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La griffe du léopard - Page 11

  • Les Romands cartonnent à Locarno

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    Normal que les Alémaniques l’aient mauvaise cette année. Non seulement ils se plaignent que  les Romands raflent la mise, mais ces derniers font mouche. Jusqu’ici du moins, en proposant incontestablement ce qu’on a vu de mieux  en compétition et chez les cinéastes du présent..

    A commencer par Lionel Baier, candidat au Léopard d’Or avec son irrésistible Un autre homme, Bijou en noir et blanc, ludique, culotté, provoquant, très sexe, en forme de satire sociale sur le désir de plaire et l’envie de pouvoir.

    Ce film, qui épingle joyeusement des critiques de cinéma à l’éthique douteuse à travers la relation perverse et les jeux érotiques d’un pigiste plagiaire et d’une brillante manipulatrice dans le domaine, a été en plus tourné avec des bouts de ficelles. Sans aucun argent de l’OFC, Nicolas Bideau et ses experts ayant refusé de le soutenir. Comme le raconte sur le site des Quotidiennes l’excellente Natacha Koutchoumov, partageant l’affiche avec Robin Harsch.

    Certes, cela n’a pas grand-chose à voir, mais quand on pense que le chef de la section Cinéma a préféré mettre de l’argent dans sa saugrenue opération panini, dont la facture se monterait donc  finalement à 300.000 francs, on hallucine la moindre…

    Il reste à espérer que les spectateurs se rueront dans les salles à la sortie d’Un autre homme. Histoire d’augmenter la part de marché pour 2008 et surtout pour montrer aux responsables de la Culture à quel point ils peuvent rater la cible !

    A l’image de Baier mais dans un tout autre genre et sans les mêmes problèmes, Fernand Melgar a lui aussi mis dans le mille avec La Forteresse, un rpojet décidé à la suite du oui populaire au durcissement des lois sur l’asile. Il suit ainsi des requérants d’asile dans l’attente d’un statut de réfugiés au Centre d’enregistrement de Vallorbe, où il s’est immergé pendant deux mois avec son équipe. Montrant la détresse des demandeurs et les employés qui y sont confrontés, son documentaire est également  un objet de réflexion sur un pays moins xénophobe qu’on l’imagine, se posant des questions et doutant de son identité. Fort, émouvant et de nature à nourrir le débat politique.        

     

     

     

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  • Tant que le cinéma suisse bouge encore...

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    Il n’y a pas que les Jeux Olympiques dans le monde. Il y a aussi l’état de la pellicule helvétique qui  a fait, comme chaque année, l’objet d’une conférence de presse très suivie à Locarno. Et à ce propos tout baigne, à en croire Jean-Frédéric Jauslin, directeur de l’ Office de la Culture, dont on pourrait résumer ainsi la satisfaction : tant que le cinéma suisse n’est pas mort, il se porte bien… Raison de ce diagnostic fort positif: la présence de plus de huit cent mille personnes dans les salles l’an dernier.

    Sauf qu’à y regarder de plus près, seul le documentaire tire relativement son épingle du jeu et que les chiffres du premier semestre de 2008 sont plutôt catastrophiques. Ce qui m’inciterait à penser que notre Monsieur Culture a une idée très personnelle de la bonne santé des choses. Invité à s’exprimer sur la question, il n’en démord pas. Tout en se défendant certes de nager dans l’optimisme béat, il estime non seulement que le trend est bon mais le potentiel énorme. Soutenu par Nicolas Bideau, chef de la section Cinéma, sentant  lui que «le film suisse existe».

    Rassurant, non ? Ca me fait songer à ce malheureux  Köbi Kuhn, vantant follement avant juin dernier les possibilités fabuleuses de nos footeux. C’est dire si les réalisateurs ont du souci à se faire au cas où leurs œuvres suivraient la même pente savonneuse que l’équipe nationale… Et si je vous cause de crampon, c’est que Bideau, surfant sur la vague de l’Euro, a eu la faussse bonne idée d’une brochure intitulée «Le cinéma suisse- film&faces », à travers laquelle l’OFC veut donner un visage à la grande famille du septième art. Et qui, surtout, fonctionne à la manière des panini. Je vous passe les détails, mais quand l’album est au complet ­–les fans du genre comprendront-  on peut gagner des prix « magnifiques».  Par exemple des entrées  à « La nuit fauve du Cinéma suisse ». C’est Byzance.

