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29/04/2011

Le grand miracle du tamis

C’était tellement moche qu’ils ont coupé la lumière! Je veux parler de ce calamiteux match de hockey entre la Suisse et la France à Kosice. Vous me rétorquerez que les hommes de Sean Simpson ont fini par l’emporter misérablement sur les Tricolores lors des prolongations.

Encore heureux. D’abord, les Bleus ne savaient pas vraiment où ils étaient. Confondant la Pologne et la Slovaquie, ces ignares congénitaux en géographie ont commencé par atterrir, je n’y crois pas, à Cracovie… Ensuite, la pub ne cesse d’annoncer nos laborieux de la crosse comme notre «plus puissante équipe nationale». Je ne vous raconte pas dans quel état doivent être les autres!

Mais je dois bien admettre que cela ne fait que contribuer à ma déprime de ce vendredi, où il a aussi fallu se farcir pendant des heures, sur quasiment toutes les chaînes, le mariage de Kate et William en direct. Puis dans tous les journaux télévisés en différé. Tout ça pour une robe et deux baisers furtifs.

Remarquez, c’est toujours mieux que le Tour de Romandie. Avec la RTS qui se vante d’avoir mis le paquet. Pas moins de 100 collaborateurs, quatre motos, un avion et un hélicoptère pour proposer, par exemple aux Romands, quinze heures de retransmission en direct sur TSR2, son site et ses applications

Aurtant d'argent dépensé alors que les pontes ne sont pas fichus de nous proposer un match de tennis où il n’y a pas de Suisses en jeu, ça me troue. Surtout qu’au train où ça va, à l’exception de quelques rencontres de Grand Chelem,  il n’y aura quasiment plus de raquette sur la TSR.

Eh oui on pourra se brosser avec Sa Grâce qui décline. Sans causer de Wawrinka qui, après ses récentes déclarations fracassantes au Matin selon lesquelles il visait carrément une place dans les dix à la fin de l’année, autrement posé une participation aux Masters, se fait rétamer au premier tour pour la deuxième fois de la saison.

Et cela dans un tournoi de campagne sur terre, en l’occurrence Munich, par un Jamaïco-Allemand qui pointe au 132e rang. Spécialiste du gazon de surcroît. D’accord, Dustin Brown, l’adversaire en question, est hypercraquant avec ses dreadlocks et son sourire ravageur. Il n’empêche qu’il n’est connu que de sa famille.

Mais si le Vaudois est loin d’avoir acquis la nouvelle dimension que certains lui prêtent, il y en a qui vogue dans la quatrième. Je qualifie volontiers Djokovic de Dracula serbe. Désormais c’est de pape qu’il me faudra le traiter. En effet, Novak vient d’être iconisé par l’Eglise orthodoxe du cru, qui lui a décerné la Médaille de Saint Sava du premier ordre, sa plus haute distinction

Parce qu’il a réussi à transmettre un message de paix, d’amour et de solidarité entre les hommes. Le grand miracle du tamis. Franchement je me pince, quand j'imagine que le Vatican, suite à sa béatification le 1er mai, va prendre tout son temps pour canoniser Jean Paul II….    

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23/04/2011

Le Dracula de Belgrade terrorise l'ogre de Manacor

Suite à ses sautes de concentration qui ont un poil gâché sa septième victoire d’affilée à Monte-Carlo, Nadal faisait un peu la grimace, à l'image de son tonton Toni. Il faudra sans doute qu’il revienne à bout de son compatriote David Ferrer dimanche, pour qu’il se rassure un chouïa. Parce que très franchement il n’a pas de quoi se sentir immensément serein après ses succès barcelonais contre l’inexistant Monfils en quarts de finale et l’inconnu Croate Dodig en demi, qui lui a de surcroît pris deux jeux.   

Car il est pareil aux autres, l’ogre de l’ocre. Il a une peur bleue de Djokovic. D’autant qu’il n’est pas encore au top de sa forme. Au contraire le Dracula serbe, sentant l’odeur du sang, a l’air de péter le feu avant de retrouver son principal rival à Madrid et à Rome. Pas étonnant que Rafa ait du coton dans les gambettes rien que d’y penser.

