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09/12/2011

Les grands miracles du foot

images[7].jpgEstomaqués, abasourdis, secoués, en un mot subjugués. Je veux parler des médias se gargarisant follement de "l’exploit majeur, exceptionnel, fantastique, incommensurable, historique des formidables Bâlois" contre les condescendants British de Manchester United.

Résumant l’intense sentiment de fierté nationale, l’Alémanique 20 Minuten n’a pas hésité à titrer sur "Le miracle de Bâle", faisant allusion au Miracle de Berne, un film sorti en 2003 et qui racontait la fabuleuse victoire des Allemands en finale de la Coupe du monde de 1954 en Suisse, contre la redoutable Hongrie de l'époque.

Audacieux parallèle car en dépit de leur incontestable, flatteuse et inespérée réussite, les Rhénans n’ont en somme que battu un club certes prestigieux mais pas au mieux de sa forme ce soir-là, pour gagner leur qualification en… huitièmes de la Ligue des champions.

Mais à entendre les glapissements des commentateurs ou des spécialistes en délire dont Michel Pont et à lire la prose des journalistes extatiques, on eût pu croire que les braves avaient pour le moins décroché la lune, le soleil et les étoiles.

Preuve en sont la Basler Zeitung criant à l’équipe "pour l’éternité" et le Nouvelliste hurlant au "plus inouï succès du football helvétique qui sera à jamais gravé dans les mémoires". Des propos aussi limitatifs que peu exaltants en somme et qui nous font d'autant mieux comprendre pourquoi la malheureuse Nati devra se contenter de regarder l’Euro 2012 à la télévision!

J’avais quasiment l’impression de parcourir les journaux hexagonaux, suite à une prouesse de Tsonga au troisième tour d’un Grand Chelem. Remarquez, les Tricolores n’étaient pas en reste de prodige vu le score fleuve 7-1 des Lyonnais contre le Dinamo Zagreb. Un triomphe tellement hors norme qu’il y a immédiatement eu soupçon de truquage.

Particulièrement de la part de la presse espagnole qui, mettant fortement en doute ce résultat pharamineux a demandé, comme les Hollandais frustrés, l’ouverture d’une enquête à l’UEFA. L'instance a opposé une fin de non recevoir, aucune irrégularité n’ayant à son avis été détectée sur le terrain ou les paris.

Inutile de préciser que cela n’a pas plu aux Ibères pour qui les miracles n’existent pas forcément, surtout en ce qui concerne les performances phénoménales des Français. Un prêté pour un rendu, histoire de se venger des stupides allégations de Noah sur le prétendu dopage des sportifs espagnols dont l’insolente gagne l’insupporte.

Pereira_Joao_Carlos[1].jpgPour en terminer avec les miracles du foot, s’il y en a un qui se laissera sacrément désirer, c’est celui de Genève. En dépit ou plutôt à cause des déclarations du nouvel entraîneur Pereira (photo). Affirmant que les Genevois doivent retrouver la place due à leur rang (encore faudrait-il savoir lequel), il évoque un "grand club qui dormait et qui se réveille".

Voilà déjà un cruel manque d’imagination pour celui qui se pique de psychologie, de philosophie et de neurolinguistique. Car si je ne m’abuse, c’est exactement ce que disait Costinha, le dictateur sportif à la Lamborghini jaune en… juin dernier. Avouez que dans le genre marmottes, ils se posent un peu là, les Grenat!    

 

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03/12/2011

La danse préférée des présidents footeux...

images[3].jpgOn croit rêver. On verrait ça au cinéma, on se dirait mais quel mauvais scénario! En plus franchement pas crédible. Comme quoi la réalité dépasse toujours la fiction. Je veux parler de l’aspect de plus en plus folklorique du foot suisse. Décidément, depuis que Chagaev préside aux destinées de Xamax, on ne compte plus les boulettes.

A commencer évidemment par les siennes, qui lui ont valu une inculpation de faux dans les titres et un refus de permis de travail. Ou celle de sa directrice qui, pour d’obscures raisons, a menti à la justice à propos de la fausse attestation des 35 millions de dollars au nom de la Bank Of America, sensée prouver la fortune du «magnat» tchtchène.

