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Cannes dans Chassé-Croisette - Page 7

  • L'Audiard toujours favori

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    cannes web.jpgL'irrésitible Pedro, plus bavard qu'une pie, saura-t-il convaincre le jury avec sa déclaration d’amour au cinéma? La question est évidemment venue sur le tapis. «La Palme d’or, ou rien?» L’intéressé secoue la tête, répondant qu’il part vendredi, pour ne pas laisser croire qu’il l’attend. Ajoutant que la concurrence est forte.

    A ce propos, alors qu’il reste neuf films à voir et non des moindres, puisqu’on trouve dans la liste Alain Resnais, Quentin Tarantino, Michael Haneke, voire Gaspar Noé, Almodovar va-t-il s’immiscer dans le trio de tête ? Formé dans l’ordre de Jacques Audiard, Jane Campion et Ken Loach, du moins si j’en juge par les étoiles distribuées par les critiques dans Le film français et le magazine Screen.

    (photo copie écran du site www.festival-cannes.com

  • Le jury va-t-il ou non briser le cœur de Pedro Almodovar?

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    cannes sac.jpgIl y en a qui prédisaient un Cannes beaucoup moins paillettes que d’habitude. De quoi enfin bronzer sur un transat pour prouver en rentrant que j’y étais vraiment allée, sur la Croisette! Que dalle. Les stars se bousculent, rendant chaque jour plus dure la vie du festivalier, qui court comme un dératé.

    Ce qui le fait en plus grossir, vu qu’il enfourne sur le pouce des sandwiches et autres cochonneries pleines de gras, entre les articles, les projections, les interviews et des conférences de presse plus courues que le marathon de New York.

    Comme celle de Pedro Almodovar de retour à Cannes avec «Etreintes brisées». Un brillant mélodrame noir, qui navigue entre un passé vieux d’une quinzaine d’années et le présent. Révélant, au fil d’une intrigue à suspense, dans quelles circonstances un réalisateur, Mateo Blanco, tombé éperdument amoureux de son héroïne, en l’occurrence la maîtresse de son producteur millionnaire, est devenu aveugle. La punition surprême pour le cinéaste, qui vit et écrit désormais sous son pseudonyme, Harry Caine. Un personnage qui peut d’ailleurs refléter les propres angoisses d’Almodovar. (photo EPA/IAN LANGSDON)

    Mais au-delà du symbole, «Etreintes brisées», porté par la lumineuse Penélope Cruz, raconte surtout l’histoire d’une folle passion, sur fond de fatalité, de jalousie, de trahison. A la manière des Sirk, Bunuel, Hitchcock ou Rossellini, des maîtres auxquels l’Espagnol rend hommage. Sans oublier de s’autociter avec un film dans le film, où il reprend une séquence entière de Femmes au bord de la crise de nerfs. Et du moment que j’en parle, j’en profite pour vous confirmer que la Fox développe actuellement un pilote pour une série autour de la chose. Et le 10 juin, Pedro part à New York pour assister à une adaptation musicale à Broadway.

    Mais revenons-en aux étreintes. Les fans dont je suis adorent. Les esprits chagrins, eux, chipotent, reprochant au metteur en scène espagnol de tourner en rond dans son univers alors qu’il avait promis d’en conquérir de nouveaux. Et de continuer à trop privilégier les rôles de femmes, fortes de surcroît, au détriment de ceux des mâles, souvent faibles par ailleurs. «Cette fois-ci je trouve qu’il y a beaucoup plus de parité que dans mes autres films», a rétorqué le metteur en scène. Ajoutant que les choses allaient encore changer. «Jusqu’ici les personnages masculins m’intimidaient. Ce n’est plus le cas et vous en verrez davantage à l’avenir.»

    A suivre...

  • "Je ne suis pas un homme, je suis Cantona"

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    looking for eric ang.jpgJe veux parler de « Looking for Eric », signé Ken Loach. C’est l’histoire d’Eric Bishop, un postier de Manchester profondément dépressif, qui pense avoir raté sa vie. Il faut dire qu’il vit un petit enfer avec ses deux beaux-fils voyous et traficoteurs, et qu’il ne se remet pas d’une séparation avec la femme qu’il adorait. Même ses collègues n’arrivent pas à le dérider. Alors un soir, le petit Eric s’adresse, par poster géant interposé, à Cantona, son idole. Et lui demande ce que ferait à sa place l’ex-coqueluche de Manchester United.

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  • Lars von Trier fait flotter une odeur de scandale sur la Croisette avec « Antichrist »

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    antichrist.jpg« Il a perdu les pédales… Cette fois, il a franchi la limite… Il faut être un pervers pour aimer ça…L’art n’excuse pas tout… » Il flottait comme une odeur de scandale à l’issue de la projection d’ «Antichrist », pendant laquelle les rires nerveux le disputaient aux sifflets. Ce qui n’empêche pas certains de crier au chef-d’œuvre, évidemment. Ca aurait pu être le cas d’ailleurs, un sublime prologue ouvrant l’œuvre divisée en chapitres. Avec des gros plans au ralenti et en noir et blanc sur un couple (Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe, uniques protagonistes ) faisant l’amour. Et puis, alors qu’ils atteignent la jouissance, leur enfant tombe par la fenêtre.

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  • Vous avez dit jubilatoire? Vous avez raison.