Et Federer, me demanderez-vous? Figurez-vous qu'il n’en est plus question ou presque ces temps. Sinon pour rappeler qu’il avait perdu à trois reprises contre le taurillon ibère sur le Rocher. Exactement comme je l’avais prévu, mais un peu plus tôt que le pensais. De quoi regretter de s’être plaint des sempiternelles remarques idiotes des journalistes au sujet de son déclin. Quitte à lui manquer de respect, au moins causaient-ils de lui. 

Certes, Rodgeur conserve pour l’instant son statut de légende. Mais pour le reste, le phénix au plumage en berne est pratiquement devenu un joueur normal dont on peut attendre du bon comme du mauvais. Surtout du mauvais. Il l'a encore prouvé à Monaco, suite à ses prestations tristounettes à Roland-Garros, Wimbledon, Melbourne, Dubai et Miami.

Oui, ça commence drôlement à compter. J’espère au moins que le maestro a pleuré en regardant Jurgen Melzer, son bourreau des quarts de finale monégasques, se laisser exploser la raquette au tour suivant par Ferrer. Tout comme à Barcelone d’ailleurs, où l'Autrichien n’a de nouveau pas fait le poids face au mille-pattes de Valence survolté. Il n'empêche que ma plus grosse inquiétude, concernant l‘avenir du Bâlois, c'est quand même de voir Henri Leconte voler à son secour

Pour changer de sujet, je me doutais que les Alémaniques n’étaient pas des gens comme nous. Eh bien j’en suis persuadée après avoir lu dans Le Matin, que pour eux Hitzfeld est un demi-Dieu. D’accord, c’est beaucoup le Credit Suise qui le clame, en racontant dans sa pub qu’il possède une dimension internationale, synonyme de leadership et de succès, indépendante des aléas de l’équipe suisse. Une belle jambe pour cette malheureuse Nati déboussolée, que Saint-Ottmar est censé emmener en Ukraine/Pologne en 2012.

Mais il y a également le chef des sports du Blick qui le porte aux nues, le qualifiant de meilleur ambassadeur dont pouvait rêver notre football. Non seulement c’est loin d’être évident, mais on s’en tamponne. Gottmar plaît aussi pas mal à quelques Valaisans. Pour l’un d’eux, avec son allure sobre et distante, le sélectionneur incarne l’archétype de la compétence et de l’efficacité. Remarquez, là aussi il faut voir d’où ça vient. En l’occurrence d’Oskar Freysinger. Pitié! C’est encore pire que d’être défendu par le Riton...

P.S.- Le pitbull ibère s'est à nouveau défait du mille-pattes espagnol en deux sets et remporte le tournoi catalan pour la sixième fois. Mais étant donné la manière un tantinet laborieuse du neveu (quatre jeux de suite perdus dans la seconde manche), oncle Toni doit se dire que cela ne suffira peut-être pas contre l'express de Belgrade.

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15/04/2011

Federer n'avait pas pris son Alka Melzer!

Que Djokovic déclare forfait ou non, cela ne change pas grand-chose aux chances de Federer de marquer beaucoup de points. Et pourtant Dieu sait qu’il en avait l’occasion à Monte-Carlo, où une voie quasi royale s’ouvrait vers la finale. Mais il est piteusement tombé en quarts déjà. Contre Jürgen l'Autrichien qui ne l’avait jamais battu jusqu’ici. De quoi se dire qu’il aurait décidément eu besoin d’un Alka Melzer!

Le plus inquiétant c’est qu’on ne cessait, depuis le début du tournoi, de vanter la forme extraordinaire d’un Rodgeur indémodable, au-dessus de la mêlée et bien dans sa peau de champion exceptionnel. A commencer par l’intéressé, qui se déclarait plus fringant qu’un pur-sang et prêt à en découdre avec les meilleurs. Mais qu’eût-ce donc été s’il s’était senti un chouïa patraque?

