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27/04/2016

Grand écran: "Adopte un veuf" ou les joies de la communauté intergénérationnelle...

adopte.jpgHubert Jacquin, gynécologue à la retraite, s’ennuie dans son grand appartement luxueux et déprime devant la télévision depuis la mort de sa femme. Jusqu’au jour où Manuela, pétulante jeune femme quasiment à la rue, vient bouleverser le quotidien du veuf chagrin, à la suite d’un quiproquo.

D’abord très réticent à l’idée d’être dérangé dans son train-train, il finit par accepter non seulement de lui louer une chambre, mais de prendre plus tard sous son toit deux autres personnes, un avocat premier de classe coincé et une infirmière psychorigide

Et voici ce grincheux d’Hubert, cachant bien évidemment un cœur d‘or, livré aux joies de la communauté intergénérationnelle où on s'aime, on s'engueule et on se réconcilie. De vieillard triste au bout du rouleau il se transforme en sexa dynamique et avide de mordre à nouveau dans l'existence. 

Adopte un veuf, signé François Desagnat, met principalement face à face un André Dussollier emprunté au sourire forcé et une Bérangère Krief vite insupportable en tornade débordante d’énergie. A leurs côtés on trouve Julia Piaton et Arnaud Ducret, pas beaucoup plus inspirés. Difficile toutefois pour le quatuor de convaincre dans cette comédie lourdingue, ringarde, téléphonée et pleine de bons sentiments, qui surfe laborieusement sur le sujet à la mode d'une colocation due au manque de boulots et de logements pour les jeunes. 

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 avril.

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Grand écran" "Trumbo" rappelle les heures sombres d'Hollywood, dans le viseur de McCarthy

btrumbo.jpgEn 1947, on est à l’aube de la Guerre froide entre les Etats-Unis et l’URSS. C’est aussi cette année-là que commence la chasse aux sorcières, à l’initiative du sénateur Joseph McCarthy.

Créée en 1938 pour enquêter sur la propagande nazie, la commission des activités antiaméricaines s’est reconvertie dans l’implacable traque aux communistes. Au plus fort de cette effrayante campagne, symbole de la plus grande intolérance, McCarthy s’attaque à Hollywood. Les auditions de stars se multiplient. Dix-neuf personnalités "suspectes" sont sommées de s’expliquer. Dix d’entre elles (on les appellera les "dix d’Hollywood") auront le courage de refuser de répondre ou de dénoncer, dont le célèbre scénariste Dalton Trumbo.

Emprisonné puis inscrit sur la Liste noire

Virulent et d’une rare audace en cette période dangereuse, il sera condamné à onze mois de prison puis inscrit, avec les neuf autres également reconnus coupables d’appartenir au Parti communiste, sur la Liste noire. Il leur est désormais impossible de travailler. Mais Trumbo ne baisse pas les bras bien au contraire. Aidé par sa famille et grâce à son talent, il contourne l’interdiction d’exercer..

atrumbo.jpgLe réalisateur Jay Roach, étonnant car plus porté sur la grosse sinon grasse comédie, raconte son long combat dans l’ombre vers la réhabilitation. Il utilise une foule de pseudonymes, mettant sa femme et ses enfants à contribution pour faire passer sa copie.

Cigarette au bec, whisky à portée de main, il écrit tout le temps, particulièrement dans sa baignoire. Sa machine posée sur une planche, il va pondre une trentaine de scénarios au kilomètre pendant dix ans, du plus nul au meilleur, comme Vacances romaines en 1953 ou Les clameurs se sont tues en 1957 qui lui vaudront deux Oscars.

C’est Kirk Douglas, en poussant en 1960 Trumbo à écrire Spartacus, réalisé par Stanley Kubrick, sous son vrai nom qui le sort de la clandestinité. A l’issue de la projection, les félicitations du président Kennedy, qui en fera même son film préféré, mettront fin au cauchemar des  "rouges" et à une décennie maudite,

Formidable prestations d'acteurs

Servi par une bonne reconstitution des années 50 et assorti d’images d’archives, le film séduit davantage par son ton caustique et son rythme que par sa mise en scène. Mais il vaut surtout pour cette terrible et fascinante page d’histoire, rappelant les heures très sombres d’Hollywood. Sans oublier les comédiens, à commencer bien sûr par le principal Bryan Cranston, nominé aux Oscars, mais coiffé par Leonardo DiCaprio.