Un Mars et ça repart aussi du côté du FC Sion, avec la Swiss Football League qui se couvre de ridicule en avouant avoir qualifié par erreur les six sans papier du FC Sion. Invoquant un caprice informatique. Qualifiés sur le site, ils ne l’étaient pas dans les esprits, apparemment embrumés, des dirigeants.

Du nanan pour le pétulant boss Christian Constantin. Ben Hur se voyait déjà aux galères après avoir été taclé par le tribunal cantonal valaisan le 18 novembre  dernier, et le voilà qui remonte tout requinqué sur son char pour continuer la course. Exigeant dans un premier temps le renvoi du match de son équipe demain contre les Young Boys.  

Tu es mon héros, je te vire!

A part ça, savez-vous quelle est la danse préférée des patrons de clubs de foot? La valse des entraîneurs bien sûr. Quelques duels perdus et c’est la porte. Il y a même des spécialistes du limogeage express à l'image de Constantin, toujours lui, chez qui en général les coaches ne font pas franchement de vieux os.

Mais au moins le Bernard Tapie des Alpes a-t-il l’élégance de ne pas déclarer sa flamme aux gens en s’en débarrassant. Et comme d’habitude, c’est chez Calvin qu’on innove en la matière. Plus précisément Magic Pishyar, le boss des Servettiens (photo), qui vient de virer comme un malpropre Joao Alves, le coach portugais pourtant adulé de ses troupes.

Non seulement le manitou genevois le portait encore aux nues quelques jours avant mais osait affirmer, avec des sanglots dans la voix en le sacquent brutalement, que ce brave homme était un être fantastique. Mieux son héros, qui le restera à jamais! Ajoutant sa larme de crocodile, le directeur sportif Costinha, alias le dictateur à la Lamborghini jaune, s’inclinait devant le bon travail du malheureux licencié.  

J'hallucine en me demandant ce qu'il se serait-il passé si d'aventure Alves avait salopé le boulot! J’avoue n'avoir jamais vu pontes aussi sadiques chez les Grenat. Et Dieu sait si les plus improbables se sont succédé entre les Charmilles et La Praille. 

Enfin aussi déboussolés que reconnaissants, les joueurs ont décidé de dédier à leur ancien coach la rencontre de dimanche contre Zurich. Reste à espérer qu’ils vont la gagner. Dans le cas contraire Pereira, son remplaçant, aura déjà du souci à se faire. Et le pauvre Alves boira vraiment la coupe jusqu’à la lie…

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28/11/2011

Masters Cup: il a surtout fallu supporter Marc Rosset!

785707-13391912-317-238[1].jpgEt de six. Sa Grâce, qui a retenu in extremis une larmichette de couler, va un peu plus compliquer la tâche de ses rivaux après sa victoire à Londres. Etant donné la tenue annuelle de l’épreuve, son nouveau record sera évidemment le plus difficile à battre pour les deux autres cadors actuels du circuit.

Si on peut imaginer qu’un Nadal, vainqueur de dix Grands Chelems a virtuellement la possibilité de dépasser les seize du maestro en deux saisons, il lui faudrait six ans ne serait-ce que pour l’égaler dans la Masters Cup. Un exploit tout aussi duraille à concevoir pour Djokovic, bien que le vampire de Belgrade se soit imposé en 2008. 

Reste qu’il fallait avoir des nerfs d'acier pour suivre cette finale Federer-Tsonga. Pas tellement en raison du suspense que Rodgeur a cru bon de faire régner en s’emmêlant les pinceaux alors qu’il servait pour la victoire au second set, puis en ratant une balle de match au t-break.

Le plus pénible fut de supporter les bavardages impénitents de Rosset. Certes maître incontesté du pronostic, ce qu’il n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler à l’envi, mais surtout prince de la tchatche, roi de la menteuse en folie, bref empereur du caquet jamais rabattu. Une telle overdose qu’à côté de lui Sa Logorrhée Jaton est un enfant de chœur.

Vertigineusement fatigant, il n'a laissé aucun répit au spectateur, forçant du coup Pascal Droz à ramer sec pour en placer une. Tout en ne cessant de rappeler son passage sur les courts, le grand Marc nous a ainsi a furieusement bassinés avec ses sempiternelles remarques depuis le début du tournoi. Nous expliquant inlassablement à chaque jeu de service l’importance de la première balle tandis que chaque point perdu par chaque protagoniste était immuablement commenté d’un «là il doit s’en vouloir!».

