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Sorties de la Semaine - Page 31

  • Grand écran: Diane chasseresse dans "Moka", Emmanuelle Devos traque Nathalle Baye

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    aemadevos.jpgPour son deuxième thriller après Complices, Frédéric Mermoud met face à face Emmanuelle Devos et Nathalie Baye, réunies pour la première fois à l'écran. Emmanuelle joue Diane Kramer, une mère qui s’échappe d’une clinique lausannoise pour se rendre à Evian, munie de quelques affaires et d'un pistolet qu’un petit trafiquant lui a procuré.

    Car suite à un drame qui a bousillé sa vie, Diane, qui a fait appel à un détective privé, rumine sa vengeance. Obsédée, folle de douleur, elle veut absolument retrouver le conducteur ou plutôt la conductrice d’une Mercédès couleur moka, qui a pris la fuite après avoir renversé et tué son fils. 

    Trouvant que la police piétine, elle a décidé de mener sa propre enquête. Et va alors rencontrer, espionner et traquer Marlène (Nathalie Baye), patronne d'une parfumerie-salon de beauté, la soupçonnant d’avoir une responsabilité dans ce tragique accident. Mais les choses, on s'en doute, se révèlent plus sinueuses et compliquées qu’il n’y paraît...

    Librement adapté d’un roman de Tatiana de Rosnay, Moka est un drame banalement traité, avec de belles images entre lac et montagnes. Côté comédiens, vêtue d'une parka verte, indépendante, énergique, et quelque peu exaltée, Emmanuelle Devos qui est de tous les plans, se montre convaincante en ...Diane chasseresse. 

    Davantage que Nathalie Baye, quelconque en dame blondissime manucurée. Difficile de voir la créature attachante et mystérieuse imaginée par l'auteur, dans la compagne empruntée d'un homme de treize ans son cadet, maman par ailleurs d’une adolescente un rien trouble et rebelle, rêvant de monter à Paris.

    Moka n’en a pas moins trouvé des admirateurs. Lors du récent Festival de Locarno, il a décroché le Variety Piazza Grande Award, décerné par un jury de critiques du célèbre magazine américain.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 17 août.

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  • Grand écran: "Sieranevada", un huis-clos roumain racontant la famille et le monde

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    apuiu.jpgNous sommes à Bucarest, un samedi, trois jours après l'attentat contre Charlie Hebdo et un an après la mort du père de Lary, issu de la moyenne bourgeoisie. Brillant neurologiste de 40 ans de retour de Paris, il doit se rendre avec sa femme chez sa mère où, selon une vieille tradition, la famille se réunit pour une veillée et un repas en l’honneur du défunt.

    Suite à l’office du prêtre orthodoxe et aux chants religieux, enfants et proches se retrouvent ensemble pour se mettre à table. Au propre et au figuré, car les choses dégénèrent rapidement. Les discussions font place aux disputes, règlements de compte et autres conflits de générations.

    Le tout sur fond de passé communiste qui traverse l’œuvre du réalisateur Cristi Puiu, comme il continue d’alimenter la plupart des films roumains. Mais si certains regrettent le régime de Ceaucescu, d’autres sont obnubilés par les théories du complot et se lancent dans un débat passionné sur les attentats du 11 septembre 2001 à New York. Tout cela retarde le moment du dîner, allongeant d’autant la durée du film, qui s’étale du coup sur près de trois heures

    Sieranevada est signé Cristi Puiu, à qui l’on doit La mort de Dante Larazarescu et Aurora. Chaque fois sélectionné à Cannes dans Un certain regard, il se retrouvait en mai dernier pour la première fois en compétition, en compagne de son compatriote Christian Mungiu, Palme d’or en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours, et qui proposait, lui, Baccalauréat. Tous deux forment la nouvelle vague du cinéma de leur pays.

    Inspiré de sa propre expérience

    Pour le réalisateur qui s’inspire de sa propre expérience de deuil, Sieranevada est prétexte à explorer les tensions, les passions, les rancoeurs, les névroses, les non-dits qui existent au sein d’une famille et la place que chacun y occupe, mais sert également à évoquer le monde avec ses enjeux socio-politiques. Et tout cela dans un espace fermé.

    En effet, outre le début où Lary et sa femme s’engueulent dans une voiture pour une banale histoire de courses, ce drame mâtiné de cynisme, surfant parfois sur le burlesque, se déroule exclusivement dans un petit appartement. Cela place Cristi Puiu face à une redoutable gestion de ce huis-clos exigu, des mouvements et des déplacements de ses personnages.

    Ce qu’il exécute de façon magistrale. Toutefois, en dépit de sa mise en scène virtuose, Sieranevada aurait gagné à être plus court. Car les 173 minutes, on les sent quand même bien passer…

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 août.

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  • Grand écran: "la couleur de la victoire" ou l'irrésistible ascension de Jesse Owens

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    aowens.jpgAlors que s’ouvrent le 5 août prochain à Rio les 31 Jeux Olympiques, "La couleur de la victoire", signé Stephen Hopkins retrace l’extraordinaire histoire de Jesse Owens, quadruple médaillé d’or à Berlin en 1936.

    Né le 12 septembre 1913 en Alabama, le sprinter noir sort du ghetto de Cleveland dans l’Ohio, où il a passé son enfance. Luttant au quotidien dans un pays en pleine ségrégation raciale, il est repéré lors des championnats universitaires pour son exceptionnel talent, tandis qu’approche l’été 1936.

    Déterminé, il se prépare pour les Jeux, mais les Etats-Unis hésitent à rallier la grand-messe organisée par l’Allemagne nazie et qui doit servir de vitrine à Hitler. Très réticent à l’idée de participer à la consécration du régime, le président de l’Union des athlètes amateurs, Jeremiah Mahoney, s’oppose vivement au grand industriel, l’ambigu Avery Brundage.

    Au bout du compte, l’Amérique décide d’en être et Jesse Owens s’embarque dans l’aventure. Une sélection en forme d’apothéose pour le jeune Afro-américain qui raflera les médailles d’or du 100 et 200 mètres, du relais 4 x 100, ainsi que celle du saut en longueur.. Une qualification acquise dans ce dernier domaine grâce à l’aide de Carl "Luz" Long, Bien que champion du Führer, Long n’hésite pas à s'en distancer. 

    Ce gigantesque pied de nez à deux systèmes à l’époque aussi racistes l’un que l’autre fut l’un des plus hauts faits de l’olympisme, égalé en 1984 dans les mêmes disciplines par un autre athlète noir, Carl Lewis. L’histoire veut que le chancelier furieux ait refusé de féliciter Owens. De son côté le président Franklin D. Roosevelt a dédaigné rencontrer à la Maison-Blanche l’emblématique héros de l’Amérique ségrégationniste des années trente...

    Entre réserves et fascination

    En dépit d’une reconstitution soignée, le film de Stephen Hopkins n’est pas toujours à la hauteur de l’irrésistible ascension de l'athlète. On reprochera à l’auteur une mise en scène scolaire sinon lourdingue et manquant d’ampleur, des séquences mièvres entre Owens et sa femme, une certaine absence de point de vue, des thématiques peu approfondies, alliant le racisme, le nazisme, la politique et le sport.

    Ces réserves n’empêchent toutefois pas l’opus, misant surtout sur l’épopée humano-sportivo-romanesque de se révéler efficace, et même aussi passionnant qu’émouvant dès que Jesse Owens pose le pied dans la capitale du Reich. On a des frissons en le voyant pénétrer dans l’immense stade olympique, avant de vibrer aux fantastiques exploits d’un athlète particulièrement attachant.

    Outre la fascination des épreuves, s’ajoutent des moments intéressants comme l'accueil d'Owens par Berlin et les autres concurrents américains, racisme oblige, les tiraillements à propos de son entraîneur Larry Snyder indésirable dans le staff américain, les démêlés, avec Goebbels, de la réalisatrice allemande Leni Riefenstahl, égérie de la propagande nazie. Son célèbre documentaire "Les Dieux du stade" sur les JO de Berlin en est l’un des piliers.

    L’interprétation est inégale dans cette production canado-allemande. Bien que trop beau gosse, Stephan James se montre parfaitement crédible en Jesse Owens, tout comme Jason Sudeikis, pourtant abonné au registre comique, en Larry Snyder, ou encore William Hurt, en Jeremiah Mahoney, prônant le boycott de la manifestation. 

    On n’en dira pas autant de Jeremy Irons en Avery Brundage, De son côté Carice Van Houten ne convainc pas vraiment en campant une Leni Riefenstahl trop édulcorée et on oubliera carrément Barnaby Metschurat, bien mal inspiré dans le rôle d’un Goebbels d’une rare insignifiance.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 juillet.

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  • Grand écran: pas franchement géant, le dernier Spielberg!

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    ageant.jpgAdapté du classique de Roald Dahl, Le Bon Gros Géant permet à Steven Spielberg, qui venait de nous offrir Le pont des espions, de renouer avec le conte pour enfants 34 ans après le cultissime E.T. Son dernier opus n’en a malheureusement pas la magie.

    Pour résumer, le BGG enlève la petite Sophie (Ruby Barnhill) dans un orphelinat londonien à la Dickens et l’emmène dans sa grotte. D’abord effrayée, la gamine ne tarde pas à s’enticher de ce colosse vieillissant à l’air de chien battu, pas bien malin et gentil comme tout, à qui Mark Rylance (héros avec Tom Hanks du Pont des espions) prête sa voix et ses traits.

    Il faut dire que malgré ses 7m50, c’est quasiment un microbe face aux neuf affreux et titanesques ogres du pays des Géants qui lui mènent la vie dure. Deux fois plus imposantes que lui, mangeuses d’humains en général et d’enfants en particulier, les énormes créatures voient en Sophie un mets de choix. Il s’agit donc pour les deux nouveaux amis de leur échapper. Et pourquoi pas en s’adressant à la reine Elizabeth?

    De la peine à convaincre

    En dépit d’un indéniable savoir-faire, d’effets spéciaux plutôt réussis, de savoureux mots-valises façon Mary Poppins, cette fable mièvre, aussi pleine de bons sentiments que de longueurs, se déroulant sur un rythme pépère pour ne pas dire poussif, peine à convaincre.

    Bref, pas géant le Spielberg! On s’ennuie jusqu’à la dernière demi-heure, où le BGG et Sophie se rendent à Buckingham Palace. Le réalisateur se lâche en nous offrant enfin une séquence jouissive et burlesque de petit- déjeuner homérique, suivi d’un concours de pets en présence de Sa Majesté britannique conquise, qui n’hésite pas à participer.

    C’est quand même peu pour un projet qui a mis 22 ans à se concrétiser. "Un vrai défi", relevait même le cinéaste aux trois Oscars lors de sa conférence de presse à Cannes où le film était présenté hors compétition, tout en avouant un fort penchant pour l’imaginaire.

    "Cela m’a rappelé mes débuts. En plus, j’ai grandi avec ce livre et mes enfants l’adoraient. Tous mes choix sont basés sur des expériences personnelles Le film porte par ailleurs des valeurs de tolérance. L’amitié entre Sophie et le BGG montre comment des êtres très différents peuvent créer des relations fortes. En réalité, c’est ma première histoire d’amour".

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 juillet.

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  • Grand écran: "L'effet aquatique", un film posthume pour fêter la vie et l'amour

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    aeffet.jpgSamir, la quarantaine, le regard candide, est un grand garçon aussi doux que maladroit. Grutier à Montreuil en banlieue parisienne, il est victime de l’effet aquatique. Autrement dit, il a le coup de foudre pour la brune Agathe, une petite femme croisée dans un café.

    Contrairement à lui, cette boule d’énergie est du genre méfiant et inabordable, rembarrant sec un importun qui ose lui tourner autour. Carrément fasciné, Samir veut absolument la retrouver. Alors quand il apprend qu’elle est maître-nageuse à la piscine du lieu, il trouve la solution: prendre des cours avec elle.

    Mais il sait très bien nager et Agathe, qui n’aime pas les mensonges, est furax quand elle découvre qu’il l’a menée en bateau pour se rapprocher d’elle. Ce pourrait être la fin de l’histoire. Il en faut pourtant davantage pour décourager Samir qui, en dépit de sa timidité, n’hésite pas à suivre l’objet de sa flamme jusqu’en Islande, où elle s’est envolée pour représenter le département au 10e Congrès international des pros de la natation. De quoi transformer, espère-t-il, les sentiments de la bougonne sirène à son égard.

    L’effet aquatique, film posthume de la réalisatrice Solweig Anspach, morte en août dernier d’un cancer, est une célébration de la vie et de l’état amoureux. Utilisant les codes de la comédie romantique, l’Américano-islandaise Française d’adoption livre ainsi, entre légèreté, drôlerie, poésie et humour, un film en deux parties, passant de la chaleur du bain municipal aux froids paysages enneigés de l’Islande. La première est mieux réussie que la seconde.

    Pour l’interprétation, Solweig Anspach a choisi de reconstituer le tandem Sami Guesmi et Florence Loiret-Caille, formant là un couple particulièrement mal assorti. Ces deux êtres que tout sépare sont autant de prétextes à les plonger dans des situations absurdes. A côté des deux protagonistes principaux, on retrouve des personnages secondaires plutôt loufoques, à commencer par l’improbable personnel de la piscine, dont le farfelu Philippe Rebbot qui amuse avec ses plans drague foireux.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande, dès mercredi 29 juin.

     

     

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  • Grand écran: "La tortue rouge", une émouvante fable poético-écologique

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    atortue.jpgUn naufragé échoue sur une île déserte tropicale, peuplée de tortues de crabes et d’oiseaux et va devoir survivre avec les ressources du coin. A travers son aventure, le Néerlandais  Michaël Dudok De Wit propose La tortue rouge, un film sur le cycle de la vie en quelques étapes, initiation, rencontre, naissance, vie à trois et vieillesse.

    La tortue rouge est un premier long-métrage ambitieux qui a pris du temps, le réalisateur ayant commencé à écrire le scénario en 2007 déjà. Il a été notamment coproduit par le célèbre studio d’animation japonais Ghibli, qui travaille pour la première fois avec un réalisateur européen.

    Au début, on assiste aux tentatives vaines et désespérées du héros de gagner le large à bord d’un radeau qu’il s’échine inlassablement à construire et reconstruire. Epuisé, il finit par abandonner,  vaincu par un ennemi invisible mais décidé à communier avec la nature plutôt que de continuer à se battre inutilement. Il se résout alors à vivre sur cette île finalement moins hostile que prévu et la découvre peu à peu, franchissant des rochers abrupts, s’exposant à des dangers parfois oppressants pour le spectateur claustrophobe…  

    Son île est également pleine de mystère, permettant à Michaël De Wit d’ajouter une touche de fantastique, avec la présence d’une grande tortue rouge qui se transformera en femme. Le naufragé en tombe amoureux, ils font un enfant et ils vivront ensemble jusqu’à la mort. Le réalisateur raconte qu’elle est une réalité  à laquelle l’homme a tendance à vouloir s’opposer, à en avoir peur, à lutter contre elle. Ce qui est sain et  naturel, relève-t-il.

    L’important c’est aussi ce message sur  transmission, avec les générations qui se suivent, les enfants qui répètent les gestes des pères,  les valeurs qu’on leur inculque, qu’on leur laisse. Touchante, cette fable métaphysico-poético-écolo au dessin minimaliste, qui avait reçu le Prix spécial de la section Un Certain Regard au dernier Festival de Cannes, est par ailleurs quasiment muette. Outre la musique, seuls quelques sons et onomatopées traduisent les sentiments des personnages. Plus émouvants que les mots.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 29 juin.

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  • Grand écran: "Guibord s'en va-t-en guerre", une amusante comédie politique venue du Québec

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    aguibord.jpgDans ce film divertissant et sans prétention, le réalisateur Philippe Falardeau met en scène le député indépendant Steve Guibord, ancienne star du hockey aujourd’hui représentant fédéral d'une immense circonscription dans le nord du Québec. Il se trouve dans une position particulièrement inconfortable, sa voix se révélant cruciale lors du vote au parlement qui doit décider de l’entrée en guerre ou non du Canada avec le Moyen-Orient.

    Répugnant à choisir son camp, Guibord sillonne les lieux pour consulter ses électeurs avec sa femme qui est pour, sa fille qui est contre et son stagiaire Souverain Pascal, un étudiant haïtien en sciences politiques. Idéaliste, il est venu parfaire des connaissances essentiellement livresques, notamment acquises avec Jean-Jacques Rousseau. Mais au bout de leur tournée, au cours de laquelle ils croiseront des pacifistes, des miniers, des routiers et des aborigènes, le député devra bien finir par se déterminer.

    Le sujet de la guerre est un thème prétexte polarisant, qui permet aussi bien d’évoquer les différences au sein des partis, les conflits entre les citoyens et les lobbyistes de tout poil et ceux qui règnent à l’intérieur de la famille du politicien indécis.

    Philippe Falardeau, rencontré l’an dernier au Festival de Locarno avant la projection de son film sur la magique Piazza Grande, où il avait déjà présenté avec succès Monsieur Lazhar, en 2011 avait alors hâte de voir si son humour trouvait une certaine résonance. "Mais j’ai confiance. S’il y a des gens placés pour comprendre ma démarche politique, ce sont bien vous les Suisses, avec votre système complexe ».

    La différence, c’est la taille énorme du pays. "On peut mettre 241 fois la Suisse dans le Canada. Il est impossible de concilier les intérêts d’une aussi vaste région. Pour nous, la démocratie c’est compliqué. Sinon carrément le bordel. On vote de moins en moins et on cultive un cynisme malsain».

    C’est la raison pour laquelle Philippe Falardeau a introduit un personnage très cultivé mais aussi très naïf venu de Haïti et pour qui la démocratie est un système pur. "En outre la culture orale chez lui rend le débat public facile. Enfin, nous avons un rapport assez intime avec Haïti dans la mesure où il existe une forte communauté au Québec".

    Souverain Pascal alias Irdens Exantus, souvent irrésistible avec son sourire contagieux, va ainsi suivre Guibord dans ses tribulations de campagne. C’est à Patrick Huard, humoriste, comédien et cinéaste, que Philippe Falardeau a confié le rôle du député (photo des deux protagonistes en compagnie de Suzanne Clément).

    "Patrick Huard a plusieurs films à son crédit et pouvait comprendre l’humanité du personnage. Je cherchais un homme à la fois proche des gens sur le terrain ainsi qu'aux prises avec sa femme et sa fille. Je l’ai trouvé et j'estime qu'il forme un bon tandem avec Irdens Exantus . Ils s’apprivoisent, s’apportent beaucoup l’un à l’autre et à la fin, ils changent tous les deux pour le mieux".

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 29 juin.

     

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  • Grand écran: le petit poisson bleu amnésique revient dans "Le monde de Dory"

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    amarin.jpgTreize après l’énorme succès du Monde de Nemo, Dory, le petit poisson chirurgien bleu opère son retour sur grand écran. Cette fois, l’héroïne qui avait aidé Marin le poisson clown à retrouver son fils est à la recherche de ses propre parents. Avec, les rôles étant inversés, Nemo et Marin qui viennent à son secours. D'où une leçon de vie selon laquelle l'important n'est pas seulement la famille dans laquelle on est né, mais aussi celle qu'on se crée en chemin.

    L’ennui, c’est que depuis toute petite, ce qui nous vaut au passage un bébé absolument craquant, Dory souffre d’un trouble de la mémoire immédiate. Du coup elle oublie systématiquement ce qu’elle-même et les autres viennent de dire. Un Inconvénient provoquant quelques situations critiques au cours du voyage. 

    Outre des figures cultes, on en rencontre de nouvelles, dont l’extraordinaire poulpe caméléon Hank et sa stupéfiante façon de se déplacer, ou encore Becky, oiseau ébouriffé aussi sot que l’otarie Gerald.