    Reste à savoir si les festivaliers seront saisis par le démon du jeu. En tout cas, il y en a un qui a catégoriquement refusé de figurer dans la plaquette. C’est le cinéaste vaudois Lionel Baier. Non qu’il rechigne à se voir assimilé au Ronaldo de l’histoire « si seulement j’avais son physique», mais parce qu’il déteste la colle!

    Au fait, vous vous demandez peut-être combien a coûté cette affaire. 45.000 francs, dont la moitié payée par La Poste, m’assure son initiateur. Une paille. Quoique. J’ai en effet appris incidemment par la suite que c’était notamment sans les frais d’impression Ce qui mettrait la facture à quelque 300.000 francs…  

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  • La grosse colère du président Solari

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    Locarno ne s’arrêtera jamais. Quoi que vous disiez et quoi que vous écriviez, rien n’empêchera la marche en avant de ce trésor du patrimoine tessinois…, martèle en substance et très fâché du haut de la tribune,  le président du festival lors du traditionnel cocktail d’ouverture. De quoi freiner la progression vers le buffet de la foule dense et impatiente, pressée comme d’habitude d’enfourner champagne et petits fours, mais un instant décontenancée par la brutalité du discours. Un instant seulement. Le directeur Frédéric Maire avait à peine énoncé sa dernière phrase que tout était englouti par les pique-assiettes avides d’économiser sur le repas du soir….

     

    ll n’empêche. Remonté comme une pendule, l’élégant Marco Solari, plus habitué aux ronds de jambes qu’aux règlements de comptes en public et qui nous faisait penser aux diatribes de l’ex-président Marco Muller à l’égard des «ayatollah » zurichois.

     

    Eh bien on  n’en était pas loin, dans la mesure où il s’agissait de répondre aux perfidies de la presse alémanique, se gaussant du programme de cette 61e édition. A l’image de la Neue Zürcher Zeitung, évoquant le plus petit des grands festivals qui se targue surtout de découvertes dans ses différentes sections. La pire chose qu’on puisse dire d’une telle manifestation, ajoute la célèbre gazette, qui la compare méchamment à une dégustation de vins. Pour résumer, pas assez de bon cinéma,  pas assez de stars. Profitant de l’occasion pour remuer le couteau dans la plaie en rappelant  le forfait de dernière minute d’Angelica Huston.

     

    Mais pourquoi tant de haine? Une jalousie mal placée, semblerait-il. Car pour nos amis d’outre-Sarine, il n’est de bon film que de chez eux ! Or ils se plaignent que cette année, il n’y en a que pour les Romands. Une manière comme une autre de se persuader qu’il faut absolument transférer Locarno à Zurich. Histoire de combler enfin les vrais cinéphiles, ainsi que le prétendent certains.

     

    Cette cérémonie un rien orageuse, prélude aux menaces d’une météo capricieuse n’a pas empêché le festival de s’ouvrir avec une belle saga du Britannique Julian Jarrold, auteur du biopic Becoming Jane. Commençant en 1925 et s’étendant sur dux décennies, Brideshead Revisited, adapté du roman d’Evelyn Waugh et dont la télévision s‘était emparée pour une série mythique il y a vingt ans, est une violente  critique de l’aristocratie catholique anglaise. Avec tous les ingrédients pour plaire, amour interdit, passion, religion, trahison. Sans oublier le craquant Matthew Goode et Emma Thompson, jamais vue en mère abusive, dotée d’une vision très arrêtée de la foi. L’œuvre, qui connaît un joli début de succès aux Etats-Unis, devrait bientôt conquérir l’Europe.    

