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13/08/2015

Festival de Locarno: mes préférés dans une compétition en dents de scie

get[2].jpgA deux jours de la fin de ce cru locarnais 2015, un point sur la compétition, forte de 18 films. Après avoir plutôt bien démarré, elle s’est poursuivie en dents de scie, connaissant quelques hauts et de très gros bas.

Entre les deux de l’honorable ou du méritant souvent sans grand intérêt. Mais il reste encore trois films à découvrir dont deux très gros morceaux, du moins sur le plan de la longueur, avec Suite Armoricaine de la Française Pascale Breton et le maousse Happy Hour (plus de cinq heures) du Japonais Ryusuke Hamaguchi, 

A ce stade,  mes préférences vont à quatre films qui devraient (pourraient ?) se retrouver au palmarès. A commencer par Tikkun de l’Israélien Avihsai Sivan évoquant les tourments charnels d’un brillant élève juif ultra-orthodoxe. S’imposant un jeune drastique, Haim-Aaron perd connaissance. Il est déclaré mort par les secours mais son père s'acharne à tenter l'impossible et le ramène miraculeusement à la vie.

Dès lors son comportement évolue davantage vers ce qui l’a toujours tracassé. Indifférent à ses études, il ne l’est pas à ses sens. Constatant ces changements, son père craint  d’avoir offensé Dieu en le réanimant. Tourné dans un superbe noir et blanc, le film séduit jusqu’à la fascination par le coté sobre, épuré du récit et de la mise en scène. Mais l'auteur évite l'écueil de l'austérité, en gardant une sensualité sous-jacente.

get[1].jpgProfonde relation mère-fils dans "James White"

Je me suis également laissé beaucoup séduire par James White, un Newyorkais d’une vingtaine d’années, lui aussi très perturbé. Mal remis de la mort de son père il mène une vie dissolue, qui le conduit jusqu’au Mexique.

Et puis un jour, recevant un coup de fil de sa mère qui se bat contre un cancer en phse terminale, il décide de rentrer pour s’occuper d’elle.

A partir de là, le film prend une toute autre dimension, le réalisateur Josh Mond explorant la relation profonde entre une mère et son fils. James White devra faire la cruelle expérience de la perte pour cesser de s’autodétruire dans ce drame intimiste émouvant, où Christopher Abbott et Cynthia Nixon nous offrent un excellent numéro d’acteurs.

 XVMce3a5e6a-2b17-11e5-8e49-6dc21babd670-805x453[1].jpgAndrzej Zulawski revient avec "Cosmos"

La compétition mettant désormais face à face des auteurs plus ou moins débutants et des cinéastes chevronnés, on y retrouve Andrzej Zulawski avec Cosmos, d’après  le roman du Polonais Witold Gombrowicz.

L’intrigue se déroule dans une curieuse pension tenue par une famille non moins étrange, dont les membres sont atteints de troubles de comportement et de langage divers et où il se passe des événements très extraordinaires. Sans oublier une servante un rien dérangée et défigurée par un vilain surplus de peau à la lèvre supérieure.

C’est ce que découvrent  l’élégant mais assez pitoyable Witold, qui a raté son examen de droit et le plus rustique Fuchs viré d’une société de mode parisienne. Avec notamment la complicité de Sabine Azéma et de Jean-François Balmer, Zulawski, de retour après quinze ans d’absence, nous emmène dans son univers braque.

On pouvait craindre le pire. Mais surprise, bien qu’on frise parfois l’insupportable, le cinéaste a décidé de freiner sur l’hystérie et l’excessif si caractéristiques de sa période Sophie Marceau, leur préférant avec bonheur un humour jubilatoire. Tout en gardant quand même un gros grain de folie dans cette comédie dramatique surréaliste en forme de thrilller.

imagesXEHIIXRF.jpgComédie noire à la sauce hollandaise

Un cran en-dessous  on trouve Schneider vs, Bax (en français La peau d Bax) du Hollandais Alex van Warmerdam. Le matin de son anniversaire, Schneider, tueur à gages et père de famille dévoué, a reçu pour mission d’abattre Bax.

Écrivain solitaire vivant au milieu des marécages, c’est une cible facile. Schneider accepte, d'autant qu'il il sera rentré assez tôt pour le dîner. Mais sa tâche se révèle nettement plus compliquée que prévue.

Un film de genre façon comédie noire plutôt bien ficelé. Même si le scénario n’est pas d’une originalité folle, on  ne s’ennuie pas. Mieux on s’amuse, ce qui à Locarno n’est pas si fréquent. Alors on ne va pas bouder son plaisir.

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11/08/2015

Festival de Locarno: le Québécois Philippe Falardeau nous amuse en jouant avec la politique

images[10].jpgLe Québécois Phlippe Falardeau était de retour à Locarno avec Guibord s’en va-t-en guerre, après y avoir présenté en 2011 Monsieur Lazhar, lauréat du Prix du public.
 
