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09/02/2016

Grand écran: "El ultimo tango" raconte l'histoire des célèbres Maria Nieves et Juan Carlos Copes

el_ultimo_tango1[1].jpgIls étaient les rois et ils ont eu le monde à leurs pieds. Tombés amoureux au rythme du tango, les célébres, mythiques Maria Nieves et Juan Carlos Copes ont dansé ensemble pendant cinquante ans d’Argentine en Europe en passant par le Japon et  Broadway.

Mais, couple hors pair sur scène, les deux amants se sont aussi déchirés et haïs tout au long d’une vie marquée par la séparation et les retrouvailles. Jusqu’à ce que Juan Carlos inflige une terrible souffrance à Maria en la quittant pour une femme de vingt-cinq ans plus jeune  Et qui lui a dit : «Tu ne danseras plus avec Nieves».

Aujourd’hui octogénaires, tous deux racontent leur étonnante passion dans El Ultimo Tango, un documentaire en forme de déclaration d’amour à cette danse, réalisé par German Kral. Juan Carlos se contentant un peu de dire qu’à la ville il ne la supportait pas, c’est surtout Maria, née avec le tango et voulant mourir avec lui, qui se confie

Lors d’entretiens intimes, cette artiste à la fois fragile et pleine d'énergie évoque leur relation périodiquement très agitée, mais que transcendait toujours le tango. Ils se chipotaient en dansant, mais les gens ne le remarquaient pas. Ou alors ils ne se parlaient pas, car entre eux il n’y avait plus rien.

Maria se rappelle aussi ce coup de poignard dans le cœur lorsqu’elle a appris que son partenaire avait fait un enfant à une autre femme. «j’ai toujours été en-dessous de lui. Mais j'étais tellement blessée que la douleur m’a aidée à m’élever, à devenir meilleure. J’ai resurgi tel un phénix… »

Des confessions bouleversantes teintées de nostalgie et d’humour qui auraient pu se suffire à elles-mêmes, mais des souvenirs que le réalisateur a tenu à illustrer et à reconstituer avec des acteurs (Photo).

"Argentina", voyage sensoriel de Carlos Saura 

critique-film-argentina-carlos-saura[1].jpgOn reste dans le même univers avec Argentina de Carlos Saura, qui propose un voyage dans l‘espace et le temps, composé des chants, des danses et des couleurs qui composent l’âme de l’Argentine. Le réalisateur explique couche par couche la naissance de la culture du pays, en parcourant ses origines musicales à la façon de la zonda, ce vent chaud qui souffle des Andes à l’Atlantique,

Pour montrer la beauté née de la diversité, il assimile les vagues successives d’immigration en mélangeant des rythmes espagnols, italiens, est-européens, avec des musiques indiennes précédant l’arrivée des Espagnols. Entre zambas, chacareras ou flamenco, Saura s’est entouré des meilleurs spécialistes pour cet opus parfois lancinant, mettant à l’occasion en scène des artistes un rien folkloriques. Mais il ne pourra que plaire aux fans de Carmen et Tango.

Films à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 10 février. 

 

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Grand écran: "Free Love", un pas décisif vers le marage pour tous aux Etats-Unis

undefined_6bffc73df120bc15e448fe82b5bf3c34[1].jpgC'est une histoire vraie. Tout commence par un coup de foudre entre Laurel Hester, brillante inspecteur de police quadragénaire très respectée des habitants mais cachant son homosexualité et Stacie Andree, une mécanicienne de vingt ans sa cadette qui assume crânement sa différence. L’amour entre ces deux femmes, qu’opposent en outre leur grande différence d’âge et leur condition sociale, choque dans l’Amérique encore frileuse du début des années 2000.

Mais peu importe les préjugés, même s’ils sont durs à vaincre à Ocean County, New Jersey. Elles décident d’habiter ensemble, concluent un contrat de partenariat domestique (un PACS à l’américaine) et vivent intensément la vie ordinaire d’un couple qui s’aime et bâtit des projets d’avenir. Mais leur quotidien bascule le jour où Laurel apprend qu’elle est atteinte d’un cancer des poumons en phase terminale.

Un dernier souhait qui met le feu aux poudres

Alors qu’elle s’est donné corps et âme à son métier pendant 23 ans sans jamais rien réclamer, Laurel a un dernier souhait. Que sa pension revienne à sa compagne pour lui permettre de rembourser la maison. Les élus locaux refusent catégoriquement. Bien qu’ils en aient le pouvoir, ils craignant les réactions négatives de leurs administrés et n’entendent pas traiter les pacsés comme les mariés.