     

     

      

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  • Ciao Locarno

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    Toujours un peu bizarre, la fin de la quinzaine locarnaise. La ville, débarrassée de ses festivaliers et rendue à sa faune habituelle, semble vivre au ralenti après le bruit et la fureur. Effervescente, la soixantième édition a en effet vu une hausse de la fréquentation de l'ensemble des sections. Montrant, selon le directeur Frédéric Maire, l'envie de tous les professionnels du cinéma de revenir à Locarno.

    Lui-même se déclare très content de ce cru 2007 en général et de son jury en particulier, qui a choisi "les films les plus courageux représentant le mieux l'esprit du festival". Piquant allègrement sa déclaration à la présidente Irène Jacob, qui a quand même manifestlé quelque humeur. En reconnaissant avoir un rien peiné, avec ses jurés, à déceler la ligne cohérente de la sélection officielle. Qu'en termes élégants ces choses-là sont dites! 

    Frédéric Maire n'en a cure. D'ailleurs il balaie les critiques, justifiées à mon humble avis, sur la qualité parfois faible des oeuvres parties chasser le léopard. Défendant sa position en ces termes: "J'aime tous les films que nous avons retenus". Encore une chance, car sinon on se demande bien pourquoi il aurait accepté de les sélectionner... 

    Allez, ciao Locarno. A l'année prochaine!  

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  • Décoiffant, le Léopard d'Or!

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    Je vous l'avais dit, Locarno adore surprendre. Mais là, le jury présidé par Irène Jacob nous scotche carrément en donnant le Léopard d'or au Japonais Masahiro Kobayashi pour "Ai No Yokan" (Pressentiment d'amour). Un choix à la fois décoiffant et audacieux. Non que le film soit mauvais, bien au contraire. Mais pour autant qu'il soit acheté, je doute qu'il fasse trois cacahuètes dans les salles helvétiques. En dépit de son sujet porteur racontant la rencontre par hasard, dans une auberge, de la mère de la meurtrière d'une camarade de classe et du père de la victime.

    Le spectateur va-t-il toutefois adhérer au traitement de l'histoire? That is the question. Toute la tension tient en effet dans la répétition de scènes quotidiennes (en gros bain chaud pour lui, fabrication d'une omelette pour elle) et de la naissance progressive d'un sentiment amoureux chez ces deux personnages prostrés et sans véritable désir de continuer à vivre.

    La suite du palmarès est moins stupéfiante, Michel Piccoli remportant logiquement le prix d'interprétation masculine pour son rôle dans "Sous les toits de Paris" d'Hiner Saleem, ex aequo avec Michele Venitucci, le boxeur du Suisse Fulvio Bernasconi dans "Fuori dalle corde". J'applaudis également des deux mains au Prix spécial du jury, décerné au collectif "Memories" (Jeonju Digital project 2007). Surtout en raison de "Respite" d'Harun Farocki. Ce premier fragment se compose d'images d'achives muettes de Westerbork, un camp de transit aux Pays-Bas d'où les Juifs étaient déportés vers Bergen-Bergen et Auschwitz. Un témoignage de gens en sursis absolument bouversant. Les deux autres court-métrages de Pedro Costa et Eugène Green ne sont pas à la hauteur. Mais tant pis.


    En revanche, que Marian Alvarez ait été sacrée meilleure actrice pour avoir donné la moitié de son foie à son copain dans "Lo Mejor de Mi" de la réalisatrice espagnole Roser Aquilar, me laisse un rien baba. Je m'étonne également que "Capitaine Achab" du cinéaste français Philippe Ramos ait raflé le Prix de la mise en scène. Enfin, on dira que Moby Dick a encore frappé, Ramos s'étant librement inspiré du fameux roman d'Hermann Melville.

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  • De Hairspray au Mondial 2006

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    On s'y attendait. Le public de la Piazza Grande, qui s'était déjà levé comme un seul homme hier soir pour ovationner Michel Piccoli, lauréat dun Excellence Award, a réservé par la suite un accueil délirant à Hairspray, la jouissive comédie musicale d'Adam Shankman. Il n'en est d'ailleurs pas encore tout-à-fait revenu, à l'image de la jeune Nikki Blonsky, alias Tracy, l'une des héroïnes du show. "Je n'avais jamais vu mon visage en aussi gros plan!", s'émeut la grassouillette débutante. Preuve qu'on a beau être Américain, big est parfois encore bigger ailleurs. "Jamais, je n'ai vu 8000 personnes assister à un film en même temps", ajoute Shankman.

