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La griffe du léopard - Page 4

  • Festival de Locarno: "Jason Bourne" déboule et ça déménage pendant deux heures!

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    abourne.jpgAprès La mort dans la peau (2004) et La vengeance dans la peau (2007) deuxième et troisième chapitre de la franchise Jason Bourne initiée par Doug Liman, Paul Greengrass revient pour revitaliser la saga avec un cinquième épisode où il retrouve Matt Damon.

    Depuis près de dix ans, Jason Bourne qui a disparu de la circulation, assure son existence en participant à des combats de boxe. Jusqu’au jour où Nicky Parsons (Julia Stiles), qui a découvert un élément important du passé de l’agent amnésique, reprend contact avec lui.

    Du côté de la CIA, l’analyste Heather Lee (Alicia Vikander) la repère, ainsi donc que Bourne. Elle est alors chargée par le directeur Robert Dewey (Tommy Lee Jones) de le traquer. En même temps l’agence a demandé à l’un de ses tireurs d’élite (Vincent Cassel) de l’assassiner.

    On ajoute des enjeux informatiques majeurs pour un gouvernement américain hyper puissant étendant ses pouvoirs jusqu’en Islande, mais qui serait lui-même dans la ligne de mire d’une redoutable organisation avec instrumentalisation de la terreur grâce à internet et fomentation d’insurrections à la clé.

    Un pur film d’action sans temps mort

    Et c’est parti pour une resucée familière, on est en terrain plus que connu, mais toujours aussi efficace. Pour tout dire, ça a déménagé sec sur la Piazza Grande. Du pur film d’action mené tambour battant, ponctué de bastons sauvages et de folles poursuites entre Athènes et Las Vegas en passant par Londres. Sans le moindre temps mort, Jason Bourne tient le spectateur en haleine pendant près de deux heures.

    Notamment grâce à Matt Damon, égal à lui-même. Il s’est énormément entraîné, a suivi un régime sévère et un sacré programme de musculation. Débarquant dans l’histoire, Vincent Cassel a la (sale) gueule de l’emploi. Pour mieux se glisser dans la peau du tueur impitoyable, il a dit s’être inspiré des requins dans la gestuelle, le regard et l’intention. C’est réussi.

    Il pourrait, à l’image d’une autre petite nouvelle, la Suédoise d’Alicia Vikander, suivre Matt dans d’éventuels prochains volets, la fin du numéro 5 laissant augurer une suite. En revanche, plus raviné qu’un vieux parchemin, Tommy Lee Jones détone carrément dans l’affaire. Il n’y survivra pas…

    Le flm sera à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 10 août.

    Perle bulgare dans une compétition au démarrage par ailleurs mou 

    aslava.jpgOn l’a dit, un vent nouveau souffle sur la compétition où, sur les dix-sept prétendants au Léopard d’or, huit sont des femmes. Dont la Bulgare Kristina Grozeva qui, avec Peter Valchanov propose Slava (Glory). Cette tragi-comédie enlevée en forme de parabole, se moque d’un pays où tout le monde triche, dénonçant avec bonheur la corruption qui gangrène le système, la brutalité des politiques qui l’incarnent, le fossé existant entre la classe dirigeante et le peuple.

    Et cela à travers la simple histoire d’un pauvre cheminot bègue, Tsanko Petrov. Trouvant une énorme somme d’agent sur lune voie ferré, il décide de la remettre à la police. S’ensuit une série de péripéties où le malheureux, promu dérisoire héros de la nation, est victime du cynisme d’une directrice des relations publiques, par ailleurs occupée à des séances de procréation assistée. Tsanko va alors entamer une dure bataille pour récupérer sa dignité bafouée, ainsi qu’un bien précieux, une montre, lui venant de son père. .

    Pour le reste, le concours a démarré mollement que ce soit côté masculin ou féminin. A l’image de La prunelle de mes yeux, signé de la Française Axelle Ropert. Ses protagonistes habitent le même immeuble et se croisent sans cesse dans l’ascenseur. Elle est aveugle, lui non mais feint de l’être pour lui plaire. Une bague idiote, qui les fait se détester avant de s'aimer, à la mesure d’un mélo trop niais pour séduire.

     

     

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  • Festival de Locarno: des Suisses attendus mais peu enthousiasmants

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    ajuif.jpgEn ouverture de cette 69e édition, le Genevois Jacob Berger présentait son film dont on attendait beaucoup, Un Juif pour l’exemple, adapté du roman éponyme de Jacques Chessex.

    C’est l’histoire d’un meurtre immonde qui s’est déroulé à Payerne en 1942. Celui d’Arthur Bloch, un marchand de bétail juif sexagénaire, massacré par une bande de nazillons débiles sous l’influence du pasteur Lugrin et du «gauleiter» local, le minable garagiste Fernand Ischi.

    Avec une vingtaine d’autres Payernois au front bas qui ont fait allégeance au parti nazi, il veut offrir un Juif mort en cadeau à Hitler, son idole dont on va bientôt fêter l’anniversaire.

    Sous prétexte de vendre une vache à Bloch lors de la foire aux bestiaux, cinq d’entre eux l’attirent dans une grange l’assassinent, le dépècent comme un cochon, répartissent les morceaux dans des boilles qu’ils vont jeter au lac.

