Google Analytics

18/08/2015

Grand écran: "La belle saison", une émouvante histoire d'amour lesbien dans les seventies

dafa558e26447adfc1517768a30423f9[1].jpgSigné Catherine Corsini, La belle saison que portent magnifiquement, aux côtés d'une excellente Noémie Lvovsky, Cécile de France et Izïa Higelin, est la bonne surprise française de l'été. Il s'agit d'une histoire d'amour bouleversante, joyeuse, sombre et mélodramatique entre Delphine, une jeune paysanne de 23 ans rêvant d'avoir sa ferme et Carole, une Parisienne de 35 ans alors en couple avec un homme et investie dans le combat féministe des seventies.
 
Opus très réussi aussi bien en ce qui concerne la mise en scène, le traitement du sujet, de l'image et le jeu des comédiennes dont celui de la lumineuse et solaire Cécile de France, alias Carole, récemment rencontrée avec sa réalisatrice à Locarno. Elle a déjà joué les lesbiennes dans cinq autres films et se dit fière de servir la cause gay,"Si cela peut aider les gens à assumer leur différence, tant mieux". Voir  l'interview complet de l'actrice dans ma note du 8 août dernier. 
 
Pour Catherine Corsini, cette plongée dans la France puritaine de Pompidou lui a permis de rendre hommage aux femmes engagées à la tête de la lutte pour l'égalité, la liberté sexuelle et l'émancipation de leurs congénères isolées socialement et qui n'avaient pas droit à un compte en banque.

catherine-corsini[1].jpg"Ces combattantes étaient souvent dénigrées, insultées, traitées de mal baisées ou autres grossièretés du genre. Nombre d'entre elles étant homosexuelles, elles ont pu se faire entendre et contribuer ainsi à l'avancée des problématiques à la fois politiques et intimes. Reste que ces  thèmes sont toujours d'actualité. Ce n'est en effet pas gagné par exemple sur le plan salarial. Et il n'existe pas de vraie parité sans loi".

Comment vous êtes-vous documentée?

J'ai fait beaucoup d'interviews et j'ai surtout visionné  l'œuvre de la vidéaste suisse Carole Roussopoulos. Une pionnière, qu''il s'agisse de filmer les luttes féministes ou le premier défilé homosexuel en marge du 1er Mai 1970. Elle était par ailleurs très amie avec Delphine Seyrig, avec qui elle a réalisé quelques métrages militants d'anthologie. C'est en hommage à ces deux femmes exceptionnelles que mes deux héroïnes s'appellent Carole et Delphine.
 
Et qu'est-ce qui a présidé au leur choix?

J'ai écrit le rôle pour Cécile de France, alors qu'elle était réticente à l'idée de jouer encore une homosexuelle. J'étais très triste mais j'ai insisté, je lui ai donné le scénario et elle a fini par accepter. J'étais ravie car je voulais qu'on croie à l'incarnation d'une militante, à un âge où quelque chose s'opère. De plus, elle est très complémentaire avec Izïa Higelin, sa force, son côté courageux, son physique pas complètement glamour.
 
A-t-elle été elle aussi difficile à convaincre ?
 
Au contraire. Elle a tout de suite répondu oui, mais le tournage a été compliqué dans la mesure où elle n'avait pas mesuré l'enjeu, les contraintes d'un tournage. Et il y avait les scènes de nu qui la gênaient. Elle m'a d'ailleurs accusée d'en avoir rajouté, ce qui  est faux..

Il y a aussi Noémie Lvovsky, qui interprète formidablement la mère de Delphine. Elle ne sait même pas que l'homosexualité existe ou du moins ne veut pas le savoir.
 
C'était le cas à l'époque. Quant à Noémie, elle me reprochait de ne jamais lui offrir de rôle. Quand je lui ai proposé celui-ci, elle m'a traitée de folle en me disant: "Non mais tu m'as vue sur un tracteur!" Elle s'est évidemment vite mise au jeu et a même apporté de nuances au peronnage.
 