    On vous en dira plus sur le réalisateur et son actrice lors de la sortie de "Hairspray" à Genève le 22 août.  En attendant, on se demande si les spectateurs applaudiront autant à "Winners and losers" de Lech Kowalski, qui clôt ce soir la quinzaine locarnaise en plein air, en revenant sur la finale Italie-France du dernier Mondial.  D'autant que le cinéaste, qui se place du côté des fans de foot ne montre pas une seule séquence de jeu ou un incident quelconque. Même pas le célébrissime coup de boule de Zidane. Rien que les visages, les réactions ou les gestes des supporters présents entre Rome et Paris, en famille dans des cafés ou suivant le match sur écran géant. 

    Et une chose est claire. rien de tel que le foot pour révéler les caractères et les comportements. Avec sa caméra, Kowalski nous en raconte long sur nos semblables, dont le vocabulaire se réduit le plus souvent à "enculé"et connard" pour qualifier l'adversaire. Ou l'arbitre. Eh oui, pas besoin d'aller jusqu'au hooliganisme pour dévoiler le mauvais fond de la nature humaine...         

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  • Qui va mettre le fauve en cage?

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    La chasse au léopard d'or et accessoirement à ceux d'argent et de bronze touche à sa fin. Alors qui, parmi les dix-neuf concurrents promis à la capture des fauves réussira-t-il à les mettre en cage? Les derniers films vus changent un poil la donne côté pronostics, même si on en reste notamment aux prétendants précédemment cités pour décrocher des médailles. A savoir pêle-mêle "Joshua", "La maison jaune", "O Capacete Dourado" ou encore "Fuori dalle corde" (voir détails dans le blog du 7 août sur la question).

    Mais les discussions vont bon train parmi les festivaliers. C'est ainsi que "Las vidas posibles", de la réalisatrice argentine Sandra Gugliotta, évoquant une femme partie à la recherche de son mari disparu en Patagonie, a beaucoup séduit certains avec son petit côté hitchcockien. Il y en a aussi qui défendent "Slipstream", véritable ovni signé Anthony Hopkins, emmenant le spectateur dans un hallucinant voyage à l'intérieur de processus de création. Enfin "Sous les toits de Paris" de Hiner Saleem avec Michel Piccoli et Mylène Demongeot a ses fervents partisans.

    Côté interprétations féminine et masculine, on prend presque forcément les comédiens dans les mêmes films. Cela dit, le critique peut bien s'amuser à tirer tous les plans sur la comète qu'il veut, c'est le jury qui dispose. Et à Locarno, il aime surprendre son monde. Verdict donc samedi soir sur la Piazza grande. 

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  • Ca va swinguer sur la Piazza

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    Une première vague de festivaliers a déserté les lieux. Dommage pour eux, le soleil est revenu. à Locarno. Mais il est vrai que les cocktails se suivant à un rythme effréné style journée suisse et les soirées classieuses façon SSR, se font rares... Ou alors, on préfère se rencontrer entre gens du même monde. Ainsi à la Warner, où ne sont paraît-il invités que les distributeurs et les exploitants. Voilà qui promet un raout d'une folle gaité!

    Rien à voir en tout cas avec le film produit par le studio en question, Hairspray. Car une chose est sûre, histoire de nous changer de quelques horreurs au propre et au figuré, ça devrait swinguer à mort sur la Piazza Grande ce soir, avec cette satire sur l'intégration des Afro-Américains dans la société des sixties.Sous forme de comédie musicale déjantée complètement réinventée, elle est adaptée d'un des plus grands succès de Broadway, lui-même tiré du fameux film éponyme de John Waters, réalisé en 1988.

    Ado aussi obèse que dynamique, Tracy Turnblad voit son rêve le plus cher se réaliser: participer au Corny Collins Show. Mais non contente d'être sélectionnée, à la grande fureur de la reine du spectacle et de sa mère, Tracy mène croisade pour que l'émission mêle désormais à égalité les Noirs et les Blancs. Prétexte à des numéros jubilatoires avec des comédiens qui s'amusent visiblement comme des petits fous, à l'image de Michelle Pfeiffer et du duo de choc John Travolta-Christopher Walken.

    Mais les Genevois n'auront pas trop longtemps à attendre pour prendre eux aussi leur pied, puisqu'Hairspray sort en salles dans une douzaine de jours.





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  • Piccoli fait son cinéma

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    "Cette petite personne est Belge. Mais elle sera bientôt Française, car Sarkozy a décidé d'annexer la Belgique. Je viens de parler avec lui au téléphone. Non, la Suisse n'est pas menacée. Il sera mort avant que vous n'adhériez à l'Europe..."
    Michel Piccoli a un large sourire. Le gag à propos de sa jeune partenaire Marie Kremer plaît beaucoup à la conférence de presse. Pareil lorsqu'il singe la sensualité de la bouche féminine en grimaçant comiquement, ou reproche à son réalisateur son côté grec et taciturne. Mais n'importe quoi atteint la cible avec cet homme achevant de séduire un public conquis d'avance, qui lui a réservé une salve d'applaudissements pour sa performance dans le film d'Hiner Saleem "Sous les toits de Paris". Inspiré de la terrible camicule de l'été 2003, fatale à des milliers de personnes âgées, il brosse un portrait effrayant de nos métropoles. "Il y a quelque chose qui ne va pas dans nos sociétés occidentales", remarque le cinéaste. "Mais je ne juge pas, je n'ai pas de solution. Je suis juste touché par toutes ces personnes. Qu'il s'agisse des jeunes, célibataires, misérables, au chômage. Ou des vieux. Aussi solitaires les uns que les autres."
    Comme Marcel, incarné par Piccoli. Un octogénaire à la fois beau et bouleversant, qui habite une petite chambre de bonne, tout en haut d'un immeuble parisien sordide, sans ascenseur, sans douche, sans toilette. Marcel vit seul mais a deux amis. Thérèse, une vieille serveuse de bar amoureuse de lui et qui lui achète un ventilateur salvateur. Ainsi qu'Amar, avec qui il va chaque lundi se laver à la piscine du quartier.
    Tous ces personnages se croisent dans un long métrage quasi muet. Communiquant par des regards, des sourires, un baiser, un effleurement de doigt. "Ca me plaît. Dans la vie et dans les films, on parle beaucoup trop. J'aime être un acteur extrêmement discret. Mais cela ne m'empêche pas d'être poli. S'il y a des questions j'y répondrai", plaisante l'acteur, qui ne cache pas son plaisir de parler longuement de lui, de sa profession, de ses partenaires.
    A l'image de Mylène Demongeot, également présente et à qui le film doit beaucoup. Ainsi que Maurice Bénichou. En lice pour le Léopard d'or, "Sous les toits de Paris" a indéniablement sa chance.

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  • Fausse note en compétition

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    Je vous racontais hier que tout se passait assez bien jusqu'ici dans la compétition locarnaise. Il a suffi que je le prétende pour qu'il y ait un couac. A savoir Extraordinary Rendition du Britannique Threapleton, qui nous a fourgué une daube sur un sujet d'actualité brûlant: celui des vols secrets dans l'espace aérien européen, la disparition, la détention et la torture de gens sans bases légales. Un film réalisé à la Winterbottom, autrement dit mal, et qui atteint le but contraire qu'il s'est fixé en se complaisant dans l'exposition d'une violence qu'il entend dénoncer.

     A part ça, un temps de chien a gâché la projection du Jakob Berger sur la Piazza, la fête offerte ensuite à son honneur, ainsi que celle du cinéma suisse au Lido, qui devait être le clou de la journée. Mais les Helvètes ne sont pas les seuls à payer. Pour l'instant ça ne s'arrange pour personne côté météo...    

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