Et je ne vous raconte pas ses pointues analyses à géométrie variable. Plus particulièrement concernant Federer et son dernier match. Alors que c’était à son avis du tout cuit en deux manches en raison d'une admirable maîtrise née de l’extraordinaire expérience du champion hors du commun, notre consultant de choc a illico rebouché le champagne en évoquant carrément un Monsieur-tout-le-monde logiquement rattrapé par le stress. Faudrait savoir!

A part ça, je regretterais presque que Tsonga ait perdu. Certes un succès nous eût valu un déferlement médiatique sans précédent, Jo-Wilfried, qui s’est personnellement trouvé éblouissant ayant déjà été qualifié de héros pour avoir atteint la demi-finale. Mais au moins ça nous aurait changé du triomphe de Noah à Roland Garros en… 1983

 

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26/11/2011

Rebelote façon Bercy pour Federer...

imagesCAHVTPHH.jpgJe vous disais dans ma chronique précédente que même blessé, un taureau espagnol demeurait dangereux. Mais évidemment cela dépend à quel point. Et fallait-il que la bête de Manacor soit sur les genoux avant de pénétrer dans l’arène, pour se laisser aussi facilement couper les oreilles par Federer, puis la queue par  Tsonga…

Avec un Murray quasiment forfait d’entrée, le fessier décontracté mais trahi par son aine et Djokovic en mal de caisson hyperbare, c’est rebelote façon Bercy pour Rodgeur qui se retrouve à nouveau seul des Big Four sur le sentier de la gloire.

Et pour cause. Qui veut aller loin ménage sa monture… Il n’en faut pourtant pas davantage pour que les détracteurs de la légende, confondant chance et intelligence de préparation, évoquent avec mauvaise humeur une Masters Cup au rabais.

En tout cas cela permettra peut-être à Marc Rosset de se faire momentanément appeler Madame Soleil, lui qui avait pronostiqué dès l’entame des hostilités londoniennes une finale Federer-Tsonga, avec la victoire du premier. Nous soulant d’ailleurs avec ses talents divinatoires jusqu’à ce que Berdych sème le doute en coupant inopinément les jambes à Ferrer, la mobylette ibère à court de jus.  

En principe une fleur en forme de rose pour Guillaume Tell qui rencontre le mille-pattes de Valence dans le dernier carré, mais une épine pour Jo-Wilfried devant affronter le Tchèque qui, lui, a au contraire soudain mis un tigre dans le moteur.       

yannick_noah21[1].jpgEn attendant le dénouement de la chose, deux mots sur la polémique soulevée cette semaine par Yannick Noah dans une tribune du supplément du Monde. Le plus étonnant dans l’affaire, n’est pas tellement qu’il prône la légalisation du dopage et la fin de l’hypocrisie en proposant de fournir à chacun la «potion magique» qui fait gagner… les Espagnols, mais qu'on accorde une telle audience à un tennisman moyen reconverti en chanteur banal.

J’entends d’ici les protestations outrées de ceux qui l’ont élevé au rang de champion planétaire. Pour avoir gagné, à l’image d’une bonne dizaine de joueurs, un seul Grand Chelem dans sa carrière et mené deux fois les Tricolores à la victoire en Coupe Davis. Certes, ce n’est pas rien, mais on ne fait pas un tel fromage à propos d’autres capitaines méritants.

Bref. Si une petite minorité vole au secours de Noah, s’étonnant qu’on ne puisse remettre en cause la légitimité de la lutte antidopage ou notant que ses propos vont dans le sens des travaux de certains chercheurs, le pavé dans la mare de la personnalité préférée des Français avec Zidane et Mimie Matthie (on a les idoles qu’on peut) a provoqué une pluie de réactions indignées.

Du coup, il se retrouve dans la peau de l’arroseur arrosé, Toni Nadal, l’oncle de Rafa résumant ainsi le sentiment plus ou moins général : «Ce type ne mérite aucun respect. Il croit que tout le monde est comme lui. Cela me choque qu’une personne d’une honnêteté douteuse se permette de parler mal des sportifs espagnols ».