Puisqu'on en parle, pourquoi situer l'intrigue à la campagne ?
 
On en traite rarement et c'set une manière de rendre hommage au monde paysan, à la terre.

Film à l'affiche ns les salles de Suisse romande dès mercredi 19 août.

17:27 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

05/08/2015

Grand écran: "La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil" rate sa cible...

la-dame-dans-l-a111111111111uto-avec-des-lunettes-et-un-fusil[1].jpgQuarante-cinq ans après Anatole Litvak, le bédéiste Joann Sfar auteur du biopic sur Gainsbourg et du film d’animation Le chat du rabbin, s’est lancé dans l’adaptation du polar de Sébastien Japrisot paru en 1966.

La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil c’est Dany Longo, secrétaire dans une agence de pub. Timide, assez insignifiante en dépit de sa beauté, elle mène une vie solitaire sans véritables attaches, sinon une amitié de jeunesse pour la femme de son patron,

Celui-ci m’a pas de peine à la manipuler après lui avoir demandé de venir chez lui pour terminer un travail urgent, puis de le conduire à l’aéroport et de ramener la voiture, une superbe Thunderbird décapotable, à son domicile.

Mais Dany na jamais vu la mer. Et sur un coup de tête, décide de ne pas obéir aux ordres en prenant la route du Sud. Un voyage qui tourne rapidement au cauchemar. Elle se fait attaquer dans une station-service et plusieurs personnes soutiennent l'avoir déjà vue la veille dans la même voiture. Suffisant pour croire qu’elle sombre dans la folie et de se le répéter sans cesse dans un dialogue angoissant avec elle-même.

Une intrigue qui se veut perverse mais qui ne tient pas ses promesses dans ce thriller à l’esthétique des années 60/70. Doublé d’un road-movie parano flirtant avec le fantastique, le film vire à l’exercice de style prétentieux dans une sorte de jeu de rôles sur un scénario inutilement tarabiscoté.

Dommage pour les acteurs dont la révélation Freya Mayor (photo), francophone d’origine écossaise connue pour son rôle dans la série britannique Skins et l’Italien Elio Germano, qui avait décroché le prix d‘interprétation masculin à Cannes en 2010 pour La nostra vita. A noter aussi, mais pas pour le mieux, la présence de Benjamin Bioley dans le rôle improbable de l’inquiétant patron ourdissant une sombre machination.

ted-2-ted-jessica-barth-01-636-380[1].jpgTed 2, le retour calamiteux de l’ourson érotomane 

Le premier métrage avait fait un tel carton que Seth McFarlane n’a pas résisté à l’appât du gain. C’est ainsi qu’on a malheureusement droit à une suite des aventures de Ted, l’ourson graveleux et érotomane.

Marié, il souhaite devenir papa et demande à son pote John d’être le donneur en vue d’une insémination artificielle. Cependant, s’il veut avoir la garde de l’enfant, Ted va devoir prouver devant un tribunal qu’il est véritablement humain.

Sous prétexte de lutte pour les droits civiques en défendant les minorités assaisonnée d’une ode à la différence, le réalisateur nous fourgue une comédie à prétention effrontée, osée et irrévérencieuse, mais qui se révèle juste calamiteusement outrancière.

D’une beaufitude qui le dispute à la vulgarité crasse, elle dégouline de cet humour gras pipi-caca qu’affectionnent les Américains. Ou du moins les fans de l’auteur. Certains se demandent comment Mark Wahlberg peut se commettre dans de telles inepties..A l’entendre, il trouve lui aussi l’exercice très marrant. Sans oublier surtout que ça en rapporte, des pépètes,,,….

