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10/08/2011

Festival de Locarno: Depardieu se raconte, en faisant le clown

depa.jpgLe comédien français peut se vanter d’avoir autant la cote à lui tout seul que Daniel Craig et Harrison Ford réunis. C’est par la foule des grands jours que Gérard Depardieu, cheveux longs et costume clair à rayures, a été accueilli façon rock star au Forum de Locarno. Pour un débat public à propos de sa collaboration avec Maurice Pialat, en compagnie de Sylvie, la femme du réalisateur disparu en janvier 2003.

 

Ce qu’il y a de bien avec Depardieu, c’est qu’il suffit de demander pour qu’il déroule, pratiquement sans respirer. Comme a pu le constater un rien désarçonné le directeur du festival Olivier Père, en lui posant une question sur leurs quatre films tournés ensemble Loulou, Police Sous le soleil de Satan (Palme d’Or à Cannes en 1987) et Le Garçu. Et qu’il y aurait dû y avoir un autre,  La gueule ouverte.

 

Savoureuses anecdotes

 

C’est alors parti pour une longue réponse agrémentée d’anecdotes savoureuses et de remarques désopilantes. Surtout que cabotin, il ne ménage personne. A commencer par lui d’ailleurs. Du genre. « J’avais tourné  avec un abruti, Claude Lelouch… Ou encore: «J’ai fait un paquet de films avec un paquet de cons. Mais du moment que j’étais comme eux, je ne sentais pas la douleur…»

 

Dans sa bouche, Jean de Florette de Berri devient «Jean défloré». Et le suivant «Manon la suçeuse…»  A propos de sa rencontre avec Alain Resnais: «C’était le même boy scout que maintenant, avec le même talent. Il ne mangeait pas grand-chose, mais il faisait du bruit. Et en moi-même, je me demandais quand il allait la fermer… »

 

Il a aussi son avis sur le web. « Une boîte à porno qu’on appelle Internet.  Il est vrai que je ne sais pas m’en servir… » Maniant le compliment et déclenchant les applaudissements après les rires, il ajoute: «Le cinéma est dépassé. A Locarno, avec les 8000 spectateurs sur la Piazza Grande, on est dans la fête  qu’il devrait être. »,

 

« Maurice s’est toujours senti trahi»

 

Retour au cœur du sujet: «J’ai fait Les valseuses à la place de La gueule ouverte sans savoir que ça allait torturer Pialat. Sur le tournage de Loulou, au début c’était tendu. Moi avec ma prétention, lui avec sa rancune. En outre, avec ce film, il s’est revu dans un autre monde que le sien. Il m’a haï comme il se haïssait. Puis on s’est réconcilié et on a tourné Police. On n’aimait pas trop Sophie Marceau. On savait qu’elle allait trahir l’amour. Maurice s’est toujours senti trahi…»

 

L’un des meilleurs moments fut celui où Sylvie Pialat a rappelé le tournage de  Sous le soleil de Satan. «Pour l’abbé, on a tout de suite pensé à Gérard. On croyait qu’il mincirait pour l’occasion. Mais quand il est arrivé, il faisait 150 kilos. J’avais dit, mais j’ai pas pu, on mettra un corset, nous avait-il déclaré ».

 

«C’est dur et c’est lourd, la grâce»

 

Il a donc fallu refaire tous les costumes. Ce qui permet à l’intéressé d’en rajouter. «Je n’enlevais plus la soutane car j’avais du mal à la remettre, La foi n’entraîne pas forcément un manque d’appétit. C’est dur, c’est lourd, la grâce. Parfois on était vidé et on se remplissait de cuisses de grenouilles au beurre.» Avec un coup de pinard. On le sait le vin est l’une de ses passions. Pour lui c’est comme le cinéma. «Je n’aime pas les films où il y a 1000 plans qui me soulent avant de boire…»

 

Gérard Depardieu ne se contente pas de faire le clown. Sous les gags, il y a de la culture, de la finesse, de la classe. Cet acteur magnifique, incontournable depuis des décennies, qui a apporté une nouvelle façon de jouer, une de plus belles voix du cinéma, rappelle Olivier Père, se définit comme un être sensible, normal.

 

«J’ai eu du mal à être viré de l’Eglise, de l’école. Je n’ai pas appris, j’ai vécu. Par exemple j’ai été musulman deux ans. Je n’ai jamais eu de carcan pédagogique, de maître. Rien ne m’est tombé dans la gueule. J’ai beaucoup travaillé, sans m’en rendre compte. La vie m’a rendu ce que j’attendais.»