Pas top, mais il y a pire. Le pauvre passe désormais auprès de nombreux ses ex-pairs, alors envoûtés par son charisme, pour un trublion irresponsable, stupide, jaloux et un rien attardé.  Michael Llodra va jusqu’à le soupçonner d’avoir éventuellement bu un coup de trop avant de prendre la plume. Plutôt pathétique…

Apparemment le «roi de la provoc» a compris le message car il rétropédale sec dans une interview au Monde, déclarant qu’il a simplement voulu faire une démonstration par l’absurde avec la volonté d’ouvrir le débat. Franchement, mon œil…   

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18/11/2011

Et ça continue à grenouiller dans le crampon

imagesCAZC54Q4.jpgY a pas de racisme dans le sport… Peut-être un mot ou un geste déplacé… La victime elle doit se dire que c’est un jeu et on se serre la main à la fin…Vous y ajoutez une pointe d’accent beur et c’est carrément un sketch de Gad Elmaleh. Sauf que ce sont de vraies paroles prononcées par le président Blatter sur CNN.

Le ponte de la FIFA a tenté de nuancer par la suite, mais le mal était fait. Il se trouve des indignés en Angleterre pour réclamer sa tête, le jugeant complètement dépassé. Jusqu’à Martine Brunschwig Graf qui s’est vivement émue de cette inconvenance sur les ondes de la Première.

Inutile de préciser que le boss a exclu de démissionner. Et tandis qu’il ne participe pas franchement à la grandeur de l’Helvétie avec ses propos douteux, voilà que le bouillant Constantin se voit désavoué par le tribunal cantonal du Valais et ses recrues estivales suspendues avec effet immédiat. Là encore on pouvait s’y attendre, Ben-Hur ne désarme pas. La course continue. 

Pour couronner l'ensemble la TSR révèle que des contrats occultes, tombant sous le coup de la loi, ont lié des joueurs de Xamax et Boulette Chagaev. Plusieurs auraient été engagés via une société offshore appartenant au Tchétchène, un procédé qui a permis des économies sur les cotisations sociales en Suisse.

Tout cela divise les aficionados du crampon. Mais il y a au moins une chose qui devrait les réjouir en les mettant d’accord, c’est la non participation de la Suisse à  l’Euro 2012. Avec sa minable victoire au Luxembourg où elle a joué les intermittents du ballon, je ne vous raconte pas le ridicule auquel la bande bout-de-bois d’Ottmar Hitzfeld nous aurait exposés en Ukraine et en Pologne!

C’est d’ailleurs le triste sort que les Bleus de l’EDF à nouveau en panne de jus risquent de réserver à leurs compatriotes, en bouclant l’année encore plus chichement que nos Rouges avec un match hypernul contre la Belgique, suite à un laborieux succès sur les Etats-Unis.

Remarquez, cela n’a pas empêché le sélectionneur Laurent Blanc de demeurer optimiste. On a avancé et progressé même si cela ne s’est pas vu lors de ces deux matches a-t-il assuré, plus farfelu que Gottmar dans l’analyse des performances de ses troupes.

Mais je ne vais pas me plaindre dans la mesure où cela nous vaudra peut-être quelques épisodes croustillants deux ans après le traumatisme sud-africain généré par l’inénarrable Domenech. En effet, les Tricolores pourraient se retrouver dans le groupe de la mort, opposés aux ogres espagnols, allemands et portugais.

Autant dire que les carottes seraient vite cuites. Et dans l'immédiat, nos chers voisins n’ont pas de superchampions à se mettre sous la rétine pour se consoler. Contrairement à notre Guillaume Tell de la raquette, qui vient de remporter le tournoi de Bercy une main attachée dans le dos. Au point qu’il a été encensé par Tsonga, son rival malheureux en finale. «C’est le plus grand joueur du monde et il le restera pour un bout de temps», a déclaré le boxeur des courts sonné d’entrée.    

Une profession de foi partagée par les spécialistes du tamis en émoi qui ne cessent, après avoir vilipendé Rodgeur, de rappeler ses fantastiques statistiques. Du coup je croise les doigts, en espérant que cet écrasant panégyrique ne provoquera pas l’effondrement de Sa Grâce chez Sa Majesté britannique.

Car si ce n’était pas trop sorcier pour le maestro de défendre à Paris l’honneur perdu des trois seigneurs de la jungle, pour cause de forfait, d’abandon ou d’échec, ce sera une autre chanson à Londres. Notamment de la part du piaffant Nadal dont on a prétendu, apparemment à tort, que le corps n'était que souffrance. De toute façon, même blessé, un taureau espagnol reste dangereux. 