Les 4 Fantastiques usurpent leur nom

Les versions de 2005 et 2007 n’ayant pas franchement convaincu, on repart sur de nouvelles bases. Avec une resucée signée Josh Trank, qui s’est fait remonter les bretelles par la prodution pour son comportement imprévisible. Ce qui lui aurait valu ensuite d’être viré du spin off de Star Wars…..

Mais bref. Quatre jeunes scientifiques se téléportent donc dans un univers parallèle dangereux qui fera subir à leurs corps des transformations étonnantes, l’un d’eux pouvant par exemple allonger et déformer ses membres à volonté ou une autre se rendre invisible et générer des champs de force.

Du coup leur vie est à jamais transformée. Ils devront apprendre à maîtriser leurs nouvelles capacités, tout en travaillant de conserve afin de sauver la Terre d'un ancien ami devenu ennemi. Résultat, la Terrienne que je suis fatiguée de cette sempiternelle option scénaristique, s’est copieusement ennuyée dans l’histoire.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 5 août.

13:07 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it! |

28/07/2015

Grand écran: "Self/Less" ou le fantasme de l'immortalité

detail.4674598c[1].jpgLe fantasme de la vie éternelle, rien de nouveau sous le soleil. Mais un postulat loin de déplaire au vieux magnat newyorkais Damian Hale, atteint d’un cancer en phase terminale. Autant dire qu’il ne réfléchit pas deux fois lorsqu’on lui propose de transférer son esprit dans un corps sain, jeune et athlétique.

Cette nouvelle enveloppe lui permet de redécouvrir une existence de riche célibataire séducteur dont il ne se lasse pas d’explorer les joies et les plaisirs en multipliant entre autres les conquêtes féminines.

Jusqu’au jour où le passé du mort alors marié et père d’une petite fille dont il a enfilé le costume sans remord, refait surface. Pour son malheur. Logique. Quand on vend son âme au diable, le prix à payer peut se révéler exorbitant. Sauf que la manière dont le réalisateur Tarsem Singh traite son sujet, par ailleurs piqué à John Frankenheimer Seconds, l’opération diabolique (1966) n’a hélas rien de passionnant.

Après un début façon science-fiction, doublé d’une ébauche de réflexion philosophique sur l’identité, la survie de la conscience, voire les effets secondaires de l'immortalité, on se retrouve dans un  film d’action convenu. Et dont l’essentiel, sous prétexte de redoutable conséquence de la découverte d’un terrible secret, se résume à une énième et laborieuse chasse à l’homme.

Une traque d'une rare banalité, aussi peu inspirée en somme que le principal protagoniste de l’histoire, Ryan Reynolds, un héros qui manque singulièrement de charisme.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 29 juillet.

19:00 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Grand écran: "Les chaises musicales", avec Isabelle Carré trop empotée pour séduire

featured_les-chaises-musicales-1050x740[1].jpgPour Perrine, reine des gaffeuses, maladivement timide et pseudo-musicienne célibataire frisant la quarantaine, c’est la galère. Tout ce qu’elle trouve pour boucler ses fins de mois difficiles c’est de jouer l’animatrice sous de ridicules déguisements dans des goûters d’anniversaires de mômes ou des maisons de retraite.

Perdue évidemment dans la campagne en se rendant à l’une de ces fêtes nazes, elle demande son chemin à un homme et, toujours aussi gauche et maladroite, le fait tomber accidentellement dans la benne d’une déchèterie. Voyant qu’il ne bouge pas, elle appelle le Samu et s’enfuit paniquée.

Apprenant qu’il a été hospitalisé dans le coma, elle décide de se racheter en lui consacrant son temps libre et va le voir chaque jour pour tenter de le réveiller. Tout en développant un petit coup de cœur pour sa victime, elle lui emprunte au passage son job, son appartement et son chien…

Premier long-métrage de Marie Belhomme, Les chaines musicales, comédie romantico-loufoque se voulant attendrissante, avait de quoi séduire en montrant un personnage a priori craquant, peinant à trouver sa place dans la société. C’est pourtant le contraire qui se produit, tant sa réalisatrice s’obstine à œuvrer dans l’improbable et l’incohérent. Et comme la licence cinématographique a ses limites, on a bien du mal à s’intéresser à ce scénario poussif.

Les comédiens ne contribuent malheureusement pas à relever le niveau. A commencer par Isabelle Carré qu’on avait beaucoup aimée dans Marie Heurtin de Jean-Pierre Améris, mais qui là confond grâce maladroite et niaiserie bêtifiante. Plus empotée que fragile ou candide, elle se révèle du coup plus exaspérante que touchante.

Pas grand-chose à dire par ailleurs concernant Philippe Rebbot, collectionneur de seconds rôles et récemment vu dans Hippocrate, dans la mesure où il passe les quatre cinquièmes du film allongé sans bouger sur son lit, le visage couvert de pansements…

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 29 juillet.

15:36 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

21/07/2015

Grand écran: "Je suis mort mais j'ai des amis", avec papis rockeurs frappadingues

 

imagesBTKG3289.jpgDifficile de se livrer à une plus grande "belgitude" qu’à travers leur dernier long métrage Je suis mort mais j’ai des amis, pour les frères Guillaume et Stéphane Malandrin.

Cette comédie burlesque raconte l‘histoire de  Wim, Yvan, Pierre et Jipé, quatre papis rockeurs déglingues qui, entre bières et frites, passent leur temps à jouer dans les troquets où ils sont engagés.

Jusqu’au jour où ils décident d’aller faire une tournée en Californie. Mais à la veille du départ Jipé, le leader et chanteur du groupe qui a abusé une fois de trop de la bouteille, se tue bêtement lors d'une chute.

Ses trois amis, déterminés à  honorer envers et contre tout sa mémoire, dérobent l’urne funéraire et se lancent dans un road movie déjanté entre Bruxelles, et Los Angeles, avec un détour mouvementé chez les Inuits, dans le Grand Nord québécois. 

Le tout en compagnie de Dany, un pilote de l’air moustachu débarqué par surprise pour leur apprendre qu’il était depuis quelques années l’amant de leur pote décédé… Et qui, en dépit de leurs tentatives grossières pour s’en débarrasser, ne va pas leur lâcher les baskets. 

Ce film émouvant, tendre, cynique, humoristique et absurde sur le deuil, l’amitié, les rêves et les illusions perdues, met en scène d’attachants pieds nickelés du rock sur le retour. Une farce réjouissante qui doit beaucoup à ses acteurs, Serge Riaboukine, Wim Willaert et surtout l’irrésistible Bouli Lanners. Meneur de la fine équipe, genre bouledogue croisé avec un ado attardé. il s’éclate dans le rôle d’un rockeur quinqua colérique aux longs cheveux filasses peu ragoûtants,

Losers à la fois gamins, pathétiques et frappadingues, ces trois-là font oublier la caricature souvent appuyée, quelques gags douteux et le côté un rien approximatif du scénario.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 juillet.

18:59 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

06/07/2015

Grand écran: de succès en excès, "Amy", mortelle randonnée...

music-amy-winehouse-shepherds-bush-2007[1].jpg«La célébrité, je n'y crois pas une seconde, elle me dépasserait, me rendrait folle… », dit Amy Winehouse au début du portrait que lui a consacré Asif Kapadia, «Si je pouvais tout rendre pour marcher tranquillement dans la rue je le ferais», confie au téléphone la jeune femme inlassablement traquée à l'une de ses amies d'enfance. C'était la veille de sa mort tragique  le 23 juillet 2011.
 
Fragilisée par des addictions diverses, elle succombait alors à un arrêt cardiaque provoqué par une alcoolémie massive. Elle avait 27 ans et ajoutait son nom à la liste de rock stars décédées au même âge, Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, Kurt Cobain...
 
Dans son documentaire, Kapadia montre une artiste au talent unique, diva de la soul récompensée par six Grammny Awards, mais qui n'était pas née pour la gloire  C'était une fille ordinaire qui a vécu une chose  extraordinaire. Une pression constante et insensée des medias, associée à un succès planétaire et à un mode de vie suicidaire ont fait de son existence un château de cartes à l'équilibre précaire, dit-il en substance.
 
Les différents visages de l'icône
 
Pour retracer son parcours hors norme en forme de randonné mortelle, Asif kapadia, auteur entre autres de Senna, un documentaire sur le champion brésilien de F-1, s'est livré à un énorme travail de recherches, Il a multiplié les entretiens, rencontré les amies  d'enfance de la chanteuse, les membres de sa famille en particulier son père Mitchell, chauffeur de taxi  reconverti les derniers temps en manager, son mari toxicomane Blake Fielder. Il livre un film fort, intense, émouvant, fourmillant de détails, nourri  d'images jamais vues, de films de famille, de témoignages inédits. Le tout sur fond de la musique d'Amy, à travers des live. 
 
On y découvre ses différents visages. De l'ado rondelette drôle, gouailleuse, décapante et se moquant des conventions sociales, à la brindille iconique couverte de tatouages, coiffée choucroute et à l'épais trait d'eyeliner, en passant par l'interprète perfectionniste, la passionnée de jazz, l'amoureuse folle et la junkie ravagée, déchirante, oeuvrant à son autodestruction.  
 
Amy-Le-realisateur-defend-son-film-honnete-et-respectueux-envers-Amy-Winehouse_portrait_w532[1].jpgDeux tubes planétaires
 
En 2003, elle sort son premier album Frank, simple dans le style Winehouse, mélange de jazz, de blues et de soul, avec des textes écrits par elle et entièrement autobiographique. Il connaît un joli succès commercial et la désigne comme l'une des nouvelles voix les plus originales de la pop. Deux ans plus tard, Amy déménage dans le quartier londonien de Camden et la vie de la jeune femme, déjà sous antidépresseurs depuis l'âge de 13 ans, commence à basculer.
 
C'est là qu'elle rencontre Blake Fielder qui l'initie au crack et à l'héro. Elle en est dingue, il lui brise le cœur et elle compose deux tubes cosmiques: Rehab, après Back to Black sur cette rupture qui l'a détruite. Mais Blake revient et ils se marient en 2007. Ils anéantissent plusieurs tentatives de désintoxication du couple
 
Dérangeant, passionnant, l'opus donne lieu à des scènes bouleversantes dont celle d'un concert à Belgrade, le 18 juin 2011. Amy était arrivée hagarde, titubante, tirant sur sa robe, errant d'un musicien à l'autre, s'asseyant dos au public, incapable de chanter, huée par la foule en colère. Elle avait alors annulé sa tournée estivale. La fin était proche….
 
Kapadia accusé de flirtrer avec le caniveau
 
Certains reprochent au réalisateur de flirter avec le caniveau, de mettre en scène une descente aux enfers fabriquée en abusant d'images détritus glanées sur le net, de photos volées par les paparazzi, de faire du spectateur un voyeur, de l'entraîner dans la propre vulgarité  du système qu'il entend dénoncer, bref de ne rien lui épargner de ces remugles rendant l'opus presque insupportable.
 
Alors oui, c'est vrai, Kapadia va parfois dans l'excès, l'exhibitionnisme, le trash, le graveleux. Avec raison, car ce qu'il divulgue laisse imaginer pire. En faire abstraction serait oublier que c'est à Amy Winehouse que rien n'a été épargné. Victime d'une surenchère hypercrasse entre les tabloïds anglais, elle fut surexploitée par tous au sommet de sa gloire puis vilipendée lors de sa chute, ridiculisée à coups de plaisanteries grasses dans les journaux et à la télévision  
 
Edifiant, Amy est un grand documentaire musical à ne pas manquer. Nonobstant les critiques des proches de la star. Au début approbateurs, ces derniers ont attaqué le film qu'ils estiment trompeur. A les entendre, il contient des mensonges concernant la chanteuse et ne reflète pas les efforts gigantesques entrepris par tous pour aider Amy à toutes les étapes. L'entier de ce qui a été dit a été vérifié plusieurs fois, déclare de son côté Asif Kapadia.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 juillet.