Mêlant, élégance, cynisme et drôlerie, le héros de Breaking Bad redonne vie au moustachu Trumbo, personnage hors du commun, charismatique et intelligent, maniant l’humour comme une arme, tout en se révélant provoquant, attachant, combatif, irascible, tyrannique.

A ses côtés, on retiendra notamment Helen Mirren, excellente dans le rôle de la redoutable et perverse chroniqueuse Hedda Hopper, anticommuniste acharnée, soutien actif de McCarthy et Reagan, qui pouvait briser une carrière d’un trait de plume.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 avril.

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26/04/2016

Grand écran: "Dégradé", une autre façon de raconter la Palestine

babass.jpgUn modeste salon de coiffure aujourd’hui dans la Bande de Gaza. On y propose tout, de la pose de bigoudis à l’épilation en passant par la manucure. Dans ce huis-clos interdit aux hommes où les femmes viennent bavarder et se détendre, treize d’entre elles ont été rassemblées par les jumeaux palestiniens Arab et Tarzan Nasser pour leur premier long-métrage, Dégradé.

Un titre symbolique, évoquant à la fois une fameuse coupe de cheveux et une situation violente qui ne cesse de s’envenimer dans la région, rappelée par des coups de feu à l’extérieur de l’établissement. Un gang armé exhibe un lion enlevé au zoo de Gaza, que le Hamas entend récupérer de force.

Aux affrontements hors champ des hommes des deux camps, les réalisateurs opposent l’atmosphère lourde qui règne d’abord dans le salon. Là aussi la tension monte…entre les lionnes. Critiques et remarques acerbes fusent parmi ces femmes à la langue bien pendue et au caractère bien trempé. De tous âges et de tous milieux (une religieuse, une divorcée, une droguée, une fiancée, une femme enceinte, une Russe…) elles sont représentatives des différentes tranches de la population féminine à Gaz. .

Mais face à la brutalité qui s’accroît entre les mâles au-dehors, elles oublient petit à petit leurs crêpages de chignon et se rapprochent en évoquant les interdits et leurs craintes au sein de ce microcosme social qui les contraint à la cohabitation.

abbass.jpgCette comédie noire rondement menée et pimentée d’humour raconte la Palestine d’une manière originale, tout en s’interrogeant sur la place qu’y tient la femme. Elle est portée par une belle brochette de professionnelles ou non. Parmi elles, la grande Hiam Abbass (au centre de l'image), attachante personnalité mi-orientale, mi-occidentale, actrice et réalisatrice pleine de projets. "Cette double casquette fait de moi ce que je suis. Chaque activité se nourrit de l’autre et de mes rencontres", nous confie-t-elle lors de son passage à Genève.

Israélienne, née en 1960, elle a commencé très jeune. A neuf ans, elle fait partie d’un spectacle à l’école qui lui permet de goûter à la magie du métier. Elle suit des cours d’art dramatique jusqu’à la fin du lycée, puis tâte de la photographie avant de revenir par ce biais au théâtre. Elle découvre le cinéma avec Noces en Galilée de Michel Kheiti.

Désormais, sa voie est tracée. En 1987, après un passage à Londres, elle s’installe à Paris, fait d’abord des enfants, deux filles, Lina et Mouna, puis tourne pour le petit et le grand écran. On la voit notamment dans Aime ton père du genevois Jacob Berger en 2002. Mais elle doit sa notoriété à Satin rouge de la Tunisienne Raja Amari en 2005. Elle a également joué sous la direction de Patrice Chéreau et Jean Becker.

Très au fait du conflit israélo-palestinien, elle a été appelée pour un rôle dans Munich de Spielberg, sorti en 2006. Sur le plateau il insiste pour qu’elle coache les acteurs. Elle tergiverse. "Il me voulait pour quatre mois. Trop long pour moi... Finalement je l’ai fait. C’était dur mais intéressant. Une belle expérience. Et surtout cela m’a permis de côtoyer un homme adorable, de voir sa façon de travailler,de constater à quel point il était rapide". 

Dans Dégradé, elle a aimé la capacité artistique et d’observation des frères Nasser, des peintres à la base. "Ils prennent une histoire vraie et la développent. Là ils ont choisi la métaphore pour raconter la vie des Gazaouis dans un huis-clos en ne racontant pas vraiment la souffrance à travers la guerre, mais en se préoccupant du conflit politico-social".
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"Je voulais incarner un personnage nouveau pour moi"

Et son rôle de femme mûre, désagréable, courant après une jeunesse enfuie? "C’est moi qui l’ai proposé. Au départ, on m’avait suggéré celui d’une mère. Mais je l’avais déjà incarnée et j’avais envie d’un personnage nouveau. C’était une première. J’avais l’impression de découvrir cette femme fragile qui se camoufle derrière une dureté de façade".