 

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13/11/2011

La légende balance Tsonga dans les cordes

781052-13308106-317-238[1].jpgEtant donné l’absence du pitbull ibère, l’abandon du vampire serbe puis la défaite de la belette écossaise, il eût été assez surprenant que Sa Grâce helvétique ratât le coche à Paris. D’autant que surfant sur son succès bâlois, le maestro nous a quasiment refait du Rodgeur des années glorieuses tout au long du tournoi.

Egalant la performance d’Agassi en remportant Bercy deux ans après Roland Garros, le seul homme à avoir atteint la finale des neuf Masters 1000 a, dans la foulée, récupéré la troisième place du classement. 

Certes on pouvait imaginer le contraire, notamment en consultant le site d’Eurosport, où les spécialistes pensaient que la légende devrait déjà s’employer ferme en quarts de finale face au fringant à Juan Monaco. Et risquait surtout de disparaître en demi-finales contre l’éblouissant Tomas Berdych au sommet de sa forme et de sa confiance, bourreau d’un Andy Murray faisant pourtant figure d’épouvantail.  

Vu la raclée que lui a flanquée Federer, je me demande juste ce qui se serait passé si d’aventure son adversaire du jour n’avait pas été au top du top… Ce qui a évidemment poussé nos experts à revoir leur jugement, réduisant un peu l’éclat du lumineux Tchèque pour évoquer la partie de rêve du Suisse, toujours capable de produire un tennis dont lui seul a le secret…

L’autre monstrueux obstacle à se dresser contre le phénix, c’était naturellement Tsonga, leader incontesté de la raquette hexagonale devant les mousquetaires à la dérive Monfils, Simon et Gasquet. Bien qu’il fut parvenu dans le dernier carré grâce au forfait de Dracula et en finale avoir laborieusement battu le géant américain John Isner, dont le talent est quand même inversement proportionnel à la hauteur.

Mais depuis quelque temps, les compatriotes de Jo-Wilfried avaient recommencé à le porter aux nues, plaçant récemment le charismatique et électrique boxeur des courts à égalité avec les Big Four au regardde sa deuxième partie de saison.

Avec leur curieuse manière de compter, figurez-vous que notre gloire nationale se retrouvait dixième. De quoi terriblement craindre la redoutable lame tricolore. Pourtant Mohammed, sonné d’entrée, demeurait empêtré dans les cordes. Très déçu mais beau joueur, à l’image de Berdych d’ailleurs, il a rendu hommage au «plus grand joueur du monde et qui le restera pour un bout de temps».

Cette profession de foi doit suprêmement agacer Djokovic et ses fans. Tsonga, qui mène aux points contre  le Serbe, avait commencé à enfoncer le clou dans une interview. Il expliquait qu’affronter le nouveau boss du circuit ne lui procurait aucun sentiment spécial. Ajoutant qu’il avait moins d’aura que Rodgeur ou Rafa et que pour l’instant il était loin au niveau du palmarès. Voilà qui est dit.   

 

  

 

 

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12/11/2011

Ces champions qui ne jouent pas pour les sous...

David-Beckham[1].jpgContrairement à ce qu’on pense généralement, il n’y a pas que l’argent dans le sport. Certes quand apparemment on en manque, ça risque de poser un problème. Comme à Boulette Chagaev, en principe pas autant cousu de dollars qu’il le prétend, ce qui lui vaut quelques petits soucis du côté de la justice.

Remarquez, je ne serais pas trop surprise au cas où il serait fauché. Il me semble avoir écrit dans une chronique précédente que s’il était vraiment plus riche que riche, il se serait débrouillé pour acheter un club nettement plus prestigieux que Xamax.

Mais attendons que les choses suivent leur cours. D’autant qu’en l’occurrence, ce n’est pas du boss de Neuchâtel qu’il s’agit. Je veux parler de ces superchampions, dont on a tendance à décréter hâtivement que seules les pépètes les intéressent.  

Prenons au hasard les footballeurs et les tennismen. Par exemple Beckham, dont la rumeur annonce l’engagement éventuel au PSG. Spécial, je trouve. Il débarquerait au Servette, je ne dis pas. Mais au PSG, à 36 ans, sérieusement, ça étonne. Alors évidemment, on suppose qu’il y a anguille sous roche en forme de jackpot.  