 

 

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08/08/2011

Festival de Locarno: Isabelle Huppert décroche son Léopard

isabelle.jpgAprès Abel Ferrara et son Léopard d’honneur, Harrison Ford et le sien pour l’ensemble de sa carrière, c’était au tour d’Isabelle Huppert de recevoir dimanche soir l’Excellence Award  Moët et Chandon sur la Piazza Grande.

 

Souriante, la lauréate s’est déclarée particulièrement ravie de ce prix qui la montre «bonne élève», lors d’un débat public où elle a retracé les grandes étapes de sa carrière en compagnie d’Olivier Père, le directeur du festival, et de Jean-Marc Lalanne, rédacteur en chef des Inrockuptibles.

 

Sacrée meilleure actrice à plusieurs reprises entre Cannes et Venise, Isabelle Huppert à la tête d’une filmographie extraordinairement riche, pareillement à l’aise dans les registres dramatique ou comique (elle l’a encore récemment prouvé dans Copacabana aux côtés de sa fille Lolita), est l’une des rares comédiennes à avoir construit une œuvre à l’écran par ses choix artistiques, à l’instar d’un réalisateur.

 

Révélée par Claude Goretta

 

Cest La dentellière de Claude Goretta lui aussi bientôt détenteur d’un Pardo, qui l‘a véritablement révélée au grand public. Ainsi qu’aux cinéastes et  notamment à Claude Chabrol, impressionné par son jeu. Avec lui elle a entamé, grâce au remarquable Violette Nozière, une longue collaboration.

 

« Il est vrai que si j’avais déjà tourné avant Aloïse, Dupont Lajoie, ou Les Valseuses, La dentellière allait au-delà de tout ce qu’une jeune actrice pouvait espérer. C’est un long-métrage qui me permettait de mettre en jeu des choses qui n’étaient pas forcément de mon âge comme l’intériorité, la souffrance, la séduction.»

 

 Pour Isabelle Huppert, ce n’est pas l’acteur qui devient un personnage mais l’inverse.. « l’acteur est très vite soumis au personnage alors qu’il faut d’abord être soi. J’ai eu la chance que  Goretta, Chabrol, Haneke ou Claire Denis  me laissent imposer ça.»

 

 Le travail avec les grands

 

 Ce qu’elle recherche avant tout, c’est le travail avec de grands cinéastes. L’occasion pour Olivier Père de lui rappeler la fameuse année 80 où elle a tourné coup sur coup Loulou de Pialat, Les portes du paradis de Cimino, et Sauve qui peut (la vie) de Godard. Voilà qui lui rappelle d’ailleurs quelques anecdotes dont l’une sur ce dernier, à qui elle avait demandé deux mots sur son rôle. Réponse : «Le visage de la souffrance…».

 

Aimant faire confiance aux jeunes auteurs (François Ozon, Christophe Honoré, Ursula  Meier) Isabelle Huppert préfère aussi aller vers les cinéastes plutôt que le contraire. Très ouverte au cinéma étranger, elle vient de rentrer de Corée du Sud où elle a travaillé avec Hong Sang-Soo. On la verra également prochainement dans un film du Philippin Brillante Mendoza.

 

En attendant, cinq films dont cette magnifique interprète qui s’illustre parallèlement aussi sur les planches, garantit la qualité par sa seule présence, sont projetés à Locarno, un festival qui représente pour elle l’amour au cinéma. Et qui la ramène à la Suisse, pays avec lequel elle entretient d’étroites relations à travers le cinéma ses réalisateurs et ses lieux, notamment le Théâtre de Vidy et la comédie de Genève où elle a beaucoup joué.

 

Rien de plus normal. «Comme disait Godard, rappelle-t-elle, la Suisse est un grand studio hollywoodien, avec des vaches… » 

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07/08/2011

Festival de Locarno: ambiance Croisette avec Harrison Ford et Daniel Craig

craig.jpgBallet d’hélicoptères et de voitures, ambiance Croisette au Forum de Locarno avec caméras qui flashent, portables qui enregistrent, journalistes qui se bousculent pour dénicher un fauteuil, curieux qui s’agglutinent autour du Forum dans l’espoir d’apercevoir les célébrités du jour.

 

Entre deux trombes d’eau, Locarno a pris des airs hollywoodiens pour la conférence de presse de Harrison Ford et de Daniel Craig, flanqués de leur réalisateur Jon Favreau et de leur partenaire féminine, la belle Olivia Wilde. Tout près de leur voler la vedette d’ailleurs, l’héroïne de Dr House.

 

Deux heures plus tard rebelote dans le glamour sur la Piazza Grande, où Harrison Ford s'est vu récompensé d'un Léopard pour l’ensemble de sa carrière. «Je suis très fier de la chance que j’ai eue de travailler avec des acteurs et des réalisateurs très talentueux. Et je suis extrêmement reconnaissant au festival de m’offrir ce prix très honorifique.»

 

Improbable mélange de genres

 

Mais autant le dire tout de suite, l’effervescence fut inversement proportionnelle à l’intérêt de Cowboys & Aliens, où James Bond et Indiana Jones se partagent l’affiche. C’est même l’un des moins bons longs-métrages vus jusqu’ici. Et  pas seulement parce que le grand Harrison Ford se fait un peu vieux pour les chevauchées fantastiques.

 

Improbable mélange de genres, le film produit par Steven Spielberg rend un hommage laborieux au western classique avec débarquement, dans la ville d’Absolution, d’affreux monstres extraterrestres pour kidnapper les pauvres. Et surtout augmenter la rentabilité de l’opus en séduisant les ados férus de SF.

 

Content de son œuvre et de la possibilité d’avoir pu «mettre deux générations ensemble pour «créer une dynamique particulière», Jon Favreau reconnaît volontiers la motivation commerciale. «70% des recettes provenant de l’international, les extraterrestres nous facilitent les choses. Avec eux les méchants le sont toujours, quel que soit le pays.»

 

 « Le cinéma, c’est mieux qu’un vrai boulot!»

 

De son côté, Harrison Ford, qui s’emmêle un poil  les pinceaux dans sa filmographie en confondant les auteurs,  regrette de ne pas avoir plus souvent incarné un héros de western. «La dernière fois c’était en 1979 dans The Frisco Kid. Et comme je ne suis pas un très grand cinéphile, j’en ai visionné plusieurs pour me familiariser avec le genre.»

 

Interrogé sur son envie de continuer à faire du cinéma, il déclenche les rires. «C’est mieux qu’un vrai boulot! J’adore  l’atmosphère du plateau, la camaraderie, le processus de réalisation des problèmes. Là, j’ai aimé monter à cheval. En fait je me suis rarement autant amusé.»

 

Passer derrière la caméra ne l’a jamais tenté. «J’ai observé de nombreux metteurs en scène. Ils travaillent plus que moi et gagnent moins d’argent. Je ne tiens pas à contrôler les choses, avoir des responsabilités. Juste travailler avec un groupe de personnes en faisant l’acteur. Je continuerai aussi longtemps que je pourrai et que ma santé le permettra.»

 

Une première pour Daniel Craig

 

En ce qui concerne Daniel Craig, qui tient le rôle principal et dont l’impeccable arrondi fessier, encore mieux mis en valeur par ses jambières de garçon vacher  n’a échappé à aucune spectatrice, c’était son premier western.

 

«J’apprécie cet équilibre entre réalisme et recherche historique. Gamin je voulais être un cowboy. Comment je me suis préparé ? Eh bien  je l’ai (Harrison donc) regardé. Ce qui me plaît c’est la lutte entre les bons et les méchants, la touche moralisatrice. Notamment en ce qui concerne mon personnage en quête de rédemption après avoir commencé dans la mauvaise voie. Mais je suis loin d’être aussi coriace et dur dans la vie!»

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06/08/2011

Festival de Locarno: Melgar en route pour un Léopard

fernand.jpgAccueil critique enthousiaste et ovation lors de la projection publique de Vol Spécial, le nouveau documentaire de Fernand Melgar. Une première à laquelle a finalement décidé d’assister la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey.

 

Trois ans après La forteresse traitant des conditions d’accueil des requérants d’asile en Suisse et qui lui avait valu un Léopard d’or dans la section «Cinéastes du présent », le réalisateur vaudois, aligné en compétition officielle, a de bonnes chances de décrocher un nouveau Léopard. Reste à savoir de quel métal il sera fait.

 

Dramatique fin du parcours

 

Cette fois, il boucle la boucle en évoquant l’autre bout de la chaîne. La fin du parcours migratoire C’est en effet au centre genevois de détention administrative de Frambois, l’un des ving-huit à travers le pays où se joue définitivement le sort des demandeurs déboutés ou des clandestins, que Melgar a planté sa caméra.

 

 Invisible, discrète, elle montre des gens qui, comme des milliers d’autres chaque année, sont emprisonnés sans procès ni condamnation dans l’attente du  renvoi inéluctable. Un attente stressante et sous tension qui peut durer jusqu’à vingt-quatre mois. Le crime de ces étrangers dont certains vivent en Suisse depuis des années, ont des enfants, travaillent, paient des impôts: résider illégalement sur le territoire.

 

Immergé pendant neuf mois à Frambois où on lui a laissé toutre liberté, Fernand Melgar raconte le drame de chacun, suivant le parcours tragique de Serge, Alain, Ragip ou Geordry. Pour  mieux nous laisser pénétrer avec lui dans cet univers carcéral, il filme à hauteur d’homme, qu’il s’agisse des détenus ou de leurs gardiens.

 

L’humiliation de l’entravement

 

Jusqu’à l’expulsion fatale, se tissent entre eux des liens. D’amitié, de haine, de gratitude, de respect, d’amertume. Des relations qui se terminent le plus souvent dans le désespoir. Car aucun détenu  ne veut quitter volontairement la Suisse. Et ceux qui refusent finissent par subir l’humiliation de l’entravement. Une pratique d'une rare brutalité qui a déjà causé la mort de trois personnes  

 

Menottés, ligotés à une chaise, casqués, munis de couches- culotte, ils sont installés de force dans les avions. C‘est ce que l’on appelle les vols spéciaux qui peuvent durer jusqu’à quarante heures. Des scènes que Melgar n’a pas été autorisé à filmer. Pour lui c’est évidemment là que le bât blesse.   

 

Profondément humain, son documentaire n’en est pas moins intense et bouleversant, donnant à voir sans jugement ni commentaire. C’est sa force. Melgar se défend de faire un film militant. «Mon cinéma est là pour mettre un visage sur les choses, pour rappeler des destins brisés par des lois infâmes».

 

En salles dès le 21 septembre. A noter aussi que Fernand Melgar et son équipe ont suivi les expulsés chez eux et ont continué à les filmer. Ces portraits feront l’objet d’un webdocumentaire coproduit par la RTS et Arte, début 2012.  

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05/08/2011

Festival de Locarno: passion, science-fiction et sexe à l'américaine

amourjeune.jpgSi la course au Léopard d’Or n’avait pas trop bien commencé, elle s’est arrangée au troisième jour du Festival. Outre Vol Spécial de Fernand Melgar sur les requérants d’asile expulsés dont nous parlerons demain en compagnie du cinéaste, deux  autres films se font remarquer. A commencer par Un amour de jeunesse, qui clôt une trilogie de la jeune et talentueuse réalisatrice française Mia Hanson-Love.

 

Elle propose une oeuvre en trois actes aux accents rohmériens, qui commence en 1999. C’et l’hiver à Paris. Camille, 15 ans, romantique et possessive, voue une folle passion à Sullivan, 19 ans. Il dit l’aimer, mais alors que personne d’autre n’existe pour la jeune fille, il  refuse d’être tout pour elle. Il décide de partir en Amérique du Sud, promettant d’écrire. Les lettres s’espacent, puis cessent. Désespérée, Camille fait une tentative de suicide au printemps.

 

Trois ans plus tard, elle a changé de look, coupé ses cheveux et suit un cours d’architecture. Plongée dans son travail pour se libérer de Sullivan, elle tombe  amoureuse de Lorenz, son  professeur. Il est plus âgé qu’elle mais ils semblent avoir une relation solide. En 2007 pourtant, Camille croise Sullivan réapparu par hasard. Ils deviennent amants avant que Camille se décide enfin à tourner définitivement la page.

 

Un film à la fois léger et profond, plein d’originalité et de grâce en dépit d’un sujet rebattu sur la passion adolescente et le triangle amoureux. Inspiré, nourri et habité de sentiments vécus par son auteur, il montre une héroïne qui se transforme et évolue au contact de deux hommes qui ne jouent pas l’un contre l’autre.

 

Tout en donnant une importance singulière à l’architecture, une discipline qui la stimule, Mia Hansen-Love a choisi Lola Créton (photo)pour le rôle de Camille. Bouleversante et solaire, elle donne la réplique à Sebastian Urzendowsky, étonnant dans une interprétation un peu fausse et décalée.

 

Science-fiction atypique 

 

Toujours en compétition mais un poil en-dessous, Another Earth, premier long-métrage de l’Américain Mike Cahill, co-auteur du scénario avec son actrice principale Brit Marling. Alors que la Terre se découvre une planète jumelle, les chemins de Rhoda Williams, jeune étudiante prometteuse au MIT et John Burroughs, compositeur au sommet de sa carrière, se croisent à l’occasion d’une tragédie qui va modifier leurs vies.

 

Ce film atypique et déroutant, sans effets spéciaux, joue à la fois sur la science fiction avec l’apparition d’une deuxième Terre laissant supposer que nous existerions parallèlement, ainsi qu’une histoire d’amour compliquée entre un homme en morceaux et la jeune fille qui a détruit sa vie en quête de pardon. Un mélo qui séduit en dépit de son côté moralisateur et de quelques scènes franchement nazes.

  

Pas autant toutefois que sur la Piazza Grande, qui  joue la futilité avec Friends With Benefits. Une daube américaine de Will Gluck qui se laisse pourtant voir malgré Justin Timberlake. Une chasseuse de têtes newyorkaise et son principal candidat débarqué de San Francisco sont immédiatement attirés l’un par l’autre. Mais ils définissent aussitôt une règle stricte. Du sexe, rien que du sexe pour le fun et surtout pas de sentiments. A d’autres, comme vous pouvez l’imaginer…   

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04/08/2011

Festival de Locarno: entre politique et pellicule

didier.jpgGros événement culturel helvétique de l’année, le festival de Locarno ouvert mercredi soir est aussi, comme disent les Anglais, « the place to be » pour les politiques. Surtout en cette année électorale.

 

 Le conseiller fédéral Didier Burkhalter a donc profité du traditionnel risotto du Monte Verità pour annoncer que Berne mettrait un peu plus de beurre dans la pellicule entre 2012 et 2015. Les subventions pourraient ainsi être augmentées en fonction du succès des films (entrées en salles et accueil dans les festivals). Par ailleurs la révision des régimes d’encouragement au cinéma prévoit un soutien renforcé à l’élaboration des scénarios et aux coproductions à l’étranger.

 

Calmy-Rey jette un froid

 

Tandis que le ministre de la Culture amenait quelques sourires chez les professionnels de la branche, la présidente Micheline Calmy-Rey a elle déçu Fernand Melgar. Contrairement à ce qui avait été annoncé, elle n’assistera pas à la première de son film Vol Spécial, où trois ans après La forteresse, le réalisateur suisse poursuit sa croisade en se penchant sur le renvoi des sans papiers et les requérants d’asile déboutés.

 

Mais si les politiques accaparent comme toujours les journalistes à l’aube de la quinzaine locarnaise, les festivaliers s’adonnent à d’autres plaisirs. Notamment sur la Piazza Grande  où Magali Noël a poussé la chansonnette avant la projection gratuite d’Amarcord de Fellini, pour assister le lendemain au message de bienvenue, par vidéo interposée, de Kirk Douglas, sans doute le nonagénaire le plus célèbre de la planète.

 

Tout cela avant que Super 8 ne lance véritablement  la manifestation. Après cette incursion remarquée, pleine d’action et d’émotion dans l’univers de Spielberg signée J.J. Abrams, changement radical de ton et pas pour le mieux avec Headhunters du Norvégien Morten Tyldum.

 

Roger Brown, petit par la taille mais redoutable requin dans son métier de chasseur de têtes, accessoirement voleur de tableaux pour arrondir ses fins de mois, devient la proie d’un candidat à qui il pensait dérober un Rubens. Pour lui le coup du siècle. Mais l’auteur, voulant prouver que le polar scandinave ne se réduit pas à Millenium a raté le coche avec cette adaptation d'une rare invraisemblance et  ridiculement sanguinolente de l’excellent roman de son compatriote Jo Nesbo.

 

Réussite du Bâlois Tim Fehlbaum, mais laborieux début en compétition

 

Premier passage au long-métrage à l'inverse réussi pour le jeune cinéaste bâlois Tim Fehlbaum avec Hell, un film de science-fiction apocalyptique, très tendance depuis quelques années. Il a d’ailleurs été coproduit par le spécialiste du genre Roland Emmerich, fan des courts de l’auteur.

 

Le soleil a transformé la terre en désert aride où seuls ceux qui se protègent de sa lumière aveuglante ne sont pas morts. A l’image de Marie, de sa sœur Leonie et de Phillip, qui roulent vers les montagnes en espérant y trouver de l’eau. En chemin ils embarquent Tom, qui s’y connaît en mécanique. Pris dans une embuscade, tous quatre vont connaître l’enfer pour survivre.

 

Côté compétition, on reste pour l’instant autant sur sa soif que nos voyageurs. Qu’il s’agisse de Beirut Hotel de Danielle Arbid qui permet surtout à Charles Berling, avocat soupçonné d’espionnage de coucher avec une voluptueuse Libanaise. Ou de Best Intentions du Roumain Adrian Sitaru, qui nous soule avec son héros. Déjà névrosé à la base, ce fils unique disjoncte complètement lorsque que sa mère est transportée à l’hôpital.

 

Plus insupportable c’est difficile. Bonne nouvelle pourtant, nous n’en sommes qu’au début de l’aventure.     

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15/08/2010

Encore un Chinois Léopard d'Or, mais ce n'est pas le bon...

Tout étant toujours possible à Locarno, rien ne surprend jamais vraiment en ce qui concerne l’attribution du Léopard d’Or. Comme l’an dernier, il est  allé à un film chinois. En l’occurrence Winter Vacation de LI Hongq’i, qui suit quatre ados désoeuvrés  façon mollusques, profitant de leur dernier jour de vacances pour se retrouver et traîner. Il ne se passe rien, ils ne discutent de rien ou presque,  font parfois mine de se quereller, histoire de s’échauffer vaguement, puis retombent dans leur état plus ou moins léthargique.

 Les jurés lui ont-ils décerné la palme parce qu’ils trouvaient qu’il s’agissait, comme lu dans le  journal du Festival, de la comédie du cru la plus drôle jamais réalisée ? Si c’est le cas une chose est sûre. Nous n’avons pas franchement le même sens de l’ humour.

 Des médailles en chocolat
Au point que je leur reproche vivement d’avoir raté le coche et du coup le bon Chinois, en oubliant dans leur palmarès Karamay, le monumental , puissant et poignant documentaire de  six heures de XU Xin. L’auteur revient, rappelons-le, sur une terrible tragédie scandaleusement enterrée par les autorités et qui avait causé, le 8 décembre 1994, la mort de 323 personnes dont 288 enfants. (Voir chronique du 13 août). Non reconnu à sa juste valeur,  XU Xin devra se consolera avec le prix FIPRESCI, celui des jeunes et autres mentions spéciales.

Tandis que notre deuxième préféré Womb, du cinéaste hongrois  Benedek Fliegauf et traitant du délicat problème clonage, mordait également la poussière, le prix spécial du jury a récompensé Morgen, de Marian Crisan. Le Roumain se penche sur les migrants sans papiers qui tentent de passer en Hongrie, avant de gagner d’autres pays d’Europe.

 Curling du Canadien Denis Côté, évoquant l’étrange rapport au monde d’un père et de sa fille de douze ans, a raflé le prix de la mise en scène. Dans la foulée son acteur principal, Emmanuel Bilodeau, était sacré meilleur acteur, tandis que la comédienne serbe Jasna Duricic remportait le pardo de l’interprétation féminine pour son rôle dans Beli beli svet (A White White World).

 Le sexe n’a pas fait recette
Bref, un palmarès classique pour une 63e édition qui se voulait provocante. Mais le sexe, voire le cul, n’a pas fait recette. Bruce LaBruce est reparti  les mains vides avec son zombie neurasthénique à la queue thérapeutique, alias François Sagat. Dont les biscotos en acier et les abdos en bétons, sans compter la taille du reste, n'ont pas non plus aidé Christophe Honoré à séduire avec Homme au bain. A l’image d’Isild Le Besco et la médiocre virée salement meurtrière de son trio lesbien dans Bas-Fonds.

Pour résumer, une compétition 2010 bien peu convaincante. Ce qui n’a rien d’étonnant en soi, le concours n’étant en général pas le point fort de Locarno. Sauf qu’on nous avait annoncé un changement d'enfer avec le retour aux racines d’Olivier Père. Mais encore fallait-il que celles-ci produisent  de beaux arbres. Preuve que la radicalité, maître mot ici pour qualifier la sélection du nouveau directeur, n’est pas forcément synonyme de talent.

En ce qui concerne la Piazza, il n’y eut guère qu’Au fond des Bois de Benoît Jacquot en ouverture et surtout Rubber, où Quentin Dupieux nous raconte les aventures extraordinaires d’un pneu tueur et amoureux d'une créature de rêve, pour nous faire  vibrer. Les spectateurs n’ont pas été beaucoup plus enthousiastes, une baisse de 5000 entrées ayant été enregistrée. Et la pluie venue perturber les derniers jours du festival est loin d’être la seule responsable.

Merci Lubitsch
Heureusement que la remarquable rétrospective Ernst Lubitsch a mis tout le monde d'accord. Des séances à guichets fermés pour (re)découvrir  le grand maître de la comédie l’ont amplement démontré. si vous en avez l'occasion, ne la manquez surtout pas à la Cinémathèque, qui l'accueille à Lausanne dès le 18 août.

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13/08/2010

Les six heures de «Karamay» valent bien un Léopard d’Or

 

«Six heures c’est trop, je ne tiendrais jamais, même avec un entracte»…  La longueur du documentaire du Chinois XU Xin rebute plus d’un festivalier, y compris les critiques. Du coup, ces derniers ne se sont pas bousculés au portillon pour la projection de presse, qui en a vu par ailleurs beaucoup ne cesser d’aller et venir dans la salle. Pourtant les six heures de Karamay pourraient mener son auteur tout droit au Léopard d’Or. Surtout face à des prétendants bien moins sérieux côté fiction.

 Son film en forme de réquisitoire, aussi puissant que bouleversant, revient sur une terrible tragédie qui s’est déroulée en Chine le 8 décembre 1994 à Karamay, une ville construite de toutes pièces il y a 50 ans, suite à la découverte de pétrole dans la région. Ce jour-là, huit cents professeurs et écoliers, ces derniers triés sur le volet, l’élite, la crème de leurs différentes classes, donnaient leur spectacle annuel de chant et de danse au Palais de l’amitié devant les représentants officiels de l’éducation, lorsque soudain la scène prit feu.

 Les élèves furent alors sommés de demeurer assis pour que les VIP locaux puissent sortir les premiers. Tous survécurent, tandis que 323 personnes périssaient dans les flammes, dont 288 enfants de 6 à 14 ans, piétinés, asphyxiés, brûlés. Mais immédiatement, le gouvernement s’employait à enterrer l’affaire, muselant les médias en censurant l’information.

 Professeur dans un collège à l’époque, Xu Xin avait malgré tout entendu parler de ce drame car des bruits circulaient. Treize ans plus tard, en 2007, il décidait de donner la parole aux parents des victimes. Leurs témoignages poignants en noir et blanc sont entrecoupés de vidéos en couleur de la catastrophe, de scènes du spectacle avant le déclenchement du feu, d’images télévisées édifiantes.

 Au fil de ce documentaire monumental, ceux qui, surmontant leur crainte de l’autorité, ont eu le courage de s’exprimer devant la caméra crient leur chagrin, leur impuissance, leur frustration, leur douleur qui ne s’apaise pas. Une souffrance qui va au contraire croissant au fur et à mesure de la progression du film. Mêlée de colère, de violente critique contre le gouvernement et le parti.

 Marqués à vie, se qualifiant parfois de personnes désormais  anormales et déséquilibrées,  ils veulent surtout savoir pourquoi leur enfant a perdu la vie. Poussés par une soif de justice, ils demandent la réouverture de l’enquête, une vraie punition pour les responsables et le droit au statut de martyrs pour les disparus.

 Car si au début ils ont cru à un déplorable accident, petit à petit  ils se sont rendu compte de ce qu’il y avait derrière: des manquements monstrueux et coupables à une sécurité  élémentaire. Evidents à tant de niveaux qu’un parent, dans un témoignage qui n’engage évidemment que lui, n’hésite pas à parler de crime prémédité. Fustigeant au passage le peuple chinois. «Nous sommes pauvres, ignorants et malades depuis longtemps. C’est notre tragédie. Nous sommes une race égoïste. Mieux vaut  une vie misérable qu’une mort honorable. Face au danger, nous nous révélons sous notre vrai jour… »

 Tout cela méritait bien un développement de six heures. Et encore le réalisateur pensait-il à 12 heures, un temps à son avis convenable pour un tel sujet. Il a finalement renoncé face aux coûts de production et aux problèmes de distribution.

Précisons enfin, même si ce n'est pas une surprise, que Karamay est interdit en Chine. Quant à XU Xin, interrogé sur les pressions ou les menaces dont il aurait pu faire l'objet, il a déclaré ne pas avoir été inquiété pour l'instant.

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09/08/2010

Entre compétition et Piazza, c'est la soupe à la grimace

 A mi-parcours, le festivalier renâcle. Et pour cause. En dépit de quelques éclats de grâce et de beauté, on navigue entre le cul et l’ennui à Locarno. Quand on n’a pas droit aux deux.

Certes le sexe peut séduire. Par exemple chez Benoît Jacquot, qui a ouvert les feu sur la Piazza Grande avec Au fond des bois. Tombée sous l’emprise mentale d’un vagabond pouilleux une jeune file le suit dans la forêt où elle se fait violer. Mais le cinéaste évite la complaisance en surfant sur ce fait divers datant de 1865. En revanche, si Olivier Père garde le cap côté compétition, il s'est montré nettement plus hard avec le porno gay gore de Bruce LaBruce L.A. Zombie. Où une grotesque créature hypermoche sortie des eaux se mue en thérapeute de choc, baisant  frénétiquement des cadavres pour les ressusciter.

En vedette donc, François Sagat, spécialiste du X. Apparemment conquis par les dons cinématographiques du monsieur, le nouveau boss n’a pas hésité à placer, toujours en concours, Homme au bain de Christophe Honoré. Permettant ainsi à l’acteur, bodybuilder aussi large que haut, d’exhiber également ses charmes dans ce film de garçons à la libido déchaînée, tourné entre la France et  New York. Ce qui n’a pas empêché Chiara Mastroianni de vouloir s’imposer dans l’histoire. Du coup elle joue les utilités. Sinon l’appât pour les spectateurs. A venir, pour équilibrer les choses, le troisième long métrage d’Isild Le Besco, Heroïne abusée chez Jacquot, l’égérie du réalisateur entraîne un trio lesbien dans les bas-fonds .

Les neuf autres prétendants au Léopard d’Or vus jusqu’ici se montrent plus réservés sur la question, mais souvent tout aussi plombants  Autant dès lors, bien qu’ils ne méritent pas de mettre le fauve en cage, évoquer les deux ou trois qui émergent de la grisaille. A l’image de Womb du Hongrois Benedek Fliegauf, abordant avec intelligence l’épineux thème du clonage. On peut aussi parler de Im Alter von Ellen de l’Allemande Pia Marais, qui voit une femme en rupture chercher une nouvelle place dans la société.

Ou pourquoi pas La petite chambre, des réalisatrices lausannoises Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, qui ont eu la chance de travailler avec Michel Bouquet et dont on aura l’occasion de reparler. De son côté, le public  s’est paraît-il entiché de Pietro, de l'Italien Daniele Gaglianome. Son film nous raconte l’Italie berlusconienne sinistrée, à travers le quotidien sordide de deux frères banlieusards, dont l’un est attardé mental et l’autre drogué.

 Et ce n’est pas beaucoup moins indigeste, sur la Piazza. L’Islandaise Valdis Oskardottir nous a proposé une comédie noire aussi lourdingue qu’outrancière sur fond de crise économique, tandis que les Américains Mark et Jay Duplass sondaient les vilaines intentions de Cyrus, amoureux de sa maman et déterminé à lui pourrir sa relation avec son nouveau compagnon. De son côté le Français Cédric Anger a concocté L'avocat, un polar en forme de téléfilm, au casting d’enfer (Benoît Magimel, Gilbert Melki, Erica Caravaca) mais au scénario plus troué qu’un morceau d’Emmental. Et dire qu’il était journaliste aux Cahiers du cinéma !

Bref, autant dire que ça ne rigole pas tous les jours à Locarno. Mais remarquez, à quelque chose malheur est toujours bon. Alors que la rétrospective Ernst Lubitsch peinait à démarrer, la salle affichait complet  dimanche. Dur, dur de régater avec Ninotchka.

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08/08/2010

Jeanne Balibar à la dérive dans "Im Alter von Ellen"

Hôtesse de l’air, Ellen ne cesse de parcourir le monde dans des voyages qui ne la mènent nulle part. A l’image d’une existence toute tracée, sans intérêt et de relations aussi décevantes qu’insatisfaisantes. Et puis un jour, victime d’une crise de panique alors que son avion et sur le point de décoller de l’aéroport de Maputo, elle redescend soudain de l’appareil.

Un geste symbolique dans la mesure où, en traversant la piste, elle se rend compte qu’elle va tout envoyer promener et se donner une chance de s’ouvrir à autre chose, de rencontrer d’autres gens, de vivre d’autres expériences. Après quelques errances, elle se joint d’abord à un groupe de jeunes défenseurs de la cause animale, avant de se retrouver au Mozambique.

Même si l'oeuvre en lice pour le Léopard d'Or ne tient pas toutes ses promesses, il y a de la grâce et du talent dans Im Alter von Ellen, deuxième long-métrage de la réalisatrice allemande Pia Marais. Qui, après avoir longuement et vainement cherché une interprète dans son pays, s’est tournée vers Jeanne Balibar. Admirative du travail de Pia Marais, la comédienne française n’a pas hésité et du coup tient son premier rôle à l’écran dans la langue de Goethe.

Une expérience dont elle se sort parfaitement pour l’avoir déjà fait deux fois au théâtre. «Cela m’amuse de jouer dans une langue qui n’est pas la mienne. Il est vrai qu'au cinéma c'est plus difficile parce qu’il faut comprendre tout de suite ce que disent les gens».

Jeanne Balibar ne s’intéresse pas particulièrement aux animaux. «En tout cas je n’irais pas jusqu’à militer pour eux. En ce qui concerne le militantisme en général, c’est différent. J’ai vu arriver le sida et j’ai fréquenté des gens d’Act Up, qui ont la même approche que celle des activistes dans le film ».

Mais la comédienne a évidemment surtout été attirée par le caractère d’Ellen, qui se trouve à un point de déséquilibre. C’est une figure émouvante, très présente dans l’histoire du cinéma. Je pense par exemple à Wanda, de Barbara Loden, Une femme sous influence de Cassavetes, Sue Lost In Manhattan, d’Amos Kollek. C’est très excitant de jouer... ou de ne pas jouer ce genre de personnage à la dérive».

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