C'est mal connaitre la farouche détermination des intéressées. Soutenues par des activistes, Laurel (qui mourra en 2007) et Stacie se battront envers et contre tout pour faire plier les autorités et finalement obtenir la reconnaissance de leurs droits. Ce premier pas décisif vers l’égalité, conduisit la Cour suprême américaine à décréter l’ouverture du mariage pour tous le 26 juin 2015.

Révélateur d’une société coincée

Free Love, adaptation signée Peter Sollett, raconte la passion, le désespoir et le courage face au cancer, la lutte acharnée de ces deux figures emblématiques, devenues presque malgré elles les porte-paroles d’une communauté discriminée.

Révélateur d’une société coincée dans un passé pourtant si proche, Free Love vaut toutefois davantage par son sujet, la défense du mariage homosexuel, que par son traitement et sa mise en scène. N’est pas Todd Haynes qui veut. Vu l’incroyable impact politico-social de cette simple histoire d’amour, on reprochera à l’auteur un trop plein de romance, un flirt poussé avec les clichés, notamment dans les scènes où Steve Carrell en fait des tonnes en activiste gay, ainsi qu’une insistance maladroite à montrer les ravages de la maladie pour mieux émouvoir les foules.

Belles comédiennes, sobres et justes

En revanche, les comédiennes assurent en se révélant à la fois justes, sobres, touchantes, naturelles. A l’image de la toujours excellente Julianne Moore (en dépit d’un redoutable brushing…) dans le rôle de l’inspecteur et de la benjamine Ellen Page, qui a fait son coming out l’année dernière.

Se sentant proche du combat de ces deux êtres aux rêves et aux ambitions modestes qui ont néanmoins significativement contribué à l’avancée de la cause, elle s’en est expliquée ainsi : *Faire connaître cette histoire, ça signifiait beaucoup pour moi qui suis lesbienne. J’admire ces femmes qui se sont révoltées alors qu’elles vivaient des moments si difficiles. Elles ont osé se battre jusqu’au bout pour défendre la justice et l’égalité pour tous».

A l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 10 février

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03/02/2016

Grand écran: "Heidi", une héroïne mythique qui fait recette

heidi_s003_[1].jpgDepuis 1920, ce ne sont pas les adaptations (films, séries, bandes dessinées, voire pornos) du roman de Johanna Spyri, paru en 1880 qui manquent. A rappeler plus spécialement l’américaine d’Alan Dwan en 1937 avec Shirley Temple, ou celle de Luigi Comencini en 1952.

Cette nouvelle resucée, signée du Suisse Alain Gsponer, de l’histoire d’une héroïne mythique de la littérature enfantine était-elle du coup vraiment nécessaire? A priori non, sauf qu’elle fait recette. Sorti à la mi-décembre, le film, vendu dans 50 pays, a déjà attiré plus d’un million et demi de spectateurs en Suisse alémanique, en Allemagne et en Autriche. Un filon à l'exploitation illimitée...

Bref. Nous voici ainsi repartis sur les traces de la petite orpheline confiée à son grand-père, vieil ours solitaire au cœur tendre, vivant dans un chalet rudimentaire sur l’Alpe, dont elle découvre la beauté en compagnie de Peter, le petit berger. Avant de se voir arrachée à leur affection, pour parfaire son éducation chez de riches bourgeois de Francfort. Où elle dépérit loin de ces êtres aimés et de ses chères montagnes…

La plupart des versions de Heidi se sont révélées relativement folkloriques. Il faut reconnaître que celle de Gsponer, honnête et plutôt convaincante, est sans doute la plus proche du livre de Johanna Spyri. Aussi bien en ce qui concerne le scénario de Petra Biondna Volpe, que côté comédiens. Dont Bruno Ganz, qui n’a pas pu faire autrement que d’accepter d’endosser le costume du grand-père faussement bourru et acariâtre.

On découvre par ailleurs la mignonne Anuk Steffen, choisie parmi 500 fillettes, dans le rôle de l’emblématique Heidi. Icône à laquelle elle donne joliment vie avec son caractère joyeux, malicieux, rebelle, sauvage et son style garçon manqué. De superbes paysages complètent l’ensemble qui, à en juger par les succès déjà enregistrés, devrait également plaire au public romand. En touchant plus particulièrement une nouvelle génération d’enfants.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 février.     