Pour ne rien vous cacher, j’ai trouvé qu’il se rapprochait dangereusement du niveau des joueurs français. Alors que Tsonga perdait au deuxième tour un match qu’il avait pourtant «dominé de bout en bout», les spécialistes du cru portaient aux nues Monfils, Gasquet et Simon, délirant à l’idée que les trois mousquetaires se retrouvaient en huitièmes. S’effondrant aussitôt de conserve.

Pour en revenir plus précisément au Bâlois, vous vous doutez qu’il n’a pas songé un instant à un vague ersatz de remise en question. Au contraire. Il a déclaré ltrès séirusement qu’il n’avait pas fait un mauvais match. Je rêve, alors qu’il a gâché sept balles de break! Mais lui, tranquille comme Baptiste, estime juste qu’il devra s’entraîner un peu pour briller à Rome et Madrid. A mon avis il lui faudra en manger, de la soupe!

Certains me rétorqueront que Monte-Carlo ne lui convient pas. Sauf que depuis des mois, je ne sais pas quel tournoi peut être sa tasse de thé. Aussi, étant donné qu’il arrive de moins en moins à lustrer sa légende sur le court, me demandé-je s’il n'aurait pas intérêt à suivre l’exemple de Ronaldinho pour la peaufiner.

Il ne vous a sans doute pas échappé que le Carioca du crampon, autre star en déclin, vient d’être honoré du titre ronflant de «docteur», par l’Académie brésilienne des lettres. La chose s’est déroulée lors des célébrations du 110e anniversaire de la naissance de l’écrivain José Lins do Rego, un inconditionnel du Flamengo, le club actuel du nouvel académicien…

Du coup, pourquoi notre héros national ne se mettrait-il pas en quête d’un petit doctorat de derrière les fagots? Mais non, pas au zoo de Bâle. Je pensais plus tôt aux HEC de Saint-Gall ou à l’Ecole polytechnique de Zurich? Voire celle de Lausanne?

J’ai l’air de plaisanter, en réalité pas du tout. Car pendant que le phénix a le plumage en berne, d'autres se le lissent. A l’image de Murray, qui semble enfin sortir de son terrier. Tandis qu’il n’avait plus gagné un set depuis l’Australie, le voilà dans le dernier carré monégasque.

D’accord, l’Ecossais a du pain sur la planche pour rattraper le Suisse. D’autant que face à Nadal l’ogre de l’ocre, son parcours va probablement s’arrêter là. J’imagine en effet mal la belette l’emporter dans son combat singulier avec le pitbull.

 

 

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08/04/2011

Hitzfeld audacieux? A d'autres!

Peste à bord, deux rats quittent le navire. Mais alors que certains se montrent un brin surpris de la brusque défection de Marco Streller, j’avoue que je le suis bien davantage en apprenant celle d’Alex Frei.

Simplement parce que je le croyais parti depuis belle lurette! Pour ne rien vous cacher, je ne me suis même pas aperçue qu’il avait joué en Bulgarie. Vous me rétorquerez que c’est bien normal dans la mesure où il n’y a pas eu de match.

Bref, il y en a qui versent leur larmichette de crocodile, à l’image de Comisetti, trouvant drôlement moche que ce brave Alex s’en aille ainsi. D’autres évidemment se frottent les mains. 

Mon seul regret, c’est qu’en rendant son tablier l’attaquant n’a pas dévoilé son secret. Et je vais continuer à me demander pourquoi, si performant à Bâle, il n'avait pas le killer instinct sous le maillot national.  

Enfin, il paraît que c’est tout bon pour l’avenir de l’équipe. Cela devrait permettre à Hitzfeld de se livrer aux grands nettoyages de printemps, de faire preuve d’audace dans ses choix et sa tactique pour la rencontre fatale de Wembley.

Très sincèrement, je peine à y croire. Non seulement Ottmar n’aura plus rien dans ses armoires après ses astiquages de saison, mais je ne l’imagine pas une seconde prendre des risques. Alors à moins d’engager des Anglais,…

A part ça, j’ai envie  de me pencher un instant sur les affres de Sa Grâce qui persiste dans sa disgrâce. Selon un site spécialisé dans la raquette, Federer en a ras-le-bol des journalistes qui ne cessent de lui demander, chaque  fois qu'il perd, s’il va rester encore longtemps sur le circuit. Et comme il se laisse rétamer de plus en plus souvent,  la chose devient logiquement lancinante.

Enfin quoi, je suis quand même troisième mondial!

Mais Rodgeur n’en peut plus, car il estime que ses résultats depuis le début de l’année méritent mieux que les sempiternelles remarques irrévérencieuses de désagréables personnages sans imagination, n’ayant d’yeux que pour Djokovic et Nadal.

Les performances du Suisse seraient certes brillantes pour un tennisman normal. Mais pour une légende, il ne faudrait pas charrier. De toute façon le mythe un poil bouffé aux mites a tort de jouer les martyrs. Au contraire il devrait s’estimer heureux que tout le monde continue à se préoccuper autant de sa petite personne.

En effet, le jour n’est peut-être plus très loin où, face à la triste réalité de son classement, plus un chat ne se fatiguera à lui poser la question. Même si, magnanimes, le Dracula de Serbie et le pitbull d’Ibérie jugent qu’il reste un concurrent sérieux dans la course au trône.

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02/04/2011

Les oreilles et la queue pour un Nadal survolté!

J’aime bien l’euphémisme du titre:  Nadal «écarte» Federer à Miami. Alors qu’il l’a pour le moins écartelé, sinon proprement écrabouillé en même pas 80 minutes! De quoi craindre le pire. Si jusqu’ici on avait souvent eu droit à des finales de rêve entre les deux hommes, on risque dorénavant de ne plus assister qu’à des demi-finales de cauchemar. Pour autant évidemment que la légende, actuellement très surfaite, parvienne jusque là.

Pas de service, pas de coup droit, pas de revers, pas de lob, pas de smash, pas de slice, pas d’amortie, pas de volée, pas de passing. Juste quelques vagues coups gagnants, dont se montre sans problème capable le millième mondial.  

En résumé, aucun atout pour espérer désarçonner un tant soit peu le matador de Manacor mâtiné de picador. D'une rare cruauté, il s’est livré à une véritable corrida sur le Central floridien. S’adjugeant une quinzième fois, les doigts dans le nez, les oreilles et la queue d'une bête blessée dès l’entame de la rencontre.

A se demander d’ailleurs comment Rodgeur a réussi à remporter cinq jeux face à l’Attila des courts plus survolté que jamais. Le malheureux était à ce point à la rue, que le commentateur de la TSR n’avait pas souvenir de l’avoir vu malmené de la sorte par son adversaire. Il a la mémoire courte, c’était pire à Roland Garros en 2008 pour l'obtention du trophée, où Federer avait pathétiquement décroché quatre jeux en trois sets.  

Comme d’habitude quand il perd, le Bâlois a accusé un jour sans sur une surface trop lente qui ne lui convenait pas. Rien de grave, il sait qu’il peut encore accomplir de grandes choses. Il est hélas de plus en plus seul dans la confidence. Même si, par charité chrétienne, quelques spécialistes l’espoir chevillé au corps continuent à lui accorder courageusement le bénéfice du doute.

Dans mon dernier billet, je comparais le maestro en délicatesse avec son tennis à Ottmar Hitzfeld dans son refus pathologique de se remettre sérieusement en question. Mais là, il me paraît plus proche de Michel Pont, quasiment persuadé que la qualification à l'Euro 2012 reste possible pour les Helvètes, même en cas de revers contre les Anglais en juin à Wembley! Décidément un électrochoc s’impose pour les deux hommes, histoire de revenir rapidement à la réalité. 

Bref, ce match fut éprouvant. Mais à tout prendre, j’ai préféré regarder Rodgeur subir la loi de Nadal plutôt qu'envisager l’insupportable, une quatrième défaite de suite contre Djokovic. Et à mon avis, Sa Grâce doit appeler le triomphe de son pote espagnol de ses vœux. L’hypothétique renaissance du phénix passe en effet aussi par là.

Car si d’aventure Rafa  au sommet de son art échoue contre Nole,  même labellisé intouchable depuis le début de l’année, je ne vous raconte pas la dimension tragique que prendrait l’échec déjà cinglant du Suisse. Et du coup sa difficulté à remonter une pente dantesque. A côté, pour lui, l'Everest ressemblerait à une montagne à vaches!

P.S.-Et voilà, ce que je craignais est arrivé. Djokovic a de nouveau méchamment frappé. Mais si Federer se voit désormais condamné aux travaux d'Hercule, il peut dans le fond aussi se dire que tout comme lui, Nadal n'y arrive plus. Ne manque qu'une défaite de rang pour que l'Ibère et l'Helvète se retrouvent à égalité face au monstre serbe!  

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27/03/2011

L'espoir rend les fous joyeux!

Ce qui m’épate toujours, ce sont les explications des joueurs pour expliquer une défaite, la plus folklorique d’entre elles étant quand même, qu’ils n’étaient pas dans le match. Alors que très sincèrement je ne vois aucune raison à leur présence ailleurs….

Comme prévu donc, nos malheureux footeux ont pitoyablement paumé en Bulgarie leur dernière chance de très éventuellement se qualifier pour l’Euro 2012. Ce qui ne les empêche pas de conserver bêtement leurs illusions. S’inspirant des candidats de téléréalité, ils ont donc décidé de rester positif, de ne rien lâcher et de tout donner, en étant mentalement à 200%.

Tous, sauf Alex Frei, qui joue la grande muette.  Contrairement  à ses prestations avec le maillot bâlois, il n’a pas le killer Instinct sous les couleurs nationales. Mais s’il en connaît la raison, il la garde pour lui… Décidément entre le mystère et la méthode Coué, je ne vous raconte pas à quel point on est mal parti.

Et non seulement pour Ukraine-Pologne. C’est également hélas quasiment carbonisé pour le Mondial brésilien. Surtout sous la houlette d’Hitzfeld. Des verges pour se faire fouetter avec ce gars-là. Décidément insensé, le masochisme des pontes de l’ASF. Car cet individu est dangereux pour le crampon helvétique. Il  n’est pas loin de penser, figurez-vous, que la Suisse peut l’emporter en Angleterre en juin prochain. A Wembley!  

Cause de cet optimisme béat ? Nous avons bien battu l’Espagne, déclare sans rire le sélectionneur, qui nous sert le même refrain depuis l’Afrique du Sud.  La non référence footballistique,  la victoire trompeuse par excellence, bref l’arbre qui cache la forêt. Dur, dur de justifier son salaire, mais quand même. Si l’espoir rend les fous joyeux, là franchement c’est pire. Il  m’inquiète, ce pauvre Ottmar. Pour ne pas dire qu’il radote.

Ce rabâchage en forme de refus pathologique de se remettre en question me fait d’ailleurs songer à quelqu’un. Vous avez deviné, Federer, sûr de son excellence et seul à imaginer qu’il peut redevenir numéro un mondial les doigts dans le nez. Je sais, j’aime assez évoquer l’enfer pour avoir la surprise de me retrouver au paradis. Mais cette fois, je crois que je vais devoir me contenter du purgatoire.  

 

 

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25/03/2011

Le premier match de la dernière chance

Tout le gratin du crampon sur le pont pour la série qualificative à l’Euro 2012. Avec en ligne de mire, côté helvétique, le premier match de la dernière chance des Suisses contre la Bulgarie. Absolument interdits de défaite donc, les Rouges.

Hélas, avec Saint-Ottmar à la barre désespérément à la recherche de son auréole,  un nouvel échec n’aurait rien d'étonnant. Cela n’inquiète pourtant guère les pontes de l’ASF qui, après quelques vagues hésitations, ont reconduit Hitzfeld à son poste pour deux ans. Soit jusqu’au Mondial brésilien.

Notez qu’ils n’ont peut-être pas forcément tort. Son poste confirmé, le sélectionneur motivé comme jamais a déclaré pouvoir se concentrer désormais pleinement sur la rencontre de Sofia. Et œuvrer avec acharnement à une réussite éclatante. Formidable! Je me demande juste pourquoi il ne s’est pas défoncé de la sorte lors des duels précédents…

C’est ce que pensent  les fans scandalisés par la confiance qu'on vient de lui témoigner. Le brave homme n’a en effet pas franchement la cote, hormis chez quelques supporters égarés, l’espoir chevillé au corps. En cause ses calamiteux ratages successifs mais également, vu le piteux rapport qualité-prix, son exorbitant salaire à six chiffres.

Mais les aficionados des Rouges peuvent s’estimer heureux que les responsables s’en tirent à si bon compte, puisqu’ils ne verseraient au sélectionneur «que» la bagatelle de trois millions jusqu’en 2014. Gottmar ayant affirmé qu’il n’était pas intéressé par l’argent, imaginez un peu le montant vertigineux, si d’aventure il s’était montré âpre au gain!

Autre équipe à fasciner le pékin, l’EDF. Et pour cause, le feuilleton continue. Notamment grâce à la ministre des Sports du cru, toujours plus avide de mettre son grain de sel dans le casting. Chantal Jouanno, s’attirant quelques foudres, a donc relancé la polémique. Jugeant dans un premier temps inadmissible la réintégration de Franck Ribéry et Patrice Evra. Une opération propre à cochonner, selon elle, le maillot hexagonal.

Vox clamat in deserto. L’envoyant poliment sur les roses, Laurent Blanc, n’ayant cure de cette ingérence gamine dans les affaires internes des Bleus, a persisté sans surprise dans son choix. Du coup, Madame de quoi je me mêle a exigé des excuses de la part des mutins de Knysna et les a vivement encouragés à se montrer exemplaires et irréprochables. Pas trop coton contre... le Luxembourg.

Pendant ce temps, à Miami, Federer devrait se préparer à récupérer sa place de dauphin de Nadal, paumée à Indian Wells au profit de Djokovic. Encore que ce soit mal parti, le Bâlois estimant que numéro 2 et numéro 3, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Sans doute. Mais Majesté, que voilà un état d’esprit bien velléitaire pour espérer vous rasseoir un jour sur le trône!

 

 

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16/03/2011

Cuche et son cinéma, ça cartonne au box-office!

Le monde de la latte en ébullition, trois cents journalistes qui se bousculent à la conférence de presse, suspendus aux lèvres de l’orateur de service, le suspense qui dure, intolérable… Jusqu’à la délivrance de l’assistance, la larme à l’œil, applaudissant à tout rompre Didier Cuche, qui les a bassinés pendant un bon quart d’heure avec des futilités avant de lâcher enfin le morceau.

Franchement, quel cirque de la part du skieur helvétique pour annoncer une simple poursuite de sa carrière! Se vantant de surcroît d’avoir gardé le secret et laissé planer le doute, vu qu’il avait déjà pris sa décision à Garmisch.

C’est là que la flèche des Bugnenets a d’ailleurs confirmé son goût immodéré pour le cinéma, s’illustrant presque autant en-dehors que sur les pistes. Dans des films de série Z, je précise. Lors des Mondiaux, il avait chipoté sur la qualité d’un revêtement indigne de son talent. Militant pour que les meilleurs, dont lui naturellement, puissent choisir leur numéro de dossard. Histoire de ne pas être trop tributaires des éventuelles mauvaises conditions et se retrouver ainsi plus proches du podium.  

Il a continué en exigeant de Günther Hujara, directeur des courses masculines de la Coupe du monde, l’abaissement d’un saut qui ne lui convenait pas à Kvitfjell. Demande satisfaite, pour quelques centimètres. Mais comme le Neuchâtelois avait menacé l’arbitre des neiges, déclarant qu’il n’hésiterait pas à l’attaquer en public s’il ne rabotait pas cette fichue bosse, le vindicatif a écopé d’un carton jaune de 5000 francs pour conduite antisportive.

L’amende maintenue, Sa Majesté ulcérée a claqué avec fracas, dans une dernière scène écrite avec les pieds, la porte de la commission des athlètes. Soutenu évidemment par les médias compatissants, non seulement affolés que cette affaire compromette l’intérêt des finales grisones, mais surtout que le champion, blessé dans sa chair, tire définitivement sa révérence.

A commencer évidemment par le grand, l’immense, Monsieur Jaton, qui ne pensait pas avoir autant de grain à moudre pour nourrir ses intenses réflexions à l’antenne. Sa Logorrhée s’est défoncée, salivant toute seule à l’extraordinaire idée d’assister au choc des géants. Cuche et Walchhofer, donc.   

Manque de pot, l’Autrichien plongeait dans le classement, tandis que le Suisse se retrouvait à nouveau chocolat. Les titans au tapis, je me vois forcée de qualifier de SuperCronos le Français Théaux, vainqueur de l’épreuve pour cause, ses compatriotes enragent à cette mesquinerie, d’éclaircie temporaire.

Je sais, l’héroïque Didier a gagné le super-G en Norvège avant de rafler in extremis le globe de la descente devant «Walchi». Et alors? Le contraire eût été un comble pour celui dont l’inénarrable Fabrice ne cesse de vanter semaine après semaine l’exceptionnel talent dans les disciplines de vitesse. Lindsay Vonn en a remporté la bagatelle de trois en trois jours, pourrait dans la foulée s’adjuger le cristal du général et on n’en fait pas un tel fromage. D’accord c’est une fille, mais quand même…   

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11/03/2011

Federer peut-il continuer à jouer le Guillaume Tell du tennis?

Tout ça pour ça, comme dirait Claude Lelouche. Parvenir à égaliser deux fois par les poils mais se retrouver le bec dans l’eau, c’est moche. Et quelle frustration! J’ai pourtant suivi la chose en essayant de ne pas voir, imaginant que si je regardais ailleurs je n’aurais pas le mauvais œil. Mais cela n’a servi à rien, les malheureux Aigles se retrouvent prématurément en vacances.

En même temps, en entendant Louis Matte déclarer avant la rencontre que l’un des détails non réglé, posant en quelque sorte un problème aux Servettiens, c’était la gestion du puck, j’en étais interdite. Il me semblait que la base du hockey consistait justement à le gérer, ce puck. A moins que McSornette ait subrepticement et soudainement décidé de laisser évoluer ses ouailles avec autre chose qu’une rondelle…

Enfin, Big Mac se consolera peut-être de cet amer revers avec l’espoir de pouvoir régner bientôt sur une patinoire digne de ce nom. A l’image de son collègue du crampon Pishyar, mieux loti, qui vient de recevoir les clés de la Praille. Du coup, Magic va créer sa crèche, son musée, son restaurant et sa boîte de nuit. Il reste à souhaiter que ces lieux seront un peu plus fréquentés que le stade… mais pas trop par les joueurs, surtout le dernier.

De la musique d’avenir pourtant. Pour l’instant, le présent se nomme Indian Wells, où les choses sérieuses recommencent côté tennis, deux mois après l’Open d’Australie. Avec une question qui taraude les esprits du petit monde de la raquette: Federer est-il capable de continuer à jouer les Guillaume Tell en transperçant ses adversaires de ses flèches acérées ?

La réponse est assez clairement négative de la part de la plupart des experts, pour qui Djokovic est prêt à briser le mythe helvétique dans le désert californien suite à ses deux victoires indiscutables à Melbourne et à Dubai. Le Serbe est d’ailleurs le premier persuadé de se placer aisément en dauphin de Nadal dans quelques jours.

Et je croyais que le Suisse pensait pareil puisqu’il a annoncé son retour en Coupe Davis aux côtés de Wawrinka contre les Portugais en juillet prochain. Histoire de gagner facilement quelques lauriers qu’il aurait désormais du mal à cueillir sur le circuit.