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    cannes affiche.jpgHeureusement, côté film noir, j’ai vu beaucoup mieux avec Jacques Audiard et «Un prophète», qui se passe dans le milieu pénitentiaire et raconte l’ascension criminelle de Malik, un jeune Arabe orphelin et analphabète, condamné à six ans. Tombé sous la coupe du vieux César, redoutable parrain corse qui règne sur les lieux avec potes, Malik a le choix entre plier, crever, ou faire marcher ses petites cellules grises…

    Film transgenre aux accents oniriques «Un prophète» traite l’univers carcéral comme une métaphore de la société. «Dehors, dedans, finalement c’est pareil» remarque le réalisateur. «On apprend aussi à l’intérieur des choses qui peuvent vous servir à l’extérieur». Jacques Audiard, saute avec talent tous les obstacles. Il évite les clichés, la dénonciation, le côté documentaire en allant vers le fait de société et l’image de la prison créée par la série américaine.

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  • Ce Johnny-là n'est pas terrible. Audiard et Ang Lee oui

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    hallyday.jpgL’affaire était pourtant bien mitonnée à grand renfort de dithyrambes dans des quotidiens et magazines spécialisés français. On imaginait donc des lieux pris d’assaut pour la conférence de presse et une ruée d’enfer sur Johnny. Eh bien dans le genre non-événement on a été servi. Rarement même la salle n’avait été aussi désertée par les critiques. Mortifiant pour la légende du rock, qui n’intéressait que les photographes, pros ou amateurs, et quelques chasseurs d’autographes. Avant la montée des marches, certes…

     

    Rien de très étonnant d’ailleurs à cette indifférence journalistique que laissait présager l’accueil assez mou, sur fond de rires et d’applaudissements moqueurs réservé à «Vengeance» lors de la projection du matin.

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  • Le cours de poésie après la leçon de piano

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    bright star.jpgC’est parfois à se demander si les sélectionneurs ont toujours les yeux en face des trous. Car franchement, j’hallucine en imaginant qu’ils ont refusé le «Tetro» de Francis Ford Coppola évoquant la rédemption d’un écrivain à la dérive, mais qu’en revanche, ils ont sélectionné «Thirst». Une horreur purulente de Park Chang-Woo, sur les ébats torrides et dégoûtants d’un prêtre viré vampire, aussi assoiffé de sexe que de sang.

     

    Juste en passant, ils sont tous sacrément hot, les Asiatiques cette année. Sauf que ça ne suffit pas à emporter le morceau, si j’ose dire. Et qu’en l’occurrence, Emile Zola a dû se retourner dans sa tombe, étant donné que le réalisateur sud-coréen, qui avait remporté le Grand Prix du jury en 2004 avec «Old Boy», s’est inspiré de Thérèse Raquin. En plus c’était interminable et je suis rentrée à point d’heure dans mon gourbi à la moquette mitée.....

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  • Quand les people se bousculent

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    cannes site.jpgLes hôteliers, les restaurateurs, les chauffeurs de taxis sont unanimes, il y a moins de mouvement, donc moins de monde à Cannes. Bien fait pour leur pomme au cas où ils auraient raison. Ils n’ont qu’à se montrer moins âpres au gain. Cela dit, étant donné que les hôtels sont complets, les restaurants pleins et qu’il n’y a pas moyen d’avoir un taxi, je peux vous affirmer sans risque de me tromper qu’on est loin du désert de Gobi sur la Croisette.
    J’en veux pour autre preuve la traditionnelle ruée vers les salles obscures. Je ne sais pas s’il y a toujours autant d’accrédités qu’aux Jeux olympiques, mais une chose est sûre. Même convenablement badgé, il est quasiment obligatoire de se pointer une bonne demi-heure avant la projo si on souhaite décrocher un fauteuil, voire un strapontin.

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  • On ne vous jugera pas, on vous aimera

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    French actress and Jury president Isabelle Huppert KEYSTONE CHRISTOPHE KARABA.pngCette fois, c’est parti. Fini le luxe de déambuler dans les couloirs vides du Palais. On est même à deux doigts du retour à l’état sauvage de festivaliers prêts à se piétiner méchamment les orteils, sinon à laisser leurs pairs sur le carreau, histoire de recueillir éventuellement le mot du siècle d’augustes lèvres de stars planétaires…

     

    A part ça, les organisateurs sont plutôt mutins dans leur genre. Alors que «Blindness » faisait l’ouverture l’an dernier, cette fois on distribuait des lunettes spéciales pour mieux voir «Là-haut» le dernier né en 3D des studios Disney Pixar. Une nouveauté qui a permis au délégué général Thierry Frémeaux de jouer les moniteurs de la colonie, en expliquant par le menu la délicate pose des besicles, et de saluer bien bas Freddy Buache, assis à son habitude dans le dernier fauteuil à droite du premier rang central du Grand Théâtre Lumière. Du coup élu vedette du matin, il a été ovationné par la foule pour son cinquante-quatrième festival.. De quoi péter de fierté pendant trente secondes… (Photo Keystone: Isabelle Huppert)

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  • M'y voilà, au Festival de Cannes dans Chassé-Croisette

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    edmée.pngAtterrissage en douceur à Nice, débarquement tranquille à Cannes pour retrouver la chambre « confort » dans l’hôtel près de la gare. Et me rendre compte que le nombre de mètres carrés du cagibi se révèle de plus en plus inversement proportionnel à celui des euros exigés pour l’habiter.
    Mais pas le temps de m’appesantir sur le coût exorbitant de l’exiguité, en ces lieux qui vous mettent la courgette au prix du caviar, au cours de la grand-messe annuelle du cinéma.
    Quant au caviar… On oublie.

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