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Grand écran: Samir retrouve ses racines dans "Iraqi Odyssey"

512_1[1].jpgSon dernier film, ambitieux, le plus difficile, lui a coûté dix ans de sa vie. Avec Iraqi Odyssey, écarté de la course aux Oscars après avoir failli représenter la Suisse, Samir a en effet parcouru le monde pour retrouver ses racines.

Tout en reconstruisant l’histoire de sa famille de classe moyenne, dont les membres forcés à l‘exil sont dispersés entre Auckland, Moscou, Paris, Londres et Buffalo, au Texas, il retrace celle de l’Irak en évoquant ses deux faces.

Le pays d’aujourd’hui, dont les médias nous renvoient des images de guerre, de bombes, de villes détruites, de femmes voilées en larmes et celui des années 50-70, avec des films frivoles à la musique légère, des hommes bien habillés croisant de joyeuses étudiantes nu-tête dans les rues de la capitale, alors une ville moderne. 

Un contraste saisissant et pour Samir, né à Bagdad, la volonté de comprendre la cause d’un changement aussi radical en confrontant les souvenirs d’un pays et de quelques-uns de ses habitants.

Après une présentation assez longuette de ses oncles, tantes, cousins, cousines, ou encore d’une sœur de quelque 30 ans sa cadette, il alterne interviews et images d’archives de l’Irak. S’il lui a fallu convaincre ses proches de témoigner, le plus compliqué fut de dénicher les images d'archives. Tout ayant été détruit, pillé, il a dû recourir à Internet.

Samir se révèle intéressant et émouvant quand il se penche sur les siens, surtout pour ces derniers qui ont tous la larme à l’œil comme on peut le voir à la fin du film, lorsqu'ils sont conviés à la projection des rushes. Mais le réalisateur passionne davantage quand il élargit son propos, passant du portrait familial à celui d’un pays dont il laisse découvrir des aspects ignorés.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 février.

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02/02/2016

Grand écran: "Steve Jobs", portrait intime du génie d'Apple. Avec Michael Fassbender et Kate Winslet

imagesRIV0RB2U.jpgDeux ans et demi après Jobs de Joshua Michael Stern avec Ashton Kutcher dans le rôle du cofondateur d’Apple, Danny Boyle à qui l’on doit notamment Trainspotting et Slumdog Millionnaire, évoque à son tour l’icône, incarnée par Michael Fassbender, dans Steve Jobs.

Ce nouvel opus se situe dans les coulisses de trois lancements aussi spectaculaires que répétitifs de produits emblématiques de la carrière de l’ex-patron mort en 2011. Soit du Macintosh de 1984 à l’iMac en 1998. Il nous emmène dans les rouages de la révolution numérique pour brosser le portrait intime du génie.

Sur un scénario d’Aaron Sorkin, également auteur de celui de The Social Network consacré à Mark Zuckerberg, le boss de Facebook, le long-métrage de Boyle s’’intéresse en effet davantage à l’homme qu’à son œuvre. Heureusement d’ailleurs.

A part une scène d’ouverture en noir et blanc où on voit en…1974 le bluffant écrivain de science-fiction Arthur C Clarke avec Stanley Kubrick, en train de prédire Internet et la présence universelle de l’ordinateur, la description des évolutions technologiques est ennuyeuse.

Entre gourou, star, père ignoble et sale con…

Boyle nous montre ainsi le côté génial du personnage bien sûr, mais également un gourou acclamé par ses fidèles, constamment sous tension, extrêmement déplaisant, tyrannique, cassant, odieux avec ses amis et ses collaborateurs, épuisant sa responsable marketing Joanna Hoffman (Kate Winslet), maniaque du contrôle, piquant des crises façon star mégalo. Par exemple quand il ne fait pas la couverture de Time Magazine en tant que personne de l’année.

Parallèlement à ses relations complexes et conflictuelles avec ses proches, il se comporte en père ignoble avec sa fille Lisa qu’il a longtemps refusé de reconnaitre. Bref un sale con, comme le résume Steve Wozniak, (Seth Rogen), cocréateur de la marque à la pomme que vient de détrôner Google en devenant la première capitalisation boursière mondiale. Mais si la grande majorité du film n’a rien d’une hagiographie, Danny Boyle ne manque pas finalement de racheter un peu servilement son héros, qui nous fatigue et nous exaspère avec son ego démesuré.

A relever toutefois dans ce plat assez indigeste la prestation piquante des comédiens. A commencer par celle de Michael Fassbender. Belle gueule, il se révèle excellent sans chercher à ressembler physiquement au Messie. Comme d’habitude Kate Winslet se hisse sans peine à sa hauteur. On n’oubliera pas non plus Seth Rogen et Jeff Daniels dans des rôles secondaires.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 février.

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Grand écran: "Au-delà des montagnes" montre une Chine entre passé, présent et futur

61536--mountains-may-depart-fait-partie-de-1000x0-2[1].jpg1999, au soir du Nouvel-An. Sur une entrainante musique électro, des jeunes s’éclatent dans une chorégraphie très enlevée. L’avenir est à eux à l’aube du 21e siècle. Au premier rang on découvre une pétillante et séduisante jeune fille, Tao, qui adore danser et chanter. Très courtisée, on la retrouve plus tard entourée de deux garçons. Des amis d’enfance amoureux d’elle.
 
D’un côté Zhang Jinsheng (Zhang Yi) un garçon ambitieux en pleine ascension, de l’autre le souriant mineur Liangzi (Liang Jingdong). Les deux facettes de la Chine en somme. Pressée de choisir, Tao (Zhao Tao, muse et femme du réalisateur) choisit d’épouser l’entrepreneur, tellement décidé à faire fortune qu’il n’hésitera pas à appeler son fils Dollar….
 
Quinze ans plus tard, la vie des différents personnages a complètement changé. Tao et Zhang ont divorcé et Dollar vit chez son père en Australie. Il ne comprend plus sa langue maternelle et ne se souvient que vaguement de son enfance en Chine. De son côté Liangzi, ravagé par l’abandon de Tao avait décidé de partir pour ne plus revenir. La misère et la maladie en décideront autrement.
 
Avec Au-delà des montagnes, le Chinois Jia Zhang-ke, auteur de Still Life ou A Touch Of Sin (un gros succès international), propose un bouleversant et magnifique mélodrame dans une Chine traversée par les foudroyants changements socio-économiques, allant jusqu’à conduire une partie du pays, vivant à l’heure anglaise et où les nouveaux riches brassent des affaires à Shanghai, à l’oubli de ses racines.
 
Tout en racontant l’histoire du trio, le réalisateur se concentre plus particulièrement sur Tao en la montrant à trois âges de sa vie. Le film, s’étalant sur 36 ans, est ainsi composé de trois parties, hier, aujourd’hui, demain, se terminant en Australie en 2025. Pour le réalisateur, se projeter dans un  futur possible est une bonne manière de prendre du recul pour mieux comprendre le présent et ses profondes mutations.  
 
Il se livre ainsi à une fine observation de la situation du pays, du mode de vie et du comportement des gens bouleversés par l'irruption de l'argent, à une subtile analyse de leurs sentiments. Une mise en scène simple et efficace, des acteurs formidables, le tout assorti d’un regard critique, font de cet opus une petite perle à ne pas manquer.
 
A l’affiche à Genève et à La Chaux-de-Fonds dès mercredi 3 février.  

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Grand écran: Dans "Chocolat", Omar Sy fait revivre Padilla, le clown star oublié

maxresdefault[1].jpgInspiré du livre Chocolat, clown nègre de l'historien Gérard Noiriel, ce film retrace l’existence de Rafael Padilla (incarné par Omar Sy), premier artiste noir de cirque en France. Né à Cuba  vers 1868 et vendu enfant comme esclave près de Bilbao, il s'échappe quelques années plus tard, puis gagne Paris en 1886, où il fait une rencontre qui transforme sa vie, celle de Tudor Hall, alias George Footit (James Thierrée), le fameux clown blanc.

Surnommé Chocolat, Padilla devient un artiste emblématique du Montmartre, formant avec le tyrannique Footit, dont il est l’auguste souffre-douleur, l’un des duos comiques les plus célèbres de la Belle Epoque. Les deux hommes se sépareront en 1910, tentant chacun une carrière solo sans grand succès. Sombrant ensuite dans l’alcoolisme et la misère, Padilla meurt de la tuberculose à Bordeaux en 1917

Pour son quatrième long-métrage Roschdy Zem s’est lancé dans la réhabilitation de l’homme et de l'artiste oubliés. Rendant parallèlement hommage à deux compères hors norme qui ont révolutionné leur art en popularisant le couple clown blanc/auguste noir, illustré par Toulouse-Lautrec et filmé par les Frères Lumière.