Comédie politique divertissante, sans prétention, elle met en scène le député indépendant Guibord, ancienne star du hockey aujourd’hui représentant fédéral d'une immense circonscription dans le nord du Québec. Il se trouve dans une position particulièrement inconfortable, sa voix se révélant cruciale lors du vote au parlement qui doit décider de l’entrée en guerre ou non du Canada.

Répugnant à choisir son camp, Guibord sillonne les lieux pour consulter ses électeurs avec sa femme qui est pour, sa fille qui est contre et Souverain Pascal, un stagiaire haïtien idéaliste venu parfaire des connaissances essentiellement livresques, notamment acquises avec Jean-Jacques Rousseau. Mais le député devra bien finir par se déterminer.

Le sujet de la guerre est un thème prétexte polarisant, qui permet aussi bien d’évoquer les différences au sein des partis, les conflits entre les citoyens et les lobbyistes de tout poil et ceux qui règnent à l’intérieur de la famille du politicien indécis.

Philipe Falardeau, rencontré quelques heures avant la projection sur la Piazza Grande 0ù il avait vécu "une expérience magique" il y a quatre ans, se montrait particulièrement fébrile à l’idée d’une nouvelle occasion, extraordinaire pour lui, de se confronter à un large public. A noter que son film devait également être montré six heures plus tard en plein air à Montréal.

"Vous savez, mes producteurs se retrouvent pour la quatrième fois à Locarno, qui devient particulièrement connu au Québec.En ce qui me concerne, j’ai juste hâte de voir si mon humour trouve une certaine résonance", espérait l'auteur. "Mais j’ai confiance. S’il y a des gens placés pour comprendre ma démarche politique, ce sont bien vous les Suisses, avec votre système complexe. De plus, figurez-vous que cette année, les élections fédérales se tiendront le même week-end du 18 et 19 octobfre chez vous et  chez nous!"

Mais la différence, c’est la taille énorme du pays. "On peut mettre 241 fois la Suisse dans le Canada. Il est  impossible de concilier les intérêts d’une aussi vaste région. Pour nous la démocratie c’est compliqué. Sinon carrément le bordel. On vote de moins en moins et on cultive un cynisme malsain.

images[1].jpgC’est la raison pour laquelle Philippe Falardeau a introduit un personnage très cultivé mais aussi très naïf venu de Haïti et pour qui la démocratie est un système pur.

"En outre la culture orale chez lui rend le débat public facile. Enfin, nous avons un rapport assez intime avec Haïti dans la mesure où il existe ici une forte communauté".

Souverain Pascal, alias Irdens Exantus souvent irrésistible avec son sourire contagieux, va ainsi suivre Guibord dans ses tribulations de campagne. C’est à Patrick Huard, humoriste, comédien et réalisateur que Philippe Falardeau a confié le rôle du député.

"Il a plusieurs films à son crédit et pouvait comprendre l’humanité du personnage. Je cherchais un homme à la fois proche des gens sur le terrain ainsi qu'aux prises avec sa femme et sa fille. Je l’ai trouvé et j'estime qu'il forme un bon tandem avec Irdens Exantus (photo). Ils s’apprivoisent, s’apportent beaucoup l’un à l’autre et à la fin, ils changent tous les deux pour le mieux".

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10/08/2015

Festival de Locarno: "Heimatland" veut clouer la Suisse au pilori. Laborieux

imagesBGTBH5D3.jpgIl fait froid, c'est l'automne. Un mystérieux et menaçant nuage déroutant tous les experts météo s’entend sur la Suisse centrale et ne cesse de croître pour recouvrir le pays en s’arrêtant aux frontières. Il est annonciateur d’une tempête dévastatrice qui sème la panique parmi les habitants.

Cet effondrement aussi imminent qu'inimaginable suscite chez eux différents comportements. Certains se barricadent dans leur maison, fêtent la fin du monde, tandis que d’autres dévalisent les supermarchés ou cassent des vitrines de petites boutiques.

A cet égard, on apprend qu’il est très moche de vandaliser l’échoppe de l’indien du coin et plutôt recommandé de s’attaquer à Globus et à la Coop… Mais finalement plus d’un million d’Helvètes angoissés quittent les abris, se jetant sur les routes pour fuir l’amère patrie et tenter de gagner le pays voisin. En vain.

Certains codes du film catastrophe

Poursuivant dans la tradition du film suisse critique envers la société, ne se limitant toutefois pas au blâme et à la condamnation dans la mesure où ils font partie du problème, ils se sont réunis à dix jeunes réalisateurs alémaniques et romands (pas de Tessinois) pour observer de près cette petite nation alpine qui s’obstine à se replier sur elle-même.

Ils ont commencé par rédiger un script, avec la volonté de créer des personnages d'ici. Chacun a exécuté son morceau et ils ont essayé de les mettre ensemble. Leur opus se veut à la fois choral et politique, tout en empruntant certains codes du film catastrophe, utilisés simplement comme un moyen. Le méchant nuage n’a donc pas la vedette et aucun héros à l’américaine ne volera au secours du peuple plongé dans le chaos.