Seule avec deux autres comédiennes à avoir une expérience de cinéma, elle a aidé ses amis réalisateurs à gérer les amatrices. "Cela leur a demandé une énergie considérable, une disponibilité constante. Il y a eu des scènes difficiles à refaire pour obtenir de l’authenticité dans leurs réactions, C’était presque du travail de théâtre. Au début on a perdu du temps …".

Le film, qui avait été sélectionné à la Semaine de la critique sur la Croisette en 2015 a bénéficié de la célébrité de Cannes pour réaliser beaucoup de ventes à l’international. Il a par ailleurs été montré avec succès à Ramallah, ainsi qu’à Haïfa en janvier de cette année dans le cadre du festival de cinéma indépendant organisé par la fille de Hiam Abbass, Lina Soualem, et deux autres personnes.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 avril.

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19/04/2016

Grand écran: "Belgica", ambiance sexe, drogue et rock'n'roll

belgica.pngHomme à femmes, Jo est un célibataire passionné de musique et Frank, qui ne voit que d’un oeil, un père de famille sans histoire aspirant à la sécurité. Ces deux frères que tout sépare s’associent et voient grand pour transformer le petit bar de Jo. C’est un triomphe. En quelques semaines, le Belgica devient le rendez-vous incontournable, le repaire libertaire des noctambules de Gand, quelle que soit leur origine sociale.

Le Flamand Felix Van Groeningen nous plonge ainsi, à grand renfort de sons, de lumières et de fêtards sous coke surexcités, dans les vapeurs alcoolisées d’un monde parallèle euphorique. Un cocon à l’ambiance sexe, drogue et rock’n’ roll électrisée par la furia de l’explosif duo Soulwax. Voilà qui devrait enthousiasmer les fans.

Mais dans cette nouvelle «babylone» belge, microcosme marginal, anarchique, prônant la mixité et la tolérance, le drame couve et les choses tournent au tragique pour Jo et Frank. Leur antagonisme profond, qui constitue en fait l’unique ressort dramatique du film, refait surface. Pris par la folie des grandeurs, dévorés par leur succès, ils s'opposent violemment et vont jusqu’à se trahir.

Le scénario prévisible est la faiblesse de cette fable morale et hédoniste frôlant l’overdose et tombant peu à peu dans le mélo convenu. Par ailleurs trop long, Belgica finit par tourner en rond, l’auteur rechignant en somme à sortir de l’ivresse de la nuit gantoise. Felix Van Groeningen maîtrise moins bien son sujet que dans Alabama Monroe, qui lui avait valu le César du film étranger en 2014.

En revanche, les comédiens se révèlent convaincants. A l’image de Stef Aerts même si, obligé de jouer avec un œil fermé, il laisse parfois filtrer un mince éclat de pupille. En jouisseur Tom Vermeir, musicien, grand fan de Soulwax et acteur de théâtre, se montre à la hauteur dans son premier rôle au cinéma.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 avril.

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12/04/2016

Grand écran: dans "Demolition", Jake Gyllenhaal détruit tout pour se reconstruire

demolition.jpgRéussite sociale, beau mariage, Davis, jeune banquier d’affaires prospère, mène une vie réglée comme du papier à musique du lever au coucher. Et puis son quotidien tranquille bascule brutalement le jour où sa femme meurt dans un accident de voiture. N’ayant plus goût à rien, il sombre dans la déprime, en dépit des efforts de son beau-père pour le pousser à avancer.

Mais tout ce qui intéresse Davis, c’est d‘envoyer une lettre de réclamation à une société de distributeurs automatiques pour se plaindre d’un appareil défectueux. Ensuite, il se met à lui adresser des courriers où il se raconte, attirant l’attention de Karen, responsable du service clients. Peu à peu, une relation platonique se noue avec cette autre femme, mère célibataire d’un ado de quinze ans. Entre ces deux êtres, Davis tente ainsi de se reconstruire, de renaître en somme, loin d’une existence matérialiste.

Pour cela, il lui faut d’abord démolir ce qui constituait sa vie d’avant, qu’il s’agisse de ses relations, ou plus précisément des objets qui l’entourent, du plus petit au plus gros. En l’occurrence sa maison qu'il attaque à éa perceuse. Prétexte à des scènes de destruction massive à vocation libératrice pour l’anti-héros proche de la folie, en compagnie du fils précoce de Karen qui, lui, est en pleine phase de construction. Métaphore quand tu nous tiens…

Un clou lourdement enfoncé

Mais trop c'est trop. Car s’il s’agit au départ d’une bonne idée, Jean-Marc Vallée, réalisateur canadien qui nous avait notamment séduit avec l’excellent Dallas Buyers Club, nous perd dans Demolition à force de tirer à outrance sur le symbole et le stéréotype en enfonçant lourdement le clou. Sans oublier l’inévitable parabole sur l’inanité de la course à la performance et au profit.

Pesamment répétitif, le cheminement de Davis vers la guérison et la rédemption, qui se veut aussi radical que déjanté, a au contraire tendance à virer au chemin de croix pour… le spectateur. D’autant que l'auteur abandonne un début de cynisme en route et nous emmène droit vers un dénouement prévisible, en misant à fond sur le mélo ordinaire.

Reste l’interprétation. A commencer par celle, entre douceur et violence, de Jake Gyllenhaal. Il se montre plutôt convaincant dans son rôle de veuf bipolaire torturé au regard halluciné, qui pète un plomb sous le coup de la douleur.  A l'image de Naomi Watts, compatissante et compréhensive, qui apporte un peu de stabilité et de sérénité dans l’histoire.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 avril.

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Grand écran: "Les ogres", un film qui s'auto-dévore dans la démesure. Avec Adèle Haenel.

lea.jpgLéa Fehner nous plonge dans l’univers du théâtre itinérant avec Les ogres, comédiens exubérants sillonnant les routes de France avec leur chapiteau sur le dos, s’arrêtant de ville en ville pour faire leur show, qui tient à la fois du cirque et du spectacle forain.

La réalisatrice de 34 ans s’inspire de sa propre vie, ayant elle-même grandi dans ce milieu au cours des années 90. Ce sont ses souvenirs qui nourrissent une histoire évoquant le quotidien d’une troupe façon grande famille recomposée, sorte de microcosme social où on partage tout, où chacun se mêle de tout dans une absence totale d'intimité. Comme de l’arrivée imminente d’un bébé et du retour d’une ancienne amante qui vont raviver des blessures prétendument oubliées, prétextes à la dramatisation exacerbée du récit.

Et Léa Fehner ne fait pas dans la dentelle. Caméra indiscrète fouinant partout en perpétuel mouvement, bouillonnement permanent et à son comble chez ses ogres foutraques. Felliniens sur les bords, ils s’aiment, se déchirent et se dévorent à grand renfort de cris, de hurlements, d’épuisantes démonstrations outrancières de sentiments et d’émotions. Une débauche de vie et d’énergie virant à une démesure et une hystérie qui finissent tout de même par lasser.

En adele.jpghaut de l’affiche de l'opus pour lequel Léa Fehner s'est notamment entourée de son père, sa mère et sa soeur: Adèle Haenel, lâchée dans une arène en effervescence. César de la meilleure actrice l’an dernier pour l’excellent Les Combattants, actuellement également au théâtre à Paris dans Old Tiîmes d'Harold Pinter, elle était récemment de passage à Genève.

Forte personnalité, la jeune  femme, un rien hostile, s’agace qu’on puisse lui demander son sentiment sur ceux que provoquent sa belle ascension dans le métier. «Nouvelle tornade du cinéma français» lui arrache par exemple un «ouais, super» pour le moins dédaigneux… En revanche «féministe» lui va. Rebelle aussi, un peu, enfin elle ne sait pas… Surtout, elle s’en moque. «Ce n'est pas à moi de le dire. Pensez de moi ce que vous voulez».

L'essentiel, c'est la rencontre avec un réalisateur ou une réalisatrice, la promesse contenue dans un scénario, comme celui de Léa Fehner et de ses deux coauteures. La jolie Adèle en serait-elle une, d'ogresse? En tout cas, le film lui a fait du bien. «Il est bruyant, excessif, n’est pas dans la subtilité. Il réveille, remet au centre une vie qui n’a rien de tempéré. Il parle de la confrontation à l’autre, de l’altérité. Il y a une vibration politique hors d’une rationalité dont on nous rebat les oreilles. Et puis ce qui m’a plu, c’est l’improvisation totale qu’il y a dans certaines scènes. C’est génial. On a peur, mais on éprouve du plaisir».

Pour Adèle Haenel, créer un microcosme n’est pas forcément l’ambition de l'auteur.  «Certes cela reste une microsociété. Mais l’important c’est le vivre ensemble. Avec des différences assumées. Chacun est venu avec ce qu’il était. Il ne s’agit pas de mettre les gens dans une case. C’est précisément l’inverse. Trouver sa place au sein d’une telle troupe, c’est assez galvanisant. Il faut viser le moment juste. L’équilibre. Oublier la caméra. Assumer la limite de ce qu’on est».

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 avril.

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08/04/2016

Grand écran: "Les Visiteurs-la Révolution", une vraie daube!

clavier.jpgPour nos pieds nickelés bloqués dans les couloirs du temps, les choses commencent sous la Terreur en 1793 et se terminent chez les nazis. De Robespierre à Hitler en somme…

Réussissant à échapper à la guillotine, le triste Godefroy de Montmirail et son repoussant serviteur en guenilles Jacquouille la Fripouille rallient Paris, plus précisément les combles d’un hôtel particulier, avec l’idée de remettre le dauphin sur le trône.

Une équipée en calèche avec d’arrogants descendants de Godefroy qui, bien décidés à garder leur tête sur les épaules, se font passer pour des négociants en vins. Et nous voici parti pour un film à l’histoire d’un inintérêt abyssal, à l’esthétique immonde, totalement dénué d’humour, mais hélas lourdement émaillé de gags fétides entre pets, pus, furoncles, pustules et haleine de poney. 

Côté comédiens, c’est pareillement calamiteux. Plus exaspérant que jamais, l’omniprésent Christian Clavier au crétinisme avancé en l’occurrence en fait des caisses, braillant chaque réplique, tandis que Jean Reno est carrément transparent. Au point qu’il se fait voler la vedette par des personnages secondaires comme Sylvie Testud ou Karin Viard, que l'on imagine en principe juste venues cachetonner sans vergogne.

Pour résumer, ce troisième épisode est moche, dégueu, mal joué, mal fichu, interminable, évidemment pas révolutionnaire et surtout pas drôle pour un sou. Bref une telle daube qu’on comprend aisément pourquoi le réalisateur Jean-Marie Poiré et son coscénariste Christian Clavier ont refusé de le montrer à la presse. A part aux journalistes qui avaient accepté de faire des interviews…

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 6 avril.

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06/04/2016

Grand écran: "Truth", nouvelle immersion passionnante dans les coulisses médiatico-politiques

blanchet.jpgAprès Spotlight, nouvelle immersion dans le journalisme d’investigation. Avec son premier long-métrage, James Vanderbilt retrace l’un des épisodes les plus cruciaux de son histoire avec Truth: le prix de la vérité, où le scandale flirte avec la manipulation politique.

Le 8 septembre 2004, 60 Minutes, l’émission phare de la CBS, diffuse un reportage intitulé «Bush Guard», remettant en question l’engagement militaire du président candidat à sa réélection, George W. Bush, durant la guerre du Vietnam.

Dès le lendemain, la blogosphère du parti Républicain s’acharne à accuser une falsification de preuves à des fins politiques, menaçant de descente aux enfers la productrice et le présentateur vedette à l’origine du scoop.

Il s’agit du tandem de choc Mary Mapes et Dan Rather, incarnés à l’écran par Cate Blanchet et Robert Redford, l’un des duos les plus charismatiques du cinéma américain. Ils partagent l’affiche pour la première fois en livrant une formidable prestation. Le choix de Redford est à l’évidence un clin d’œil aux Hommes du Président d’Alan J. Pakula, qui demeure «LA» référence dans le domaine. .

S’appuyant sur le livre Truth And Duty, écrit par Mary Mapes, James Vanderbilt propose une intrigue sous tension passionnante, dans une rédaction en ébullition. Entraînant le sectateur dans les coulisses médiatico-politiques, il déroule son film de manière classique. Il suit d’abord l’enquête de 60 Minutes et la diffusion du reportage pour se pencher ensuite sur la tentative de l’équipe de se disculper face aux accusations. Avant de se concentrer sur leurs conséquences concernant les vies professionnelle et privée de ceux qui auraient donc commis l’erreur de ne pas suffisamment vérifier leurs sources. C'est le côté humain, émouvant de l'histoire. 

bobred.jpgMais l’intelligence de l'opus, d’où son intérêt, n’est pas de dire si les reporters ont tort ou raison, de prendre parti sur l’authenticité ou non des documents, de défendre ou d’accabler George Bush. Mais avant tout de montrer les pressions incessantes subies au plus haut niveau par Mary Mapes et Dan Rather pour lâcher le morceau. Qu’il s’agisse de leur propre hiérarchie, ou des politiques que leurs investigations dérangent.

Rappelant l’importance capitale de la liberté de la presse. James Vanderbilt témoigne ainsi de la complexité de l’investigation journalistique, de la difficulté croissante pour les médias de rester indépendants vis-a-vis du pouvoir, bref de continuer à exercer sereinement leur métier à l’heure des réseaux sociaux, auxquels aujourd’hui le grand public préfère le plus en plus se référer.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 avril.

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05/04/2016

Grand écran: "Le miracle de Tekir", une fable aux accents fantastiques

Tekir.jpgAu bord de la mer Noire court la légende d’un vieux Turc aveugle, Tekir, qui recouvra la vue et la santé en tombant dans un lac de boue. Depuis lors, les touristes se rendent chaque année à Tekirghiol, pour profiter des bienfaits de la boue miraculeuse.

C’est dans cette région entre terre et mer que Ruxandra Zenide, née à Bucarest en 1975 et arrivée à Genève à 14 ans, a situé son deuxième long métrage. Dix ans après le premier, Ryna, racontant l’histoire d’une ado de 16 ans, garçon manqué travaillant dans la station-service de son père et rêvant de devenir photographe.

Obligée de retourner en Roumanie faute de financement, elle y réalise donc Le miracle de Tekir, un film sur le mystère de la création a travers la maternité et pour lequel elle a retrouvé Dorothea Petre, l’héroïne de Ryna. Cette fois la comédienne au regard intense et la sensibilité à fleur de peau incarne Mara. La jeune femme aux dons de guérisseuse prétendument vierge mais enceinte, lutte pour protéger son enfant, un miracle selon elle, une conception immaculée.

Accusée de sorcellerie et de faire fuir les poissons, elle réussit à échapper à la violence des habitants du village en colère et se réfugie à l’hôtel Europa avec l’aide d’un prêtre. Cet incroyable établissement de luxe isolé dans des paysages de fin du monde reçoit de riches patientes qui espèrent soigner leur infertilité à l’aide de la fameuse boue.

Mara rencontre l’une d’elles, l’excentrique Madame Lili, qui remet en cause ses croyances mais avec qui elle n’entame pas moins une relation étrange. Ce qui n’est pas étonnant. Entre magie, superstition et religion tout est étrange et assez fascinant dans ce film en forme de fable surréaliste aux accents fantastiques. On retient aussi la belle performance des actrices.  

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 avril.

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Grand écran: "Truman", retrouvailles entre rires et larmes de deux amis d'enfance

darin.jpgUn océan, l’Atlantique, sépare aujourd’hui de grands amis d’enfance. Julian fait une carrière d’acteur à Madrid, tandis que Tomas enseigne les mathématiques dans une université canadienne. Et puis, après des années à vivre chacun leur vie sur deux continents, Tomas frappe à la porte de Julian. Drôle de hasard. A première vue seulement, car il a appris que son pote n’était pas au mieux. Et c’est un euphémisme.

Leurs retrouvailles sont donc synonymes d’adieu définitif. Mais cela ne les empêche pas de passer, entre rires et larmes contenues, quatre jours intenses et hors norme. En compagnie de Truman, le chien de Julian, ils se lancent dans une dernière aventure en se rappelant des souvenirs communs, Evitant de sombrer dans un mélo de pacotille en mêlant subtilement humour et légèreté à la tristesse, au chagrin et à l’émotion du moment, le réalisateur catalan Cesc Gay fait de Truman un véritable hymne à l’amitié et à l’amour, émaillé de scènes comiques.

Ce film fort, évoquant la paternité et le travail, mais surtout le courage nécessaire pour accepter la mort comme faisant partie de l’existence, doit évidemment aussi sa réussite à la performance des comédiens. Particulièrement celle des deux principaux. Ricardo Darin et Javier Camara (photo). Sobres et justes, le premier las de lutter contre la maladie et décidé à mettre ses affaires en ordre, le second un peu paumé face à l’inéluctable, ils se montrent très convaincants.

Simple, délicat, pudique, Truman avait cartonné lors de la soirée des Goyas, l’équivalent des Césars dans le cinéma espagnol. Il était reparti avec les cinq statuettes les plus importantes, film, réalisateur, scénario, acteur principal et acteur dans un second rôle.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 avril.

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