    Enfant au moment des faits, Jacques Chessex était revenu en 2009 dans un livre sur cet événement tragique qui l’a marqué à jamais. Décrivant l’abomination en stigmatisant la ville de charcutiers «confite dans la vanité et le saindoux». La publication de l’ouvrage a déclenché une impressionnante levée de boucliers. Et une détestation dont l’auteur a beaucoup souffert. Il est pour ainsi dire mort sur scène cette année-là, vivement interpellé par un détracteur alors qu’il défendait Roman Polanski.

    Un Juif pour l’exemple est un thème puissant, qui résonne avec ce qui se passe aujourd’hui, bien que Jacob Berger, dont on salue le travail de mémoire, ne cherche pas la dénonciation. Mais la grandeur du propos ne fait pas automatiquement la force d’un film et son auteur peine un peu à convaincre dans sa façon de réinventer Chessex. Il n’est pas toujours à la hauteur de son sujet dans sa réalisation, en dépit de scènes impressionnantes dans leur brutalité, heureusement contenue à l’image, comme l’effroyable équarrissage d’Arthur Bloch.

    Le télescopage assumé des époques (voitures ou uniformes modernes, Chessex à la fois enfant et vieillard) n’est pas non plus dérangeant. En réalité ce qui cloche surtout, au point qu'on en souffre pour eux, c’est la mauvaise prestation des comédiens. A part peut-être André Wilms dans le rôle de l’écrivain. En tout cas n’est pas Bruno Ganz qui relève le niveau à cet égard.  

    Emmanuelle Devos traque Nathalie Baye dans Moka

    adevos.jpgAlors que Jacob Berger était programmé hors concours, ce qui a froissé certains, un autre Suisse, Frédéric Mermoud, a eu lui les honneurs de la Piazza Grande avec Moka, six ans après avoir été sélectionné en compétition pour Complices.

    Le film qui ne m’a pas davantage emballée, met face à face Emmanuelle Devos et Nathalie Baye, réunies pour la première fois à l'écran. Emmanuelle joue Diane Kramer, une mère qui s’échappe d’une clinique lausannoise pour se rendre à Evian, munie de quelques affaires et d'un pistolet.

    Ivre de vengeance, elle veut absolument retrouver le conducteur d’une Mercédès couleur moka qui a pris la fuite après avoir renversé et tué son fils. Elle va alors rencontrer et finalement traquer Marlène (Nathalie Baye), la soupçonnant d’avoir une responsabilité dans l’accident qui a bousillé sa vie. Mais les choses, on s'en doute, se révèlent plus sinueuses et compliquées qu’il n’y paraît.

    Librement adapté d’un roman de Tatiana de Rosnay, Moka est un drame banalement traité, avec quelques belles images entre lac et montagne. Côté comédiens, en parka verte de chasseur, indépendante, énergique et quelque peu exaltée, Emmanuelle Devos, de tous les plans, fait bien le job.

    Mieux que Nathalie Baye, blondissime et très quelconque patronne d'une parfumerie-salon de beauté. Difficile de voir la femme attachante et mystérieuse imaginée par l'auteur dans la compagne empruntée d'un homme de treize ans son cadet, maman par ailleurs d’une adolescente un rien trouble et rebelle rêvant de monter à Paris. 

    L’attaque des zombies sur la Piazza

    azombie.jpgEt puisqu’on en parle de la prestigieuse place à ciel ouvert, ce sont des zombies qui ont débarqué en premier. The Girl With All The Gifts, signé du Britannique Colm McCarthy met en scène un groupe d’enfants dont la petite Melanie, dotée d’un cerveau au-dessus de la moyenne. Ils sont immunisés contre le virus qui risque de détruire l’humanité.

    Bien que se nourrissant de gens comme vous et moi, ils éprouvent encore quelques sentiments et sont donc essentiels aux recherches du docteur Caldwell pour trouver un vaccin salvateur. Mais hélas le camp est attaqué par les zombies.

    A déconseiller à ceux que de vilaines créatures couvertes de pustules et boulottant sauvagement de l’humain dégoûtent. Les autres apprécieront sans doute. Surtout s’ils sont fans de Gemma Arterton et, pourquoi pas, de Glenn Close, même si elle promène là un look masculin des plus redoutables!

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  • Festival de Locarno: un cru 2016 innovant, avec huit femmes sur les dix-sept prétendants au Léopard d'or

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    fifl-4[1].jpgMercredi s’ouvre la 69e édition du Festival de Locarno, dédiée à l’Américain Michael Cimino et à l’Iranien Abbas Kiarostami, deux grands du septième art récemment décédés. Une édition riche que le président Carlo Chatrian, dont le poste a été maintenu jusqu’en 2020, a qualifiée de «la plus variée, la plus libre et la plus surprenante, dans le choix des invités films comme dans celui des films». 
     
    Un credo à vérifier sur pièces, comme ce parti-pris de retour aux sources d’un festival à contre-courant, qui a donné de la place à l’émergence de réalisateurs et de cinématographies. Ce qui n’empêchera pas la présence de nombreuses  stars  devant , derrière la caméra, ou distinguées par un prix.   
     
    Ce cru 2016 met les femmes à l’honneur. Particulièrement au sein de la compétition internationale, section où elles sont généralement sous-représentées. On en découvre  huit, dont la Suissesse Milagros Mummenthaler avec  La idea de un lago, sur  les 17 prétendants au  Léopard d’or. Tous auteurs de premières mondiales, ils ou elles viennent d’Egypte, de Thaïlande, d’Allemagne, des Etats-Unis, du Japon, de  Bulgarie, du Portugal, de France, de Roumanie, d’Autriche, de Pologne, de Bulgarie.
     
    akenloach.jpgCes films racontent le monde et questionnent l’actualité, comme dans la demi-douzaine de volets  du festival. A commencer par la Piazza Grande, proposant 16 longs-métrages entre blockbusters et films auteurs, aux 8000 spectateurs qui envahissent chaque soir la mythique place locarnaise. Avec en ouverture The Girl With All The Gifts du Britannique Colm McCarthy, évoquant, dans le futur, une partie de l’humanité détruite par un virus mortel. Autre représentant de Sa Majesté, Ken Loach, lauréat de la Palme d’or à Cannes en mai dernier, propose  Moi, Daniel Blake, parcours kafkaïen d’un chômeur en recherche d’emploi.
     
    Des femmes encore sous les étoiles. Avec Le ciel attendra, la Française Marie-Castille Mention Schaar se penche sur le sujet ô combien brûlant de la radicalisation islamique, tandis que Maria Schrader retrace, dans Stefan Zweig, adieu l’Europe,  les dernières années de la vie de l’écrivain juif autrichien à New York et en Amérique du Sud.
     
    Belle présence des Suisses
     
    Outre le retour en concours de Milagros Mummenthaler (Léopard d’or en 2011 avec Abrir puertas y ventanas), à signaler celui de Frédéric Mermoud sur la Piazza. Son film Moka, mettant face à face Emmanuelle Devos et Nathalie Baye, montre une mère qui veut absolument retrouver le conducteur d’une voiture qui a renversé son fils et se confronte à une autre femme, très mystérieuse.
     
    Hors concours, Nicolas Wadimoff présente L’optimisme de la volonté, un documentaire sur Jean Ziegler et Jacob Berger une adaptation du roman de Jacques Chessex, Un juif pour l’exemple, avec Bruo Ganz en vedette. On trouve encore La femme et le TGV de Timo Von Gunten, court métrage en compétition dans le concours national des Léopards de demain et Calabria de Pierre-François Sauter dans Panorama suisse.
     
    abirkin.jpgRétrospective,  hommages et récompenses
     
    La volonté de sortir des sentiers battus se manifeste par la grande rétrospective consacrée aux productions de la jeune République fédérale d’Allemagne de 1949 à 1963. Partie peu connue de l’histoire du cinéma et forte de quelque 75 films, elle a été conçue par le tandem Olaf Möller-Roberto Turigliatto, et notamment réalisée en collaboration avec la Cinémathèque suisse.
     
    On reste dans le même état d’esprit avec le Léopard d’honneur attribué à Alejandro Jodorowsky, un artiste qui donne un ton particulier à cette édition. L’excellence Award  récompense de son côté Bill Pullman, un comédien éclectique naviguant entre grosses machines, opus auteuristes, comédies et séries télé.
     
    Harvey Keitel recevra un Léopard d’or pour l’ensemble de sa carrière et l’actrice Stefania Sandrelli le Leopard Club Award. Profitant de sa présence dans La femme et le TGV de Timo Von Gunten, le festival rendra aussi hommage à Jane Birkin. Il sera complété par la projection de son film Boxes (2006) et de La fille prodigue de Jacques Doillon, sorti en 1981.

    Locarno, du 3 au 13 août.

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  • Festival de Locarno: le Léopard d'or au Sud-Coréen Hong Sangsoo pour "Right Now, Wrong Then"

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    L’Asie triomphe en cette 68e édition locarnaise. Alors que Tikkun faisait figure de favori, du moins à mon avis et celui d’une grande partie de la critique, c’est Right Now, Wrong Then de Hong Sangsoo, le seul que je n’aie pas mentionné dans mes pronostics, qui repart évidemment avec le Léopard d’or!

    Une petite déception, mais un choix qui certes se justifie, voire bien davantage pour les fans du cinéaste sud-coréen, estimant qu’il est le seul à avoir produit un enchantement total.

    Toutefois, en dépit d’une forme originale, le film étant dédoublé pour raconter deux versions de la même histoire à quelques détails près, le fond, se limitant peu ou prou aux galipettes amoureuses d’un réalisateur et d’une jeune peintre, ne contribue pas véritablement à mon éblouissement personnel.

    3463187_7_c4ce_une-image-de-sunhi-de-hong-sang-soo_2ef554b6f376589e458d95f0e2b1e85c[1].jpgLes meilleurs interprètes

    Reste que le vainqueur Sangsoo déjà récompensé d’un léopard d’argent en 2013, fait même coup double, puisque son principal protagoniste Jung Jae-You (photo) est sacré meilleur acteur. Du coup question comédiens, je peux aussi remballer mes prévisions, aucun de mes préférés des deux sexes n’ayant réussi à séduire le jury.

    Le Prix d’interprétation féminine est allé aux quatre filles de Happy Hour,  Tanaka Sachie, Kikuchi Hazuki, Mihara Maiko, Kawamura Rira, pour leur prestation dans le conte fleuve (5h17) du Japonais Ryusuke Hamaguchi.

    get.do__0[1].jpgSuffisant pour donner une allure très asiatique à ce palmarès, le Nippon, l’un de mes papables, obtenant par ailleurs une mention spéciale pour son scénario.

    TIkkun doit se contenter du Prix du jury

    Pas de précieux métal donc pour Tikkun, dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler dans mes deux notes précédentes. L’Israélien Avishai Sivan se console avec le Prix du jury, deuxième récompense la plus importante, ainsi qu’une mention spéciale pour la photographie de Shai Goldman.

    Enfin Cosmos d’Andrzej Zulawski, autre habitué des lieux, décroche le Prix de la réalisation. Assez logique, même si certains s'en étonnent, jugeant injustement à mon sens sa mise en scène à la limite du clownesque. 

    Quelques bons films sur la Piazza grande

    Si la compétition de ce cru 2015 s’est révélée plus convaincante que par le passé, il en allait de même pour les films proposés sur la Piazza Grande. Outre des classiques, E la nave va de Federico Fellini, Pat Garrett & Billy The Kid de Sam Peckinpah  (présentés en préfestival) et The Deer Hunter de Michael Cimino, on retiendra quelques nouveautés, dont en tête l’excellent La belle saison de la Française Catherine Corsini.

    fritz-bauer-burkhart-klaussner[1].jpgMais on s’est aussi diverti avec Ricki And the Flash de Jonathan Demme, Southpaw d’Anton Fukua,  Guibord s’en va-t-en guerre du Québécois Philippe Faladeau, Der Staat gegen Fritz Bauer (photo) de l’Allemand Lars Kraume, qui a obtenu le Prix du public. Sans oublier La vanité du Vaudois Lionel Baier où un vieil architecte las de la vie s’adresse à une association d’aide au suicide. Avec Patrick et Carmen Maura.

    En revanche on a touché le fond avec deux comédies américaines Trainwreck de Judd Apatow sur un scénario d’Amy Schumer, l’étoile montante du rire outre-Atlantique et surtout en compagnie  de Me And Earl And The Dying Girl d’Alfonso Gomez-Rejon, une calamité tire-larmes où rien ne nous a été épargné.

    Reprise de la rétrospective Peckinpah

    Et bien sûr les amoureux du cinéma de Peckinpah, rebelle et hors-la-loi hollywoodien, représentant phare d’un Far-West en train de disparaître, se sont régalés de l’intégrale du réalisateur présentée en collaboration avec la Cinémathèque suisse.

    On aura l’occasion d’en reparler, ainsi que de l’ouvrage qui lui a été consacré, sobrement intitulé Sam Peckinpah. De nombreuses institutions suisses, européennes, ou américaines reprendront en effet tout ou partie de cette rétrospective dont Les Cinémas du Grutli à Genève, du 19 août au 1er septembre.

    En ce qui concerne la fréquentation, elle semble relativement constante. En l’absence de chiffres précis pour l’instant, les organisateurs notent une légère hausse du public le soir sous les étoiles et une petite baisse dans les salles durant la journée principalement due au beau temps. Trop beau pour aller s’enfermer dans l’obscurité…. 

     

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  • Festival de Locarno: à qui le Léopard d'or? Le mot de la fin au jury

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    get[1].jpgLe grand jour arrive pour les dix-huit chasseurs du fauve. Au sein d’une compétition plus relevée que d’ordinaire, mes favoris demeurent ceux  mentionnés nnés dans ma précédente note. Avec toujours en tête  de la course Tikkun de l’Israélien Avishai Sivan évoquant les souffrances d’un brillant étudiant ultra-orthodoxe d’une yeshiva (école religieuse), tourmenté par les démons de la chair.

    Viennent ensuite James White de l’Américain Josh Mond, explorant une forte relation entre une mère atteinte du cancer et de son fils perturbé, qui renonce à s’étourdir dans une entreprise d’autodestruction pour s’occuper d’elle. Sans oublier Cosmos du revenant Andrzej Zulawski, qui nous emmène dans son univers foldingue peuplé de gens brindezingues.

    On ajoutera les deux derniers films vus en compétition. A commencer par Suite Armoricaine de la Française Pascale Breton, qui a séduit avec son film dense, construit autour du temps. Et de son héroïne dont le monde n’existe plus et qu’elle doit apprendre à réhabiter. La réalisatrice française livre ainsi une sorte de mini-comédie humaine avec beaucoup de personnages. En s’engageant sur les différents territoires de la mémoire, de l’inconscient, de la transmission.  

    get.do__0[1].jpgHappy Hour du Japonais Riyusuke Hamaguchi faisait office de petit événement avec ses 5h17. Il n'a toutefois pas la force et la puissance de What is Before du Philippin Lav Diaz (5h38) lauréat du Léopard d'or l'an dernier. Mais il pourrait éventuellement figurer au palmarès

    Ce conte fleuve qui aurait aussi pu s’appeler Paroles de femmes, raconte la trajectoire de quatre amies dans leur fin de trentaine, la génération du réalisateur, déçues de leur vie professionnelle, familiale, maritale, sentimentale.

    L’ensemble se déroule sur fond de malaise et de mal-être de la société nippone en général. On s'y est beaucoup moins ennuyé que dans des métrages infiniment plus courts, mais l'auteur aurait quand même pu conclure nettement plus vite...

    D’autres opus ont les faveurs de la critique, comme Schneider vs. Bax du Hollandais Alex van Wanmerdam comédie macabre mettant en scène un tueur à gages éprouvant les pires difficultés à abattre sa cible, Bella e perduta, avec un homme et un animal entreprenant un long et vain périple dans.. un beau pays perdu.

    get[1].jpgOu encore Ma dar Behesht (Paradise), de l’Iranien Sina Ataeian Dena, premier chapitre d’une trilogie sur la violence et sa reproduction par les victimes. Un film donnant le rôle principal à la superbe Dorna Dibaj (photo) qui débute au cinéma, mais son auteur, s’intéressant plus particulièrement à l’humain, réfute toute volonté de se pencher sur la condition féminine.

    Côté interprétation, Je plébiscite Aharon Traitel dans Tikkun ou Christopher Abbott dans James White.  Et chez les femmes Cynthia Nixon, également dans James White et Dorna Dibaj dans Ma dar Behesht. Voire Valérie Dréville dans Suite Armoricaine

    Mais évidemment, ces vœux ne sont que pieux. Comme on dit dans ces cas-là et au risque de me répéter, le journaliste propose, le jury dispose. J’espère qu’il ne jettera pas son dévolu sur l’affreux et très limite Bart Dejan du Serbe Bakur Bakuradze. Mais à Locarno tout est hélas possible. Verdict demain.

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  • Festival de Locarno: mes préférés dans une compétition en dents de scie

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    get[2].jpgA deux jours de la fin de ce cru locarnais 2015, un point sur la compétition, forte de 18 films. Après avoir plutôt bien démarré, elle s’est poursuivie en dents de scie, connaissant quelques hauts et de très gros bas.

    Entre les deux de l’honorable ou du méritant souvent sans grand intérêt. Mais il reste encore trois films à découvrir dont deux très gros morceaux, du moins sur le plan de la longueur, avec Suite Armoricaine de la Française Pascale Breton et le maousse Happy Hour (plus de cinq heures) du Japonais Ryusuke Hamaguchi, 

    A ce stade,  mes préférences vont à quatre films qui devraient (pourraient ?) se retrouver au palmarès. A commencer par Tikkun de l’Israélien Avihsai Sivan évoquant les tourments charnels d’un brillant élève juif ultra-orthodoxe. S’imposant un jeune drastique, Haim-Aaron perd connaissance. Il est déclaré mort par les secours mais son père s'acharne à tenter l'impossible et le ramène miraculeusement à la vie.

    Dès lors son comportement évolue davantage vers ce qui l’a toujours tracassé. Indifférent à ses études, il ne l’est pas à ses sens. Constatant ces changements, son père craint  d’avoir offensé Dieu en le réanimant. Tourné dans un superbe noir et blanc, le film séduit jusqu’à la fascination par le coté sobre, épuré du récit et de la mise en scène. Mais l'auteur évite l'écueil de l'austérité, en gardant une sensualité sous-jacente.

    get[1].jpgProfonde relation mère-fils dans "James White"

    Je me suis également laissé beaucoup séduire par James White, un Newyorkais d’une vingtaine d’années, lui aussi très perturbé. Mal remis de la mort de son père il mène une vie dissolue, qui le conduit jusqu’au Mexique.

    Et puis un jour, recevant un coup de fil de sa mère qui se bat contre un cancer en phse terminale, il décide de rentrer pour s’occuper d’elle.

    A partir de là, le film prend une toute autre dimension, le réalisateur Josh Mond explorant la relation profonde entre une mère et son fils. James White devra faire la cruelle expérience de la perte pour cesser de s’autodétruire dans ce drame intimiste émouvant, où Christopher Abbott et Cynthia Nixon nous offrent un excellent numéro d’acteurs.

     XVMce3a5e6a-2b17-11e5-8e49-6dc21babd670-805x453[1].jpgAndrzej Zulawski revient avec "Cosmos"

    La compétition mettant désormais face à face des auteurs plus ou moins débutants et des cinéastes chevronnés, on y retrouve Andrzej Zulawski avec Cosmos, d’après  le roman du Polonais Witold Gombrowicz.

    L’intrigue se déroule dans une curieuse pension tenue par une famille non moins étrange, dont les membres sont atteints de troubles de comportement et de langage divers et où il se passe des événements très extraordinaires. Sans oublier une servante un rien dérangée et défigurée par un vilain surplus de peau à la lèvre supérieure.

    C’est ce que découvrent  l’élégant mais assez pitoyable Witold, qui a raté son examen de droit et le plus rustique Fuchs viré d’une société de mode parisienne. Avec notamment la complicité de Sabine Azéma et de Jean-François Balmer, Zulawski, de retour après quinze ans d’absence, nous emmène dans son univers braque.

    On pouvait craindre le pire. Mais surprise, bien qu’on frise parfois l’insupportable, le cinéaste a décidé de freiner sur l’hystérie et l’excessif si caractéristiques de sa période Sophie Marceau, leur préférant avec bonheur un humour jubilatoire. Tout en gardant quand même un gros grain de folie dans cette comédie dramatique surréaliste en forme de thrilller.

    imagesXEHIIXRF.jpgComédie noire à la sauce hollandaise

    Un cran en-dessous  on trouve Schneider vs, Bax (en français La peau d Bax) du Hollandais Alex van Warmerdam. Le matin de son anniversaire, Schneider, tueur à gages et père de famille dévoué, a reçu pour mission d’abattre Bax.

    Écrivain solitaire vivant au milieu des marécages, c’est une cible facile. Schneider accepte, d'autant qu'il il sera rentré assez tôt pour le dîner. Mais sa tâche se révèle nettement plus compliquée que prévue.

    Un film de genre façon comédie noire plutôt bien ficelé. Même si le scénario n’est pas d’une originalité folle, on  ne s’ennuie pas. Mieux on s’amuse, ce qui à Locarno n’est pas si fréquent. Alors on ne va pas bouder son plaisir.

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  • Festival de Locarno: le Québécois Philippe Falardeau nous amuse en jouant avec la politique

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    images[10].jpgLe Québécois Phlippe Falardeau était de retour à Locarno avec Guibord s’en va-t-en guerre, après y avoir présenté en 2011 Monsieur Lazhar, lauréat du Prix du public.
     
    Comédie politique divertissante, sans prétention, elle met en scène le député indépendant Guibord, ancienne star du hockey aujourd’hui représentant fédéral d'une immense circonscription dans le nord du Québec. Il se trouve dans une position particulièrement inconfortable, sa voix se révélant cruciale lors du vote au parlement qui doit décider de l’entrée en guerre ou non du Canada.

    Répugnant à choisir son camp, Guibord sillonne les lieux pour consulter ses électeurs avec sa femme qui est pour, sa fille qui est contre et Souverain Pascal, un stagiaire haïtien idéaliste venu parfaire des connaissances essentiellement livresques, notamment acquises avec Jean-Jacques Rousseau. Mais le député devra bien finir par se déterminer.

    Le sujet de la guerre est un thème prétexte polarisant, qui permet aussi bien d’évoquer les différences au sein des partis, les conflits entre les citoyens et les lobbyistes de tout poil et ceux qui règnent à l’intérieur de la famille du politicien indécis.

    Philipe Falardeau, rencontré quelques heures avant la projection sur la Piazza Grande 0ù il avait vécu "une expérience magique" il y a quatre ans, se montrait particulièrement fébrile à l’idée d’une nouvelle occasion, extraordinaire pour lui, de se confronter à un large public. A noter que son film devait également être montré six heures plus tard en plein air à Montréal.

    "Vous savez, mes producteurs se retrouvent pour la quatrième fois à Locarno, qui devient particulièrement connu au Québec.En ce qui me concerne, j’ai juste hâte de voir si mon humour trouve une certaine résonance", espérait l'auteur. "Mais j’ai confiance. S’il y a des gens placés pour comprendre ma démarche politique, ce sont bien vous les Suisses, avec votre système complexe. De plus, figurez-vous que cette année, les élections fédérales se tiendront le même week-end du 18 et 19 octobfre chez vous et  chez nous!"

    Mais la différence, c’est la taille énorme du pays. "On peut mettre 241 fois la Suisse dans le Canada. Il est  impossible de concilier les intérêts d’une aussi vaste région. Pour nous la démocratie c’est compliqué. Sinon carrément le bordel. On vote de moins en moins et on cultive un cynisme malsain.

    images[1].jpgC’est la raison pour laquelle Philippe Falardeau a introduit un personnage très cultivé mais aussi très naïf venu de Haïti et pour qui la démocratie est un système pur.

    "En outre la culture orale chez lui rend le débat public facile. Enfin, nous avons un rapport assez intime avec Haïti dans la mesure où il existe ici une forte communauté".

    Souverain Pascal, alias Irdens Exantus souvent irrésistible avec son sourire contagieux, va ainsi suivre Guibord dans ses tribulations de campagne. C’est à Patrick Huard, humoriste, comédien et réalisateur que Philippe Falardeau a confié le rôle du député.

    "Il a plusieurs films à son crédit et pouvait comprendre l’humanité du personnage. Je cherchais un homme à la fois proche des gens sur le terrain ainsi qu'aux prises avec sa femme et sa fille. Je l’ai trouvé et j'estime qu'il forme un bon tandem avec Irdens Exantus (photo). Ils s’apprivoisent, s’apportent beaucoup l’un à l’autre et à la fin, ils changent tous les deux pour le mieux".

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  • Festival de Locarno: "Heimatland" veut clouer la Suisse au pilori. Laborieux

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    imagesBGTBH5D3.jpgIl fait froid, c'est l'automne. Un mystérieux et menaçant nuage déroutant tous les experts météo s’entend sur la Suisse centrale et ne cesse de croître pour recouvrir le pays en s’arrêtant aux frontières. Il est annonciateur d’une tempête dévastatrice qui sème la panique parmi les habitants.

    Cet effondrement aussi imminent qu'inimaginable suscite chez eux différents comportements. Certains se barricadent dans leur maison, fêtent la fin du monde, tandis que d’autres dévalisent les supermarchés ou cassent des vitrines de petites boutiques.

    A cet égard, on apprend qu’il est très moche de vandaliser l’échoppe de l’indien du coin et plutôt recommandé de s’attaquer à Globus et à la Coop… Mais finalement plus d’un million d’Helvètes angoissés quittent les abris, se jetant sur les routes pour fuir l’amère patrie et tenter de gagner le pays voisin. En vain.

    Certains codes du film catastrophe

    Poursuivant dans la tradition du film suisse critique envers la société, ne se limitant toutefois pas au blâme et à la condamnation dans la mesure où ils font partie du problème, ils se sont réunis à dix jeunes réalisateurs alémaniques et romands (pas de Tessinois) pour observer de près cette petite nation alpine qui s’obstine à se replier sur elle-même.

    Ils ont commencé par rédiger un script, avec la volonté de créer des personnages d'ici. Chacun a exécuté son morceau et ils ont essayé de les mettre ensemble. Leur opus se veut à la fois choral et politique, tout en empruntant certains codes du film catastrophe, utilisés simplement comme un moyen. Le méchant nuage n’a donc pas la vedette et aucun héros à l’américaine ne volera au secours du peuple plongé dans le chaos.

    Un gros défi à relever pour un résultat inégal et simpliste

    Collaborer avec autant de monde est logiquement générateur de tensions et de conflits. C’est un gros défi à relever que de concocter une œuvre collective sans compromis. Du coup, Sa construction confuse donne un résultat forcément inégal. Mais surtout, à part quelques rares bons moments, Heimatland, unique représentant helvétique en compétition, pèche par son approche lourdingue sinon laborieuse, simpliste et premier degré.

    imagesGSN0UV1O.jpgA l‘image par exemple de ces scènes où l’Union européenne s’interroge sur la procédure à suivre pour accueillir ces réfugiés inédits qui, parvenus aux frontières, sont refoulés et condamnés à rentrer au bercail.

    Un juste retour des choses en forme de cliché moralisant, notamment illustré par un caméo de Jean Ziegler à la télévision, pour fustiger ces Suisses parfois ignobles qui méritent d’expier leurs péchés.

    Ce premier degré, les auteurs affirment l’assumer pleinement. Lors de la conférence de presse, l’un d’eux reconnaissait "le côté grotesque de quelques histoires se déroulant dans des situations étonnantes par rapport à ce qui existe"

    L’isolement, thème essentiel

    Ils ont par ailleurs insisté sur le caractère essentiel du métrage, à savoir l’isolement du pays. Mais pour eux il ne s’agit pas à proprement parler d’une réponse à la politique blochérienne de quotas d’étrangers, qui a provoqué le référendum du 9 février 2014. "Nous avons débuté l'écriture il y a quatre ans et nous ne pouvions pas prévoir ce qui est arrivé. Nous avons été rattrapés par la réalité et nous avons élaboré les thèmes au fur et à mesure ».

    Ils espèrent ainsi provoquer une réflexion chez le spectateur, l’amener à se poser des questions. "Nous ne parlons pas seulement de l’isolement de la Suisse, mais de l’isolement personnel, cette faculté perdue de nouer des liens avec les autres. A force de s’isoler, on va droit dans le mur. On suffoque et on a peur d’être enterré vivant".

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  • Festival de Locarno: "Trainwreck", la comédie à succès calamiteuse de Judd Apatow

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    hqdefault[1].jpgDébuts plutôt réussis sur la Piazza Grande, entre Ricki And The Flash de Jonathan Demme, La belle saison de Catherine Corsini, Southpaw d’Antoine Juqua, avec un Jake Gyllenhaal convaincant en boxeur qui touche le fond et entame le plus dur combat de sa vie pour se relever.

    Et puis, c’était couru, le gros couac de Judd Apatow et son Trainwreck, en français "un cas désespéré". On ne saurait mieux dire! 

    Labellisé roi de la comédie américaine (de quoi faire se retourner dans sa tombe un maître comme Billy Wilder) Judd  Apatow qui enchaîne les succès depuis 40 ans et toujours puceau, s’est penché cette fois sur les femmes et leurs relations avec les hommes. D'après un scénario, une grande première, d’Amy Schumer qui est aussi la protagoniste principale.

    Elle a concocté une histoire proche de sa vie personnelle où, suivant les conseils de son père selon lequel la monogamie n’est pas réaliste, l’héroïne devenue journaliste collectionne les mecs en évitant de s’engager. Une consommation frénétique prétexte à quelques scènes en-dessous de la ceinture, assaisonnées sans surprise d’un humour extra-gras.

    Jusqu’à l’inévitable jour où Amy craque, la honte, pour le sujet de son article, un brillant médecin du sport qui répare les bobos des célébrités. Il avoue même s’occuper d’un certain… Roger Federer, tandis que la star du basket James LeBron joue son propre rôle.

    Déjà qu’il n’y avait pas grand-chose à voir avant, à partir de là, il n’y a vraiment plus rien. Trainwreck qui se veut dans l’air du temps, irrévérencieux, choquant sinon trash, révélateur d’une société hypocrite,  sombre dans un rare ennui entre convenu laborieux et conservatisme calamiteux.  

    Quand on pense qu’Amy Schumer est une figure  montante du rire américain, il y a du souci à se faire pour le genre. Quoique…On sait que plus c’est nul et mieux ça marche. La preuve en est encore faite avec le triomphe au box office du film sorti aux Etats-Unis le 18 juillet.

     

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  • Festival de Locarno: lesbienne dans "La belle saison", Cécile de France fière de servir la cause gay

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    dafa558e26447adfc1517768a30423f9[1].jpgInstants de grâce sur la Piazza Grande avec La belle saison de Catherine Corsini, que portent magnifiquement Cécile de France et Izïa Higelin. Une histoire d’amour homosexuelle bouleversante, joyeuse, sombre et mélodramatique entre Delphine, une jeune paysanne de 23 ans rêvant d’avoir sa ferme et Carole, une Parisienne de 35 ans alors en couple avec un homme et très investie dans le combat féministe des seventies.

    Cette plongée dans ces années permet notamment à la réalisatrice de rendre hommage aux femmes engagées à la tête de la lutte pour l’égalité et l’émancipation, souvent dénigrées, insultées, traitées de mal baisées ou autres grossièretés du genre. Nombre d’entre elles étaient homosexuelles, ont pu se faire entendre et contribuer ainsi largement à faire avancer les choses sur les problématiques à la fois politiques et intimes.

    Catherine Corsini s’est documentée grâce à des interviews et en visionnant l’œuvre de la vidéaste suisse Carole Roussopoulos. Une pionnière, qu’’il s’agisse de filmer les luttes féministes ou le premier défilé homosexuel en marge du 1er Mai 1970. Elle était très amie avec Delphine Seyrig, avec qui elle a réalisé quelques métrages militants d’anthologie. C'est en hommage à ces deux femmes exceptionnelles que es héroïnes de La belle saison s'appellent Carole et Delphine.  

    Mais on aura l’occasion de reparler de cet opus très réussi qu’il s’agisse de la mise en scène, du traitement de la photographie et de l’excellent jeu des comédiennes lors de sa sortie en Suisse romande le 19 août. 

    imagesKPS8QS7L.jpgEn attendant, on a eu le bonheur de rencontrer la ravissante lumineuse et solaire Cécile de France, alias Carole, débarquée à Locarno en compagnie de sa réalisatrice.  La comédienne qui dit choisir ses rôles avec le cœur, avoue n’avoir pas été partante au départ.

    "J‘avais déjà joué une lesbienne dans cinq films et je souhaitais garder la liberté de la diversité. Catherine était très triste. Mais en lisant le scénario, j’ai adoré cette histoire qui m’a aussi beaucoup émue et j’ai finalement dit oui".

    Vous vous dites fière d’être la "lesbienne du cinéma français", le porte-drapeau en quelque sorte de la cause gay, tout en craignant d’être enfermée dans le rôle.

    En effet. Pour les réalisateurs, je veux rester une page blanche, mais pour le public c’est autre chose. Si cela peut aider les gens à assumer leur différence, tant mieux.

    Etes-vous une militante?

    Si vous entendez par là descendre dans la rue pour manifester et faire bouger les lignes, non. Je ne suis que comédienne. Mais je m’engage à mettre toute mon énergie dans les films. Et surtout je dis merci à celles qui se sont tant battues pour sortir les femmes de leur enfermement social 

    Quand vous avez décidé d’accepter la proposition de Catherine Corsini, saviez-vous qui serait votre partenaire? Et aviez-vous des préférences?

    Je l’ignorais et ce n’était pas à moi de décider. Mais Catherine Corsini me faisait part de ses doutes quant au choix de la fille en question et me faisait participer.

    Vous avez pas mal de scènes de nu. Etait-ce un problème pour vous? Et comment cela s’est-il passé entre vous et Izïa Higelin

    En ce qui concerne la première partie de la question, je n’étais pas gênée dans la mesure où les scènes d’amour ont été tournées avec beaucoup de délicatesse, de pudeur. J’avais presque l’impression de faire partie d’une œuvre d’art, de poser pour un peintre. Et avec Izïa, c’était comme dans les douches de filles, Plutôt décontracté.

    Est-ce pareil  d’être filmée par une femme  ou un homme pour ce genre de rôle?

    Pas vraiment en l’occurrence  car "La belle saison" est basé sur la vie de Catherine Corsini, elle-même homosexuelle. Ce qui en fait une œuvre sincère et pleine d’amour. Mais sinon quand je suis concentrée dans l’action, je ne pense pas spécialement à la personne derrière la caméra.

    Vous parliez de page blanche par rapport ä  un cinéaste. Mais y a-t-il des personnages que vous aimeriez particulièrement  interpréter ?

    Je n’aime pas penser comme ça. Je ne me dis pas ah, j’aimerais trop travailler avec David Lynch. J’ai des projets, de belles propositions. Et notamment une fiction, The Young Pope avec Ludivine Sagnier et Jude Law qui se déroulera sur huit épisodes  (Réd : elle est réalisés par l’Italien Paolo Sorrentino, récemment oscarisé pour La Grande Bellezza et qui était de retour à Cannes en mai dernier avec Youth.

    Dites-nous encore deux mots sur votre expérience avec Clint Eastwood? Etait-ce différent de tourner en France ou aux Etats-Unis ?

    La différence c’est Eastwood. Il a une manière de travailler qui n’est pas liée à sa nationalité. Avec lui tout va très vite, il ne fait qu’une prise, il délègue beaucoup. Il est détendu, zen, se révèle très détendu, zen, gentil. En d’autres termes aussi génial qu’on l‘imagine.

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