période dangereuse, il sera condamné à onze mois de prison puis inscrit, avec les neuf autres également reconnus coupables d’appartenir au Parti communiste, sur la Liste noire. Il leur est désormais impossible de travailler. Mais Trumbo ne baisse pas les bras bien au contraire. Aidé par sa famille et grâce à son talent, il contourne l’interdiction d’exercer..

    atrumbo.jpgLe réalisateur Jay Roach, étonnant car plus porté sur la grosse sinon grasse comédie, raconte son long combat dans l’ombre vers la réhabilitation. Il utilise une foule de pseudonymes, mettant sa femme et ses enfants à contribution pour faire passer sa copie.

    Cigarette au bec, whisky à portée de main, il écrit tout le temps, particulièrement dans sa baignoire. Sa machine posée sur une planche, il va pondre une trentaine de scénarios au kilomètre pendant dix ans, du plus nul au meilleur, comme Vacances romaines en 1953 ou Les clameurs se sont tues en 1957 qui lui vaudront deux Oscars.

    C’est Kirk Douglas, en poussant en 1960 Trumbo à écrire Spartacus, réalisé par Stanley Kubrick, sous son vrai nom qui le sort de la clandestinité. A l’issue de la projection, les félicitations du président Kennedy, qui en fera même son film préféré, mettront fin au cauchemar des  "rouges" et à une décennie maudite,

    Formidable prestations d'acteurs

    Servi par une bonne reconstitution des années 50 et assorti d’images d’archives, le film séduit davantage par son ton caustique et son rythme que par sa mise en scène. Mais il vaut surtout pour cette terrible et fascinante page d’histoire, rappelant les heures très sombres d’Hollywood. Sans oublier les comédiens, à commencer bien sûr par le principal Bryan Cranston, nominé aux Oscars, mais coiffé par Leonardo DiCaprio.

    Mêlant, élégance, cynisme et drôlerie, le héros de Breaking Bad redonne vie au moustachu Trumbo, personnage hors du commun, charismatique et intelligent, maniant l’humour comme une arme, tout en se révélant provoquant, attachant, combatif, irascible, tyrannique.

    A ses côtés, on retiendra notamment Helen Mirren, excellente dans le rôle de la redoutable et perverse chroniqueuse Hedda Hopper, anticommuniste acharnée, soutien actif de McCarthy et Reagan, qui pouvait briser une carrière d’un trait de plume.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 avril.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "Dégradé", une autre façon de raconter la Palestine

    Imprimer

    babass.jpgUn modeste salon de coiffure aujourd’hui dans la Bande de Gaza. On y propose tout, de la pose de bigoudis à l’épilation en passant par la manucure. Dans ce huis-clos interdit aux hommes où les femmes viennent bavarder et se détendre, treize d’entre elles ont été rassemblées par les jumeaux palestiniens Arab et Tarzan Nasser pour leur premier long-métrage, Dégradé.

    Un titre symbolique, évoquant à la fois une fameuse coupe de cheveux et une situation violente qui ne cesse de s’envenimer dans la région, rappelée par des coups de feu à l’extérieur de l’établissement. Un gang armé exhibe un lion enlevé au zoo de Gaza, que le Hamas entend récupérer de force.

    Aux affrontements hors champ des hommes des deux camps, les réalisateurs opposent l’atmosphère lourde qui règne d’abord dans le salon. Là aussi la tension monte…entre les lionnes. Critiques et remarques acerbes fusent parmi ces femmes à la langue bien pendue et au caractère bien trempé. De tous âges et de tous milieux (une religieuse, une divorcée, une droguée, une fiancée, une femme enceinte, une Russe…) elles sont représentatives des différentes tranches de la population féminine à Gaz. .

    Mais face à la brutalité qui s’accroît entre les mâles au-dehors, elles oublient petit à petit leurs crêpages de chignon et se rapprochent en évoquant les interdits et leurs craintes au sein de ce microcosme social qui les contraint à la cohabitation.

    abbass.jpgCette comédie noire rondement menée et pimentée d’humour raconte la Palestine d’une manière originale, tout en s’interrogeant sur la place qu’y tient la femme. Elle est portée par une belle brochette de professionnelles ou non. Parmi elles, la grande Hiam Abbass (au centre de l'image), attachante personnalité mi-orientale, mi-occidentale, actrice et réalisatrice pleine de projets. "Cette double casquette fait de moi ce que je suis. Chaque activité se nourrit de l’autre et de mes rencontres", nous confie-t-elle lors de son passage à Genève.

    Israélienne, née en 1960, elle a commencé très jeune. A neuf ans, elle fait partie d’un spectacle à l’école qui lui permet de goûter à la magie du métier. Elle suit des cours d’art dramatique jusqu’à la fin du lycée, puis tâte de la photographie avant de revenir par ce biais au théâtre. Elle découvre le cinéma avec Noces en Galilée de Michel Kheiti.