Grandeur et décadence

Prenant des libertés (fort regrettables selon les connaisseurs) avec la réalité historique, l’auteur s’inspire de la vie de Padilla, dont il évoque la fulgurante ascension et la descente aux enfers, mettant l’accent sur sa relation avec Footit sur et en-dehors de la piste. Une amitié finalement impossible, pourrie par la célébrité, l’argent le jeu et la discriminations  

gala-fr-bande-annonce-de-chocolat-avec-omar-sy[1].jpgRéalisation, image, décors et costumes soignés dans ce film où Roschdy Zem propose quelques numéros imaginés d’après les saynètes originales et modernisés par le petit-fils de Charlie Chaplin James Thierrée, danseur, acrobate, musicien et metteur en scène.

Entre magie du cirque, satire politique, mélodrame, fable un peu moralisatrice dans la vision parfois manichéenne de ses héros, Zem évoque la dimension raciale et l’exploitation d’un être humain à travers les humiliations faussement rigolotes subies par le clown noir.  

Le tandem dominant-dominé faisait la joie d’un public conquis, hurlant de rire en voyant leur nègre adulé se faire botter le cul tous les soirs. Des situations rappelant un peu la Vénus noire d’Abdellatif Kechiche, Hottentote exhibée telle une bête de foire en Europe. La répétition à la longue douloureuse de ces scènes dégradantes pousse Chocolat à s’émanciper et à se lancer dans le théâtre.

Le film a été écrit pour Omar Sy, excellent, charismatique, presque trop célèbre pour parvenir à s’effacer devant Padilla, comme le réussit le moins connu James Thierrée devant Footit. Reste qu'ils forment un bon duo complice. A noter à leurs côtés Olivier Gourmet, Noémie Lvovsky, redoutable mégère et Clotilde Hesme dans le rôle (détourné) de Marie Grimaldi, qui fut la compagne de Chocolat pendant plus de 30 ans.
 
A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 février.

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19/01/2016

Grand écran:" The Danish Girl" raconte la vie du premier transgenre de l'Hstoire

the-danish-girl1-759[1].pngPlébiscité en 2011 pour Le discours d’un roi qui l’a révélé au grand public, le réalisateur britannique Tom Hooper s’est replongé dans l’époque avec The Danish Girl. Il retrace cette fois la singulière histoire vraie des peintres danois Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, le premier à voir subi, en 1930, une opération chirurgicale pour changer de sexe. A l’origine de cette décision périlleuse, une demande de Gerda qui, pressée de terminer un tableau en l’absence de son modèle, prie son mari d’enfiler ses bas, ses chaussures et sa robe. 
  
L'épisode marque le début d’une longue transformation. Troublé par cette expérience, Einar découvre qu’il se sent davantage lui-même en Lili et éprouve de plus en plus le besoin d’affirmer cette identité féminine. Il permet par ailleurs à Gerda, jusque-là portraitiste mondaine convenue et peu inspirée, de mieux exprimer sa créativité. Mais le couple, qui poursuit sa relation amoureuse, est  rapidement confronté à l’opprobre et aux interdits d’une société conservatrice.
 
Tous deux quittent le Danemark pour Paris en 1912, en espérant y vivre plus librement. Gerda se fait un nom  grâce à ses illustrations sensuelles, érotiques, provocatrices, révélant souvent une belle et mystérieuse créature…. En 1930, Lili se rend en Allemagne pour son opération. Mais les dangers de la chirurgie étant alors très élevés, elle meurt un an plus tard après cinq interventions et un rejet de greffe d’utérus.
 
Eddie Redmayne (photo) se glisse avec talent dans la peau du personnage. On pourrait lui reprocher une gestuelle maniérée et une affectation excessive, si ses minauderies ne cachaient pas avec justesse la gêne et le malaise d’une identité sexuelle ardemment souhaitée mais aussi difficile à investir pleinement qu’à assumer, surtout en public. Nominé, le comédien vise l’Oscar du meilleur acteur, tandis que l’émouvante Suédoise Alicia Vikander, alias Gerda, prétend au second rôle féminin.
 