Eh bien figurez-vous que le phénix a au contraire la ferme intention de redevenir numéro un mondial. Un paradoxe de taille pour celui qui a toujours affirmé haut et fort que (re)coiffer la couronne était incompatible avec sa présence en Coupe Davis. Provoquant ainsi la vindicte populaire.

Certes, Rodgeur se prétend actuellement dans une forme éblouissante, enthousiaste et plus frais qu’une rose. Précisant qu’il ne joue pas très bien, mais très très bien. A mon avis, le compliment vient de Mirka qui veut simplement plaire à son homme. Car franchement, la légende avait l’air totalement absente à Dubai, particulièrement lors de la finale.

Il y a une autre raison qui me pousse à douter de la faculté du maestro à se réinstaller sur le trône. Il a en effet déclaré qu’il avait retenu les leçons de ses défaites contre le redoutable Novak. Une telle humilité de sa part, ce serait vraiment une grande première…

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04/03/2011

Ces Bleus que le drapeau transcende

Ce n’était pas du tennis, mais une exécution. De la part des Espagnols en Belgique bien sûr, mais surtout de celle des Français, auteurs du crash autrichien sur l’aéroport de Vienne. Bref comme prévu, en dépit des jérémiades du roi de l’intox Guy Forget prétendument privé de ses trois meilleurs joueurs (rien n’est moins sûr), les Bleus sont donc venus à bout sans coup férir d'adversaires fantoches, emmenés par un Jürgen Melzer usurpant honteusement son dixième rang à l’ATP.  

Bref, pas vraiment de quoi pavoiser outre mesure pour les Tricolores dans ce premier tour de Coupe Davis. Juste se demander pourquoi ils végètent tous à ce point au classement. Peut-être se disent-ils que c’est tellement plus beau lorsque c’est inutile. Ou plus certainement, farouchement nationalistes, sont-ils simplement transcendés par le drapeau, qui leur produit carrément l’effet de la cape sur le taureau.

Du coup ils foncent et se subliment dans ce genre d’épreuve. A l’image de leurs potes skieurs qui, après avoir collectionné les médailles à Garmisch, ont également glané de l’or en Norvège. Damant le pion aux Helvètes, dont on moque pourtant facilement le patriotisme exacerbé.

Alors que je croyais avoir vu le pire aux Mondiaux alpins, les fondeurs se sont ingéniés à creuser encore pour tomber plus bas du côté d’Oslo. A commencer par le tsar Cologna, qui a touché le fond du trou de la mine en deux courses. Et qui, sauf miracle, devrait récidiver dans le 50 kilomètres, vu qu’il n’a pas le bon matériel. Alors qu’il n’a que ça à faire, s’en préoccuper, de son matos. Franchement on se pince.

Pas autant, je l'admets, qu’en lisant ce titre: «Simon Ammann libère la Suisse». Galvauder un si grand mot juste pour avoir récolté du bronze par les poils au grand tremplin! Heureusement que le ridicule ne tue pas.

Remarquez, nos «cracks» de la latte alpine et nordique n’ont pas été les seuls sportifs du cru à nous décevoir ces temps.  Eh oui, Sa Grâce, qui a lamentablement paumé sa finale de Dubai. Mais inutile de se perdre en conjectures pour en découvrir la raison. Elle est on ne peut plus évidente.

Comme à l’US Open en 2009 où il avait laissé la victoire à Del Potro , se privant ainsi d’un sixième titre consécutif dans le tournoi new-yorkais, le maestro a privilégié la star au champion. Et plutôt que s’entraîner dur, a préféré prendre la pose debout, couché, à la piscine ou dans un hamac devant l’objectif du célébrissime photographe des beautiful people Mario Testino, pour la nouvelle campagne de pub du Credit Suisse.

Ce  look superglam de jeune premier de cinéma permet certes à Rodgeur de rivaliser dans le domaine avec Nadal, la chemise ouverte sur ses plaquettes de chocolat, cheveux au vent à la barre d’un hors-bord dans les Baléares. Il se révèle en revanche nettement insuffisant face à la rage de vaincre du redoutable Djokovic. Mais d’ci à ce que la légende en prenne acte…

21:45 Publié dans Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it! |