    Désormais, sa voie est tracée. En 1987, après un passage à Londres, elle s’installe à Paris, fait d’abord des enfants, deux filles, Lina et Mouna, puis tourne pour le petit et le grand écran. On la voit notamment dans Aime ton père du genevois Jacob Berger en 2002. Mais elle doit sa notoriété à Satin rouge de la Tunisienne Raja Amari en 2005. Elle a également joué sous la direction de Patrice Chéreau et Jean Becker.

    Très au fait du conflit israélo-palestinien, elle a été appelée pour un rôle dans Munich de Spielberg, sorti en 2006. Sur le plateau il insiste pour qu’elle coache les acteurs. Elle tergiverse. "Il me voulait pour quatre mois. Trop long pour moi... Finalement je l’ai fait. C’était dur mais intéressant. Une belle expérience. Et surtout cela m’a permis de côtoyer un homme adorable, de voir sa façon de travailler,de constater à quel point il était rapide". 

    Dans Dégradé, elle a aimé la capacité artistique et d’observation des frères Nasser, des peintres à la base. "Ils prennent une histoire vraie et la développent. Là ils ont choisi la métaphore pour raconter la vie des Gazaouis dans un huis-clos en ne racontant pas vraiment la souffrance à travers la guerre, mais en se préoccupant du conflit politico-social".
    .
    "Je voulais incarner un personnage nouveau pour moi"

    Et son rôle de femme mûre, désagréable, courant après une jeunesse enfuie? "C’est moi qui l’ai proposé. Au départ, on m’avait suggéré celui d’une mère. Mais je l’avais déjà incarnée et j’avais envie d’un personnage nouveau. C’était une première. J’avais l’impression de découvrir cette femme fragile qui se camoufle derrière une dureté de façade".

    Seule avec deux autres comédiennes à avoir une expérience de cinéma, elle a aidé ses amis réalisateurs à gérer les amatrices. "Cela leur a demandé une énergie considérable, une disponibilité constante. Il y a eu des scènes difficiles à refaire pour obtenir de l’authenticité dans leurs réactions, C’était presque du travail de théâtre. Au début on a perdu du temps …".

    Le film, qui avait été sélectionné à la Semaine de la critique sur la Croisette en 2015 a bénéficié de la célébrité de Cannes pour réaliser beaucoup de ventes à l’international. Il a par ailleurs été montré avec succès à Ramallah, ainsi qu’à Haïfa en janvier de cette année dans le cadre du festival de cinéma indépendant organisé par la fille de Hiam Abbass, Lina Soualem, et deux autres personnes.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 avril.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire
  • Grand écran: "Belgica", ambiance sexe, drogue et rock'n'roll

    Imprimer

    belgica.pngHomme à femmes, Jo est un célibataire passionné de musique et Frank, qui ne voit que d’un oeil, un père de famille sans histoire aspirant à la sécurité. Ces deux frères que tout sépare s’associent et voient grand pour transformer le petit bar de Jo. C’est un triomphe. En quelques semaines, le Belgica devient le rendez-vous incontournable, le repaire libertaire des noctambules de Gand, quelle que soit leur origine sociale.

    Le Flamand Felix Van Groeningen nous plonge ainsi, à grand renfort de sons, de lumières et de fêtards sous coke surexcités, dans les vapeurs alcoolisées d’un monde parallèle euphorique. Un cocon à l’ambiance sexe, drogue et rock’n’ roll électrisée par la furia de l’explosif duo Soulwax. Voilà qui devrait enthousiasmer les fans.

    Mais dans cette nouvelle «babylone» belge, microcosme marginal, anarchique, prônant la mixité et la tolérance, le drame couve et les choses tournent au tragique pour Jo et Frank. Leur antagonisme profond, qui constitue en fait l’unique ressort dramatique du film, refait surface. Pris par la folie des grandeurs, dévorés par leur succès, ils s'opposent violemment et vont jusqu’à se trahir.

    Le scénario prévisible est la faiblesse de cette fable morale et hédoniste frôlant l’overdose et tombant peu à peu dans le mélo convenu. Par ailleurs trop long, Belgica finit par tourner en rond, l’auteur rechignant en somme à sortir de l’ivresse de la nuit gantoise. Felix Van Groeningen maîtrise moins bien son sujet que dans Alabama Monroe, qui lui avait valu le César du film étranger en 2014.

    En revanche, les comédiens se révèlent convaincants. A l’image de Stef Aerts même si, obligé de jouer avec un œil fermé, il laisse parfois filtrer un mince éclat de pupille. En jouisseur Tom Vermeir, musicien, grand fan de Soulwax et acteur de théâtre, se montre à la hauteur dans son premier rôle au cinéma.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 avril.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire