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08/04/2016

Grand écran: "Les Visiteurs-la Révolution", une vraie daube!

clavier.jpgPour nos pieds nickelés bloqués dans les couloirs du temps, les choses commencent sous la Terreur en 1793 et se terminent chez les nazis. De Robespierre à Hitler en somme…

Réussissant à échapper à la guillotine, le triste Godefroy de Montmirail et son repoussant serviteur en guenilles Jacquouille la Fripouille rallient Paris, plus précisément les combles d’un hôtel particulier, avec l’idée de remettre le dauphin sur le trône.

Une équipée en calèche avec d’arrogants descendants de Godefroy qui, bien décidés à garder leur tête sur les épaules, se font passer pour des négociants en vins. Et nous voici parti pour un film à l’histoire d’un inintérêt abyssal, à l’esthétique immonde, totalement dénué d’humour, mais hélas lourdement émaillé de gags fétides entre pets, pus, furoncles, pustules et haleine de poney. 

Côté comédiens, c’est pareillement calamiteux. Plus exaspérant que jamais, l’omniprésent Christian Clavier au crétinisme avancé en l’occurrence en fait des caisses, braillant chaque réplique, tandis que Jean Reno est carrément transparent. Au point qu’il se fait voler la vedette par des personnages secondaires comme Sylvie Testud ou Karin Viard, que l'on imagine en principe juste venues cachetonner sans vergogne.

Pour résumer, ce troisième épisode est moche, dégueu, mal joué, mal fichu, interminable, évidemment pas révolutionnaire et surtout pas drôle pour un sou. Bref une telle daube qu’on comprend aisément pourquoi le réalisateur Jean-Marie Poiré et son coscénariste Christian Clavier ont refusé de le montrer à la presse. A part aux journalistes qui avaient accepté de faire des interviews…

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 6 avril.

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06/04/2016

Grand écran: "Truth", nouvelle immersion passionnante dans les coulisses médiatico-politiques

blanchet.jpgAprès Spotlight, nouvelle immersion dans le journalisme d’investigation. Avec son premier long-métrage, James Vanderbilt retrace l’un des épisodes les plus cruciaux de son histoire avec Truth: le prix de la vérité, où le scandale flirte avec la manipulation politique.

Le 8 septembre 2004, 60 Minutes, l’émission phare de la CBS, diffuse un reportage intitulé «Bush Guard», remettant en question l’engagement militaire du président candidat à sa réélection, George W. Bush, durant la guerre du Vietnam.

Dès le lendemain, la blogosphère du parti Républicain s’acharne à accuser une falsification de preuves à des fins politiques, menaçant de descente aux enfers la productrice et le présentateur vedette à l’origine du scoop.

Il s’agit du tandem de choc Mary Mapes et Dan Rather, incarnés à l’écran par Cate Blanchet et Robert Redford, l’un des duos les plus charismatiques du cinéma américain. Ils partagent l’affiche pour la première fois en livrant une formidable prestation. Le choix de Redford est à l’évidence un clin d’œil aux Hommes du Président d’Alan J. Pakula, qui demeure «LA» référence dans le domaine. .

S’appuyant sur le livre Truth And Duty, écrit par Mary Mapes, James Vanderbilt propose une intrigue sous tension passionnante, dans une rédaction en ébullition. Entraînant le sectateur dans les coulisses médiatico-politiques, il déroule son film de manière classique. Il suit d’abord l’enquête de 60 Minutes et la diffusion du reportage pour se pencher ensuite sur la tentative de l’équipe de se disculper face aux accusations. Avant de se concentrer sur leurs conséquences concernant les vies professionnelle et privée de ceux qui auraient donc commis l’erreur de ne pas suffisamment vérifier leurs sources. C'est le côté humain, émouvant de l'histoire. 

bobred.jpgMais l’intelligence de l'opus, d’où son intérêt, n’est pas de dire si les reporters ont tort ou raison, de prendre parti sur l’authenticité ou non des documents, de défendre ou d’accabler George Bush. Mais avant tout de montrer les pressions incessantes subies au plus haut niveau par Mary Mapes et Dan Rather pour lâcher le morceau. Qu’il s’agisse de leur propre hiérarchie, ou des politiques que leurs investigations dérangent.

Rappelant l’importance capitale de la liberté de la presse. James Vanderbilt témoigne ainsi de la complexité de l’investigation journalistique, de la difficulté croissante pour les médias de rester indépendants vis-a-vis du pouvoir, bref de continuer à exercer sereinement leur métier à l’heure des réseaux sociaux, auxquels aujourd’hui le grand public préfère le plus en plus se référer.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 avril.

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05/04/2016

Grand écran: "Le miracle de Tekir", une fable aux accents fantastiques

Tekir.jpgAu bord de la mer Noire court la légende d’un vieux Turc aveugle, Tekir, qui recouvra la vue et la santé en tombant dans un lac de boue. Depuis lors, les touristes se rendent chaque année à Tekirghiol, pour profiter des bienfaits de la boue miraculeuse.

C’est dans cette région entre terre et mer que Ruxandra Zenide, née à Bucarest en 1975 et arrivée à Genève à 14 ans, a situé son deuxième long métrage. Dix ans après le premier, Ryna, racontant l’histoire d’une ado de 16 ans, garçon manqué travaillant dans la station-service de son père et rêvant de devenir photographe.

Obligée de retourner en Roumanie faute de financement, elle y réalise donc Le miracle de Tekir, un film sur le mystère de la création a travers la maternité et pour lequel elle a retrouvé Dorothea Petre, l’héroïne de Ryna. Cette fois la comédienne au regard intense et la sensibilité à fleur de peau incarne Mara. La jeune femme aux dons de guérisseuse prétendument vierge mais enceinte, lutte pour protéger son enfant, un miracle selon elle, une conception immaculée.

Accusée de sorcellerie et de faire fuir les poissons, elle réussit à échapper à la violence des habitants du village en colère et se réfugie à l’hôtel Europa avec l’aide d’un prêtre. Cet incroyable établissement de luxe isolé dans des paysages de fin du monde reçoit de riches patientes qui espèrent soigner leur infertilité à l’aide de la fameuse boue.

Mara rencontre l’une d’elles, l’excentrique Madame Lili, qui remet en cause ses croyances mais avec qui elle n’entame pas moins une relation étrange. Ce qui n’est pas étonnant. Entre magie, superstition et religion tout est étrange et assez fascinant dans ce film en forme de fable surréaliste aux accents fantastiques. On retient aussi la belle performance des actrices.  

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 avril.

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Grand écran: "Truman", retrouvailles entre rires et larmes de deux amis d'enfance

darin.jpgUn océan, l’Atlantique, sépare aujourd’hui de grands amis d’enfance. Julian fait une carrière d’acteur à Madrid, tandis que Tomas enseigne les mathématiques dans une université canadienne. Et puis, après des années à vivre chacun leur vie sur deux continents, Tomas frappe à la porte de Julian. Drôle de hasard. A première vue seulement, car il a appris que son pote n’était pas au mieux. Et c’est un euphémisme.

Leurs retrouvailles sont donc synonymes d’adieu définitif. Mais cela ne les empêche pas de passer, entre rires et larmes contenues, quatre jours intenses et hors norme. En compagnie de Truman, le chien de Julian, ils se lancent dans une dernière aventure en se rappelant des souvenirs communs, Evitant de sombrer dans un mélo de pacotille en mêlant subtilement humour et légèreté à la tristesse, au chagrin et à l’émotion du moment, le réalisateur catalan Cesc Gay fait de Truman un véritable hymne à l’amitié et à l’amour, émaillé de scènes comiques.

Ce film fort, évoquant la paternité et le travail, mais surtout le courage nécessaire pour accepter la mort comme faisant partie de l’existence, doit évidemment aussi sa réussite à la performance des comédiens. Particulièrement celle des deux principaux. Ricardo Darin et Javier Camara (photo). Sobres et justes, le premier las de lutter contre la maladie et décidé à mettre ses affaires en ordre, le second un peu paumé face à l’inéluctable, ils se montrent très convaincants.

Simple, délicat, pudique, Truman avait cartonné lors de la soirée des Goyas, l’équivalent des Césars dans le cinéma espagnol. Il était reparti avec les cinq statuettes les plus importantes, film, réalisateur, scénario, acteur principal et acteur dans un second rôle.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 avril.

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29/03/2016

Grand écran: "Good Luck Algeria", un Algérien à ski de fond aux Jeux Olympiques!

algeria.jpgC’est une de ces histoires vraies, une aventure hors norme comme en génère le sport. On se rappelle Rasta Rocket, comédie culte retraçant en 1994 la folle équipée des bobeurs jamaïcains aux JO de Calgary, en 1988.

Très récemment le documentaire Nice People racontait celle de migrants somaliens en Suède, qu’un idéaliste entraîne pour une participation à la Coupe du monde de hockey sur glace 2014 à Irkutsk.

Là il s’agit de ski de fond. Sam et Stéphane, deux amis d’enfance vivant en Savoie réussissent bien dans la fabrication de spatules haut de gamme, jusqu’au jour où leur entreprise est menacée. Pour la sauver, ils imaginent un défi fou: qualifier Sam aux Jeux d’hiver où il représentera l’Algérie, le pays de son père.

Good Luck Algeria s'inspire du parcours semé d’embûches du frère du réalisateur Farid Bentoumi, Noureddine Maurice Bentoumi, qui a réussi au bout de deux ans à s'aligner à Turin en 2006 sous le drapeau algérien. Au-delà de l’exploit sportif, du vécu folklorique ou non, de ce combat de David contre Goliath à divers niveaux, le pari improbable de ce feel good movie qui amuse et émeut, va pousser ce franco-algérien à renouer avec une partie de ses racines.

bentoumi.jpgNé en France en 1976 d’un père algérien et d’une mère française, Farid Bentoumi qui vit aujourd’hui à Paris, a grandi en Savoie, suivant avec son frère un programme de ski-études. Il devient acteur et a notamment joué du Racine à La Chaux-de-Fonds et du Brecht à Vidy, nous révèle-t-il à l’occasion d’une rencontre à Genève. 

En 2006, il tourne un premier court-métrage, un second deux ans plus tard, ainsi qu'un documentaire sur sa famille qu’il estime raté. «Je n’ai pas fait ce que je voulais. Mais cela m’a permis de m’interroger sur ma binationalité ou plutôt ma biculture et m’a servi pour Good Luck Algeria".

ll a décidé de se lancer dans cette comédie politico-sociale où on retrouve Sami Bouajila, Franck Gastembide, Chiara Mastroianni et Hélène Vincent il y a cinq ans, y consacrant trois ans d’écriture.

«Sur fond de ski et de dépassement de soi, je brasse plusieurs thèmes autour de la famille. A la base, c’est le récit d’une mixité heureuse, une histoire d’amour, d’héritage, de transmission de valeurs, d’amitié, de fidélité et de sincérité. C’est aussi devenu un film qui lutte contre les clichés et tente de donner une autre image de l’immigration dont trop de gens ont une vision négative ». 

Pour le rôle principal de Good Luck Algeria, essentiellement tourné en Italie, en Autriche et en Suisse, Farid a donc choisi Sami Bouajila, qui ressemble beaucoup à son frère Noureddine. «Ils ont la même carrure et de dos, c’est à s’y méprendre. C’était important pour les scènes de doublage. Mais Sami est un gros bosseur, il a appris à skier et la plupart du temps, c’est lui sur les lattes. Selon moi, il campe un vrai héros avec qui on a envie de se battre.»

A l‘affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 mars.

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Grand écran: "Quand on a dix-sept ans", chronique émouvante d'une passion adolescente

amourado.jpgLe vingt-deuxième long-métrage d'André Téchiné est sans doute son meilleur depuis Les Témoins en 2007, où il brossait le portrait bouleversant d’une société en crise d'identité face au sida. Dans Quand on a 17 ans, qui fait évidemment écho aux Roseaux sauvages sorti en 1994, le réalisateur explore l’un de ses thèmes favoris, les brûlures de l’adolescence.

Mettant en scène deux garçons qui se déchirent et ont du mal à assumer leur attirance, ce brillant cinéaste des sentiments les observe se découvrir avant de s’aimer, entre rage, rejet et désir.

Damien (Kacey Mottet Klein), fils de pilote militaire qu’il voit entre deux missions dangereuses à l’étranger, vit avec sa mère médecin, Marianne (Sandrine Kiberlain), dans une petite ville pyrénéenne. Au lycée il entre violemment en conflit avec le beau Tom (Corentin Fila), qui descend chaque jour de sa montagne et dont la mère adoptive est enceinte.

Par prudence, Marianne l’envoie à l’hôpital et accueille Tom à la maison. Cela ne plaît à aucun des deux ados qui, à fleur de peau, ne cessent de se chercher pour mieux se repousser avec colère. Des affrontements annonciateurs d’une passion que l’on pressent dès les premiers regards échangés, même si Téchiné prend son temps à la dévoiler au fil de son récit initiatique.

Une réunion de talents

asandrine.jpgComposé de trois parties coïncidant avec les trimestres scolaires menant au baccalauréat, le film n’est toutefois pas uniquement centré sur Tom et Damien. Son auteur s’intéresse aussi à leurs parents, au trio qu’ils forment avec Marianne. Il regarde tous ses personnages avec affection, montrant une communauté solidaire balayant les différences sociales ou les préjugés sexuels. Des comportements symbolisés par une Sandrine Kiberlain solaire, expliquant à son fils qu’il ne faut pas avoir peur et que tout s’efface quand on est amoureux.

Parfaite, la comédienne tient là un de ses plus beaux rôles, incarnant à la fois la tendresse, la sérénité, la compréhension, la sollicitude. Quant aux deux jeunes interprètes, ils sont formidables. A commencer par Kacey Mottet Klein, récemment vu dans Keeper de Guillaume Senez, mais révélé dans Home et l’Enfant d’en-haut d’Ursula Meier qui peut se vanter d’avoir déniché une pépite. Avec le très prometteur Corentin Fila, dont c’est le premier rôle au cinéma, ils proposent un jeu criant de vérité.

A tous ces talents on ajoutera celui de la coscénariste Céline Sciamma, qui excelle dans le traitement de la sexualité trouble à un âge difficile, comme dans Naissance des pieuvres et Tomboy, ou dans le portrait de la jeunesse actuelle, à l’image de Bande de filles.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 mars

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23/03/2016

Grand écran: "Soleil de plomb", l'amour au temps de la haine

plomb.jpgLe film de Dalibor Matanic, qui avait reçu le prix du jury de la section Un certain regard lors du dernier Festival de Cannes, s’étend sur une période de vingt ans, de 1991 à 2011. Il est divisé en trois parties, dans le contexte dramatique né du conflit serbo-croate.

Chacun de ces chapitres raconte une histoire d’amour interethnique contrariée, marquée par la haine entre les deux peuples qui se manifeste au sein d’un même village, d’une même famille, voire d’un couple. Entre chaos, peur et violence, Dalibor Matanic met la première en scène en 1991, au début des hostilités. Alors que cette haine avait atteint des sommets, elle finira par séparer dramatiquement deux jeunes amoureux respectivement serbe et croate, habitant deux villages voisins et qui avaient décidé de partir tenter leur chance à Zagreb.

amourmat.jpgDix ans plus tard, en 2001, une mère et sa fille Natacha retournent vivre dans la maison familiale détruite, à l’image d’un pays où il faut tout reconstruire. Elles confient les travaux à Ante, d’une nationalité différente. En colère Natacha cherche d’abord à l’éviter. Ante fait son boulot, apparemment indifférent à la jeune fille. Mais dans ce huis-clos sous tension sexuelle, ils tentent un rapprochement, comme pour oublier les blessures de la guerre.

La troisième histoire se passe en 2011 et évoque le retour de Luka dans son village natal pour une grande fête interethnique sous influence d’alcool et de drogue. Il revoit Marja, une ex à qui il avait fait un enfant avant de la quitter pour gagner la ville. La barrière entre eux semble devenue infranchissable, mais tout comme la jeunesse s'efforce de se libérer du poids du passé, Luka veut se réconcilier avec elle.

Avec ces trois moments interprétés par le même duo d’acteurs, Tihana Lazovic et Goran Markovic, qui font le lien entre les époques, le réalisateur livre une autopsie d’affrontements meurtriers et ses conséquences sur les mentalités. Après un premier récit très fort, les deux suivants perdent un peu en puissance et en enjeux, mais sont porteurs d’espoir.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 23 mars.

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22/03/2016

Grand écran: "Batman v Superman: L'aube de la justice". Les gladiateurs dans l'arène

batman.jpgDe caractères diamétralement opposés depuis leur création, ils incarnent deux différentes conceptions du monde. D’un côté le démon Batman, sinistre héros torturé, simple mortel aidé par une kyrielle de gadgets, de l’autre  l’ange Superman, alien tout puissant, incarnant la noblesse, la bravoure et l’humanité. Pour tout dire, ces deux-là ne s’aiment pas trop. Un euphémisme…

Bref. Redoutant que le kryptonien n’abuse de son omnipotence, la chauve-souris décide de l’affronter. Et pendant ce temps-là, une terrible menace se profile à l’horizon. Avec un peu d’imagination, on peut dès lors plus ou moins deviner l’évolution des relations complexes entre nos deux célèbres antagonistes…   

Mais c’est tout ce qu’on vous confiera de ce Batman v Superman: L’aube de la justice. Signé Zack Snyder, parfois visuellement décoiffant, il met en scène Ben Affleck (choisi après de longues semaines et un wagon de rumeurs pour le glisser dans la peau de Batman), Henry Cavill (Superman), Amy Adams (Lois Lane), Jesse Eisenberg (le méchant Lex Luthor qui fait la pige aux deux protagonistes principaux), l’inévitable Laurence Fishburne, Jeremy Irons (qui se pique de flegme british), Holly Hunter et Gal Gadot (comédienne israélienne jouant Wonder-Woman, qui avait été découverte dans Fast and Furious 6).

Si on reste discret sur le plus grand match de gladiateurs de l’histoire, selon le vilain Lex Luthor, c’est pour une raison simple. Le critique est sommé par Zack Snyder himself, au début de l'opus de ne rien révéler du scénario. Une vraie bénédiction en l’occurrence tant celui-ci, quasiment rythmé d’un bout à l’autre par de lancinantes et assourdissantes explosions, relève du vaste fouillis bien peu inspirant. A la hauteur de l'ennui généré au fil de quelque 150 interminables minutes.

En revanche, on peut vous raconter que pour convaincre dans leur rôle respectif, Ben Affleck et Henry Cavill ont physiquement drôlement payé de leur personne. A en croire les secrets de tournage révélés sur Allociné, le premier a pris trois fois plus de muscles que pour Man Of Steel et le second en a gagné 14 kilos, en perdant 8% de masse graisseuse. Pas en reste, Wonder-Woman s’est adonnée à la pratique très sérieuse du kung-fu, kickboxing, épée, ou jiujitsu.

Question budget le film, estimé à 200 millions de dollars, est le deuxième plus cher consacré au fameux justicier masqué, seulement dépassé par The Dark Knight Rises de Christopher Nolan, qui en avait coûté 50 millions de plus. Aux fans de juger si pour eux le combat de leurs idoles vaut l’argent dépensé! Pour nous c'est clairement non.

A l’affiche dès mercredi 23 mars. 

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Grand écran: "Aux yeux de tous", le remake américain inutile

juliarob.jpgEn 2009, l'Argentin Juan José Campanella proposait Dans ses yeux, un film passionnant mêlant le romanesque et la politique. En 1974, pendant les années de plomb, une institutrice récemment mariée avait été violée et sauvagement assassinée. L’homme chargé de l‘enquête revient sur cette sordide affaire en 1999 par le biais d’un roman. Cet excellent thriller avait valu à son réalisateur l’Oscar du meilleur film étranger en 2010.

Cinq ans après, Billy Ray a eu la mauvaise idée d’en faire un remake. Aux yeux de tous se déroule d’abord après les tragiques attentats du 11 septembre 2001, avec la mise en place, parmi d’autres au FBI, d’une unité antiterroriste. La détective Jess Cobb (Julia Roberts) y fait équipe avec l’agent Ray Kasden (Chiwetel Ejiofor), sous les ordres de la procureure Claire Sloan (Nicole Kidman)

Dans le cadre de leur mission, Jess découvre avec horreur le corps sans vie de Caroline, sa fille unique jeté dans une poubelle. Elle a été violée. Malgré les soupçons portés sur un indic, il est relâché faute de preuves. Treize ans plus tard Ray Kasden, qui n’a cessé de le traquer, demande la réouverture de l’enquête.

Passant d’une dictature rongée par la corruption à un pays combattant le terrorisme, Billy Ray n‘a pas su transposer son sujet de façon crédible et convaincante. Egalement auteur du scénario, il lui a fait par ailleurs subir de nombreuses modifications. Du coup la version américaine n’a plus grand-chose à voir avec l’originale.

D’où l’inutilité de cette resucée, machine sans âme même si Julia Roberts arrive à nous émouvoir en enquêtrice de choc doublée d’une mère anéantie en découvrant le cadavre de sa fille. On n’en dira pas autant de Chiwetel Ejiofor et surtout de Nicole Kidman, même si elle réussit l’exploit de paraître toujours plus jeune…

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 23 mars.

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21/03/2016

Grand écran: François Cluzet joue au "Medecin de campagne"

x870x489_aff_medecin_de_campagne_120_1011-1.png.pagespeed.ic.0QaTMi_Ou3.jpgAncien médecin généraliste passé derrière la caméra, Thomas Litli opérait, avec Hippocrate, une plongée particulièrement réussie dans les coulisses de l’univers hospitalier. Donnant de surcroît à Vincent Lacoste l’un de ses meilleurs rôles.

Dans Médecin de campagne, il poursuit sur sa lancée en suivant le docteur Jean-Pierre Werner qui, ne comptant pas ses heures, sillonne inlassablement sept jours sur sept les petites routes, s’arrêtant dans des fermes perdues pour soigner les gens.

Jean-Pierre est passionné par son métier, servant à la fois de conseiller et de confident à ses patients qui ne jurent que par lui. De là à s’imaginer irremplaçable! Sauf qu’il n’est pas à l’abri. Gravement malade à son tour, il est forcé d’accepter de se laisser seconder par Nathalie, venue de l’hôpital, et qui à terme devrait le remplacer. Ours un rien mal léché, Jean-Pierre commence par lui mener la vie dure…

Le réalisateur, qui a lui-même effectué des remplacements en Normandie et dans les Cévennes alors qu’il était interne, a voulu rendre hommage à ces héros en voie d’extinction jouant un rôle social majeur dans les déserts médicaux que deviennent les campagnes. Se précipitant sans relâche au chevet de leurs habitants dont certains n’ont qu’eux pour lutter contre leur isolement et leur solitude.

Les bons sentiments dominent ainsi dans ce film engagé, honorable et méritant, mais assez banal dans son propos et sa mise en scène, même si à l’évidence l’auteur sait de quoi il parle. Correctement interprété sans plus par François Cluzet et Marianne Denicourt, ce Médecin de campagne se traîne un peu entre les petites misères d’une humanité souffrante. Si quelques scènes sont émaillées d’un certain humour, il manque de l’originalité, de la drôlerie, de la tension et du rythme qui faisaient tout le sel d’Hippocrate.   

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 23 mars.

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