14:00 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

23/06/2015

Grand écran: "Une seconde mère", portrait critique de la société brésilienne

UNE+SECONDE+MERE+PHOTO2[1].jpg

Domestique depuis dix ans chez de riches Brésiliens de Sao Paulo façon gauche caviar, Val sert à la fois de bonne à tout faire, de nounou et de mère de substitution pour le fils de la famille qu’elle a pratiquement élevé. Abandonnant ainsi Jessica, son propre enfant, dans le Nordeste d’où elle est originaire.

Les deux femmes ne se sont donc pas revues depuis tout ce temps. C‘est  alors que Jessica, prête à entrer à l’université, annonce à Val qu’elle va venir en ville pour passer un grand concours d’architecture. Les maîtres de maison acceptent qu’elle vienne habiter chez eux. Sans complexe, la jeune fille ne va pas se gêner pour bousculer la hiérarchie ambiante.

Un fossé de génération s’est en effet creusé entre la gouvernante soumise et dévouée trouvant normale la façon dont elle est traitée, et l’adolescente rebelle qui estime sa mère bien trop servile. Pas question en effet de se plier aux règles, comme dormir dans une chambre de bonne,  manger à la cuisine ou ne pas se baigner dans la piscine. Val n’en croit pas ses yeux et tente en vain de remettre Jessica à sa juste place.

Anna Muylaert, qui a gagné le prix de la critique à Sundance et celui du public à la Berlinale propose, avec Une seconde mère, un portrait de la société de son pays par le biais d’une comédie dramatique à rebondissements savoureuse, drôle et touchante.

Mais au-delà du divertissement et de l’humour, la réalisatrice brésilienne se livre surtout à un jugement sévère d’un hypocrite système de castes que rejette Jessica, symbole d’une jeunesse rétive à l’asservissement, la condescendance et l‘humiliation. Une réussite à laquelle contribuent beaucoup les comédiens, à commencer par la solaire Regina Casé (photo), magnifique dans le rôle de Val.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 24 juin.

15:54 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

16/06/2015

Grand écran: "Valley Of Love" réunit Isabelle Huppert et Gérard Depardieu

decouvrez-la-bande-annonce-de-the-valley-of-love-de-guillaume-nicloux-avec-depardieu-et-huppert,M219496[2].jpgTrente-cinq ans après Loulou de Maurice Pialat, Guillaume Nicloux a choisi de réunir Isabelle Huppert et Gérard Depardieu dans Valley Of Love pour une mission plus que bizarre. Autrefois mariés, ils sont aujourd’hui séparés. Mais ils ne vont pas moins réaliser le dernier vœu de leur fils Michael, photographe, qui s’est suicidé six mois auparavant.

Dans une lettre, il leur demande d’être présents ensemble dans la Vallée de la mort, tous les jours à un endroit différent. Une sorte de voyage initiatique à l’issue duquel ils le reverront. Il le leur a promis.

Voici donc la gracile Isabelle accompagnée du massif et suant Gérard, bedaine au vent, partis pour ce rendez-vous d’outre-tombe avec pliant et parasol, au cœur de ce lieu aride chauffé à blanc. Avec un scénario dont la minceur le dispute à l’absurde, sinon au grotesque, Guillaume Nicloux propose des retrouvailles se voulant émouvantes sur fond de deuil, de mysticisme et de désert à valeur emblématique. Le tout agrémenté de réflexion des deux stars sur leur statut.