Un gros défi à relever pour un résultat inégal et simpliste

Collaborer avec autant de monde est logiquement générateur de tensions et de conflits. C’est un gros défi à relever que de concocter une œuvre collective sans compromis. Du coup, Sa construction confuse donne un résultat forcément inégal. Mais surtout, à part quelques rares bons moments, Heimatland, unique représentant helvétique en compétition, pèche par son approche lourdingue sinon laborieuse, simpliste et premier degré.

imagesGSN0UV1O.jpgA l‘image par exemple de ces scènes où l’Union européenne s’interroge sur la procédure à suivre pour accueillir ces réfugiés inédits qui, parvenus aux frontières, sont refoulés et condamnés à rentrer au bercail.

Un juste retour des choses en forme de cliché moralisant, notamment illustré par un caméo de Jean Ziegler à la télévision, pour fustiger ces Suisses parfois ignobles qui méritent d’expier leurs péchés.

Ce premier degré, les auteurs affirment l’assumer pleinement. Lors de la conférence de presse, l’un d’eux reconnaissait "le côté grotesque de quelques histoires se déroulant dans des situations étonnantes par rapport à ce qui existe"

L’isolement, thème essentiel

Ils ont par ailleurs insisté sur le caractère essentiel du métrage, à savoir l’isolement du pays. Mais pour eux il ne s’agit pas à proprement parler d’une réponse à la politique blochérienne de quotas d’étrangers, qui a provoqué le référendum du 9 février 2014. "Nous avons débuté l'écriture il y a quatre ans et nous ne pouvions pas prévoir ce qui est arrivé. Nous avons été rattrapés par la réalité et nous avons élaboré les thèmes au fur et à mesure ».

Ils espèrent ainsi provoquer une réflexion chez le spectateur, l’amener à se poser des questions. "Nous ne parlons pas seulement de l’isolement de la Suisse, mais de l’isolement personnel, cette faculté perdue de nouer des liens avec les autres. A force de s’isoler, on va droit dans le mur. On suffoque et on a peur d’être enterré vivant".

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09/08/2015

Festival de Locarno: "Trainwreck", la comédie à succès calamiteuse de Judd Apatow

 

hqdefault[1].jpgDébuts plutôt réussis sur la Piazza Grande, entre Ricki And The Flash de Jonathan Demme, La belle saison de Catherine Corsini, Southpaw d’Antoine Juqua, avec un Jake Gyllenhaal convaincant en boxeur qui touche le fond et entame le plus dur combat de sa vie pour se relever.

Et puis, c’était couru, le gros couac de Judd Apatow et son Trainwreck, en français "un cas désespéré". On ne saurait mieux dire! 

Labellisé roi de la comédie américaine (de quoi faire se retourner dans sa tombe un maître comme Billy Wilder) Judd  Apatow qui enchaîne les succès depuis 40 ans et toujours puceau, s’est penché cette fois sur les femmes et leurs relations avec les hommes. D'après un scénario, une grande première, d’Amy Schumer qui est aussi la protagoniste principale.

Elle a concocté une histoire proche de sa vie personnelle où, suivant les conseils de son père selon lequel la monogamie n’est pas réaliste, l’héroïne devenue journaliste collectionne les mecs en évitant de s’engager. Une consommation frénétique prétexte à quelques scènes en-dessous de la ceinture, assaisonnées sans surprise d’un humour extra-gras.

Jusqu’à l’inévitable jour où Amy craque, la honte, pour le sujet de son article, un brillant médecin du sport qui répare les bobos des célébrités. Il avoue même s’occuper d’un certain… Roger Federer, tandis que la star du basket James LeBron joue son propre rôle.

Déjà qu’il n’y avait pas grand-chose à voir avant, à partir de là, il n’y a vraiment plus rien. Trainwreck qui se veut dans l’air du temps, irrévérencieux, choquant sinon trash, révélateur d’une société hypocrite,  sombre dans un rare ennui entre convenu laborieux et conservatisme calamiteux.  

Quand on pense qu’Amy Schumer est une figure  montante du rire américain, il y a du souci à se faire pour le genre. Quoique…On sait que plus c’est nul et mieux ça marche. La preuve en est encore faite avec le triomphe au box office du film sorti aux Etats-Unis le 18 juillet.

 

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08/08/2015

Festival de Locarno: lesbienne dans "La belle saison", Cécile de France fière de servir la cause gay

dafa558e26447adfc1517768a30423f9[1].jpgInstants de grâce sur la Piazza Grande avec La belle saison de Catherine Corsini, que portent magnifiquement Cécile de France et Izïa Higelin. Une histoire d’amour homosexuelle bouleversante, joyeuse, sombre et mélodramatique entre Delphine, une jeune paysanne de 23 ans rêvant d’avoir sa ferme et Carole, une Parisienne de 35 ans alors en couple avec un homme et très investie dans le combat féministe des seventies.

Cette plongée dans ces années permet notamment à la réalisatrice de rendre hommage aux femmes engagées à la tête de la lutte pour l’égalité et l’émancipation, souvent dénigrées, insultées, traitées de mal baisées ou autres grossièretés du genre. Nombre d’entre elles étaient homosexuelles, ont pu se faire entendre et contribuer ainsi largement à faire avancer les choses sur les problématiques à la fois politiques et intimes.

Catherine Corsini s’est documentée grâce à des interviews et en visionnant l’œuvre de la vidéaste suisse Carole Roussopoulos. Une pionnière, qu’’il s’agisse de filmer les luttes féministes ou le premier défilé homosexuel en marge du 1er Mai 1970. Elle était très amie avec Delphine Seyrig, avec qui elle a réalisé quelques métrages militants d’anthologie. C'est en hommage à ces deux femmes exceptionnelles que es héroïnes de La belle saison s'appellent Carole et Delphine.  

Mais on aura l’occasion de reparler de cet opus très réussi qu’il s’agisse de la mise en scène, du traitement de la photographie et de l’excellent jeu des comédiennes lors de sa sortie en Suisse romande le 19 août. 

imagesKPS8QS7L.jpgEn attendant, on a eu le bonheur de rencontrer la ravissante lumineuse et solaire Cécile de France, alias Carole, débarquée à Locarno en compagnie de sa réalisatrice.  La comédienne qui dit choisir ses rôles avec le cœur, avoue n’avoir pas été partante au départ.

"J‘avais déjà joué une lesbienne dans cinq films et je souhaitais garder la liberté de la diversité. Catherine était très triste. Mais en lisant le scénario, j’ai adoré cette histoire qui m’a aussi beaucoup émue et j’ai finalement dit oui".

Vous vous dites fière d’être la "lesbienne du cinéma français", le porte-drapeau en quelque sorte de la cause gay, tout en craignant d’être enfermée dans le rôle.

En effet. Pour les réalisateurs, je veux rester une page blanche, mais pour le public c’est autre chose. Si cela peut aider les gens à assumer leur différence, tant mieux.

Etes-vous une militante?

Si vous entendez par là descendre dans la rue pour manifester et faire bouger les lignes, non. Je ne suis que comédienne. Mais je m’engage à mettre toute mon énergie dans les films. Et surtout je dis merci à celles qui se sont tant battues pour sortir les femmes de leur enfermement social 

Quand vous avez décidé d’accepter la proposition de Catherine Corsini, saviez-vous qui serait votre partenaire? Et aviez-vous des préférences?

Je l’ignorais et ce n’était pas à moi de décider. Mais Catherine Corsini me faisait part de ses doutes quant au choix de la fille en question et me faisait participer.

Vous avez pas mal de scènes de nu. Etait-ce un problème pour vous? Et comment cela s’est-il passé entre vous et Izïa Higelin

En ce qui concerne la première partie de la question, je n’étais pas gênée dans la mesure où les scènes d’amour ont été tournées avec beaucoup de délicatesse, de pudeur. J’avais presque l’impression de faire partie d’une œuvre d’art, de poser pour un peintre. Et avec Izïa, c’était comme dans les douches de filles, Plutôt décontracté.

Est-ce pareil  d’être filmée par une femme  ou un homme pour ce genre de rôle?

Pas vraiment en l’occurrence  car "La belle saison" est basé sur la vie de Catherine Corsini, elle-même homosexuelle. Ce qui en fait une œuvre sincère et pleine d’amour. Mais sinon quand je suis concentrée dans l’action, je ne pense pas spécialement à la personne derrière la caméra.

Vous parliez de page blanche par rapport ä  un cinéaste. Mais y a-t-il des personnages que vous aimeriez particulièrement  interpréter ?

Je n’aime pas penser comme ça. Je ne me dis pas ah, j’aimerais trop travailler avec David Lynch. J’ai des projets, de belles propositions. Et notamment une fiction, The Young Pope avec Ludivine Sagnier et Jude Law qui se déroulera sur huit épisodes  (Réd : elle est réalisés par l’Italien Paolo Sorrentino, récemment oscarisé pour La Grande Bellezza et qui était de retour à Cannes en mai dernier avec Youth.

Dites-nous encore deux mots sur votre expérience avec Clint Eastwood? Etait-ce différent de tourner en France ou aux Etats-Unis ?

La différence c’est Eastwood. Il a une manière de travailler qui n’est pas liée à sa nationalité. Avec lui tout va très vite, il ne fait qu’une prise, il délègue beaucoup. Il est détendu, zen, se révèle très détendu, zen, gentil. En d’autres termes aussi génial qu’on l‘imagine.

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07/08/2015

Festival de Locarno: Edward Norton, un créatif qui aime prendre des risques

edward-norton-locarno-2015[1].jpg

Foule des grands jours et applaudissements frénétiques évidemment au Spazio Cinema pour accueillir Edward Norton. Acteur culte, réalisateur et producteur, féru d’art dramatique et d’écriture, couronné sur la Piazza Grande d’un Excellence Award pour l’ensemble de sa carrière, il s’est prêté au hit locarnais, soit la traditionnelle conversation des stars avec le public.

Enfin conversation est un grand mot dans la mesure où le pékin de base n’a pas trop le loisir de papoter avec l’élu, l’exercice étant principalement réservé au meneur de jeu. En l’occurrence c'était aussi bien Edward Norton, 45 ans, n’est pas toujours des plus commodes. Quelques photographes indisciplinés, mouchés par l’intéressé pour leur compétence relative en ont fait les frais...

Comédien, Edward Norton l’est devenu après s’être nourri de Disney et de Guerre des étoiles. Puis il tombe sous le charme de Woody Allen, de sa façon si personnelle de raconter des histoires et avec qui tournera en 1996 Everybody Says I love You.

Mais c’est avec Peur primale de Gregory Hoblit, où il incarne un schizophrène bègue à personnalité multiple aux côtés de Richard Gere qu’il gagnera cette année-là une célébrité mondiale. Ainsi qu’une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle. Il prétend ensuite à l’Oscar pour American History X, puis se trouve à nouveau récemment en lice pour une deuxième meilleure prestation dans Birdman  de Gonzalès Inarritu. Il ne sera jamais sacré.

Apparemment il n’en a cure. «Je n'ai pas choisi d'être comédien pour gagner des prix, mais pour m’engager dans des projets, relever des défis, pendre des risques. "J’ai parfois la sensation que je ne suis pas la personne idéale, mais c’est justement là qu’il faut que je le fasse. C’est ce sentiment d’insécurité qui me pousse à m’investir dans des rôles".

1291_4bc91193017a3c57fe00677b_1293130964[1].jpgEt c’est ainsi que la vedette de Peur primale (photo) se voit confier des personnages fascinants, dealer chez Spike Lee dans La 25e Heure, néonazi violé et repenti dans American History X de Tony Kaye, roi épreux dans Kingdom Of Heaven de Ridley Scott, méchant dsns The Bourne Legacy de Tony Gilroy. Ou encore narrateur expert en assurances, cherchant une façon de s'évader de son existence monotone.dans Fight Club de David Fincher. Un homme dont il est fan et pour qui il aurait fait n’importe quoi.

Cet intello de la pellicule habitué des rôles à plusieurs facettes mais privilégiant une grande variété et les métrages sollicitant l'intelligence, prône l’entente avec le réalisateur. "Elle est primordiale. C’est un exercice de coopération qui contribue largement à la valeur d’un film. Il faut connaître son œuvre, son langage, son style, sa tonalité. Le contraire est irresponsable". 

Avec Spike Lee par exemple dont il avait tellement aimé Do The Right Thing qu’il s’était racheté un billet à la sortie pour le revoir immédiatement, il y avait une telle complicité que La 25e Heure s'est faite en 28 jours. "Lorsque la confiance fonctionne on est plus disponible". Concernant Wes Anderson (Moonrise Kingdom et The Grand Budapest Hotel), c’est plus facile. "Il envoie des séquences animées en faisant  les dialogues. Nous sommes des marionnettes entre ses mains ".

4031582056_The_Score_edward_norton_147559_1024_768_answer_1_xlarge[1].jpgEdward Norton raconte aussi ses collaborations avec des monstres sacrés, dont Robert De Niro. "On les admire tellement que cela peut devenir un piège. Dans The Score, je ne regardais pas son jeu sur le moment. J’attendais quelque chose avec une idée en tête, qui n'est bien sûr pas venu, et cela m’a dérouté. ll faut être présent".

Le comédien évoque enfin sa propre expérience de metteur en scène, qu’il a menée en 2000 avec Au  nom d’Anna. "Je n’étais pas prêt à diriger. J'ai compris le travail, le temps, l‘attention que cela exige. Mais ma carrière est basée sur l’envie d’être un créatif et j’y ai pris beaucoup de plaisir".
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06/08/2015

Festival de Locarno: Meryl Streep se déchaîne en rockeuse fauchée et déjantée

streepbar640[1].jpgL’an dernier Luc Besson, fasciné par le pouvoir infini de nos petites cellules grises, avait malencontreusement négligé de se servir des siennes et nous fourguait du grand n’importe quoi avec Lucy. Et ce n’était pas la première fois que Locarno ratait le départ. La, le festival a réussi son ouverture grâce à Ricki And The Flash signé Jonathan Demme.

De bon augure en vue de la suite? Un peu tôt pour le dire, même si la compétition a elle aussi plutôt bien démarré avec le film de Josh Mond James White, explorant la perte à travers une très forte entre une mère et son fils.

Mais revenons à Ricki And The Flash où on retrouve une Meryl Streep au mieux de sa forme. Un rien braque et maman indigne, elle a abandonné son mari, ses enfants, sa belle maison pour vivre son rêve de devenir une rock star. Elle se produit dans les bars de Los Angeles et, fauchée, travaille comme caissière de supermarché pour arrondir ses fins de mois.

Un jour, téléphone de son ex (Kevin Kline), qui a trouvé une autre femme pour s’occuper de lui et de ses trois gosses. A sa demande, elle revient au bercail avec mission d’aider sa fille (en l’occurrence la sienne propre Mamie Gummer) qui traverse une période difficile. Evidemment, tout n’ira pas comme sur des roulettes. A l'image de la deuxième partie du film en quelque sorte. Avant de se terminer heureusement sur une jubilatoire scène de mariage propre à la réconciliation familiale, c’est en effet à partir du retour de Ricki que les choses péclotent un peu.

Mais qu’importe. En hard rockeuse vieillissante, émotive, fantasque, désarmante avec son look cuir aussi toc que ses bijoux, l'actrice assure comme une bête aux côtés du chanteur australien Rick Springfield, Contrairement à l’avis du New York Post estimant qu'elle perd son talent dans un opus plus ou moins à la limite du calamiteux, Meryl Streep, aussi déjantée que déchaînée, prouve une fois encore qu’elle peut tout faire.

Quant à Jonathan Demme, il a concocté un musical qui, tout en misant principalement sur le divertissement, se révèle plus profond qu’il n’y paraît. Entre un brin de cynisme et un fond de satire, il donne une image joyeusement critique d’une société américaine bourgeoise, ridiculement corsetée dans son moralisme et ses principes. A voir en Suisse romande dès le 2 septembre..

 

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04/08/2015

Festival de Locarno: en route pour une 68e édition, avec la maison pour fil rouge

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Alors que le festival misait plus particulièrement l’an dernier sur la superposition, l’échange et le partage, le fil rouge de cette 68e édition sera la maison. Un fil rouge traité de différentes manières selon son directeur artistique Carlo Chatrian, avec des projections qui mettront en scène le foyer. Coup d’envoi demain du millésime tessinois 2015 qui, comme d’habitude, s’annonce sur le papier plutôt riche et éclectique. 

A commencer par les seize longs métrages de la fameuse Piazza Grande. C’est Jonathan Demme qui fera l’ouverture sur l’écran géant, l‘un des plus grands d’Europe, avec Ricki And The Flash. Il raconte  l’histoire d’une mère avide d’indépendance, qui quitte sa luxueuse villa pour un appartement modeste et y revient pour faire face à une situation de crise.

Parmi les films projetés sous les étoiles, on trouve trois autres opus américains  dont Southpaw d’Antoine Fuqua avec Jake Gyllenhaal et The Deer Hunter de Michael Cimino, ainsi que trois français, dont La belle saison de Catherine Corsini avec Cécile de France et Floride de Philippe Leguay avec Jean Rochefort et Sandrine Kiberlain.

Deux productions franco-suisses sont par ailleurs attendues:  Amnesia de Barbet Schroeder avec Marthe Keller, La vanité de Lionel Baier avec Patrick Lapp et Carmen Maura. Sans oublier Erlkönig de Geoges Switzgebel. En clôture de festival, le Brésilien Sergio Machado propose Heliopolis où on constate que la musique adoucit  véritablement les moeurs…

Les films en compétition et les Suisses

Cette année 18 films s’alignent dans la chasse au Léopard d’or. Se présentant sous diverses formes, de la fiction traditionnelle au documentaire en passant par la biographie, ils viennent d’Iran, des Etats-Unis (deux premières œuvres) de Grèce, de Russie, d’Espagne, du Sri Lanka, de Corée du Sud, du Japon, d’Italie, de Belgique ou de France.

Toujours en concours, on découvre une co-production germano-suisse Heimatland. Cette œuvre collective rassemblant le meilleur de la nouvelle génération suisse devrait faire date d’après Carlo Chatrian.

Outre les sections Léopards de demain et Panorama Suisse dédiée à la création cinématographique helvétique actuelle, trois autres films du cru figurent dans d’autres sections du festival. Hors concours on pourra voir Fragments du paradis de Stéphane Goël, et Yes No Maybe de Kaspar Kasics. Quant au volet Cinéastes du présent, il montrera Keeper de Guillaume Senez, avec Kacey Mottet Klein, qu’on  avait notamment vu  dans Home et L’enfant d’en Haut d’Ursula Meier.

Pat-Garrett-Et-Billy-Le-Kid_3957_4ea6179d2c058837cb004535_1320373985[1].jpgRétrospective Sam Peckinpah

L’un des piliers de la manifestation locarnaise c‘est bien sûr la rétrospective. Réalisée par le programmateur et historien du cinéma Roberto Turigliatto, elle est  consacrée  cette année à Sam Peckinpah. Une intégrale composée de plusieurs œuvres restaurée, de séries TV, de collaborations et de films qu’il a interprétés.

Considéré comme le rebelle de Hollywood, le célèbre réalisateur américain mort en 1984 a laissé des oeuvres marquantes comme Pat Garrett& Billy The Kid, Major Dundee, La Horde sauvage, Guet-apens, le Convoi ou Les chiens de paille.

Récompenses, hommages et stars

Comme chaque année, il y aura distribution de Léopards d’honneur. Ils seront remis à l'Italien Marco Bellochio et à l’Américain Michael Cimino. Des prix seront également décernés à la Française Bulle Ogier pour l’ensemble de sa carrière (à l’image d’Anna Karina et de Jean-Pierre Léaud ces deux dernières années) ainsi qu’aux acteurs américains Andy Garcia et Edward Norton.

Outre les élus, seront notamment  présents à Locarno Chantal Akerman, Sabine Azéma, Lionel Baier, Clotilde Coureau, Cécile de France, Marthe Keller, Carmen Maura, Melvil Poupaud, Jerry Schatzberg, Barber Schroeder.

Locarno, du 5 au 15 août. A noter pour les amateurs, une  soirée gratuite sur la Piazza Grande avec la présentation ce soir 4 août dès 21h30 de E la nave va de Federico Fellini.

 

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16/08/2014

Festival de Locarno: Le Léopard d'Or au réalisateur philippin Lav Diaz

fullsizephoto99687[1].jpgA Locarno comme à Cannes en mai dernier, le plus long film de la compétition a produit sur le jury l’effet de la cape rouge sur le taureau…  Tandis que le Turc Nuri Bilge Ceylan remportait la Palme sur la Croisette avec Winter Sleep (3h16) le Philippin Lav Diaz (photo) a fait encore mieux, en raflant le Léopard d’Or avec Mula sa kung ano ang soon (5h38).

Une durée qui n’a pas rebuté le président Gianfranco Rosi et ses petits camarades, tant ils ont vécu avec ce «chef d’oeuvre», une «intense expérience de cinéma». Ils admettent toutefois s’être accordé une «pause pipi» avant de reprendre la cours de l’œuvre.

Filmée en noir et blanc, elle se déroule en 1972 dans un petit village isolé théâtre de mystérieux événements, avant que le président Ferdinand Marcos ne promulgue la loi martiale. Le début d’une période sanglante.

Dans le PardoLive, le journal du festival, Lav Diaz manifeste sa joie. «C’est incroyable, merci Locarno, je reste sans voix». L’auteur, qui part du particulier pour atteindre l’universel, explique que son film est basé sur ses propres souvenirs d’enfance, «tout est réel, j’ai juste changé les noms», deux ans avant «la période la plus noire de notre histoire »

Il dédie ce film historique à son père, un cinéphile fou qui lui a transmis le virus, au peuple philippin pour sa lutte et à tous les cinéastes sérieux de ce monde, notamment Pedro Costa, «mon frère dont j’adore le travail».

Pedro Costa meilleur réalisateur

Le Portugais figure  d’ailleurs aussi au palmarès. Il a reçu le prix du meilleur réalisateur pour son oppressant Cavalo Dinheiro dont le format carré ajoute encore à la sensation d’étouffement. On y suit Ventura, maçon de Lisbonne né au Cap Vert dans d’étranges souterrains, tandis que de jeunes capitaines mènent la révolution des Œillets dans la rue.

453389864[1].jpgCes deux choix convenus se justifient certes sur le plan cinématographique, même si je ne partage pas le fol enthousiasme du jury et des fans présents. Comme imaginé donc dans mon précédent billet, pas de Léopard d’Or pour Durak (Le fou) du Russe Yury Bykov, mon favori et celui d’une grande partie des critiques, 

Sa dénonciation de la corruption en Russie est toutefois un peu récompensée par l’attribution du prix masculin d’interprétation à son héros Artem  Bystrov (photo), excellent en plombier d’une rare intégrité, se lançant au péril de sa vie à l'assaut des bureaucrates pourris. Côté féminin, la Française Ariane Labed est sacrée meilleure actrice dans le médiocre Fidelio, l’odyssée d’Alice de sa compatriote Lucie  Borleteau. Plus pour ses charmes dont elle abuse en mer que pour son talent…

Le prix spécial du jury est allé au banal et verbeux Listen Up Philip de l’Américain Alex Ross Perry et une mention à Ventos de Agosto du Brésilien Gabriel Mascaro. Quant au Vaudois Fernand  Melgar, auteur de L’Abri, évoquant le quotidien sordide de SDF dans un centre d’hébergement d’urgence à Lausanne,  il est hélas à nouveau reparti les mains vides. Mais moins n’a-t-il pas été insulté comme pour Vol spécial par le président du cru 2011, Paulo Branco...

La Piazza Grande en chute libre

get[3].jpgS’il a fallu racler les fonds de tiroir pour dénicher six prix dans la grisaille d’un concours languissant réunissant dix-sept prétendants dont la majorité distillait un rare ennui, que dire de la programmation d’une Piazza Grande en chute libre... si l’on excepte les films vus et revus de Luchino Visconti ou Agnès Varda, La Vénus à la fourrure de Roman Polanski et Sils Maria d'Oliver Assayas (avec Juliette Binoche, photo), tous deux rescapés de Cannes

A sauver également Marie Heurtin de Jean Améris, l’histoire vraie d’une adolescente de 14 ans sourde muette et aveugle qu’une religieuse sort de son obscurité,  Dancing Arabs, d’Eran Riklis évoquant un garçon israélo-palestinien déchiré entre deux cultures. Un mot encore sur Pause du Lausannois Mathieu Urfer, un premier film prometteur dont on aura l’occasion de reparler lors de sa sortie en salles.

A part ça, ce n’était pas loin du petit musée des horreurs. Pêle-mêle on a vu le décervelé Lucy de Luc Besson, le calamiteux Love Island de Jasmila Zbanic, le laborieux Hundred-Foot Journey de Lasse Hallström ou encore l’écoeurant A la vie de Jean-Jacques Zielbermann. Moins navrant, ce n'était pas difficile, mais téléphoné en diable, Schweizer Helden lauréat du Prix du public.

Sauvé par les stars et la rétrospective

rocco-e-i-suoi-fratelli[1].jpgComme toujours le festival, un rien perturbé par la pluie qui a découragé quelques spectateurs et l’annulation de la visite de Roman Polanski mal vécue par ses admirateurs, a surtout été en partie par une pléiade de stars qui, de Melanie Griffith à Juliette Binoche en passant par Mia Farrow et Agnès Varda, se sont gracieusement pliées aux traditionnelles conversations au Spazio Cinema.

Il a surtout séduit par son excellente rétrospective, forte d’une cinquantaine d’œuvres, consacrée à la plus ancienne maison de production italienne Titanus fondée en  1904. Merci aux Fellini, Rossellini, Visconti, De Sica, Commencini, Monicelli, Lattuada, que les cinéphiles retrouveront aux Cinémas du Grütli à Genève du 20 août au 2  septembre et à la Cinémathèque suisse à Lausanne, du 28 août au 4 octobre.

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15/08/2014

Festival de Locarno: qui va capturer le Léopard d'Or 2014?

images[3].jpgLa 67e édition du festival de Locarno touche à sa fin. A la veille du palmarès, on ne peut hélas pas dire que ce cru 2014, par ailleurs perturbé par des événements extérieurs comme la pluie ou l’annulation de la Masterclass de Roman Polanski pour cause de polémique liée à sa visite, ait atteint des sommets.

Notamment en compétition où la majorité des dix-sept films en compétition s’est révélée d’une qualité très moyenne pour ne pas dire carrément médiocre. Une bonne nouvelle tout de même. L’an dernier, je vous racontais que si la décision ne tenait qu’à moi, j’aurais remballé le Léopard d’Or...

Bonne nouvelle, au moins en ai-je déniché un cette année dont je vous ai d’ailleurs déjà parlé. Il s’agit de Durak, du Russe Yury Bykov, qui évoque la corruption chez Sa Majesté le tsar Poutine. Le héros de l'histoire entame courageusement une course contre la montre, voire contre la mort, pour sauver des habitants suite à une explosion dans un vieil immeuble dont l’écroulement menace.

6038513[1].jpgPour les Léopards d'argent et de bronze, il y a L’Abri du Vaudois Fernand Melgar (photo), qui nous parle du sort tragique des SDF dans un hébergement d’urgence à Lausanne. Ou Mula sa kung ano ang du Philippin Lav Diaz, un très honorable opus de 5h38 qui nous emmène dans un village isolé en 1972, où se produisent d’étranges événements.

On peut aussi évoquer La sapienza d’Eugène Green. Parisien né aux Etats-Unis, cet habitué de Locarno met en scène un architecte d’origine suisse, Alexandre Schmidt, qui a derrière lui une carrière brillante, mais a perdu l’inspiration et veut retrouver ce qui l’a poussé à faire ce métier quand il était jeune. Sa femme Aliénor partage les mêmes inquiétudes en ce qui concerne sa profession et tous deux décident de partir, d'abord au Tessin puis à Rome. 

images[11].jpgPour le reste c’est la bouteille à encre, même si certains ne jurent que par Cavalo Dinheiro du Portugais Pedro Costa, un "chef- d'œuvre" ou Alive (3 heures) du Sud-Coréen Park Jungbum. Cure-The Life Of Another de la Suissesse Andrea Staka (photo) ou le bavard Listen Up Philip de l’Américain Alex Ross Perry ont également leurs fans.  

A oublier en tout cas Fidelio, l’odyssée d’Alice de la Française Lucie Borleteau, où son héroïne saute sur tout ce qui bouge dans un tanker, Dos Disparos évoquant un jeune homme qui se tire deux balles dans la peau, l’une ayant diparu et l'autre, restée dans son corps le faisant mal jouer de la flûte. Sans compter l’hystérique A Blast du Grec Syllas Tzoumerkas et le languissant Perfidia de l’Italien Bonifacio Angius.

 Comme d'habitude, il serait étonnant que le jury, présidé par le réalisateur Gianfranco Rosi, me donne raison. Mais sait-on jamais? Verdict demain.  



 

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