Raté. Sa venue, ai-je lu, dépendrait avant tout du projet sportif et non de la dimension pécuniaire et mercantile dont lui et accessoirement le club pourraient tirer profit. Du coup on évoque un discours rare dans le monde un chouïa pourri du crampon, mais pas étonnant car il correspond exactement au portrait dressé par les «happy few» qui ont le privilège de fréquenter le beau David.

Des propos d’ailleurs renforcés par les déclarations de Nasser Al-Khelaifi, nouveau directeur qatari du club. Non seulement Beckham, un ambassadeur, une marque, un exemple, dépasse le sport selon lui, mais c’est aussi un très bon joueur dont l’âge ne pose aucun problème.

Tout ça pour préciser qu'il a une morale le Spice Boy. A l’image de Djokovic, victime d’un mauvais procès assorti d’un buzz sur le net, au prétexte qu’il se serait inscrit à l’Open de Bercy uniquement pour toucher une prime.

Après l’avoir vu grimacer de douleur à Bâle, puis perdre lamentablement contre un second couteau japonais, j’avoue m’être demandé deux secondes s’il s’alignerait à Paris. Toutefois, cultivant quelques doutes sur la gravité de sa blessure, le retrouver en tête de meute ne m’avait qu’à moitié surprise.

En revanche j’ignorais que s’il zappait le tournoi, il ne toucherait pas son bonus, lequel s’élève à la bagatelle de 1,6 million de dollars. Il est vrai qu’il n’en a pas franchement besoin pour finir son mois. En même temps, plus on en a…

Mais je m’égare. Le Serbe a naturellement balayé d’un revers sec ces vilains soupçons, ulcéré qu’on puisse le prendre pour un âpre au gain. Je suis là pour jouer, pour redevenir compétitif et tenter de gagner la Coupe à Londres. Absolument pas pour les sous, a-t-il déclaré en substance.

La preuve, en dépit de son épaule subitement redevenue douloureuse, il s’est courageusement hissé en quarts de finale du tournoi avant de déclarer forfait. Non mais vous imaginez un peu le désintéressement du bonhomme. Alors qu’un seul coup de raquette eût pu lui rapporter le pactole, il nous a fait deux matches pour le même prix. C’est beau, non?

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Ces stars qui ne jouent pas pour les sous...

David-Beckham[1].jpgContrairement à ce qu’on pense généralement, il n’y a pas que l’argent dans le sport. Certes quand apparemment on en manque, cela risque de poser un problème. Comme à Boulette Chagaev, en principe pas autant cousu de dollars qu’il le prétend, ce qui lui vaut quelques petits soucis du côté de la justice.

Remarquez, je ne serais pas trop surprise au cas où il serait fauché. Il me semble avoir écrit dans une chronique précédente que s’il était vraiment plus riche que riche, il se serait débrouillé pour acheter un club autrement prestigieux que Xamax.

Mais attendons que les choses suivent leur cours. D’autant qu’en l’occurrence, ce n’est pas du boss de Neuchâtel qu’il s’agit. Je veux parler de ces superchampions, dont on a tendance à décréter hâtivement que seules les pépètes les intéressent.  

Prenons au hasard les footballeurs et les tennismen. Par exemple Beckham, dont la rumeur annonce l’engagement éventuel au PSG. Spécial, je trouve. Il débarquerait au Servette, je ne dis pas. Mais au PSG, à 36 ans, sérieusement, ça étonne. Alors évidemment, on suppose qu’il y a anguille sous roche en forme de jackpot.  

Raté. Sa venue, ai-je lu, dépendrait avant tout du projet sportif et non de la dimension pécuniaire et mercantile dont lui et accessoirement le club pourraient tirer profit. Du coup on évoque un discours rare dans le monde un chouïa pourri du crampon, mais pas étonnant, car il correspond exactement au portrait dressé par les «happy few» qui ont le privilège de fréquenter le beau David.

Des propos d’ailleurs renforcés par les déclarations de Nasser Al-Khelaifi, nouveau directeur qatari du club parisien. Non seulement Beckham, un ambassadeur, une marque, un exemple, dépasse le sport selon lui, mais c’est aussi un très bon joueur dont l’âge ne pose aucun problème.

Tout ça pour préciser qu'il a une morale le Spice Boy. A l’image de Djokovic, victime d’un mauvais procès assorti d’un buzz sur le net, au prétexte qu’il se serait inscrit à l’Open de Bercy uniquement pour toucher une prime.

Après l’avoir vu grimacer de douleur à Bâle, puis perdre lamentablement contre un second couteau japonais, j’avoue m’être demandé deux secondes s’il s’alignerait à Paris. Toutefois, cultivant quelques doutes sur la gravité de sa blessure, le retrouver en tête de meute ne m’avait qu’à moitié surprise.

En revanche j’ignorais que si Dracula zappait le tournoi, il ne toucherait pas son bonus, lequel s’élève à la bagatelle de 1,6 million de dollars. Il est vrai qu’il n’en a pas franchement besoin pour finir son mois. En même temps, plus on en a…

Allons, allons, je m’égare. Le Serbe a naturellement balayé d’un revers sec ces vilains soupçons, ulcéré qu’on ose le prendre pour un âpre au gain. Je suis là pour jouer, pour redevenir compétitif et tenter de gagner les Masters de Londres. Absolument pas pour les sous, a-t-il déclaré en substance.

La preuve, en dépit de son épaule subitement redevenue douloureuse, il s’est courageusement hissé en quarts de finale du tournoi avant de déclarer forfait. Non mais vous imaginez un peu le désintéressement du monsieur. Alors qu’un seul coup de raquette eût pu lui rapporter le pactole, il nous a proposé deux matches pour le même prix. Emouvant, non?

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06/11/2011

Retour sur terre des extraterrestres de la raquette

afeder.jpgToujours aussi sensible, Federer n’a pu s’empêcher de verser une larmichette en recevant le trophée de Bâle pour la cinquième fois. Ce qui n’a pas manqué de déclencher une nouvelle vague d’admiration béate des Dupond-Dupont à l’œuvre sur la TSR, eux aussi submergés par l’émotion.  

Ce qu’il n’a pas fallu subir de la part du duo infernal Dupuis-Rosset au cours de la semaine. Faisant  assaut de commentaires éclairés et d’analyses fines, il atteignait des sommets à l’occasion du match entre Djokovic et le jeune Nishikori.

Quand on sert moins fort on marque moins de points sur son service clamait le grand Marc, se demandant dans la foulée pourquoi diable le Japonais ne balançait pas des premières deuxièmes pour se mettre à l’abri...

De son côté la perruche, frétillant d’aise lors d’une fulgurante attaque gagnante du Serbe, trouvait absolument fou la façon dont les meilleurs parviennent à serrer le jeu dans les moments importants. Eh bien oui, c'est logique, banane! Bref, du coup Rosset surenchérissait avec force et conviction. Je dirais même plus, mon cher Pierre-Alain. Il est numéro un et il va tout donner pour n’avoir aucun regret.

On connaît l'issue de la chose, Nole se répandant lamentablement, nettement plus fringant dans son rôle de clown que sur le court depuis le début du tournoi. Et inutile de préciser que le ton du tandem de choc changeait brutalement lors des deux sets suivants.

Dédaigneusement qualifié d’apprenti  à des années lumière du maître, le Nippon se voyait soudain élevé en trois revers et quatre coups droits au rang de top ten. Pour retomber évidemment dans la fosse commune lors de son élimination peu glorieuse le lendemain en finale par Sa Grâce helvétique.

A cet égard d’ailleurs, j’imagine que les fans de Djokovic ulcérés vont profiter de cet écrasant succès express pour démontrer la réalité et l’étendue de la souffrance de leur idole, qui a pourtant courageusement décidé d’aller jusqu’au bout de son calvaire.

Sans doute était-il un chouia diminué. Sauf qu’à le regarder caracoler fièrement et sans problème au cours de la première manche, j’ai quelques doutes sur l’extrême gravité de la blessure. Encore heureux donc qu’il ait daigné continuer le combat, histoire de ne pas gâcher une troisième fois la victoire de son adversaire... 

Bref, c’est un peu le retour sur terre pour le cador du circuit. Parce qu’à le voir aligner 67 victoires pour seulement trois défaites dont deux sur abandon, les aficionados avaient tendance à le considérer comme un surhomme. Lui-même n'en était  pas très loin....

Tout comme Andy Murray, certes un poil moins flamboyant mais assez exceptionnel ces derniers temps, se permettant en sus de reléguer impitoyablement notre gloire nationale au quatrième rang. Hélas, la belette écossaise déclarait forfait pour les Swiss Indoors, en raison d’une contracture musculaire au fessier. Voilà une gêne triviale qui vous humanise drôlement un extraterrestre, je trouve.

De son côté Nadal vient de renoncer à l’Open de Bercy. Non seulement il reste traumatisé par ses échecs successifs face au vampire qui l’a saigné à six reprises en finale, mais son corps n’est que plaie béante à chaque rencontre. Etant donné l’état des deux autres, il y a de quoi rêver à un second triomphe du maestro en chef. Surtout s’il se retrouve seul en lice…

 

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29/10/2011

Le crampon mondial sous la menace... du FC Sion

1262006370_0[1].jpgSi le championnat suisse de foot ne fait pas beaucoup de vagues sur la pelouse, hors du terrain il provoque carrément la tempête. Logique, avec Xamax au bord de la faillite ­-même si Boulette Chagaev a fini par payer les salaires de ses joueurs- et la sulfureuse course de chars entre le FC Sion et l’UEFA. Cette dernière commençant apparemment  à avoir les chocottes puisque Messala Platini a invité Ben Hur Constantin à venir discuter le bout de gras.

J’avoue que ça m’éclate. En plus, à l'image de José Mourinho et Alberto Contador, le pétulant boss valaisan se paie l’avocat de Bosman (photo), un ténor du barreau européen, pour défendre ses intérêts. Du coup certains hurlent au chaos dans le crampon mondial en cas de cause gagnée par le club sédunois, comme on l’avait seriné lors de la fameuse affaire Bosman.

Ce que Me Dupont balaie d’un revers de manche. Cela entraînera simplement un rééquilibrage nécessaire aujourd’hui, déclare-t-il en substance. En fait il est comme moi Jean-Louis. Il se pince un peu lorsqu'il entend dire que le FC Sion va tuer le foot à lui tout seul.

En revanche, Il y en a qui ne sont pas loin d’avoir un pied dans la tombe. Je parle de ces malheureux hockeyeurs servettiens qui, à de rares exceptions près, se font plumer par tout le monde. Mais voir ses Aigles prêts pour la casserole n’inquiète absolument pas Mc Sornette.

Le coach des Vernets aura rarement aussi bien mérité son surnom. A l’entendre, il n’a jamais eu une aussi bonne équipe. Il a même pompeusement déclaré à la télévision que ses joueurs ignoraient jusqu’à la signification du mot «play out».

Et ce n’est pas la victoire acquise par les poils et in extremis contre les Fribourgeois qui poussera notre fanfaron à changer d’avis. Quand bien même son équipe risque, ce soir, de se retrouver à la dernière place du classement après son duel contre Berne.  

Un petit mot de tennis avec Federer qui revient sur les courts à Bâle. Et qui fascine toujours autant en dépit de son quatrième rang à l’ATP. Non seulement 132 personnes ont voté pour lui aux dernières élections fédérales dans sa bonne ville de Schwyz, mais il est numéro un sur Facebook avec ses neuf millions de fans.

Mieux, il y a un mois souvenez-vous, une enquête le classait deuxième personnalité planétaire la plus respectée, admirée et digne de foi derrière Nelson Mandela. D’où un journaliste s’est demandé s’il était possible, pour un sportif, d’avoir une telle influence sur l’Histoire en particulier et nos vies en général.

Quelque part, il semblerait que oui. En résumé, le sport érigé en art à la manière de Federer (qui par ailleurs nous renvoie au divin tant il se situe loin du commun des mortels...) peut en effet changer la réalité ou nous en fournir l’illusion, explique l’auteur de cette question existentielle. Et comme il nous a donné une nouvelle définition du beau dans la raquette, ajoute-t-il, dans cent ans on admirera encore les vidéos de ses matches, comme on se rend au musée pour revoir un Renoir.

Mince alors, moi qui croyais vouer une admiration sans borne à Sa Grâce, je suis loin du compte! Pour ne rien vous cacher, à considérer la peine qu’éprouve la légende à bousculer la hiérarchie mondiale actuelle, je suis déjà en train de regarder ses anciens matches. Comme je vais au musée.

Et ce n’est pas la présence de Djokovic et Murray au Davidoff Swiss Indoors qui va me remonter le moral. Ces deux là n’en ont hélas pas que dans le cigare...

12:15 Publié dans Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | | Pin it! |