Mais ce n’est qu’un ersatz. Tout en nous appâtant avec de superbes paysages, par ailleurs  inratables, le réalisateur capitalise essentiellement sur ses deux monstres sacrés. La limite du film, d’autant que leur jeu se révèle loin du décoiffant. Plus particulièrement celui d’Isabelle Huppert, décevante, alors que sa présence dans un film est habituellement un gage de qualité.

Cette Vallée de la mort qui devient celle de l’amour figurait en compétition au dernier Festival de Cannes. Inutile de préciser que l’opus n’avait rien à y faire. A part avoir permis à ses deux têtes d’affiche de fouler le tapis rouge. Et accessoirement à Gégé de déclarer son amour à Poutine…

maxresdefault[1].jpgUn moment d’égarement

On quitte la Californie pour la Corse. Sans plus de réussite, bien au contraire. Auteur du dyptique sur Mesrine, Jean-François Richet a changé radicalement de registre pour se lancer dans le remake foireux du film de Claude Berri Un moment d’égarement (1977), dont Stanley Donen avait déjà fait une resucée en forme de flop, La faute à Rio, en 1984. La dernière mouture est produite par Thomas Langmann, le fils de Berri, en hommage à son père.

Vincent Cassel et François Cluzet jouent Laurent et Antoine (Pierre et Jacques interprétés par Jean-Pierre Marielle et Victor Lanoux dans l’original), deux amis d’enfance qui partent en vacances avec leur fille respective, Marie (Alice Isaaz)), 18 ans et Louna (Lola le Lann), 17 ans

Cette dernière a le béguin pour Laurent, qui succombe à ses charmes l’espace d’un soir. Le lendemain il regrette et repousse Louna qui le poursuit en vain de ses assiduités. Sans révéler son identité, l’adolescente effondrée confie alors son chagrin à son père qui n’a désormais plus qu’une  idée en tête, faire la peau à l’affreux séducteur de sa fille…

Prétendre qu’une créature de rêve de 17 ans peut tomber raide dingue d’un homme de 30 ans son aîné, même s’il s’agit de Vincent Cassel, bonjour la crédibilité et la persistance du cliché sexiste. Mais on atteint des sommets de beaufitude avec la prestation ridicule de François Cluzet, d'abord obsédé par la chasse au sanglier qui dévaste son jardin puis à l’homme qui a saccagé la vertu de son enfant. Hautement symbolique, non? Bref, Cassel n'est pas seul à s'égarer dans l'histoire...

Films à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 17 juin.

19:28 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Grand écran: "Love Island", comédie kitsch pour vacances croates

 

love-island-photo3[1].jpgLiliane et son mari Grebo passent leurs vacances dans une station balnéaire croate. Enceinte, Liliane va bientôt accoucher et le futur papa se réjouit follement de la naissance de leur petite fille.

Tout est inclus dans le forfait de ce village genre Club Med et le jeune couple a bien l‘intention d’en profiter, notamment des soirées organisées pour distraire les touristes. Lors de l'une d’elles, un karaoké, Grebo désireux d'être le centre de l'attention, s’illustre en interprétant un vieux tube pop. Sa prestation n'est pas trop du goût de Liliane qui, en regardant autour d'elle, aperçoit Flora, une belle jeune femme avec qui elle a entretenu une folle relation amoureuse..

Elle voudrait l'oublier, contrairement à Flora avide de revivre les moments passionnés qu’elles ont vécus. De son côté Grebo, qui ne se doute de rien, est très attiré par la sulfureuse créature, accessoirement monitrice de plongée. Et comme tout est propice à libérer ses instincts primitifs dans cette ambiance de farniente, nos deux héros ne vont finalement pas se priver, quitte à se compliquer singulièrement l’existence. 