En lice pour deux autres statuettes, Tom Hooper s’est inspiré du récit romancé de David Ebershoff et de la réalité pour raconter cette histoire d’amour liée à la quête irrépressible d'un homme  d’être une autre. A voir pour ce fait hors du commun,  même si la joliesse, le chic et le classique de la mise en scène ne soient pas vraiment à la hauteur de la gravité du sujet.  

A l’instar du traitement, certes sérieux et sans esbroufe mais qui, tendant à gommer la violence d’un parcours qu’on imagine tragique, confine parfois à la mièvrerie en dépit de son côté poignant. Comme si le réalisateur se retenait, de crainte de déplaire ou de choquer. Voilà qui n’a pas empêché le Qatar d’interdire le film, ridiculement qualifié de "dépravé". 

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 janvier.
 

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13/01/2016

Grand écran: "Et ta soeur", huis-clos vaudevillesque banalement revisité

maxresdefault[1].jpgLa réalisatrice indépendante américaine Lynn Shelton inspire décidément ses confrères français. Mais pas pour le mieux. Après Humday, où deux amis hétéros jouaient aux gays, laborieusement adapté par Yvan Attal, c’est Marion Vernoux qui s’est lancée dans le remake de la comédie sentimentale Ma meilleure amie, sa sœur et moi (Your Sister’s Sister), sorti en 2013.

Comme l’original ne décollait pas vraiment en dépit de son côté attachant et de ses bons comédiens, la copie, intitulée Et ta sœur, se révèle sans surprise plutôt insipide. Trois trentenaires immatures et mal dans leur peau se retrouvent dans une maison en Bretagne. Il y a d’abord Pierrick, dévasté après la mort de son frère qui a lâché le concours de bibliothécaire et Marie, homosexuelle tentant de se remettre d’une rupture douloureuse après sept ans.

Passant une soirée très alcoolisée, ils couchent ensemble. Se sentant un rien gênés aux entournures, ils tentent de dissimuler la chose à Tessa, la demi-soeur de Marie secrètement amoureuse de Pierrick et débarquant inopinément le lendemain matin.

Du coup, on a droit à un huis-clos banal et paresseux en forme de vaudeville plat, où Grégoire Ludig, découvert dans le "Palmashow" ne cesse de nous gratifier de clowneries bien lourdaudes.

A ses côtés Virginie Efira, squattant de plus en plus les écrans, ne se montre pas trop convaincante dans le rôle de la lesbienne orpheline de sa copine et qui se fait un mec. Géraldine Nakache complète sans génie ce trio (photo) qui prétend à nous séduire et à nous émouvoir entre mensonges et faux semblants.

A l‘affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 février.

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Grand écran: "MacBeth", du bruit, du pompeux, de la grandiloquence. Et beaucoup d'ennui

KP_261194_crop_1200x720[1].jpgNe relit pas bien Shakespeare qui veut. On en a la triste démonstration avec cette nouvelle adaptation de MacBeth signée de Justin Kurzel. Suite à Orson Wells, Roman Polanski ou Akira Kurisawa, qui a transpoée l’histoire dans le Japon du 16e siècle, le cinéaste australien s’est donc à son tour attaqué à ce gros morceau. Et s’embourbe dans la plus célèbre tragédie du grand William, en forme de réflexion sur le pouvoir, le libre arbitre, la mort, le crime et le châtiment.

Nous sommes donc au 11e siècle, en Ecosse. MacBeth, chef des armées, sort en vainqueur de la guerre qui ravage le pays. Sur sa route, trois sorcières lui prédisent qu’il deviendra roi. La prophétie pousse le tyrannique  MacBeth à concocter, avec sa femme bien-aimée encore plus ambitieuse que lui, un plan machiavélique pour monter sur le trône. Une plongée dans la folie destructrice et meurtrière.

Certes le texte est respecté au mot près, mais c’est loin de suffire dans ce drame languissant, tonitruant, bavard, à la mise en scène ampoulée, grandiloquente, prétentieuse, maniérée, aux effets ridicules, que n’arrangent pas une musique pompeuse et un flot de ralentis, de brumes et d’images rouge sang.

Côté acteurs, Marion Cotillard et Michael Fassbender tentent vaillamment d’assumer cette descente aux enfers. Sans toutefois y parvenir, à force de démesure dans leur jeu. En somme, on s’ennuie beaucoup chez ce poseur de Justin Kurzel, qui nous inflige beaucoup de bruit et de fureur pour pas grand-chose. Sinon rien.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 janvier.

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