    Si on retrouve l’esprit de Nemo dans Le monde de Dory réalisé par Andrew Stanton et l’humour qui fait s’esclaffer les petits, les fans trouvent le film moins bien que son prédécesseur, tandis que les spécialistes estiment qu’il ne s’agit pas d’un grand Pixar.

    Il n’en est pas moins destiné à faire un carton. Selon les chiffres du box-office, il a éclipsé Nemo, réalisant le meilleur démarrage de l’histoire pour un film d’animation.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 juin

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  • Grand écran: "Avant toi", une comédie romantique poussant à la réflexion

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    aavanttoi.jpgRiche banquier trentenaire, beau gosse audacieux grand amateur de sports extrêmes, Wil Traynor se retrouve tétraplégique après avoir été heurté de plein fouet par une voiture en sortant de chez lui. Incapable de tirer un trait sur son passé, devenu cynique, il se coupe du monde et se cloître au château de sa famille, dans un bled paumé d’Angleterre.

    Sa mère engage alors comme aide-soignante Louisa "Lou" Clark, une jeune femme de 26 ans qui vient de perdre son boulot de serveuse. Extravertie, chaleureuse, surexcitée, maladroite et cultivant un goût douteux pour les fringues et les chaussures extravagantes, elle est déterminée à redonner goût à l’existence à son patient qui la refuse, rejetant ce corps dans lequel il est désormais enfermé. 

    Ce qui devait arriver se produit. Ils tombent amoureux. Et là on se dit qu’on va suivre la version romancée d’ Intouchables. Sauf que le jeune homme avait contacté l’association suisse d’aide au suicide Dignitas et accordé à ses parents un délai de six mois avant de mettre son projet à exécution. Le découvrant, Lou redouble d’efforts pour le convaincre de changer d’’avis…

    Réalisé par Thea Sharrock, metteur en scène de théâtre dont c’est le premier long-métrage, Avant toi est adapté du best-seller anglais éponyme de Jojo Moyes, Il met en scène Emilia Clarke et Sam Claflin (photo), respectivement stars des sagas populaires Game Of Thrones et Hunger Games.

    Le couple a priori improbable fonctionne dans cette comédie romantique plus profonde qu’il n’y paraît, mais qui gâche le côté poignant de l’intrigue en cultivant une tendance immodérée au pathos tire-larmes. Toutefois, outre le traitement intéressant du handicap, elle a aussi le mérite de la réflexion sur le droit à choisir sa mort.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mecredi 22 juin.

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  • Grand écran: "L'Outsider" raconte l'affaire Kerviel. Un thriller passionnant

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    akerviel.jpgEn 2008, Jerôme Kerviel défrayait la chronique, passant à 31 ans de l’anonymat à la célébrité en faisant perdre près de 4,9 milliards d’euros à la Société générale. Deux ans plus tard, il était condamné à cinq ans de prison dont trois fermes et aux plus lourds dommages-intérêts jamais vus pour un particulier: 4,9 milliards…

    La banque a nié avoir eu connaissance des prises de risque énormes de l’ex-trader. Pourtant fin 2007, il a fait gagner 1,5 milliard à son employeur. Là aussi du jamais vu dans les salles de marché de la Société générale.

    Alors que la cour de prud’hommes de Paris, immense coup de théâtre, a condamné l’établissement à payer plus de 450.000 euros à Kerviel pour licenciement «sans cause réelle ni sérieuse» le 7 juin, et que son nouveau procès en appel dans le cadre du volet civil de l’affaire s’est ouvert le 15 juin, sort L’Outsider. Un biopic retraçant son ascension fulgurante et sa chute brutale.

    S’arrêtant à la découverte du scandale et ne couvrant donc pas le feuilleton judiciaire et ses rebondissements, il est signé Christophe Barratier qui, ne connaissant rien à ce monde, s’est notamment inspiré du livre de son héros, paru en 2010: L’engrenage: mémoires d’un trader.

    Excellente interprétation d'Arthur Dupont et François-Xavier Demaison

    Attentif à ne pas perdre le public en l’accablant de chiffres et de stratégie boursière, l’auteur a intelligemment choisi le thriller pour opérer une plongée fascinante, haletante et compréhensible pour les non-initiés, dans l’univers impitoyable de la finance, entre lâcheté, stress, déraison et hystérie.

    Mais surtout, dans ce film qui déménage, brillamment interprété par Arthur Dupont dans le rôle de Kerviel et François-Xavier Demaison dans celui de son mentor (photo), Christophe Barratier raconte, sans prendre de gants, le parcours d’un homme immergé dans un vertigineux monde virtuel. Dévoré par son ambition, perdant le contact avec la réalité, il est devenu le symbole des dérives d’un système obscène de rendement à tout prix, avant de se faire manger.

    Centré sur l’humain englué dans une spirale infernale, l’auteur évoque la personnalité de Jerôme Kerviel, né en 1977 dans le Finistère, où il mène une vie très ordinaire entre ses parents et son frère. Après avoir obtenu un DESS de finance (diplôme d’études supérieures spécialisées), il entre en 2000 à la Société Générale par la petite porte. Mais il apprend vite pour devenir «bonne gagneuse», une «cash-machine».

    achristophe.jpgSi cette immersion dans un univers inconnu l’a passionné, Christophe Barratier (photo) ne voit pas L'Outsider comme un film sur le monde du trading. «Pour moi, c’est Jérôme avant Kerviel», nous expliquait-il lors d’une récente rencontre à Genève.

    Après Les choristes et la nouvelle guerre des boutons, il est assez étrange que vous vous soyez intéressé à un tel sujet. D'autant que vous avouez votre totale ignorance en la matière. Alors, quelle est la genèse de L’Outsider?

    Il est né d’une rencontre fortuite en 2011. Un ami producteur m’a amené un invité surprise lors d’un dîner chez moi. C’était Jérôme Kerviel. A début je n’osais pas trop, mais vers minuit je lui ai demandé ce qu’il vivait depuis trois ans. Et on a discuté jusqu’à 5 heures du matin. Je me suis passionné pour le parcours d’un type qui s’est retrouvé avec la plus grosse fraude de l’histoire. J’ai alors voulu montrer comment les éléments qui ont conduit au drame s’étaient mis en place de 2000 à 2008.

    Je suppose que cela vous a demandé un monumental travail de recherche et de documentation. Et une montagne d’obstacles à surmonter.

    Effectivement. C’est tellement compliqué. Outre celui de Kerviel, J’ai lu des tas de bouquins, vu des reportages pour tenter de maitriser le sujet, en comprendre les enjeux. Mais je n’ai pu obtenir aucune aide des anciens collègues amis ou supérieurs de Jérôme qui, à part évoquer un loup solitaire qui a menti, ont tous refusé de parler de lui. Même à charge. Une loi du silence qui m’a compliqué la tâche.

    Kerviel a-t-il participé au scénario

    Non, Mais il m’a raconté la façon dont il a vécu la vécu les choses la manière dont elles se passent dans la salle de trading. Je l’ai consulté, comme d‘autres, au sujet de la technique, du vocabulaire, des produits spécifiques traités, dont je n’avais aucune idée.

    On pense bien sûr au Loup de Wall Street de Scorsese en voyant l’Outsider. Notamment en raison du côté coke, sexe, alcool boîtes. Pas forcément dans cet ordre d’ailleurs.

    D‘abord on est loin, en France, des excès américains. Ensuite, Kerviel n’est pas du tout du genre bling-bling. A l’époque des faits, il sortait peu, ne prenait pas de coke, louait un deux-pièces à Neuilly ne s’intéressait pas spécialement aux fringues, ni aux grosses voitures. Il n’avait pas de permis de conduire et se déplaçait en métro.

    A-t-il vu le film ?

    Oui, il a été très touché. Choqué. Je ne le ménage pas, je le montre avec ses névroses, quand il frappe sa copine. Malgré tout, je vais vous dire. C’est un gars bien. Il est loyal, honnête. Pour moi, c’est l’homme le plus sûr du monde. Je lui confierais sans hésiter mes biens les plus précieux.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 juin.

     

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