Avec Love Island, comédie kitsch aux éclatantes couleurs bollywoodiennes, la réalisatrice Jasmila Zbanic, auteur de Sarajevo, mon amour veut mettre en scène un univers parallèle idyllique où chacun peut enfin pratiquer le lâcher prise. En même temps, elle tient à montrer une autre facette, gaie et insouciante, d’une société bosniaque déterminée à avancer dans un pays en reconstruction après la tragédie de la guerre.

Des intentions des plus louables, Sauf qu’on ne peut s’empêcher d’y voir surtout, à quelques chansons près, une sorte de sous Bronzés croisé avec un ersatz de Gazon maudit. Dommage.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 17 juin.

14:00 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

09/06/2015

Grand écran: les dinosaures attaquent dans "Jurassic World". Sans convaincre

des-tonnes-de-visuels-pour-jurassic-world[1].jpgPlus de tout pour que ça déménage. Et la volonté de nous en mettre plein les mirettes avec des bestioles plus grandes, plus gosses, censément plus terrifiantes. Car les dinosaures de Spielberg, qui a produit Jurassic World, ont été génétiquement modifiés en laboratoire. Et ils attaquent sec, 22 ans après le premier opus. Sans convaincre. Ce qui n'empêchera pas cette quatrième resucée en 3D et en Imax de cartonner un maximum au box-office.

Les événements, ce qui ne surprendra personne, se déroulent dans une île-parc d’attraction idoine. Pour doper une fréquentation trop stable au gout des exploitants, des scientifiques ont concocté un nouvel et gigantesque hybride intelligent, l’Indominus Rex, version XXL du T.Rex, une impitoyable machine à tuer pour le plaisir. 

L’affreux réussit bien entendu à échapper à ses créateurs pour semer la panique en boulottant alègrement ce qui se trouve sur son chemin. Vu qu'il est entouré d’une flopée d’autres créatures préhistoriques aussi voraces, genre prédateurs volants ou marins, les espoirs reposent sur le dresseur de raptors Owen Brady, pour conjurer la menace pesant sur les 20.000 visiteurs dont deux enfants, en l‘occurrence un grand frère et son cadet. Le courage et l’astuce chevillés au corps, ils parviennent à se tirer des griffes de leurs redoutables poursuivants,

Un scénario famélique

Bref, rien de nouveau sous le soleil dans ce blockbuster très attendu, version bruyante peu inspirée au scénario famélique en hommage au maestro, qui multiplie références et clins d’œil se voulant ironiques, tout en surfant sur les dangers des manipulations génétiques. Elle ne s’embarrasse pas non plus de cohérence. A l’image gaguesque de l’héroïne Claire, la tantine des garçons, alias Bryce Dallas Howard, la fille du cinéaste.

Alors que ses vêtements d’un blanc immaculé finissent sales et en lambeaux et que son impeccable brushing ultra lissé vire à l’ondulation un rien sauvage, elle garde de la première à la dernière scène ses talons aiguilles. Parce que c’est une guerrière…Elle a en tout cas les chevilles solides pour courir dans la jungle telle une dératée sans se les tordre.

Un casting multi-ethnique

Le film n’est pas destiné à un public américain a déclaré  le réalisateur Colin Trevorrow, mais à celui du monde entier. Pour preuve un casting international et multi-ethnique. Aux côtés de la rousse Bryce, de Chris Pratt et de Vincent D’Onofrio, star de la série New York, section criminelle, leur compatriote d’origine chinoise BD Wong, psy du FBI dans Unité Spéciale, le Français Omar Sy et l’Indien Irfan Khan.  

Ils n’en sont pas plus charismatiques pour autant, bien au contraire. Autrement dit, à l'exception de son rythme, il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un vélociraptor dans cette copie laborieusement appliquée de la mouture culte initiiale. A part peut-être pour les fans de brontosaures, tyrannosaures, torvosaures, allosaures ou autres  stégosaures. Ils peuvent de surcroît se réjouir dans la mesure où ’une suite est déjà –hélas- en développement!

Film à l'affiche partout ou presque dès mercredi 10 juin.

21:27 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |