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12/08/2014

Locarno: Roman Polanski annule sa visite. Journée noire pour le festival

_VEN1093_RVB[1].jpgFace à la polémique que l’annonce de sa visite a suscitée, Roman Polanski, qui devait offrir le 15 août une Masterclass aux jeunes cinéastes de la Locarno Summer Academy ainsi qu’à tout le public, a décidé d’annuler son séjour au Tessin.

Le réalisateur franco-polonais, qui allait également présenter son dernier film La Vénus à la fourrure avec sa femme Emmanuelle Seigner (photo), a envoyé dans la nuit de lundi à mardi une lettre en italien à la direction du festival dont voici la teneur :

“Chers amis,
Après avoir constaté que ma présence au Festival de Locarno aurait pu provoquer des tensions et des controverses de la part de personnes qui s’y opposent, mais dont je respecte les opinions, je regrette de vous annoncer que j’ai renoncé à contrecœur d’y participer.
Ca me rend véritablement triste de décevoir vos attentes.
Roman Polanski”

Dans une vidéo sur le site du Festival, Carlo Chatrian s’est déclaré profondément attristé par cette décision qu’il ne peut toutefois que respecter... "Alors que le soleil brille à nouveau sur Locarno après quelques jours de pluie, c’est pour moi le jour le plus sombre depuis ma nomination au poste de directeur artistique. Je suis triste parce que les festivaliers sont privés d‘une rencontre avec un artiste extraordinaire, triste parce que le concept du festival comme place de débats et de rencontres subit un contrecoup.

"Des limites dépassées"

ky_Carlo_Chatrian_festival_film_locarno[1].jpgRevenant sur les critiques lancées contre la venue du cinéaste, Carlo Chatrian a affirmé les avoir entendues avec attention, mais estime que certaines positions ont dépassé les limites. "A travers une violence verbale et la manipulation de la réalité, elles se sont transformées en attaques personnelles inacceptables… "

De son côté le président Marco Solari parle aussi de tristesse. Et d'amertume. Tout en comprenant  la décision de Roman Polanski, il la regrette infiniment dans la mesure où elle empêche un rêve de se réaliser. 

"Mais nous opérons dans un contexte démocratique, Il faut que les opinions puissent s’exprimer. Nous avons informé Monsieur Polanski que les cinéphiles allaient l’accueillir à bras ouverts mais aussi que des personnes, et je ne les juge pas, s’opposaient à sa venue. Il a donc décidé de renoncer à sa venue".

"Le festival trouve sa raison d’être dans sa liberté d’expression et a toujours su affirmer ce principe fondamental en dépit des tentatives d’ingérence et de pression", ajoute Marco Solari. " Nous n’y cédons pas mais ne pouvons que nous incliner et accepter la situation avec énormément de regrets. C’est une journée noire pour le festival, mais il doit avancer".

Venu recevoir un prix à Zurich en 2009, le cinéaste avait, rappelons-le, été arrêté pour une vieille affaire de viol de mineure aux Etats-Unis. Il avait alors été assigné à résidence pendant sept mois dans son chalet de Gstaad. La Suisse avait finalement refusé de l’extrader.
 

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Robin Williams, la mort tragique d'un grand comique en proie ses démons

images[7].jpgRobin Williams est mort lundi 11 août à son domicile de Tiburon en Californie, après une longue bataille contre la dépression, l’alcoolisme et la drogue. Il avait 63 ans. La police suspecte un suicide, mais une enquête plus approfondie doit être menée pour aboutir à une conclusion définitive.

Le monde du cinéma est sous le choc et les hommages pleuvent de partout, de Washington à Locarno, depuis l’annonce de sa tragique disparition.

Venu du stand up tout en étudiant le théâtre à la Julliard School, le comédien, trois fois marié et père de trois enfants et dont les films appartiennent à la mémoire collective, s’était fait remarquer sur le petit écran dans les années 70, avant d’apparaître sur le grand en 1980.

Animateur survolté et subversif 

Sa carrière internationale débute derrière un micro, où il interprète l’animateur radio survolté et subversif de Good Morning Vietnam en 1987. Deux ans plus tard il conquiert la planète en incarnant le professeur de littérature rebelle (photo-ci-dessous) dans le Cercle des poètes disparus de Peter Weir.

imagesCAFCETOM.jpgPeter Pan chez Steven Spielbeg  dans Hook en 1991, puis marchand de jouets dans Toys, il fait à nouveau craquer le monde entier en se cachant sous les traits de Mrs Doubtfire de Chris Columbus en 1993. Dans la foulée, il rafle un Golben Globe. 

Parmi ses films les plus célèbres de cet acteur polyvalent et surprenant, oscillant entre le rire et les lames, la tendresse et la noirceur, on citera encore Jumanji, Fisher King et surtout son rôle de psychologue (photo ci-dessous) dans Will Hunting.

Ce long métrage écrit par Matt Damon et Ben Affleck lui a valu le seul Oscar de sa prolifique carrière, en 1998. On n’oubliera pas non plus le psychopathe d’Insomnia en 2002 ou de Photo Obsession, en compétition à Locarno la même année.

images[8].jpgRéactions de la Maison Blanche au Festival de Locarno

Barack Obama, le Tout Hollywood de Steven Spielberg à Morgan Freeman, les réseaux sociaux se sont vivement émus de son décès.

Le président américain résume bien le sentiment de chacun. "Il était un animateur radio un docteur, un aviateur, un génie, une nounou,  un professeur… Mais il était unique. Il est arrivé dans nos vies comme un étranger et a fini et avait fini par toucher chaque parcelle de l’âme humaine".

A Locarno, le directeur artistique Carlo Chatrian tient à s’associer aux hommages. "Tout homme de cinéma ne peut qu’éprouver de la tristesse face à la mort d’un acteur d’une telle envergure. La plupart de ses films sont dans la mémoire collective. Je ne l’ai pas rencontré, il n’est jamais venu à Locarno, mais j’ai été marqué par ses films, plus particulièrement par Le cercle des poètes disparus que j’ai découvert alors que j’étais au lycée. J’ai aimé son personnage, cette mélancolie qu’il avait en lui ».

Tandis que Connie Nielsen, membre du jury et partenaire de Robin Williams dans Photo Obsession était trop secouée en début de matinée pour réagir, le comédien Jonathan Pryce, tête d’affiche dans Listen up Phiilip d’Alex Ross Perry, en liche pour le Léopard d’Or a manifesté son émotion. Il avait rencontré Robin Williams sur le tournage de Les aventures du baron de Münchhausen de Terry Gilliam (1988). "Il était très amusant on a dîné, bavardé ensemble. J’ai beaucoup de respect pour lui et je suis très triste qu’il nous ait quitté".


 

 


 

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Festival de Locarno: lauréate d'un Léopard d'honneur, Agnès Varda se raconte

images[3].jpg"Tout cinéaste rêve d’être invité sur la Piazza Grande", déclarait dimanche soir la réalisatrice franco-belge Agnès Varda, deuxième femme après la Russe Kira Mouratova en 1994 à recevoir un Léopard d’honneur pour l'ensemble de son œuvre. Ajoutant qu’à 86 ans, elle avait réalisé son rêve. 

Le lendemain l’infatigable créatrice, surnommée la grand-mère de la Nouvelle Vague alors qu’elle n’avait que 27 ans lorsqu’elle a réalisé son premier film La pointe courte, monté par Alain Resnais, s’est entretenue au Spazio Cinema avec le public qui l’a chaleureusement accueillie. 

Une conversation où elle raconte son parcours, ses débuts de photographe, ses films. A leur évocation Agnès (née Arlette) demande aux auditeurs s’ils les ont vus. Et se réjouit de constater que c’est presque toujours le cas. Elle s’est notamment attardée sur le documentaire qui a beaucoup compté et dont 17 ont marqué sa carrière. Par exemple Les Glaneurs et la Glaneuse, sorti en 2000.

Partout en France, elle rencontre des ratisseurs de champs et des grappilleurs dans les arbres après la récolte, des ramasseurs de fruits et légumes jetés par les entreprises, des récupérateurs de nourriture et d’objets divers dans les poubelles, les rues. Par nécessité ou par choix, ils sont en contact avec les restes des autres. Deux ans plus tard, elle a retrouvé quelques-uns de ses protagonistes. "Ils étaient contents de me voir".

"Le documentaire est une école de vie"

«J’ai tellement appris en faisant ce film. Il m’a aidée à me situer en tant que documentariste. C’est une école de vie. Il y a la dimension du temps qui passe sur les gens, qui sont aussi pleins de surprises. Dans un court-métrage, j’avais essayé de montrer comment certains avaient caché des juifs au risque de leur vie dans la Drôme. Ils étaient formidables. C’est très intéressant de filmer de vraies personnes. Bien sûr j'aime la fiction et les acteurs qui m’impressionnent. Mais c’est différent".

A côté de la réalisation, Agnès Varda s’occupe de restauration d’œuvres. Des siennes et de celles de Jacques Demy, son mari rencontré en 1958 et mort en 1990. Apprend-elle de nouvelles choses en les revoyant? "Non sauf quand les critiques en parlent et se livrent à des analyses. Je découvre des raisons de faire qui m’avaient échappé. Il y a en nous des choses qu’on ne sait pas, qui se mettent en place à ces occasions. On doit en quelque sorte fragiliser l’acte de filmer pour qu’il se nourrisse… "

Si le cinéma a changé, cela ne la trouble pas. "Il ne faut pas être obstiné". Elle estime que les nouveaux outils correspondent mieux au documentaire qu’à la fiction et qu’à l’évidence selon la caméra utilisée on ne fait pas le même film. "Dans Les Glaneurs il n'était pas possible d'avoir une équipe pour approcher les personnes, donc j’allais d’abord avec une petite caméra. Après on pouvait prévoir des moyens plus importants.

Rappelons que le Festival de Locarno projette une sélection de ses longs-métrages, Cléo de 5 à 7 (1962) Les créatures (1966) Sans toit ni loi (1985) ou encore Les Plages d’Agnès (2008).

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10/08/2014

Festival de Locarno: Fernand Melgar et "L'Abri": "Je suis la mauvaise conscience de la Suisse"

images[11].jpgAprès La Forteresse et Vol Spécial, le cinéaste vaudois Fernand Melgar nous plonge au cœur de L’Abri, un centre d’hébergement d’urgence pour SDF à Lausanne, bouclant ainsi en principe sa trilogie sur la migration. Le premier parle d’entrée en Suisse, le second évoque la fin du voyage. L’Abri, en lice pour le Léopard d’Or est une sorte de no man’s land, un entre-deux entre l’arrivée et le départ.

Dans ce troisième volet qui peut en appeler un quatrième ("ce sont les films qui me choisissent"), Fernand Melgar et Elise Schubs, sa preneuse de son auteure d’un formidable travail, nous emmènent dans un souterrain jusqu’à la porte du centre. C’est l’hiver, le froid mord, il  neige. Chaque soir se déroule le même rituel d’entrée dramatique qui provoque des bousculades parfois violentes.

La lourde tâche du tri des démunis

Trois veilleurs ont la terrible tâche de trier les démunis, laissant pénétrer d’abord les personnes âgées, les handicapés, les femmes et les enfants, puis les hommes. Alors que la capacité est de 100 places, seuls 50 seront admis et auront droit à un repas et à un lit. Pour les autres, la nuit sera dure. Comme la suivante et toutes celles d’après jusqu’en mars.  

La technique de Melgar, c’est l’immersion totale. Pendant six mois, lui et Elise Schubs ont vécu au milieu des sans-logis, attendant avec eux à l’extérieur et pénétrant aussi à l’intérieur du centre. Et cela après un long travail de recherche et de préparation, qui a également duré six mois, sans caméra, pour approcher les gens dans la rue à la soupe populaire, expliquant leur démarche pour établir une relation, gagner leur confiance. 

Des êtres humains cherchant à survivre

310-175-abri01[1].jpgCeux qui fréquentent l’Abri sont en majorité des citoyens de l’Est et du Sud de l’Europe. Ce ne sont pas des clandestins, ils ont des papiers, des passeports et fuient la crise. Ce sont des migrants économiques, des working poors avec enfants à charge. Ils touchent des salaires de misère ne leur permettant pas d’avoir un logement. "Il n’y a pas de différences entre eux et les personnages de mes films précédents. Ce sont tous des êtres humains qui cherchent désespérément à s’en sortir".

 

Le reproche qu’on peut faire à Melgar c’est de ne pas porter de jugement. Par exemple sur les gérants du lieu, dont un se révèle particulièrement odieux. En même temps, il ne faut pas être grand clerc pour voir où vont ses sympathies. Mais il ne veut pas catégoriser. "Il n’y a pas de gentils, de salauds, mais des êtres humains qui essayent de trouver un terrain d’entente. On attend de moi des réponses alors que je suis le témoin d’une réalité qu’on cache, qu’on veut oublier".

"Je n’ouvre pas des portes mais des fenêtres"

"Mon cinéma est celui de l’intranquillité. Je suis la mauvaise conscience de ce pays. J’essaye de faire réfléchir les gens. Je pose des questions à mes concitoyens après le vote du 9 février qui a conduit à la fermeture des portes. En même temps, c’est un message d’espoir. J'ouvre des fenêtres".


Il a ainsi réalisé L’Abri pour lever le voile sur des victimes du silence et de l’ignorance, sur une humanité à la dérive que Lausanne occulte comme si elle faisait tache dans le paysage. "Comment dans ma ville peuvent exister ces fantômes, ces citoyens de seconde zone ? Quand j’en parle avec des amis, ils me croient à moitié. Puisqu’il faut voir pour le croire, je montre".

Et Melgar le montre dans un film fort, dérangeant, bouleversant racontant ce lieu dit d’accueil mais surtout de tri, dont les barrières interdisant l’entrée à certains représentant la loi et l’autorité. Il a posé d’énormes questions morales à son auteur. "Pour moi le fondement de la société moderne c’est le respect des droits humain. Or c’est le contraire dans ce film. Aujourd’hui on glisse vers l’exclusion, l’élite, écartant de notre chemin ceux qui sont dans le besoin".

Il reste à espérer qu’il sera mieux  compris par le jury que Vol Spécial qui avait poussé, il y a trois ans, le président Paulo Branco à traiter l’opus de fasciste…


Andrea Staka propose "Cure-The Life Of Another"

images[4].jpgAutre représentante suisse en compétition, Andrea Staka, lauréate en 2007du léopard d’Or pour son premier long-métrage Das Fräulein. Avec Cure–The Life Of Another, la réalisatrice originaire d’ex-Yougoslavie situe son action à Dubrovnik, en 1993, après la guerre.

L’histoire est celle de Linda, 14 ans. Née en Croatie elle a grandi en Suisse et retourne dans son pays avec son père. Elle y rencontre Eta, qui l’entraîne dans une forêt dangereuse sur les hauteurs de la ville. Les deux adolescentes jouent à un échange d’identité plein de sous-entendus sexuels jusqu’à ce que Linda pousse son amie dans le vide.

Revenue seule, elle prend peu à peu la place d’Eta dans la famille de cette dernière. Au bord du gouffre, elle perd pied,  hantée par les images de la chute mortelle de sa nouvelle amie. On reste plutôt perplexe devant le message du film, décevant dans la mesure où il promet plus qu’il ne tient. On attendait davantage de la talentueuse cinéaste qui, chose rare, avait fait salle comble lors de la projection de presse. On retiendra toutefois la beauté de son actrice principale, Sylvie Marinkovic.

"Durak", un film russe aux allures de Léopard 

44cd99ffb7d5f598c44b89758944775d3f32629b[1].jpgJusqu’à présent, le meilleur film de la compétition c’est Durak, du Russe Yuri Bykov. Il met en scène Dima Nikitin, un plombier honnête qui habite une petite ville. On découvre son exceptionnelle intégrité lorsque qu’un vieil immeuble mal construit de neuf étages, abritant principalement des ivrognes et des marginaux, menace de s’écrouler suite à une explosion. 

Tout le monde doit être immédiatement évacué, mais c’est le cadet des soucis des élus locaux qui célèbrent l’anniversaire de la maire au restaurant. Dima se lance alors dans une course contre la montre qui lui sera fatale, pour tenter de convaincre les bureaucrates pourris et corrompus jusqu’à l’os de se remuer et éviter une catastrophe qu'il estime imminente. 

Critiquer la corruption au pays de Poutine n’est pas une nouveauté. Mais il y a la manière. Et ce faisant, Yuri Bykov livre un film coup de poing haletant, qui allie l’excellence de la mise en scène à celle du traitement et à la belle prestation des acteurs. 

 

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08/08/2014

Festival de Locarno: Le grand écart entre Piazza et compétition!

images[4].jpgEntre l’ouverture sur la Piazza Grande avec Lucy et ses neurones en folie et le premier film de la compétition Mula sa kung ano ang noon (From What Is Before) du cinéaste philippin Lav Diaz, il y avait comme un gouffre. A croire qu’on n’était pas dans le même festival.

Un village isolé des Philippines en 1972, où se passent de très mystérieux événements. Des hurlements viennent de la forêt, des vaches sont massacrées, un homme est retrouvé ensanglanté à un carrefour des maisons sont incendiées, Sous prétexte de protéger les habitants qui veulent juste une petite aide financière de l’Etat, des militaires débarquent et instaurent le couvre-feu. Et le président Marcos promulgue la loi martiale dans tout le pays.

Filmée en noir et blanc, librement inspirée de personnages et de faits réels, l’anatomie de ce village et de ses habitants se révèle aussi intéressante cinématographiquement que socialement. Mais la durée du métrage, 5h38, en a découragé ld’un. Et ce n’est de loin pas le plus long du réalisateur…

On se retrouvait côté auteur sur la Piazza Grande avec le dernier opus de l’Israélien Eran Riklis Dancing Arabs, tiré des romans de Sayed Kashua Les Arabes dansent aussi et La deuxième personne. Il raconte l’histoire d’Eyad, qui a grandi dans une ville israélo-arabe et que ses parents envoient dans un prestigieux internat de Jérusalem. Une première.

Déchiré entre deux cultures, l'adolescent cherche désespérément à s’intégrer, tombe amoureux d’une jeune Juive mais doit quitter l’école lorsque leur relation est découverte. Pour être accepté, il devra prendre une décision douloureuse qui changera à jamais sa vie. Eran Riklis séduit avec ce sujet casse-gueule. Evitant les clichés, surfant finement sur le dérisoire, il livre un film au ton satirique, original et sans complaisance.

On n’en dira pas autant de Love Island, signé de Jasmila Zbanic. Liliane et son mari passent des vacances dans une station balnéaire croate, genre Cub Méd. Enceinte, Liliane est près d’accoucher, le mari se réjouit follement de la naissance de leur petite fille, mais la rencontre d’une belle femme qui leur plaît à tous les deux va singulièrement leur compliquer la vie. On assiste dès lors à une sorte de sous Bronzés croisé avec un ersatz de Gazon maudit. Calamiteux à quelques chansons près. 

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Festival de Locarno: pour Mélanie Griffith, il n'y a pas de petites rôles, juste de petits acteurs...

1958389_pic_970x641[1].jpgLes objectifs sont braqués, Mélanie Griffith peut débarquer au Forum. La star américaine, montée sur scène lors de la cérémonie sur la Piazza Grande qu’elle a prise en photo, était invitée pour son rôle dans le court métrage Thirst de Rachel McDonald, en compétition chez les Léopards de demain. Dans cet opus sur la compassion et la connexion entre les humains, Mélanie joue Sue, une beauté alcoolique sur le retour.

Devant un public tout acquis, comme d’habitude dans ce genre de rencontres, l’actrice au visage très retouché mais se révélant simple et directe, évoque l’expérience fantastique qu’elle a vécue avec la réalisatrice de 31 ans.

«Ce n’est pas pour moi que je suis venue. Je n’aime pas me voir… Je suis ici pour la soutenir et lui permettre de faire de nombreux autres films. Mon personnage est une alcoolique qui essaye de survivre. Survient alors un jeune homme et tous deux se métamorphosent. J’étais moi-même alcoolique. Cela fait partie de ma thérapie. C’est une façon de sortir de mon corps, de mon esprit ».

Mélanie Griffith a été recommandée par la directrice de casting à Rachel McDonald, qui a envoyé  une lettre avec le script à a comédienne. Touchée par la missive, le sujet et surtout par la  réalisatrice, elle-ci a tout de suite accepté. «J’ai vu quelque chose chez Rachel. J’ai eu un très grand plaisir de travailler avec elle. Elle sait ce qu’elle veut, elle avait tout prévu. Elle m’a laissé faire ce que je pensais être juste, tout en me donnant des indications très intelligentes que je suivais».

Le fait que ce soit un court métrage n’est pas entré en ligne de compte. Que le film dure vingt minutes ou cinq heures, c’est pareil. Il n’y a pas de petits rôles, juste de petits acteurs… »

Le cinéma suisse touchera six millions de plus par an

Quelques heures auparavant, Alain Berset se livrait au traditionnel exercice de la conférence de presse à Locarno. «La culture est essentielle et nous souhaitons lui accorder plus de poids », déclarait le ministre avant d’annoncer, même si ce n’est pas le Pérou, la bonne nouvelle du jour: six millions de plus par an pour le cinéma, avec l’introduction  du programme de Promotion de l’investissement dans la cinématographie suisse (PICS).

Cette mesure servira à soutenir la réalisation de films et sera développée dans le cadre des nouveaux régimes d’encouragement du cinéma pour 2016-2019. Le septième art fait partie du message  sur la culture que Berne a mis en consultation jusqu’au 19 septembre.

Il prévoit une augmentation du budget de 3,4% par an. Des 895 millions que le gouvernement veut investir dans la culture de 2016 à 2019, 200 millions iront comme jusqu’ici à l’encouragement du cinéma suisse, que le ministre souhaite fort et capable de dépasser les frontières.

Alain Berset a par ailleurs souligné avec force la nécessité de la participation de la Suisse au programme MEDIA de l’Union européenne. Celui-ci ayant été interrompu et les négociations avec Buxelles gelées  après  le oui à ‘initiative sur l‘immigration de masse, des mesures compensatoires ont été prises le 1er juillet. Mais elles ne représentent qu’une solution transitoire et le Conseil fédéral vise une réintégration de l’accord MEDIA.

Quand et comment ? Difficile à dire, selon le ministre. «Nous devons nous préparer à différents scénarios. Nous discutons des aspects techniques. Nous voulons rentrer en janvier 2015 ». Un vœu pieux?

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06/08/2014

Festival de Locarno: Luc Besson sur la Piazza Grande avec "Lucy", super-héroïne au cerveau survitaminé

images[6].jpgAprès avoir été l’amour virtuel de Joaquin Phoenix dans Her, une extraterrestre débarquée sur notre planète pour séduire les hommes avant de les faire disparaître dans Under The Skin, la pulpeuse Scarlett Johansson, redevenue blonde pour l’occasion, se transforme en super-héroïne aux capacités intellectuelles illimitées dans Lucy de Luc Besson.

A l’image d’autres étudiants, la jeune Américaine se voit forcée de convoyer dans son estomac de la drogue surpuissante pour d’immondes trafiquants coréens. Mais le paquet craque et Lucy mute alors en une créature surhumaine.

Fasciné par le potentiel infini de nos petites cellules grises après s’en être entretenu avec des spécialises, Luc Besson s’adonne à la réflexion suivante: l’homme n’utilisant que 10% de son cerveau (théorie par ailleurs fausse des années 60, en réalité ce serait 15% mais peu importe) que se passerait-il s’il venait à exploiter ce précieux organe à 100%?

Proposition vertigineuse qui en fait donc une excellente idée au départ. Malheureusement, comme on pouvait s’en douter, le réalisateur n’en fait pas grand-chose dans ce film de science-fiction également porté par Morgan Freeman, improbable scientifique un poil affolé par les facultés de plus en plus démentes mais finalement sans intérêt de Lucy.

Besson a ainsi concocté une intrigue aux hypothèses fantaisistes, où se mêlent pseudo-métaphysique, philosophie de bazar et pointe de féminisme saugrenu. Sans oublier évidemment, dans ce thriller qui se veut très visuel et explosif, des effets spéciaux et de laborieuses scènes d’action avec d'interminables fusillades entre la mule survitaminée, la police et la bande de gangsters asiatiques, grosses brutes à la botte d’un mafieux sanguinaire.

Bref, du grand n’importe quoi. En prétendant se livrer à un questionnement sur le pouvoir de nos neurones, Luc Besson néglige de se servir des  siens. Trop bête. A noter qu’après un démarrage d’enfer aux Etats-Unis, Lucy vient de se faire piquer sa première place au box office par Les gardiens de la galaxie. Et eux, ils n’ont carrément rien dans le chou…

Le film sera à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès jeudi 7 août.

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04/08/2014

Festival de Locarno: en route pour la 67e édition, avec "Lucy" en ouverture

lucy1[1].jpgStars, grands auteurs, premières œuvres, blockbusters, films classiques, rétrospective événement: le cru tessinois 2014, qui mise sur la superposition, l’échange et le partage selon son directeur artstique Carlo Chatrian, par ailleurs déterminé à bousculer et surprendre le spectateur, s’annonce plutôt riche et capiteux dans ses différentes sections.

Dont une nouvelle, Signs Of Life, consacrée à d’autres formes de narration et qui proposera un film par jour sur la magique Piazza Grande. Pilier de la manifestation, celle-ci   accueillera chaque soir quelque 8000 spectateurs sous les étoiles. Avec à la clé une mini polémique concernant un secteur de 300 places numérotées réservables à l’avance, moyennant un supplément de 15 francs.

En principe cette expérience pour le moins curieuse ne devrait pas trop échauffer les esprits, mais sait-on jamais?  Ce qu’il y a de sûr en revanche, c’est que Lucy, le dernier film de Luc besson avec Scarlett Johansson (photo) en vedette et en mutante (encore…), fera l’’ouverture mercredi sur l’écran géant de la célèbre place. On aura l’occasion de revenir sur ce film qui fait un carton aux Etats-Unis en questionnant le pouvoir du cerveau.

Quinze autres opus sont proposés dont Le Guépard de Luchino Visconti, The Hundred-Foot Journey du Suédois Lasse Hallström A la vie de Jean-Jacques Zilbermann, Pause et Schweizer Helden des Suisses Mathieu Urfer et Peter Luisi,  A signaler également Sils Maria d’Olivier Assayas avec Juliette Binoche, couronnée à cette occasion d’un Excellence Award.

Agnès Varda, qui présente Les plages d'Agnès, recevra elle un Léopard d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Le même prix prestigieux sera remis à une autre icône de la Nouvelle vague, Jean-Pierre Léaud. On en profite pour citer quelques invités de marque dont Melanie Griffith, Dario Argento, Jonathan Pryce, Julie Depardieu ou Isabelle Carré.

17 films à la chasse du Léopard d'Or

Colonne vertébrale de  la manifestation, la compétition officielle avec 17 titres, dont 13 en première mondiale, en lice pour décrocher le Léopard d’Or. Venus de Etats-Unis, du Brésil, de Russie, des Philippines ou du Portugal, ils constituent un voyage autour du monde auquel prennent part deux Suisses: Andrea Staka avec Cure, The Life Of Another, relatant la fiin de la guerre des balkans à Dubovnik et L’Abri de Fernand Melgar, suivant des SDF dans l’hiver lausannois. Le Vaudois avait provoqué la polémique en 2011 avec Vol spécial

Le jury sera présidé par le réalisateur italien Gianfranco Rosi, lauréat du Lion d’or à Venise en 2013 avec Sacro GRA. Il choisira le grand vainqueur en compagnie des cinéastes allemand Thomas  Arslan et chinois Diao Yi’nan, l’actrice danoise Connie Nielson et sa consoeur allemande Alice Braga.

Roman Polanski et sa leçon de cinéma

venus_fourrure[1].jpgL’un des moments les plus forts du festival, sera la présence de Roman Polanski, figure des plus influentes. Le réalisateur, acteur, producteur et écrivain,a profondément marqué l’ histoire du cinéma moderne, usant de différents registres stylistiques pour exprimer une vision qui en fait l’un des maîtres du septième art.

L’auteur de films inoubliables comme Répulsion, Rosemary’s Baby, Chinatown, Le pianiste, Palme d’Or en 2002, recevra un prix spécial et offrira le 15 août une leçon de cinéma aux jeunes cinéastes de la Locarno Summer Academy, ainsi qu’à tout le public. La veille, il présentera avec sa femme Emmanuelle Seigner (photo) qui en est la tête d’affiche, La Vénus à la fourrure, en compétition à Cannes en mai dernier.

Son invitation par le festival a déjà suscité quelques remous. Une émission de la Première vient notamment de se pencher sur le sujet. Venu recevoir un prix à Zurich en 2009, le cinéaste avait, rappelons-le, été arrêté pour une vieille affaire de viol de mineure aux Etats-Unis. Il avait alors été assigné à résidence pendant sept mois dans son chalet de Gstaad. La Suisse avait finalement refusé de l’extrader.

Rétrospective Titanus

On terminera ce tour d’horizon par la traditionnelle rétrospective. Forte d’une cinquantaine d'oeuvres, elle met en valeur cette année la Titanus, plus ancienne maison de production italienne, fondée en 1904 et encore en activité aujourd'hu. Titanus a été consacrée dans les années 1950-60 par l'apport de grands cinéastes, tels que Comencini, Risi, De Sica, Boligni, Zurlini, Monicelli, Rosi, Olmi, Lattuada et occasionnellement Rossellini, Fellini puis Visconti.

Festival de Locarno, du 6 au 16 août.



 

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16/08/2013

Festival de Locarno: A qui le Léopard d'or pour ce cru 2013... qui n'en vaut pas le métal?

224916527_640[1].jpgEt voilà, les jeux sont quasiment faits pour la course au Léopard d'or 2013. Il ne reste plus qu’un film taïwanais en compétition A Time in Quchi. De quoi espérer encore... Je parlais en effet du côté languissant de la compétition à une ou deux exceptions près, jusqu’à l’émouvante réussite de Tableau noir d’Yves Yersin. Depuis, le concours n’a pas franchement décollé, comptant hélas davantage de bas que de hauts.

Des hauts qui n’atteignent de surcrfoît pas des sommets… Parmi ces derniers, Tonnerre de Guillaume Brac (photo). Le réalisateur français nous raconte l’histoire d’un rocker à la dérive pas très gâté par la nature. Revenu chez son vieux père (étonnant et fantasque Bernard Menez) dans sa ville natale de Tonnerre, il tombe amoureux raide dingue de la ravissante Mélodie, stagiaire dans le journal du coin. Mais la passion se transforme en une jalousie à deux doigts de la folie meurtrière lorsqu’elle le rejette pour retourner auprès d’un jeune et beau footballeur.

Filmbild_gross1[1].jpgHonorable également Mary Queen Of Scots, film en costumes du Suisse Thomas Imbach fasciné par cette figure historique. S’inspirant de Stephan Zweig, il revisite l’aventure tragique de celle dont l’ennemie mortelle, sa cousine Elisabeth, ordonna l’emprisonnement pendant dix-neuf ans avant de lui faire couper la tête. Le cinéaste qui procède par voie de lettres lues en voie off que Mary (Camille Rutherford, photo) écrit à sa rivale, compare les deux femmes à deux lionnes se battant pour le même trône. Le tout sur fond de guerres de religion renvoyant à ce qui se passe aujourd’hui.

Dans le genre boyscout et bondieusard sur les bords, à signaler Short Term 12 de l’Américain né à Hawai Destin Cretton. Particulièrement apprécié du public, il met en scène Grace, 20 ans. Elle s’occupe d’ados à problèmes dans un centre, mais est rattrapée par la violence et les abus qu’elle a  subis dans sa propre enfance.

De leur côté, les Asiatiques se contentent eux aussi de donner dans le respectable sans génie. Comme les Japonais Kiyoshi Kurosawa  avec Real et Shinji Aoyama avec Tomogui. Je n’ai pas été emballée non plus par Sangue, production italo-helvétique de Pippo Delbono, qui met en vedette Giovanni Senzani, un ancien leader des Brigades rouges récemment sorti de prison. Ensemble ils évoquent leur rapport à la mort, à la violence, aux rêves de révolution et à l’Italie en ruines.

90181[1].jpgLe choix de faire parler l’ex-terroriste a déplu au gouvernement tessinois mais a été bien applaudi par les critiques. Tout comme Educaçao Sentimental du Portugais Julio Bressane, un objet cinématographique pourtant assez plombant. Je lui préfère nettement E Agora? Lembra-me de son compatriote Joaquim Pinto (photo), dont je vous avais déjà parlé. Vivant depuis vingt ans avec le sida et l’hépatite C, il se livre à une réflexion sur la survie, l'amour et l'amitié à la fois douloureuse et pleine d'espoir. 

Reste un film roumain dédié au septième art, dont le titre peut se traduire en français par Quand le soir tombe sur Bucarest ou Metabolisme. L’œuvre et la vie du cinéaste s’entremêlent dans cet opus qui fait littéralement se pâmer certains. Je vous avouerais que ce n’est pas mon cas.

Tout cela pour vous dire qu’il m’est difficile de dénicher un Léopard véritablement digne de décrocher l’or. Et que s’il ne tenait qu’à moi, je le remballerais jusqu’à l’année prochaine. Mais évidemment, comme toujours, le journaliste propose et le jury dispose. Et tout peut arriver à Locarno, y compris un prix d'interprétation à Carla Juri, l'héroïne du dégoûtant Zones humides! Verdict samedi soir sur la Piazza Grande.

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15/08/2013

Locarno: ces coups qui font cavaler le festivalier...

images[3].jpgQu’est-ce qui fait beaucoup courir les festivaliers? Les stars, une daube américaine, une romance à sangloter dans les chaumières... et surtout le sexe, avec un sulfureux parfum de scandale à la clé. A Locarno cela fait belle lurette que les directeurs artistiques aiment miser sur la chose pour qu'on en cause. Avec succès, la preuve!

En 2000, Marco Muller avait réussi un bon  coup en sélectionnant en compétition Baise-moi de Virginie Despentes. Classé X en France, il avait rameuté la foule au triple galop. Pour sa première année Olivier Père, moins inspiré, avait appâté le client en 2010 avec  L. A. Zombie de Bruce LaBruce, lui aussi en lice pour le Léopard d’Or. Sous prétexte d’art, il nous fourguait tout bêtement un porno gore homo, mettant en scène une créature à la libido exacerbé, qui fouillait les blessures des morts de sa grotesque queue fourchue, histoire de les ramener à la vie. 

Pour ce cru 2013, le nouveau ponte Carlo Chatrian s’est sans doute dit qu’il se devait lui aussi de programmer du croustillant sous la ceinture. Il a ainsi choisi de mettre  en concours Zones humides de l’Allemand David Wnendt, adapté du best seller éponyme de sa compatriote Charlotte Roche et qui avait provoqué des remous dans le pays lors de sa sortie en 2008.

La vertu des odeurs, fluides et sécrétions

Dénonçant l’emprise pudique, hygiéniste et avilissante de la société sur les fondamentaux de l’être humain, la romancière décrit les aventures, qui se passent exclusivement à l’hôpital, d’une jeune fille  bisexuelle, adepte de pratiques anales et de plaisirs sales, prônant la vertu des odeurs, laideurs et disgrâces, le tout sur fond de fluides et de sécrétions diverses.

Si ce manifeste féministe se veut notamment un pied de nez à la mode et à notre obsession pour l’esthétique, ce n’est pas le cas du film qui s'est principalement distingué en faisant souffler un vent de cul sur le festival. Il n’en fallait pas davantage pour que l’objet fasse salle comble, tout comme la conférence de presse qui a suivi la projection. Et cela d’autant plus que l’héroïne n’est autre que la Tessinoise Carla Juri (photo), comédienne par ailleurs pleine de charme et de caractère.

Elle enfile le costume d’Helen qui entretient une relation conflictuelle avec ses parents divorcés. Espérant les réconcilier, elle utilise le sexe pour régler son problème existentiel, jouant les anticonformistes en compagnie de son amie Corinna. Evitant de trop se laver, elle écume aussi des toilettes publiques hyper crades. Souffrant d’hémorroïdes, elle ne cesse de se gratter le derrière en faisant du skate. Elle finit par se retrouver à l’hôpital après un malencontreux accident de rasage intime et tombe amoureuse de son infirmier.

Divagation parfois onirique autour des parties du corps qui puent, le film se targue prétentieusement de briser des tabous. Emmené par une rebelle bidon, il se révèle hélas faussement transgressif, faussement provocateur, minablement exhibitionniste et totalement dépourvu d’érotisme. Du pipi caca culminant dans un échange de tampons ensanglantés entre les deux copines ou dans l’histoire d’une commande de pizza copieusement assaisonnée au sperme. En bref, c’est juste dégueu!

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